mutualisme

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Faire comprendre les enjeux de la protection agricole

Publié le 21/06/2017

Cotisations trop élevées, coût de fonctionnement trop élevé… Les gouvernements changent, mais les critiques contre les régimes français de protection sociale sont récurrentes. Pourtant, notre système de sécurité sociale est envié dans le monde entier. Le point avec David Herrscher et Christelle Jamot, l’indéfectible tandem à la tête de la MSA d’Alsace.

L’agriculture française est en crise, David Herrscher, président de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, en convient. Pas question pour autant d’assister sans réagir à son agonie. En ouvrant l’assemblée générale de la MSA d’Alsace, vendredi 16 juin à Horbourg-Wihr, il a, par vidéo interposée, délivré un message très clair : cela doit cesser. Pour que l’agriculture française retrouve sa gloire passée, il faut se donner les moyens de ses ambitions. Pure folie ? Certainement pas. « Cela impliquera de réviser la Pac, de revoir nos priorités, c’est-à-dire de privilégier la sécurité alimentaire, l’investissement et l’innovation, de mettre en avant notre expertise unique au monde. » 3,8 millions d’emplois sont en jeu. Après cette entrée en matière décapante, Léa Raimbault, la nouvelle sous-directrice de la MSA d’Alsace, a « cuisiné » le président et sa directrice générale, Christelle Jamot. Sur l’actualité agricole, tout d’abord. Le gel et la grêle ont sérieusement entamé le potentiel de production des vergers et des vignes alsaciennes. « Certains arboriculteurs n’auront aucune récolte en 2017. Et 2 500 hectares de vignes sont gelées de 90 à 100 %, 1 500 ha entre 50 et 90 %. » Quant à la filière lait, elle vient de vivre sa 1 000e journée de crise. « Le prix du lait n’est toujours pas à la hauteur des coûts de production. » Et s’il y a une petite embellie pour la production porcine, la filière céréalière reste plombée par des stocks importants et de bonnes perspectives de récolte au niveau mondial. « Un tiers des exploitations alsaciennes ont déclaré moins de 350 euros de revenu par mois en 2016 », a souligné David Herrscher. Le nouveau président de la République, Emmanuel, Macron n’est pas insensible aux difficultés du monde agricole : « Il souhaite mettre en œuvre un Grenelle de l’alimentation pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière. » Une batterie de mesures Toute une série de mesures ont été mises en œuvre pour venir en aide aux agriculteurs en difficulté, comme la baisse de 10 % des charges sociales, instaurée par François Hollande, l’étalement ou la prise en charge des cotisations en cas de difficultés de trésorerie, l’option en faveur de l’assiette de cotisation n - 1, sans oublier le soutien psychologique, très important. « Cela continue en 2017 », a indiqué le président. À cela s’ajoute un travail de réseau, extrêmement important, car il permet aux équipes administratives d’agir en connaissance de cause. La ligne téléphonique mise en place par la MSA d’Alsace a reçu une soixantaine d’appels, qui ont donné lieu à une vingtaine d’interventions urgentes. Il y a aussi eu plusieurs signalements émanant des délégués cantonaux. « Nous avons renforcé l’équipe des travailleurs sociaux pour accentuer l’accompagnement individuel des adhérents les plus fragiles », a annoncé Christelle Jamot. Depuis le début de la crise, les équipes de la MSA d’Alsace ont énormément de travail. « Chaque demande est étudiée de manière précise et attentionnée. » La MSA d’Alsace est partie prenante de la cellule Réagir, qui réunit l’ensemble des partenaires de l’agriculture alsacienne. Toutes les demandes ont été examinées, a indiqué David Herrscher. Son conseil : « N’attendez pas trop longtemps avant de signaler vos difficultés ». Une attention spéciale a été portée aux éleveurs concernés par l’affaire Copvial. « L’abattoir a été repris par le groupe Bigard, mais une centaine de salariés ont été licenciés et 200 éleveurs ont des impayés. ». La MSA s’est fortement impliquée dans la gestion des dossiers les plus lourds en leur proposant toutes les aides qu’elle a à sa disposition. « Cela représente en moyenne 3 400 € de prise en charge financière par dossier. » La MSA d’Alsace a ainsi perdu plus de 3 millions d’euros (M€) de cotisations non encaissées. Pour pouvoir aller encore plus loin, elle a envoyé un courrier au ministre de l'Agriculture, appuyé par le président de la CCMSA. « Nous venons d’avoir une notification de 200 000 € supplémentaires qui nous permettront de prendre des décisions en fonction de la complexité des dossiers. » Les adhérents salariés n’ont pas été négligés pour autant. Le succès de la prime d’activité - 2 100 demandes dont 1 900 bénéficiaires, dont 80 % de salariés - témoigne de la précarité de nombreux adhérents. « Nous avons une batterie d’actions possibles », a souligné Christelle Jamot. La première étape consiste à vérifier que les adhérents ont fait le plein de droits légaux et de prestations. « Nous leur fixons rendez-vous avec un travailleur social pour faire un bilan global de leur situation et leur proposer des aides extralégales. C’est l’atout de la MSA : avoir un plan d’action sociale répondant aux besoins locaux. » Un soutien psychologique est prévu : « Nous prenons en charge les séances de psychologue et de psychiatre. Une aide de plus en plus souvent acceptée en cette période de crise… » La MSA d’Alsace organise aussi des actions collectives pour retisser le lien social, comme Avenir en soi. « Cette année, nous innovons avec l’opération Coup de pouce connexion. » La mutualisation est en route Le train de la mutualisation est lancé, a annoncé David Herrscher. Depuis la semaine dernière, la MSA d’Alsace gère les cotisations des adhérents de la Caisse Sud Champagne. Un chantier de 18 mois qui devrait s’achever en 2018. Le gouvernement Hollande a imposé aux MSA de fusionner pour réduire leurs dépenses de fonctionnement. « Mais nos coûts de gestion sont tellement bas (4 %) qu’il est difficile de faire mieux. » Plutôt que de fusionner, la MSA d’Alsace s’est rapprochée des Caisses de Lorraine et de Sud Champagne, des Caisses de taille similaire, pour mutualiser certaines activités de back-office, comme les cotisations d’allocations familiales et de retraite ou la paie des salariés. « Ce fut un chantier extrêmement difficile, car nous voulions préserver les emplois sur les sept sites concernés, a expliqué Christelle Jamot. 40 % de nos salariés devront être formés à leur nouvelle mission. » La directrice s’est voulue rassurante : la qualité de l’accueil restera identique à ce qu’elle est aujourd’hui. Au lendemain de son élection, David Herrscher s’était fixé une priorité : mettre en avant les jeunes. La crise a perturbé sa feuille de route, mais cet objectif reste en ligne de mire. « L’objectif est de leur faire comprendre les enjeux de notre protection sociale - un régime envié dans le monde entier -, et plus particulièrement de notre régime social agricole. Mais aussi de susciter l’engagement pour assurer le renouvellement des générations. » La MSA d’Alsace a décidé d’instaurer un rendez-vous JA deux ans après l’installation pour faire le point avec le jeune installé et lui expliquer pourquoi il doit s’acquitter de cotisations sociales. Autre public privilégié, les seniors. Rendre la retraite plus digne, tel est l’objectif de David Herrscher. « Nous nous battons avec les pouvoirs publics pour augmenter le montant des retraites, mais sans plomber le revenu des exploitants en activité. » Christelle Jamot a conseillé aux adhérents de préparer leur retraite dès 45 ans. « Nous organiserons des formations à l’automne pour expliquer aux délégués le b.a.-ba du fonctionnement des retraites des salariés et des exploitants. » Cinq orientations stratégiques Pour finir, David Herrscher a passé en revue les cinq orientations stratégiques de la MSA d’Alsace : maintenir le maillage des délégués, unique en son genre ; soutenir le régime local agricole - « L’État veut ponctionner les réserves de ce régime excédentaire » - ; développer les partenariats, notamment avec les communautés de communes, pour dynamiser le monde rural ; rattacher tous les outils agroalimentaires au régime de la MSA ; valoriser ses savoir-faire en les mettant au service d’autres organismes. « Nous avons acquis une vraie expertise au cours des derniers mandats, a confié le président. Nous venons de décrocher le contrat de gestion de l’assurance santé complémentaire des membres de l’Unep (Union des entreprises du paysage), soit 8 000 dossiers », a-t-il annoncé.

Publié le 13/05/2017

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, et son directeur, Olivier Larcher, ont présenté les résultats de la Caisse régionale le 3 mai, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Schiltigheim (Bas-Rhin), en visioconférence avec Chaumont (Haute-Marne) et Dijon (Côte-d’Or). La Caisse régionale dégage un résultat net de 17,7 millions d’euros, stable par rapport à 2015.

2016 était une année compliquée pour Groupama Grand Est, souligne François Schmitt. « Nous avons su être au côté de nos sociétaires, qu’il s’agisse des agriculteurs, des particuliers ou des entreprises. Nous avons fait notre métier : nous avons aidé nos assurés et nous avons payé les sinistres le plus rapidement possible. Nous avons prouvé notre solidité et dégagé un résultat de 17,7 millions d’euros (M€), à la hauteur de celui de 2015. » L’année écoulée a vu la mise en œuvre du projet d’entreprise qui a pour fer de lance la qualité de service, poursuit Olivier Larcher. C’est un succès : le taux des clients très satisfaits a progressé en trois ans de 17 à 23 %, l’objectif étant d’atteindre 25 %. « La qualité du service est le mot d’ordre de nos 1 500 salariés dans les années à venir », insiste le directeur. Stabilité du chiffre d’affaires Avec 576 M€, le chiffre d’affaires de l’assurance IARD reste stable - l’assurance de biens y contribue pour 72 %, l’assurance de personnes pour 28 %. De son côté, la collecte de l’épargne assurance-vie atteint 91,30 M€. Groupama Grand Est a reversé 428 M€ à ses sociétaires. Un montant élevé, dû à une sinistralité importante. « Nous avons été pénalisés par six sinistres « excédentaires » : trois suite à un accident automobile, deux suite à un incendie et un suite à un accident de ski. » Dans le jargon des assureurs, cela signifie que le coût du sinistre dépasse 2 M€. Ces sinistres excédentaires sont pris en charge en grande partie par la réassurance qui a rétrocédé 20 M€ à Groupama Grand Est. Autre secteur fortement touché, les sinistres climatiques sur récolte. « Notre portefeuille d’assurance récolte s’élève à 26 M€, or nous avons payé plus de 50 M€ d’indemnités, en hausse de 18 M€ par rapport à 2015. » Le rapport sinistres/cotisations se dégrade légèrement, à 75 % contre 69,9 % l’année précédente, poursuit le directeur. Grâce à la réassurance et à un travail d’assainissement des risques de son portefeuille, Groupama Grand Est a ainsi pu réaliser un résultat économique équivalent à celui de 2015. « La protection de la réassurance a garanti l’équilibre de nos comptes. » Le ratio combiné se dégrade légèrement, à 98,3 %. La marge de solvabilité atteint 342 % en y intégrant les mesures transitoires en lien avec la transition Solvabilité I à Solvabilité II. « Elle est cinq fois supérieure au minimum exigé par Solvabilité II », précise Olivier Larcher. Amélioration de la solvabilité Comment cette solvabilité s’est-elle améliorée ? Le directeur y voit l’effet de l’engagement de ses équipes, de leur dynamisme commercial, de la qualité du service, mais aussi du lancement des certificats mutualistes : « Jugés comme des quasi-fonds propres, ils améliorent notre solvabilité. Fin 2016, nous avions émis 27 M€ de certificats mutualistes, auxquels nous allons servir une rémunération de 3,15 %, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale du 16 mai à Strasbourg. » Début mai 2017, le volume des certificats mutualistes atteignait déjà 36 M€. « L’objectif de 45 M€ que nous nous étions fixé sera atteint dans quelques mois. Pour nous, c’est la traduction de la confiance de nos sociétaires. » Groupama Grand Est est un assureur solide efficace, qualitatif et engagé, résume le directeur. « Nous venons de terminer les assemblées générales de nos 278 Caisses locales. Plus de 18 000 sociétaires ont participé depuis la mi-février à cet exercice de proximité, avec une participation active à la validation des comptes, du fonctionnement institutionnel et des actions de prévention. Cela prouve leur attachement à notre mutuelle. Nous faisons vivre cet esprit de partage de communauté depuis 110 ans. »

Une nouvelle MCM Agri dans le Sundgau

Ensemble, sur le marché de l’agriculture

Publié le 24/04/2017

Depuis le 1er avril, six Caisses de Crédit Mutuel du sud du Haut-Rhin se sont regroupées pour une convention de mise en commun de moyens pour le marché de l’agriculture. Le siège de ce « pôle agricole » est situé à Durmenach.

Six Caisses viennent d’unir leurs forces sur le marché de l’agriculture, Haut Sundgau (Ferrette) présidée par Fernand Antony, La Frontalière (Hégenheim) présidée par Dominique Hohler, Blotzheim présidée par Gilbert Brom, Rhin et Jura (Bartenheim) présidée par Philippe Ginder, La Largue (Seppois-le-Haut) présidée par Charles Gerber, et Regio Plus (Waldighoffen) présidée par Patrick Miesch. Cette dernière Caisse agit également en tant que Caisse pilote. Le siège de ce site agricole est en effet situé à l’agence de Durmenach. Une Caisse qui était disponible, centrale dans ce secteur géographique, identifiée par les clients, et qui permet de préciser la compétence agricole des lieux. « Nos objectifs sont ambitieux. Nous souhaitons améliorer nos services et proposer à nos clients agriculteurs, et à ceux qui ne le sont pas encore, des produits de qualité et lisibles », explique Christophe Kippelen. Avec Delphine Rogarth et Bernard Guerre-Genton, il va piloter ce « pôle agricole ». Ils seront les interlocuteurs privilégiés des agriculteurs de cette zone géographique. « Nous allons assurer une permanence du service afin de répondre, à tous moments, à nos clients. L’idée est d’être efficace, de proposer une écoute de proximité, d’être un interlocuteur privilégié. Nous souhaitons également aller voir les agriculteurs qui ne sont pas encore clients au Crédit Mutuel. À eux, comme à celles et ceux qui nous font déjà confiance, nous avons une gamme complète de produits à proposer », ajoute Christophe Kippelen. Actuellement, les six Caisses de Crédit Mutuel concernées comptent un peu plus de 200 exploitants agricoles.

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