Steinseltz
Seconde visite du sous-préfet aux agriculteurs
Steinseltz
Vie professionnelle
Publié le 04/12/2019
Christian Michalak prend les devants. Entré en fonction mi-novembre, le nouveau sous-préfet de Haguenau-Wissembourg a déjà visité deux fois les agriculteurs de sa circonscription. Après Bietlenheim, le jeudi 21 novembre, il a passé l’après-midi du mercredi 27 avec les arboriculteurs et vignerons de la région de Cleebourg. Une semaine plus tôt, il s’était rendu dans un élevage et une exploitation en grandes cultures.
Sa célérité étonne. Didier Braun, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin, n’en revient pas : « On ne savait même pas qu’il était là qu’on avait reçu un coup de fil pour caler les rendez-vous. » C’est l’autre particularité de cette tournée préfectorale. Elle se déroule à l’initiative de l’administration. « C’est lui qui nous a contactés », confirme Gilles Theilmann, président de la cave de Cleebourg.
Pomme, vigne et ZNT
« Je m’engage à être votre interlocuteur », appuie Christian Michalak. Et mercredi, il est entré dans le vif du sujet. L’après-midi a démarré à la ferme Burger, à Steinseltz. Là, cet ancien militaire de carrière s’est familiarisé avec la culture de la pomme et la vente directe. Mais aussi aux problèmes de manque de main-d’œuvre saisonnière et d’une éventuelle future surproduction de fruits bios en France. Le fonctionnaire a ensuite grimpé dans la voiture de Gilles Theilmann. « Je veux lui montrer l’impact des zones de non-traitement (ZNT) sur le vignoble si le décret est publié », glisse le président du syndicat viticole. La rencontre s’est poursuivie par une table ronde à la cave de Cleebourg.
Là encore, le représentant de l’État s’est montré à l’écoute. Et même proactif sur certains sujets. La méthanisation par exemple. Un sujet qu’il connaît bien. « Dans mon ancienne circonscription (Cholet, NDLR), il y avait des agriculteurs engagés dans ce processus », indique-t-il. Ainsi, lorsque Denis Scharrenberger, président des JA de Soultz-sous-Forêts, lui explique les retards administratifs subis par un projet de méthaniseur dans son canton, Christian Michalak dégaine. « Faites-moi vite un courrier pour qu’on identifie le problème. Si c’est juste un souci de financement d’étude environnementale, on parlera avec les élus. » Hochement de tête satisfait du paysan de Surbourg.
Demi de mêlée ou demi d’ouverture ?
Bon. Tous les participants à la réunion en conviennent : les problèmes du monde agricole ne se régleront pas en une après-midi. Mais c’est un premier pas. « D’habitude on attend six mois avant une première rencontre et un an plus tard on change de sous-préfet », regrette Didier Braun. Pas facile d’avancer sur les dossiers locaux dans ces conditions. Sans compter les fonctionnaires peu intéressés par le travail de la terre. « On ne voyait pas beaucoup sa prédécesseure », peste un élu de la Chambre d'agriculture. Résultat : les responsables agricoles ont perdu le contact avec cet échelon administratif. « On va tout de suite taper à la porte du préfet ou de la Direction départementale des territoires », reconnaît Didier Braun. Dommage car le sous-préfet « a un rôle hybride entre le politique et l’administration ». Une courroie de transmission qui peut s’avérer utile.
En tout cas, le nouveau venu a marqué des points. « Quand je vous ai salué, je vous ai demandé si vous étiez un demi de mêlée ou demi d’ouverture, commence Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants à la FDSEA du Bas-Rhin. J’ai désormais ma réponse et je salue votre ouverture. » Et Gilles Theilmann de s’esclaffer : « C’est mieux de faire connaissance ici autour d’un verre que devant la sous-préfecture avec des fourches ». Reste à savoir si les fourches resteront encore longtemps dans les granges. Réponse à la prochaine manif.












