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Rédaction EAV

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Palmarès

49e Grand Concours des Vins d'Alsace de Colmar

Vigne

Publié le 06/08/2020

Les vins en compétition cette année provenaient exclusivement des millésimes 2019 et 2018 pour l'AOC Alsace, et des millésimes 2018, 2017 et 2016 pour l'AOC Crémant d'Alsace. Conformément au règlement, ce concours n'est pas ouvert aux AOC Alsace Grands crus, ni aux mentions « Vendanges Tardives » et « Sélection de Grains nobles ».

Sur près de 955 échantillons présentés, 16,9 % ont obtenu une médaille d’or et 14,4 % une médaille d’argent, contre respectivement 17,5 % et 13,4 %, l'an passé.

Ces médailles ont été décernées par quelques 200 dégustateurs professionnels réunis à cette occasion.

Voici le palmarès :

Sylvaner 2019 Médaille d'Or

Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Dock Christian (Heiligenstein)
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Frey - Sohler (Scherwiller)
Kirmann (Rosheim)
Krick Hubert (Wintzenheim)
Moltès Antoine et Fils - Domaine (Pfaffenheim)
Wolfberger (Eguisheim)

Sylvaner 2019 Médaille d'Argent

Bestheim (Bennwihr)
Beyer Patrick et Mathieu (Epfig)
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Martischang Henri (Pfaffenheim)

Chasselas 2019 Médaille d'Or

Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)

Chasselas 2019 Médaille d'Argent

Karcher Robert et Fils - Domaine (Colmar)

Pinot Blanc 2019 Médaille d'Or

Bestheim (Bennwihr)
Cave de Traenheim
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Famille Hauller - Cave du Tonnelier (Dambach-la-Ville)
Gruss Joseph et Fils (Eguisheim)
Hartweg (Beblenheim)
Karcher Robert et Fils - Domaine (Colmar)
Muller Gilbert (Voegtlinshoffen)
Sparr Pierre Successeurs (Beblenheim)
Stoffel Antoine (Eguisheim)
Ziegler Fernand et Fils (Hunawihr)

Pinot Blanc 2019 Médaille d'Argent

Bestheim (Bennwihr)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Caves Vinicoles Au Château (Beblenheim)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Haegi Daniel (Mittelbergheim)
Huber et Bléger (Saint-Hippolyte)

Pinot Blanc 2018 Médaille d'Or

Ecklé Jean-Paul et Fils (Katzenthal)

Pinot Blanc 2018 Médaille d'Argent

Martischang Henri (Pfaffenheim)

Riesling 2019 Médaille d'Or

Adam J-B (Ammerschwihr)
Amberg Yves - Domaine (Epfig)
Becker J. (Zellenberg)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Domaine Viticole de la Ville de Colmar
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Gruss Joseph et Fils (Eguisheim)
Martischang Henri (Pfaffenheim)
Moltès Antoine et Fils - Domaine (Pfaffenheim)
Muller Gilbert (Voegtlinshoffen)
Waegell - Domaine (Nothalten)
Wassler Jean-Paul Fils (Blienschwiller)
Wolfberger (Eguisheim)

Riesling 2019 Médaille d'Argent

Arthur Metz (Marlenheim)
Becht Bernard (Dorlisheim)
Bestheim (Bennwihr)
Cave de Traenheim
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Domaine Viticole de la Ville de Colmar
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Haag Robert et Fils (Scherwiller)
Haegi Daniel (Mittelbergheim)
Martischang Henri (Pfaffenheim)
Ruhlmann - Schutz (Dambach-la-Ville)
Simonis Jean-Paul et Fils (Ammerschwihr)
Straub Joseph Fils - Domaine de la Tour (Blienschwiller)
Wolfberger (Eguisheim)

Riesling 2018 Médaille d'Or

Bestheim (Bennwihr)
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Haag Robert et Fils (Scherwiller)
Hartweg (Beblenheim)

Riesling 2018 Médaille d'Argent

Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Gilg Armand et Fils (Mittelbergheim)
Metz Gérard et Successeurs (Itterswiller)
Scherb Bernard (Gueberschwihr)
Straub Joseph Fils - Domaine de la Tour (Blienschwiller)

Muscat 2019 Médaille d'Or

Adam J-B (Ammerschwihr)
Baumann - Zirgel (Mittelwihr)
Bestheim (Bennwihr)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Caves Vinicoles Au Château (Beblenheim)
Gilg Armand et Fils (Mittelbergheim)
Gruss Joseph et Fils (Eguisheim)
Scherb Bernard (Gueberschwihr)
Schneider Paul (Eguisheim)

Muscat 2019 Médaille d'Argent

Domaine Viticole de la Ville de Colmar
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Famille Hauller - Cave du Tonnelier (Dambach-la-Ville)
Koch René et Michel (Nothalten)

Muscat 2018 Médaille d'Argent

Martischang Henri (Pfaffenheim)

Pinot Gris 2019 Médaille d'Or

Becker J. (Zellenberg)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Huber et Bléger (Saint-Hippolyte)
Martischang Henri (Pfaffenheim)
Meyer Hubert (Blienschwiller)
Scheidecker et Fils (Mittelwihr)
Schneider Paul (Eguisheim)
Wolfberger (Eguisheim)
Ziegler Albert (Orschwihr)

Pinot Gris 2019 Médaille d'Argent

Baumann - Zirgel (Mittelwihr)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Krick Hubert (Wintzenheim)
Ruff Daniel (Heiligenstein)
Scheidecker et Fils (Mittelwihr)
Schoepfer - Muller (Wettolsheim)
Simon - Les Coteaux du Vignoble (Saint-Hippolyte)
Wolfberger (Eguisheim)

Pinot Gris 2018 Médaille d'Or

Baur A. L. (Voegtlinshoffen)
Cave de Turckheim
Caves Vinicoles Au Château (Beblenheim)
Gilg Armand et Fils (Mittelbergheim)
Simon - Les Coteaux du Vignoble (Saint-Hippolyte)

Pinot Gris 2018 Médaille d'Argent

Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Hartweg (Beblenheim)
Ziegler Albert (Orschwihr)

Gewurztraminer 2019 Médaille d'Or

Arthur Metz (Marlenheim)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Domaine Viticole de la Ville de Colmar
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Ginglinger - Fix (Voegtlinshoffen)
Wolfberger (Eguisheim)

Gewurztraminer 2019 Médaille d'Argent

Adam J-B (Ammerschwihr)
Arthur Metz (Marlenheim)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Ostertag - Hurlimann (Epfig)
Wolfberger (Eguisheim)

Gewurztraminer 2018 Médaille d'Or

Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Wolfberger (Eguisheim)

Gewurztraminer 2018 Médaille d'Argent

Bestheim (Bennwihr)
Wantz Charles (Barr)
Wolfberger (Eguisheim)

Klevener de Heiligenstein 2019 Médaille d'Or

Ruff Daniel (Heiligenstein)

Pinot Noir 2019 Médaille d'Or

Amberg Yves - Domaine (Epfig)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Flesch François et Fils (Pfaffenheim)
Fritz - Schmitt (Ottrott)
Haegi Daniel (Mittelbergheim)
Hartweg (Beblenheim)
Huber et Bléger (Saint-Hippolyte)
Kobloth - Domaine (Nothalten)
Krick Hubert (Wintzenheim)
Moltès Antoine et Fils - Domaine (Pfaffenheim)
Schaffhauser Jean-Paul (Wettolsheim)
Sparr Pierre Successeurs (Beblenheim)
Wassler Jean-Paul Fils (Blienschwiller)

Pinot Noir 2019 Médaille d'Argent

Arthur Metz (Marlenheim)
Bilger (Bernardswiller)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole Jean Geiler (Ingersheim)
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Caves Vinicoles Au Château (Beblenheim)
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Fritz - Schmitt (Ottrott)
Gilg Armand et Fils (Mittelbergheim)
Gruss Joseph et Fils (Eguisheim)
Haag Robert et Fils (Scherwiller)
Iltis Jacques et Fils (Saint-Hippolyte)
Rentz Edmond (Zellenberg)
Ruhlmann - Schutz (Dambach-la-Ville)
Schneider Paul (Eguisheim)
Simon - Les Coteaux du Vignoble (Saint-Hippolyte)
Waegell - Domaine (Nothalten)
Wunsch et Mann (Wettolsheim)

Pinot Noir 2018 Médaille d'Or

Baur A. L. (Voegtlinshoffen)
Becht Bernard (Dorlisheim)
Becht Pierre et Frédéric (Dorlisheim)
Cave de Traenheim
Froehlich Fernand et Fils (Ostheim)
Hartweg (Beblenheim)
Iltis Jacques et Fils (Saint-Hippolyte)
Meyer et Fils (Blienschwiller)

Pinot Noir 2018 Médaille d'Argent

Becht Pierre et Frédéric (Dorlisheim)
Cave Vinicole d'Orschwiller-Kintzheim
EcklÈ Jean Paul et Fils (Katzenthal)
Fritsch GÈrard Fils Domaine (Sigolsheim)
Gruss Joseph et Fils (Eguisheim)
Straub Joseph Fils - Domaine de la Tour (Blienschwiller)
Ziegler Fernand et Fils (Hunawihr)

Crémant d'Alsace Médaille d'Or

Arthur Metz (Marlenheim)
Baur A. L. (Voegtlinshoffen)
Becker J. (Zellenberg)
Bestheim (Bennwihr)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Cave Vinicole Pfaffenheim-Gueberschwihr
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Ehrhart S.A. (Ammerschwihr)
Faller Léon - Domaine (Itterswiller)
Froehlich Fernand et Fils (Ostheim)
Gilg Armand et Fils (Mittelbergheim)
Haegi Daniel (Mittelbergheim)
Meyer Denis et Filles (Voegtlinshoffen)
Moellinger Joseph et Fils (Wettolsheim)
Ruff Daniel (Heiligenstein)
Ruhlmann - Schutz (Dambach-la-Ville)
Simonis Jean-Paul et Fils (Ammerschwihr)
Wach Jean et Fils (Andlau)
Wolfberger (Eguisheim)
Ziegler Albert (Orschwihr)

Crémant d'Alsace Médaille d'Argent

Adam J-B (Ammerschwihr)
Arthur Metz (Marlenheim)
Baumann - Zirgel (Mittelwihr)
Becht Pierre et Frédéric (Dorlisheim)
Bestheim (Bennwihr)
Cattin Frères (Voegtlinshoffen)
Cave de Traenheim
Cave de Turckheim
Cave Vinicole Cleebourg Alsace
Caves Vinicoles Au Château (Beblenheim)
Dopff Au Moulin (Riquewihr)
Frey - Sohler (Scherwiller)
Haegi Daniel (Mittelbergheim)
Martischang Henri (Pfaffenheim)
Moellinger Joseph et Fils (Wettolsheim)
Muller Gilbert (Voegtlinshoffen)
Schneider Paul (Eguisheim)

Blé tendre

La moisson alsacienne s’annonce moyenne

Cultures

Publié le 18/06/2020

Mi-mai, les blés se présentaient particulièrement en avance en Alsace, en lien avec les températures estivales du printemps. Cette avance s’est maintenue, mais elle a un peu été freinée ces dix derniers jours par le retour de températures plus fraîches. « De deux semaines d’avance, nous sommes passés à une semaine d’avance », résume Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal. Les orges, qui auraient pu être récoltées dès cette semaine, le seront sans doute à partir de la prochaine. La récolte du blé devrait débuter au cours de la première semaine de juillet.

En outre, le manque de précipitations laissait présager des rendements en berne, du fait d’une moins bonne alimentation en éléments nutritifs, notamment en azote. Effectivement, « le nombre d’épis est faible, confirme Didier Lasserre. Par contre, la fertilité a été correcte, donc il y a pas mal de grains ». La dernière composante de rendement, le remplissage, qui dicte le Poids de mille grains (PMG), pouvait donc encore permettre de rattraper la situation. Et c’est ce qui s’est partiellement passé : « Nous avons bénéficié d’un climat britannique durant la phase de remplissage, avec des températures fraîches, des précipitations assez régulières, et ça va peut-être permettre de sauver les meubles ». En outre, certaines situations devraient mieux s’en sortir que d’autres, comme les semis tardifs, ou les situations irriguées, où les rendements devraient même être « très bons », mais cela ne concerne que 10 % de la sole de blé en Alsace. Globalement, la collecte de blé 2020 ne sera donc ni catastrophique, ni pléthorique, mais tout juste moyenne, estime Didier Lasserre.

 

 

La situation sanitaire des blés est restée bonne jusqu’au bout, ce qui s’explique aussi par les conditions climatiques printanières particulières, peu propices au développement des maladies cryptogamiques : « La septoriose n’est pas montée dans les étages foliaires. Il y a un peu de rouille, par ci, par là, mais cela reste très ponctuel. Et on n’observe pas de symptômes de fusariose dans les champs. S’il a plu, ce n’est jamais très longtemps, et ce n’est pas ça qui est favorable au développement des maladies cryptogamiques, ce sont les longues périodes d’humidité permanente », précise Didier Lasserre.

Ministère de l’agriculture

La demande de distillation de crise est ouverte jusqu’au 19 juin

Vigne

Publié le 12/06/2020

Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 19 juin auprès d’un distillateur certifié, pour une expédition des lots au plus tard le 15 septembre. Il ne pourra y avoir qu’une seule demande d’aide par opérateur. Les vignerons peuvent livrer des lots de 10 hl ou plus, le TAV (titre alcoométrique) doit être de 10,5 % vol minimum. Dans le bassin Alsace, seuls des vins d’AOP peuvent être livrés. Les aides sont de 78 €/hl versés au producteur pour les vins en AOP. Les paiements seront réalisés par le distillateur au plus tard le 30 novembre. Seules les distilleries SARL LRV, Jean Goyard et Romann SAS sont à ce jour certifiées par FranceAgriMer pour la région Grand Est.

 

 

Quelques conditions doivent néanmoins être respectées. Il faut que le producteur souscrive un engagement unique auprès d’un distillateur certifié et ce, jusqu’au 19 juin 2020, d’au moins 10 hl, pour chacune des catégories. L’engagement signé doit ensuite être adressé par le distillateur à FranceAgriMer accompagné d’une liste récapitulative, au plus tard le 22 juin. Les vins sont ensuite livrés à la distillation, sans préjudice de l’éligibilité des souscripteurs, ni d’une éventuelle réfaction des volumes des engagements souscrits. À l’issue de cela, FranceAgriMer notifiera les volumes admis. Les vins doivent être livrés à la distillation avant le 4 septembre 2020. Les vins doivent être distillés avant le 12 septembre 2020. Les quantités de vin correspondant à des quantités d’alcool doivent être expédiées avant le 15 septembre 2020. Les demandes d’aide et de paiement doivent être présentées avant le 18 septembre 2020.

Nécrologie

Philippe Bon, observateur avisé de la filière des vins d’Alsace s’en est allé

Vigne

Publié le 20/05/2020

Fondateur du blog Œnophil, chroniques œnophiles d’Alsace, Philippe Bon était un observateur avisé de la filière des vins d’Alsace. Il y a une dizaine d’années, il s’impliquait dans l’organisation de dégustations informelles entre vignerons, pour les aider à comprendre les goûts et les styles du vin d’Alsace. Puis, en parallèle, il s’était consacré à de multiples sujets historiques sur les vins d’Alsace. Fréquentant les archives de l’administration, de l’université, de nos journaux viticoles et rassemblant un nombre impressionnant d’ouvrages historiques, il a rédigé des chapitres consacrés pêle-mêle aux grands crus d’Alsace, aux crémants d’Alsace, au syndicalisme viticole, à Andlau, au vignoble sous le Reichsland, etc. Il travaillait avec une rigueur dans la précision, en se fondant sur les faits, les chiffres et en interrogeant les historiens. Il déplorait souvent les histoires romancées sur les vins d’Alsace. Il expliquait, par exemple, que leur renommée au Moyen-Âge était autant, sinon plus, liée à un commerce fluvial florissant dans un contexte géopolitique favorable. L’un de ses derniers travaux portait sur l’histoire des rendements du vignoble alsacien. Il travaillait également à la traduction de l’ouvrage de Médard Barth (1886-1976) « Der Rebbau des Elsass. »

Aussi discret que rigoureux et passionné, Philippe Bon n’a jamais publié. Mais certains de ses travaux, partagés sur Internet, ont été presque intégralement repris, comme l’histoire des crémants d’Alsace. Il avait ainsi été sollicité par le syndicat viticole de Molsheim pour donner une conférence lors de la foire aux vins du 1er mai.

Sportif, mélomane, cinéphile, Philippe Bon avait été, par ailleurs, directeur de Solibio, une coopérative de distribution, commerce en gros de produits bios frais, installée sur le Marché-Gare à Strasbourg. Principal instigateur du développement de cette coopérative, avec son équipe, Philippe Bon avait hissé Solibio au rang de principale interface entre les producteurs bios d’Alsace et les cantines scolaires du Conseil départemental, via des centrales de restauration. À son départ pour une retraite méritée, il a légué une situation saine mais devant toujours faire face à des opérateurs très concurrentiels sur ce marché du bio frais.

Phillipe Bon a été foudroyé par une crise cardiaque. Sa disparition brutale laisse un grand vide dans la communauté vigneronne et le monde de l’édition viticole qui savaient compter sur ses connaissances. Les témoignages ont abondé : « Terrible et frustrant » pour Marcel Blanck ; « Cet homme a tant apporté au vignoble » pour Florian Beck-Hartweg ; « Triste nouvelle » pour Samuel Cogliatti ; « Une terrible nouvelle » pour Sonia Lopez Calleja de la revue Le Rouge et le Blanc ; « Un colossal travail d’archiviste qui nous apportait le recul nécessaire » pour un autre vigneron ; « J’estimais sa rigueur et sa liberté de ton » pour Jean-Michel Deiss ; « Il nous laisse un grand vide » pour Lucas Rieffel ; « Une perte énorme pour un soutien aussi dévoué que précieux » pour André Ostertag

La rédaction et la communauté vigneronne adressent à la famille de Philippe Bon, sa maman, son épouse Fabienne, ses enfants, ses plus sincères condoléances.

Horticulture alsacienne

Une filière en grand danger

Cultures

Publié le 26/03/2020

Au Point vert Eichinger à Hochstatt, la production de printemps arrivée à maturité la semaine dernière s’est retrouvée bloquée dans les serres. À Brumath, l’entreprise Sonnendrucker a 1,5 million de plantes en culture, soit une valeur de stock d’1 million d’euros. Or les contrats de culture signés avec les chaînes de jardinerie ont été stoppés net, et les Grandes et moyennes surfaces (GMS) ont laissé tomber le végétal. Conséquence « vingt rolls* sont sortis de nos serres la semaine passée, là où il en sort 400 d’habitude, soit 5 % de notre activité » précise Laurent Sonnendrucker. Même son de cloche pour l’entreprise Geny, située à Cernay, spécialisée dans les jeunes plants de légumes. L’entreprise, qui produit plusieurs millions de plants sur la saison, n’a à ce jour aucune visibilité sur la vente.

Des plantes perdues par millions

À Sand, les Goerger travaillent en famille et viennent d’investir dans de nouvelles serres. Si le début de saison s’est traduit par la mise au rebut de toutes les fleurs précoces (primevères, renoncules…) et la perte de 15 000 € de stock à la fleuristerie, la situation n’est pas encore catastrophique, mais elle risque de le devenir très rapidement. « Nous mettons des milliers de plantes en culture, mais on ne sait pas où on va. C’est tout ou rien. Si dans un mois les choses s’améliorent, on s’en sort, si on reste dans la situation actuelle, ça va être très dur ! » décrit Anthony Goerger.

Stéphane Schwarz, horticulteur à Geudertheim, fournit une quarantaine de communes de sa région en plantes diverses destinées au fleurissement municipal pour un chiffre d’affaires de 400 000 €. À ce jour, il est dans le flou total. « Si les communes me lâchent, je ne sais pas ce que je deviens. Tous les jours, on joue à la roulette russe. Je plante, je rempote, je cultive, mais y aura-t-il quelqu’un pour acheter ma production ? Nul ne le sait », souligne Stéphane Schwarz.

Demain, des potagers déserts

Au sein du groupement Fleurs et Plantes d’Alsace, on estime à 5 millions le nombre de plants qui ne seront pas plantés si la situation perdure. L’Alsace est une terre de jardiniers amateurs. L’entretien d’un jardin potager nourricier et le fleurissement des maisons relèvent de la tradition. Par-delà la dimension esthétique d’une absence de géraniums aux fenêtres, balcons et terrasses de la région, la non mise en culture des jardins potagers représente une réalité économique dont on ne prend pas la mesure.

Prenons l’exemple de la tomate. Sachant qu’un plant produit en moyenne de 10 à 15 tomates soit 2 à 3 kg sur une saison, que quelque 750 000 plants de tomates sont commercialisés par les horticulteurs de Fleurs et Plantes d’Alsace, nous aurions, pour les seuls jardiniers amateurs se fournissant chez ces derniers, un manque de production de 1 900 000 kg soit autant de légumes à trouver ailleurs. Aujourd’hui, la filière horticole alsacienne est très fragilisée par la crise du Covid-19. Avec des producteurs locaux de plus en plus exposés aux aléas climatiques, cette crise est un coup dur supplémentaire. Nombre de producteurs ont aujourd’hui des doutes quant à leur capacité à se remettre financièrement d’une telle épreuve.

 

 

Communiqué

Édito

Mobilisation générale

Vie professionnelle

Publié le 18/03/2020

Nous vivons une crise majeure, pour nombre d’entre nous qui avons eu la chance de vivre toute notre vie en paix, la situation s’apparente à une sorte de guerre. Une guerre contre un ennemi invisible mais un ennemi bien réel.

À période exceptionnelle, réactions exceptionnelles, c’est pourquoi le président de la République a décidé une série de mesures visant à réduire un maximum les contacts et ainsi endiguer la propagation du virus. Il y a fort à parier que ces mesures perdurent dans le temps. Ces restrictions de mouvement des biens et des personnes impliquent d’importants bouleversements dans la vie des entreprises, notamment de nos entreprises agricoles.

L’important aujourd’hui est de protéger la population, de préserver les plus fragiles particulièrement nos aînés, il n’y a pas plus précieux que la vie humaine. Il nous faut donc respecter les consignes au maximum afin de limiter la propagation du virus. Il nous faut aussi garder notre sang-froid, faire preuve de civisme en n’adoptant pas d’attitude contre-productive, notamment devant les dépôts et magasins de nos organismes stockeurs. Les collaborateurs de nos structures font le maximum pour assurer la continuité du service. Justement, il est important de définir comment la vie économique du pays peut continuer et notamment le secteur agricole qui, rappelons-le, est l’un des douze secteurs stratégiques. La préfète du Grand Est, Josiane Chevalier, a rappelé, lundi 17 mars en réunion de crise, l’importance d’un maintien de l’approvisionnement alimentaire.

C’est pourquoi, les organisations professionnelles agricoles se structurent actuellement pour recueillir vos difficultés et vous apporter les réponses. À ce jour, nous savons déjà que les déplacements des agriculteurs et de leurs salariés seront possibles à l’aide de l’attestation de déplacement dérogatoire. D’autres questions se posent sur l’accès à la main-d’œuvre ou à l’approvisionnement, l’évolution des marchés… Une « cellule de crise » est organisée par les OPA pour faire remonter les difficultés et trouver les solutions. N’hésitez donc pas à contacter vos interlocuteurs habituels qui se sont organisés pour vous accompagner. Soyez aussi attentifs aux différents moyens de communication mails, réseaux sociaux par lesquels nous pourrons vous apporter l’information.

Il n’est pas encore l’heure de tirer des conclusions mais peut-être cet épisode rappellera à nos dirigeants que la souveraineté alimentaire n’est pas un vain mot ; qu’investir dans son agriculture, c’est assurer la survie de la Nation et du peuple. La profession agricole a toujours fait preuve d’une solidarité exemplaire, une fois de plus elle répondra présente. Plus généralement, le peuple français a toujours su puiser des ressources insoupçonnées pour être au rendez-vous de l’Histoire, nul doute que cela sera encore le cas. La France peut compter sur ses agriculteurs qui sont et resteront sur leur ferme partout sur les territoires, confinement ou pas. On le dit souvent, l’agriculture est la base de tout un pays. La base ne flanche pas. Elle assure la stabilité de l’édifice et nous ne flancherons pas ! Retrouvons la fierté qui s’était étiolée. Revenons à l’essentiel : nourrir les hommes et les femmes de notre patrie. C’est notre métier, certains l’avaient oublié, mais pas nous.

 

Imprimez votre attestation de déplacement dérogatoire, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Tous nos articles relatifs au COVID-19 sont en accès libre sur les sites des deux journaux agricoles alsaciens.

 

COVID-19

Imprimez votre attestation de déplacement dérogatoire

Pratique

Publié le 17/03/2020

Cliquez ici pour télécharger votre attestation de déplacement dérogatoire

 

 

Vous êtes chef d'exploitation ou chef d'entreprise ?

Cliquez ici pour télécharger l'attestation de déplacement professionnel pour vos salariés

Vous êtes salariés ? Les deux documents sont nécessaires pour circuler.

 

Il est conseillé d’en avoir un exemplaire dans chaque véhicule.

 

Ceci est la procédure à suivre ce mercredi 25 mars 2020. Ces informations seront mises à jour en cas de changement.

Des sources de pollution aux eaux souterraines

Sur la trace des micropolluants

Pratique

Publié le 08/02/2020

En parallèle du projet Ermes, dont l'objectif est de collecter et d’analyser des données actualisées, fiables, afin de « mettre en perspective la qualité de l’eau des aquifères rhénans », le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a mené l'étude Pressions-Impacts sur les micropolluants émergents. Les résultats de cette étude ont été présentés par Benjamin Lopez, hydrogéologue au BRGM, mardi 28 janvier, à la Maison de la Région, à l'occasion de la présentation de l'étude de l'Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d’Alsace (Aprona), dédiée aux micropolluants dans les eaux souterraines à l’échelle alsacienne. 

Point de départ de l'étude du BRGM : savoir de quoi on parle et ce que l’on cherche. Benjamin Lopez procède donc à une précision sémantique importante : « Lorsqu’on parle de micropolluants émergents, c’est l’intérêt qu’on leur porte qui est émergent. Mais il peut s’agir de molécules anciennes. » Ces molécules ont des points communs : elles sont « souvent peu, pas ou mal suivies » et ne sont pas soumises à des seuils sanitaires réglementaires. Mais c’est à peu près tout. Sinon, il s’agit de molécules aux propriétés intrinsèques très différentes. Afin d’identifier les plus pertinentes à quantifier, les experts se sont penchés sur leur temps de demi-vie - qui reflète leur capacité à être dégradée - et leur mobilité, c’est-à-dire d’une part leur solubilité et d’autre part leur capacité à s’adsorber dans le sol. Les molécules les plus mobiles et les plus difficiles à dégrader sont les plus susceptibles d’être retrouvées dans l’environnement, même après le traitement des eaux usées dans les stations de traitement des eaux usées (STEU).

C’est ainsi qu’ont été choisis les quelque 200 micropolluants analysés à échelle de l’Alsace dans l’étude Ermes. Benjamin Lopez commente quelques résultats : « Par rapport aux métabolites de produits phytosanitaires et aux substances actives de produits phytosanitaires, les substances pharmaceutiques sont moins fréquemment détectées et à des concentrations plus faibles. Mais ces substances ne sont pas soumises à des valeurs seuils sanitaires, et leurs effets écotoxiques sont peu connus, alors que ce sont des molécules biologiquement actives. » Même constat pour bon nombre de micropolluants détectés, issus de produits de la vie courante : « On ne connaît pas leurs effets toxiques et écotoxiques, encore moins l’effet cocktail. »

Une fois le constat d’une pollution généralisée dressé, il s’agit d’identifier les sources d’émission des micropolluants, ainsi que leurs voies de transfert vers les eaux souterraines, pour pouvoir mettre en place des mesures correctives efficaces. « Les micropolluants passent majoritairement par les STEU, qui collectent des effluents urbains et industriels. Les substances récalcitrantes aux traitements passent dans les eaux de surface. Qui entrent potentiellement en relation avec les eaux souterraines. L’enjeu est donc d’identifier les secteurs et les périodes où les eaux de surface alimentent les eaux souterraines », indique Benjamin Lopez.

Un travail de détective

L’hydrogéologue illustre son propos avec l’exemple de la carbamazépine, une substance pharmaceutique quantifiée dans 30 % des points de mesure, caractérisée par un temps de demi-vie long et une mobilité importante. La mise en relation de la cartographie des points où la carbamazépine a été détectée et des STEU ne permet pas de mettre en évidence une relation claire entre la densité de STEU et la présence carbamazépine dans les eaux souterraines. Pour mieux comprendre la distribution de la carbamazépine dans les eaux souterraines, les experts ont étudié la répartition d’une substance similaire qui a été densément recherchée dans les eaux de surface : l’ibuprofène, également mobile et réfractaire à l’hydrolyse. La carte de quantification de l’ibuprofène dans les eaux de surface révèle une présence accrue dans le Sundgau, le secteur de Haguenau, de Strasbourg et des collines sous-vosgiennes.

Ensuite, pour mettre en relations eaux de surface et souterraines, les experts ont utilisé l’Indice de développement et de persistance des réseaux (IDPR). Cet indicateur spatial, créé par le BRGM, compare un réseau hydrographique hypothétique, dicté notamment par les pentes, à ce qu’il est réellement. Ce qui permet de mettre en évidence les formations géologiques favorables ou non à l’infiltration des eaux de surface vers les nappes, donc d’identifier les zones de vulnérabilité des nappes aux pollutions diffuses. L’agrégation de toutes ces données permet de retracer le chemin emprunté par les micropolluants. Exemple : les STEU du Sundgau collectent des substances, qui passent en partie dans les eaux de surface. Celles-ci coulent sans s’infiltrer dans la nappe vers le nord, jusqu’à rencontrer une zone d’infiltration où elles contaminent la nappe. Ailleurs, dans le Nord de l’Alsace, les eaux souterraines sont protégées par des formations géologiques favorables au ruissellement, jusqu’au Rhin. Conclusion de Benjamin Lopez : « Ce qui est détecté à un certain point vient de ce secteur, mais aussi de bien plus en amont. »

 

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Eaux souterraines

Par ici la bonne soupe

Pratique

Publié le 07/02/2020

En novembre 2017, l’Aprona présentait les résultats d’une campagne de mesures de la qualité des eaux souterraines effectuée en 2016 sur deux paramètres : les nitrates et les produits phytosanitaires. Des chiffres qui avaient fait l’effet d’une douche froide pour la profession agricole. En effet, par rapport à la précédente étude, qui datait de 2009, l’étude concluait à une amélioration de la situation pour les nitrates mais à une dégradation pour les produits phytosanitaires, malgré l’évolution des pratiques agricoles vers une utilisation plus raisonnée de ces produits.

Mardi 28 janvier 2020, l’Aprona présentait à la Maison de la Région la suite de cette étude, dédiée aux micropolluants dans les eaux souterraines à l’échelle alsacienne. Avant de rentrer dans le vif du sujet, Baptiste Rey, chargé d’étude à l’Aprona, rappelle quelques éléments importants à garder en tête lors de l’analyse de ces résultats. Les mesures ont été réalisées sur de l’eau brute, ce n’est donc pas la même que l’eau potable qui sort du robinet. Elles ont néanmoins été comparées à des normes réglementaires établies pour l’eau potable. Deux masses d’eau ont été analysées, la nappe phréatique d’Alsace et les aquifères du Sundgau. Ce ne sont pas exactement les mêmes éléments qui y ont été mesurés, ni dans les mêmes proportions, ce qui peut induire un biais dans les interprétations. Aussi les résultats pour ces deux masses d’eau ont été présentés distinctement.

Autre chose importante à savoir : de quoi parle-t-on exactement ? Qu’est ce qu’un micropolluant ? Baptiste Rey en livre une définition : « Une substance indésirable, détectée dans l’environnement à très faible concentration. Sa présence est, au moins en partie, due à l’activité humaine et peut, à ces très faibles concentrations, engendrer des effets négatifs sur les organismes vivants en raison de sa toxicité, de sa persistance et de sa bioaccumulation. » Ça fait du monde ! En effet, « plus de 100 000 molécules sont référencées par la réglementation européenne ». Un nombre qui ne tient pas compte des métabolites, ni des substances encore non référencées qu’on peut imaginer nombreuses. Il n’existe d’ailleurs pas de liste arrêtée des micropolluants. Ils sont de natures diverses (plastifiants, détergents, métaux, hydrocarbures, cosmétiques, médicaments et pesticides…) et leurs origines le sont tout autant : urbaine, industrielle, domestique, agricole… Une fois émis dans l’environnement, ils convergent vers les stations de traitement des eaux usées (STEU) qui ne sont pas toutes capables de les capter. Et ils sont donc au moins en partie relargués dans les eaux de surface.

Pas de seuils réglementaires

Lors de cette étude, 400 substances ont été recherchées (à comparer aux plus de 100 000 référencées), parmi elles 351 micropolluants, dont 215 qui n’étaient ni des substances actives de produits phytosanitaires, ni de leurs métabolites. Le principal résultat, c’est que deux tiers des substances recherchées ont effectivement été retrouvées dans la nappe d’Alsace, contre un tiers dans les aquifères du Sundgau. Une preuve que la pollution des eaux souterraines n’est pas une vue de l’esprit. Deuxième résultat important : les pesticides et leurs métabolites sont les micropolluants les plus fréquemment détectés. Ce sont aussi dans ces deux catégories de micropolluants que les teneurs dépassent le plus souvent les valeurs seuils lorsqu’elles existent.

Les autres micropolluants les plus fréquemment détectés sont ensuite les composés perfluorés (PFC) et les adjuvants alimentaires. Les PFC ont été largement utilisés ces dernières années, tant pour des usages industriels que domestiques. Ils sont protecteurs de surface, antiadhésifs, utilisés dans les cosmétiques, les emballages alimentaires… Et se retrouvent dans l’environnement par dégagement atmosphérique, lixiviation de déchets, rejets de STEU. Problème : ils sont persistants et toxiques. Ce qui ne les empêche pas de ne pas avoir de valeur réglementaire limite pour l’eau potable en France. Pour analyser ses résultats, l’Aprona a donc utilisé des valeurs sanitaires allemandes, issues d’études toxicologiques.

 

 

Des molécules ubiquistes

Les investigations permettent de conclure à une grande ubiquité des PFC dans la nappe phréatique d’Alsace. Ils sont quantifiés dans 80 % des points analysés, avec des associations de plusieurs PFC fréquentes sur un même point de mesure. Seul point positif : les teneurs apparaissent globalement faibles : seuls 7 % des points dépassent la teneur de 1 µg/l, et seuls trois PFC dépassent les valeurs seuils. Baptiste Rey conclut donc à une « situation sanitaire peu préoccupante ». Notons toutefois que l’Anses n’a pas encore établi des seuils de dangerosité.

Près de 3 000 principes actifs sont commercialisés en France, dans de nombreuses spécialités pharmaceutiques aux propriétés physico-chimiques très variables, mais avec souvent une solubilité importante. Pour les substances pharmaceutiques, il n’existe pas non plus de valeurs sanitaires réglementaires. L’Aprona s’est donc à nouveau rabattue sur des valeurs sanitaires allemandes pour comparer les résultats. Les substances pharmaceutiques ont été détectées dans 40 % des points de mesure de la nappe phréatique, à des concentrations qui restent faibles. La carbamazépine, une molécule aux propriétés antiépileptiques, sort largement en tête, en termes de fréquence de quantification : 31,8 % des points de mesure concernés.

Bien qu’ils fassent l’objet de préoccupations sociétales majeures, les plastifiants n’ont pas été fréquemment détectés. Dans cette catégorie, « le bisphénol A sort en deuxième position en terme de fréquence de quantification en nappe phréatique d’Alsace, avec des doses faibles », rapporte Baptiste Rey. Là non plus, pas de valeur sanitaire réglementaire pour l’eau potable. Idem pour les adjuvants alimentaires, qui sont pourtant détectés partout.

Au final, entre 150 et 124 micropolluants ont été détectés par points de mesure en nappe d’Alsace, et 112 dans les aquifères du Sundgau. La majorité des points de mesure est contaminée : il n’y a qu’un pourcent de points exempts de micropolluants. 62 % des micropolluants analysés ont été retrouvés, ce qui suggère une forte diversité de micropolluants. Certes, il y a peu de dépassements des valeurs seuils. Encore faut-il qu’une valeur seuil ait été fixée sur la base d’études scientifiques sérieuses, ce qui est loin d’être la majorité des cas. Comment toutes ces molécules interagissent-elles ente elles ? Y a-t-il synergie, antagonisme, additivité de leurs effets sur l’environnement et les organismes ? C’est toute la complexité d’un possible « effet cocktail ». Une chose est sûre, les eaux souterraines alsaciennes sont significativement contaminées par les micropolluants. Et pour longtemps. La détection de polluants historiques montre que ces pollutions diffuses ne se règlent pas d’un coup de baguette magique.

 

 

Lire aussi : « Des résultats en demi-teinte », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

 

 

 

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