mutualisme

Des médailles du travail pour les collaborateurs d’Alsace Lait

La certification IFS, une réussite collective

Publié le 29/11/2018

Une dizaine de collaborateurs d’Alsace Lait étaient à l’honneur, samedi 24 novembre, lors de la cérémonie de remise des médailles du travail organisée à l’espace Kaleïdo de Vendenheim. L’occasion, pour le président Michel Debes, de faire le bilan d’une année contrastée, avec de grandes satisfactions mais aussi des points d’amélioration.

Avant de remettre les distinctions, Michel Debes, président d’Alsace Lait, a donné quelques nouvelles de l’entreprise. Un motif de satisfaction, tout d’abord : « Le passage au référentiel IFS (International Food Standard) s’est bien passé, tout le monde y a mis du sien. Félicitations à tous ! Et merci d’avoir participé à cette réussite. » L’année 2018 s’achève sur un bilan contrasté, souligne le président. « Comme dans toute entreprise, il y a des choses qui marchent plutôt bien, d’autres qui marchent moins bien. En raison de problèmes de qualité et de marché, nous avions perdu des volumes. Les objectifs fixés pour regagner ces volumes ont été largement atteints. » Alsace Lait est une entreprise qui cherche à se placer sur des marchés de niche, souligne Michel Debes. « La diversification dans la « Weidemelk » s’est bien passée. Cette production répond à un cahier des charges spécifique - notamment l’obligation de faire pâturer les vaches laitières durant 120 jours. » Cette contrainte s’est imposée au niveau national : tout le lait de pâturage produit en France devra respecter la norme des 120 jours. « Pour reconquérir le marché hollandais, nous avons dû réagir rapidement : nos producteurs n’ont pas eu d’autre choix que de faire du lait de prairie. Ce n’était pas gagné d’avance, en raison des contraintes au niveau des producteurs - de nombreuses fermes sont encore au cœur de nos villages et ne disposent pas des surfaces nécessaires autour de leurs bâtiments pour permettre aux vaches de sortir -, mais aussi de l’usine : obligation de collecter et de traiter le lait à part. Malgré ces contraintes, nous avons transformé 27 millions de litres de lait de prairie cette année. » Tenir compte de la sensibilité des consommateurs Les producteurs l’ont bien compris, il faut tenir compte de la sensibilité des consommateurs. « Nous produisons désormais du lait non OGM, indique Michel Debes. Ce n’est pas encore marqué sur les emballages, mais la mention non OGM figurera dès l’an prochain sur le lait frais. » Il ne faut pas se leurrer : « Nous allons tous aller vers une alimentation exempte d’organismes génétiquement manipulés. C’est encore un débat en France, mais cela ne l’est plus en Allemagne, ni en Autriche, ni au Danemark. » La qualité est une préoccupation de tous les jours, que ce soit au niveau de la production ou de la transformation, le lait étant un produit extrêmement sensible. L’affaire du lait infantile Lactalis le prouve. Un tel problème rejaillit sur toute la filière, les exportations françaises en souffrent, notamment sur le marché chinois. « Au niveau de l’usine, les résultats en termes de qualité sont encourageants et le nombre de réclamations est tombé en dessous de nos objectifs. » De temps à autre, Alsace Lait manque de matière ou rencontre des problèmes pour recruter du personnel. « Cela risque de créer des ruptures, ce qui n’est pas idéal. Cela engendre des difficultés au niveau de l’approvisionnement du consommateur final, mais aussi vis-à-vis des acheteurs de la GMS qui mesurent notre fiabilité au niveau des livraisons. Ce sera l’un de nos objectifs de 2019. » Se battre tous les jours pour relever les défis L’an prochain, la grande phase des négociations des États généraux de l’alimentation va démarrer. L’État s’est engagé pour un partage plus équitable de la valeur. On peut toutefois douter des résultats. « Nous savons qu’entre la grande distribution et les industries, le déséquilibre persiste. Sortie usine, nous avons enregistré des baisses de prix, alors que celui-ci a augmenté de 5 % pour le consommateur final. En 2019, notre objectif est de faire passer des hausses auprès de la GMS et de la RHF, car les coûts augmentent au niveau des salaires, des emballages, du transport, et les producteurs attendent eux aussi une amélioration de leur rémunération. Nous nous battrons tous les jours pour relever ces défis. » Savoie Yaourt affiche de belles performances. « Notre filiale canadienne est dans les objectifs. » Si la laiterie a augmenté ses ventes à l’export ces dernières années, son premier marché reste la France. « Les manifestations des gilets jaunes sont révélatrices d’un fait : les Français ne sont plus satisfaits. La réalité économique nous rattrape. Cela fait 30 ans que l’on vit au-dessus de nos moyens en France. Il faut réduire les déficits. » Sur le marché mondial, les cours des produits laitiers sont extrêmement volatils. « Nous en subissons les conséquences au niveau d’Alsace Lait. Ces fluctuations compliquent la stratégie des entreprises. » Le président a adressé ses félicitations à tous les récipiendaires pour ces années de travail. « Vous pouvez être fiers d’appartenir à la grande famille d’Alsace Lait, à la coopération. Nous fabriquons un produit pour nourrir les hommes. Un produit sensible, mais apprécié de tous. » Toujours donner le meilleur de soi-même Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait, s’est inspiré des dix principes de vie de l’amiral américain William H. McRaven, de l’US Navy. Ces principes parlent de s’imposer une discipline quotidienne, de faire preuve d’esprit collectif, d’avoir la volonté de réussir, d’admettre l’injustice de la vie, d’assumer ses échecs, de prendre des risques, de faire preuve de courage, de donner le meilleur de soi-même, d’être une source d’inspiration pour les autres, de ne jamais baisser les bras. « 2018 est une année qui a bien commencé, mais qui a été difficile en août et septembre, en raison des problèmes de rupture. Chacun de nous est insatisfait de cette situation. C’est en relisant ces principes de vie que je parviens à continuer à me battre avec vous pour mener à bien notre projet. »

Journée de sensibilisation de MSA Services Alsace

« Tout le monde devrait connaître le massage cardiaque »

Publié le 15/10/2018

L’association MSA Services Alsace organisait le 5 octobre sa première journée de sensibilisation autour du massage cardiaque. Un geste « accessible à tous » qui pourrait sauver « cinq à sept fois plus de vies » s’il était maîtrisé par davantage de Françaises et Français.

Un geste simple, qui sauve des vies, mais qui reste encore trop méconnu. Si 90 % de la population des pays scandinaves est formée au massage cardiaque et à l’utilisation d’un défibrillateur, la donne est loin d’être aussi satisfaisante en France. Si aucun chiffre officiel n’existe à l’heure actuelle pour quantifier le niveau de connaissances des habitants de notre pays concernant ces gestes de premiers secours, il est « clairement insuffisant », comme l’explique Guy Fuchs, médecin généraliste et sapeur-pompier au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Haut-Rhin. « Actuellement, en France, une personne sur vingt victimes d’un arrêt cardiaque subi est sauvée, souvent avec des séquelles. Dans les pays où au moins 20 % de la population est formée au massage cardiaque, c’est une personne sur trois qui est sauvée et sans séquelles. En nous formant massivement, nous pouvons atteindre cet objectif. » C’est dans cet esprit que le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) et le Sdis 68 ont entrepris depuis quelques années de former le plus grand nombre à ce geste accessible à tous. Ainsi, depuis cinq ans, tous les élèves de 6e du Haut-Rhin sont formés dans les collèges. « C’est un peu comme Tintin, c’est accessible de 7 à 77 ans, et même au-delà », s’amuse le docteur Fuchs. C’est dans cet esprit que l’association MSA Services Alsace, en partenariat avec l’association Asform Alsace, a organisé vendredi 5 octobre sa première journée de sensibilisation sur le sujet dans ses locaux colmariens. « On a choisi cette thématique parce qu’il y a encore beaucoup de personnes qui meurent, alors qu’il suffirait souvent de la bonne réaction et des bons gestes pour éviter le pire », développe Séverine Haller, chargée de communication et de commercialisation chez MSA Services Alsace. Une soixantaine de salariés de la MSA d’Alsace ont pris part à cette première journée de sensibilisation qui faisait office de « test » pour les organisateurs. « Nous voulions déjà voir si la formule plaisait et fonctionnait bien. L’idée est ensuite de pouvoir former les adhérents de la MSA un peu partout en Alsace », poursuit Séverine Haller. Cette mini-formation se déroule en 30 minutes environ avec diffusion d’un petit film à la clé. « Masser, masser, masser » sans s’arrêter Après avoir répondu à un mini-questionnaire sur le cœur et son fonctionnement, les participants ont été pris en charge par le Dr Fuchs pour s’exercer à la pratique du massage cardiaque et l’utilisation d’un défibrillateur. Tout d’abord sur des mannequins classiques dédiés à ce type d’exercices, puis sur des… bouteilles en plastique. Nettoyées et vidées de tout leur contenu, ces dernières ont en effet la particularité d’apporter les mêmes sensations qu’un massage cardiaque réel, le bruit du plastique en plus. « À la maison, les gens n’ont pas de mannequin à disposition. Avec une bouteille, on peut s’entraîner et former des personnes autour de soi. Et plus de gens apprendront le massage cardiaque, plus on sauvera des vies », justifie Guy Fuchs. Avant de poursuivre : « On pourrait sauver cinq à sept fois plus de vies qu’aujourd’hui. Et derrière, les gens reprennent une vie normale, sans séquelles. » Mais si le massage cardiaque est un geste finalement assez simple à pratiquer, il n’en demeure pas moins fatigant. En effet, en cas d’intervention sur une personne en situation d’arrêt cardiaque, il faut « masser, masser, masser » sans jamais s’arrêter afin d’assurer la circulation de l’oxygène jusqu’au cerveau. « C’est pour cela que si on est plusieurs à savoir le faire, on peut passer le relais au bout de trente massages. Et ce, jusqu’à l’arrivée des secours qu’il faut avoir prévenus au préalable », précise Guy Fuchs. Tout le monde peut être sujet à un massage cardiaque, du nourrisson à la personne âgée. La technique est toujours la même, sauf pour le nourrisson où les doigts doivent être utilisés au lieu des paumes des mains. Et pour ceux qui craindraient de casser des os avec la pression du massage, le Dr Fuchs est catégorique : « C’est vraiment très très rare que ce genre de choses arrive. Mais de toute façon, il ne faut jamais se poser de question. S’il y a un doute, il faut masser. Ne rien faire tue à coup sûr. Et je peux vous assurer que quelqu’un qui revient à lui après un arrêt cardiaque et qui continue sa vie, c’est un bonheur énorme. »

Publié le 04/07/2018

Lundi 18 juin, de nombreux responsables d’organisations professionnelles agricoles ont répondu à l’appel de Rémy Losser, président de la Fédération Alsace de Groupama Grand Est à Schiltigheim. « Nous nous considérons comme une OPA, nous le disons et nous le faisons vivre. »

Une évolution importante est intervenue au niveau national, annonce le directeur général, Olivier Larcher. « Notre organe de tête va redevenir une entité mutualiste. Notre stratégie est d’être un assureur mutualiste, un statut qui nous permettra d’accueillir des petites mutuelles, confrontées aux exigences de Solvabilité II, pour consolider le pôle mutualiste en France. » Jean Yves Dagès a été réélu à la présidence, François Schmitt, président de Groupama Grand Est, étant réélu président délégué. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de près de 14 milliards d’euros (Md€), dont 5 Md€ à l’international, et dégagé un résultat de 292 M€. « En 2011, notre ratio de solvabilité était trop faible. Désormais, il est de 315 %. Avec près de 9 Md€ de fonds propres, nous avons les moyens de nos ambitions stratégiques. » « Élargir notre capacité d’assureur » Les événements climatiques ont pesé lourd dans l’activité du groupe. Grêle sur véhicules, inondations, coulées de boue, dégâts sur cultures, la sinistralité climatique a été très forte. « Il y a eu plus de 300 catastrophes naturelles dans le monde pour un coût de plus de 117 Md€ pour les assureurs (source Le Figaro). Une question se pose : pourrons-nous, demain, continuer à assurer des cyclones comme Irma et Maria aux Antilles, sachant que le réchauffement climatique va augmenter la fréquence de tels événements ? » Une réflexion est en cours pour revoir le socle climatique de l’assurance récolte, avec les services de l’État. « Établir un socle commun à tous les assureurs permettra d’éviter les bagarres commerciales, estime Olivier Larcher. J’espère que cette initiative pourra être déployée dès la campagne 2019-2020. » Groupama Grand Est se porte bien. « Nous avons amélioré notre résultat de développement de 12 M€, 2 000 nouveaux clients nous ont fait confiance l’an dernier. » L’assureur a réalisé un résultat net de 24,4 millions d’euros (M€) en 2017. Sa marge technique atteint 159 M€, « un résultat qui dépasse nos objectifs. Du coup, nous avons fait évoluer nos offres : nous avons enrichi notre contrat d’assurance automobile, sans augmentation de tarif. Lors de la location d’un véhicule, Groupama Grand Est prend en charge la différence entre la franchise du loueur qui s’applique en cas d’accident et la franchise du contrat Groupama. » Bonus à l’irrigation Bonne nouvelle, Groupama Grand Est va faire évoluer l’assurance multirisque climatique pour les agriculteurs irrigants. « Jusqu’ici, il n’y avait pas de modèle permettant d’isoler tel ou tel péril dans la MRC. Mais dès cette année, nous concéderons une réduction tarifaire de 10 % sur les maïs irrigués. C’est un premier pas pour tenir compte de l’effort de prévention consenti par les agriculteurs. » Groupama Grand Est est également en discussion avec les caves coopératives. « Dans une logique gagnant-gagnant, nous allons tester un système de participation aux bénéfices. En fonction des résultats des années précédentes, nous appliquerons une réduction de 10 % sur la prime d’assurance. Ces sommes seront réinjectées dans des mesures de prévention. Nous allons tester ce système avec cinq coopératives. S’il donne satisfaction, nous pourrons l’améliorer et l'étendre. Nous voulons jouer notre rôle d’OPA responsable. » Sinistres climatiques : un coût élevé Les événements climatiques survenus l’an dernier en Alsace ont coûté 34,20 M€ à Groupama Grand Est. Un chiffre en recul de 28 M€ par rapport à 2016, indique Matthieu Freysz, responsable de la coordination du marché agricole. Le rapport sinistres/cotisations s’élève à 50,1 %, soit 40 points de mieux qu’en 2016. En Alsace, les dommages aux vignes représentaient 60 % du coût climatique sur cultures en 2017 (gelées noires). En grandes cultures, les sinistres sont principalement liés au gel d’avril et à la sécheresse de juillet-août. Dans le Bas-Rhin, 10 588 hectares de grandes cultures étaient assurés en contrat grêle en 2017 et 63 035 ha en MRC, soit un recul de 4,2 %. Dans le Haut-Rhin, les surfaces assurées atteignaient 14 700 ha en contrat grêle et 48 000 ha en MRC, soit une baisse de 7,3 %. « Certaines exploitations se désengagent du contrat MRC pour se tourner vers l’assurance grêle, en raison de la baisse des rendements historiques et du retard dans le versement des subventions. » En viticulture, on assiste aussi à une diminution des surfaces assurées. Dans le Bas-Rhin, 336 ha étaient assurés en grêle en 2017, 2 955 ha en MRC. Dans le Haut-Rhin, on relevait 189 ha en grêle, 3 666 ha en MRC. Des chiffres également en diminution. « On constate chaque année une évolution vers les contrats grêle, en raison de la diminution du rendement historique. » La délicate gestion des viticulteurs mixtes Des retards importants sont survenus dans le versement de l’aide à l’assurance récolte viticole pour les années 2016 et 2017. Les dossiers 2016 n’ont été traités par les DDT qu’à partir de février 2018, suite à la livraison d’un nouvel outil de gestion. C’est alors qu’elles se sont rendu compte qu’elles ne pouvaient pas verser l’aide à l’assurance récolte aux viticulteurs mixtes. « Afin de permettre aux viticulteurs concernés de pouvoir bénéficier de la subvention, nous leur avons proposé une requalification de leurs contrats, en basculant vers des contrats avec une appellation, de manière à compatibles avec les exigences réglementaires. » Les aides 2016 ont été versées récemment, celles de 2017 le seront durant l'été. Pour la récolte 2018, Groupama Grand Est a proposé aux viticulteurs mixtes de passer d’un contrat à l’exploitation à un contrat avec une appellation, éligible aux subventions. « 60 % ont choisi le contrat avec une appellation », indique Olivier Larcher. Les autres ont préféré rester au contrat à l’exploitation, au risque de ne plus être éligibles à la subvention. « Cette remise à niveau tarifaire n’est pas de notre fait, c’est un problème réglementaire. » Rémy Losser enchaîne : « Le système est loin d’être parfait. Des schémas d’assurance revenus, basés sur les cours de marché, sont dans les tuyaux, mais leur coût est beaucoup plus important. » Groupama Grand Est a travaillé avec Dijon Céréales pour élaborer un contrat garantissant les variations de prix. « Nous garantissons les fluctuations de prix à la baisse, dans une fourchette déterminée par la coopérative. Ce contrat est en cours de test dans plusieurs coopératives françaises », explique Olivier Larcher. Atténuer les fluctuations de revenus Autre contrat en cours de réflexion, un contrat socle national qui viendrait se substituer aux contrats existants. « Il pourrait y avoir une obligation de s’assurer à ce contrat socle, pour élargir la base assurée et diluer les risques pour les assureurs. » Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, il est important de réfléchir à un système assurantiel permettant d’atténuer les hauts et les bas en matière de prix, afin de minimiser les risques. D’autres points ont été abordés au cours de cette réunion, comme le renforcement du maillage des conseillers sur le terrain, l’utilisation des nouvelles technologies pour la prévention des risques, comme la sonde à fourrage Haytech, ainsi que l’assurance des installations de méthanisation. « Nous nous sommes organisés en interne pour répondre à ce nouveau risque, a indiqué Stéphane Receveur, responsable développement pour le Bas-Rhin. Nos conseillers agricoles ont été formés sur le sujet et nous avons mis en place un référent expert méthanisation et des conseillers prévention spécialisés. » Rémy Losser poursuit : « Nous avons souhaité apporter les réponses appropriées à ces nouveaux risques et nous sommes leaders sur ce domaine en matière d’assurance. »

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