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Nicolas Bernard

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Développement de l’agriculture biologique en Alsace

Le soja bio voit loin

Cultures

Publié le 06/10/2016

N’est pas bio qui veut. Si l’agriculture biologique grappille chaque année plus d’hectares en Alsace (voir encadré), elle reste d’abord une filière de personnes convaincues par la démarche et l’agronomie, et conscientes du travail supplémentaire que cela demande. Car la tentation de se convertir pour bénéficier d’abord des aides à la conversion existe. Et si l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) souhaitent que le « bio progresse », c’est sur des bases solides. « Il ne faut pas aller à l’aveugle dans le bio. Il faut d’abord passer par un pôle d’expertise du pôle conversion de la Chambre qui analysera la solidité du projet. Sinon, c’est le risque d’un échec quelques années plus tard », prévient Véronique Klein, agricultrice bio en Alsace Bossue et présidente de la commission agroécologie à la CAA.

Si l’objectif des 10 % d’exploitations bios en 2020 en Alsace est toujours présent, il ne sera donc pas atteint à n’importe quel prix. « Nous avons déconseillé à certains agriculteurs de se convertir. Économiquement, cela ne tenait pas la route alors que c’est le plus important. Nous pouvons trouver des débouchés pour quasiment toutes les productions, mais cela ne suffit pas. Il faut par exemple bien calculer et optimiser ses charges de mécanisation, forcément plus importantes qu’en agriculture conventionnelle. Dans mon cas, j’ai intégré une Cuma, ce qui permet de mutualiser les moyens, mais aussi de pouvoir souffler de temps en temps », témoigne Véronique Klein.

Aujourd’hui, elle souhaite lever les a priori qui subsistent sur le bio. « Il est temps de sortir de l’image d’Épinal où l’agriculteur fait tout à la main. Le bio est plus technique que le conventionnel ; on doit tout analyser car on n’a pas de moyen de secours. Le bio n’est plus une niche désormais. L’ère philosophique sur le sujet est passée. L’approche est bien plus pragmatique qu’avant », estime-t-elle. Une structure peut ainsi être de taille importante en agriculture biologique, sans pour autant basculer dans l’industrialisation tant redoutée par beaucoup d’observateurs. « À partir du moment où le cahier des charges, le lien au sol et le bien-être animal sont respectés, on peut être grand et bio. Ce n’est pas incompatible », poursuit Véronique Klein. Elle prend comme exemple Lactalis, aujourd’hui très présent sur le marché du lait bio, qui valorise, en moyenne, les 1 000 litres de lait à 450 euros. Et plutôt que de voir une « bulle » se créer autour du bio avec un effondrement des prix à la clé, le groupe laitier ne prend actuellement plus d’agriculteurs en conversion afin « de ne pas surcharger le marché », précise la présidente de la commission agroécologie à la CAA.

« Il faut anticiper »

Un raisonnement qu’applique également l’entreprise allemande Taïfun, basée à Freiburg, qui est spécialisée dans la production de tofu bio. « Nos objectifs de l’année vont être dépassés avec un tonnage plus important que prévu, entre 4 000 et 4 500 tonnes selon nos dernières estimations. Nous reprendrons des producteurs bien sûr, mais d’ici un an ou deux. Le temps de se convertir en somme », souligne Fabian Van Beesten, conseiller culture chez Taïfun.

C’est principalement grâce à cette entreprise allemande que la filière soja bio s’est développée en Alsace. Sur les 29 producteurs de soja bio dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin - pour une surface de 300 hectares -, 12 sont sous contrat avec Taïfun. Parmi eux, la ferme Pulvermühle, à Volgelsheim, convertie en bio depuis les années 1960 et productrice de soja depuis dix ans. Une culture que le gérant de la ferme, Dany Schmidt, soutient fortement après l’avoir « regardée de loin » pendant des années. « Le soja est une culture qui s’enherbe rapidement et facilement. On se disait toujours que le jour où l’on saura avoir des cultures légumières propres, on fera du soja. Et un jour, on a appris. » Ses associés et lui en produisent 20 ha sur les 97 ha que compte l’exploitation.

Comme pour le soja conventionnel destiné à l’alimentation humaine, le soja bio livré à une industrie agroalimentaire doit être le plus propre possible, mais aussi le plus riche en protéines ; c’est en effet le taux de protéines qui détermine le volume de tofu produit. Pour arriver à un soja bio le plus qualitatif possible, un seul mot d’ordre : l’anticipation. Tant pour la préparation du sol, que pour les faux semis, le semis (pas dans des sols inférieurs à 15 °C) et le binage ; ce dernier point étant considéré par Dany Schmidt comme le « nerf de la guerre » pour la conduite du soja. Il recommande d’effectuer un premier binage « à l’aveugle » cinq à six jours après le semis, « dans une bonne fenêtre météo » précise-t-il, puis un deuxième binage quelques semaines plus tard. « Ces deux premiers binages sont déterminants pour la propreté de la culture », explique-t-il.

Pour la récolte 2016, il a dû biner jusqu’à fin juin. « Avec le printemps pluvieux, le travail était plus compliqué, même dans des sols légers comme ici. Après, il faut être clair : le zéro adventice n’existe pas, même si on réussit à faire de très belles choses. » Cette année, le rendement de son soja bio devrait avoisiner les 35 q/ha, avec de bons taux d’humidité et de protéines. De quoi satisfaire le cahier des charges de Taïfun, à cheval sur la qualité du soja qui lui est livré. « Nous appliquons les normes européennes en matière d’agriculture biologique. Mais moi, je suis plus strict. Notre débouché est une voie alternative et de qualité. Je veux conserver cela comme ça », indique Fabian Van Beesten.

16 000 tonnes de tofu en 2030

Si Taïfun se fournit en soja en Autriche, en Franche-Comté, en Bourgogne, dans le Bade Wurtemberg, au sud de Berlin (grâce à des variétés plus précoces), et un peu hors d’Europe, c’est bien le soja alsacien qui offre selon elle les meilleures teneurs en protéines. Un potentiel que souhaitent développer l’Opaba et la CAA dans les années à venir. « Avec la plaine que nous avons en Alsace, on s’est dit que nous devions être en mesure de proposer quelque chose. Le soja a en plus l’avantage de ne pas être cher à produire comparé à d’autres cultures, et bénéficie d’une très bonne valorisation. Et si nous ne produisons pas localement, d’autres le feront », fait ainsi remarquer Dany Schmidt. Un point à ne pas négliger quand on connaît les objectifs fixés par Taïfun pour les quinze prochaines années. De 7 000 tonnes de tofu bio produites aujourd’hui, l’entreprise allemande entend faire monter ce chiffre à 16 000 t en 2030, soit une augmentation de plus de 100 %. Avec un niveau d’exigence toujours aussi drastique.

Toujours à l’image du soja conventionnel, la récolte reste une étape essentielle pour la propreté de la matière première, tout comme le stockage. Dans le cas de Taïfun, ce dernier est assuré par un producteur de soja allemand situé à quelques kilomètres de l’usine de production. « Il assure le nettoyage, le stockage et le séchage », précise Fabian Van Beesten. « On peut par contre nettoyer une première fois avant la livraison s’il y a beaucoup de mauvaises herbes. À partir de 20 % de mauvaises herbes, j’estime que c’est trop et que l’agriculteur doit faire quelque chose. »

Pour obtenir de bons taux de protéines, et donc de bons rendements, Taïfun mise sur des semences choisies par ses soins. Le producteur de tofu bio met un point d’honneur à gérer toute sa filière, dès le semis. « Cela nous permet d’assurer la qualité de notre produit », justifie Fabian Van Beesten. Une politique qui porte ses fruits vu les bons résultats enregistrés d’année en année. Sur les 200 livraisons que reçoit Taïfun à chaque campagne, seules une ou deux s’avèrent manquer de protéines. « Et à chaque fois, cela résulte d’un problème d’inoculation », constate le conseiller culture. De petits désagréments qui n’empêchent pas Taïfun d’entretenir d’excellentes relations avec ses 100 producteurs, tous sous contrat. C’est même un élément essentiel de la philosophie de l’entreprise ajoute Fabian Van Beesten : « Avant l’aspect économique, nous cherchons d’abord à établir des relations humaines, durables et sincères avec nos agriculteurs. Aujourd’hui, je les connais tous personnellement. Quand je m’engage avec l’un d’entre eux, je veux un travail à long terme, avec un plaisir à produire ensemble. Dans une filière comme la nôtre, la qualité doit être à tous les niveaux. »

56es Journées d’octobre et 16e Folie’Flore

Pour les yeux et les papilles

Cultures

Publié le 05/10/2016

Du 6 au 16 octobre, le Parc des expositions de Mulhouse va accueillir la 56e édition des Journées d’octobre (JO) et 16e Folie’Flore. Cette année, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour concocter une offre de manifestation « bien supérieure » aux années précédentes. Du côté de Folie’Flore tout d’abord, devenu incontournable pour tous les visiteurs des JO. « Près de 95 % vont voir les Folie’Flore », indique le directeur du parc expo de Mulhouse, Laurent Grain. L’an passé, ce sont ainsi plus de 145 000 personnes qui se sont émerveillées devant les œuvres créés autour des fruits et des légumes.

Cette année, point de produits maraîchers ou arboricoles en guise de tête d’affiche. Place à l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) qui va réaliser six jardins à thème (« post-apocalyptique », « éco bio », « sauvage », « en nature », « la nature sublimée », « le kiosque flottant ») et six jardins miniatures. Sans oublier un jardin école qui sera réalisé par les élèves de six lycées et CFA professionnels dont celui du Pflixbourg à Wintzenheim. Le tout sur une surface de 850 m2 qui comprendra également le restaurant « éphémère » du chef Henri Gagneux, les jardins des communes et des partenaires comme l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace et le groupement Fleurs et plantes d’Alsace, le jardin des Lapi’Flores gardé par un lapin géant en mosaïculture, le jardin à la française qui accueillera les créations des meilleurs apprentis du Grand Est participant à la Coupe Espoir Interflora, et la boutique de Folie’Flore - une nouveauté de l’année - située à la fin du circuit. À noter aussi de nombreuses animations qui seront distillées au cours de ces dix jours : démonstrations de taille de bonsaï, de fleuristerie, dégustation de jus de fruits, etc.

Une gastronomie 100 % « authentique »

Du côté des Journées d’octobre, on ne change pas une formule qui gagne avec quatre villages : celui des créateurs, celui du jardin, celui de l’habitat et celui dédié à la gourmandise. Avec plus de 100 000 repas servis l’an passé, ce dernier montre à quel point la gastronomie reste une valeur sûre auprès des visiteurs. Et elle le sera certainement encore plus cette année avec l’arrivée d’Alsace Authentique, un groupement d’intérêt économique réunissant seize entreprises agroalimentaires et agricoles alsaciennes. Jusqu’à maintenant présent dans les grandes surfaces pour promouvoir les producteurs locaux, ce GIE intègre désormais les JO avec un concept de restauration inédit 100 % Alsace. « Notre philosophie est le respect de recettes ancestrales, tant dans la préparation que dans le résultat final », explique Hervé Laforêt, vice-président d’Alsace Authentique. Concrètement, leur espace sera divisé en trois parties : une partie restauration assise qui permettra de profiter de plats alsaciens revisités réalisés à partir des entreprises membres du GIE (Poulaillon, Lisbeth, Les pâtes Valfleuri, la Choucrouterie Claude, la Ferme Adam, la Maison Dodin), un coin convivial pour déguster des produits de snacking, et un point de vente des produits utilisés dans la préparation des plats.

La gastronomie, encore elle, sera également présente à travers différents concours culinaires organisés entre professionnels ou particuliers. Pour ces derniers, rendez-vous le samedi 8 octobre avec le Bredala de Mulhouse proposé par la Corporation des boulangers, et le jeudi 13 octobre avec le nouveau concours de l’année : le Paris-Brest revisité. Côté professionnels, la scène accueillera le Jambon d’or et la Deckwurst d’or le dimanche 9 octobre, la Baguette d’or et le Kougelhopf d’or le mercredi 12 octobre.

Confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf

Des bouteilles pleines de valeurs

Vigne

Publié le 16/09/2016

Entretenir la mémoire du Kæfferkopf. Chaque année, la confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf organise une dégustation pour départager les meilleurs représentants du 51e grand cru d’Alsace qui iront alimenter son œnothèque. L’édition 2016 s’est tenue le mardi 6 septembre dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de la commune. Plus d’une vingtaine de dégustateurs (dont une majorité de vignerons issus du village) devaient départager les vins issus des millésimes 2015 et antérieurs.

Pour intégrer l’œnothèque de la confrérie, un vin devait obligatoirement obtenir une note minimum de 7/10. « Seuls 30 % des vins dégustés reçoivent l’estampille », précise le Grand Maître de la confrérie, François Bluem, très attaché aux « valeurs » du Kæfferkopf. « Ce sont des vins fins et élégants, dont l’histoire est vieille de plusieurs siècles. C’est aussi un grand cru qui se caractérise par les assemblages que peuvent faire les vignerons, et par la richesse géologique du sol », poursuit-il. Avec plus 71 hectares, le Kæfferkopf fait partie des terroirs alsaciens qui ont le plus de surface… et le plus de diversité géologique dans le sol. « Le Kæfferkopf a de multiples facettes qu’on retrouve ensuite dans le verre. C’est une vraie richesse », témoigne François Bluem. D’où la nécessité pour la confrérie de conserver dans son œnothèque cette « mémoire précieuse » qui se transmet depuis des siècles sur les coteaux d’Ammerschwihr.

Stand EAV - PHR - Groupama - Chambre d'agriculture d’Alsace

Venez découvrir l’Alsace à table

Vigne

Publié le 08/08/2016

Le Parc agricole se réinvente tous les ans pour surprendre les visiteurs. À l’occasion de la 69e foire aux vins d’Alsace de nombreuses animations gratuites seront organisées sur le stand qui rassemble L’Est Agricole et Viticole, le Paysan du Haut-Rhin, Groupama et la Chambre d’agriculture d’Alsace. Durant toute la foire, venez participer aux dégustations à l’aveugle de produits régionaux pour les enfants, goûter les produits primés au Concours général agricole de Paris, découvrir notre bar à lait, comprendre le fonctionnement d’une ruche. Vous pourrez aussi jouer pour remporter de fabuleux cadeaux pour les petits et les grands.

Les enfants de 3 à 12 ans sont invités à faire parler leur créativité à travers le concours de dessin qui aura comme thème « Dessine-moi l’Alsace dans ton assiette ». Tous les participants recevront un cadeau et les auteurs des plus beaux dessins seront récompensés avec de nombreux lots, dont trois vélos. Les adultes auront l’opportunité de remporter trois week-ends dans le Tyrol autrichien, ainsi que quarante entrées pour Europa-Park. Pour cela, il leur suffira de répondre correctement aux trois questions qui seront posées sur un ordinateur présent sur le stand. Un tirage au sort aura lieu à l’issue de la foire aux vins parmi les bonnes réponses. Toujours présente sur le stand, la roue de la chance de Groupama permettra de remporter des accessoires de prévention.

Ne manquez pas le mercredi 10 août, à l’occasion du « Parc agricole fait sa foire », de nombreuses animations destinées aux enfants sont prévues : démonstrations de peinture au vin, maquillage pour enfants, sculpture de ballons, essais de karts à pédale. Et à 17 h, le très attendu lâcher de ballons sur le stand. Rendez-vous à 16 h 30 pour remplir le carton qui sera accroché au ballon. Pour ne rien rater, suivez toutes les actualités en direct du Parc agricole et de notre stand sur la page Facebook EAVPHR et sur la page de la foire aux vins.

Haag - Semoir ExactEmerge de John Deere

La précision à grande vitesse

Technique

Publié le 06/07/2016

La concession Haag a organisé la semaine dernière une démonstration du dernier semoir de John Deere : l’ExactEmerge. Récompensée par une médaille d’or au dernier Sima et une médaille d’argent au dernier salon Agritechnica, cette évolution du MaxEmerge se caractérise par une cadence et une précision de travail plus élevées que la moyenne. « On peut aller jusqu’à 20 km/h quand on sème avec cette machine », explique le directeur commercial de Haag, Philippe Parmentier. Comment ?

À la différence des semoirs « classiques », la graine est déposée directement au fond du sillon par un balai. Exit donc la gravité pour effectuer cette tâche, et bonjour la rapidité, tout en augmentant la précision du semis. Si la productivité est doublée, l’intérêt pour l’agriculteur réside aussi dans un meilleur respect des fenêtres de semis. « Dans une année comme celle que nous vivons en ce moment, cela représente un réel avantage », ajoute Philippe Parmentier. Ce nouveau semoir ExactEmerge est commercialisé depuis cette année. Cinq ont déjà été vendus en France, dont un en Alsace.

Grandes cultures bios

Du potentiel à développer

Cultures

Publié le 21/06/2016

Quel avenir pour les grandes cultures bios en Alsace ? À l’heure actuelle, cette filière est l'une des moins développée dans la région avec 167 fermes comptabilisées à la fin 2015, pour une surface totale de 3 400 ha. « Elle ne représente que 1,7 % de la SAU alsacienne. C'est un taux faible par rapport au reste de la France où les conversions se multiplient », explique Christophe Ringeisein, chargé du développement de la bio au sein de l'Opaba. On compte actuellement 304 000 ha (+ 33 % en un an) de grandes cultures bios dans toute la France, dont 230 000 ha en céréales. Le reste est partagé entre les oléagineux et les protéagineux. « Plus de 85 % des surfaces bios sont représentées par une dizaine d'espèces. Il y a plus de diversité de production, et donc des débouchés plus divers », poursuit-il. Même si l'Alsace reste pour le moment « en retrait », l'Opaba reste confiante dans l'avenir de cette filière au vu des débouchés potentiels.

920 euros la tonne de soja bio

Déjà évoqué dans nos colonnes, le soja destiné à l'alimentation humaine rencontre un succès toujours croissant auprès des consommateurs, explique Kristina Bachteler, de Taifun. Située à Freiburg im Breisgau, cette entreprise agroalimentaire produit du tofu depuis les années 1980. Après un ralentissement de sa croissance en 2015 dû à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché, elle table sur une croissance de 8 % pour cette année 2016. « On doit développer de nouveaux produits. Pour nous, le marché est là. Nous cherchons de nouveaux agriculteurs prêts à nous fournir du soja bio. Spécialement en Alsace qui est une région à fort potentiel de production et qui a l'avantage de se trouver à proximité de notre usine. » Pour le moment, une douzaine d'agriculteurs alsaciens travaillent avec Taifun. Ils sont tous sous contrat avec l'entreprise allemande. « On fonctionne avec une production contractuelle depuis quinze ans. D'un côté, cela permet aux agriculteurs de connaître le prix de la récolte [NDLR : 920 €/t en 2015] avant de semer, et de l'autre, nous pouvons calculer le volume de soja qu'on va récupérer, étant donné que l'on connaît les surfaces », détaille Kristina Bachteler. Au niveau du cahier des charges, les producteurs doivent livrer un soja contenant au minimum 43 % de protéines et issu des variétés utilisées pour faire le tofu. « Nos producteurs achètent les semences chez nous. Comme ça, on connaît la qualité. Il faut aussi éviter les impuretés et les mauvaises herbes qui créent des problèmes pour notre moulin à soja. »

Organiser les débouchés en amont

Il n'est pas forcément nécessaire de franchir le Rhin pour trouver un débouché viable aux grandes cultures biologiques. Dans la commune de Bians-les-Usiers, à quelques kilomètres de Pontarlier (Doubs), la minoterie Dornier a développé une filière bio il y a quarante ans à côté de sa branche conventionnelle dédiée exclusivement à l'AOC comté. Les céréales bios qu'elle collecte sont aussi bien destinées à la production de farines (pour les boulangeries ou les supermarchés) qu'à l'alimentation animale, son débouché principal. « On s'est développé à travers les troupeaux de vaches allaitantes. Dernièrement, nous avons réussi à impulser une filière de poulet de chair sur tout le Grand Est. Ces trois dernières années, 25 bâtiments dédiés ont été construits », explique le président de la minoterie, Pierre Dornier. La collecte de céréales bios a démarré en Alsace il y a quinze ans, une époque où il n'y avait pas de coopérateurs bios dans la région. Pour l'instant, il n'y a pas de silo de collecte dans le secteur. Une structure de stockage pourrait néanmoins voir le jour dans les années à venir car « le potentiel de volume est là », poursuit Pierre Dornier.

La minoterie Dornier collecte pour le moment 12 000 t de céréales bios et table sur un développement de 8 à 10 % par an. « On voit arriver des vagues de conversion. On sent que commercialement, il y a un engouement. Par contre, nous devons gérer et encadrer les reconversions », souligne Pierre Dornier. « Une année, on s'est retrouvé avec des tonnes d'avoine en plus. Notre volonté est d'intervenir en amont pour indiquer ce qu'il y a à semer afin d'organiser les débouchés », complète Paul Bignon, ingénieur agronome à la minoterie Dornier. Comme chez Taifun, le prix est connu à l'avance (de 380 à 400 € la tonne de blé par exemple) et aucun préacompte n'est versé. Il n'y a par contre pas d'exigence particulière au niveau qualitatif. « Bien sûr, on préfère un blé sec à un blé humide. Mais comment pourrait-on refuser un lot à un agriculteur quand on se dit partenaire ? Nous avons un silo de 46 cellules, un centre de nettoyage, un centre de tri et un séchoir. Avec tout cela, on doit être capable de valoriser toute la production », note l'ingénieur. Il reconnaît néanmoins qu'il faut être un « meilleur agriculteur » en bio qu'en conventionnel pour délivrer une production de qualité. « Et nous sommes là pour l'aider et le former », insiste-t-il. Si le potentiel des grandes cultures bios est « intéressant » avec des prix attractifs, rien ne dit que cela perdurera sur le plus long terme reconnaît Pierre Dornier : « Aujourd'hui, l'industrie de la biscuiterie s'intéresse de plus en plus au bio. Et là, on revient à des problématiques de prix et de marge. Il ne faudrait pas revivre en bio ce qu'on a vécu en conventionnel. »

Lancement de la plateforme internet ApproAlsace

Du producteur au restaurateur

Vie professionnelle

Publié le 18/06/2016

La porte des cantines s'ouvre un peu plus aux circuits courts. Grâce à la nouvelle plateforme internet ApproAlsace initiée par le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68), en collaboration avec la Chambre d'agriculture d'Alsace, le Département du Bas-Rhin, la Draaf et la Région Grand Est, les professionnels de la restauration peuvent désormais commander leurs produits auprès de producteurs locaux. À l'image de n'importe quelle boutique en ligne, l'acheteur n'a qu'à parcourir le catalogue de produits disponibles, les ajouter à son panier, payer, et attendre la livraison de la marchandise par le producteur. À l’heure actuelle, la plateforme regroupe une centaine d'acheteurs (collèges, restaurants, la société de restauration collective Api Restauration…) et une quarantaine de producteurs venus de toute l'Alsace. Tous sont inscrits dans une démarche qualité : Bienvenue à la Ferme, Savourez l'Alsace - Produits du Terroir, Label Rouge, Agriculture Biologique, etc. Un critère « obligatoire » pour tout producteur désireux de s'inscrire sur le site. Tous les types de production sont les bienvenus : fruits, légumes, produits laitiers, volailles, œufs, viandes, poissons, charcuterie, boulangerie, épicerie. Si dans certains secteurs, certaines catégories de produits sont déjà bien représentées (les produits laitiers dans la région de Colmar par exemple), d'autres secteurs sont un peu retraits. « C'est notamment le cas dans le sud de l'Alsace où nous manquons de producteurs, notamment des maraîchers. Le collège de Saint-Louis rencontre encore pas mal de difficultés pour s'approvisionner », souligne Valérie Simon, du pôle Diversification de la Chambre d'agriculture d'Alsace. C'est elle qui a piloté le développement du site, en lien avec tous les partenaires du projet. Celui-ci s'est mûri « lentement » rappelle le président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace, Pierre Lammert. « Il va falloir un peu de temps maintenant pour que cela fonctionne correctement. » Dans les circuits courts, le marché est « énorme » considère de son côté le président du CD 68, Éric Straumann. Le potentiel est effectivement conséquent si l'on additionne toutes les structures de restauration hors domicile (RHD) qui existent en Alsace. « Nous comptons solliciter les maisons de retraite, les maisons pour enfants et les maisons pour handicapés au cours de l'été », annonce Valérie Simon.

« On est payé au juste prix »

Du côté des producteurs, on voit d'un bon œil l'arrivée de cette plateforme d'approvisionnement en produits locaux. « Trouver des clients n'est pas toujours facile quand on est un producteur artisanal. Le temps nous est compté », témoigne Sandrine Gollentz, de la ferme Motsch-Gollentz à Osenbach. Grâce à ApproAlsace, l'exploitation a pu diversifier sa clientèle pour approvisionner aujourd'hui une douzaine de collèges haut-rhinois. Des structures que Sandrine et son mari David connaissent bien puisque cela fait déjà plusieurs années qu'ils travaillent avec eux. « Sauf qu'avant, cela se faisait par fax et coups de fils. Maintenant, tout est plus fluide et centralisé. En un clic, on peut visualiser toutes les commandes et l'ensemble des yaourts à produire. Les relations entre le producteur et l'acheteur sont professionnalisées », poursuit l'agricultrice. L'autre point essentiel mis en avant par David Gollentz est le « coût environnemental » de ces filières courtes. « On parle de Grenelle de l'Environnement. Mais quand voit le lait qu'on livre en laiterie partir à des centaines de kilomètres de son lieu de production, ça n'a pas beaucoup de sens. En valorisant notre lait à proximité, on gagne en cohérence tout en étant payé au juste prix. » Car ici, pas question d'écouler sa marchandise au-dessous du prix de revient ; chaque producteur a la liberté d'établir une grille tarifaire en fonction du type d'acheteur. Et c'est aussi lui qui choisit à qui il est prêt à vendre et à livrer ses produits. « C'est à chacun de dire ce qu'il peut produire, à quel moment, à quel endroit, et à quelle quantité », détaille Valérie Simon. Le seul bémol, c'est que la plateforme n'offre pas la possibilité de gérer ses stocks de manière dynamique. Une option qui nécessiterait des coûts de développement « trop importants » à l'heure actuelle pour voir le jour.

Des produits locaux de plus en plus demandés

Pour le Conseil départemental du Haut-Rhin, la création d'ApproAlsace est une « suite logique » au vu de l'engouement suscité par les circuits courts. « Cela va dans la continuité des actions que nous menons depuis plusieurs années pour la valorisation de cette filière », explique Éric Straumann. En 2013, la collectivité a lancé l'opération « Je mange local, c'est génial » dans les collèges haut-rhinois. Une animation qui consiste à faire découvrir aux élèves de menus réalisés à base de produits locaux. Une formule qui a rapidement séduit les établissements scolaires gérés par le Département : 45 % des collèges haut-rhinois ont participé à l'opération en 2016 alors qu'ils n'étaient « que » 10 % en 2013. Les chefs de cuisine comme les enfants ont plébiscité cette opération à en juger les témoignages recueillis par le Département du Haut-Rhin. Du coup, ApproAlsace est perçu comme un « atout » pour les jeunes estime la conseillère départementale Betty Muller. « Ils pourront ainsi devenir les premiers ambassadeurs de ces produits. » Et être aussi en meilleure santé croît savoir le président de la commission Éducation et Jeunesse au CD 68, Pierre Vogt. Cet ancien professeur de sport met en avant le phénomène d'obésité - de plus en plus présent au sein de la population française - pour étayer ses propos. « La santé du corps passe par l'assiette. Nous devons de ce fait apporter une éducation alimentaire aux jeunes générations. Les produits locaux sont à ce titre les plus sains qu'on puisse avoir. »

Millésimes Alsace

À la découverte de l'Eichberg

Vigne

Publié le 18/06/2016

Les viticulteurs d'Eguisheim ont profité du salon Millésimes Alsace pour faire découvrir un peu plus en détail le grand cru Eichberg à une vingtaine de journalistes, sommeliers et restaurateurs étrangers. « C'est la première fois que nous organisons une telle opération. Je pense que nous avons de sérieux atouts à faire valoir avec ce terroir », commente Yann Beyer du domaine Léon Beyer. Caractérisé par des roches sédimentaires argilo-calcaires et riches en cailloutis, l'Eichberg permet d'atteindre « facilement » une belle maturité sur les raisins. Ces derniers possédant un « potentiel de puissance » très important, souligne Yann Beyer. « Les vins qui proviennent de ce terroir se distinguent par leur bouquet aromatique fruité et une puissance physiologique. Des conditions qui sont idéales pour des pinots gris et des gewurztraminers », indique le viticulteur. Mais depuis quelque temps, ce sont les rieslings qui se distinguent au domaine Léon Beyer. « Nous en avons planté récemment à la place de parcelles de gewurztraminers sensibles au court-noué. De grandes choses en sont sorties avec des vins qui ont beaucoup de caractère et de personnalité. » Parmi les cinq millésimes présentés à la dégustation, le riesling Eichberg de 2008 reste le coup de cœur de Yann Beyer. « C'est celui qui, à mes yeux, présente la meilleure combinaison entre la maturité et l'acidité », ajoute le vigneron.

Le 12 juin au Cref de Colmar

13e Rendez-vous des vignerons bios d'Alsace

Vigne

Publié le 12/06/2016

Pour sa 13e édition qui aura lieu le dimanche 12 juin, le rendez-vous des vignerons bios d'Alsace investit le Cref de Colmar, en lieu et place du château de la confrérie Saint-Étienne, à Kientzheim. Un choix motivé par l'organisation, le lendemain au Parc des expositions de la ville, de la nouvelle édition du salon Millésimes Alsace, piloté lui par le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). « On voulait se rapprocher de cet événement pour créer une certaine dynamique. On verra bien si ça fonctionne », explique Martine Becker, vice-présidente de l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (Opaba), et viticultrice bio à Zellenberg. 

Si le lieu change, la philosophie reste la même : faire découvrir la qualité et la diversité des vins bios et biodynamiques alsaciens. Un moment « d'échange » dénué de toute ambition commerciale (on ne peut que déguster, pas acheter) destiné aussi bien au grand public qu'aux professionnels de la vigne. « C'est une possibilité pour des vignerons conventionnels de venir découvrir ce qui se fait pour éventuellement se convertir », souligne le directeur de l'Opaba, Joseph Weissbart. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à franchir le pas dans la région. À la fin 2015, on comptait 280 viticulteurs bios en Alsace contre une cinquantaine seulement en 2003. Un phénomène qui est parti pour durer à en juger les études récentes sur l'agriculture biologique en France. « Sur tout le territoire, on observe une augmentation constante des achats en vin bio », poursuit le directeur de l'Opaba. « C'est même devenu un facteur d'attractivité sur la route des vins d'Alsace », complète Martine Becker.

Des accords mets vins « surprenants »

Un atout de plus pour les organisateurs de cette manifestation qui espèrent attirer au moins autant de personnes que l'an passé (plus de 500 avaient fait le déplacement). Un objectif qui devrait être atteint au vu du programme de la journée. Outre les dégustations libres des vins (130 références réparties en six espaces distincts) encadrées par la quarantaine de producteurs présents, les visiteurs pourront assister à 11 h 30 à une conférence sur « Les splendeurs viniques de l'Alsace à travers les âges », animée par l'historien passionné de vins, Claude Muller. L'occasion de découvrir douze vieux millésimes bios grâce à l'atelier de dégustation qui aura lieu en même temps. À 14 h, le spécialiste en connaissance des terroirs et dégustations, Jacky Rigaux, animera une conférence sur les « Vins et la géo-sensorialité ».

À 15 h 30, l'atelier « Mets et vins » plébiscité les dernières années sera reconduit. Il sera animé par le Meilleur sommelier de France 2006, Pascal Léonetti, avec, au menu : un muscat d'Alsace 3 Châteaux 2014 accompagné d'une tartelette à la cerise et à la cébette ; un riesling grand cru Altenberg de Bergbieten 2010 accompagné d'un tartare d'asperges, d'oignons rouges et d'herbes fraîches ; un pinot gris Blosenberg 2008 avec un sablé aux noix, un confit d'échalotes et un fromage frais ; un gewurztraminer grand cru Zinnkœpflé 2004 et un cupcake tex-mex ; un riesling grand cru Schlossberg Vendanges tardives 2005 et un moelleux aux amandes, citron et safran ; et un pinot gris Rimelsberg VT 2008 et une tartelette à l'abricot et à l'amande. Cet atelier étant limité à 100 personnes, il faut préalablement réserver auprès de l'Opaba, soit par e-mail, soit par téléphone. Enfin, le vigneron Jean-Pierre Frick animera à 17 h l'atelier « Pinots blancs, d'où viennent-ils ». « L'idée est de comparer ce cépage qui n'a pas toujours bonne presse avec d'autres vins blancs français. On pourra se rendre compte qu'il a plus de potentiel qu'on ne croit au regard de ce qui se fait sur le marché », détaille Martine Becker.

2e salon Agriculture de demain

Des « clés » pour l'avenir

Technique

Publié le 11/06/2016

Regarder vers l'avenir et faire fi des « divergences ». Pour le directeur d'Alsace Bio (qui a organisé la manifestation aux côtés d'Arvalis-Institut du végétal et de la Chambre d'agriculture d'Alsace), Maurice Meyer, le deuxième salon Agriculture de demain qui s'est déroulé la semaine dernière à la ferme de la Judenmatt, à Rouffach, démontre que les innovations technologiques appliquées à l'agriculture vont au-delà des « clivages » classiques entre le bio et le conventionnel. « Nous avons la chance dans notre région d'avoir des gens qui savent travailler ensemble. Nous avons 90 % de points communs. Il faut en tirer parti pour dessiner les contours de l'agriculture que nous voulons pour les prochaines années. »

Que ce soit au cours des démonstrations de matériels innovants, des conférences ou des tables rondes, ces deux journées ont fait l'étalage de ce à quoi pourrait ressembler les agricultures grâce à l'apport des technologies, qu'elles soient robotiques, mécaniques ou informatiques. Des techniques qui ne sont « pas réservées » à l'agriculture biologique, considère le président de l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (Opaba), Julien Scharsch. « Il est indispensable de les faire découvrir à tous », estime-t-il. Des technologies qui permettront, selon lui, à l'agriculture de demain de devenir une agriculture qui saura préserver les ressources naturelles, quelle que soit l'étiquette que l'on met sur cette agriculture. Une évolution qui passera nécessairement par la « technicité » et « l'investissement humain ».

« Ce sera une agriculture de la collaboration, une agriculture solidaire qui fera avancer tout le monde dans le même sens », annonce Julien Scharsch. Des propos appuyés par le président de la CAA, Laurent Wendlinger. « Ces nouvelles technologies doivent être accessibles au plus grand nombre. Notre agriculture n'a en effet plus le choix de devoir s'adapter et se moderniser. » Mais ces nouveautés, ces technologies ont un coût encore assez élevé pour certaines d'entre elles. Dans le contexte actuel, c'est un critère qui pourrait refroidir bon nombre d'exploitants d'expérimenter ces nouvelles solutions. Lucide sur cette réalité, Laurent Wendlinger invite les agriculteurs à se tourner vers les Cuma ou les GIE pour mutualiser les moyens de production. Des structures qui « assurent l'accès aux nouveautés et aux performances. »

Une « vision du futur » pour les lycéens agricoles

Le président de la CAA voit également dans ce salon la possibilité de « trouver des clés » pour « ouvrir » de nouvelles possibilités de développement. « Cela doit nous permettre, entre autres, de nous adapter aux enjeux de demain. » Mais aussi aux variabilités de plus en plus importantes du climat. Si l'année 2016 se caractérise pour l'instant par une accumulation des précipitations, il ne faut pas oublier la météo sèche et chaude de 2015 qui a mis en exergue l'importance de l'irrigation en Alsace. Une thématique placée au cœur de ce deuxième salon Agriculture de demain qui a su trouver son public, vu le taux de fréquentation enregistré.

« Nous avons accueilli 987 visiteurs, dont une belle majorité d'agriculteurs. Malgré la météo capricieuse, les gens se sont déplacés », souligne Maurice Meyer à l'issue de la manifestation. Cela reste tout de même inférieur à la fréquentation enregistrée en 2014, au cours de la première édition. « On avait accueilli 1 200 visiteurs. Mais nous avions un programme spécial viticulture qui avait intéressé de nombreux professionnels spécialisés, ce qui n'était pas le cas cette année », relativise-t-il. À noter en revanche cette année la forte présence des lycées agricoles, dont celui de Rouffach qui a participé à l'organisation logistique. « Ces jeunes, c'est la relève de demain. Leur présence est capitale. Nous devons leur permettre d'accéder à une information concrète sur les évolutions du monde agricole et leur donner une vision de leur futur professionnel », ajoute-t-il.

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