Chambre d'agriculture

Cantons de Bischwiller-Seltz-Lauterbourg

Préserver le foncier agricole

Publié le 26/01/2019

Après avoir fait un rapide bilan de l’année agricole écoulée, Christian Schott, président du canton de Bischwiller, est revenu sur les actions syndicales menées en 2018. Les principales raisons de ces mobilisations ont été le prix payé aux agriculteurs pour leurs produits et la défense des moyens de production. Les États généraux de l’alimentation ont suscité beaucoup d’espoir mais sont loin d’être à la hauteur des attentes des agriculteurs. Les ordonnances d’application de la loi sont parues, notamment sur le volet encadrement des pratiques de la grande distribution. Les agriculteurs attendent maintenant de voir si cette loi va effectivement permettre de rééquilibrer les rapports de force avec la distribution. La question de la répartition de la marge entre le producteur, le transformateur et la distribution est essentielle. En effet, bien que le prix payé à l’agriculteur pour le blé ou les pommes de terre varie fortement d’une année à l’autre, celui des produits féculents au consommateur a été quasiment stable, a indiqué le président du canton de Seltz-Lauterbourg, Christian Schneider. Il serait donc intéressant de voir où est allée la différence. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a rappelé que la mobilisation du mois de juin a permis d’inscrire dans la loi, l’interdiction en France d’importer des produits ayant fait l’objet d’un traitement ou issus d’un mode de production non autorisés par les réglementations européenne et nationale. Il faut voir maintenant comment cet article pourra entrer concrètement en application. Avec Laurent Fischer, il a ensuite présenté le projet de la liste d’union FDSEA-AVA-JA pour les élections Chambre d’agriculture. La Chambre joue un rôle déterminant dans les questions liées à l’urbanisme telle que l’élaboration des PLUI. Le conseiller départemental et maire d’Offendorf a rappelé que le devenir des terres agricoles est une préoccupation quotidienne des élus. Également président du Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle et sensible à la problématique phytosanitaire, Denis Hommel milite pour les stations d’épuration de 4e génération qui seraient capables de capter les molécules phytosanitaires. Le conseiller départemental et suppléant du député Reiss, Paul Heintz, a remercié les agriculteurs pour leur travail au quotidien et regretté que leur niveau de rémunération soit insuffisant. « Il n’y a pas que des futilités dans la vie, comme le dernier portable, il faut revenir à l’essentiel, et l’alimentation en fait partie » a-t-il conclu.

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Le budget de la Pac doit être maintenu »

Publié le 10/12/2018

La Politique agricole commune de l’après 2020 inquiète. Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine, les responsables des filières ont demandé plus de réactivité de leurs interlocuteurs pour soulager la profession.

Les difficultés d’approvisionnement en eau et les attentes des versements des aides, notamment en production bio, des trois dernières années, constituent deux sujets de tension. Celui des prix en est un autre, comme l’a rappelé le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander. « Ils ne sont pas au rendez-vous. C’est d’autant plus pénible qu’à cela s’ajoute cette sécheresse persistante. Il n’y a pas eu de « vraie » pluie dans certaines régions depuis le 1er juin. Ce qui entraîne des difficultés pour effectuer les semis et les labours dans de bonnes conditions. Il faut donc s’adapter en fonction de la réalité du terrain. Réalité qui n’est pas forcément prise en compte dans les discussions concernant la Politique agricole commune. Cela nous inquiète. Il nous faut davantage de réactivité à l’avenir. » Les aléas climatiques risquent de se répéter. L’administration de l’État doit être un facilitateur dans l’avancée des dossiers. Cette réactivité est également demandée par le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Claude Gebhard, concernant la navigabilité du Rhin pour les échanges commerciaux. Durant cette période compliquée, la filière « maïs » a été présente dans la région pour aider au mieux l’élevage, se félicite le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Nous devons préserver toutes nos filières et ne pas opposer les unes aux autres. Mais, sans l’élevage, quel aménagement possible pour le territoire ? Il faut des projets partagés. La transition de l’agriculture se fera avec les acteurs du terrain que sont les agriculteurs. Elle passera aussi par l’innovation et des avancées au niveau des énergies renouvelables. L’avenir de la ruralité appartient d’abord à ses acteurs qui doivent être écoutés. » L’agriculture fait face à trois inquiétudes majeures : le Brexit en Grande-Bretagne et ses conséquences sur les échanges commerciaux, le changement climatique que la Pac doit intégrer, la gestion des risques et les moyens pour y faire face. Dialogue constructif Dans la filière des volailles, Jean-Michel Schaeffer a salué le travail réalisé avec les distributeurs sur les hausses du coût des matières premières et sur les échanges entre acteurs de la filière. « Nous devons développer de nouvelles « niches » de consommation comme les produits transformés pour les foyers. Cela doit se faire dans la vigilance collective, le dialogue, la confiance avec cette nécessité de sécuriser nos apports locaux. Pour la volaille, c’est le cas même si les charges augmentent à l’image du gaz où les taxes ont été multipliées par trois ces dernières années ». Pour Paul Fritsch de la Coordination Rurale, la solution passe par une régulation des échanges et une Europe forte et solidaire. Christian Schneider, vice-président de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, demande une harmonisation du traitement des dossiers par les services de l’État, constatant de grosses différences selon départements. Dans ce monde en mouvement, il est nécessaire d’anticiper. C’est ce qu’a fait la filière des fruits et légumes, a rappelé le président de l’interprofession, Pierre Lammert. « L’année a été bonne, hormis pour le chou à choucroute et les pommes de terre. Les producteurs ont su se structurer, ensemble, dans le Grand Est. Un contrat de filière les engage avec la Région et des investissements ont été réalisés pour lutter contre les aléas climatiques. » Les élus de la Chambre d'agriculture représentants des syndicats et les salariés ont tous souligné l’importance du dialogue constructif pour favoriser les échanges économiques. Protéger l’agriculteur, favoriser la production L’évolution de la Pac et ses premières orientations annoncées, ont fait réagir Dominique Springinsfeld, éleveur à Durmenach. « La première question à se poser est : L’Europe veut-elle encore une agriculture demain ? Ces orientations sont contraires à l’esprit du Traité de Rome de 1957. Cette évolution est logique dans la mesure où ce ne sont pas des décisions politiques qui sont prises, mais administratives. Dans ces conditions, il faut absolument que le politique reprenne le cours de l’évolution de notre vie. » Le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber, enfonce le clou : « À la base, l’Europe est là pour protéger l’agriculteur et favoriser la production. Aujourd’hui, on est loin de tout cela. On demande une politique unifiée, avec les mêmes règles pour tous. » Les mesures agroenvironnementales (MAE) signées dès 1993 et 1995 ont été précurseurs, a rappelé Claude Schoeffel. Ces contrats arrivent à échéance en 2020. Il faut donc rapidement négocier les suivants. Enfin, Paul-André Keller s’est inquiété des profonds changements de la filière horticole : « La nouvelle configuration de la Chambre régionale avec 30 % d’élus en moins, risque de poser un problème de représentativité pour les petites filières comme l’horticulture et une perte de proximité des élus face aux agriculteurs. » En conclusion des débats, le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, a constaté que quelles que soient les appartenances syndicales, les élus agricoles vont dans le même sens. « Il faut continuer de peser. Il y a une réalité, une nécessité : le budget de la Pac doit être maintenu. Il faut sortir de cette technocratie européenne. Demain, il faudra se prendre en main pour éviter pléthore de dispositifs. Et mettre en place une Pac avec des règles partagées au niveau environnemental et sanitaire. Cette politique doit tenir compte des spécificités de notre métier. » Un argumentaire qui a ensuite été voté à l’unanimité sous forme de motion. Une autre a été approuvée. Elle concernait l’impérieuse nécessité d’engager une réflexion pour assurer la navigation sur le Rhin ; les basses eaux récurrentes actuelles ayant de lourdes conséquences économiques pour la filière céréalière.

Ordre du Mérite agricole

Trois nouveaux chevaliers et un officier

Publié le 09/11/2018

Vendredi 26 octobre, Danielle Bras, Marie-Cécile Claudepierre et Joël Janoty ont été nommés au grade de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole lors d’une cérémonie organisée à la Maison de l’agriculture, à Sainte-Croix-en-Plaine. Le monsieur « agriculture » de la DDT du Haut-Rhin, Jean Deffinis, a lui été promu au grade d’officier.

Quatre « poireaux » ont été remis lors d’une cérémonie organisée à la Maison de l’agriculture, à Sainte-Croix-en-Plaine. C’est tout d’abord Marie-Cécile Claudepierre qui a reçu sa médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole des mains du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. Élue à la CAA depuis 2013, Marie-Cécile Claudepierre est engagée depuis près de 40 ans dans l’agriculture. Après avoir travaillé sur l’exploitation familiale, elle reprend, en 1984, la ferme de ses beaux-parents au côté de Gérard, son époux. Une exploitation située à 900 mètres d’altitude, au lieu-dit Faurupt, près du Bonhomme. Partis avec 12 vaches, 8 génisses et 16 hectares, Marie-Cécile et Gérard Claudepierre agrandissent progressivement leur ferme et se spécialisent exclusivement dans la vente directe en 1998. Aujourd’hui, leur cheptel compte 28 vaches laitières et 25 génisses pour une surface exploitée de 74 ha et une production laitière de 170 000 litres, transformée intégralement à la ferme. Leurs produits (tommes et munsters au lait cru) sont vendus en France et à l’étranger, principalement chez des fromagers affineurs (fromagerie Saint-Nicolas à Colmar, fromagerie Tourrette à Strasbourg, ainsi qu’une vingtaine de références à Paris), mais aussi au marché Saint-Joseph de Colmar. Marie-Cécile et Gérard Claudepierre sont parents de trois enfants et grands-parents d’une petite fille née en 2017. « Un des piliers » Laurent Wendlinger a ensuite décoré Danielle Bras, agricultrice à Roggenhouse et vice-présidente de la CAA depuis les dernières élections, en 2013, et élue à la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage), de la médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole. « Lorsque je t’ai sollicitée pour faire partie de mon équipe, tu t’es interrogée. Tu étais inquiète de ne pas être à la hauteur face aux enjeux, face aux responsabilités agricoles que tu découvrais. Aujourd’hui, je peux dire que tu nous l’as bien rendu. Tu es l’un des piliers de notre Chambre d'agriculture d’Alsace. Ton engagement sur les différents dossiers est salué par l’ensemble des acteurs et partenaires avec qui tu œuvres au quotidien », témoigne le président de la CAA. Cela fait dix ans que Danielle Bras pérennise l’exploitation familiale au côté de son époux, Reinhardt, lui-même fils d’agriculteurs basés en Basse-Saxe, à la frontière hollandaise. Ce parcours agricole, « qui ne fait que commencer », fait suite à une première expérience professionnelle en tant qu’aromaticienne dans un laboratoire de recherche et développement dans l’industrie alimentaire. Danielle Bras a par la suite été responsable du laboratoire de contrôle qualité dans le domaine des molécules aromatiques et de la parfumerie au sein de l’entreprise BASF. À la Chambre d'agriculture, Danielle Bras assure la présidence des filières végétales. Elle représente également la profession agricole à l’Institut transfrontalier d’application et de développement agronomique (Itada). Avant elle, son père, Antoine, et son oncle, Pierre, « reconnus en leur temps pour leur implication dans l’agriculture et la viticulture », avaient déjà été décorés du fameux « poireau ». Créateur de logiciels L’ancien directeur de la Chambre d'agriculture du Haut-Rhin, Aimé Lichtenberger, a pris le relais de son ancien président pour remettre l’insigne de chevalier dans l’ordre du Mérite agricole à Joël Janoty, actuel responsable du système d’information à la Crage et directeur des fonctions supports. Originaire de Gap, rien ne prédestinait Joël Janoty à servir le monde agricole. Diplômé en informatique, il démarre sa carrière professionnelle en tant que technico-commercial dans ce domaine de 1990 à 1996 dans sa région natale. Cette même année, il rejoint la Chambre d'agriculture du Haut-Rhin pour occuper le poste de responsable du système d’information. Au fil des années, il se révèle être un « pédagogue exceptionnel, captivant parce que toujours enthousiaste ». Il n’a de cesse de créer de nouveaux logiciels, dont celui dédié à la gestion commerciale des viticulteurs Winviti. À partir de 2011, il œuvre au profit du réseau national des Chambres d’agriculture en tant que chef de projet technique SIRH. Il encadre, pour le compte de la CAA, une équipe pluridisciplinaire de 14 collaborateurs dans le cadre de l’agrégation des systèmes d’information des Chambres d’agriculture. Il intègre la Crage en 2016 et s’apprête à poursuivre son évolution professionnelle. Le 1er janvier 2019, il rejoindra l’APCA au sein de la Direction nationale des systèmes d’information. Outre sa passion pour l’informatique, Joël Janoty est également un sportif hors pair, excellent nageur, marcheur et cycliste mais aussi « brillant » volleyeur, et adepte des manifestations sportives à vocation caritative. Une activité qu’il partage avec son épouse, Soizick. Il est également père de deux garçons. « Une marque de reconnaissance, voire d’appartenance » Décoré chevalier en 2000, Jean Deffinis a été promu au grade d’officier dans l’ordre du Mérite agricole par le secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin, Christophe Marx. Bien connu dans le monde agricole, Jean Deffinis, est actuellement adjoint au chef du bureau Nature, Chasse et Forêt, à la direction départementale des Territoires (DDT) du Haut-Rhin. Il assure la mise en œuvre des mesures de protection et de développement de la forêt, en particulier l’analyse des conditions de retour à l’équilibre agro-sylvo-cynégétique, tout en assurant l’intérim des fonctions d’adjoint au chef du service agriculture et développement rural. Avant d’intégrer la DDT en 2010, Jean Deffinis a eu un riche parcours professionnel. Il démarre en 1979 au sein de l’antenne départementale de la protection des végétaux d’Annemasse, en Haute-Savoie. En 1983, il revient sur sa terre natale alsacienne en tant que chargé de diagnostics et détection phytopathologique à l’antenne départementale de la protection des végétaux à Colmar. En 1989, il intègre le service agricole de la direction départementale de l’Agriculture et de la Forêt du Haut-Rhin où il est chargé de la mise en œuvre de la politique des aides aux agriculteurs. En 1992, il est promu technicien supérieur de l’agriculture et prend en charge le déploiement dans le Haut-Rhin de la mise en place de l’importante réforme de la Pac. Il poursuit son évolution de carrière jusqu’en 2010 où il intègre la DDT du Haut-Rhin lors de sa création. En tant que chef du bureau des aides directes et des filières végétales, Jean Deffinis « fait preuve d’un sens marqué de l’analyse de situations complexes ». Il devient l’interlocuteur privilégié de la Draaf, des services de l’État et de la profession agricole. « Vous êtes clairement identifié par le préfet et le DDT comme un référent solide du domaine agricole », souligne Christophe Marx. En 2014, Jean Deffinis ajoute la fonction d’adjoint au chef du service agriculture et développement rural. Un poste « exigeant » avec de nombreux défis à relever, comme la mise en œuvre de TelePac et la gestion du traitement des 57 000 anomalies liées au Registre parcellaire graphique. Et c’est en juillet 2017 qu’il intègre la fonction qu’il occupe actuellement. Au côté de son épouse, Jean Deffinis a tenu à remercier la profession agricole pour avoir proposé d’associer sa remise de médaille à celle de ses homologues du monde agricole. « Pour moi, c’est une marque de reconnaissance, voire d’appartenance à la grande communauté des agriculteurs. »

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