Chambre d'agriculture

Concours général agricole

Remise des médailles aux champions alsaciens

Publié le 16/08/2018

Les produits et vins alsaciens ont remporté 220 médailles au Concours général agricole, lors du Salon de l’agriculture de Paris. Mercredi 1er août, à la Foire aux vins de Colmar, les responsables agricoles ont remis leurs médailles aux dizaines de producteurs primés.

Une pluie de prix. Les producteurs alsaciens sont revenus du Salon de l’agriculture de Paris avec 220 médailles, sur les 371 décernées à la région Grand Est. Mercredi 1er août, les élus de la Chambre d'agriculture leur ont rendu hommage sur le parc agricole de la Foire aux vins de Colmar. Quelle que soit la couleur de la médaille, « tous les producteurs ont le même mérite », a souligné Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture Alsace. Car revenir du Concours général agricole (CGA) avec un prix, « ce n’est pas rien quand même ». Mais parmi les 163 vins, 19 eaux-de-vie et 38 produits médaillés, deux lauréats sortent du lot. La maison Joseph Cattin et la distillerie André Merisol ont reçu le prix d’excellence. Cette distinction récompense leurs bons résultats lors des trois dernières éditions du concours. Ce grand inventaire des produits français fait aussi émerger des produits insoupçonnés. « Depuis quelques années vous pouvez vous approvisionner en whisky d’Alsace de très bonne qualité », a ainsi souligné l’élu. Une référence à peine voilée aux distilleries bas-rhinoises Meyer et Lehmann, primées en 2018. Dans un registre plus exotique, le rhum s’est aussi installé dans le paysage alsacien. Avec une médaille de bronze pour le punch planteur de la société Réuni rhums d’Alsace, à Griesheim près Molsheim. Trois produits alsaciens primés en Suisse Mais à part pour l’honneur, à quoi sert une médaille au CGA ? « Cela constitue un beau plus sur notre communication », explique Martin Goergler, responsable marketing de la fromagerie Haxaire, à Lapoutroie. Son établissement a remporté une médaille de bronze à Paris pour son munster. Pourtant, le consommateur final ne tient pas vraiment compte de ces récompenses obtenues dans un concours peu connu du grand public. « On communique surtout auprès de nos distributeurs, confirme Martin Goergler. On peut lancer une promotion spéciale CGA sur certains lots par exemple. » Outre l’aspect économique, le CGA aide les producteurs à s’améliorer. Peu importe la note obtenue, chaque produit reçoit des commentaires de la part du jury. « On en tient compte pour les années suivantes », assure le jeune responsable. Mais il a aussi été question de la Suisse, mercredi 1er août. En septembre 2017, 18 producteurs alsaciens ont présenté leurs produits au Concours suisse des produits du terroir. Une mousse de foie d’oie, un crémant et un Gewurztraminer sont même revenus avec une médaille. « Il faut saisir la balle au vol pour faire la promotion de l’Alsace à l’étranger », s’est réjoui Laurent Wendlinger. Voisins suisses et allemands, les Alsaciens arrivent !

Publié le 23/03/2018

Denis Ramspacher, vice-président de la CAA. « Nous avons besoin d’innovation pour avoir des arguments dans les discussions et les attaques dont nous sommes l’objet. Nous sommes confrontés à une problématique sur les prix. Nous devons préparer l’avenir sachant que 50 % de la production laitière, demain, va changer de main. Si nous voulons continuer à produire, il va falloir accompagner les agriculteurs et qu’ils investissent. Or, avec les prix d’aujourd’hui, cela va être difficile. L’innovation est une évidence. Mais, elle doit s’accompagner avec la réalité économique du monde agricole ». Daniel Starck, Confédération Paysanne, dresse « un parallèle entre l’agriculture et le nucléaire qui est aujourd’hui dans une impasse. Nous faisons la même chose avec l’agriculture. Nous sommes allés trop loin. Je propose donc d’autres innovations que celles que vous venez de présenter. La première est l’innovation mentale. Nous devons changer de mentalité. La deuxième est d’innover en renouant avec le vivant, le sol vivant, l’agronomie. La troisième innovation est que nous ne restions plus seuls dans notre coin, mais que nous retrouvions les consommateurs et les gens qui habitent dans les territoires ». Christian Schott, référent Ecophyto Alsace. « L’innovation ne date pas d’aujourd’hui. On travaille depuis toujours pour favoriser le revenu des agriculteurs tout en préservant l’environnement et la sécurité des consommateurs. Notre préoccupation de tous les jours est de faire augmenter la production tout en minimisant son impact sur l’environnement pour le bien de la santé des agriculteurs et des consommateurs ». Jean-Michel Habig, président de la Coopérative Agricole de Céréales. « Nous avons des compétences sur le terrain, il faut les valoriser. À nous de les mettre en commun. Nous avons des exploitations agricoles qui fonctionnent également. L’innovation, nous la proposons à la CAC par le biais du pilotage azoté sur blé ou colza, l’épandage de trichogrammes, la modulation intraparcellaire, les outils d’aides à la décision, la bonne dose au bon endroit. L’idée est d’être le plus efficace possible et d’aller encore plus loin dans l’expertise ». Maximin Charpentier. « Je ne suis pas là pour opposer les systèmes agricoles. Je souhaite faire de l’innovation pour que le potentiel sol/soleil soit le meilleur possible. Le vrai sujet, c’est que la planète est ronde et que ses ressources sont limitées. Jusque dans les années 1990, on pensait le contraire. Il y a eu, depuis, une prise de conscience. La question est de s’interroger sur comment être innovant en agriculture tout en cumulant la durabilité du sol et la production. Le seul fait de vivre pollue. Nous serons bientôt neuf milliards d’habitants sur cette planète. Le pari à réussir ensemble sera de pouvoir les nourrir durablement. Pour avoir cette solution environnementale, il faut donner des moyens à l’agriculture. Une approche globale est nécessaire ».  

Opérations Agri-Mieux

Un bilan encourageant à capitaliser

Publié le 14/03/2018

Créées en 1991 sous la dénomination Ferti-Mieux, les opérations Agri-Mieux ont comme objectif de faire évoluer les pratiques agricoles afin d’améliorer la qualité de l’eau. Si des efforts restent à faire, notamment dans certaines zones sensibles, le bilan de ces opérations Agri-Mieux, après plus de 25 années de mise en œuvre, est encourageant. C’est ce qu’ont voulu mettre en avant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), l’Association pour la Relance Agronomique en Alsace (ARAA) et l’Agence de l’Eau Rhin Meuse le 25 janvier dernier lors d’une réunion organisée à Sainte-Croix en Plaine.

À l’origine, les actions Ferti-Mieux avaient été mises en place dans les années 1990 suite aux constats montrant une augmentation des concentrations en nitrates dans les eaux souterraines. Elles s’appuyaient sur un cahier des charges national élaboré par l’ANDA (Association nationale de développement agricole), et sur des actions de conseils techniques sur la conduite des cultures (blé et maïs) menées par l’ITCF (Institut technique des céréales et des fourrages), l’AGPM, les Chambres d’agriculture, et des actions Info Azote conduites par l’ARAA sur deux secteurs pilotes : Stotzheim et la Hardt. En Alsace, les deux premières opérations ont été Fert’Ill, centrée sur la zone inondable de l’Ill et sa périphérie, et Hardt Eau Vive, qui concernait le secteur de maïsiculture de la plaine du Haut-Rhin. La profession agricole a ensuite choisi de couvrir l’ensemble de la zone vulnérable qui avait été délimitée à la même époque. C’est ainsi qu’ont été créées successivement Piémont Eau et Terroirs et Collines Eau et Terroirs sur le Piémont viticole, Ferti Zorn sur la vallée de la Zorn, Sundg’eaux Vives dans le Sundgau, et enfin Ferti Kochersberg et Ferti Nord Alsace pour couvrir l’ensemble de la plaine d’Alsace en 2000. « Cela a nécessité d’aborder des thèmes techniques variés : de la fertilisation azotée du maïs et du blé, on est passé à celle des cultures spéciales et de la vigne. On y a ajouté la gestion et la valorisation des effluents d’élevage et des matières organiques et tout ce qui concerne la couverture des sols comme les Cipan et les sous-semis », développe Marie-Line Burtin, conseillère eaux souterraines/eaux superficielles à la CAA. Pour chacun de ces thèmes, un consensus technique a été établi sur lequel l’ensemble des prescripteurs s’appuie encore aujourd’hui pour conseiller les agriculteurs. La problématique des produits phytosanitaires a ensuite été prise en compte dans les opérations sous la forme d’actions Phyto-Mieux. Celles-ci seront finalement regroupées avec les opérations Ferti-Mieux pour donner naissance aux opérations Agri-Mieux qui se focalisent sur les zones de dégradations prioritaires. En 2014, les noms et logos de ces diverses opérations sont renouvelés. L’opération Vigne Eau et Terroirs est notamment créée à cette occasion. Plus de rendements, moins de nitrates Depuis le début de ces opérations, une multitude de données ont été collectées et apportent aujourd’hui une « expertise qu’il faut valoriser », commente Fabien Metz, président de la Commission environnement à la CAA. « Les dernières études de l’Aprona montrent que le monde agricole est à un tournant. Nous sommes désormais dans un mouvement pour avoir une agriculture plus durable. L’objectif est d’atteindre un bon état chimique et physiologique de l’eau en 2027. Pour y arriver, des innovations et de nouveaux systèmes émergent et peuvent rendre service à notre profession. » Si le sujet est devenu une préoccupation majeure aujourd’hui, il faut quand même se rappeler que la pollution liée aux nitrates était un concept inconnu dans les années 1970. Comme le révèle Pascal Vauthier, chargé d’intervention à l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, « le terme « nitrates » n’existait pas dans nos locaux à cette époque. Ce n’est que dans les années 1980 que la préoccupation émerge. » Pour devenir un enjeu essentiel lors de la création de la première directive Nitrates au niveau européen en 1991. Depuis, les teneurs en nitrates ont été stabilisées dans les sols. « La baisse des concentrations reste modérée et les politiques d’actions sont souvent critiquées pour leur inefficacité. Mais, si rien n’avait été fait, la situation aurait été pire. » « L’agriculture a su ajuster ses pratiques sans pour autant perdre en productivité. Depuis les années 1990, la productivité du maïs a augmenté, tandis que les teneurs en nitrates se sont stabilisées. C’est un résultat énorme », complète Serge Ramon, expert Agri-Mieux. De meilleures pratiques de fractionnement sur maïs En premier lieu, il faut se rappeler comment a évolué le paysage agricole en Alsace en cours des 30 dernières années. Entre 1988 et 2000, la proportion de maïs dans la zone vulnérable a augmenté au détriment des prairies et des surfaces en céréales à paille, en oléagineux et protéagineux. Une évolution qui n’est pas spécifique à la zone vulnérable, et qui a été motivée par l’introduction de primes différenciées pour le maïs dans la Pac de 1992. Depuis 1998 jusqu’à aujourd’hui, la proportion de maïs dans l’assolement de l’Alsace est restée relativement constante. En parallèle de l’évolution de la place du maïs, l’élevage a diminué dans la zone vulnérable. Entre 1988 et 2000, la quantité d’azote issue des effectifs bovins y a diminué de 36 %. Seule la proportion des effluents d’origine porcine a légèrement augmenté pour passer de 12 % en 1988 à 18 % en 2010. Parallèlement, le volume d’azote minéral apporté sur maïs a augmenté. En zone vulnérable, c’est une progression de 3 % entre la période 2000-2004 (172 kg N/ha) et la période 2012-2016 (178 kg N/ha). Dans le même laps de temps, le rendement a augmenté de 11 % passant de 104 q/ha à 115 q/ha en moyenne. Toujours entre 2000 et 2016, l’écart moyen à la dose conseillée a baissé de 33 % suite à la mise en place des opérations Ferti-Mieux. En revanche, il n’y a pas eu d’évolution entre les périodes 2005-2011 et 2012-2016. Aujourd’hui, 66 % des surfaces sont correctement fertilisées contre 50 % seulement lors de la période 2000-2004. Les actions Ferti-Mieux ont aussi permis d’améliorer les pratiques de fractionnement sur maïs en zone vulnérable. En 2016, seules 9 % des surfaces avaient des pratiques de fractionnement « à revoir » contre 16 % en 2004. La part de fractionnement correcte est passée de 46 % à 61 % en 2011, et a diminué ensuite à 56 % en 2016. Une baisse qui s’explique par la « précocité du deuxième apport » précise Rémy Kohler. En blé, l’observation est quasi similaire à celle faite sur le maïs. Entre 2000 et 2016, la dose moyenne d’azote minéral apportée a progressé de 15 % avec un rendement qui a lui progressé de 8 %. En revanche, on remarque qu’il y a eu très peu d’évolution concernant la dose du premier apport d’azote sur blé en zone vulnérable (59 kg N/ha en 2000 et 61 kg N/ha en 2016). « On n’a pas fait d’économie d’azote, mais on n’a pas dégradé non plus », note Rémy Kohler. Bilan mitigé également concernant l’évolution de la conformité du premier apport sur blé en zone vulnérable. En 2000, 41 % des surfaces ont reçu une dose conforme aux recommandations contre 37 % des surfaces en 2016. Rémy Kohler se demande si cette tendance ne serait pas en relation avec la crainte d’une sécheresse pour la valorisation du second apport. À noter enfin une évolution notable du fractionnement des apports d’azote sur blé en 2016. À cette date, l’apport en trois fois était de rigueur sur 55 % des surfaces contre 38 % en 2000. De nouveaux enjeux à prendre en compte Concernant la gestion des matières organiques, le bilan établi en 2016 est plutôt positif, même si des efforts restent encore à accomplir. « Globalement, la quantité d’azote organique par hectare de Samo* est en baisse. Mais certains agriculteurs apportent des quantités bien trop élevées encore. Sur certaines opérations, les quantités maximales sont parfois plus élevées pour la période 2012-2016 que pour la période 2000-2004, comme sur Ferti-Zorn », explique Rémy Kohler. Une autre conséquence remarquable de ces actions Agri-Mieux est la baisse importante de sol nu sur la zone vulnérable, passant de 65 % en 1991 à 50 % en 2016. Une diminution liée à deux facteurs : la couverture des sols par une Cipan, et l’augmentation de la part de céréales à paille dans l’assolement. « Mais après avoir baissé de 23 % en 25 ans, le taux de sol nu en zone vulnérable dispose aujourd’hui d’une faible marge de progression au regard des systèmes de culture actuels. Le maïs représente en effet 50 % de la SAU », poursuit Rémy Kohler. Le dernier enseignement à retirer ce bilan des opérations Agri-Mieux est la nette diminution de la Balance globale azotée, ou solde Corpen, passant de 39 kg N/ha en 1991 à 22 kg N/ha en 2016, l’objectif étant d’atteindre à plus ou moins brève échéance 15 kg N/ha. Un bilan qui s’explique par trois facteurs : l’augmentation des rendements en maïs et en blé globalement supérieurs à l’augmentation des doses d’azote apportées ; la réduction des quantités d’azote organique apportées ; et un meilleur ajustement des doses d’azote apportées sur maïs. Si les efforts et les travaux doivent être poursuivis pour atteindre les objectifs escomptés, ces opérations Ferti-Mieux puis Agri-Mieux ont permis une amélioration globale des pratiques agricoles concernant la préservation des ressources en eau. Une dynamique qui va désormais être adaptée à de nouveaux enjeux. « À la demande de l’Agence de l’eau a été mise en place une opération Agri-Mieux unique sur les grandes cultures, couvrant toute la zone vulnérable, et avec les mêmes fondamentaux. Mais si les thèmes principaux de la fertilisation et des produits phytosanitaires sont repris, nous ouvrons le champ à la diversification de l’assolement, au changement de systèmes, à la diffusion d’informations techniques issues de l’agriculture biologique ou des réseaux Dephy », annonce Nathalie Brobeck-Allard, chef du service Eau et Agriculture à la CAA.

Pages

Les vidéos