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Rédaction EAV

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Sécheresse

La ferme Alsace à sec

Vie professionnelle

Publié le 25/07/2019

Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, lâche le morceau. « La sécheresse 2019 s’annonce pire que l’an dernier. » Le thermomètre continue de battre des records. L’Alsace cumule 22 % de déficit pluviométrique par rapport à la normale. Plus grave. Les réserves d’eau n’ont pas encore récupéré de la sécheresse de 2018. En cause : un automne trop sec. L’été s’annonce brûlant pour les agriculteurs alsaciens.

« L’hiver tombe le 1er août »

En première ligne : les montagnes des Vosges, l’Alsace bossue et le Sundgau. Sans accès à la nappe phréatique, les paysans subissent la sécheresse de plein fouet. Surtout les éleveurs. Les animaux ont soif. « Certains commencent à amener de l’eau aux pâturages avec des camions-citernes, témoigne Michel Busch, directeur de la FDSEA 68. Ça représente 3-4 h de route par jour. » Et encore, ceux-là peuvent s’estimer heureux d’avoir des prairies encore en état. « Chez moi, les vaches ne sortent plus », tranche Véronique Klein, de la Petite Pierre. Normal, il n’y a plus rien à manger dans les prés. « Les pâtures commencent à cramer », confirme Michel Busch.

Les éleveurs disposeraient d’une dizaine de jours devant eux. « L’hiver tombe le 1er août désormais », se désole Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture. Après, il faudra puiser dans les stocks. Problème, les réserves sont maigres. Les agriculteurs ont affronté le même scénario l’an dernier. Ils ne peuvent donc pas compter sur d’éventuels surplus de nourriture. Et cette année, « la première coupe de foin a été correcte, selon Gérard Lorber. Mais là c’est fini, il n’y a plus rien. » L’herbe ne pousse plus depuis plusieurs semaines à cause des fortes chaleurs. Le pompon : les vaches souffrent de la chaleur et produisent moins de lait. La coopérative Alsace Lait enregistre ainsi 6 à 8 % de baisse de volumes.

La qualité du maïs dans la balance

Autres victimes du climat : les producteurs de maïs. Là encore, les secteurs non-irrigués pâtissent de l’absence de pluie. Nord et Sud Alsace en premier. Et « la canicule tombe au plus mauvais moment », d’après Gérard Lorber. En effet, la fraîcheur du mois de mai a retardé la floraison. Elle doit intervenir dans les prochains jours. Mais les fortes températures mettent en péril la fécondation de la plante. « Dans le Sundgau on n’aura pas de maïs fourrage digne de ce nom, constate, dépité, Michel Busch. Et je ne parle même pas du maïs grain. » Dans la plaine irriguée, la situation est forcément meilleure. Mais les restrictions d’eau (voir encadré) pourraient compliquer le travail des paysans.

Les vergers d’Alsace, gourmands en eau, frisent aussi l’insolation. « Les quetsches et les mirabelles sont en train de tomber des arbres. Sèches », constate Denis Ramspacher. Et Michel Busch d’enchaîner sur les maraîchers : « Dans le Sundgau ils n’ont plus une goutte d’eau, c’est la cata. » Pas mieux du côté des vignes. Les ceps sont en situation de stress hydrique. Surtout dans les sols sablonneux de la région colmarienne.

Une lueur d’espoir ? Oui. On peut sauver certaines cultures. « La betterave et l’herbe pourront être rattrapées », se rassure Gérard Lorber. À condition que le mois d’août soit plus humide. « Une pluie ce week-end sauverait bien des situations tendues », espère Michel Busch. Mais, pour l’instant, le mercure continue de grimper. Et toujours pas un nuage à l’horizon.

Parlement européen

La commission Agriculture barre la route à l’extrême droite

Vie professionnelle

Publié le 18/07/2019

Trente-six voix pour, onze contre. Le conservateur allemand Norbert Lins a été largement élu à la présidence de la commission Agriculture, mercredi 10 juillet. Face à lui, la Française Maxette Pirbakas n’a eu aucune chance. Presque tous les partis s’étaient mis d’accord pour lui barrer la route. La raison ? Elle appartient au Rassemblement national (RN) et au groupe eurosceptique Identité et démocratie (ID).

L’affaire était entendue depuis plusieurs jours. Les eurodéputés allaient respecter le « cordon sanitaire ». Une stratégie mise en place par l’ensemble des groupes politiques pour empêcher les partis nationalistes d’accéder aux responsabilités. À l’image du front républicain évoqué en France lorsque le RN arrive au second tour d’un scrutin. « Un déni de démocratie » pour Gilles Lebreton, autre député RN de la commission Agriculture. Car le groupe ID dispose de 73 représentants dans l’assemblée strasbourgeoise. La cinquième force politique. Il pouvait donc prétendre à des postes à responsabilité. En comparaison, les Verts, qui disposent d’un élu de plus, ont obtenu la direction de deux commissions.

 

 

Le symbole de la Pac

La machine démocratique se serait grippée ? « Je ne vois pas comment on peut confier des responsabilités dans la construction européenne à des gens dont le seul but est justement de défaire l’Union européenne », rétorque Anne Sander, eurodéputée alsacienne du PPE (droite). Et quelles responsabilités. La commission Agriculture se charge de questions de haute importance. La Pac notamment. Premier budget de l’UE et politique communautaire la plus aboutie. C’est justement pour cela que le RN s’intéresse particulièrement à cette commission, avance Anne Sander. « C’est un symbole », confirme-t-elle.

Autre problème posé par une présidence RN : la perte de crédibilité. « Il nous faut un président fort et soutenu par les membres de la commission », appuie Anne Sander. Elle pointe notamment la nécessité d’avoir une personnalité à même de négocier face à la commission Environnement, très puissante et marquée à gauche. La perspective d’une présidente issue d’un parti ostracisé compliquerait encore plus la tâche de la commission Agriculture pour faire valoir ses arguments.

Une eurosceptique peut en cacher une autre

Maxette Pirbakas enchaîne donc les déconvenues lors de la session constitutive du bureau. Elle se présente au poste de 1re vice-présidente. Échec. Son adversaire, l’écologiste Francisco Guerreiro, remporte 38 voix. Elle retente sa chance comme 2vice-présidente. Las. Daniel Buda (PPE) la bat avec 30 voix d’écart. Mais la séance est ajournée juste avant les votes pour les 3e et 4vice-présidents. En cause : un nouveau débat éthique. Car les conservateurs eurosceptiques du groupe ECR veulent présenter l’Espagnole Mazaly Aguilar. Aucun problème au premier abord. Malgré leurs positions très critiques envers l’UE, les partis issus de ECR ne sont pas blacklistés. Ils pilotent même des commissions parlementaires. Le problème : Aguilar est une élue de Vox, le seul parti d’extrême droite d’Espagne.

Alors, cordon sanitaire ou pas ? « Moi je suis favorable à ce qu’il y ait un candidat ECR, j’ai beaucoup travaillé avec eux par le passé, commence Anne Sander. Mais s’ils pouvaient proposer quelqu’un de plus acceptable… » L’eurodéputée réserve pour l’instant sa décision. Car les groupes discutent des alternatives possibles. Le nom d’un socialiste italien circule. Réponse le 23 juillet, pour la suite du scrutin.

 

 

Enseignement agricole

Les résultats des examens

Vie professionnelle

Publié le 11/07/2019

Baccalauréat professionnel

 

Agroéquipement

Braun Johann Célestin ; Ensminger Clément Paul Jean-Claude ; Goetz Nicolas ; Gunthner Valentin Alexis ; Hagelberger Noé Jean, assez bien ; Heimlich Alexis, assez bien ; Kammerer Lucas, assez bien ; Kellerer Mathieu Paul Valentins ; Klein Nicolas ; Laufer Jules ; Staath Thibaut Frédéric ; Thierse Antoine André Ernest.

 

Aménagements paysagers

Bauer Erwin Christophe ; Becht Léo Charles Fernand ; Doerfer Yannick Gérard René, assez bien ; Gassler Nathan, assez bien ; Gulden Michel Chrétien, assez bien ; Holl Gaetan Guy ; Humbert Maxime, assez bien ; Meyer Régis Felix, assez bien ; Perriot Bryan, bien ; Simler Evan ; Stoeffler Léo Jean ; Uhl Victor Eric, assez bien ; Ulrich Louis Jean-Paul ; Walter Valentin ; Walther Thibaut Sébastien ; Weibel Léo ; Zaegel Arnaud Christian Charles, assez bien.

 

Conduite et gestion de l’entreprise agricole

Amberg Agathe ; Brandt Line Marie ; Brumpter Victor Jean-Michel Albert, très bien ; Clauss Lucas, bien ; Colbe Lou-Anne ; Dangelser Natacha Simone Joséphine ; Gerard Camille, bien ; Gurtner Dorian Eugène ; Guth-Klein-Guth Florian, bien ; Heintz Jonathan Paul ; Herrmann Arnaud, bien ; Jehl Louis Sylvain Pierre, bien ; Kelhetter Bastien, assez bien ; Kempf Valentin ; Kieffer Lucas, assez bien ; Lang Lucas Bénédict, bien ; Lawi Arnaud Serge ; Lett Quentin Ferdinand, assez bien ; Pinkele Yann, assez bien ; Remlinger Corentin, assez bien ; Rieger Frédéric ; Schneider Guillaume, assez bien ; Schwoob Jules ; Seemann Camille Florence Agathe ; Sommer Adrien Gérard Yves ; Stamm Emilie ; Stieger Yann, assez bien ; Thomas-Henry Guillaume, assez bien ; Wollenburger Théo Eugène Marcel, assez bien.

 

Conduite et gestion de l’entreprise hippique

Bechet Marilyn Solange assez bien ; Boisson Gaelle ; Prost Carla Cassandre Elise ; Speisser Laetitia.

 

Services aux personnes et aux territoires

Argiolas Charline Odile Mireille Jeanne, assez bien ; Bertram Camille ; Bouillaud Emilie Charlotte, bien ; Braun Chloé Adrienne Agathe ; Bronn Marion ; Cerqueira Célia Monique ; Diakhate Mbarik ; Dzoni Benjamin ; Erne Fabien Arthur ; Fessard Elise Amandine, assez bien ; Fofana Fode Aboubacar ; Fuhrmann Elsa Mireille Béatrice ; Geistel Laurine ; Giessler Elina ; Hazemann Jules ; El Mekki Alain ; Houpert Maude Stéphanie, assez bien ; Keppler Melanie Alexandra Jeanne, assez bien ; Kern Florine Angèle Mathilde, assez bien ; Kienlen Margaux, assez bien ; Klein Elodie Sophie, assez bien ; Kons Justine ; Lutz Stessy Béatrice Marie Thérèse, assez bien ; Maas Maeva ; Martin Marie ; Mary Clémence Sandra Marguerite ; Muller Eva, assez bien ; Muller Morgan, assez bien ; Normand Elisa Fabienne Elise ; Oltz Gaelle Anna ; Pasturaud Chloé Olivia Carole, assez bien ; Pfihl Mélanie Nathalie, assez bien ; Raeppel Lou ; Revesz Charlyne Albertine Josette, assez bien ; Roque Samuel Théo Déolindo ; Roth Jennifer ; Rueda Olivia Clémentina ; Rueff Gwendoline Marlyse Margurerite ; Schmitt Amandine Nathalie Thérèse ; Spenle Elsa Laurence ; Stalter Sara Sylvie ; Sudermann Aurore Claire ; Supper-Bodin Caroline Josiane Francine ; Tierce Axelle, assez bien ; Vogler Victor Jean, bien ; Weber Léane Catherine ; Weber Maryline, assez bien ; Wolff Ambre.

 

Technicien conseil vente en alimentation Produits alimentaires

Bechtle Lucas ; Dos Santos Jordan ; Fazeli Hormoz ; Fischer Valentin Albert René ; Gaudre Raphaël, bien ; Kuntzmann Maëva ; Laaraj Fadoua ; Martin Lùnaléa Maria Andréa ; Tastan Hatice.

 

Baccalauréat technologique

 

Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant Agronomie - alimentation - environnement - territoires

Ackermann Guillaume Jean René, assez bien ; Apell Mathilde ; Bauer Jayson ; Bernhard Théo Jean-Paul, assez bien ; Bischoff Loïc Fabien ; Champlon Joseph Frédéric, assez bien ; Clauss Cécilia Francette, bien ; Dambach Hervé Antoine Gérard ; Demonfaucon Etienne Frédéric Richard ; Dermigny Eglantine Isabelle Elisabeth ; Einhart Esteban Richard Luc, assez bien ; Eschbach Marina, assez bien ; Frey Nathanaël Jacques ; Fritsch Raphael, bien ; Gaspard Julien Christian Olivier, assez bien ; Georg Sami, assez bien ; Guntz Marie ; Heitz Thomas Marcel Ernest, assez bien ; Henriot Justin François René, assez bien section européenne ; Humann Valentin ; Huss Jérôme ; Jacob Adeline Marie, bien ; Kempf Gautier, bien ; Kozak Milena Kristin Sofia, bien ; Lerch Stéphanie ; L’hermitte Lucile Danièle Josiane ; Loux Samantha Françoise Lucie ; Miesch Romane ; Moser Maxime Sylvain ; Moser Sarah Marie- Thérèse ; Moyses Tatiana Marie Désirée ; Muller Mathilde, bien ; Ness Colin, assez bien ; Nowitzki Céline ; Paciello Valentine Lucienne, assez bien ; Paradis Hugo Gustave Avenant, assez bien ; Phileas Manon Monique Jacqueline ; Recher Samuel ; Schalck Louis Antoine, bien section européenne ; Schmitt Benjamin Eric ; Siegwalt Théa Eva Eugénie, assez bien ; Thalgott Pauline, assez bien section européenne ; Ulrich Antoine, bien ; Vanacker Thibaut Emile Bernard ; Vix Florent ; Weber Thomas ; Wendling Morgane ; Winkel-Garnier Antoine Patrick André, assez bien.

 

Brevet de technicien supérieur agricole Agronomie - productions végétales

Bischoff Quentin Joseph ; Buhler Théo Florian ; Freliger François Jean, assez bien ; Jeannelle Jérème ; Kugler Simon Théophile ; Marguet Maël ; Noth Robin Louis, assez bien ; Schaub Nicolas Maxime.

 

Aménagements paysagers

Liechti Vincent Gilbert, assez bien ; Stempffer Frédéric Jean-Pierre.

 

Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole

Barbier Sébastien, assez bien ; Bender Emma ; Bertrand Laetitia Manon, assez bien ; Birgaentzle Agnès Marie-Thérèse Marthe, bien ; Claudepierre Marion Justine ; Dapp Christophe Patrick, assez bien ; Dollinger Adrien Albert, bien ; Erb Ophélie ; Friedrich Léon ; Gsell Nathan, assez bien ; Huss David Roger Valère, assez bien ; Israel Nathan Mathias ; Knab Valentin Roger Joseph ; Knittel Baptiste Jean ; Lapp Arnaud Pierre, assez bien ; Martin-Patoux Ondine Julie Agathe Maeva ; Meinhart Margaux, assez bien ; Muller Arthur Arsène Fausto ; Rosin Guillaume Léon Robert ; Schilling Bénédict Arsène Louis ; Schoenel Johann Jacky, assez bien.

 

Développement, animation des territoires ruraux

Buffet Mathilde, bien ; Hoch Caroline Marine, assez bien ; Langlois Ariel ; Loeffel Elsa Marguerite, assez bien ; Schmitt Marion Michèle Christiane, assez bien ; Utard Lucile Véronique, assez bien ; Zerr Marion Phillipine, assez bien.

 

Gestion et maîtrise de l’eau

Dubromel Antoine, bien ; Eck Nicolas Louis Georges ; Eicheldinger Jules Gérard Marcel ; Ferry Quentin Denis Didier, assez bien ; Fischer Virgile Georges Edouard, bien ; Ghiri Yanis, assez bien ; Hartmann Antoine, assez bien ; Held Julie Valentine, assez bien ; Kientzel Théo Paul ; Magnier Amâne Georges, assez bien ; Mandaglio Antonio, bien ; Otteni Jérémy ; Peter Lucas André Xavier, assez bien ; Rebstock Adam Cyril, bien ; Schaefer Quentin Michel Antoine, bien ; Schumacher Thomas, assez bien ; Sittler Maël, bien ; Stutzmann Thomas Alexis Michel ; Wagner Morgane Maud, très bien ; Will Boris, assez bien.

 

Gestion et protection de la nature

Hommel Stéphanie Elisabeth ; Riegel Angéline ; Sexer Gauthier Ismaël Amaury.

 

Gestion forestière

Ball Emmanuelle.

 

Production horticole

Schmitt Benjamin.

 

Productions animales

Dierbach Robin.

 

Technico-commercial

Heim Jean ; Schauenburg Loris, bien ; Toulza Geoffrey François René.

 

Brevet d’études professionnelles agricoles Cavalier soigneur

Bechet Marilyn Solange ; Faesch Apolline Jeanne Andrée ; Gutleben Anais Florentine Marie-Jeanne ; Hoffmann Maxence Louis ; Jourdain Solène Pascaline Céline ; Klein Iness Chloé ; Maillard Justine Madeleine Martine ; Werle Aglaé.

 

Conseil Vente

Guindo Esch Koyamba Mariam ; Guth Manon ; Kieffer Sarah ; Navarre Joackin Lucien Alphonse ; Ohl Fiona Bélinda ; Onnis Carla ; Rebmeister Lisa ; Wianni Inès.

 

Service aux personnes

Clô Eurydice Anaïs ; Dietrich Héloïse Bernadette ; Fuchs-Haenel Capucine Enza Brigitte ; Fux Ines Célia ; Goulon Camille Marie Elisabeth ; Hadjimi Inès ; Lorentz Marie Odile ; Metz Assia ; Moser Francois Gilbert ; Muller Celine Danielle Michelle ; Nuss Tom ; Poulet Chrystel ; Rauch Cindy Nathalie Catherine ; Rieuf Elise ; Rolling Clara Astrid ; Schwaerzler Lucie ; Ulrich Marie ; Weber Céline.

 

Travaux agricoles et conduite d’engins

Adam Aymeric Albert Louis ; Basler Emilien Nestor Pascal ; Binder Anna Marie ; Denninger Tanguy Albert ; Ferreira Ewan ; Fontaine Matthias René ; Friederich Pierre Charles Albert ; Fritz Nathan ; Haffner Faustin Amédée ; Jamm Arnaud ; Linger Dylan Roland Albert ; Lux Gregory Florian ; Martin Hugo Xavier ; Martz Arnaud ; Meppiel Kevin ; Messner Quentin Georges ; Ostermann Mathias Simon ; Ottmann Antoine Bernard ; Straub Esaia ; Tisserand Vincent Amin ; Weiss Alexandre René.

 

Travaux en exploitation de polyculture élevage

Brehm Deborah Emilie ; Cousandier Thomas Guillaume ; Dangelser Natacha Simone Joséphine ; Felix Elise Christelle ; Grand Anaïs ; Hartmann Valentin Georges Charles ; Lanoix Romain ; Letzgus Anaïs ; Maurer Louis Jean José ; Neff Gautier Arnaud ; Schmidt Dylan ; Schutt Jérémy Thomas ; Sommer Adrien Gérard Yves ; Sommer Mathieu Sébastien ; Wendling Louis.

 

Travaux paysagers

Anton Xavier Luc ; Bigot Aurélien ; Hamm Lucas ; Heckly Baptiste ; Hofstetter Julien Nicolas Auguste ; Holdry Maxime Lucien ; Klein Thibaut Charles Jean ; Lammer Tiffany Nadine ; Larcher Danael Emile Lucien ; Merckel William Edmon René ; Nichele Jordan ; Schott Julian Louis ; Zanier Tristan.

 

Certificat d’aptitude professionnelle agricole Jardinier paysagiste

Adam Anthony ; Backert Romain Gilbert Charles ; Baltzinger Vincent Paul Alfred ; Baltzli Jordan Georges Christian Sévérino, assez bien ; Beaugey Michael François Emmanuel ; Beyl Arnaud Georges, assez bien ; Blanche Thibaut ; Bohnert Mathieu Claude Albert ; Bronner Dominique Charles Albert ; Bucher Lorenzo Désiré ; Burgard Yann Robert Charles ; Chaux Matthieu Laurent, assez bien ; Decker Charlène ; Denis Telly Alain Pierre ; Deutsch Thibaut Charles André, bien ; Ditz Thomas Nicolas, assez bien ; Ducret Aurélien Lucas, assez bien ; Dugast Adrien Fabrice Frédéric Christian, bien ; Ehretsmann Jean Robert, assez bien ; Fath Benjamin Olivier ; Fischer Jérémy Dominique, assez bien ; Frantz Jérémy Jacky ; Freppel Théo Daniel Charles, assez bien ; Galland Romain Hugo Adrien ; Garcia-Ruiz Paco, bien ; Giardino Lucas Robert Donato, bien ; Gilli Florent Gilbert, assez bien ; Gobinet Kevin Philippe José ; Gross Bryan Thomas, assez bien ; Haenel Gregory ; Halter Raphaël, bien ; Hamm Alan Martial Freddy, très bien ; Heckmann Alexis Eugène Joseph ; Herrmann Léo Jean Alfred, assez bien ; Holder William, bien ; Hornberger Hugo Jean-Marc ; Huckel Kévin, bien ; Joerger Sylvain, assez bien ; Karadimitropoulos Alexandros Christos, très bien ; Koell Adrien Frédéric Marcel ; Kone Kader Aboubacar ; Krieger Hugo Pierre Albert, bien ; Kuntz Florian, bien ; Lammer Eden Alexis, assez bien ; Laurent Hugo Marcel ; Lienhard Valentin Marc, bien ; Maire Léo ; Pitois Felix ; Riedinger Yann Jonathan, assez bien ; Riegel Loïc, bien ; Roecker Lucas, assez bien ; Saint Paul Ludovic Patrice, très bien ; Schaeffer Yanis Pasquale, assez bien ; Wenz Alexis Valentin, assez bien ; Werler Julien Jean- Pierre Bernard, bien ; Wiesner Maxime Jean-Marc, assez bien ; Willmann Enzo, assez bien ; Woelffel Nicolas Mathieu ; Zimmer Jonathan Jean-Pierre Paul, bien.

 

Métiers de l’agriculture

Alt Téo, bien ; Biache Florian Mathieu, assez bien ; Buchel Julien Patrick, assez bien ; Durner Victor, assez bien ; Ercker Brigitte, très
bien ; Fritsch Marina Alice ; Gander Romuald ; Haumesser Maxime Gérard Martin, très bien ; Herrmann Kimberley Denise Geneviève ; Huber Kévin ; Jung Joana ; Krumb Fabian Raymond, bien ; Kunegel Camille, assez bien ; Lelievre Cindy Jessica, assez bien ; Methia Thomas André Gilbert, bien ; Meyer Ronan Alfred Hubert ; Oppermann Marceau Victor Florent ; Perose Jean Joseph Robert, bien ; Reyss Sarah Katia, très bien ; Riegler Joffrey, bien ; Roessler Ludovic Eugène Marcel, bien ; Roucher Thomas Simon Louis Eugène, assez bien ; Rusch Gaetan ; Schaal Tanguy Marcel, assez bien ; Schneider Meyer Benoît, bien ; Schuhmacher Maxime, bien ; Sorgius Matthieu Jean, bien ; Utard Xavier, bien ; Voltz Mike, assez bien ; Winckel Jérémy Jean-Marc, bien.

 

Palefrenier soigneur

Chapelle Clara Marie Evelyne, assez bien ; Kieffer Alicia, assez bien ; Kuhn Pauline Jeanne Louise, bien ; Kury Amelie Charlotte, bien ; Masson Kathleen, assez bien ; Mertz Lucille ; Raye Maeva, bien ; Stumpf Mélanie Julie ; Vanovermeir Lucie Delphine, assez bien ; Zibel Léa Victoria, bien.

 

Service aux personnes et vente en espace rural

Bourlett Romane ; Durringer Fany ; Fath Ludovic Georges Etienne ; Karcher Océane Denise Marie, bien ; Lallement Célia ; Ryckembeusch Marie Lydie Virginie, bien ; Sanchez Justine Véronique Liliane, assez bien.

Conseil départemental du Bas-Rhin

Nouvelle passe d’arme autour du Salon de l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 11/07/2019

On s’y était presque habitué. Depuis que Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert sont partis en croisade pour ressusciter une collectivité locale d’Alsace, le Salon international de l’agriculture de Paris (Sia) est devenu un champ de bataille politique. En cause ? L’absence d’un espace « Alsace » séparé du Grand Est. Tout un symbole. En 2018, les présidents du Bas-Rhin et du Haut-Rhin avaient brillé par leur absence lors de la cérémonie inaugurale du stand Grand Est. Cette année, la création de la future Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a animé les travées du Sia. 2020 pourrait être l’année de la scission.

« Nous souhaitons être présents au prochain Salon de l’agriculture. » La phrase, presque anodine, lâchée par Frédéric Bierry a suffi à mettre le feu aux poudres. Deux semaines après l’adoption de la loi relative aux compétences de la CEA, les présidents des Départements alsaciens passent à l’offensive. « Avec la CEA, on retrouve notre capacité de gestion de la marque Alsace (officiellement prérogative de la Région) », justifie l’élu. Dès lors, il croit légitime d’installer à Paris son propre stand siglé « Collectivité européenne d’Alsace ».

« Ce sera la guerre des tranchées »

Sous quelle forme ? Pour l’instant, l’heure est à la réflexion. Certains murmurent que les deux élus voudraient s’installer dans le Hall 4, dédié aux organismes professionnels et institutionnels (syndicats, ministères…). Cela leur permettrait de s’affranchir de la Région. Petit hic : le prix. Au moins 300 000 €. Le montant fait tiquer l’entourage du président. Autre option, moins chère celle-là : un relooking du stand Alsace au sein de carré Grand Est. Mais dans ce cas impossible d’afficher des banderoles « Collectivité européenne d’Alsace ». Pour cause, c’est la Région qui finance une grande partie de l’espace.

Frédéric Bierry, sourire aux lèvres, laisse planer le doute sur ses intentions. Une manière de tester les réactions de la Région. Bingo. La contre-attaque ne se fait pas attendre. Et elle vient du plus haut niveau. « Avec Jean Rottner nous avons été très clairs. L’Alsace fait ce qu’elle veut tant qu’elle reste dans le cadre du Grand Est », allume Patrick Bastian, président de la commission Agriculture à la Région. Le conseiller régional prend pour exemple la Moselle. Le Département subventionne de manière indépendante certaines actions de promotion de son terroir, mais il reste dans le stand de la Région. Et si l’Alsace s’obstine à fuir la maison Grand Est ? « Alors ce sera la guerre des tranchées », avertit l’élu. Le Salon 2020 s’annonce chaud.

Sortie Conseil départemental - Chambre d’agriculture d’Alsace

L’emploi : une priorité sous contrat

Vie professionnelle

Publié le 10/07/2019

Cinq pages et autant d’axes de travail. Le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture ont officialisé leur contrat d’objectifs, mardi 9 juillet. Le document qui les lie jusqu’aux élections départementales de 2021 vise notamment à améliorer la gestion du foncier agricole, booster les circuits courts, épauler les nouveaux installés… et favoriser l’emploi. Un souci commun aux deux assemblées. « L’agriculture a besoin de main-d’œuvre et nous, nous voulons sortir par le haut nos concitoyens les plus fragiles », observe Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, très actif sur la thématique de l’emploi. Ce constat posé, le Département et la Chambre d'agriculture ont intérêt à chercher des solutions ensemble.

Cumul RSA-salaire pour toutes les filières

Première annonce : les services départementaux étendent le dispositif de cumul du RSA et d’un salaire à toutes les activités saisonnières agricoles. Ce programme vise à remettre les bénéficiaires du RSA sur la voie de l’emploi. Et pallier le manque de bras dans les champs lors des coups de bourre. Lancé lors des vendanges 2018, puis étendu aux asperges en avril, le concept fait recette. « Depuis le 1er janvier nous avons reçu 73 demandes d’agriculteurs dont vingt ont été pourvues et se sont traduites par des contrats d’au moins une semaine », souligne Sébastien Libbrecht, responsable du service formation-emploi à la Chambre d'agriculture. Mieux. Déjà 76 viticulteurs se sont rapprochés de lui en prévision des vendanges. Désormais, les allocataires du RSA pourront postuler à toute filière sous tension. Fraises, houblon, tabac… L’objectif annoncé : constituer un vivier de 150 à 200 candidats potentiels.

Mais ce dispositif souffre d’un sérieux handicap. Près de 75 % des bénéficiaires sélectionnés n’ont pas de véhicule. « Difficile d’être à 7 h dans les champs si on doit faire 15 km à pied pour y aller », résume Sébastien Libbrecht. Résultat : certains allocataires renoncent à répondre à des annonces trop éloignées de leur domicile. Autre souci, la plupart des candidats ne sont pas rodés aux tâches agricoles. Ils découvrent le métier une fois sur place. D’où un taux d’abandon de 30 %. Le dispositif ne résoudra pas à lui seul le manque de main-d’œuvre dans les fermes.

Boîte d’intérim agricole

Le monde agricole ne se résigne pas pour autant. Il dégaine une nouvelle idée. Six organismes professionnels (Chambre d'agriculture, MSA, Service de remplacement, syndicats, Germa) vont créer un groupement d’employeurs d’ici la fin de l’année. Le concept ? « Une sorte de boîte d’intérim agricole », illustre Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA. Cette entité sera chargée de recruter et former des travailleurs agricoles. Elle proposera ensuite leurs services aux agriculteurs de toutes les filières en Alsace. « L’idée c’est de proposer des salariés qualifiés », enchaîne la responsable de la mutualité.

Le projet suit un calendrier précis. Statuts déposés fin 2019. Premiers recrutements et formations début 2020. Tout doit être prêt pour avril. « Nous voulons inaugurer ce service pour la saison des asperges », explique David Herrscher, président de la MSA. Les cofondateurs se donnent trois ans pour atteindre la stabilité économique. Et le Département là-dedans ? Il devrait voter une subvention de démarrage de 40 000 € à l’automne. Frédéric Bierry l’assure : « Sur ces sujets, il n’y a pas de problème, on y va. » Reste à trouver les candidats.

43e remise des prix de l’enseignement agricole du Bas-Rhin

« Des fiertés bien placées »

Vie professionnelle

Publié le 09/07/2019

Christian Schott, président du service formation emploi à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), a accueilli les élèves bas-rhinois les plus méritants, mardi 2 juillet à la Maison de l’agriculture. Un lieu destiné à devenir « leur maison » et dans laquelle il fait bon vivre, parce qu’il y règne « cette chaleur, qui n’écrase pas mais qui, au contraire, nous vivifie tous », a souligné Christian Schott. Il a rappelé « la collaboration étroite, intelligente et amicale » qui lie les professionnels et les établissements d’enseignement et de formation agricole. Puis il a relevé « les sourires, les fiertés bien placées, l’enthousiasme communicatif » de ces jeunes.

Un liant économique et social du territoire

« Agriculture, viticulture, élevage, maraîchage, horticulture, paysage, activités équestres, service à la personne ou en milieu rural, gestion de l’eau, faune et flore, tous ces secteurs sont impactés par des changements rapides et profonds ». Aussi les nouveaux élus de la CAA doivent se mobiliser pour répondre aux enjeux qui voient le jour.

Le premier est de garder et consolider une relation de proximité à travers les circuits courts et de créer de la valeur ajoutée dans les filières plus longues. « Nos professions sont un liant économique et social du territoire ».

Par ailleurs, il faut « savoir plus et mieux communiquer sur nos activités, nos métiers, nos pratiques, sans langue de bois. Car notre société a besoin d’être éclairée, rassurée et invitée à partager nos valeurs. »

Donner du sens

Enfin, troisième enjeu relevé par Christian Schott : l’innovation. « La nouveauté, c’est vieux comme le monde, disait Jacques Prévert. L’innovation est permanente et quand elle fait avancer l’humain, on l’appelle le progrès. Notre alimentation, notre consommation, nos liens à la terre, notre relation au travail, la place donnée aux personnes âgées ou différentes, la place de la technologie dans nos systèmes sont autant de pistes qu’il nous faut explorer. »

Christian Schott a invité les élèves méritants des établissements agricoles à relever ces défis en intégrant la « famille agricole ». « Si vous contribuez à ces enjeux par votre activité, vos choix, vos engagements d’entreprise ou de professionnel, vous donnerez du sens à ce que vous faites. C’est l’énergie la plus précieuse de votre vie. »

 

 

Filière porcine Alsace

Une seule solution : la contractualisation

Vie professionnelle

Publié le 04/07/2019

Sur le principe, tout le monde est d’accord. Une filière porc 100 % Alsace aurait toutes les chances de trouver son public dans les supermarchés régionaux. Mais cela implique de contractualiser des volumes. Et là, tout le monde se tire dans les pattes. C’est en quelque sorte ce qui ressort de la table ronde organisée par l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) lors de son assemblée plénière, fin juin.

L’Aria et les éleveurs partent d’un constat simple. À peine 20 % de la viande de porc consommée en Alsace est produite ici. La marge de progression est énorme. Les opportunités économiques aussi. « L’Alsacien est chauvin, il achète le sucre Erstein pour son nom », témoigne Franck Sander, président de la FDSEA 67. Alors pourquoi pas du jambon ?

Pas de filière sans contrats

Pour monter une filière locale, les partenaires doivent définir des bases solides. Notamment un cahier des charges complet. « Tous les segments de la chaîne doivent être contrôlés, plaide Daniel Muller, directeur général de la charcuterie Metzger Muller et trésorier de l’Aria. Races, transport, transformation, politique commerciale de la grande distribution… » Et qui dit cahier des charges, dit contrat. Avec un prix des matières premières fixes. Et là, c’est la cacophonie.

Les agriculteurs militent depuis longtemps pour signer des contrats. Car « tous les deux-trois ans, les producteurs vendent sous leurs coûts de production », estime Jean Kauffmann, président de la section porcine de la FDSEA 67. Comme en 2018. Les cours n’ont jamais atteint le prix minimum d’1,52 €/kg fixé par la loi EGAlim. La faute aux charcutiers ? « On ne se sucre pas sur le dos des agriculteurs, rétorque Daniel Muller. Mais nous, on doit respecter le prix négocié avec la grande distribution. »

Les charcutiers naviguent à vue

Selon le charcutier, le principal obstacle à la contractualisation vient de la méthode de négociation avec les supermarchés. En mars, transformateurs et distributeurs se réunissent pour fixer les prix de l’année. Ce montant se base sur le cours de référence de l’exercice précédent. Sauf que le prix du porc fluctue d’une semaine sur l’autre. En clair : « On doit annoncer des prix sans savoir quels seront les cours des matières premières », résume Daniel Muller. Et certaines années, c’est la catastrophe. Comme aujourd’hui. « En deux mois, le prix du porc s’est envolé de 25 % », se désole Daniel Muller. Les charcutiers doivent baisser leurs marges.

« Il y a deux ans, l’Aria ne voulait pas entendre parler de contractualisation », note Jean Kauffmann. Mais la donne a changé. Avec l’épidémie de peste porcine, la Chine, premier consommateur mondial de porc, a perdu près de 20 % de sa production. D’où la remontée des cours depuis janvier. Si la maladie persiste, les prix pourraient bien se stabiliser largement au-dessus des 1,52 €/kg préconisés par la loi. Aujourd’hui ils tutoient déjà les 1,60 €. Les contrats permettraient aux transformateurs de s’assurer des prix stables toute l’année. Et ainsi négocier avec plus de visibilité avec la grande distribution.

Preuve d’un changement de position, les responsables de l’Aria annoncent qu’ils se pencheront bientôt sur le sujet. « On va se mettre à travailler ensemble », assure Sébastien Muller, responsable de l’association. Il était temps.

Lupstein

Des poules bios pour une nouvelle vie

Élevage

Publié le 03/07/2019

« C’est ma journée », glisse Odile Wendling. Sa voix douce et son visage souriant dissimulent mal une excitation teintée du stress de l’événement. Quelques instants plus tôt, la petite dame a tenu à remercier une par une les personnes qui l’ont aidée ces douze derniers mois. Elle a ensuite coupé le ruban. Car samedi matin, elle inaugure son bâtiment d’élevage de poules bios. Le hangar a été érigé à 50 mètres de l’étable où ruminent les vaches de son époux, Jean-Christophe, aux abords de Lupstein (67). Ces murs de tôle représentent un cap dans la vie professionnelle d’Odile.

 

 

Tout commence l’an dernier. Odile travaille alors comme vendeuse dans le magasin de la ferme Rothgerber, à Traenheim. Son patron lui donne l’idée au détour d’une phrase. Et si elle se lançait dans les poules pondeuses ? Presque une blague. À 47 ans, Odile a déjà un emploi du temps chargé. Un travail, des enfants, la ferme du mari… Et surtout, elle n’y connaît rien en volailles. « Je savais qu’il y avait une grosse demande, alors je lui en ai parlé comme ça, sans trop réfléchir », explique Timothée Rothgerber avec le sourire de celui qui a bien réussi son coup.

D’une plaisanterie à un projet de vie

Mais les mois passent et la boutade ne quitte plus l’esprit d’Odile. La plaisanterie devient une option intéressante. Puis une éventualité sérieuse. Alors un soir, « j’en parle à mon mari et il me dit : « Ben oui, pourquoi pas » », rembobine l’agricultrice. La machine est lancée. Timothée, encore lui, connaît des acheteurs via le groupement d’intérêt économique Alsace Authentique. Il lui présente André Bastady. Cet éleveur de volailles du Sundgau souhaite acheter des œufs bas-rhinois pour fournir les restaurants, boulangeries et supermarchés du département.

« Le feeling est tout de suite passé entre nous », témoigne la future productrice. On la comprend. Le volubile André Bastady attire tout de suite la sympathie. Surtout, il connaît son business. « Seuls 7 % des œufs bios consommés en Alsace viennent d’Alsace, estime l’entrepreneur. On a encore de belles années devant nous. » Son plan ? Ses camions livrent déjà dans l’Eurométropole. Mais une fois la course terminée, ils rentrent à vide dans le Haut-Rhin. « Une aberration écologique », dixit André. Désormais, ses livreurs poursuivront leur route jusqu’à Lupstein et repartiront la remorque pleine d’œufs de l’élevage d’Odile. Affaire conclue. Les deux producteurs signent un contrat commercial.

Pondoirs, caillebotis et jardin d’hiver

Odile a trouvé un client. Reste à construire le bâtiment. En mars 2019, le chantier démarre. Jean-Marc Frobert, gérant de la société BFC Constructions, conçoit un hangar d’une capacité de 9 000 poules selon le système pondoirs et caillebotis. Il installe des trappes aux murs pour que les poules sortent à l’air libre. Du classique.

Sauf le « jardin d’hiver », comme aime l’appeler le constructeur. Une sorte de sas couvert entre le bâtiment et la promenade extérieure. « Depuis la grippe aviaire on en construit de plus en plus », remarque le chef du chantier. Côté promenade, de grandes ouvertures grillagées laissent entrer la lumière. Le rôle de cet espace ? Diminuer le confinement des animaux. « Les volailles peuvent sortir du bâtiment même quand il y a de la neige, vante Jean-Marc. Ce n’est pas tout à fait l’extérieur, mais ce n’est plus l’intérieur. » L’investissement global dépasse le demi-million d’euros.

« J’ai perdu une très bonne vendeuse »

En parallèle, Odile se prépare à son nouveau métier. En décembre, elle quitte son poste de vendeuse chez Timothée Rothgerber. L’agriculteur de Traenheim à l’origine de son projet. Elle crée la structure juridique de sa nouvelle activité. Ce sera l’EARL L’Atelier à œufs. Simple. Efficace. Et puis elle se forme. « André Bastady nous a fait visiter des poulaillers, j’ai beaucoup discuté avec les producteurs. » Elle lit des articles techniques, suit des formations sur les maladies animales à la Chambre d'agriculture. Bref, elle apprend le b.a.-ba de la profession. Ce saut dans l’inconnu ne lui fait pas peur ? « Il faut un certain courage c’est sûr, admet-elle sans fausse modestie. Toute ma famille me soutient, donc ça va. » Ses deux filles de 20 et 18 ans réfléchissent d’ailleurs à s’installer avec elle d’ici quelques années.

Désormais, place à la pratique. Les poules devaient arriver lundi 1er juillet à 12 h 30 précises. Dans son bâtiment encore vide, Odile affiche une sérénité bluffante. « Je me sens bien », confirme-t-elle avec la voix de celle qui s’est repassée l’année écoulée des dizaines de fois. Plus loin, les invités discutent autour de knacks et d’amuse-bouches. Timothée Rothgerber fait mine de regretter : « Finalement j’aurais dû me taire, j’ai perdu une très bonne vendeuse ». Et André Bastady de reprendre à la volée : « Et moi j’ai gagné une productrice ». Première livraison prévue courant juillet.

Circuits courts

Du drive au magasin de producteurs

Pratique

Publié le 29/06/2019

Les agriculteurs des vallées de la Bruche et de Villé naviguent à contre-courant. Alors que la plupart des drives fermiers se développent pour contourner les contraintes d’un magasin physique (horaires fixes, salariés, etc.), les associés du drive de Schirmeck font le chemin inverse. Trois ans après s’être lancés dans la vente de paniers via leur site web, ils ouvrent « Pré d’ici », une boutique en dur à Wisches. Ils ont étrenné leur local samedi dernier.

 

 

Pourquoi revenir à la bonne vieille épicerie quand on a opté pour une plateforme en ligne quelques années plus tôt ? Parce que tout le monde ne s’y retrouve pas avec le web. « Certains clients préfèrent les commerces physiques », explique Daniel Dettling, président de « Pré d’ici » et membre du conseil d’administration du drive fermier. Notamment les plus âgés, nombreux dans les villages autour de Schirmeck. Une génération plus familière des marchés et des supérettes que d’internet. Pour preuve, Jacqueline Huckert, présidente du drive, expliquait en début d’année avoir du mal à fidéliser les clients du troisième âge.

Travailleurs et vacanciers

La vente de paniers pose un autre souci. Elle exclut une bonne partie des travailleurs. Car le point de retrait n’ouvre que le jeudi après-midi. Jusqu’à 19 h. Trop tôt pour les personnes travaillant à Strasbourg ou Sélestat. « Beaucoup de gens nous disaient : "La semaine je ne suis pas disponible" », reconnaît Daniel Dettling. Le producteur de fruits de Westhoffen pointe aussi les clients de passage. « On a beaucoup de résidences secondaires dans la vallée. Des gens qui viennent seulement le week-end. » Une seule solution pour conquérir ces clients potentiels : l’enseigne physique.

Alors à l’automne 2018, c’est voté. Les paysans du drive décident d’ouvrir leur propre échoppe. Reste à savoir où. « À ce moment-là, le magasin de volailles Siebert, à Wisches, s’est libéré », raconte le président. La mairie accepte de louer les 60 mà un prix défiant toute concurrence. Les dix associés rachètent une partie du matériel laissé sur place par l’ancien locataire et mettent un coup de peinture dans les locaux. C’est prêt !

« On a démarré un peu à l’arrache »

La boutique ouvre le vendredi après-midi et le samedi matin. Deux créneaux plus compatibles avec l’emploi du temps des salariés et des vacanciers. Mais pas question d’arrêter le drive. « Les deux structures doivent être complémentaires », témoigne Daniel Dettling. À tel point que les gérants réfléchissent à embaucher une personne sur les deux négoces. Un poste partagé entre la communication autour du drive et la vente en magasin. Car pour l’instant « on s’y colle nous-mêmes », rigole l’agriculteur.

Le retour à une épicerie engendre certaines contraintes. En l’absence d’employé, les paysans se répartissent les permanences derrière la caisse. L’approvisionnement et le stockage demandent aussi du travail. Sans compter les petits soucis quotidiens. « On a démarré un peu à l’arrache, c’était pas parfait, notamment des problèmes de codes-barres », admet Daniel Dettling. Avec le paiement en ligne du drive, c’était un souci en moins. Mais les associés ne semblent pas effrayés. Seul un pâtissier a refusé de se lancer dans l’aventure. « Il préfère produire sur demande (via les commandes en ligne). » Tous les autres sociétaires ont rejoint Daniel.

Stratégie

Passer à la case pâture

Élevage

Publié le 25/06/2019

« C’est juste un plaisir de voir ses vaches se diriger en file indienne dans le chemin qui les amène à la pâture. » Gauthier Christ, associé de l’Earl du Haut-Village, a le sourire en marchant vers la stabulation mise en service en janvier 2018. Ses laitières ont désormais accès à 20 ha d’herbe via une allée centrale créée pour l’occasion. Aux 10 ha de prairies naturelles existants, les associés de l’Earl ont ajouté à la mi-avril 2018 une surface similaire en semant en direct 25 kg/ha d’un mélange de RGA, de trèfle blanc et de fétuque.

 

 

En 2018, les vaches sont sorties en mai et juin ainsi que fin août. Cette année, la mise à l’herbe a eu lieu début mars. D’abord de jour, puis à partir de fin mai, le soir et la nuit. « Nous n’avons pas d’ombre, mais nous allons en récupérer en semant de l’herbe sous 4 ha de peupliers communaux, explique Gauthier. Nous cherchons encore un peu nos marques. Le pâturage au fil 24 heures sur 35 ares pour le troupeau entier marche le mieux. » La difficulté première a été de motiver pour la pâture des animaux habitués à recevoir à l’auge une ration disponible sans effort. « Nous avons passé deux jours à les pousser. Sans grand résultat. Seule une moitié était prête à quitter la stabulation. Le rationnement a permis de faire monter ce taux à 70 %. En général, elles restent deux heures dehors, reviennent à la traite et ressortent. À présent, j’ouvre les barrières, aux vaches de décider. Notre seule intervention va être l’aménagement en tête de logettes d’un couloir de retour obligatoire qui les orientera directement vers la pâture. »

Valoriser une ressource locale

La fréquentation des trois salles de traite a baissé au début de la pâture, mais s’est rétablie à 2,8 passages par vache et par jour. Pour l’heure, Gauthier n’a constaté ni variation de la production, ni des taux. « Les vaches ne mangent pas encore beaucoup d’herbe. Elles consomment environ 20 % de leur alimentation au pré. Sur cinq à six ans, l’objectif est d’atteindre 50 % en période de pousse, au printemps et à l’automne. L’idéal serait une ration de base à 80 % d’herbe sur l’année pour 20 % de maïs purée », précise-t-il. Pour l’heure, la ration est à base d’ensilages (herbe, maïs) et de pulpes avec jusqu’à 8 kg de concentré fermier et de tourteau de soja distribués au robot de traite.

Début 2018, l’atelier a adopté le principe d’une alimentation non OGM. « Nous avons essayé des radicelles d’orge et du corn gluten feed sec. Nous avons arrêté les premiers et sommes revenus à la version humide du second. Le remplacement du tourteau de soja par du tourteau de colza seul a occasionné trop de refus et le changement trop fréquent de ration a provoqué des problèmes de subacidose. Nous avons donc racheté un aliment du commerce avec plus de colza que de soja. Nous le complétons avec du maïs broyé. »

Remettre la pâture au menu des vaches fait partie du projet initial de la nouvelle stabulation des associés. « Notre idée est qu’il faut valoriser la ressource locale. Avec les achats d’herbe sur pied, nous consommons annuellement la production de 200 ha », précise Gauthier. La coïncidence a voulu qu’Alsace Lait qui collecte l’élevage, décide simultanément de payer une prime de 15 €/1 000 l pour que tout le troupeau laitier pâture au minimum 120 jours par an, six heures par jour. « La pâture plaît au grand public, aux vaches et aux éleveurs », résume Gauthier. « Communiquer sur une vache au pré sert l’image de l’agriculture. Mais la prime ne compense pas le surcoût que représente l’implantation de l’herbe, le temps passé à gérer les parcs. En revanche, la pâture diminue le volume d’effluents à épandre et la pression de la dermatite digitée. Nous sommes persuadés que le bilan ne peut que s’améliorer sur la durée. »

Les vidéos