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Rédaction EAV

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Jeunes Agriculteurs. Canton de Wœrth

Vaches laitières et poulets bios

Vie professionnelle

Publié le 16/08/2019

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Wœrth ne sont pas très nombreux. À peine une quinzaine de membres. Alors ils compensent par un dynamisme étonnant. Plusieurs jeunes se sont installés ces cinq dernières années. « De plus en plus s’intègrent et surtout s’impliquent, constate avec satisfaction Tristan Apfel, président des JA du canton. Notre bureau s’est rajeuni, il est soudé et solidaire, et l’ambiance y est bonne. » Dans ce canton, c’est l’élevage laitier - vache et brebis - qui prédomine. Mais d’autres activités prospèrent. Comme l’élevage de mouton, de poules pondeuses et de chair ou encore le maraîchage.

Pour faire découvrir leur métier, les JA de Wœrth proposent deux portes ouvertes ce dimanche 18 août à Wœrth. Le Gaec Bernhard, géré par Frédéric et Philippe Bernhard, et qui emploie un salarié à mi-temps, compte 140 vaches, quelque 180 génisses et produit 1 million de litres de lait par an. Les veaux mâles sont revendus ; les veaux femelles destinés au renouvellement des laitières. L’alimentation des vaches se fait à l’aide d’une mélangeuse automotrice et la traite est assurée par deux robots. Les 115 hectares de SAU se répartissent en 8 ha de blé, 37 ha de maïs fourrage et 70 ha de prairies dont l’herbe est destinée à l’ensilage. Seules les génisses sont en pâturage. L’orientation des bâtiments étant optimale, quelque 1. 000 m2 de panneaux photovoltaïques ont été installés, pour une production de 142 000 kWh revendus à ÉS. Lors des portes ouvertes toutes les installations seront accessibles au public.

 

 

Des poulets et des légumes bios

L’EARL Biobur’& Cie est menée par Caroline Rosenfelder, son frère, Thomas, et son épouse. Elle compte deux structures : du maraîchage bio et un élevage de poulets bios. 4 ha sont destinés aux légumes et 2 ha aux pommes de terre. Outre la production de céleri, poireau, salade, choux et betterave rouge, 4 000 m2 de serre sont dédiés à la culture de la tomate, de l’aubergine, de la courgette et du poivron. L’ensemble est vendu au magasin « S’Bureladel », dans le centre de Wœrth.

Quatre bâtiments accueillent chacun 1 300 poulets bios de race cou nu. La ferme reçoit des poussins à 1 jour et les élève sur une période de 85 jours. Ils sont alors collectés par les Établissements Siebert et René Meyer. Chacun des quatre bâtiments est entouré de plusieurs dizaines d’ares où les poulets vivent en liberté toute la journée. La ferme produit également des céréales : blé, colza, orge, soja et seigle. Elles sont vendues à une minoterie qui leur livre de la farine pour la vente en magasin et de la farine pour l’alimentation des poulets.

L’année dernière, la ferme a investi dans la construction d’un nouveau bâtiment destiné au stockage du matériel et au conditionnement des légumes vendus au magasin ou à la coopérative de Weyersheim. Un autre projet est en gestation : un atelier de transformation du surplus de légumes sous forme de crudités non assaisonnés.

Canton de Marmoutier

Un dimanche au cœur de l’agriculture alsacienne

Vie professionnelle

Publié le 15/08/2019

Au cœur du canton de Marmoutier, Zeinheim offre de beaux paysages illustrant la diversité de l’agriculture alsacienne. Une diversité que les Jeunes Agriculteurs du canton de Marmoutier mettront à l’honneur ce dimanche 18 août à l’occasion de leur concours de labour, « même si le lait reste la production principale du canton », précise Laurent Lux, qui préside depuis 2014 la jeune équipe d’une trentaine de membres et au renouvellement constant.

À la sortie de la commune, Maurice Schmitt et son fils, Rémi, qui prévoit de s’installer en janvier 2020, accueilleront le public pour lui faire découvrir les quelque 160 broutards de différentes races qu’ils élèvent. « Nous avons toujours eu des bovins à l’engraissement. Et du houblon, jusqu’à 15 hectares, que nous avons arrêté en 2011 en raison de la conjoncture. En 2012, nous avons donc décidé de construire un bâtiment de 2 600 m2 à l’extérieur du village pour développer l’élevage allaitant. Nous y avons installé 240 bêtes », rappelle Maurice Schmitt. Mais en 2016, les éleveurs décident de baisser la voilure, de réduire le nombre d’animaux par box pour « mieux les finir ».

 

 

Aujourd’hui, Maurice et Rémi Schmitt en engraissent 160. Ils travaillent avec un négociant en bestiaux qui leur fournit des broutards âgés de 7 à 9 mois et les reprend une fois qu’ils ont atteint 750 à 800 kg de poids vif. Ils les nourrissent avec du maïs ensilage, des céréales produites sur la ferme et des pulpes et des drèches. « Nous travaillons avec Méthachrist à Wœllenheim, qui cherche notre fumier et nous rapporte le digestat que nous épandons sur nos terres. » L’EARL Waelschkiefer compte 81 ha, dont 20 ha de maïs ensilage, 30 ha de céréales, 10 ha de tournesol et 7 ha de betteraves, le reste étant en prairies.

Vente ambulante

À quelques pas de marche de là, les visiteurs seront invités à découvrir quatre poulaillers du Gaec du Sonnenberg. Marine Meyer a rejoint son père, Francis, sur l’exploitation en 2016 pour y développer l’élevage de poulets label rouge, avec la création de quatre bâtiments. Une activité qu’avait démarrée son père en 1988 avec deux bâtiments. « Aujourd’hui, nous produisons 87 000 poulets label, par bandes de 27 000. Les Couvoirs de l’Est à Willgottheim nous amènent les poussins à l’âge de 1 jour. Et nous les livrons une fois prêts aux Établissements Siebert à Ergersheim et à René Meyer à Wingersheim. » Les poulets disposent, autour de chacun des bâtiments, d’un parc de 1 hectare implanté d’arbres qui leur apportent de l’ombre.

Parallèlement, Marine Meyer a également développé une activité de maraîchage. La SAU s’étend désormais sur 59 hectares répartis en 20 ha de blé, 20 ha de maïs, 8 ha de prairies, 7 ha de betteraves, 3 ha de blé dur et 1 ha de maraîchage. Les légumes sont vendus en direct sur les marchés de Wasselonne et Oberhausbergen. Marine Meyer pratique aussi la vente ambulante à Hohengœft : « J’ai aménagé une camionnette. Cela me permet d’aller vers les clients et de proposer des légumes de la ferme à ceux qui sont loin des commerces. » Un créneau que la jeune femme souhaiterait développer.

Sundhouse

Le retour du chanvre

Cultures

Publié le 14/08/2019

Dans la plaine du Ried, la culture du chanvre était fréquente jusqu'au milieu du XIXsiècle. Ses fibres étaient utilisées dans la corderie. Ses graines fournissaient de l’huile. De nos jours, les débouchés sont les industries pharmaceutique, cosmétique et alimentaire. En effet, le chanvre est source d’oméga 3 et de protéines non-allergènes. Et il entre aujourd’hui à grands pas dans la composition de plats végétariens.

Olivier Hartz est ingénieur agronome spécialisé en agroéconomie. Il croit dur comme fer au retour du chanvre dans le Ried. De par ses anciennes fonctions professionnelles au sein de filiales du groupe agroalimentaire Japonais Ajinomoto, Olivier Hartz est devenu un spécialiste des ingrédients alimentaires et de leurs applications. Et il a noué de nombreux contacts avec les industriels du secteur alimentaire intéressés dans l’utilisation du chanvre. L'Alsacien a initié le projet « Hartz’Riedland ». Il vise à faciliter la mise en culture de 6 000 hectares de blé, soja, maïs et colza bios, destinés à des produits alimentaires, tout en consolidant les débouchés. Un projet dans lequel la culture du chanvre trouve toute sa place, puisqu’Olivier Hartz vise une production annuelle de 1 000 tonnes de graines de chanvre à court terme pour alimenter le marché du bassin rhénan en partenariat avec les acteurs locaux classiques de la filière agroalimentaire. « Les outils existent », affirme Olivier Hartz.

Adapter les cultures alsaciennes à la demande contemporaine

La demande en produits bios et locaux existe déjà et va se développer. En outre la demande pour des plats végétariens est de plus en plus forte, car les habitudes des consommateurs - notamment des jeunes - ont changé ces dernières années. Pour répondre à cette évolution des comportements, « une coordination entre l'agriculture, l’industrie agroalimentaire locale et les réseaux de distribution est nécessaire car ces trois métiers se connaissent mal, explique Olivier Hartz. Dans mon projet, je compte les reconnecter. » Pour lui, le bio et le local font partie du haut de gamme que souhaite tout industriel, garantissant ainsi au consommateur alsacien une influence sur son environnement au bénéfice de sa santé, de l’environnement et de l'économie.

Des graines de chanvre dans nos assiettes

C’est ce que fait déjà la société Epi & Co, implantée sur le site de Tereos à Marckolsheim et qui emploie une quinzaine de salariés. « Nous produisons 200 000 portions d’un substitut de viande 100 % végétale par mois », explique Andreas Redl, responsable développement de l’entreprise. La firme élabore aussi des plats végétariens, comme la bouchée végétale, l’aiguillette végétale, le sauté ou l’émincé végétal…

« Il y a un véritable intérêt pour le 100 % végétal, les consommateurs qui y ont goûté en redemandent », ajoute Bertrand Huberty, chef de projet d’Epi & Co. Les collectivités, notamment, en sont friandes : « Pour le personnel de cuisine, c’est pratique parce que c’est rapide à préparer et les plats peuvent facilement être accommodés. C’est une alternative à la viande et une offre complémentaire », ajoute-t-il.

Un défi à relever pour les agriculteurs et pour l’Alsace

Développer le chanvre permet d’introduire une nouvelle culture dans la rotation, ce qui constitue un atout agronomique. D’autant que le chanvre ne requiert ni traitement phytosanitaire ni irrigation. Reste que pour les agriculteurs qui se sont engagés dans la culture, c’est un défi à relever. « Quand Olivier Hartz, mon filleul, m’a proposé de semer du chanvre, j’ai souscrit à sa demande », explique Philippe Grosshans, agriculteur à Sundhouse. « Dans la culture du chanvre, tout reste à découvrir, il y a toujours une part de risque », explique Michel Roesch, qui cultive une parcelle de chanvre bio à Breitenheim.

« Le retour en grâce des protéines végétales auprès des consommateurs est une opportunité sans précédent pour la première transformation des produits agricoles. Le mouvement s’accélère et s’installe dans les habitudes de consommation. Cette demande va de pair avec le développement du bio. L’Alsace, en plus de bénéficier de conditions agronomiques favorables, est proche de l’axe rhénan, un bassin de consommation de protéines végétales et de produits bios très développé. L’opportunité pour l’agriculture et l’industrie agroalimentaire alsaciennes est énorme », conclut Olivier Hartz.

Canton de Bouxwiller

Concours de labour et portes ouvertes

Vie professionnelle

Publié le 14/08/2019

C’est en 1980 qu’Annette Wittersheim, née Decker, s’installe sur l’exploitation agricole familiale et acquiert ses premières vaches allaitantes. En 1997, elle construit un grand bâtiment à l’entrée du village et cesse l’atelier lait. Deux ans plus tard, son frère, Laurent, la rejoint pour créer un atelier de taurillons. Au fil des ans, le Gaec se développe avec l’agrandissement de la stabulation, la construction d’une fumière, la mise en place d’un silo pour le maïs ensilage, un hangar de stockage, un nouveau bâtiment de 64 place pour vaches allaitantes, et en 2016 la construction d’un autre bâtiment de 80 places. Sans oublier, l’augmentation de la surface exploitée après le départ à la retraite d’un exploitant agricole local.

 

 

À ce jour, Annette Wittersheim et son frère, associés en Gaec, travaillent à temps plein avec l’aide d’un apprenti, Norbert, le fils d’Annette. Ils élèvent 85 vaches de race charolaise et leur suite, une quarantaine de taurillons, soit un total des près de 260 têtes. Et disposent de 125,5 hectares de terre répartis en 91 ha de prairies, 18 ha de maïs, 12 ha de blé, 2,5 ha de triticale et 2 ha d’orge. Les vaches pâturent d’avril à novembre et les allaitantes disposent de foin à volonté jusqu’au vêlage, puis de foin et de maïs d’ensilage.

Assurer une relève dynamique

La section des Jeunes Agriculteurs du canton de Bouxwiller compte environ une quinzaine de membres. Elle est présidée par Thomas Iltis depuis cinq ans. Ce dernier, dont ce sera la dernière année de présidence déplore le manque de dynamisme et d’implication des jeunes peu enclins à s’installer : la dernière installation remonte à 2018. Et ce, malgré le départ à la retraite de quelques exploitants il y a quatre ans déjà. Plusieurs jeunes travaillent à mi-temps à la ferme et à l’extérieur.

Dans ce canton, on pratique la polyculture : blé, maïs, colza, orge, soja. Et de plus en plus d’exploitants se convertissent en bio dans le domaine des céréales. Côté élevage, on y trouve aussi bien des entreprises de production laitière que d’élevage bovin, ovin, porcin, avicole (poulet label rouge) et une ferme de gavage d’oie.

Ebersheim

Des escargots pour sortir de sa coquille

Élevage

Publié le 09/08/2019

La coquille paraît minuscule dans la paluche du paysan. « Il va sortir, rassure Michaël Meyer. Avec la chaleur ils font la sieste. » L’armoire à glace effleure la carapace du bout du doigt. Bingo. Le mollusque sort la tête de sa carapace. « C’est curieux ces bêtes-là », approuve l’éleveur, marcel, short et chaussures de sécurité aux pieds. Aujourd’hui, les escargots n’ont plus de secrets pour lui. Depuis deux ans, il leur consacre une attention particulière. Grâce à eux, l’Ebersheimois a pu s’installer à temps plein comme chef d’exploitation. Encore un mirage deux ans plus tôt.

 

 

Pour comprendre l’histoire, il faut remonter quelques années en arrière. En 2015, l’oncle de Michaël, céréalier, prend sa retraite. Avec une mère infirmière et un père informaticien, c’est une occasion unique de s’installer sur sa propre ferme. « Mais 38 ha de maïs, c’est trop peu pour vivre », regrette Michaël. À 31 ans, il est obligé de cumuler les travaux des champs et un mi-temps dans une entreprise de maintenance de gravières. Bien loin de son rêve de gosse. Michaël a toujours voulu être agriculteur à temps complet.

Essai transformé

Le jeune homme cherche alors un moyen de diversifier sa production. « Quelque chose pour faire du chiffre. » Sans trop d’investissements non plus. Les gros tracteurs et les dettes qui vont avec, très peu pour lui. Le maraîchage ? « Il y en a déjà à tous les coins de rue autour de Sélestat », écarte-t-il. Hors de question de marcher sur les plates-bandes des collègues. En revanche, les héliciculteurs (éleveurs d’escargots) ne se bousculent pas au portillon. Le pluriactif affine ses recherches. Lit des articles. Se renseigne auprès des quelques professionnels du département. Il fait même un stage dans un lycée de Besançon. Bref, il apprend les bases du métier.

Mais quels résultats économiques attendre ? La Chambre d'agriculture ne possède aucune étude chiffrée. L’héliciculture est un monde secret. Personne ne dévoile ses livres de comptes. Une seule option s’offre à Michaël : le coup d’essai. En 2017, il achète 5 000 bébés escargots (naissains dans le jargon) et installe un petit parc dans le jardin. Quelques planches pour délimiter l’enclos et un filet pour protéger les mollusques des rats et rapaces. « Avec mon épouse Élodie, on les a cuits, préparés et beurrés dans la cuisine », se souvient le fermier. Résultat : toute la production est vendue en deux semaines via le bouche-à-oreille. Essai transformé.

Un Smic dès la deuxième année

L’engrenage se met vite en route. De mars à septembre 2018, l’éleveur fait construire un petit local de vente et un atelier de transformation à l’arrière de sa maison. 50 000 € subventionnés à 40 %. En mai, il reçoit sa première vraie bande : 70 000 naissains. Des gros gris. En parallèle, il prend un congé sans solde auprès de l’entreprise de maintenance industrielle pour laquelle il travaille. C’est le début de sa carrière de paysan à plein temps. De septembre à décembre, Michaël dédie ses journées à la transformation des escargots. Son oncle donne un coup de main aux champs.

La première saison de vente suit la lancée de 2017. Sur les 5 100 douzaines produites, 4 000 partent entre novembre et décembre. « On fait 80 % de notre chiffre à Noël », confirme Michaël. Avec sa marge de 25 % sur les ventes et les revenus des céréales, le producteur s’octroie un salaire de 800 €. Pas mal pour une première année. La vente d’escargots représente désormais 50 % du chiffre d’affaires de la ferme. Ces résultats donnent des ailes à l’exploitant. En 2019, il double son cheptel. À 140 000 coquilles réparties dans deux parcs. « Si tout va bien, je devrais me verser un Smic », dit-il, confiant. Un luxe comparé à de nombreux agriculteurs en phase d’installation. Désormais, Michaël affiche à haute voix son objectif ultime. Vivre à 100 % des escargots. Et abandonner le maïs ? Jamais de la vie. « Les céréales, c’est mon métier. »

« On est plus cuisinier qu’éleveur »

Ce projet ressemble aussi à une plongée dans l’inconnu. Michaël a dû tout apprendre. À commencer par la cuisine. Les bestioles passent dans un bain-marie. Puis il leur enlève l’appareil digestif. Elles sont ensuite blanchies à l’eau bouillante. Puis surgelées. Et cuites de nouveau dans un bouillon de légumes avant d’être mises en coquilles et beurrées. Un parcours du combattant. « On est plus cuisinier qu’éleveur », sourit le professionnel. Il a aussi dû accepter de déléguer. L’an dernier, il a embauché un saisonnier pendant le mois de décembre. Pas suffisant pour affronter les 14 heures de travail quotidiennes. La fatigue et le stress ont envoyé le fermier chez le médecin. Verdict : une semaine de repos forcé. Ça fait réfléchir. Alors cette année, une dame va épauler Michaël à mi-temps durant toute la période de transformation.

Magasin à la ferme, livraison aux drives, marchés… Ce père de deux enfants a aussi découvert le monde de la vente. À l’arrache. « Au début je n’avais pas de carte de visite, pas de terminal de paiement, même pas d’écriteau pour les prix », rougit-il. Aujourd’hui, il a trouvé sa routine sur les marchés. Il a investi 1 200 € dans une tonnelle et un congélateur qu’il installe à l’arrière de son utilitaire. « Au début c’était stressant, mais maintenant j’adore, confie-t-il. Quand les gens disent qu’ils sont contents de mes produits, c’est la meilleure des récompenses. » Et l’héliciculteur arrive à vivre de son métier. Un rêve devenu réalité.

Canton de Soultz-sous-Forêts

Soirée Bierfescht et portes ouvertes

Vie professionnelle

Publié le 09/08/2019

La SCEA des Châtaigniers, menée par Christophe et Céline Breitenbucher, est l’un des dix élevages de coquelets installés dans le nord de l’Alsace. C’est en 1996 que Christophe Breitenbucher reprend l’exploitation de vaches laitières de ses parents et s’installe hors du village où il construit, en 1997, un premier bâtiment destiné à l’élevage de coquelets. Progressivement, deux autres bâtiments s’y ajoutent, pour atteindre une production de près de 370 000 coquelets par an. Toute la production de l’entreprise est vendue aux Ets Rhin de Haguenau qui en assurent la collecte, l’abattage et la vente. Pour assurer les besoins de la ferme, sur les 45 ha disponibles, 15 ha fournissent le blé et 15 ha le maïs. Les 15 derniers ha sont des prairies, dont le foin est revendu.

 

 

Chaudière à bois et panneaux photovoltaïques

En 2012 Christophe Breitenbucher entreprend la construction d’une chaufferie aux copeaux de bois. Automatisée, elle est destinée au chauffage des bâtiments. Poursuivant ses innovations, il installe 1 000 m² de panneaux photovoltaïques. En 2019 il rajoute encore 120 m² de panneaux. Cette fois, l’énergie produite doit être consommée sur place. La mise en route s’effectue en ce moment. Avec un partenaire, il a créé une société qui a mis au point un robot de nettoyage des panneaux photovoltaïques. Dans ses cartons, il envisage de créer un site en ligne pour la vente de coquelets dans toute la France via « Chronofroid »… un projet à suivre.

Lors de la journée portes ouvertes, la famille Breitenbucher fera visiter leur ferme : l’élevage des coquelets, la chaufferie aux copeaux de bois automatisée, les panneaux photovoltaïques… La restauration de dimanche sera assurée par les JA. Au menu du midi : coquelet frites bien sûr ! En soirée, tartes flambées et grillades.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Marckolsheim

Des portes ouvertes sous le signe du chanvre

Vie professionnelle

Publié le 08/08/2019

Du Bob Marley à la journée portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs ? Un peu exagéré. Mais dimanche 11 août, la culture du chanvre risque d’animer les débats à l’EARL Gerber, en sortie de Sundhouse. Depuis le début de l’année, trois agriculteurs se sont lancés dans cette production un peu spéciale.

 

 

Tout commence l’année dernière. Un responsable de Tereos informe les paysans du coin d’un projet en gestation. Le groupe sucrier souhaite relancer la filière chanvre pour en faire de l’huile alimentaire. L’entreprise cherche des volontaires pour effectuer des tests de culture. Trois agriculteurs du village acceptent. « J’aime bien découvrir et faire des choses neuves », explique Éric Gerber. Ni une ni deux, il sème 1,7 hectare de chanvre juste à côté de sa maison. Une activité supplémentaire à côté de l’élevage de taurillons et des grandes cultures.

Pour l’instant le producteur est satisfait de la croissance des plantes. Le rendement devrait tourner autour d’1,5 t/ha. « Peut-être moins vu que c’est la première année », prévient le paysan. Il récoltera ses plants d'1,5 mètre de haut le lundi 12. Le lendemain des portes ouvertes. Les visiteurs pourront voir du chanvre sur pied. « La personne de chez Tereos doit venir pour expliquer où en est le projet », appuie Éric.

« Cette variété ne se fume pas »

Mis à part le caractère novateur et insolite de ce test, le chanvre possède d’intéressants atouts économiques. Une étude de l’institut Terres Inovia estime à 800 €/ha le prix de vente des grains. Ajoutez à cela la valorisation des tiges, l’organisme calcule une marge brute de 1 000 €/ha minimum. Voire 1 500 € dans les zones à fort potentiel. Mais la famille Gerber ne s’emballe pas. « On n’en est qu’au tout début », tempère Éric. Reste qu’en cas de succès de la première campagne, Tereos souhaiterait doubler les superficies d’ici deux ans. Prometteur.

Mais le chanvre a aussi apporté quelques rencontres inopportunes. « Certains soirs, le chien aboie et on voit des lampes torches dans la parcelle », rigole l’agriculteur, exaspéré. Les visiteurs nocturnes arrachent des plants pour rouler des joints de sundhousienne. Problème, « cette variété ne se fume pas », s’exclame Éric Gerber. En effet, elle contient très peu de tétrahydrocannabinol (THC), la substance psychotrope qui fait planer les consommateurs de marijuana.

Alors dimanche, Éric rappellera que ses plantes sont vouées à assaisonner les plats. Pas les cigarettes.

Strasbourg

Des moutons dans la ville

Élevage

Publié le 05/08/2019

« Elles vont s’habituer à voir du monde. » Derrière Olivier Moog, des brebis et moutons débarqués le matin même de Scheibenhard, près de Lauterbourg. Nous sommes à quelques centaines de mètres de l’hôtel de ville de Strasbourg. Changement de décor pour ces bêtes habituées aux prés d’Alsace du nord. L’éleveur et la municipalité inaugurent une expérience un peu spéciale. D’août à novembre, une vingtaine d’ovins va pâturer en pleine jungle urbaine.

Les Hampshire suffolk et Bizet du Massif central seront parqués aux abords de l’hypercentre. D’abord au parc du Heyritz. Puis à celui de l’Étoile. Ils devraient terminer leur séjour strasbourgeois au quai Conrad, près de l’église orthodoxe. « Ça se fera en fonction de la qualité de l’herbe », indique Adrien Schverer, adjoint au responsable du service espaces naturels à la Ville. Leur viande sera ensuite valorisée sous label bio. « La ville n’utilise plus de pesticides ici depuis deux ans, donc c’est bon », assure l’éleveur.

 

 

 

« Martine Aubry m’a contacté »

Le but de l’opération ? Pour la commune : économiser la main-d’œuvre dédiée au désherbage mécanique et « ramener des animaux en ville », selon Christel Kohler, adjointe au maire en charge de Ville en nature et ville nourricière. Pour l’éleveur : de l’herbe gratuite et un revenu supplémentaire. Car « tout travail mérite salaire », répète Olivier Moog. D’autant que l’éco-pâturage urbain demande une attention particulière. Pas question de laisser les animaux gambader à leur guise. L’agriculteur devra délimiter lui-même les zones de pâture et déplacer les bêtes. Le plus difficile : la traversée des avenues quand il déménagera d’un jardin à l’autre. Les premiers soirs, il devra même rentrer le troupeau dans un carré clôturé à l’écart de la foule. « Si ça se passe bien avec les gens, on les laissera tout le temps dehors par la suite », espère le professionnel. Bref, du boulot en perspective.

Le pâturage en ville a le vent en poupe. En cause : l’interdiction de l’utilisation des pesticides par les collectivités et le regain d’intérêt des citadins pour l’agriculture. Olivier travaille depuis deux ans avec les Voies navigables de France et plusieurs grandes entreprises. Et son téléphone n’arrête pas de sonner. « Martine Aubry m’a contacté, mais Lille ce n’est pas à côté », s’amuse l’éleveur. De toute façon, inutile d’aller si loin. Si l’expérience s’avère concluante, la Ville de Strasbourg envisage de recruter de nouveaux moutons dans d’autres secteurs.

Canton de Truchtersheim

Expliquer et rassurer

Vie professionnelle

Publié le 02/08/2019

Au bout de l’étable, la salle de traite sent encore la peinture fraîche. Couleur schtroumpf. « On est en plein dedans », rigole Valérie Knab en tendant ses ongles bleuis par les pinceaux. Dimanche 4 août, la ferme perchée au-dessus de Kienheim accueillera le concours cantonal de labour. « On attend 3 000 personnes », annonce Mathieu Urban, à la tête de la section locale des Jeunes Agriculteurs (JA) depuis janvier. Face à cet afflux, toute la famille s’est mobilisée pour mettre de l’ordre dans la ferme.

 

 

À commencer par Valentin, le fils de Valérie. En tant que membre du bureau des JA locaux, c’est lui qui a proposé de recevoir l’événement. « Ça nous permet de faire découvrir la ferme au grand public, explique-t-il. C’est aussi une forme de fierté de pouvoir montrer notre travail. » Tout est donc prévu pour séduire les visiteurs. Valentin a tracé un chemin dans une parcelle de maïs. « On va y installer un sentier sensoriel », indique Mathieu Urban. Le concept ? Marcher pieds nus sur de la paille, de la terre, ou encore du fourrage… « L’idée c’est que les gens sentent, touchent les matériaux avec lesquels on travaille », précise Valentin Knab.

« Un spectacle écrit, produit, distribué par les JA »

Valérie devrait se charger de la visite de l’étable. Elle est rodée à l’exercice. Le 12 juillet, elle a participé à l’opération « Beau jardin » de la communauté de communes du Kochersberg. 25 personnes ont suivi cette petite dame ultra-énergique auprès des 70 vaches de la ferme. « J’ai expliqué notre travail, raconte-t-elle. Les gens sortent rassurés. » En plus, avec les fortes chaleurs, Valentin a mis en route un vieux ventilateur récupéré dans l’ancien séchoir à tabac familial. Il allume aussi un brumisateur fait maison toutes les deux heures. De quoi taper dans l’œil des défenseurs du bien-être animal.

À l’arrière de l’étable, des balles de foin roses s’entassent au soleil. La famille Knab participe à une opération solidaire pour la recherche contre le cancer du sein. Quelques euros sont reversés à la Ligue contre le cancer à chaque achat de bobines d’enrubannage. « C’est une bonne action et on montre que les agriculteurs, ce n’est pas que la pollution, les pesticides… », justifie Valentin. Dimanche, il ne manquera pas de l’expliquer à ses hôtes. Une communication positive dans la lignée de la politique des JA de Truchtersheim. Dimanche, une quinzaine d’entre eux monteront sur scène. Pour un spectacle « écrit, produit, distribué, par les JA », s’amuse Mathieu Urban. Le thème de la pièce ? Les services rendus par les agriculteurs à la société. Ça ne s’invente pas.

Labour

Les résultats des concours cantonaux

Vie professionnelle

Publié le 31/07/2019

Canton de Brumath

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath font part des résultats de leur concours de labour qui s’est déroulé dimanche 28 juillet à Gambsheim.

Labour en planches

1er Loïc Fischer, Wagen, 87 points ; 2e Tanguy Wiedling, Kurtzenhouse, 84,5 pts ; 3e Fabrice Hardy, Gries, 72,5 pts ; 4e Nicolas Hoyndorf, Schnersheim, 68 pts ; 5e Célia Henches, Geudertheim, 66,5 pts ; 6e Franck Penner, Kleinfranckenheim, 60 pts ; 7e Mathieu Ficker, Wilwisheim, 56,5 pts ; 8e Thomas Reinhart, Altenheim, 54,5 pts ; 9e Mickaël Gangloff, Bietlenheim, 54 pts.

Tanguy Wiedling et Fabrice Hardy sont qualifiés pour la finale départementale.

Les Jeunes Agriculteurs remercient la famille Schneider pour son accueil, les propriétaires des parcelles, les membres du jury ainsi que les concurrents pour leur participation.

Canton de Hochfelden

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Hochfelden font part des résultats de leur concours de labour qui s’est déroulé dimanche 28 juillet à Zoebersdorf.

Labour en planches

1er Thibaut Miller, Bischholtz, 73 pts ; 2e Georges Staath, Wickersheim, 71 pts ; 3e Anne-Elaine Beitler, Wickersheim, 67 pts ; Pierre Muller, Niederbronn, 51 pts.

Georges Staath est qualifié pour la finale départementale.

Labour en planches à l'ancienne

1er Martin Klein, Mietesheim, 59,5 pts ; 2e, Daniel Laugel, Ettendorf, 45 pts.

Les Jeunes Agriculteurs remercient la famille Staath pour son accueil, les propriétaires des parcelles, les membres du jury ainsi que les concurrents pour leur participation.

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