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machinisme/agroéquipement

Publié le 30/03/2022

Nouvelle formule pour les rencontres techniques du Comptoir agricole. Plus une rencontre unique, mais plusieurs, au fil de l’année, sur des thèmes différents. La première portait sur la préparation des semis de printemps, et notamment sur le réglage et l’entretien des semoirs. Tout un art !

Lundi 21 mars, dans la cour du dépôt du Comptoir agricole de Mommenheim, trône le semoir Monosem de Jean-Michel et Jean Strohl, agriculteurs à Brumath. Il va servir de support à Patrick Duffaud, de Corteva Agriscience, pour détailler comment bien préparer son semoir avant le grand bal des semis de printemps. Il commence par les diffuseurs, qui doivent être ajoutés aux semoirs pour pouvoir appliquer l’insecticide Belem, efficace notamment sur taupins et chrysomèles. « C’est une obligation légale, et c’est aussi une question d’efficacité », pointe Patrick Duffaud. En effet, l’insecticide agissant par contact, il convient de créer un filet de protection autour de la graine, mais aussi autour des radicelles et du coléoptile pour protéger la jeune plantule durant sa phase d’émergence. Aussi, lorsque les agriculteurs commandent du Belem, ils peuvent demander au Comptoir agricole un kit gratuit pour équiper un semoir six rangs des diffuseurs, avec une notice indiquant la marche à suivre selon les marques de semoir. Simple sur le papier, l’opération peut s’avérer plus compliquée en pratique. Comme c’est le cas sur le semoir des Strohl, qui vont devoir couper la descente initiale du microgranulateur et positionner un tube (bleu ou blanc fournis dans le kit) pour obtenir le résultat escompté. « Au semis, pour vérifier que vos diffuseurs fonctionnent bien, faites des petits profils avec une truelle pour vérifier que les microgranulés forment bien un filet de protection autour des semences et du futur coléoptile », encourage Patrick Duffaud. De la litière pour chat pour des microgranulateurs bien au sec tout l’hiver Étape suivante : le réglage des microgranulateurs. L’objectif est d’appliquer le Belem à la dose de 12 kg/ha. « Il arrive assez fréquemment qu’on soit à 12 kg d’un côté, et plutôt à 8 kg de l’autre. C’est souvent lié à un encrassement du jeu de vis sans fin qui assure la distribution. Et ça se repère en constatant que le volume de granulés diminue moins vite d’un côté que de l’autre », indique Patrick Duffaud, qui invite donc les agriculteurs à démonter, nettoyer, et remonter - dans le bon sens - les microgranulateurs. Lorsque les semis sont terminés, il préconise de nettoyer le tout à l’aide d’un compresseur d’air, de faire tourner les microgranulateurs en y intégrant de la litière pour chat, et de la laisser dedans tout l’hiver. L’opération aura pour effet d’absorber l’humidité, sans boucher les microgranulateurs. Au printemps, il conviendra de tourner de nouveau les roues pour retirer la litière à chat et enlever les microgranules qui seraient restées. Vient ensuite le réglage du semoir en atelier. Une étape qui renvoie sur les bancs de l’école. Sachant qu’un hectare correspond à 10 000 m2, qu’un élément semeur parcourt 13,333 km pour semer 1 ha à 75 cm d’écartement, que la circonférence de la roue est très importante car c’est elle qui entraîne tout et qu’elle varie de 1,91 à 2,22 m, que la pression des pneumatiques, le poids du semoir et la nature de la terre jouent aussi… Combien de tours de roue faut-il pour que l'élément sème 1 ha ? Pour avoir la réponse, il faut d'abord mesurer la circonférence de la roue. Cela ne peut que se faire au champ et à deux : un qui conduit le tracteur sur 50 m, et un autre qui compte le nombre de tours de roue (ce qui nécessite de mettre un repère sur la roue). Si vous comptez 25 tours de roue au champ, la circonférence de votre roue fait 2 m. En atelier, il faudra réaliser 6 666 tours (13 333 m/ 2 m) de roue pour qu’un élément sème 1 ha. En pratique il s'agit de réaliser 66,7 tours de roue (soit le 100e d’ha plus facile), et il est alors possible de vérifier précisément le nombre de graines, le dosage de l’insecticide et de l’engrais, en mettant des récipients sous toutes les descentes du semoir. On est censé obtenir les quantités de graines, d’insecticide et d’engrais  réglées sur le semoir avec les pignons. Dans l’exemple donné par Patrick Duffaud, il faut 830 graines sous chaque descente du semoir, 120 g de Belem et 1 kg d’engrais. Plutôt que de compter les graines , il partage une astuce : « Vous pouvez les étaler sur une surface propre et utiliser une application sur smartphone qui permet de compter des objets, comme Count Things, ou iScanner. » Si le nombre de graines obtenu n’est pas celui attendu, il faut passer en revue les différents composants du semoir : les tuyaux, les disques des éléments semeurs, qui doivent être changés dès que les trous prennent une forme ovale, le sélecteur, le capot, la turbine dont la courroie doit toujours être bien tendue, les chaines et crabots... Des dômes contre les croûtes de battance Au moment du semis dans la parcelle, il faut aussi vérifier, à l’aide d’un niveau, que la poutre est parfaitement horizontale, et bloquer le troisième point hydraulique. Patrick Duffaud préconise aussi de mettre un maximum de pression sur les éléments semeurs. Les socs, comme les disques ouvreurs, ne doivent pas être usés. Les roues de jauge doivent frotter sur les disques. Car ce sont elles qui vont les entraîner. La roue plombeuse doit venir fermer le sillon avec de la terre qui n’a pas été tassée par la roue de jauge. « Il faut mettre de la pression sur les roues plombeuses et s’assurer du bon écartement de celles-ci pour avoir un dôme de terre qui reste en place même après une grosse pluie, et qui s’ouvrira en séchant pour laisser passer la plantule. Si le dôme n’est pas bien formé, une forte pluie risque d’entraîner la formation d’une croûte de battance », souligne l’expert en semis. Il poursuit son tour du semoir par les chasses débris, qui sont là « pour nettoyer la ligne de semis », et qu’il est possible de décaler pour éviter des bourrages. Et de conclure : « Il n’y a pas de mauvais matériel. Mais il faut savoir régler son semoir. »    

Publié le 16/12/2021

Après des années d’inertie, une solution a été trouvée pour valoriser et recycler les pneus d’ensilage, abîmés par des années de stockage en plein air et devenus un danger pour les animaux. Une campagne de collecte, pilotée par la FDSEA du Bas-Rhin, est en cours. Victime de son succès, plus aucune prise de rendez-vous n’est possible !

Longtemps les agriculteurs ont utilisé des pneus usagés pour lester les silos d’ensilage. En 2002, lorsque la filière de recyclage des pneus usagés a été créée, ces pneus ont été exclus du dispositif car ils étaient considérés comme une voie de valorisation à part entière. Sauf qu’entre-temps d’autres solutions de lestage des silos, plus heureuses, ont pris le relais, et les éleveurs se sont retrouvés avec des pneus usagés sur les bras, sans qu’aucune solution de recyclage, ni même d’enlèvement ne leur soit proposée. En 2010, la FDSEA du Bas-Rhin avait pris contact avec une entreprise du recyclage, une initiative qui n’avait pas abouti. Mais une solution émerge enfin. La fin de l’année 2019 a en effet vu la naissance de l’association Ensivalor, qui regroupe les principaux acteurs de la filière pneumatique (constructeurs automobiles, manufacturiers de pneus, importateurs et distributeurs, recycleurs), les pouvoirs publics et les organismes para-agricoles, dont la FNSEA, qui est membre du comité de pilotage national. Cette association a pour objectif de soutenir les éleveurs pour que ces pneus soient collectés et recyclés. Un cadre a été fixé : l’association subventionne les frais de collecte, dans la limite de 15 000 t/an sur 4 ans, et accompagne les campagnes de collecte. 4 500 t de pneus à collecter dans le Bas-Rhin Dans le Bas-Rhin, la FDSEA s’est attelée très tôt à la tâche. Dès 2019, le stock de pneus d’ensilage départemental a été évalué : « 394 agriculteurs se sont manifestés, et ont fait remonter leur volume de pneus, qui s’élève à 4 500 t », indique Mathilde Moser, conseillère à la FDSEA du Bas-Rhin. Puis le syndicat est parti à la pêche aux financements pour abonder le subventionnement. L’Ademe, notamment, s’est engagée à verser 15 €/t de pneus recyclés. Certaines Communautés de communes jouent également le jeu, ainsi que des entreprises para-agricoles. « Au final, il reste à charge de l’agriculteur 82 €/t de pneu, soit bien moins que les 350 €/t qu’il aurait à débourser s’il se tournait vers une filière de recyclage classique », pointe Guillaume Pfrimmer, conseiller à la FDSEA du Bas-Rhin. Enfin, la FDSEA gère la logistique de la collecte. Le tonnage estimé étant trop important pour organiser une collecte unique. Il a été décidé de procéder en plusieurs fois. La première campagne de collecte de 2 000 t de pneus en 2020-2021 sera suivie d’une deuxième, de 1 000 t en 2022, puis d’une troisième, de 1 000 t encore, en 2023. Mais attention : inutile de vous manifester auprès de la FDSEA du Bas-Rhin, tous les créneaux, pour toutes les campagnes de collecte, sont déjà pris ! À raison de 8 à 11 t par camion et de cinq camions par jour en moyenne, chaque campagne de collecte devrait durer de 2 à 3 mois. Deux emplacements de collecte ont été retenus pour cette année, il s’agit des sites du Comptoir agricole de Huttendorf, sur lequel la collecte se termine ce vendredi 17 décembre, et d’Ebersheim, pour lequel la collecte débutera début janvier 2022. À noter que la coopérative met aussi à disposition une personne pour gérer le dépôt des pneus usagés en relation avec les conseillers de la FDSEA qui se trouvent également sur place. Dans le Bas-Rhin, c’est l’entreprise Gilles Henry, en lien avec le groupe Aliapur, qui effectue la collecte. « Tous les types de pneus sont acceptés, par contre ils doivent être déjantés et le plus propre possible. Il faut aussi trier les pneus par type (véhicule léger (VL), poids lourd (PL), agraire) et remplir les bennes par type de pneu, ou a minima effectuer un pré-tri au remplissage, car les process de recyclage sont différents en fonction des pneus, qui ne présentent par exemple pas la même teneur en caoutchouc. Enfin, la quantité annoncée doit correspondre à la quantité livrée », indique Guillaume Pfrimmer. Il rappelle que l’opération est nationale : « Il y a 100 départements qui participent, pour un tonnage total maximum de 15 000 t/an. Avec un quota de 4 000 t, et qui a été parmi les premiers à être remonté du terrain, le Bas-Rhin représente le deuxième plus gros tonnage de pneus d’ensilage recyclés à ce jour ».  

Publié le 14/09/2021

La société autrichienne Pöttinger, dont le siège français est au Bonhomme, fête actuellement ses 150 ans. Elle a bouclé l’exercice 2020-2021 avec un chiffre d’affaires record de 405 millions d’euros. Et de belles promesses pour l’avenir avec de nombreuses nouveautés dans son parc matériel.

Née en 1871, cette entreprise dont le siège social est situé à Grieskirchen dans le land de Haute-Autriche a toujours défendu des valeurs familiales. « Nous poursuivons notre développement en investissant dans notre pays tout en nous déployant partout dans le monde. Ici, à Grieskirchen, notre usine historique a été régulièrement modernisée. Pas loin, à Sankt-Georgen, nous construisons un nouveau complexe. Un premier bâtiment de 6 000 m2 est déjà utilisé. Il s’agit d’un centre de mise en peinture et d’une chaîne de montage supplémentaire. Un second de la même grandeur est actuellement en terrassement. À terme, ce nouveau site aura une grandeur de 45 000 m2. Nous avons investi 25 millions d’euros (M€) dans cette première tranche. Pöttinger investit entre 12 et 15 % de son chiffre d’affaires dans de nouveaux moyens de production », explique Gregor Dietachmayr, porte-parole de l’entreprise et responsable commercial, marketing et service après-vente. Pöttinger compte pas moins de 17 filiales dans le monde. « Pöttinger France a été la première filiale. La Suisse a suivi deux années plus tard. Aujourd’hui, nous nous développons au Canada, en Australie, en Chine, en Ukraine ou encore aux États-Unis. Depuis un an, on a progressé de 90 % dans notre chiffre d’affaires aux États-Unis. Si cette croissance se pérennise, il nous faudra construire une usine là-bas. Aujourd’hui, ce sont 1 929 personnes qui représentent l’entreprise dans 36 pays dans le monde », ajoute-t-il. La crise sanitaire en 2020 a bien évidemment freiné cette dynamique. « Nos activités étaient restreintes. Nous avons épargné, investi et préparé la reprise. Nous avons été forcés d’augmenter nos prix pour faire face à l’augmentation de nos charges. Nous avons demandé à tout le monde de faire des efforts : l’entreprise, les concessionnaires, les agriculteurs. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous poursuivons notre belle croissance », se félicite Gregor Dietachmayr. L’export tire la croissance L’exercice financier qui s’est terminé le 31 juillet dernier, laisse finalement apparaître un chiffre d’affaires record de 405 M€ pour l’exercice 2020-2021 contre 366 M€ en 2019-2020. « Nous vivons une situation paradoxale depuis 16 mois. Une absence de vision sur l’avenir en raison du Covid-19 et des ventes à l’export qui se poursuivent », remarque le responsable de l’entreprise. Avec un pourcentage du CA réalisé en dehors de l’Autriche de 88 %, la part d’internationalisation du constructeur de machines agricoles reste à un même niveau élevé. L’Allemagne, avec 18 %, et la France, avec 15 %, sont les premiers marchés de Pöttinger à l’export. Point positif à relever : malgré la situation sanitaire, le CA de ces deux marchés a progressé. Derrière ces deux pays et l’Autriche elle-même, on trouve ensuite la Pologne, la Suisse, la Grande-Bretagne et la Russie. Avec une part de 69 % les matériels de fenaison représentent la plus grande partie du chiffre d’affaires. Le travail du sol et des semis atteignent 31 % des ventes machines. Les chiffres de l’ensemble des gammes de matériel ont évolué positivement. Dans le même temps, les ventes de pièces détachées et pièces d’usure originales ont progressé de 8 %. « Il faut souligner l’efficacité et les performances du centre de logistique pièces ainsi que du service après-vente, particulièrement mis à l’épreuve par les défis imposés par la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, on note un effet très positif de la disponibilité à long terme des pièces ainsi que de la segmentation avec de nouvelles gammes. À chaque fois que nous venons sur un marché avec un nouveau produit, ce dernier a au minimum un point de différenciation avec ce qui existe déjà chez nous ou nos concurrents. L’innovation est une valeur ajoutée de l’entreprise », assure Gregor Dietachmayr. Innover et produire davantage Cette innovation a été mise en avant devant la presse française et internationale début septembre. Toute la gamme pour l’entretien des cultures a tout d’abord été représentée. À savoir : la houe rotative Rotocare, la bineuse Flexcare et la herse étrille Tinecare. Mais également les presses à balles rondes Impress et le semoir Aerosem VT. Des innovations qui devaient être présentées à Inno-Agri tout comme d’autres nouveautés qui seront officiellement présentées début octobre. « La recherche et l’innovation demeurent nos axes de travail pour les années à venir. Ils constituent notre axe de développement et la pérennisation de nos activités pour l’avenir. Nous avons besoin d’augmenter notre capacité de production, notamment en matériel de fenaison. C’est la raison pour laquelle nous misons sur différents projets d’agrandissement de nos usines ici en Autriche, mais également partout dans le monde. Le marché français est pour Pöttinger un axe fort de travail puisque notre croissance est constante sur tout le territoire », conclut Gregor Dietachmayr.

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