Grandes cultures

Plateforme blé Arvalis - institut du végétal et Chambre d'agriculture d’Alsace

Les bonnes clés pour se faire du blé

Publié le 03/07/2017

Depuis quatre ans, à quelques semaines de la moisson, Arvalis - institut du végétal et la Chambre d'agriculture d’Alsace convient les agriculteurs à visiter leur plateforme commune d’essais dédiée au blé. L’occasion de faire le point sur les dernières avancées en matière de conduite de la deuxième production la plus importante de la plaine alsacienne après le maïs.

La campagne 2016-2017 de blé s’annonce bien meilleure que la précédente, a déclaré Patrick Bastian, élu de la Chambre d'agriculture d’Alsace, pour introduire cette visite. Ce n’était pas très difficile : on se souvient encore des excès d’eau au printemps, qui ont favorisé le développement des maladies, et du verdict final, lorsque les enveloppes des épis se sont avérées quasiment vides… Alors que les accidents climatiques apparaissent de plus en plus fréquents et violents, Patrick Bastian l’affirme : « La technique est primordiale, c’est elle qui nous permettra de nous adapter à ces évolutions. » Peu de maladies cryptogamiques L’un des aspects techniques qui conditionne la réussite du blé est sa protection contre les maladies cryptogamiques. Elle se gère grâce à l’observation au champ et à l’utilisation de modèles qui permettent de prédire l’évolution des principales maladies, notamment la fusariose et la septoriose. « Aujourd’hui en Alsace, le risque se raisonne à partir du niveau d’intensité de la maladie, de la sensibilité variétale et du risque climatique. Arvalis - institut du végétal a élaboré une grille de décision qui, en fonction du précédent et de la sensibilité variétale, renseigne sur la conduite à tenir en matière de protection contre la fusariose », indique Alain Weissenberger, responsable du service filières végétales et agronomie à la Chambre d'agriculture d’Alsace. « Après un maïs en non-labour et avec une variété assez sensible à la fois à la fusariose et à la septoriose, il faudrait prévoir un produit efficace contre la fusariose et aussi contre la septoriose, quitte à en faire l’économie si le risque climatique est faible. À l’inverse, si le précédent n’est pas à risque et que la variété choisie est tolérante à la fusariose, on peut faire l’impasse sur le traitement contre la fusariose et se contenter de traiter contre la septoriose entre le stade deux feuilles et le stade gonflement, en fonction du risque et du climat. Si la variété est tolérante aux deux maladies, la théorie consiste à faire l’impasse. Mais par précaution, il vaut peut-être mieux acheter un produit mixte en morte-saison plutôt qu’en pleine saison, où on aura moins de choix », suggère Alain Weissenberger. La plateforme comporte un essai visant à comparer l’efficacité de différents programmes de protection sur quatre variétés de blé présentant des profils sanitaires différents. Une des modalités comprend un produit de bio contrôle (Nectar), dont l’objectif est de permettre de réduire la dose de fongicide classique. Les autres sont plus classiques et l’une d’entre elles, dite flash, consiste à adapter la stratégie à la situation. Pour ce faire, les techniciens ont utilisé le modèle Precept, qui simule le développement de la septoriose en fonction des données météorologiques. Les contaminations ont été très faibles à l’automne et en hiver, en raison des températures faibles et de la rareté des précipitations. Le mois d’avril a été particulièrement sec, ce qui a posé des problèmes de valorisation de l’azote mais a évité le développement des maladies. « L’objectif de la protection est de protéger l’épi et les deux dernières feuilles, car ce sont elles qui font le rendement. Donc après la floraison, la protection n’est plus nécessaire car les contaminations seront trop tardives pour causer des dégâts », rappelle Alain Weissenberger. Sur la base de ce modèle et des observations de terrain, la modalité flash a donc consisté en un traitement à demi-dose d’Elatus Era sur Advisor, la variété la plus sensible aux maladies, en une impasse totale sur SY Moisson, Foxyl, et même Cellule bien que son profil sanitaire soit un peu moins bon que celui des deux précédentes. Un choix justifié notamment par l’absence de précipitation durant la phase critique de la floraison, donc au risque fusariose limité. Verdict à la moisson ! Mais une chose est sûre : les dégâts liés à la fusariose seront bien moins importants que l’année dernière. On observe très peu de symptômes, y compris dans les situations non protégées. Seule situation un peu plus préoccupante : les épis gelés, qui semblent plus affectés par la maladie. Des pistes pour déplafonner les rendements Alors que le rendement moyen du maïs continu d’augmenter régulièrement, celui du blé n’évolue plus autant : « Il progresse de 0,64 q/ha/an, alors que celui du maïs augmente de plus de 1 q/ha/an », constate Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis - institut du végétal, qui pointe du doigt un biais induit par des modalités différentes d’inscription des variétés pour le blé et le maïs. Pour le maïs, une nouvelle variété doit obligatoirement améliorer le rendement pour être inscrite. Pour le blé ce n’est pas le cas en raison des bonus liés aux qualités boulangères et technologiques. Néanmoins, Arvalis - institut du végétal et la Chambre d'agriculture d’Alsace ont mis en place un essai visant à chiffrer l’écart entre le rendement du secteur et le potentiel maximal de l’année, et à identifier le poids des facteurs limitants dans cet écart. L’essai comporte huit modalités. La première correspond à la conduite locale de référence. Dans les sept autres modalités, un intrant a été ajouté : plus d’azote (280 unités en quatre apports), un traitement contre les maladies cryptogamiques renforcé, un insecticide d’automne, un insecticide de printemps, de la fertilisation soufrée, de la fertilisation phosphatée, et le tout cumulé dans une dernière modalité intitulée potentiel max, qui doit donc permettre de constater l’effet de pratiques non limitantes. « L’idée c’est de voir si on gagne du rendement, avec quelles modalités, et à quel prix, donc de savoir si c’est rentable de lever les facteurs limitants », indique Didier Lasserre. Ce dernier distingue les intrants de capital (phosphore, potasse, herbicide), des intrants de seuil (contre les pucerons, la verse…), et proportionnels (comme l’azote). Il estime d’ailleurs que « les blés alsaciens sont parfois un peu sous fertilisés ». Ce qu’il explique par une « barrière psychologique » à 200 unités d’azote, qui mériterait pourtant parfois d’être franchie : « On estime que pour faire un quintal de blé il faut 3 unités d’azote. Donc pour faire 100 q il faut 300 unités d’azote. Si on enlève la fourniture du sol et la minéralisation, il faudrait apporter 220 à 240 unités en au minimum trois apports », schématise Didier Lasserre, qui rappelle que le maïs pousse quand l’azote du sol se minéralise, ce qui est moins vrai pour le blé, et justifie donc une fertilisation azotée un peu renforcée. Didier Lasserre estime aussi que les blés alsaciens sont souvent semés trop dense. Ou encore que l’irrigation est parfois arrêtée trop tôt : « Il faut la poursuivre jusque 25 jours après l’épiaison. » Variétés : un choix stratégique « Quel est votre principal critère de choix variétal ? », demande Thomas Munsch, d’Arvalis - institut du végétal. Sans surprise, c’est la productivité, répondent les agriculteurs. Mais pas seulement : le profil sanitaire est également important car il peut permettre de réaliser des économies de traitement. Les meilleures variétés sont donc celles qui cumulent productivité et tolérance aux maladies. Parmi les critères secondaires de choix figurent aussi la teneur en protéines du blé, un critère important pour l’export, ou encore la qualité boulangère du blé, qui facilite l’obtention de débouchés intéressants par les collecteurs, et l’adaptation des variétés aux conditions pédoclimatiques locales : « Les variétés précoces sont plus sensibles au risque de gel au printemps. Les variétés plus tardives au risque d’échaudage lors du remplissage… », illustre Thomas Munsch. Guillaume Pfrimmer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a ensuite présenté aux agriculteurs la vitrine de 40 variétés testées sur cette plateforme. Parmi elles, citons Diamento, régulière, Mogador, au potentiel de rendement intéressant mais moins bonne sur les maladies, LG Absalon, à suivre, Filon, qui affiche une très bonne productivité, Descartes, un SY Moisson renforcé en septoriose, et une référence en matière de tolérance à la fusariose, Chevignon, avec un bon potentiel…

Publié le 03/07/2017

À chaque année, son accident de parcours. Pour cette campagne, ce ne sont pas les maladies, où les excès de précipitations qui ont joué avec les nerfs des agriculteurs, mais plutôt des difficultés de valorisation des apports d’azote en l’absence de précipitations. Au final, les blés ont bien récupéré. Et, s’il y a perte de rendement, elle sera imputable au remplissage des grains, en cours d’élaboration.

Depuis que les blés sont semés, la météorologie s’est caractérisée par un déficit de températures en hiver et un déficit de précipitations en hiver et au début du printemps. En effet, avec des températures moyennes dépassant péniblement 0 °C en décembre et en janvier, les blés n’ont que peu tallé et émis de feuilles. Le tallage s’est donc avéré limité, d’autant plus que le semis était tardif : « Plus les semis ont été réalisés tôt, plus le tallage a été lent et long. Plus les semis ont été réalisés tard, plus le tallage a été rapide et court », détaille Jean-Louis Galais, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Soit le contre-pied de l’année dernière, qui avait été marquée par des excès de talles. Face à des blés clairs et chétifs, la mesure qui s’est avérée la plus efficace a été de réaliser un apport d’azote au tallage : « Réaliser cet apport a permis de ne pas perdre les talles qu’on avait. Par contre ce n’était pas forcément nécessaire de faire un apport important car, à ce stade, les besoins du blé ne sont pas très élevés. D’ailleurs, ce n’est pas l’azote qui fait le tallage, ce sont les températures. Apporter de l’azote a permis de faire plus de végétations. Les talles montent plus, mais on n’en fait pas monter plus », précise Jean-Louis Galais. Et puis cet apport était à raisonner à la parcelle : « Il était surtout justifié dans les situations caillouteuses, hydromorphes, moins face à des blés sains et exubérants. » 600 épis par mètre carré Cette stratégie s’est avérée d’autant plus payante que, par la suite, les agriculteurs se sont trouvés confrontés à des difficultés de valorisation de l’azote liées au manque de précipitations. « Il y a eu des précipitations en février - mars qui ont permis de valoriser les premiers apports. Mais ensuite, du 20 mars à fin avril il n’a quasiment plus plu alors que les blés atteignaient le stade critique d’épis 1 cm. » Ce sont donc des blés assez clairs qui ont abordé la phase de montaison, et la montée des épis s’est parfois effectuée en situation stressée. « À ce stade, nous étions très inquiets mais, finalement, les apports d’azote réalisés tardivement de manière un peu forcée ont permis aux blés de récupérer. » La plupart des blés se sont donc rattrapés en deuxième partie de campagne grâce à des pluviométries et des températures favorables à la fin de la montaison et à la floraison. Dans la plupart des situations, on dénombre quelque 500 à 600 épis par mètre carré, ce qui n’est pas limitant et qui correspond au seuil au-dessus duquel on est relativement assuré d’atteindre un bon niveau de rendement. Coup de chaud à la fécondation Avoir des épis c’est bien. Mais avoir des grains, c’est encore mieux ! Et cela passe par une fécondation efficace, ce qui nécessite notamment du pollen. Celui-ci se forme au cours de la méiose qui, cette année, a été précédée d’un coup de froid qui a fait craindre pour la qualité et la quantité de pollen. Ces craintes sont aujourd’hui levées puisque l’impact sur les blés semble limité. Viennent ensuite l’épiaison et la floraison, qui peuvent mal se dérouler en cas de manque d’azote notamment. C’est au moment de la floraison que se fait la fécondation, donc la formation du nombre de grains par épis. Or, à ce moment-là, un pic de chaleur a été enregistré, induisant un risque de coulure des fleurs. Pour le vérifier, il s’agit d’écarter les glumes et glumelles d’un épillet afin de vérifier la présence effective d’un épi. « Ce coup de chaud a eu un impact limité sur la qualité de la fécondation », estime Jean-Louis Galais. Les températures sont ensuite revenues à la normale, permettant d’atteindre une taille potentielle des grains correcte. La phase de remplissage est désormais en cours. Et le rendement final est donc désormais suspendu au mercure. « On estime la perte de PMG à 0,78 g par jour de température supérieure à 25 °C, rappelle Jean-Louis Galais. Or on a déjà enregistré 14 jours à plus de 25 °C. Cela signifie qu’à chaque fois que le mercure dépasse les 25 °C, cela a un impact sur le PMG, surtout en cas de stress hydrique. Car alors les blés ne sont plus capables de transpirer, donc de réguler leur température. » La semaine qui vient de s’écouler a donc été capitale car « s’il y a une perte de rendement, ce sera à cause du PMG », affirme le conseiller agricole. Début des moissons estimé au 20 juillet « Le PMG est d’ailleurs la composante qui plafonne le plus souvent le rendement final », estime Jean-Louis Galais. Or, pour éviter l’échaudage, les deux seuls leviers sont de jouer sur les dates de semis, en pratiquant des semis plus précoces, et le choix variétal, en choisissant des variétés qui font moins d’épis mais des grains plus gros. « L’an passé, il y avait une relation négative entre le nombre d’épis et le rendement. Autrement dit, ce sont les blés les plus moches qui ont été les plus productifs car il y avait moins de biomasse à entretenir », rapporte Jean-Louis Galais. Vendredi 16 juin, lors de la visite de la plateforme blé d’Arvalis - institut du végétal et de la Chambre d'agriculture d’Alsace (lire aussi en pages 16-17), Jean-Louis Galais a achevé son premier bilan de la campagne 2016-2017 en rappelant qu’entre l’épiaison et la maturité des blés, il faut cumuler 770 °C. La maturité devrait donc être atteinte le 1er juillet. Il ne restera plus alors aux blés qu’à sécher, à raison de 8 % d’humidité tous les 100 °C, ce qui laisse augurer d’un début des moissons au 20 juillet. « Mais s’il faut chaud, ce sera plus rapide ».

Désherbage mécanique des cultures de printemps

Une alternative au désherbage chimique

Publié le 23/06/2017

Dans le cadre des opérations Agri-Mieux, la Chambre d'agriculture d’Alsace a récemment organisé une rencontre technique sur le désherbage mécanique des cultures de printemps. L’occasion de découvrir deux outils au travail. Et de faire le point sur la manière d’intégrer le désherbage mécanique dans les itinéraires techniques.

Les outils de lutte mécanique constituent l’un des leviers envisageables pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, moyennant quelques contraintes. « Il y a, en moyenne, une fenêtre de tir de dix jours par an pour utiliser ces outils », indique Sophie Quié, animatrice à l’Adar d’Obernai. Soit pas grand-chose. Ceci dit, l’objectif n’est pas de passer en tout mécanique, mais plutôt de panacher les solutions agronomiques, chimiques et mécaniques. « Il existe différentes stratégies, différents outils qui peuvent être éligibles à l’obtention de subventions dans le cadre du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles », poursuit la conseillère. Allier chimique et mécanique Blandine Fritsch, animatrice de l’opération Agri-Mieux dans le Kochersberg, a listé les avantages et les inconvénients de l’adoption d’une stratégie de désherbage mixte, ou complémentaire, c’est-à-dire alliant solutions chimiques et mécaniques. Parmi les inconvénients figure l’investissement dans du matériel supplémentaire, et des conditions optimales de traitement qui ne sont pas les mêmes en chimique qu’en mécanique. Parmi les avantages, outre la réduction des IFT, figure la possibilité d’associer désherbage mécanique et fertilisation localisée, se traduisant par une moindre volatilisation de l’engrais azoté, donc une plus-value. Pour Patrick Rohrbacher, conseiller agricole en Alsace du Nord, le désherbage mécanique est surtout à envisager pour du rattrapage, du nettoyage de bordures de parcelles… Et puis il s’agit aussi de considérer la flore adventice en place : « Le désherbage mécanique est efficace sur dicotylédones, mais moins sur les graminées, qu’il faut atteindre à un stade très jeune. Et, en présence de vivaces, ce n’est pas non plus une solution appropriée. Ni dans les parcelles en pente. » Par contre, le désherbage mécanique est envisageable sur de nombreuses cultures : maïs, sorgho, betteraves, soja, céréales à paille… Un suivi régulier des parcelles est requis afin de pouvoir régler correctement l’agressivité du matériel. Et puis, outre leur action désherbante, les outils de désherbage mécanique présentent l’avantage de casser les croûtes de battance, donc de permettre une meilleure infiltration de l’eau. L’aération du sol procuré pourrait aussi permettre de libérer des éléments minéraux bloqués. Biner et fertiliser à la fois David Kraemer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a ensuite décrit les outils présentés ce jour-là. « La bineuse est l’outil le plus polyvalent. Son agressivité est définie par la rigidité des dents sur lesquelles sont fixés les socs, qui travaillent l’inter-rang. L’angle de pénétration des socs est également réglable avec des effets différents : plus le soc est parallèle au sol, plus on obtient un travail doux, de scalpage, plus il est perpendiculaire au sol, plus on obtient un travail profond, avec un volume de terre travaillé plus important et une meilleure efficacité pour casser les croûtes. » Les bineuses peuvent être équipées de différents types de socs : vibroculteur, patte d’oie, et plat, ou lame. Il existe aussi des demi-socs, qui permettent de projeter moins de terre. Un large choix de pièces travaillantes donc, sans oublier qu’une bineuse peut se coupler à d’autres outils. Le binage peut être effectué dès le stade 3-4 feuilles du maïs, avec des protège plants et à vitesse réduite afin de ne pas occasionner de dégâts sur la culture. Les inconvénients des bineuses sont qu’elles requièrent un semis soigné, éventuellement un investissement dans du guidage de précision pour plus de confort de travail, et que le rang n’est pas travaillé. À moins d’équiper la bineuse de doigts kress, qui permettent de travailler la ligne de semis. Le modèle présenté, la bineuse Monosem Multicrop, a été décrit plus en détail par Christian Kieffer, gérant de la concession Agrimat d’Hochfelden : « Ce nouveau modèle se règle facilement grâce à un système de butées qui permettent d’obtenir un travail plus ou moins agressif et plus ou moins profond, en fonction notamment du stade végétatif de la culture. Il est possible d’équiper le tracteur d’une trémie frontale pour faire de la fertilisation, de choisir entre différentes formes de socs, d’utiliser ou non les protège plants amovibles… » Roto-étrilleuse : une bonne efficacité pour casser les croûtes La roto-étrilleuse Aerostar-Rotation, du constructeur Einböck, a été présentée par Marius Bach, commercial à la concession Serma, avant d’être testée dans une parcelle de soja. « Le premier levier pour optimiser le désherbage, c’est la rotation. Puis la gestion du déchaumage et de l’interculture », estime Marius Bach, qui voit un autre avantage au désherbage mécanique : « Il n’y a pas de contrainte liée à la vitesse du vent ! » « Cette machine a été développée pour répondre à la problématique des levées tardives d’adventices, afin de pouvoir les détruire en grattant le sol alors que la culture est déjà développée », poursuit Marius Bach. Pour ce faire, le constructeur a misé sur un système d’étoiles de 52 cm de diamètre, montées avec des angles d’attaque différents et grâce à un système de double ressort. De par cette conception, la roto-étrilleuse est un outil qui présente aussi une très bonne efficacité pour casser les croûtes de battance. Benoît Gassmann a présenté les leviers issus de l’agriculture biologique qui sont transposables à l’agriculture conventionnelle en vue de réussir une stratégie de désherbage mixte. « En bio, l’objectif c’est d’avoir les parcelles les plus propres possible avant l’implantation des cultures. C’est pourquoi les semis sont assez tardifs, autour du 15 mai pour le maïs. C’est le temps nécessaire au déstockage des graines d’adventices en pratiquant des faux semis. » L’autre principal levier à actionner, c’est la rotation, avec notamment une alternance étudiée des cultures d’hiver et de printemps : « Après trois quatre années de cultures d’hiver, vous aurez quasiment épuisé votre stock semencier de graminées, dont la durée de vie dans le sol est relativement courte », illustre Benoît Gassmann, qui livre un autre facteur de réussite du désherbage mécanique : la ténacité. « Il faut répéter les passages, aussi bien en période de culture que d’interculture. » Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

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