bovins viande

Publié le 13/11/2018

Les éleveurs de charolais alsaciens se sont illustrés au mois d’octobre au concours national charolais allemand (Charolais Bundesschau) à Alsfeld. Ce concours de haute volée a réuni 150 animaux issus de 54 élevages provenant de tout le pays, ainsi que des éleveurs alsaciens.

Trois éleveurs de charolais alsaciens ont participé au concours national charolais allemand à Alsfeld : la famille Boehmler (Gaec du Domaine des Charolais à Forstfeld) avec cinq animaux, Ernest Hoeffel (Domaine de Walbourg) avec deux animaux, et Thierry Kolb (EARL Thierry et Hubert Kolb à Riedseltz) avec deux animaux. Ils se sont plutôt bien débrouillés, en particulier les descendants d’Espion, le taureau acheté en commun par le syndicat charolais et l’Association des jeunes éleveurs de charolais en 2014. Traditionnellement, ce concours est réservé aux jeunes animaux. Mais comme il s’agissait de la 30e édition, les organisateurs ont décidé d’élargir le concept et d’en faire un salon national complet avec toutes les catégories d’animaux (taureaux, vaches avec veaux et génisses). Le jury était composé d’un duo de juges très expérimentés avec Friedrich Averbeck, directeur des races à viande chez Masterrind et responsable du livre généalogique, et Wilfried Zachert, éleveur et président sortant du Verband Deutscher Charolais Züchter e.V. (association nationale des éleveurs charolais). « Les familles Hoeffel et Boehmler y participent depuis des années. Pour ma part, j’y suis allé pour la première fois il y a trois ans avec une génisse sans cornes, Ludique SC, qui avait remporté le prix d’honneur junior au concours charolais de Wiwersheim. Elle a été désignée réserve championne (Reserve Sieger). » Dans la foulée, elle a décroché le prix d’honneur génisses et remporté le challenge sans cornes au dernier concours Eurogénétique organisé à Épinal. L’an dernier à Alsfeld, Thierry Kolb a emmené trois veaux, dont Nevada, grand prix d’honneur mâle, et Numismatique, grand prix d’honneur femelles au concours charolais de Mietesheim. Les deux ont été sacrés champions à Alsfeld. « Ils ont gagné chez nous, ils gagnent aussi le concours national en Allemagne. » Numismatique a récidivé cette année : après avoir raflé les récompenses à Niederaltdorf (lire l’encadré), elle s’est à nouveau distinguée à Alsfeld en remportant le prix d’honneur génisses. Opium, le deuxième animal présenté par l’élevage Kolb et également fils du taureau Espion, a remporté le prix d’honneur réserve dans la catégorie très disputée des veaux mâles. L’élevage Boehmler a décroché le prix d’honneur taureau avec Mr Ouille et un premier prix de section dans la catégorie des génisses gestantes avec Lara, une autre fille du taureau Espion. Quant à Ernest Hoeffel, il a présenté Merlin SC, un taureau génétiquement sans cornes de 2 ans qui avait remporté le prix d’honneur junior à Niederaltdorf. Il s’est classé deuxième de sa catégorie. « Les bêtes sans cornes rencontrent un succès grandissant, outre-Rhin, bien plus encore que chez nous, explique Thierry Kolb. Ils représentaient la moitié des animaux participants, cette année. Dans l’ensemble, les animaux cornus sont encore meilleurs en morphologie, mais certains sans cornes n’ont rien à leur envier. » Cette 30e édition du concours national a donc été une belle vitrine pour la production d’Espion qui est toujours disponible à l’insémination pour les éleveurs alsaciens. Avec un peu de recul, Philippe Boehmler et Thierry Kolb peuvent juger sa production : « Chez nous, il a bien produit. On s’est rendu compte qu’il faut le croiser sur des vaches présentant une certaine finesse de viande et des qualités de race pour apporter potentiel de croissance et développement squelettique à sa descendance. Par contre, sur les vaches très typées élevage, il ne croise pas bien. »

Accord de production filière bovine

Système U veut de la génisse alsacienne

Publié le 26/09/2018

Les enseignes U et l’union de coopératives Cloé ont signé un accord de production de génisses de boucherie en Alsace, en marge du salon Passion de nos terroirs. Cette nouvelle production représente une opportunité de développer la filière, mais les éleveurs doivent confirmer la phase de test.

Le début d’une histoire d’amour entre éleveurs alsaciens et génisses de boucherie. L’accord signé mardi dernier entre Système U et l’union de coopératives Cloé, dont font partie le Comptoir agricole et la Coopérative agricole de céréales, offre un débouché juteux aux éleveurs locaux. À condition de satisfaire les exigences du distributeur. Le texte prévoit la livraison de dix animaux par semaine aux magasins U en Alsace. Avec la possibilité de passer à 25 ou 30 bovins d’ici deux ans. Surtout, cette viande haut de gamme représente une manne financière non négligeable. Avec un kilo payé 4,68 €, soit « 0,50 € de plus que les productions actuelles », selon Romain Gerussi, responsable de la filière élevage au Comptoir agricole. Les pièces seront vendues sous la marque Burehof, propriété des enseignes U d’Alsace. Deux fermes participent aux tests depuis l’an dernier, avec livraisons régulières de bêtes. Mais si l’expérience s’avère concluante, d’autres éleveurs pourraient rejoindre l’aventure. Six producteurs se sont déjà manifestés. Cette année d’essai est nécessaire car « on n’a pas l’habitude de travailler sur ce type de bêtes », explique le responsable de la coopérative. Aujourd’hui, éleveurs et techniciens avancent encore à tâtons. Ils tablaient sur une période d’engraissement de quatre mois. Il en faudra au moins six. « Il faut aller doucement sur l’alimentation, sinon les bêtes engraissent trop vite. » Cela pourrait affecter la qualité de la viande. Et mettre en péril l’accord. Les représentants de Système U ont bien insisté : le cahier des charges doit être respecté à 100 %. Pas une mince affaire. Traçabilité, carcasses de classe « R + », poids entre 380 et 420 kg… Le client est exigeant. « Si ça flanche, la base ne nous suivra pas » Mais mardi, tout le monde a prôné la patience. « On est sur une démarche à long terme, clarifie Philippe Grass, administrateur national chez Système U. Il ne faut pas qu’après six mois on dise que ça ne marche pas et qu’on arrête. » Sa sortie s’adresse autant à ses collègues qu’aux éleveurs, souvent impatients quant aux retombées économiques d’une nouvelle activité. « Si ça flanche, la base ne nous suivra pas », prévient tout de même Dominique Daul, président de la section bovine à la FDSEA du Bas-Rhin. Logique. Alors pour éviter les mauvaises surprises, toutes les parties ont prévu de se rencontrer une fois par mois pour faire le point sur l’avancée des livraisons. Du côté du distributeur on évoque un premier bilan d’ici deux ans. L’accord implique aussi Bigard, propriétaire de l’abattoir d’Holtzheim. « Les animaux seront donc élevés et abattus en Alsace », se félicite le responsable syndical. Les producteurs lorrains, déjà rodés sur ce type de bétail, ont également signé l’accord. Mais circuits de proximité obligent, leur viande ne devrait pas traverser les Vosges. Les travaux sur cette nouvelle production trouvent leur origine dans l’accord passé entre Système U et la Fédération nationale bovine en 2016. Le traité a fixé une grille de prix en fonction de la qualité de la viande. Il a aussi répondu au besoin des enseignes U de promouvoir leur cœur de gamme. « Nos clients demandent une meilleure qualité et traçabilité des produits », illustre ainsi Philippe Grass, également propriétaire du Super U Lingolsheim. Désormais, aux éleveurs de prouver leur savoir-faire.

Publié le 21/09/2018

La première édition du salon professionnel Passion de nos terroirs a réuni producteurs, transformateurs et distributeurs aux Tanzmatten de Sélestat, mardi 18 septembre. 85 exposants, plus de 600 visiteurs, six conférences et d’innombrables rendez-vous d’affaire. 

Favoriser les échanges commerciaux de proximité. Tel est le credo du premier salon Passion de nos terroirs, organisé mardi dernier à Sélestat. L’événement vise à favoriser les contacts entre professionnels de l’alimentation. À la clé : d’éventuels contrats. 85 exposants et plus de 600 visiteurs ont répondu à l’appel du Conseil régional et de la Chambre régionale d'agriculture du Grand Est. « On sentait une vraie attente », se félicite Fabien Digel, un des organisateurs. Les participants saluent en chœur le succès de la journée. Mais tous n’étaient pas venus avec les mêmes objectifs. « On est là pour se faire connaître », avance Thibert Rieffel, assis derrière ses pots de choucroute et sacs de pommes de terre. À 21 ans, il vient de reprendre la fabrique de son père. Il espère se familiariser avec ses clients actuels. Et en rencontrer de nouveaux évidemment. Sa stratégie pour attirer l’attention des acheteurs potentiels ? Le lancement de produit. Ainsi, les frites lancées en juillet occupent une place centrale sur sa table. « Si on avait reçu les publicités, j’aurais aussi communiqué sur l’IGP choucroute d’Alsace» (lire en page 6 de notre édition précédente du 14 septembre 2018). Pour le jeune entrepreneur, participer à un salon représente un budget. Entre le petit stand et ses heures de travail, il a dépensé 500 € dans la journée de mardi. Une dépense nécessaire selon lui. « Se faire voir c’est important. » Mais se faire voir de qui ? Pas évident de dégoter de nouveaux clients dans un salon où la plupart des visiteurs sont alsaciens. « On connaît plus de la moitié des personnes présentes », concède Thibaud Weinmann, commercial chez les poulets Siebert. Même réponse chez la majorité des exposants. Mais l’intérêt est ailleurs. « Ici, on était sûr de rencontrer des gens sensibles aux circuits courts », justifie le jeune homme. Et cela n’empêche pas les bonnes surprises. Il a récolté quelques cartes de visite de potentiels clients lorrains et marnais. Mais il admet attendre « beaucoup des éditions du salon en Lorraine et dans les Ardennes, où nous sommes moins implantés. » Plus loin, Guillaume Keller enchaîne les rendez-vous avec de potentiels nouveaux fournisseurs. « En 2 heures ici, j’ai récupéré plus de contacts qu’en quatre jours à Égast », lance le responsable des achats de Sodexo dans le quart nord-est de la France. En ligne de mire, le salon de la gastronomie qui a réuni plus de 300 exposants à Strasbourg en mars. Mais, le cadre vise plus largement les gros salons où « on vient surtout pour manger à l’œil ». Rien à voir à Sélestat. Là, Keller loue le professionnalisme des participants. « Ici, je fais le tour et si je vois quelque chose qui manque dans ma gamme, je prends contact », explique l’acheteur. De là, tout peut aller très vite. Avec Tereos par exemple. L’entreprise de Marckolsheim fabrique des aliments à base de végétaux, comme les steaks vegans. « Je suis allé les voir et on a pris rendez-vous pour mardi prochain sur leur site », se réjouit Guillaume Keller. « C’est plus facile de se faire une idée du produit quand le fournisseur le défend avec ses tripes et pas sur un catalogue internet », ajoute Éric Hoffman, directeur du supermarché Auchan à Illkirch-Graffenstaden. Ce type de journée booste aussi les projets de développement de nouveaux produits. Les distributeurs profitent de ces rencontres pour faire passer des messages sur l’évolution de la demande du client. Le cadre de Sodexo a ainsi pris contact avec un fournisseur capable de lui fournir des frites bios. Un aliment absent des menus du géant de la RHD. Résultat : d’ici deux ans, il pourrait lui acheter jusqu’à 15 t de frites par an. Chez Auchan, on vise un autre objectif. Apprivoiser les fournisseurs. « Auchan c’est une grosse boîte, très centralisée, ça peut impressionner », constate, lucide, Éric Hoffmann. C’est pourquoi il est venu avec une dizaine de responsables régionaux. Sur son stand, presque aucune publicité ou décoration. Son équipe n’est pas là pour jouer les figurants. Ils sillonnent le salon à la recherche de la perle rare. Pas de doute, ils sont au bon endroit.

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