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Millésime 2020

Les vendanges sans contact

Publié le 28/08/2020

Lundi 24 août les premiers vendangeurs se sont élancés dans les coteaux alsaciens. Pour éviter les contaminations inter-opérateurs, viticulteurs et collecteurs mettent en place des règles de sécurité. Malgré la distance, l’ambiance reste bonne.

2020 se devait d’être l’année du vin. Effectivement, le millésime se présente plutôt bien, avec des raisins sains, et un bon potentiel. Mais la maturation par températures élevées peut encore réserver des surprises, bonnes ou mauvaises… Quoi qu’il en soit, 2020 sera l’année de vendanges particulières à plus d’un titre : leur précocité et leur contexte, notamment sanitaire. En effet, l’épidémie de Covid-19 sévit toujours et les opérateurs du vignoble doivent donc faire en sorte qu’il ne vire pas au cluster. Avec près de 3 semaines d'avance, les #vendanges débutent en #Alsace Démarrage avec le #crémant Les premiers échos font état d'une bonne qualité. La quantité, en légère baisse, sera suffisante. Vendangeurs masqués, #COVID19 oblige ! @VinsAlsace @EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/jYRyViSSa2 — Germain Schmitt (@germain_schmitt) August 24, 2020 Hygiène et distanciation Viticulteur à Furdenheim, Didier Letz livre les raisins de ses quelque 7 ha de vignes à Arthur Metz. Dès le 24 août, une équipe de vendangeurs arpentait les rangs d’une de ses parcelles de pinot noir, destiné à l’élaboration de crémant : « Nous travaillons avec la même équipe de vendangeurs depuis 10 ans, ce sont des gens du coin, essentiellement des plus ou moins jeunes retraités, qui sont devenus des amis au fil du temps », décrit le viticulteur. Pour les protéger du virus, il a pris des renseignements auprès de la MSA, des collecteurs, des syndicats, pour prendre des mesures adaptées à la configuration de son entreprise. Puis il a convoqué une réunion quinze jours avant le début des vendanges afin d’expliquer les règles à respecter aux vendangeurs. Il s’agit essentiellement de respecter la distanciation : port du masque obligatoire en voiture, conseillé à l’extérieur. Didier Letz veille aussi au grain : « Les binômes restent les mêmes toute la journée, et nous nous assurons qu’il y a une distance suffisante entre les équipes. » La transmission par contact est également surveillée : « Nous demandons aux vendangeurs de se laver les mains avant de monter en voiture et avant chaque repas. Nous avons équipé chaque personne de son propre sécateur pour toute la durée de la saison. » Les repas sont pris en commun, mais à l’extérieur tant que le temps le permet. « L’ambiance reste bonne, constate Didier Letz. Les gens se sont habitués à vivre dans le respect des gestes barrières, ils se sont fait une raison. Et puis comme de nombreuses festivités sont annulées, ils sont contents de pouvoir se voir. »   Chaîne de protection Pour empêcher efficacement la formation d’une chaîne de transmission du virus, les mesures de protection se poursuivent chez les collecteurs qui réceptionnent le fruit de la vendange. « Chez Arthur Metz, le personnel est très vigilant au respect des mesures : une seule personne qui livre le raisin par exploitation, port du masque obligatoire, interdiction de descendre du tracteur… Nous ne recevons plus aucun relevé sur papier, toutes les informations nous sont envoyées par mail… » Les opérateurs du vignoble veillent à limiter les contacts pour éviter la transmission du virus. Mais tous espèrent que leurs efforts seront récompensés par un beau millésime, vecteur de lien social malgré la distanciation. En effet, pour les viticulteurs, l’épidémie entraîne aussi des conséquences économiques qui vont se traduire par une baisse du chiffre d’affaires dans les exploitations, et donc par un report des investissements pour au moins quelques années.   Consulter les préconisations sanitaires à respecter pour ces vendanges 2020

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

La quetsche est en avance

Publié le 27/08/2020

Habituellement récoltée début septembre, la quetsche d’Alsace est en avance. Depuis une dizaine de jours, les exploitations concernées effectuent le travail pour acheminer un fruit emblématique de notre territoire apprécié par les consommateurs.

Le lancement officiel de la saison des quetsches en Alsace s’est déroulé lundi 24 août sur l’exploitation de la famille Bernhard à Sigolsheim. « Cela fait plaisir de se retrouver en ces temps économiques et sanitaires compliqués. La période qui arrive est importante pour les fruits et les légumes en Alsace. Nous démarrons avec la quetsche. Puis, il y aura la pomme avec un lancement officiel début septembre chez Verexal à Obernai. Un focus sera ensuite fait sur la Natti à la fin du mois de septembre. Il est important de valoriser nos productions régionales et l’action des professionnels. Ce travail de communication est complété, tous les ans, par un concours d’étalage dans les magasins. Il s’agit de mettre en avant les fruits et légumes alsaciens. Nous sommes le seul territoire français à proposer de telles actions », rappelle Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Lancement de la saison "quetsches d'Alsace" En direct de l'exploitation Fruits Bernhard à Sigolsheim. Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Lundi 24 août 2020 La quetsche d’Alsace est plus petite que les autres prunes bleues. Aussi bien par sa longueur que par son calibre. Son noyau est également plus petit. Il n’adhère pas à la chair du fruit. Sa morphologie est très spécifique. Son diamètre est compris entre 28 et 32 mm dans le cas des fruits de bouche et entre 26 et 32 mm dans le cas des fruits destinés à la transformation pour l’industrie ou la distillerie. Parmi les autres caractéristiques visuelles de la quetsche d’Alsace, il y a d’abord cet aspect extérieur. Le fruit est ferme, mais sans excès. « La couverture en pruine est bien développée et la coloration est intense. Elle va de violacée à bleu nuit. Cette couverture en pruine doit être préservée car il s’agit d’un critère de fraîcheur et de conservation. C’est un gage de bonne manipulation des fruits. La typicité de la quetsche repose sur une fine peau protégée par cette couverture en pruine. Les autres prunes bleues ont, elles, une peau plus épaisse », indique Joël Reisz, président de l’association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux et lui-même producteur à Traenheim. Concernant l’aspect intérieur de la quetsche, la coloration de sa chair est assez marquée. Elle va du jaune-vert au jaune-orange.   Installations « anti gel » et irrigation Comme d’autres productions, la quetsche d’Alsace est confrontée cette année à une météo particulière. Les quelques gelées de cet hiver ont fait des dégâts tout comme la chaleur et surtout la sécheresse qui ont suivi. « Des secteurs s’en sortent très bien alors que d’autres souffrent. Des fruits sont tombés ou ont un problème de calibre. Chaque parcelle, chaque lieu géographique est particulier. Pour l’avenir, nous devons réfléchir à la mise en place d’installations « anti gel », mais également à l’irrigation. Il en va de la pérennité de nos exploitations et de cette culture. D’habitude, la quetsche se récolte à compter du début du mois de septembre. Nous avons donc une quinzaine de jours d’avance. C’est problématique car les consommateurs n’attendent pas la quetsche à cette période de l’année. Il faut pourtant sortir des volumes. Par endroits, la quetsche a souffert au plus fort de la canicule. Au-delà de 30 degrés, le noyau a parfois trop emmagasiné de chaleur », ajoute Joël Reisz. 2️⃣ #AgriGoodNews – Réussir Fruits & Légumes – Une bonne année pour la #quetsche d’Alsace malgré le gel et la sécheresse ? https://t.co/SFefLxDdFm pic.twitter.com/u1qjFgAm8m — AgriGoodNews (@AgriGoodNews) 27 août 2020 La récolte a démarré après le week-end du 15 août et doit se poursuivre jusqu’à début septembre. Ensuite, il faut commercialiser et valoriser la production. Ce que font les producteurs regroupés au sein de l’association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux (Appffna). Elle regroupe trente professionnels adhérents en Alsace. Ils représentent 200 hectares environ de surface en fruits. L’association a pour objectifs de dynamiser et promouvoir la production des fruits à noyaux et petits fruits. Une valorisation au travers, par exemple, d’une étiquette apposée sur les cagettes. « Les professionnels s’adressent alors directement aux consommateurs en leur expliquant les spécificités du fruit. Tout est passé en revue avant même de pouvoir le goûter », se félicite Joël Reisz. Une nouvelle trieuse optique Parmi les producteurs, la famille Bernhard à Sigolsheim. Une exploitation issue d’une lignée de vignerons qui a su se restructurer, se moderniser et se diversifier. Aux vignes se sont ajoutés des fraisiers, des framboisiers, des mûriers puis des quetschiers. Aujourd’hui, la production est issue d’une agriculture raisonnée. « Cette méthode de production donne la priorité aux méthodes écologiquement sûres en limitant les intrants et en assurant une traçabilité de nos produits. Nous profitons également de la faune auxiliaire en entretenant leur écosystème. Notre surface de travail occupe 40 hectares de mirabelles et de quetsches, et 10 hectares de petits fruits. Sans compter la vigne. Nous poursuivons cette diversification pour être le plus viable possible. L’optimisation de la qualité de nos produits est une priorité », explique Danielle Claudepierre, fille de Bernardin et Fernand Bernhard qui avaient planté les premiers mirabelliers dans les années 1960 et développé l’entreprise. En 2017, l’exploitation avait été durement éprouvée par le gel. Cette catastrophe climatique a motivé la famille Bernhard à investir dans du nouveau matériel de travail. Et notamment, une trieuse optique. « Ces aléas climatiques reviennent de plus en plus souvent. Nous devions donc réagir. D’autant plus que le tri de nos produits était compliqué. Cette machine nous permet d’assurer et donc de sauver une grosse partie de la récolte. Elle contrôle, trie et corrige les fruits récoltés en fonction de ce que nous voulons pour leur qualité. La machine ne se pilote pas toute seule. Il faut être présent et assurer son bon fonctionnement. Mais, c’est un gage de qualité », se réjouit Yves Claudepierre. Cela a nécessité un investissement de 400 000 €. Mais, le résultat est là. La teinte, le calibre, la fermeté, l’esthétique, rien n’échappe au laser optique de cette machine. Les fruits écartés sont ensuite envoyés chez les distillateurs. Avant cela, les quetsches sont directement récoltées sur leurs arbres sur des parcelles situées non loin.

Publié le 26/08/2020

Quelques nouveautés ont attiré l’attention à la minifoire Les 4 jours du vignoble, à Dambach-la-Ville, parmi lesquelles un pulvé Berthoud, homologué ZNT, le réseau météo CAC Ampélys, et le châssis porter d’outils H & M Gerber, adaptable aux dévers.

Les 4 jours du vignoble, qui se tenaient il y a quelques semaines à Dambach-la-Ville, organisés par Niess Agriculture - Groupe Ackermann, la Maison Hauller - Cave du tonnelier et H & M Gerber, avaient l’allure d’une petite foire aux vins. Quelques nouveautés ont retenu notre attention. Réseau de stations Sencrop et pulvé Berthoud CAC Ampélys a fait le choix d’accompagner le maximum de manifestations du vignoble cet été en absence de la Foire aux vins de Colmar. L’équipe d’Emmanuel Kippelen était donc à pied d’œuvre du 23 au 26 juillet sur la zone artisanale de Dambach-la-Ville avec l’ensemble de ses conseillers vigne. CAC Ampélys présentait son réseau de stations Sencrop : « Nous avions développé un premier réseau en 2019, le prestataire a hélas périclité. Sencrop nous a finalement permis de pérenniser le service. Nous aurions souhaité mutualiser l’usage des stations et partager en réseau les données, les abonnements étant à la charge des clients », explique Emmanuel Kippelen. Le réseau de stations Sencrop renseigne finement sur les données météo locales, précipitations, température anémométrie. « C’est un outil d’aide à la qualité de pulvérisation. Il se justifie d’autant plus que nous nous orientons clairement vers des traitements alternatifs basés sur des produits de contacts notamment », explique Emmanuel Kippelen. CAC Ampélys propose 15 jours d’essais gratuits. Toujours dans le domaine des traitements, Niess Agriculture - Groupe Ackermann exposait un pulvé Berthoud équipé du système Speedair et du système CG de traitement face par face. Berthoud a travaillé particulièrement sur la ventilation « qui allie puissance, rendement et faible niveau sonore », tandis que les rampes CG assurent une pulvérisation portée Air Drive par un flux d’air, de telle sorte qu’il encadre le pinceau de jet. Conséquence, il n’y a pas de dérive et le pulvé est homologué ZNT (zone de non-traitement). Les rampes se relèvent en bout et rang et il n’y a pas d’encombrement pour la maniabilité. Réalisations H & M Gerber Hubert et Maurice Gerber étaient les troisièmes organisateurs de ce mini-salon. Ce sont aussi les nouveaux venus sur cette zone artisanale de Dambach-la-Ville définitivement dévolue à la vitiviniculture. Hubert et Maurice ont prévu une grande surface. Durant ces quatre journées, ils ont accueilli un marché des producteurs du terroir et de la restauration. Dans l’enceinte, Maurice Gerber, véritable orfèvre de la métallerie, présentait ses réalisations, des portes, des rampes, des escaliers, quand il ne se consacre pas à l’assemblage de ses rolofacas, de ses semoirs Ecosean ou de sa dernière conception, un châssis porte-outils, cavaillonneuses, décavaillonneuses, rollhacker et/ou étoile Kress, l’hydraulique du système indépendante de chaque côté permettant de travailler en dévers.     Lire aussi : Les 4 jours du vignoble à Dambach-la-Ville : 1 200 entrées pour une première, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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