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Brasserie Radwulf à Vieux-Ferrette

Le lexique de la bière

Publié le 11/07/2020

Depuis son ouverture en janvier 2017 à Vieux-Ferrette, la brasserie Radwulf ne cesse de séduire. Raoul Zimmermann diversifie en proposant 57 variétés de bières différentes. L’une d’elle, « la Gose », a décroché un premier prix au prestigieux concours national du Musée français de la brasserie.

Dans une première vie, Raoul Zimmermann a travaillé pendant quinze ans dans le domaine du handicap mental à l’institut Saint-André à Cernay, puis en Suisse. Passionné de cuisine, il a également été barman dans un bar à Mulhouse à la fin des années 1980. Au hasard de ses rencontres, il découvre et déguste une bière dans un magasin bio. Il rencontre le brasseur. Le sujet va lui donner envie d’aller plus loin et de se lancer à son compte. Il loue un local de 400 m2 dans la zone artisanale de Vieux-Ferrette qui ouvre finalement en janvier 2017. « Je me suis formé en étudiant la fabrication de la bière, en observant des professionnels et en prenant quelques conseils. J’ai démarré doucement. Rapidement, le succès a été au rendez-vous. Ce que je fabrique est entièrement vendu le week-end suivant », explique Raoul Zimmermann. Les ventes se font directement au local, dans le hall de 280 m2. Le bouche-à-oreille fonctionne bien. Il y a tout d’abord des gens du secteur puis la zone géographique s’élargit. On vient acheter la bière de la brasserie Radwulf depuis Mulhouse, Belfort ou Saint-Louis.     Banane, pop-corn, quetsche… Les amateurs apprécient d’avoir le choix parmi 57 bières différentes. « J’aime tester de nouvelles choses et aller dans la difficulté. J’étudie beaucoup les accords de saveurs entre un met et une bière. Je cherche les meilleurs équilibres. Je ne fais jamais d’essais, mais je ne produis jamais en grosse quantité. Toutes mes bières sont réalisées sur une production située entre 250 et 300 litres. Les plus réussies ou appréciées, je les refais. Les autres, je trouve de nouveaux mélanges », indique le brasseur. Sa bière à la banane a ainsi eu un succès inattendu. Il y a également une bière au pop-corn grâce à sa rencontre avec un agriculteur bio de Blodelsheim. Sans oublier, la « bière du fonctionnaire » à la sève de bouleau locale, celle à la quetsche et au thé noir ou encore la « Moonshine » qu’il est le seul à faire dans un fût de chêne fermé pendant deux ans et qui a servi à faire du bourbon. Six brassins de 1 000 litres Pendant le confinement et la crise sanitaire, Raoul Zimmermann a testé de nouvelles bières. Il n’a évidemment pas pu accueillir ses clients. Il a effectué quelques livraisons à domicile et un peu de vente à emporter. Pour la fabrication des bières, il est seul à exercer - même s’il est aidé dans le quotidien de la brasserie par sa fille Laurine (elle est en train d’apprendre à brasser à son tour) et de sa compagne, Aurore. Cette dernière s’occupe plus spécifiquement de la décoration du bâtiment, des étiquettes et de l’embouteillage. Après le concassage du malt (de l’orge principalement), il fait le brassage et le houblonnage avant de passer à la fermentation qui dure entre six et huit jours. Il se sert des levures qu’il ne filtre pas pour faire la gazéification des bières. « J’attends ensuite qu’elles se fassent naturellement. Cela prend environ trois semaines. En termes de goût, cette façon de procéder est la meilleure. Ensuite, la bière est directement vendue », précise Raoul Zimmermann. Il vient de se doter d’un nouveau matériel de travail. C’était devenu nécessaire car il produit deux brassins par semaine, donc deux embouteillages et deux mises en rayon. Là, les six brassins de 1 000 litres vont lui permettre de travailler dans les meilleures conditions. « Je ne veux pas non plus devenir trop grand. Car cela nécessiterait de changer le process de fabrication. Or, je veux continuer à maîtriser mon outil. Je veux garder la qualité et ne pas rentrer dans un process industriel », prévient-il. Il ne manque pas d’idées pour attirer de nouveaux consommateurs. Il propose tout au long de l’année des soirées mets/bières avec la fromagerie Antony et son club de vin. Des accords ont ainsi été testés comme une bière brune avec un roquefort, une bière à la tourbe sur un maroilles, une bière traditionnelle sur un vieux comté, etc. La recherche de ces bières atypiques permet à Raoul Zimmermann de se distinguer auprès de ses pairs. En décembre 2017, il a été honoré d’une première médaille de bronze au concours des meilleurs brasseurs de France pour sa bière « Mac Alsace », une bière aux notes fumées tourbées, réglissées et camphrées. Il vient cette fois de recevoir un « Fourquet d’Or » (du nom de cette pelle percée en son milieu utilisée pour de la confection de la bière) au concours national du Musée Français de la brasserie organisé près de Nancy, le plus vieux concours national. 906 bières ont été présentées en 2019 au jury de patrons de brasserie.     À l’eau salée « C’est une bière qui a 1 000 ans. Elle a la particularité d’être réalisée à l’eau salée. Je me suis basé sur une recette emblématique de « sour beer », ou bière acide, pour créer « la Gose ». Il s’agit d’un breuvage né à Goslar, dans le centre de l’Allemagne, autour du XIIe siècle. La particularité de cette bière est d’être fabriquée avec l’eau de la Goslar, la rivière du même nom, légèrement salée. J’ai utilisé l’eau de Vieux-Ferrette, mais en y ajoutant le taux de sel idéal avec davantage de blé, de l’orge ainsi que de la coriandre en grains et de l’acide acétique, pour ce côté piquant propre aux « sour beer ». J’apprécie son côté acidulé et ce goût particulier. Elle est très désaltérante. Elle révèle des notes d’agrumes, de citron, avec une petite pointe de sel qui arrive derrière », note Raoul Zimmermann qui se félicite d’avoir été récompensé. C’est une belle reconnaissance de la profession. Cela assoit notre réputation. C’est un peu le Graal. Des concours de bières, il y en a de tous les côtés mais celui-là est vraiment prestigieux. Les clients suivent ensuite. » Rouverte depuis le 5 juin, la brasserie Radwulf accueille à nouveau sa clientèle les vendredis et samedis, de 18 h à 23 h. Avec, évidemment, les restrictions sanitaires qui s’imposent. Un lieu idéal pour déguster une bonne mousse artisanale ou un cocktail, accompagné de burritos ou planchettes garnis de bons produits locaux, l’autre passion de Raoul Zimmermann. La microbrasserie devrait bientôt acquérir une licence IV. Et le patron prévoit de faire monter en puissance sa production. Pour y ajouter évidemment de nouvelles variétés de bières…    

La préfète de la Région Grand Est sur le terrain

Une immersion dans l’agriculture alsacienne

Publié le 10/07/2020

Lundi 6 juillet, Josiane Chevalier, préfète de la Région Grand Est et du Bas-Rhin, a effectué une plongée dans la campagne alsacienne. En une journée, elle a visité des fermes, observé des parcelles, écouté de nombreux praticiens… de quoi lui donner des clés pour avoir une bonne lecture de l’agriculture alsacienne.

L’agriculture alsacienne est multiple. Une journée pour en prendre le pouls, cela exige un timing millimétré. Aussi la journée de rencontre entre Josiane Chevalier et la profession agricole a été menée tambour battant par la FDSEA et les JA du Bas-Rhin. Après une matinée consacrée à des visites d’exploitations (lire en encadrés), la pause déjeuner, partagée à la cave du Roi Dagobert à Traenheim, n’a eu de pause que le nom puisque de nombreux responsables professionnels ont pris la parole. L’ambiance est cordiale mais n’empêche pas quelques étincelles lorsque les sujets qui fâchent sont abordés. Et c’est le retard dans le traitement des dossiers des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui ouvre le bal : « Trente dossiers sont en souffrance, dont certains depuis 2017, c’est honteux », lance Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. « On ne peut pas se permettre de bloquer ainsi l’économie », renchérit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. La préfète s’est engagée à demander à la Draaf d’aider la DDT à traiter rapidement ces dossiers. Dans le registre des tracasseries administratives, Gérard Lorber cite le cas d’agriculteurs qui ne toucheront pas de prime à l’assurance récolte parce qu’ils n’ont pas renvoyé un courrier à temps, la complexité des transferts de DPB, l’intransigeance de l’administration face aux erreurs de saisie dans les déclarations Pac, se traduisant par des pénalités : « Déjà qu’on ne roule pas sur l’or, un peu de souplesse, un peu d’humanité », plaide-t-il. Des griefs entendus par Christophe Fotré, directeur départemental des territoires du Bas-Rhin, qui rappelle qu'« en droit communautaire, le droit à l’erreur n’existe pas ». Autrement dit, si les contrôles menés par l’Europe révèlent des irrégularités, les sanctions tombent. Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin enchaîne sur d’autres dossiers perdus dans les arcanes administratifs : « Le solde des DJA (dotations jeunes agriculteurs) n’arrive pas dans les fermes. Nous en sommes à quinze mois de retard ! » Les représentants de la viticulture alsacienne décrivent une filière très fragilisée par les conséquences du Covid-19. Dans une région où 20 % des ventes se font en direct, ce sont 10 millions de bouteilles qui n’ont pas été vendues : « Des exploitations ont le couteau sous la gorge. Et l’État ne répond pas », déplore Jérôme Bauer, président de l’Ava. Son vice-président, Didier Pettermann, liste une série de mesures qui permettraient d’apaiser la situation : « défiscalisation des stocks, enveloppe pour accompagner une distillation de crise, exonération de charges ».     Retraites agricoles : victoire et désappointement Après 17 ans de négociations, Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin, peut se féliciter d’une victoire : la revalorisation des retraites agricoles actuelles et futures à 85 % du Smic. Une victoire ternie par un oubli qui provoque un haussement de sourcil mi-surpris mi-désappointé chez la préfète : le texte adopté exclut les conjoints d’agriculteurs, dont la pension minimum reste fixée à… 555 €/mois. Une discrimination pour Paul Schiellein qui plaide aussi pour que la réforme soit mise en place dès 2021 au lieu de 2022, et que « la solidarité nationale joue son rôle ». Si Alsace Lait a passé la crise sans trop d’encombre, son président Michel Debes exprime tout de même quelques craintes, car les cours restent bas, et comme le prix du pétrole est bas, les gros pays importateurs de lait, qui sont aussi les pays producteurs de pétrole, en importent moins. Le Comptoir agricole a également pu continuer à travailler, malgré quelques affréteurs qui ne s’approvisionnaient plus en Alsace. À long terme, Marc Moser est préoccupé de constater que les grandes cultures « ne sont jamais soutenues et sans cesse décriées. Ce que nous récoltons au quotidien, ce sont des contraintes réglementaires alors que nous sommes confrontés aux prix et aux marchés mondiaux ». À court terme, les craintes de la coopérative concernent surtout le houblon. Bernard Ingwiller, président de l’association générale des planteurs de houblon de France (AGPH), évoque les conséquences du Covid-19 : le surcoût de main-d’œuvre et la perspective de voir la récolte ne pas trouver preneur. « J’ai l’espoir que les brasseries françaises privilégient le houblon français. Sinon, l’interprofession explosera. » David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, rappelle ce qui a été mis en œuvre pour accompagner les agriculteurs face à la crise sanitaire. Joseph Lechner, président de la commission Emploi à la FRSEA Grand Est, fait de même sur les diverses initiatives pour la main-d’œuvre. Il évoque un point de désaccord entre la Direccte et les employeurs agricoles portant sur une majoration du travail du dimanche qui n’est pas inscrite dans la convention collective. La préfète s’est engagée à examiner ce point. Rémy Losser, président de la fédération Alsace de Groupama, souligne que les assureurs ne peuvent pas financer à eux seuls les pertes d’exploitations liées au Covid-19, mais qu’ils contribuent au fonds créé par l’État à cette fin. En outre, il souligne la difficulté pour Groupama de trouver des mesures d’accompagnement qui soient équitables entre les différents profils d’adhérents. L’abattement de deux mois sur la cotisation tracteur mis en place pour tous les exploitants agricoles en est l’illustration : « Elle est insuffisante et discriminante », concède Rémy Losser. Mais elle a le mérite d’exister, en attendant les résultats d’une étude menée au niveau national qui doit apporter un éclairage sur « ce qu’il y a lieu de faire, au regard de la très grande disparité des situations ». Il évoque aussi un nécessaire réarbitrage des produits d’assurance multirisques climatiques (MRC).     Compensations environnementales : revoir la copie Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, s’appuie sur l’exemple de cette filière pour souligner que la vente directe, si elle est « une chance », ne constitue pas un moteur de croissance : « Les ventes de viande de volaille n’augmentent que dans le secteur de la RHD. » Aussi, plaide-t-il notamment pour des mécanismes permettant de privilégier les produits français dans les restaurants scolaires. Pascal Wittmann, président de la FDSEA du Haut-Rhin, regrette que le renouvellement des MAEC (Mesures agroenvironnementales et climatiques) montagne pour cinq ans soit bloqué parce qu’il manque les fonds de l’État, alors que les autres partenaires ont tenu leurs engagements. Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture Alsace, souligne que les produits issus de l’agriculture biologique ont encore gagné des parts de marché durant la crise : « Il faut répondre à cette demande. Les agriculteurs doivent s’adapter et ne pas laisser passer le train. » Autre point positif évoqué par Dominique Daul, membre du bureau de la FDSEA : le chantier du grand contournement ouest de Strasbourg, qui avance bien. Les indemnités sont versées, les tas de terre diminuent et les aménagements fonciers avancent. Seule ombre au tableau : les compensations environnementales. Plutôt que de boiser des terres agricoles, les responsables agricoles s’interrogent : pourquoi ne pas allouer ces sommes aux forestiers pour investir dans la forêt existante qui en a bien besoin ? Le conseiller régional Patrick Bastian conclut en annonçant une inévitable réduction des aides régionales mais aussi la volonté du président Jean Rottner de soutenir l’agriculture. Enfin, Josiane Chevalier s’engage à organiser des réunions sur les dossiers les plus urgents (ICPE, DJA, MAEC, dégâts de gibier) et à plaider en faveur des viticulteurs alsaciens et d’une revalorisation des retraites des conjoints d’agriculteurs au niveau national.     Parcelle de houblon à Stutzheim Devant la plus vieille houblonnière d’Alsace, les représentants de la filière houblon ont exposé à la préfète les difficultés de cette production, lundi après-midi. Située sur le ban de Stutzheim, elle a été érigée en 1964, explique Olivier Holveck, qui s’est installé en 2017 en hors-cadre familial avec deux autres associés sur une exploitation de polyculture diversifiée. Implanter 1 ha de houblon requiert un investissement de 20 000 €, explique Bernard Ingwiller. Il faut prendre soin de la culture tout au long de la saison, ce qui nécessite de la main-d’œuvre et des produits de traitement. Or les planteurs de houblon ont du mal à trouver des saisonniers et sont de plus en plus limités quant au choix des produits : pour lutter contre le mildiou, illustre Sébastien Holtzmann, producteur à Wingersheim, ils doivent demander chaque année une dérogation car aucun produit n’est homologué. Lorsqu’il est mûr, le houblon doit être récolté très rapidement, sinon sa qualité se dégrade. D’où la nécessité d’investir dans du matériel coûteux, qui ne tourne que trois semaines dans l’année, souligne Jean-Paul Ulrich, président de l’association des planteurs de houblon d’Alsace. Ces difficultés, ajoutées au manque de visibilité quant à l’avenir, compromettent le renouvellement des générations. À Josiane Chevalier, la filière réclame un « coup de pouce », en particulier que les houblonniers puissent émarger à l’enveloppe prévue par FranceAgriMer pour aider les agriculteurs à adapter leur matériel de pulvérisation pour traiter les parcelles aux abords des habitations.     Gaec de l’Hirondelle à Duttlenheim et viande bovine   Nicolas Heckmann du Gaec de l'Hirondelle à Duttleheim, est l’un des derniers jeunes à s’être installé et à avoir investi dans la production de viande bovine en construisant un bâtiment dédié à l’élevage de taurillons. C’était en 2015. Un an plus tard, en 2016, la filière alsacienne vacillait. « Depuis, elle a bien rebondi », note Franck Sander. S’il confirme qu’une certaine sérénité a été retrouvée en matière d’achats d’aliments, d’enlèvement des animaux, il reste que « les producteurs n’arrivent pas à répercuter leurs coûts de production sur le prix de vente des animaux, et que cela ne permet pas de dégager du revenu », note Dominique Daul, président de Comptoir élevage, graphique à l’appui. En outre, le Covid-19 a entraîné une baisse des prix, déjà bas, du fait de la baisse des exportations, de l’arrêt de la restauration hors domicile… « Au lieu de 15 jours à 3 semaines de stock, nous sommes face à un mois et demi de stock d’animaux, qui restent sur les bras des éleveurs, et la demande ne suit pas », décrit l’éleveur. Aussi plaide-t-il auprès de la préfète pour une intervention du médiateur de l’État afin de « remettre l’interprofession en route ». En effet, pour lui, la filière souffre d’un manque d’organisation, mais certains secteurs de marché sont porteurs d’espoir. Ainsi, à côté des charolaises, Nicolas Heckmann élève des jeunes bovins montbéliards, pour lesquels il y a un marché.  

Association Germa-Emploi Alsace

Accompagner les entreprises, insérer les salariés

Publié le 09/07/2020

Association intermédiaire d’insertion et de travail, en lien avec la Mutualité sociale agricole (MSA), Germa-Emploi Alsace a tenu son assemblée générale, mardi 30 juin, dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. L’accompagnement des entreprises et la formation des salariés sont des missions encore plus nécessaires à la sortie de la crise sanitaire.

Germa-Emploi Alsace est le partenaire privilégié des entreprises pour le recrutement et la mise à disposition de salariés. « Nous garantissons une sélection des candidats sur la base du savoir être et des compétences en lien avec vos postes de travail. La proximité et l’accompagnement des salariés visent la sécurisation des missions et de leurs parcours professionnels. Notre activité s’inscrit dans un réseau de partenaires sur les territoires », explique Sylvie Maa, responsable de Germa-Emploi Alsace. L’association intervient auprès de ses clients exerçant dans les secteurs de l’agriculture, de la viticulture, de l’horticulture, des espaces verts, de l’agroalimentaire, le bâtiment, l’industrie ou encore des activités tertiaires, de nettoyage, data center et autres. « Nous mettons à disposition de nos clients des salariés avec des qualifications adaptées aux besoins de ceux qui font appel à nous. De ce fait, nous les libérons de contraintes administratives supplémentaires. Nous proposons une offre de services dans toute l’Alsace, en prise directe avec les besoins de nos clients et au profit de nos salariés. Cela valorise l’insertion professionnelle », ajoute Sylvie Maa. Cette finalité sociale différencie l’association d’une agence d’intérim. « Nous intervenons auprès des entreprises pour que les conditions d’accompagnement et d’intégration des salariés se passent bien. Nous sommes en convention avec les services de l’État. De ce fait, nous avons des conseillers en insertion professionnelle », assure Joseph Lechner, président de Germa-Emploi Alsace, aussi responsable du dossier emploi à la FDSEA. L’activité est importante. En 2019, elle a bien progressé puisqu’elle a occupé, sur 87 711 heures, près de 55 équivalents temps plein (ETP) en plus des onze salariés permanents de l’association. Le chiffre d’affaires a dépassé 1,80 M€ (million d’euros). Nous avons travaillé avec 204 clients dont 161 entreprises et 43 particuliers. « Notre objectif est de poursuivre le développement de l’activité de mise à disposition dans de nouveaux secteurs d’activité tout en poursuivant nos premières missions. Nous avons, par exemple, un partenariat avec La Poste. C’est une activité qui se développe bien, notamment dans le Haut-Rhin, avec les facteurs », ajoute Joseph Lechner. Des salariés sensibilisés au protocole sanitaire Forcément, 2020 est une année particulière. Comme pour l’ensemble du monde économique et social, tout s’est arrêté le 17 mars dernier avec la crise sanitaire. Des salariés étaient en arrêt maladie ou en garde d’enfants. Une période encore plus compliquée pour les intérimaires. En lien avec la MSA, Germa-Emploi Alsace a accompagné certains de ses salariés pour qu’une activité de télétravail puisse se réaliser. « C’était le cas pour 51 personnes (salariés en insertion) que nous avons mis en activité partielle sur les mois de mars, d’avril et de mai. Cela représente 3 330 heures de travail. Nous avons assuré l’accompagnement de nos salariés par téléphone. Nous leur avons fait des attestations. Nous avons gardé contact avec nos clients et cela a été apprécié dans ces moments de stress. Aujourd’hui, l’État nous a remboursés en très grosse partie », indique Sylvie Maa. Il a ensuite fallu préparer puis accompagner la longue période de déconfinement. « Aujourd’hui, une partie de nos clients n’a pas encore repris. À la fin du mois de mai, la baisse d’activité était toujours très importante, de l’ordre de 30 à 60 % selon les secteurs d’activité. Des entreprises n’ont pas de visibilité jusqu’en septembre-octobre. Fort heureusement, il y a des secteurs où cela va mieux. L’agriculture, par exemple, redémarre. Et, dans le Haut-Rhin, cette baisse d’activité n’est « que » de 20 % car on a des clients qui n’ont pas arrêté, comme La Poste. Il y a également des contraintes de travail supplémentaires depuis la reprise liées aux précautions sanitaires. Nous sommes donc là pour informer nos salariés. Nous les sensibilisons en leur demandant de faire attention et de prendre leurs précautions », conclut Sylvie Maa. À travers son engagement et sa proximité, l’association Germa-Emploi Alsace compte poursuivre ses missions en proposant à ses clients des salariés bien préparés car bien formés et aux profils adaptés aux missions demandées. Un savoir-faire spécifique en matière de recrutement qui est apprécié. Il permet d’allier efficacité et insertion professionnelle.  

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