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Tempête Eleanor

Des images impressionnantes

Publié le 10/01/2018

L’est de la France n’a pas été épargné par la tempête Eleanor. Mercredi 3 janvier, des vents violents ont balayé notre région, semant la destruction sur leur passage. Et une fois le calme revenu, ce sont les rivières qui sont sorties de leur lit, envahissant routes et champs. Petit tour d’horizon, en ce début d’année mouvementé.

Pas mal d’arbres déracinés, en forêt ou dans les vergers vieillissants. Localement, la tempête a fait rage. En témoignent les arbres abattus entremêlés, davantage stigmates d’une tornade que d’un coup de vent. Dans le Pays de Hanau, la tempête a atteint son paroxysme mercredi de 7 h 30 à 8 h environ, avec des seaux d’eau, voire de la grêle et de fortes rafales de vent. Les dégâts, nombreux, restent sans gravité : de nombreuses poubelles renversées, des branches d’arbres arrachées, parfois sur la chaussée… Ailleurs, les serres maraîchères les plus anciennes n’ont pas résisté. Un petit tour sur le site internet de la ferme Diemer, à Kolbsheim, permet de mieux se rendre compte de la violence de cette tempête. Thibaut Diemer raconte : « Dans les tunnels en place depuis vingt ans, les pignons se sont envolés, les arceaux ont plié et les plastiques se sont déchirés. Je vais devoir tout débâcher pour les remplacer. Les nouvelles serres ont été endommagées au niveau des entrées : les pignons avant et arrière ont cédé. Ils sont conçus pour être roulés afin de permettre le passage du tracteur. » Les avaries se sont produites dans la journée, précise l’agriculteur. L’heure est à la remise en état : « Je suis en train de démonter les arceaux. J’attends le passage du monteur qui doit établir un devis des réparations, ainsi que celui de l’expert de Groupama. Ensuite, il faudra voir ce que l’assurance prend en charge, en fonction de la vétusté. » En attendant, Thibaut Diemer n’est pas vraiment inquiet : « Les cultures d’hiver - mâche, épinard, salade - ne craignent pas trop le froid. S’il ne gèle pas, cela devrait bien se passer. » À Meistratzheim, la tempête Eleanor n’a pas fait trop de dégâts, d’après le maire. Elle a quand même emporté des tuiles de l’église, couché des panneaux de signalisation et quelques arbres dans le Bruch, emporté un hangar métallique… et le plastique des serres du jeune maraîcher qui s’est installé l’année dernière. Évelyne Metz, exploitante agricole à Erstein, rapporte elle aussi des dégâts dans les serres, avec des entrées d’air et des déchirures. Résultat, 30 à 35 % des serres tunnel à pied droit sont débâchées. Si les structures en arceaux sont intactes, il va falloir les rebâcher avant le printemps. « Un peu plus d’entretien hivernal à prévoir » Comme lors de la tempête Lothar en 1999, les vergers ont relativement bien résisté. « En cette saison, les arbres n’ont pas de feuilles, donc peu de prise au vent », explique Hervé Bentz, responsable du Verger expérimental d’Alsace. Un peu de casse tout de même dans certains vergers, mais sans cas extrêmes. Quelques branches arrachées, quelques arbres déjà fragilisés achevés, des structures de palissage abîmées, des filets paragrêles libérés de leurs chaînes et éparpillés dans les vergers… Bref, rien de catastrophique, mais « un peu plus d’entretien hivernal à prévoir que d’habitude », philosophe Hervé Bentz. Côté élevage, les bâtiments n’ont pas été épargnés. Partout, on signale des tôles de toiture envolées, des portes de granges anciennes abîmées. Mais surtout, des coupures de courant de plusieurs heures ont perturbé la traite des vaches laitières. Ceux qui s’étaient équipés de groupes électrogènes suite à la tempête Lothar ne l’ont pas regretté. À Zœbersdorf, Daniel Staath, du Gaec des Lilas, raconte : « Notre exploitation est située à la sortie du village. À 7 h 30, un gros coup de vent a emporté les trois quarts de la toiture de notre hangar de stockage, un bâtiment bois rond datant de 1994. Nous avons fait la déclaration à notre assureur et dès que l’expert sera passé, nous commanderons de nouvelles plaques pour réparer les dégâts. En attendant, nous avons déplacé le stock de foin pour le mettre à l’abri. » Dans les champs, ce sont surtout les précipitations intenses qui ont suivi le passage d’Eleanor qui marquent les esprits. Conséquence : des crues parfois impressionnantes ont inondé des prairies. Mais aussi, de manière générale, des sols gorgés d’eau, qui devraient le rester longtemps. Quel en sera l’impact sur les cultures en place, dont le système racinaire risque l’anoxie si la situation perdure, et sur les prochains travaux de préparation du sol ? Réponse dans quelques mois. Tuiles, arbres et inondations Dans le Haut-Rhin, de nombreuses tuiles de maisons d’habitation ont volé sous le vent. « Dans le village, c’est impressionnant. On ne compte pas les toitures qui ont perdu au moins l’une ou l’autre tuile. De nombreux arbres ont été déracinés et des branches se trouvent un peu partout, constate le maire de Gommersdorf, Denis Nass. Mais nous nous en sortons bien. En 1999, la tempête avait été pire. » Quelques bâtiments ont également souffert. C’est le cas à Balgau, à Ueberstrass ou encore à Heimersdorf par exemple. Des pylônes électriques en béton d’une hauteur de 5 mètres ont été étêtés. À Rimbach, la forêt a payé un lourd tribut. Des sapins ont été déracinés, cassés, entraînant dans leur chute les poteaux électriques, ce qui a occasionné des coupures de courant. Les fermes du Riesenwald et du Ruchberg ont dû être secourues avec la mise en place de groupes électrogènes, de générateurs, de citernes fioul. Les coupures de courant ont été nombreuses pendant les trois jours qui ont suivi la tempête. Les inondations ont ensuite donné des sueurs froides à la population. Comme souvent, c’est le secteur d’Illhaeusern qui a été fortement impacté. Les riverains de l’Ill n’avaient plus connu une crue de cette ampleur depuis plusieurs années. Si à Ostheim et à Guémar, les digues ont joué leur rôle, à Illhaeusern, cela a été bien plus compliqué. Les champs ont été largement inondés et de nombreuses rues ont été interdites à la circulation dans le village. Les rivières sont également sorties de leur lit du côté de Meyenheim, dans la banlieue de Mulhouse ou encore dans le Sundgau. Là également, les agriculteurs sont inquiets de l’impact de cet épisode sur les cultures. Retrouvez les inondations en images :  

Publié le 10/01/2018

La betterave a montré tout son potentiel de rattrapage à l’automne. La culture renoue avec un score supérieur de 7 % à la moyenne des cinq dernières années.

La libéralisation du marché qui entre dans les faits fin octobre 2017 conduit les industriels à travailler leur compétitivité par la recherche du plus bas coût unitaire. Cela passe par l’augmentation des surfaces. En Alsace, la betterave établit un nouveau record en 2017. Elle couvre 7 250 ha (*) contre 6 740 ha en 2016 et 6 330 ha en 2015. Les semis précoces tirent leur épingle du jeu ; les plus tardifs peinent par manque d’eau. Les levées sont assez chaotiques par endroits et le liseron favorisé par le sec se montre particulièrement d’attaque. Le gel d’avril oblige à ressemer 80 ha là où « il ne restait rien ». Il ne subsiste parfois que 50 000 pieds, mais la décision de conserver la parcelle se révèle un choix judicieux : la plante fait jouer son puissant pouvoir de compensation. Dans les situations où elle parvient à conserver un feuillage sain, elle profite du mois d’octobre pour rattraper un retard initié par un été sec. Elle n’y parvient pas là où la cercosporiose a fait des siennes. La maladie confirme son statut de fléau principal de la culture en Alsace. Elle surprend les planteurs par son départ ultra rapide dans les secteurs sensibles, souvent irrigués, où la première intervention intervient trop tardivement. L’année montre également que le cuivre représente une option. En combinant l’expérience technique et l’arrivée attendue d’une nouvelle génétique tolérante, tous les espoirs de maîtrise de la maladie sont permis dès 2018. Faut-il le rappeler, l’écart de rendement entre une parcelle saine et une autre atteinte grimpe facilement à 15 t/ha ! Les arrachages débutent le 12 septembre. La richesse réelle monte à 18,2 et affiche des pointes à plus de 20. La fourchette des rendements s’étage entre 70 et 100 t/ha à 16. La moyenne s’établit à 94 t. Si ce score reste à 10 t sous le record de 2011, il reste honorable. La culture réalise ses meilleurs résultats dans le Haut-Rhin où elle bénéficie de « l’effet grandes parcelles » et des échanges réguliers entre planteurs qui leur font faire les choix techniques les plus appropriés. La plaine d’Erstein et le nord sont également à la fête alors que dans le Kochersberg les terres légères stressées par le manque d’eau décrochent un peu. Les parcelles touchées par la cercosporiose sont les plus pénalisées. En bord de champ, tous les chargements de décembre sont bâchés. La tare déchets est du même ordre qu’en 2016, autour de 10 %. À Erstein, l’usine tourne comme une horloge depuis le 27 septembre en traitant plus de 6 500 t/jr. La fin de campagne était prévue début janvier, soit plus de cent jours. Un prix pivot de 25 €/t La fin des quotas sucriers fait que pour la première fois les 601 planteurs livrant à Erstein jettent un tout autre œil sur le marché mondial du sucre : son évolution influe le prix auquel les sucriers européens paieront la tonne de betteraves. Or plusieurs pays annoncent une forte hausse de leur production en 2017-2018. L’Inde prévoit un plus de 4,5 millions de tonnes (Mt), la Thaïlande de 2,1 Mt, la Chine de 1,2 Mt. L’Union européenne n’est pas la dernière de la classe avec 2,8 Mt en sus. Le Brésil n’en rajoute cependant pas en modifiant ses taxes pour qu’un peu plus de cannes soient transformées en éthanol. Néanmoins avec près de 180 Mt dans le monde, l’offre 2017-2018 devrait dépasser la demande de plus de 5 Mt alors que le déficit frisait les 4 Mt en 2016-2017. Ces (bonnes) perspectives ont été largement anticipées par les marchés. Les cours du sucre reculent depuis le début de l’année. À Londres, la tonne n’est plus cotée que 336 € fin novembre. Cristal Union s’est pour sa part engagé pour 2018 et 2019 sur un prix pivot de 25 €/t.    

Viteff - conférences des œnologues

Sulfites et santé : état des connaissances

Publié le 10/01/2018

Même si le vin n’est de loin pas la principale source de sulfites dans l’alimentation, la question de l’intolérance ou de l’allergie aux sulfites, difficiles à diagnostiquer, reste néanmoins une réalité médicale.

Au Viteff, dans le cadre d’une session consacrée au soufre, les œnologues de Champagne ont fait venir le médecin François-Marie Tanazacq qui a proposé une actualisation des connaissances sur la toxicologie des sulfites. « Ils posent de réelles problématiques d’intolérance ou d’allergie, pour certains sujets, certains aliments et sous certaines conditions. Et le vin n’est pas en première ligne », introduit le médecin. Il s’agit, selon lui, de bien comprendre et prendre connaissance du message médical « avant que l’on ne vous impose un jour de préciser l’exacte dose de SO2 sur l’étiquette ». Parce qu’il est très soluble dans l’eau, le dioxyde de soufre inhalé s’attaque en particulier aux muqueuses humides de l’appareil respiratoire, de la conjonctive (au niveau de l’œil) et de la peau humide. Si le nez résorbe la majeure partie du SO2, il peut causer des altérations histologiques, jusqu’à provoquer la dégénérescence de l’épithélium olfactif et entraîner des troubles de l’anosmie. Dans les voies respiratoires, la littérature rapporte que le métabissulfite de sodium provoque des bronco-constrictions et des crises d’asthme chez les asthmatiques. La détoxication du SO2 s’effectue par la voie de la sulfite - oxydase, une enzyme qui dégrade le SO2 en sulfate, avec comme co-facteur enzymatique le molybdène. Alors les sulfates sont éliminés par les urines. De même, après ingestion de SO2, par exemple dans alimentation, c’est toujours la voie de la sulfite - oxydase qui est impliquée pour détoxifier le SO2. Il est ainsi indiqué que l’organisme est capable de métaboliser jusqu’à 2 g de SO2 par jour. En cas d’intoxication, le SO2 détruit la thiamine, c’est-à-dire la vitamine B1. Dont la carence aiguë est connue pour induire des troubles neurologiques graves décrit sous le nom de béribéri. Les symptômes suite à une intoxication aiguë au SO2 par inhalation dépendent de l’état antérieur du sujet. Un cas de fuite massive en atmosphère confinée de bouteille sous pression de SO2, avec une teneur 4 000 fois supérieure à celle de l’air ambiant, a provoqué des brûlures avec risque de cécité, brûlures du nez, de la gorge et de la peau, une dyspnée (difficulté respiratoire) intense, des douleurs de la poitrine, nausées, vomissements, fuites urinaires, « la mort survient par arrêt respiratoire ». En cas d’intoxication, la conduite à tenir se résume en trois lettres : PAS - pour se protéger, alerter et secourir. Il s’agit de pratiquer la ventilation artificielle. Sur une brûlure, appliquer la règle des trois fois 15 : arroser la zone des lésions avec de l’eau à 15 °C, pendant 15 minutes et à 15 cm de la lésion, si possible en Position latérale de sécurité (PLS). Information à destination des vignerons : « En médecine, on considère que le soufre pur est très peu toxique. Je me demande donc ce qui est irritant lors des poudrages ? Si ce n’est pas le soufre pur, ce sont les adjuvants et autres coexcipients », en déduit François-Marie Tanazacq. Un conservateur très répandu Revenons au SO2 : en cancérogenèse, il est classé dans le groupe 3, « c’est-à-dire celui dont on ne sait rien ! » Sur le plan toxicologique, la norme d’ingestion maximale est fixée à 10 mg/kg, une dose qui est très souvent dépassée si l’on additionne le SO2 de toute une ration alimentaire quotidienne. Car le SO2 est universellement répandu, le vin n’étant pas la plus importante source de ce conservateur que l’on trouve à des doses records, par exemple dans les crevettes et autres crustacées, trempées directement dans des solutions de bisulfites, puis conservées dans de la glace sulfitée sur l’étal des poissonniers. La DJA (dose journalière admissible) du SO2 est fixée par l’OMS à 0,7 mg/kg/jour. Mais le grand problème du SO2, c’est l’allergie aux sulfites ; certains parlent d’intolérance car parfois, les tests cutanés et respiratoires ne révèlent pas d’anormalité. « On identifie pourtant la responsabilité des sulfites dans de véritables chocs allergiques et anaphylactiques » qui entraînent des démangeaisons, de l’urticaire, voire un œdème de quincke, des spasmes, jusqu’à un effondrement de la tension artérielle et un arrêt cardiorespiratoire. Allergie ou intolérance, les malades sensibles au SO2 s’expriment de façon très aléatoire et variable : « Il faut un type de produit sulfité, une personne sensible et les circonstances. » D’où une réelle difficulté pour les médecins à attribuer les signes cliniques aux seuls sulfites. Ce qui donne lieu à des controverses sans fin… « Même l’adrénaline du stylo à utiliser en cas de choc anaphylactique, contient du métabisulfite ! » « Ni les patients, ni les médecins ne sont à la noce » dans cette question des sulfites. « Les intolérants aux sulfites sont de vrais malades et cette pathologie peut leur gâcher la vie. »

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