communication

Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Remettre le Civa au cœur du vignoble

Publié le 24/01/2017

Didier Pettermann nous a présenté en exclusivité pour la presse son projet stratégique pour le Civa. Après quatre mois de travail avec Gilles Neusch, directeur adjoint, il propose un changement de mode de gouvernance avec un objectif majeur pour le vignoble : faire de la valeur ajoutée.

Didier Pettermann revendique un changement de stratégie à 180 ° : « On ne fera plus ce que nous conseille de faire telle ou telle agence. Mais on regarde de quoi nos opérateurs ont besoin et on met en place les outils pour y parvenir. » Le regard porté par le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) est à la fois critique et volontariste. Le mode de gouvernance, et notamment l’alternance de président tous les ans, a conduit peu à peu le Civa à s’éloigner de la réalité des opérateurs. « Les salariés se sont retrouvés parfois coupés des besoins du terrain et les élus se trouvaient contraints de valider des choix stratégiques sur lesquels ils n’avaient pas de grande marge de manœuvre. » Or il fait le constat que tous les opérateurs, quelle que soit leur famille professionnelle, « souhaitent vivre décemment de leur métier et pouvoir un jour transmettre leur entreprise. Et pour cela nous devons faire de la valeur ajoutée, c’est notre principal objectif. » Le conseil de direction, centre névralgique Pour servir cet objectif, Didier Pettermann s’est astreint pendant les quatre derniers mois avec Gilles Neusch, directeur adjoint, à construire un projet stratégique. Désormais la seule instance décisionnaire sera le conseil de direction ; fini le bureau stratégique. L’organisation interne est restructurée autour de trois pôles : marketing et communication, intelligence économique, recherche et développement. Ces trois pôles s’appuieront sur un travail en commission qui associera élus représentatifs et experts dans les domaines concernés. Ces commissions élaboreront la feuille de route des priorités du vignoble à court, moyen et long terme (lire encadrés). À travers cette nouvelle organisation, Didier Pettermann souhaite améliorer l’efficacité technique et financière du Civa, en optimisant le fonctionnement à moyens budgétaires constants. Il souhaite également revoir la manière de coopérer avec les entreprises, les partenaires, les institutionnels. « Nous devons mieux communiquer et expliquer ce que fait le Civa. C’est pourquoi nous présentons nos actions depuis quelques mois dans la Revue des vins d’Alsace. Nous communiquerons également plus régulièrement dans la presse hebdomadaire : le Paysan du Haut-Rhin et L’Est Agricole et Viticole. Nous devons tourner la page et lever les crispations qui existent aujourd’hui dans le vignoble en redonnant tout son rôle à l’interprofession sans empiéter sur les champs de compétences des autres. » Bref, le président veut remettre l’église au centre du village et placer l’intérêt général du vignoble au-dessus des querelles. Un programme ambitieux à ne pas perdre de vue.

Publié le 12/01/2017

En plein cœur d’un vrai hiver, froid et neigeux, rien de tel que de se laisser tenter par des plats revigorants. Lassés par la choucroute, la potée et autres pot-au-feu ? Essayez le navet salé, et laissez libre cours à votre imagination, il vous le rendra bien !

Le navet salé, encore une spécialité alsacienne qui gagne à être connue ! Les premières descriptions de fabrication de navets salés en Alsace remontent à 1539. Comme pour la choucroute, la mise en fermentation anaérobie en saumure de lanières de navets visait alors à accroître leur durée de conservation. Se faisant, le légume se charge en micro-organismes bénéfiques à la digestion. Mais attention, tous les navets ne sont pas dignes d’accompagner palette fumée et autres jambonneaux dans la traditionnelle recette de la potée colmarienne. Il doit impérativement s’agir du Stupfelruewe, le navet blanc globe à collet violet, une souche locale dont les semences n’existent pas dans le commerce - marché de niche oblige - et qu’il revient donc aux producteurs de multiplier pour maintenir vivace cette tradition locale. Des saveurs et des textures à explorer Si jusqu’au siècle dernier le navet salé avait encore une place de choix sur les tables alsaciennes, il a été peu à peu oublié, occulté par le succès de sa consœur la choucroute, mais aussi et surtout par la mondialisation de notre alimentation. Aujourd’hui, une dizaine d’agriculteurs cultivent une quarantaine d’hectares de navets salés, avec un rendement moyen de 25 t/ha, soit 850 t de navets produits chaque année, qui donneront 300 t de produit fini. Seules trois entreprises familiales perpétuent le savoir-faire de la transformation du navet en navet salé : la choucrouterie Adès et fils à Krautergersheim, la choucrouterie Speisser et fils à Geispolsheim et la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang. Les navets arrivent dans ces entreprises bruts, ils sont ensuite épluchés, coupés en lanières, mis en cuve où ils sont salés et laissés dix jours à fermenter avant d’être conditionnés. En 2014, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les producteurs ont d’ailleurs lancé un nouveau packaging destiné à donner un coup de jeune à ce produit historique. Ce petit seau carré, pratique à transporter avec son anse, contient 1 kg de navet salé, une quantité adaptée à une petite famille, et comporte au dos la recette traditionnelle, ne requérant que 20 minutes de préparation, 7 minutes de cuisson, mais 2 h 30 d’attente, le temps de laisser tous les ingrédients confire doucement ! Mais le navet salé se décline à l’envi. Lors du lancement officiel de la campagne, mardi 10 janvier à Bindernheim au sein de l’EARL Roland Jaeg (lire en encadré), Olivier Paclet, expert culinaire à Sodexo, en a fait la démonstration avec un velouté de navet et son écume de lard virtuel, des samoussas de navet salé, du navet salé façon spaghetti carbonara, une tourte au navet salé végétale, des navets salés façon céleri rémoulade… Cette année, Sodexo s’engage à servir des navets salés dans ses restaurants alsaciens. Une demi-tonne en a été précommandée, et n’attend plus qu’à être accommodée afin de donner envie aux consommateurs d’en acheter eux-mêmes. Autre outil de communication : l’image de Delphine Wespiser, utilisée tant sur les réseaux sociaux, que sur les affiches ou au moyen de spots radio.  

Agence d’attractivité de l’Alsace

S’implanter ou visiter, l’Alsace séduit

Publié le 27/12/2016

Investissements, fréquentation touristique, l’Alsace affiche une bonne vitalité. Des données présentées récemment à Strasbourg par le président de l’Agence d’attractivité de l’Alsace, André Reichardt, et sa première vice-présidente, Marie-Reine Fischer.

L’Agence d’attractivité de l’Alsace (AAA) est née de la fusion entre le Comité régional de tourisme, Alsace international et la marque Alsace, il y a deux ans, a rappelé André Reichardt, son président. « C’est la seule agence de ce type en France et dans la région et beaucoup nous envient. » Son objectif est « d’attirer des investisseurs potentiels et des touristes ». Projets et décisions d’implantation en hausse En ce qui concerne l’attractivité de l’Alsace, les chiffres nationaux sont « encourageants », a indiqué André Reichardt. Sur le volet économique, selon le classement de Business France, la région se classe en troisième position après l’Île de France et Rhône Alpes. L’attractivité de l’Alsace a augmenté : elle se note par le nombre de projets, en hausse de 50, voire 60 d’ici la fin de l’année, et par le volume d’emplois créés dans la région. L’AAA affiche ainsi des résultats records avec 21 décisions, contre 15 l’année dernière pour 238 emplois générés et 5,5 millions d’euros de masse salariale brute. L’Alsace est cette année « au-dessus de la crête » en termes de décisions d’implantation et affiche un ratio d’efficacité « meilleur que la moyenne nationale », grâce à la prospection ciblée directe, au travail sur l’image et l’attractivité économique de l’Alsace. André Reichardt a cité quelques exemples d’implantations, celles de Kendrion, qui a ouvert un bureau à Colmar, de Techterm SAS, une entreprise spécialisée dans l’installation de chauffage à énergies renouvelables, créée à l’initiative de deux partenaires, l’un allemand et l’autre alsacien, avec à la clé, 60 emplois sur 3 ans, a précisé Olivier Eck, responsable du pôle promotion. Quatre projets supplémentaires devraient voir le jour d’ici la fin de l’année. Neuf projets sur dix relèvent « de la commercialisation de biens produits ici ou dans la maison mère ». L’AAA entend travailler plus étroitement avec les intercommunalités pour que les projets puissent « bénéficier à tous les territoires », à l’image de celui développé en Alsace du Nord. Suite à la fermeture annoncée de la base aérienne de Drachenbronn, l’agence a travaillé avec les communes afin « d’utiliser au mieux les atouts », a indiqué André Reichardt. Ce partenariat a débouché sur un projet touristique mené dans le cadre d’un contrat de revitalisation avec la Communauté de communes de Wissembourg. Il est axé sur le tourisme vert avec un investisseur autrichien. Il prévoit la création au cœur de la forêt de Cleebourg d’une sphère ludique et d’un village nature, en jouant « à fond sur l’atout géothermie, dans une volonté d’accompagner l’investisseur dans ce territoire ». Alsace connecteurs, Partner régional, une exclusivité André Reichardt a annoncé la création d’Alsace connecteurs, en lien avec le réseau de la diaspora alsacienne. Chacun peut rejoindre Alsace connecteurs en étant membre du Club des ambassadeurs d’Alsace. Ces connecteurs sont « des importateurs d’affaires ». Ils pourront percevoir une prime à l’installation des entreprises variant de 2 000 à 10 000 €, en fonction du nombre d’emplois créés. « Leur action sera encadrée ». Ils sont 24 000 actuellement dans le monde au sein de l’Union des ambassadeurs, « l’objectif est d’élargir ce panel », a précisé le président d’AAA. Lui-même membre de plusieurs groupes d’amitié à l’international, il fait régulièrement à ce titre la promotion de l’Alsace dans ses déplacements, « pour attirer ces investisseurs, très demandeurs pour certains ». Sur le secteur du tourisme, Marie-Reine Fischer, première vice-présidente d’AAA, a précisé que les investissements en Alsace sont de l’ordre de 218 M€ en moyenne par an, dont 68 M€ dans l’hôtellerie, avec 26,60 M€ à Strasbourg et 7,80 M€ à Colmar. L’agence lance « un nouvel axe stratégique et exclusif » : la prospection dédiée aux porteurs de projets et aux investisseurs touristiques en partenariat avec une plateforme spécialisée, Régional Partner. Le bilan de cette collaboration montre que 45 projets ont été détectés pour l’Alsace, 73 % concernent des reprises d’équipements et 53 % des projets pour l’hôtellerie. 40 dossiers sont en cours de traitement, dont « un projet ambitieux concrétisé », d’une capacité de 80 chambres, dans la catégorie 3 étoiles, avec 20 emplois à la clé. Tourisme, tendances positives En ce qui concerne la fréquentation touristique, le bilan à fin octobre montre une hausse de 1 % des nuitées dans l’hôtellerie, toute clientèle confondue. Si elle est en baisse en Île de France, en Alsace elle « reste stable, voire en légère progression ». L’année n’est pas terminée, mais les tendances enregistrées début décembre sont « plutôt bonnes ». La fréquentation des marchés de Noël de Colmar est en forte hausse. À Strasbourg, malgré la conjoncture, elle reste satisfaisante dans l’ensemble. La baisse de la clientèle étrangère est compensée par la clientèle française. Les moyens de sécurité déployés ont bien fonctionné « pour rassurer les touristes ». Marie-Reine Fischer revenait de Taïpé, où l’agence a mené une opération pour montrer le marché de Noël à 50 tour-opérateurs. La promotion de la région va se poursuivre avec de nouveaux projets, notamment celui au Bahrein, en début d’année, avec Atout France et Business France, pour la semaine So french. Elle sera suivie de l’opération So good, so french en Israël. « La volonté de l’agence est de mettre l’accent sur le marché italien en 2017 », sans pour autant oublier les autres marchés de proximité européens. Tisser des liens touristiques et économiques, « c’est un travail de tous les instants, a-t-elle conclu. Il ne faut rien lâcher » pour continuer à maintenir et développer cette dynamique d’attractivité.

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