Auteur

Rédaction EAV

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Entretien des cours d’eau

Rappels réglementaires

Pratique

Publié le 30/01/2020

Il est possible de réaliser un curage d’une profondeur maximale de 50 cm en s’assurant que la profondeur du cours d’eau après travaux n’excède pas 1,20 m (entre le fond et la berge). En présence de drain, le curage autorisé est de 50 cm sous le collecteur, mais il n’y a pas de limite concernant la profondeur finale des travaux. Ces travaux peuvent être réalisés sans dossier auprès de la DDT et sur un linéaire de fossé illimité, dans la mesure où le maître d’œuvre est une association foncière, le propriétaire riverain ou l’exploitant agricole.

L’objectif de ces travaux, est de rétablir la bonne circulation dans les cours d’eau en retirant les embâcles et atterrissements. Pour cela, il faut réaliser le curage au fond du lit, afin de récréer un lit d’étiage (voir schémas). Le lit d’étiage permet de concentrer le courant et favorise l’entretien naturel du cours d’eau. Les berges ne doivent pas être impactées. Ces dernières peuvent être entretenues par fauchage. Les produits de curage ne doivent pas être remis sur les berges, afin d’éviter la formation d’un bourrelet.

Si toutefois un arbre perturbe la circulation du cours d’eau au centre du lit, il peut être supprimé. Quand l’arbre se situe sur la berge, il peut être coupé mais il est important de laisser le système racinaire en place pour maintenir la berge. Ces travaux devront être réalisés en fonction des catégories piscicoles afin de protéger la reproduction des poissons. Pour les cours d’eau de 1ère catégorie piscicole, les travaux doivent être réalisés entre le 1er avril et le 14 novembre. Pour les cours d’eau de 2e catégorie entre le 1er août et le 15 mars. Pour connaître la catégorie piscicole de vos cours d’eau, adressez-vous à la FDSEA 67 ou à la Chambre d’agriculture d’Alsace.

Les travaux de curage sont généralement associés à l’entretien des haies. Pour rappel, il est interdit de couper ou broyer les haies du 15 mars au 31 juillet inclus.

En cas de travaux plus profonds…

Si les travaux que vous souhaitez réaliser dépassent les règles établies précédemment (50 cm ou 1,20 m), vous devrez déposer un dossier à la DDT. Un agriculteur peut déposer un dossier « allégé » que les services de la DDT instruiront sous un mois. La DDT décidera si un dossier complet est nécessaire ou au contraire si les travaux envisagés peuvent être réalisés librement. Ce dossier allégé renseignera le nom du porteur de projet, la date prévisionnelle de réalisation des travaux, leur nature et leur localisation. Le busage de fossé, la modification du profil du cours d’eau, ou la destruction de zone de frayère restent soumis à un dossier complet dans le cadre de la loi sur l’eau.

Ces travaux permettront de redonner aux cours d’eau leur fonction tout en préservant l’environnement. Il est impératif que les agriculteurs respectent les règles établies dans cet accord, afin de concilier fonctionnalité des cours d’eau et maintien de la biodiversité. En cas de doutes ou d’interrogations, demandez conseil à la FDSEA ou à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Le guide de bonne pratique est toujours disponible.

 

FRSEA

L’emploi agricole, dossier stratégique en Grand Est

Vie professionnelle

Publié le 07/01/2020

La Commission nationale emploi de la FNSEA a tenu une série de réunions régionales. Une grande première pour cette structure plus habituée à tenir des rencontres centralisées à Paris. Une volonté pour son président, Jérôme Volle, de se rapprocher du terrain afin de toucher un public plus large. La première avait lieu le 28 novembre, à Nancy.

L’emploi vecteur de développement

La matière est technique, parfois aride, et les responsables qui s’engagent sur ce dossier ne forment pas légion. Ce sont en général des passionnés de ces questions sociales qui en sont devenus des spécialistes et qui ne comptent pas leur temps. Le début d’année 2020 sera électif et le syndicalisme souhaite recruter de nouvelles bonnes volontés pour rajeunir ses instances et remplacer les éventuels départs. Autour du président régional, le marnais Mickaël Jacquemin, une cinquantaine de personnes venues des dix départements du Grand Est ont suivi cette journée, pour laquelle plusieurs représentants du staff « affaires sociales » de la FNSEA avaient fait le déplacement. L’assistance était composée d’élus départementaux, de collaborateurs experts des FDSEA et de partenaires invités.

Jérôme Volle a rappelé que la FNSEA se situe au cœur du dispositif de l’emploi en agriculture « elle représente l’interbranches ». Comme dans tout secteur économique, l’emploi y est un vecteur de développement. « Nous avons besoin de réactivité, d’innovation et d’organisation du temps de travail ». Le responsable national insiste au passage sur « les combats syndicaux » couronnés de succès. « Nous sommes le seul secteur à avoir fait réintroduire le TODE (dispositif Travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi) dans le budget de l’État. Même chose pour l’exonération de la taxe d’apprentissage ».

Leader sur « Agri’Mouv »

En Grand Est, l’emploi agricole est partagé entre les non-salariés, pour les deux tiers, et les salariés pour un tiers des emplois. La région est très diversifiée sur le plan des productions et des organismes de formation. Les services « paies » des FDSEA constituent « la partie visible de l’iceberg », confie Mickaël Jacquemin, répondant à un besoin très pointu des adhérents. Mais les commissions emploi, qu’elles soient départementales ou régionales, sont actives en matière de conventions collectives, de prévoyance ou d’accords santé.

17 500 emplois seront à pourvoir d’ici cinq ans dans la région. La profession est engagée dans une vaste campagne de promotion des métiers intitulée « l’Agriculture recrute ». Celle-ci revêt diverses formes : participation à des foires, fermes ouvertes, promotion auprès des demandeurs d’emploi, voyage en immersion au sein d’exploitations, opération « tous dans nos campagnes »…

Des financements importants sont disponibles, notamment avec le concours de l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa). « N’hésitez pas à être présents partout. Il n’y a pas de petites actions. Organisez des visites d’exploitations pour les jeunes avec leurs parents, communiquez positivement », lance Mickaël Jacquemin. « Nous avons intérêt à mener une politique de recrutement très large, en embrassant tous les métiers dont celui d’agriculteur, complète Jérôme Volle. Notre stratégie doit être attractive ». Le Grand Est est leader sur l’opération « Agri’mouv ». 180 demandeurs d’emploi doivent être formés en 570 heures sur un an, dans le cadre d’un pilotage interprofessionnel. Une nouvelle version du cahier de l’emploi mise à jour sera diffusée par la FRSEA en 2020. Ce document est rédigé par les juristes des FDSEA, en partenariat avec la Commission paritaire régionale pour l’emploi (CPRE).

Fruits et légumes

Stabilité de la production et de la consommation d’ici 2030

Cultures

Publié le 06/01/2020

Une production et une consommation de fruits et légumes qui devraient suivre une tendance globale stable avec toutefois une augmentation prévue pour la production et la consommation de tomates destinées à la transformation, et sur le plan du commerce international, des exportations à la hausse. C’est ce que prévoit la Commission européenne pour le secteur des fruits et légumes dans son rapport sur les « perspectives agricoles de l’UE pour les marchés et les revenus 2019-2030 », présenté le 11 décembre.

D’ici 2030, la production de pommes devrait atteindre 12 millions de tonnes (Mt) en raison d’une superficie décroissante (-0,8 % par an) et d’un rendement en hausse. La production de pêches et de nectarines devrait également se stabiliser autour de 4 Mt (-0,3 % par an), avec toutefois de fortes variations annuelles dues aux conditions climatiques. En raison de prix bas (Espagne, Italie, et Grèce), la baisse de la superficie devrait se maintenir (-3 % par an jusqu’en 2030, comme pour les sept dernières années). En France, où 90 % de la production est vendue sur le marché national et où les prix sont plus élevés, la baisse de la superficie pourrait être plus faible.

Quant à la production d’oranges, elle pourrait se stabiliser à 6,2 Mt d’ici 2030. L’Espagne et l’Italie restant les deux principaux pays producteurs avec 80 % de la production de l’UE. Enfin, la production de tomates fraîches de l’UE devrait rester stable par rapport à la moyenne réduite 2014-2018, à environ 7 Mt, alors que la production de tomates destinées à la transformation (Espagne, Italie, Portugal, et Pologne) dans l’UE devrait augmenter de 0,3 % par an au cours de la période.

Un niveau de consommation stable

D’ici 2030, l’augmentation du nombre de variétés de pommes et l’amélioration de leur qualité devraient entraîner un ralentissement de la baisse de la consommation de pommes (-0,1 % contre -1 % sur la période précédente). La baisse de la consommation de pommes transformées devrait également ralentir (-1 % par an contre -1,3 % sur la dernière décennie). Alors que la consommation par habitant dans l’UE de pêches et nectarines et d’oranges devrait diminuer légèrement de respectivement 0,5 % par an pour s’établir à environ 6 kg/habitant et 1 % par an pour s’établir à 8,8 kg d’oranges transformées et 11,4 kg d’oranges fraîches en 2030. De son côté, la consommation de tomates fraîches par habitant devrait rester stable pour atteindre 14 kg alors que la consommation par habitant de tomates transformées devrait légèrement augmenter pour atteindre 21 kg en 2030 (soit +0,3 % par an en équivalent tomate fraîche).

Hausse des exportations

Au cours de la période 2019-2030, la Commission européenne prévoit une hausse globale des exportations de fruits et légumes. Pour les pommes fraîches, pêches et nectarine, les exportations d’ici 2030 devraient augmenter mais à un rythme plus lent, respectivement 0,7 % par an et 0,4 % par an. Quant aux exportations de tomates fraîches, elles devraient augmenter significativement sur la période considérée soit 3,6 % par an. Tout comme les exportations de jus d’orange (+2 % par an). Par ailleurs, l’UE est fortement dépendante des importations de jus d’orange (concentré et non concentré), soit plus de 80 % des jus consommés dans l’UE. Les importations d’oranges fraîches pourraient augmenter de 2 % par an. Les importations de pommes fraîches devraient rester stables (environ 500 Mt) alors que les importations de tomates fraîches devraient continuer à augmenter à un rythme plus lent (+1 % par an contre +3 % par an au cours de la dernière décennie).

Dénigrement agricole (Agribashing)

Le préfet installe un observatoire départemental

Pratique

Publié le 06/01/2020

La stigmatisation des activités agricoles et d’élevage conduit à une augmentation d’actes d’incivilité, d’intimidation, d’insultes ou de dégradations. Pour assurer un suivi de ces actes, le ministre de l’Agriculture et le ministre de l’Intérieur ont souhaité la création d’observatoires départementaux du dénigrement agricole. Jeudi 19 décembre, Jean-Luc Marx, préfet du Bas-Rhin, a installé l’observatoire départemental du Bas-Rhin. Placé sous son autorité, cet observatoire, auquel s’est associée la procureure de la République de Strasbourg, réunit la direction départementale des territoires, les forces de l’ordre (gendarmerie, police), la chambre d’agriculture et les représentants de la profession agricole (Confédération paysanne, FDSEA et JA). Il a pour objectifs :

- de dresser un état des lieux de la situation

- de coordonner des actions de prévention et d’information

- de proposer des solutions rapides et coordonnées pour lutter contre les actes de dénigrement.

La première analyse de la situation locale, partagée fin décembre, confirme les mises en cause répétées de la profession agricole, en particulier au travers des réseaux sociaux. Bien que les atteintes aux biens et aux personnes restent stables localement, l’ensemble des partenaires restent mobilisés et font preuve de la plus grande vigilance. Dans ce contexte, le groupement de gendarmerie départementale est pleinement mobilisé pour décliner les mesures de la convention nationale de partenariat signée le 13 décembre dernier* et visant à renforcer la sécurité des exploitations agricoles.

L’observatoire se réunira régulièrement pour échanger sur l’évolution de la situation. La prochaine réunion aura lieu au printemps 2020.

 

* Convention signée entre le ministre de l’Intérieur, le directeur de la gendarmerie nationale et les présidents de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et des Jeunes Agriculteurs.

Région Grand Est

Signature du contrat de filière viticulture pour 2019-2021

Vigne

Publié le 06/01/2020

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, aux côtés de Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture et de la viticulture, et de Jackie Helfgott, président de la Commission tourisme, a signé, mardi 17 décembre 2019, à Metz, le contrat de filière viticulture du Grand Est 2019-2021 avec les représentants des interprofessions*. Ce contrat, signé pour trois ans, définit les orientations stratégiques et les priorités d’actions à mener en s’appuyant sur les trois axes suivants :

  • La compétitivité et la durabilité des exploitations viticoles. Il s’agit de préserver le potentiel qualitatif et quantitatif de la récolte et de soutenir le développement économique des exploitations (soutien à l’installation, à la formation, à l’investissement…), de promouvoir les programmes de recherche, d’expérimentation et d’innovation pour répondre aux enjeux de durabilité de la viticulture et enfin, d’accompagner les changements de pratiques dans le cadre de la transition environnementale des vignobles. L’ambition est de tendre vers 0 % d’herbicide à l’horizon 2025. La Région entend faire de la filière viticole un acteur régional incontournable de la bioéconomie.
  • L’export. L’objectif est de promouvoir et développer la présence des vins du Grand Est à l’international : un enjeu fort pour la compétitivité des entreprises et l’attractivité du territoire. La Région peut s’appuyer sur son dispositif Be Export, en vigueur depuis 2018, et qui a déjà permis d’accompagner une trentaine de vignerons et coopératives sur des salons professionnels internationaux ou opérations de « tasting » à l’étranger.
  • L’œnotourisme. Les vignobles du Grand Est présentent, outre des produits de qualité, des patrimoines et des paysages remarquables. Leur mise en tourisme autour d’une offre œnotouristique attractive représente une opportunité majeure pour la promotion et la vente des vins en direct par les viticulteurs. L’intervention régionale portera notamment sur le développement des infrastructures d’accueil dans les exploitations viticoles. Les acteurs de la filière seront associés aux pactes de destination régionaux en vue de promouvoir les vins des vignobles du Grand Est. La Région et ses partenaires porteront également des actions de formations au plus près des besoins.

 

 

Élitest

Des résultats satisfaisants

Élevage

Publié le 02/01/2020

Cette année, la coopérative Élitest organisait son assemblée générale dans les Vosges, l’une de ses zones d’actions avec la Meuse, la Moselle, l’Alsace et la Haute-Marne. Plus d’une centaine de personnes, éleveurs et représentants d’organisations professionnelles agricoles (OPA), se sont retrouvées à Épinal le jeudi 12 décembre dernier.

Baisse des inséminations artificielles premières

L’exercice 2018/2019 se traduit par une baisse de 1,5 % des Inséminations artificielles premières (IAP), avec un total de 228 795 IAP. « Par rapport à la création d’Élitest, il y a 8 ans, l’activité est stable », note Philippe Sibille, directeur d’Élitest. L’évolution de l’activité concernant les vaches laitières et allaitantes est très différente. On note une activité assez stable pour les laitières, avec une baisse mesurée de 1 %, tandis que la situation est plus compliquée pour les vaches allaitantes avec une baisse de 4,9 %. Une statistique assez générale sur l’ensemble de la France. L’évolution de l’activité par zone historique révèle une baisse généralisée par rapport à l’exercice 2017/2018 : - 2,7 % en Meuse, - 0,7 % en Moselle, - 0,9 % en Alsace, et - 1,8 % dans les Vosges et la Haute-Marne.

Pour cet exercice, Élitest compte 4 077 adhérents contre 4 437 en 2017-2018. À la création de la coopérative, en 2010, ils étaient 5 428. Cela représente donc un quart d’adhérents en moins en 8 ans, « mais fort heureusement, dans le même temps, le nombre d’IAP par adhérent a augmenté de 33 % ». En moyenne, le gain d’IAP par éleveur s’élève quasiment à 2 IAP par an. « C’est énorme, cela illustre très clairement la restructuration des élevages, et notamment des élevages laitiers dans l’Est », analyse Philippe Sibille. Concernant les élevages à plus de 100 IAP, la coopérative passe de 339 élevages en 2010-2011 à 670 pour cet exercice, soit quasiment le double.

Concernant l’évolution des IAP par race de femelles laitières, la baisse est généralisée en prim’holstein, montbéliarde, simmental et vosgienne (entre - 1,5 et - 3 %). Quelques races émergent cependant avec une activité en forte progression : c’est le cas de la brune (+ 3,9 %) ou encore de la jersiaise (+ 49 %) mais avec des volumes plus faibles. En race de femelles allaitantes, on retrouve cette baisse relativement forte avec - 4,5 % en moyenne. À noter, une baisse de - 8,9 % pour la blonde et une moyenne de - 5 % pour la charolaise, la limousine et la salers.

Génotypages et doses sexées

L’analyse de l’évolution des génotypages montre une augmentation de 32 % pour la prim’holstein, 6,9 % pour la montbéliarde, mais une baisse de 40,7 % pour la charolaise et de 6,3 % pour la brune. La coopérative a profité de cette présentation pour rappeler que, dorénavant, les résultats de génotypages sont consultables en ligne sur EstElevage.

L’activité « doses sexées » représente 29 215 doses pour 2018-2019, un chiffre stable d’une année à l’autre. Dans le détail, l’activité représente 97,6 % de doses femelles, 83 % en IAP, 76 % sur génisses, 32 % des génisses laitières, 8,6 % des IA totales laitières, et 1,5 % des IA totales allaitantes.

En 2018-2019, 115 146 échographies ont été réalisées, ce qui est stable d’un exercice à l’autre, ainsi que 31 458 palpers (- 8 %). Pour le suivi reproduction, 26 499 femelles ont été suivies durant cette campagne.

Des résultats à contextualiser

Damien Tiha, président d’Élitest, a souligné que l’exercice se termine « certes avec une baisse d’activité mais avec un résultat d’exploitation honorable dans le contexte actuel de notre métier, de la génétique et de la reproduction. Au niveau national, Élitest se situe dans le tiers supérieur des coopératives qui perdent le moins d’activité ».

« C’est sur l’activité allaitante que nous perdons le plus. Le croisement lié aux doses sexées poursuit son ascension ce qui nous contraint à redimensionner nos schémas de sélection laitiers et de redévelopper ceux dédiés aux croisements. C’est dans ce cadre que notre partenaire Évolution et Urus, leader mondial de la création génétique, ont signé le 10 mai un accord-cadre pour une coopération génétique internationale », explique le président. Ce partenariat devrait permettre de renforcer l’accès croisé à une ressource génétique de haut niveau, à la sécurisation sanitaire de la production en semences par une exploitation de quelques taureaux en Amérique du Nord, et le développement commercial des produits des deux partenaires.

Dans un contexte morose, le président juge les résultats de la coopérative satisfaisants. « La station de donneuses d’embryons d’Épinal est arrivée à pleine maturité avec d’excellents résultats qui font aujourd’hui référence. Le développement rapide des nouveaux services tels que le suivi reproduction, la synchro, les solutions de monitoring, nous permettent, sans augmentation de tarif, de dégager un résultat d’exploitation satisfaisant que nous avons décidé de ristourner en totalité à nos adhérents pour la cinquième année consécutive sous forme de mises en place gratuites ». Ce qui représente un total de près de 2 millions d’euros sur cinq ans ristournés aux adhérents.

Un monde qui bouge

« Notre environnement change, le monde bouge, les attentes sociétales évoluent, et nous sommes contraints de nous adapter. Le regard sur l’animal évolue dans notre société, certaines associations extrémistes nous traitent de violeurs. Il existe une liste noire des différentes OPA qui soutiennent, je cite, des « génocides ». Élitest y est cité », dénonce le président. « Notre fédération nationale, Allice, essaye d’anticiper les choses notamment concernant l’image de notre domaine d’activité. Une commission d’éthique a été mise en place composée de personnes venant d’horizons différents. Le but étant d’apporter une caution morale à notre activité. Ce qui est préoccupant, c’est que la matière grise essentielle dont nous avons besoin dans notre développement risque de se désintéresser de notre profession et d’être attirée par d’autres catégories socioprofessionnelles ».

Et pour continuer sur ce sujet, Damien Tiha a laissé la parole à Stéphane Devillers, responsable du service juridique d’Allice, qui a présenté un brillant exposé sur « la cause animale : le défi social ». Un sujet jugé « passionnel » par l’expert, autour d’une actualité qui ne se relâche pas, au grand dam des éleveurs.

Édito

Retrouver la confiance

Vie professionnelle

Publié le 02/01/2020

2019 restera dans les mémoires comme une année compliquée pour les agriculteurs alsaciens. Compliquée sur un plan climatique avec une sécheresse estivale intense, compliquée aussi avec des prix en berne pour de nombreuses productions.

Le climat social est tendu dans notre pays avec des contestations virulentes autour de la réforme des retraites pourtant censée garantir plus de solidarité et plus d’équité. Les retraités agricoles, tout en bas de l’échelle, attendent depuis longtemps un rééquilibrage de leurs pensions, indignes, après toute une vie de labeur dans un pays développé comme la France ! Alors oui, il faut une réforme et vite, pour corriger cette anomalie.

Force est de constater que les agriculteurs sont parfois gagnés par un sentiment d’abandon, voire de déclassement. Aux difficultés économiques et climatiques s’additionnent des critiques souvent injustifiées de leurs pratiques, de leur façon de produire, de leur mode d’élevage. Les agriculteurs vivent difficilement cette remise en cause systématique de leur métier alors qu’ils soignent et nourrissent leurs animaux avec passion et qu’ils cultivent leurs champs avec précaution. Le monde entier reconnaît d’ailleurs la qualité de notre agriculture. Insidieusement, cet « agribashing » ambiant mine le moral de nombreux agriculteurs.

Oui au dialogue !

Sous la pression d’une opinion publique de plus en plus éloignée du quotidien des agriculteurs, le Gouvernement n’hésite pas à légiférer sur la question des phytosanitaires, en faisant peu de cas des impasses techniques et des surcoûts engendrés par ses décisions. Les ZNT que le Gouvernement veut imposer illustrent le décalage entre une partie de la population et la réalité vécue par les agriculteurs. Face à cette surenchère réglementaire, nous en appelons au bon sens et au dialogue ! Nous travaillons à l’élaboration de chartes « pour mieux vivre ensemble » avec des engagements réciproques, des mesures pragmatiques et adaptées au contexte local. Sur ce sujet, nous appelons de nos vœux un dialogue apaisé avec l’administration, les élus, les habitants…

Lorsqu’on parle d’agriculture dans les médias ou sur les réseaux sociaux, on oublie trop souvent qu’il s’agit en premier lieu d’une activité économique qui doit être rentable pour permettre une juste rémunération des producteurs. Les États généraux de l’alimentation (Egalim) devaient redonner davantage de rémunérations à nos productions agricoles au sein des filières, un meilleur partage de la valeur ajoutée. Mais rien n’a véritablement encore changé dans les pratiques de la distribution au moment des négociations commerciales.

Priorité au revenu

Et pendant ce temps, l’Union européenne et la France continuent de négocier des accords de libre-échange en ouvrant les portes aux produits d’importation qui ne respectent aucune de nos normes et nos standards européens. Après l’épilogue du Brexit, il faudra que l’Europe trouve un nouveau cap, un nouveau souffle. L’Union européenne ne peut pas être uniquement un grand marché convoité par la planète entière et régie par l’ultra libéralisme. L’agriculture doit cesser d’être en permanence une monnaie d’échange pour exporter des Airbus, des voitures et autres produits de luxe.

Maintenant que les nouveaux députés européens sont installés et la Commission désignée, le temps de l’action est venu. Il faudra nous mobiliser au niveau de l’Europe pour prendre les bonnes décisions sur la nouvelle Pac 2020. Le projet qui est aujourd’hui sur la table doit être amélioré ! Il faut maintenir un budget ambitieux et renforcer les outils de gestion du marché en cas de crise. Il n’est pas normal que tous les grands pays développés, États-Unis en tête, protègent leurs agriculteurs contre les aléas du marché, alors qu’en Europe, on laisse libre cours à l’ultralibéralisme économique. La préférence communautaire n’est pas un gros mot ! Nous devons rester vigilants pour que la question du revenu des agriculteurs reste bien au cœur de la future politique et éviter les tentations aujourd’hui très fortes de renationalisation de la Pac. L’économie de nos territoires ruraux en dépend.

Nous avons besoin de plus d’Europe, de plus de protection, de plus de considération et, surtout, de moins de technocratie !

Face à l’urgence climatique, l’agriculture n’est pas un problème mais constitue une vraie solution pour l’avenir avec le stockage du carbone ou encore la production d’énergies renouvelables. Nous avons là une belle carte à jouer ! Il sera en revanche nécessaire à l’avenir de se prémunir davantage contre les aléas climatiques. L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée, avec une politique fiscale adaptée. L’irrigation constitue une réponse pertinente, pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau, y compris avec du stockage en l’absence de ressources disponibles. Après plusieurs années compliquées, il faut que l’agriculture puisse retrouver des perspectives économiques plus favorables sur le moyen et le long terme pour assurer le renouvellement des générations et l’installation des jeunes.

Des atouts et des perspectives

Nous faisons collectivement des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phyto. La Chambre d’agriculture s’emploie au quotidien à accompagner ces transitions, avec le concours de toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire. Ces dernières sont bien conscientes que nous devons travailler de concert, pour préserver nos sols, préserver la qualité de l’eau et notre environnement en général. Nous travaillons au quotidien pour mettre au point des techniques alternatives, pour développer l’agriculture biologique, mais toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation et des moyens d’accompagnement. Nous fondons beaucoup d’espoirs dans la recherche, l’innovation, le numérique pour trouver des solutions, pour éviter les impasses techniques ou économiques.

L’agriculture alsacienne dispose de solides atouts avec des filières diversifiées et un vaste bassin de consommateurs. Nous devons défendre toutes ces filières et en particulier celles qui connaissent une conjoncture difficile comme la betterave ou la viande. Le maintien de nos outils de transformation, de valorisation ou d’abattage est indispensable pour pérenniser toutes les productions et préserver l’avenir. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio ou le conventionnel.

Une feuille de route pour la mandature

Vous l’aurez compris, les défis pour l’agriculture alsacienne sont de taille et nous avons du pain sur la planche. Avec les nouveaux élus de la Chambre d’agriculture, nous avons défini notre projet stratégique pour les six prochaines années. Ce projet s’inscrit dans le cadre des travaux en cours au niveau national à l’APCA et régional avec le réseau des Chambres du Grand Est. Il constitue la feuille de route pour nos équipes d’élus et de collaborateurs en faveur d’une agriculture dynamique et responsable qui permet d’assurer un revenu décent pour les agriculteurs, les viticulteurs et les éleveurs alsaciens. Il s’articule autour de quatre axes :

  • Améliorer la performance des entreprises agricoles alsaciennes ;
  • Préserver les ressources, accompagner les transitions énergétiques et climatiques, valoriser les territoires ;
  • Renforcer la proximité de la Chambre d’agriculture avec les agriculteurs et les territoires ;
  • Redonner fierté et confiance aux agriculteurs avec une communication positive sur le métier et ses réalités.

Ce projet s’inscrit dans la complémentarité et le dialogue avec nos partenaires des organisations professionnelles et économiques. Il vise aussi à construire des relations de confiance avec les collectivités locales, les intercommunalités, avec la future collectivité européenne d’Alsace, la Région Grand Est, ainsi que les pouvoirs publics.

Nous pouvons légitimement être fiers d’avoir construit une Chambre d’agriculture qui a su s’organiser au niveau de l’Alsace dès 2013, se remettre en cause et s’adapter aux évolutions institutionnelles. Plus que jamais, elle a l’ambition d’accompagner tous les agriculteurs dans tous les territoires et pour tous leurs projets.

Nous vous souhaitons une excellente année 2020 avec beaucoup de satisfactions professionnelles et personnelles. Que cette nouvelle année, soit pour vous et vos proches, source de joie, de bonheur, de santé et de réussite.

 

A lire : Des repères à construire, sur le site de L'Est agricole et viticole et sur celui du Paysan du Haut-Rhin.

Nécrologie

Décès de Claude Cochonneau, président des chambres d’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 23/12/2019

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) fait part, dans un communiqué, du « décès accidentel » de son président Claude Cochonneau, 62 ans, survenu dimanche 22 décembre. Agriculteur dans la Sarthe, il était président de la chambre d’agriculture des Pays de Loire depuis 1995, élu président de l’APCA depuis 2016 et réélu le 20 mars 2019. Il fut également vice-président de la FNSEA entre 2002 et 2014, et maire de la commune de Marçon entre 2001 et 2014. L’APCA « salue l’homme d’engagement, l’agriculteur, le politique qui a œuvré toute sa vie à la défense et aux intérêts des agriculteurs ainsi qu’à la promotion de l’agriculture française ». Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume rend hommage à « un interlocuteur de confiance, un homme de dialogue, de compromis, de construction ».

Schéma d’aménagement & de gestion des eaux

Du champ de maïs aux marais

Vie professionnelle

Publié le 19/12/2019

L’île est méconnaissable. Imaginez. Jusqu’en 2014, cent hectares de maïs couvraient presque toute l’île du Rhin, au sud de Mulhouse. En 2013, EDF doit présenter des mesures environnementales compensatoires suite à son annonce d’une nouvelle centrale hydroélectrique à l’extrémité sud de l’îlot. L’entreprise propose de remettre à l’état naturel l’îlot. Mardi 17 décembre 2019, cinq mois après la fin des travaux, elle a reçu le label Sage, du Schéma d’aménagement & de gestion des eaux. Une récompense pour le travail jugé exemplaire de l’électricien.

 

 

Car le chantier est allé très loin dans la démarche écologique. « Ils ne se sont pas contentés de planter des arbres par-ci, par-là », commente, impressionné, un participant à la cérémonie de remise des prix. En effet, le projet inclut la remise en eaux d’un ancien bras du Rhin et la réhumidification des terres. « On a voulu créer une mosaïque de milieux », témoigne Alain Garnier, ingénieur à la direction concessions chez EDF. Pendant six mois, les pelleteuses ont terrassé, remodelé l’espace, créé des mares, creusé le lit du cours d’eau selon son tracé historique… Un chantier pharaonique. « On a déplacé 400 000 mde terre et planté 175 000 plants », égrène David Morand, du Centre d’ingénierie hydraulique d’EDF. Une opération à plus de 5 millions d’euros cofinancée par l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

Des oiseaux, des poissons et des chevaux

Le résultat ? Une zone humide qui s’intègre à la réserve naturelle de la petite Camargue alsacienne. L’ancienne partie agricole est désormais occupée par des marais et des prairies. La forêt du nord de l’île, elle, bénéficie de la remise en eau du bras du Rhin. Il a permis de réhumidifier le bois. L’impact sur la faune ne s’est pas fait attendre. Les poissons se sont approprié le cours d’eau. « Ils peuvent remonter jusqu’en Suisse grâce à la connexion piscicole réalisée entre le Rhin et la rivière reconstituée remise en eaux », se réjouit Alain Garnier. Les oiseaux reviennent aussi. Le nombre de volatiles recensés dans le périmètre de l’ancien champ est ainsi passé de 250 en 2016 à 350 fin 2019.

L’aménagement profite aussi aux visiteurs. L’association Petite Camargue alsacienne, gestionnaire de la réserve naturelle, a ainsi construit un circuit découverte de 12 km jalonné de quatre observatoires et d’une dizaine de panneaux explicatifs. Les bénévoles ont aussi introduit cinq chevaux Koniks et sept vaches Highland en écopâturage. « Il faudrait que ce projet soit contagieux », applaudît Philippe Kniebiely, de la Petite Camargue alsacienne.

Seule ombre à ce tableau idyllique, le projet a nécessité d’expulser un agriculteur. Le sujet embarrasse Alain Garnier, d’EDF. L’entreprise a dû verser d’importantes compensations financières à l’ancien exploitant des lieux. « En gros on a racheté le terrain qui nous appartenait », grince l’ingénieur. À défaut de maïs, l’Île du Rhin vaut bien son pesant d’or.

 

Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage)

Des repères à construire

Vie professionnelle

Publié le 07/12/2019

Formée depuis le mois de mars, la Chambre régionale d’agriculture (Crage) a achevé de digérer la fusion des anciennes structures qui la composent, et veut désormais renforcer ses liens avec les dix départements du Grand Est. C’était le sujet central de la session du 20 novembre organisée à Châlons-en-Champagne, sous la houlette du professeur Yves Le Roux, professeur à l’Ensaia : « Organiser un réseau au service des transitions agricoles en Grand Est ».

L’enseignant, qui rappelle que ces transitions ne constituent pas « un simple ajustement », souligne que le processus commence par des niches. Les innovations se généralisent ensuite en s’intégrant dans les normes qui assurent la stabilité du système. Cinq thématiques de transition concernent le monde agricole au premier plan : changement climatique (carbone, méthane…), intégrité de la biosphère (biodiversité), modification des écosystèmes terrestres (déforestation), utilisation de l’eau douce (produits phytosanitaires) et flux biogéochimiques (azote, phosphore). Le Lorrain estime que le carbone se trouvera au cœur des stratégies futures, en particulier dans un objectif de bioéconomie circulaire.

Laurent Rouyer, président de la Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle, estime que « l’agriculture a toute sa place dans la transition écologique. Le challenge à relever consiste à éviter la compétition entre les productions, qu’elles soient animales ou végétales ». Attention, toutefois, à « limiter les effets d’aubaine » pour des activités telles que la méthanisation.

Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre d’agriculture de la Meuse, juge qu’il faut imaginer des « possibilités de stockage, après avoir déjà travaillé à une bonne utilisation de l’eau », et ce du fait de la recrudescence des périodes d’excès et de pénurie d’eau. Cela pourrait concerner des productions telles que le maraîchage, mais aussi de nouvelles cultures spécialisées.

Conforter un « rôle historique »

Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, défend la cause des filières en difficulté : « il faut les accompagner, et faire en sorte de les préserver pour les années à venir ». « Toutes essaient de se démarquer », note l’éleveur alsacien. HVE, bio, non-OGM… Pour le déploiement des démarches, il ne compte pas sur le secteur privé : « c’est le rôle historique des Chambres consulaires. Dès qu’il y a transition, il faut être en capacité d’accompagner les agriculteurs ».

Sébastien Loriette, agriculteur dans les Ardennes, rappelle le rôle de la proximité, intermédiaire entre les Amap et les filières longues. « Les Chambres d’agriculture ont leur rôle à jouer dans l’organisation de cette transition : jusqu’à présent, dans la diversification, il n’y avait pas de transformation. Certains créent de nouvelles marques : est-ce que cela parle au consommateur ? Il y a déjà pas mal de labels : concentrons-nous là-dessus », juge l’ancien président de la Chambre ardennaise.

Le président de la Chambre d'agriculture de l’Aube, Alain Boulard, veut développer la proximité avec le terrain : « L’objectif des Chambres est de développer de la prestation qui réponde aux attentes des agriculteurs ». Pour ce faire, « nous avons 850 personnes à notre disposition dans le réseau, il faut arriver à être beaucoup plus efficient ». Cela passera par des notions de travail de groupe, avec la création d’un référentiel et son déploiement. Ce que l’Aubois préconise, c’est de tendre vers le conseil individuel . « C’est aussi pour ça qu’il faut une évolution de la Crage, avec des directeurs référents sur certains marchés. »

Bertrand Chevalier et Maximin Charpentier s’accordent sur la nécessaire mutation des Chambres d’agriculture, après neuf mois de travail « fondamental ». Le président de la Crage évoque « un chantier colossal » pour le réseau régional. Le travail de mutualisation doit permettre de « massifier des moyens » afin de parvenir à réaliser des économies d’échelle, et au bout du compte, « être plus près des gens et de leurs problématiques ».

 

 

Article écrit par Guillaume Perrin de La Marne agricole

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