Chambre d'agriculture

Session d’installation de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est

Le nouveau visage de l’agriculture régionale

Publié le 20/03/2019

Les membres de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est ont élu Maximin Charpentier à la présidence de l’institution, vendredi 15 mars. Le Marnais de 44 ans compte moderniser la politique agricole régionale.

Sourire aux lèvres, allure décontractée, costume beige déboutonné. Maximin Charpentier présente bien dans le salon cossu de l’Hôtel du préfet, vendredi 15 mars à Strasbourg. Le Marnais de 44 ans vient d’être élu à 45 voix sur 56 à la tête de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Il déroule son discours avec aisance. Donne volontiers une carte de visite. Répond aux journalistes avec pédagogie. En bref, un style moderne. Son parcours symbolise aussi à merveille le modèle agricole défendu par la FNSEA. Valeur ajoutée, diversification, compétitivité. Merci à tous pour vos félicitations ! Elles me touchent particulièrement. Je compte sur vous pour accompagner notre action dans cette recherche de compétitivité au service de nos agriculteurs et des territoires. pic.twitter.com/8QJ7f0f6Xp — Charpentier Maximin (@Maximin51) March 15, 2019 Petit historique. Maximin Charpentier démarre en 1999 avec 60 hectares sur la commune de Lachy, 300 habitants à une heure de Châlons-en-Champagne. Au fil du temps, il achète de nouvelles parcelles. Il cultive aujourd’hui 150 ha. Surtout des céréales et des pommes de terre. Il livre 1 200 tonnes par an de tubercules à l’usine de frites McCain, en banlieue de Châlons. En vingt ans, le producteur s’est aussi diversifié. « Nous avons ouvert un centre équestre et installé des panneaux photovoltaïques », indique-t-il. En parallèle, il gravit un à un les échelons politiques. Président des Jeunes Agriculteurs de la Marne de 2004 à 2008. Vice-président de la FDSEA par la suite. En 2013, il prend la tête de la Chambre d'agriculture départementale et devient, à 38 ans, le plus jeune président d’une Chambre d'agriculture. Dans le même temps, il arrive aux commandes de l’association Terrasolis, gérante de la ferme 112. Non, il ne s’agit pas d’un centre d’expérimentation de la CIA. L’exploitation située sur l’ancienne base aérienne 112, près de Reims, offre un immense terrain de jeu à une flopée de start-up et chercheurs dans les nouvelles technologies agricoles. Recherche et bioéconomie Le nouveau président de la Crage est un agriculteur 2.0. Cet aspect marque son programme pour les six prochaines années. L’innovation constitue une de ses priorités. Logique. « Nous devons créer plus de valeur ajoutée, appuie le Marnais. Pour cela il faut nous diversifier et innover. » Et le responsable d’énumérer les possibilités : circuits courts, production d’énergie, tourisme… Ces transformations doivent aider l’agriculture à surmonter la baisse des aides Pac qui se profile. Elles atténueraient aussi la différence de richesse entre producteurs et grande distribution. Pour mettre ces idées en musique, l’élu va créer un service régional « recherche et développement ». L’idée reste de « faire profiter tout le réseau des connaissances locales. » En clair, mettre en commun l’expertise des agriculteurs et des techniciens alsaciens, champardenais et lorrains. Une politique déjà instaurée dans plusieurs domaines. Ainsi en 2018, la Crage a créé un service commun de valorisation du bois. « Auparavant, chaque ancienne région disposait de son propre service », explique Jean-Luc Pelletier, président de la Crage jusqu’à vendredi. La bioéconomie occupe aussi une place importante dans les projets du nouveau bureau. Cette théorie promeut une économie basée sur la biomasse. Elle vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles et la pollution. « La bioéconomie permet de rendre nos fermes plus viables et de valoriser nos déchets, explique le président. L’agriculture est le seul secteur capable d’absorber du carbone pour le transformer en biens de consommation. » Exemples : le biogaz, l’électricité ou encore le digestat issu de la méthanisation. Dernier grand fil conducteur de sa future politique : la compétitivité. Le président base sa stratégie sur un constat simple. D’après lui, le Grand Est peut nourrir 15 millions de personnes alors qu’il ne compte que 5 millions d’habitants. Conséquence : le potentiel d’exportation est énorme. « Nous devons monter en gamme et jouer à fond la carte de l’Europe », estime-t-il. Les 5,5 milliards d’euros d’excédent commercial agricole du Grand Est ne lui suffisent pas. « Une organisation formidable » Mais Maximin Charpentier soigne aussi son électorat. Son discours tourné vers l’extérieur ne doit pas le couper de sa base. Lors de son allocution d’investiture, il a dressé un portrait détaillé de l’agriculture régionale. Un passage en revue de chaque secteur agricole sous sa juridiction. Le message est clair. Il connaît le terrain et les particularités locales. Ensuite, il a défendu un service de proximité de la part de la Crage. « Il faut conseiller les agriculteurs en fonction de leurs spécificités et des contraintes du territoire. » Traduction : il ne veut pas imposer un seul modèle de développement à toute la région. Enfin, il a loué le travail de son prédécesseur, Jean-Luc Pelletier, artisan de la fusion des anciennes Chambres régionales d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardenne. Pour lui, l’échelle Grand Est est la bonne. « On peut s’appuyer sur les services des dix départements, se réjouit le numéro un de la Crage. C’est une organisation formidable. » Et le nouveau patron de conclure : « Ensemble nous répondrons aux défis de l’agriculture de demain. » Deux mots-clés : collectif et moderne. Le compte y est.

Session d’installation de la Chambre d'agriculture

Deux Denis pour un projet

Publié le 06/03/2019

Lundi 4 mars, les élus à la Chambre d'agriculture d’Alsace ont intronisé la nouvelle équipe chargée de piloter la politique agricole locale jusqu’en 2025. Sans surprise, Denis Ramspacher et Denis Nass ont été élus par leurs pairs président et 1er vice-président de l’institution.

L’un vient du Kochersberg, l’autre du Sundgau. L’un était 1er vice-président de la Chambre d'agriculture, l’autre venait de quitter la présidence de la FDSEA du Haut-Rhin. En janvier, ils ont remporté les élections Chambre à la tête d’une liste d’union FDSEA, Association des viticulteurs d'Alsace, Jeunes Agriculteurs. Le duo Denis Ramspacher-Denis Nass a pris les rênes de la chambre consulaire, lundi 4 mars. Soyons honnêtes, le vote de lundi était une formalité pour les deux homonymes. C’est peu dire. Denis Ramspacher remporte la présidence par 54 voix contre 4 pour son seul opposant, Paul Fritsch, de la Coordination rurale. Denis Nass rassemble 52 voix sur son nom pour le poste de 1er vice-président. Pas de surprise dans cette assemblée largement dominée par la FDSEA, les JA et l’AVA (48 des 66 sièges). Détail important, le Bas-Rhinois s’est engagé à céder sa place à son bras droit à mi-mandat. Une alternance instaurée en 2013, lors de la création de la Chambre alsacienne. « C’est la clé de voûte de notre organisation », a même insisté le nouveau patron. Et le nouveau président de la Chambre d' #agriculture #Alsace est Denis Ramspacher. Élu pour 6 ans avec 54 voix sur 60 votants.Denis Naas vice-président @EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/JIoeUsLi05 — Germain Schmitt (@germain_schmitt) 4 mars 2019 Gouvernement agricole et nouvelles Adar Le responsable a ensuite déroulé son programme pour la mandature 2019-2025. Il s’articule autour de trois thématiques centrales : économie, environnement et communication. Une commission dite « stratégique » donnera l’orientation à prendre dans chaque domaine. C’est là la grande nouveauté de la Chambre version Denis (au pluriel). « Ces commissions seront plus politiques et aborderont les sujets de manière transversale », précise André Jacob, directeur de l’organisme. De petits ministères en somme. Quels sujets aborderont ces comités de travail ? La commission économie « traitera de la performance des exploitations, de la valeur ajoutée de nos productions, des circuits de proximité, de la bio, des stratégies de filières, de la Pac… », égrène Denis Ramspacher. Le groupe environnement se chargera des questions de transition énergétique et de la protection des ressources naturelles. Et le président d’ajouter : « Nous y aborderons la méthanisation, les problématiques phytosanitaires, l’érosion ». Enfin, la commission communication va travailler sur l’image de la profession vis-à-vis du grand public. « C’est une de nos priorités pour les six prochaines années », affirme Denis Nass. Ce gouvernement agricole comptera sur l’appui de dix-sept commissions plus spécialisées. Dix d’entre elles s’organisent autour de thématiques comme la viticulture, les grandes cultures, l’installation, l’urbanisme ou la montagne. Elles superviseront les actions de la Chambre dans leurs domaines. « Cinquante salariés travaillent sur l’élevage, il faut une certaine coordination pour être efficaces », complète André Jacob. Les sept comités restants représentent les différentes régions d’Alsace. Plus proches du terrain, ils devront faire remonter les doléances des agriculteurs et adapter l’action de la Chambre aux spécificités locales. La nouvelle présidence veut appliquer son programme au plus vite. Ainsi, les commissions seront constituées dans les prochaines semaines. Un séminaire de travail est programmé pour le 8 avril afin de définir une feuille de route pour chaque groupe de travail. André Jacob approuve ce rythme : « L’idée c’est de déboucher rapidement sur des actions concrètes ». À ce titre, Denis Nass a annoncé la création d’antennes décentralisées de la Chambre dans le Haut-Rhin (Adar). Ces succursales fonctionnent comme des Chambres d’agriculture locales, avec un président, un directeur (dites plutôt responsable), des adhérents… Elles restent sous l’autorité de la maison mère, mais travaillent de manière autonome. Elles disposent de leur propre équipe de conseillers, proposent des formations et assurent le suivi technique et économique des fermes affiliées. Aujourd’hui, seul le Bas-Rhin dispose de ce type de structures. À Haguenau, Truchtersheim, Schirmeck et Obernai. Dans le Haut-Rhin, trois simples guichets (Colmar, Altkirch et Gunsbach) complètent le maillage territorial de la Chambre. L’ouverture fait débat La plénière a approuvé toutes ces dispositions à la quasi-unanimité. Le grabuge entre majorité et opposition a vraiment démarré lors de l’élection du bureau de la Chambre. Seize noms, tous issus de la liste FDSEA-AVA-JA. « Je suis déçu qu’il n’y ait pas d’ouverture au sein du bureau, c’est la politique de l’écrasement », allume Paul Fritsch, de la Coordination rurale. Il plaide pour une meilleure représentation de son syndicat et de la Confédération paysanne « qui rassemblent, à eux deux, près de 35 % des voix en Alsace ». Fin de non-recevoir de la part de Denis Ramspacher : « Je n’ai jamais vu un président élu nommer un Premier ministre d’opposition. » L’opposition a aussi tiqué sur un autre élément. Plus question de noms, mais de prénoms ici. Seules trois femmes figurent sur la liste du bureau. « Trois sur dix-huit ce n’est pas normal, tempête Frédérique Giovanni, de la Confédération paysanne. Vous parlez de moderniser l’agriculture, mais on en est encore loin. » Denis Ramspacher justifie ce déséquilibre par le faible nombre de sièges disponibles. La réforme électorale de juillet 2018 a en effet ramené de 24 à 18 le nombre de membres pouvant siéger au sein du bureau. En clair, les négociations pour attribuer les postes ont été encore plus difficiles que d’habitude. « Je sais bien, mais je ne vous lâcherai pas avec ça », enfonce l’élue haut-rhinoise, très remontée. Elle renonce cependant à se présenter en candidat libre. La responsable Conf' peut se consoler. Sa sortie a tout de même produit des effets. Danielle Bras, Véronique Klein et Élodie Gerum ont été élues à l’unanimité.

Publié le 05/02/2019

Vendredi 25 janvier dernier, s’est tenu le dernier Bureau de la Chambre d'agriculture Alsace, au domaine Jacques Cattin à Voegtlinshoffen.

Lors de ce Bureau, les membres ont traité les derniers sujets et dossiers de la mandature. À la fin de la réunion, Laurent Wendlinger a pris la parole autour d’un verre pour retracer sa carrière et dire toute la fierté qu’il a eue de présider avec Jean-Paul Bastian, la 1re mandature de la Chambre d'agriculture de région Alsace, devenue depuis la Chambre interdépartementale Alsace. Avant que le président ne lève son verre, Denis Ramspacher a pris la parole à son tour pour lui adresser un vibrant hommage, rappelant qu’il a été le moteur avec Jean-Paul Bastian de la fusion de la Chambre d’agriculture Alsace. Il a également mis en avant les grandes valeurs humaines de Laurent Wendlinger, le bon sens qui le caractérise et un engagement sans faille faisant de lui un président reconnu de tous. Il a reçu une médaille de reconnaissance et de mérite au nom de la Chambre d'agriculture.

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