Grandes cultures

Groupe Armbruster

Les céréales ont la clim !

Publié le 09/09/2019

Cet été, le groupe Armbruster a équipé ses silos d’Ottmarsheim et de Strasbourg d’appareils de réfrigération Granifrigor, pour une meilleure conservation des céréales à paille. Une avancée technologique qui répond à une demande sociétale en faveur de la réduction des traitements. Et à celle des meuniers et des boulangers qui exigent de plus en plus des grains stockés sans insecticides.

L’idée a germé au début de l’année, explique Christophe Armbruster. « Nous étions à la recherche d’une alternative aux traitements appliqués jusqu’ici pour assurer la bonne conservation des céréales dans les silos de stockage. » Une température de stockage réduite empêche les céréales stockées de développer des moisissures, ou les insectes d’y proliférer, précise-t-il. Cette option a été prise pour deux raisons. « Nous voulons poursuivre la démarche de développement durable engagée depuis plusieurs années. De toute manière, la sensibilité sociétale fait que les consommateurs ne veulent plus entendre parler de traitements chimiques. » Par ailleurs, la liste des produits autorisés de traitement insecticide de stockage se réduit comme peau de chagrin. Certes, des solutions alternatives apparaissent sur le marché mais, pour l’instant, elles sont encore en phase d’expérimentation, indique Christophe Armbruster. Une solution innovante La solution choisie par l’organisme stockeur consiste à conserver les céréales par le froid. Le système de réfrigération, situé à l’extérieur, est branché sur les gaines de ventilation afin d’injecter du froid à l’intérieur du silo pour abaisser la température des céréales qui y sont stockées. « Le but est de faire descendre la température sous les 15 °C. » La température à l’intérieur des cellules est contrôlée par un système de sondes. Cette technologie est particulièrement adaptée aux céréales à paille. « Le blé arrive généralement au silo à une température de 30 à 35 °C. Or la température de conservation idéale se situe à moins de 15 °C. » À cette température, les insectes ne peuvent pas proliférer, ni les moisissures se développer. Ce système de réfrigération sera aussi utilisé pour le maïs, à terme, même s’il est moins sensible aux attaques d’insectes, en raison de son passage dans le séchoir. « Lorsque nous vendons des grains à un meunier, la vente se fait « sans insectes ». Les silos du groupe Armbruster sont déjà équipés d’un système de ventilation qui permet de livrer des céréales sans insectes. Mais en cas de risque, nous étions obligés de fumiger des insecticides qui ont une efficacité de six mois. » La technologie Granifrigor, développée par la société FrigorTec, implantée dans le Bade-Wurtemberg, est déjà utilisée dans le monde entier, mais l’installation des premiers appareils en France est relativement récente. « Nous sommes le premier gros organisme stockeur - et la première société en Alsace - à investir dans cette technologie, précise Christophe Armbruster. Notre objectif à terme est de ne plus recourir aux insecticides, mais de trouver des solutions alternatives pour la conservation du grain en silo. La technique du froid en fait partie. »

CAC - Modulation intraparcellaire de semis de maïs

« Nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité »

Publié le 20/06/2019

Les premiers pas officiels de la modulation intraparcellaire de semis de maïs ont eu lieu lundi dernier sur une parcelle de Weckolsheim. Proposée en exclusivité par la Coopérative Agricole de Céréales, cette solution baptisée Mod-IP va, dès cette année, permettre à une trentaine d’agriculteurs du département de gagner en compétitivité sur chacun de leurs hectares de maïs.

Après la théorie, la pratique. Lundi dernier, la Coopérative Agricole de Céréales a convié la presse à assister aux premiers pas officiels de la modulation intraparcellaire de semis de maïs, deux mois après une première présentation en salle organisée à Blodelsheim (voir PHR du 5 février). Baptisée Mod-IP, cette innovation unique en France va, dès ce printemps, profiter à une trentaine d’agriculteurs du Haut-Rhin pour leur semis. Au total, ce sont 2 000 ha de parcelles situées en zones irriguées (Hardt et Plaine de l’Ill) qui vont bénéficier de cette technique pour cette année de lancement. « C’est plutôt encourageant quand on sait que le maximum qu’on pourrait atteindre au sein de notre coopérative est 8 000 ha », se félicite le président de la CAC, Jean-Michel Habig. Tous les agriculteurs qui se sont engagés avec Mod-IP devraient tous terminer leur campagne de maïs 2019 avec un gain supplémentaire de 100 euros à l’hectare. « Avec ce système, nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité tout en étant plus proche de l’environnement », poursuit Jean-Michel Habig. Cet argument « environnemental » a beaucoup séduit le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) qui a mis à disposition de la CAC ses cartographies topographiques du territoire. « On est partis de là pour établir une expertise fine des sols. Sont-ils argileux, limoneux, sableux ou caillouteux ? Chaque sol réagissant différemment en fonction de la densité de semis et de la variété choisie, il était essentiel d’obtenir une image des sols la plus précise possible », explique Christian Jenn, responsable du service innovation, marketing et solutions adhérent de la CAC 68. Il est en effet assez courant de trouver dans le Haut-Rhin deux, trois ou quatre types de sols différents d’un bout à l’autre d’une même parcelle. Ces différents types de sols ont ensuite été qualifiés grâce à un travail d’analyses et de mesures de terrain géolocalisées. Une fois ce travail effectué, une carte de conseil agronomique est éditée et injectée ensuite dans les équipements d’agriculture de précision. L’agriculteur peut alors adapter ses pratiques en fonction des différences environnementales intraparcellaires et ainsi être au plus près des capacités du sol. Moduler l’ensemble des pratiques Les expérimentations pour mesurer l’efficacité et la viabilité de Mod-IP ont duré trois ans. Une dizaine de variétés ont été testées pour trouver les plus adaptées en fonction des types de sols et, in fine, déterminer la densité de semis la plus pertinente à un endroit donné. « C’est l’une des raisons qui explique que cela n’avait jamais été fait auparavant sur le maïs en France, cela demande beaucoup de travail et de recherches pour parvenir à un résultat concluant », témoigne Christian Jenn. Et puis il y a aussi le simple fait que l’Alsace dispose de sols bien plus hétérogènes que dans les autres régions françaises qui produisent du maïs. « Il y a moins de besoins que chez nous », poursuit-il. En revanche, la modulation intraparcellaire de semis de maïs est déjà utilisée au États-Unis, mais pour un coût bien plus important à l’hectare que celui pratiqué par la CAC, à savoir 40 euros par hectare pour les agriculteurs adhérents à la coopérative, et 80 euros pour les autres. Un coût qui comprend l’analyse et la cartographie du sol qui est faite une fois, et les préconisations de densité de semis qui doivent être faites pour chaque nouvelle variété utilisée. « Et vu que de nouvelles variétés apparaissent chaque année, le roulement est bien plus rapide qu’avant », poursuit Jean-Michel Habig. Cette modulation intraparcellaire de semis de maïs vient compléter l’offre d’agriculture de précision que la CAC proposait déjà à ses adhérents, à savoir la fertilisation azotée sur colza et blé avec un drone. Et c’est loin d’être fini. « Toujours sur le maïs, nous expérimentons la modulation de la fertilisation, ainsi que la pulvérisation localisée avec drone pour lutter contre le liseron. Et dans le courant de cette année, nous allons tester la modulation de l’irrigation. Notre idée, au final, est d’avoir une modulation sur l’ensemble des pratiques pour amener ce qu’il faut, où il faut, et au bon moment », conclut Christian Jenn.

Réunion maïs Arvalis

L’irrigation a fait la différence

Publié le 14/02/2019

La traditionnelle réunion technique maïs d’Arvalis-Institut du végétal a permis de tirer les enseignements d’une campagne marquée par la sécheresse.

Résultat des courses : France, 93 q/ha ; Alsace, 113 q/ha ; Bas-Rhin, 98 q/ha ; Haut-Rhin, 117 q/ha. Commentaire de Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal : « Pas mal vu la sécheresse ! ». Il impute le différentiel de rendement entre les deux départements alsaciens à l’irrigation, davantage installée dans le paysage haut-rhinois. Ce sont des estimations, mais les rendements seraient en moyenne de 135 q/ha en situation irriguée, 105 q/ha en situation non irriguée sans stress hydrique et 80 q/ha en situation non irriguée avec stress hydrique. Les écarts de rendement sont donc très importants : ils vont de 0 q/ha, lorsqu’aucun épi n’a pu se former, à 160 q/ha lorsque les besoins en eau ont été couverts par l’irrigation. Or, avec une différence entre les précipitations et l’ETP de 350 mm, « nous avons atteint des niveaux d’irrigation jamais vus », rapporte Didier Lasserre. La faute au manque d’eau, certes, mais aussi aux températures élevées : « Nous avons enregistré 300 à 350 degrés jours de plus par rapport à la médiane des 20 dernières années, et 33 jours avec des températures maximales supérieures à 30 °C. » Non sans conséquences sur l’évolution des stades. Si les semis ont été un peu plus tardifs que les années précédentes, la levée a été plus rapide et les stades se sont ensuite enchaînés jusqu’à une récolte effectuée avec 20 jours d’avance. Entre-temps, la floraison a été précoce - fin juin, début juillet - et très regroupée, y compris entre les variétés précoces et tardives. Le remplissage des grains a été difficile. L’irrigation a en général été arrêtée assez tôt, autour du 10-15 août, car le desséchement était accéléré. Didier Lasserre en profite pour battre en brèche l’idée qu’un dernier tour d’irrigation, en apportant du stay-green, favoriserait la dessiccation du grain : « Ça peut éventuellement contribuer au rendement, mais pas à la dessiccation ». La fin de cycle a été favorable, se traduisant par une bonne qualité sanitaire. La récolte de maïs très secs a entraîné de l’égrenage, qui représenterait une perte de 1 à 2 q/ha, et des repousses de maïs parfois assez spectaculaires. Fourrage : valeur alimentaire dégradée Autres caractéristiques de la campagne : des maïs au gabarit généralement important, du fait d’une croissance rapide en début de cycle, peu d’attaques de corbeaux, mais des ravageurs attirés dans les parcelles irriguées durant la sécheresse. Les attaques de pyrale ont été précoces et importantes. La chrysomèle poursuit son expansion. Les conditions ont été peu propices à l’expression de la fusariose et de l’helminthosporiose, mais quelques dégâts de taupins ont été observés. En maïs fourrage, le rendement moyen est estimé à 11 tonnes MS/ha dans le Grand Est. La récolte a également été précoce, avec des maïs secs, ce qui se traduit au silo par des ensilages riches en fibres et assez pauvres en amidon. Leur valeur alimentaire est relativement faible, ce qui va se traduire par une hausse des besoins en complémentation.

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