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Nicolas Bernard

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Syndicat des producteurs de crémant d’Alsace

Un record et des recours

Vigne

Publié le 15/03/2017

Malgré deux avis favorables du Conseil d’État, les producteurs de crémant n’ont pas terminé leur combat qui les oppose aux IGP souhaitant produire des vins effervescents. Sur les huit recours engagés par la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémants (FNPEC), seul le cahier des charges de l’IGP Méditerranée a été autorisé (lire notre édition du 23 décembre 2016). Une décision « surprenante » pour le directeur du Syndicat des crémants d’Alsace, Olivier Sohler. « C’est quand même une IGP qui s’étend de Lyon à Ajaccio, avec une centaine de cépages. Et, bien sûr, l’ensemble des cépages alsaciens possible. Quid aussi des liens au terroir ? » Quid également des vins effervescents produits sous la bannière IGP (Coteaux de Tannay, Côtes de la Charité, Coteaux de l’Auxois, Vins des Allobroges, Comté Tolosan, Coteaux de l’Ain et Pays d’Oc) et dont les cahiers des charges ont finalement été annulés par le Conseil d’État ? La décision du 14 décembre 2016 étant rétroactive, aucune de ces étiquettes ne devrait être disponible sur le marché. « Ces vins ne peuvent plus être écoulés. C’est pour cela que la fédération nationale a fait appel à un avocat afin de faire retirer les bouteilles en circulation », poursuit Olivier Sohler.

Du « gardien du temple » à « l’auberge espagnole »

Si le « club » des crémants n’a pas hésité à monter au créneau pour défendre ses intérêts, il n’est pas non plus un cercle « fermé » tient à préciser le président du Syndicat des producteurs de crémants d’Alsace, Jacques Cattin, également vice-président de la FNPEC. « À la fédération, on n’a rien contre ces IGP. Mais si elles veulent avancer et se monter, elles doivent le faire avec une certaine éthique. On doit choisir sa méthode de prise de mousse au lieu de vouloir en faire cohabiter deux qui n’ont pas du tout le même coût de revient. Si une région travaille à 95 % en cuve close, et à 5 % en méthode traditionnelle, sur quoi va-t-elle communiquer au final ? On ne peut pas accepter ce genre de situation », commente-il. S’il regrette que le litige qui a opposé la FNPEC et plusieurs IGP ait dû se terminer devant les tribunaux, le président du Syndicat des crémants d’Alsace déplore encore plus la position de l’Inao dans ce dossier. « Je ne comprends plus leur philosophie. D’un côté, nous avons des viticulteurs qui acceptent des cahiers des charges, et se soumettent à de nombreux efforts. Et de l’autre, ces IGP effervescents sont soutenues par un organisme qui était autrefois le gardien du temple, le garant de nos appellations. Aujourd’hui, il ressemble davantage à l’auberge espagnole », ironise-t-il. Pour autant, ce dernier reconnaît que, dans l’intérêt de la balance commerciale française, il vaut mieux produire « local » que d’importer des vins effervescents provenant d’autres pays. « Oui pour une production nationale, mais cela doit d’abord se faire dans le respect des régions en place. »

« Occupons-nous d’abord de notre maison »

Des régions certes unies sous une même bannière, mais encore très inégales quant à leurs volumes de production respectifs. Une situation que plusieurs AOC - à l’image de la Loire et de la Bourgogne - souhaiteraient voir évoluer dans les prochaines années, moyennant la création d’un fonds national permettant d’augmenter les volumes produits. Une perspective d’ores et déjà rejetée par le Syndicat des crémants d’Alsace, en tout cas pas telle qu’elle est envisagée à l’heure actuelle, à savoir une contribution proportionnelle au volume produit au sein de chaque AOC. « Pour nous, les choses sont claires : avec 300 000 hl, on est au taquet. Au-delà, on mettrait en péril les alsaces tranquilles. Ensuite, nous n’avons pas à contribuer aux 260 000 premiers hectolitres. Je tiens à rappeler qu’on est arrivé là où on est sans aucune aide. De plus, on ne maîtrise ni le prix, ni la mise en marché. Alors je pense qu’on serait bêtes d’alimenter ce fonds. Cela reste nos concurrents, il ne faut pas l’oublier. Oui, c’est important de faire des choses en commun, mais occupons-nous d’abord de notre maison », tient à clarifier Jacques Cattin pour sa dernière intervention en tant que président du Syndicat des producteurs de crémants d’Alsace. Conformément aux statuts, ce dernier va prochainement laisser la place après deux mandats « riches » de quatre ans. « C’était une belle mission pendant huit ans. Au cours de cette période, notre syndicat a su conserver tout son rôle et toute sa pertinence. Notre appellation a progressé à tous les niveaux, et est aujourd’hui en pleine forme. On a même atteint un nouveau record de production en 2016 avec 295 233 hl. C’est de bon augure pour les prochaines années », conclut-il.

Projet Interreg InvaProtect

30 « experts » contre les bioagresseurs invasifs

Vigne

Publié le 06/03/2017

Pas de frontières pour les bioagresseurs. Qu’ils se nomment Drosophila suzukii, flavescence dorée, punaise diabolique, cicadelle de la vigne ou sharka, ces organismes constituent un problème de plus en plus inquiétant pour les vergers et les vignes du Rhin supérieur. Qu’on soit en Alsace, en Allemagne ou en Suisse, le phénomène se mesure avec la même intensité jusqu’à provoquer des dégâts parfois considérables. Les pertes de récolte des fruits à noyau et de raisins liées à la Drosophila suzukii en 2014 sont encore dans toutes les mémoires.

Afin de ne plus revivre des épisodes aussi douloureux, le projet transfrontalier InvaProtect a vu le jour en 2016, sous l’impulsion du LTZ-Augustenberg, afin d’étudier les moyens de lutte « durables » contre ces bioagresseurs invasifs, avec une attention toute particulière portée à la drosophile. Trente partenaires d’Alsace, de Suisse et d’Allemagne se sont réunis afin d’aboutir à un concept global de conseils de lutte à l’attention des acteurs concernés dans la région du Rhin Supérieur, sur la base de programmes de mesures de lutte intégrée spécifiques aux cultures. Leur dernière session plénière s’est déroulée le 23 février, dans les locaux de la Chambre d'agriculture d’Alsace à Sainte-Croix en Plaine. Une réunion entièrement bilingue qui a permis aux intervenants de partager leurs travaux, menés pendant un an.

Ce projet transfrontalier a été amplement salué par Jacques Cattin, élu à la CAA, conseiller régional du Grand Est, mais « surtout viticulteur », comme il a tenu à le rappeler. « Les producteurs comme moi ne veulent plus revivre des moments aussi difficiles qu’en 2014. C’est pourquoi la profession agricole apprécie particulièrement que des experts de trois pays unissent leurs efforts pour établir une stratégie de lutte efficace. » Pour y parvenir, ces spécialistes disposent d’un budget de 4,2 millions d’euros, dont un soutien de 2 M€ du Fonds européen de développement régional (Feder) via le programme de coopération transfrontalière Interreg V Rhin supérieur. La fin des travaux est prévue pour 2018 avec - tout le monde l’espère - des solutions concrètes pour lutter contre ces bioagresseurs invasifs.

Rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace

La fédération régionale est sur les rails

Vie professionnelle

Publié le 01/03/2017

Un dispositif « simplifié » pour gagner en efficacité. C’est le vœu pieu de la nouvelle Fédération régionale des Cuma Grand Est, créée en juin 2016 et active depuis le 2 janvier 2017, qui regroupe 506 Cuma de huit départements de la région Grand Est (la Meuse et les Vosges n’en font pour le moment pas partie). Lors du rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace qui a eu lieu le 8 février dernier, le président de cette nouvelle entité, Matthieu Goehry, a souligné l’intérêt qu’avait l’ensemble des Cuma départementales à se regrouper aujourd’hui sous une même bannière. « Avec la réorganisation territoriale entérinée en 2016, nous devions nous aussi évoluer pour nous adapter à cette nouvelle donne. Désormais, le Conseil régional, la Draaf ou nos financeurs n’ont plus qu’un interlocuteur en face d’eux. » Exit donc les anciens échelons départementaux ou régionaux. Place désormais à la FRCuma Grand Est, une entité qui entend devenir la référence sur la mécanisation et l’organisation collective des exploitations agricoles. « Nous devons pour cela construire et affiner notre autonomie financière pour être véritablement indépendants. Cela passera principalement par les cotisations de nos adhérents et par les prestations de services que nous proposons », détaille Matthieu Goehry.

Fédérer l’existant

Un élément essentiel de cette nouvelle fédération régionale reste le maintien de la proximité avec l’ensemble de ses adhérents. Si le siège est établi à Châlons-en-Champagne, des antennes locales, à travers des sections départementales ou interdépartementales (comme en Alsace par exemple), continueront d’assurer le lien au plus près du terrain. Et afin de ne « pas perdre le fil » avec ce qu’il se passe dans les territoires, la FRCuma Grand Est souhaite renforcer ses structures locales en leur permettant de se concentrer en premier lieu sur le travail d’animation. Une évolution qui satisfait pleinement Hubert Reech, l’animateur des Cuma d’Alsace. « J’ai passé beaucoup de temps ces dernières années sur les aspects administratifs et statutaires. Un travail indispensable, mais lourd, qui prend beaucoup de temps. »

Désormais, ces fonctions supports seront gérées en grande partie par la fédération régionale, sous la houlette de sa directrice, Hélène Hertgen, recrutée spécialement pour l’occasion. « Nos antennes locales doivent vivre le plus possible avec des projets pilotes pour chacune d’entre elles. Il faut qu’il y ait un maximum d’idées qui remonte. C’est grâce à cela que nous pourrons évoluer et répondre aux évolutions souhaitées par les chefs d’exploitations. Il faut que l’on comprenne comment vous fonctionnez pour préparer l’agriculture de demain », indique le président de la FRCuma Grand Est. Autre atout de cette nouvelle fédération régionale, c’est la possibilité pour les différentes Cuma de bénéficier des savoirs et savoir-faire d’autres Cuma. « Nous pouvons mutualiser l’ensemble des compétences de la grande région. Grâce à cela, chacun pourra bénéficier du même service, où qu’il se trouve sur le territoire. Notre idée est de fédérer ce qui existe », conclut Matthieu Goehry.

Employeurs de main-d’œuvre agricole

Pour une convention collective « basse »

Vie professionnelle

Publié le 28/02/2017

C’est un refrain qui revient souvent : les entrepreneurs français déplorent le « manque de visibilité » à long terme dont ils disposent pour gérer leurs activités. D’un côté, des responsables politiques qui mettent en place des dispositifs réglementaires et législatifs censés « faciliter la vie des entreprises », de l’autre, des employeurs qui, pour beaucoup, voient leur quotidien se complexifier davantage. Comme le souligne justement le président de la commission Sociale et Emploi à l’Ava, Stéphane Chaise, être employeur est « de plus en plus difficile et compliqué avec toutes les choses qui changent ». Et ce n’est pas la récente loi El-Khomri qui va simplifier la donne pour le monde agricole. « Nous avons désormais cinq ans pour mettre en place une convention collective nationale. Cela vient percuter notre organisation actuelle qui est articulée autour des FDSEA », explique Morgan Oyaux, sous-directeur emploi à la FNSEA.

Conserver les « spécificités locales »

Le salariat agricole est aujourd’hui régi par pas moins de 140 conventions collectives sur le territoire national, toutes gérées par les FDSEA. Et même si elles sont globalement assez « homogènes » les unes par rapport aux autres, elles restent trop nombreuses aux yeux des responsables politiques. « Il est vrai que 140 conventions collectives, c’est beaucoup et pas très raisonnable. Pour autant, nous souhaitons que les entreprises et les territoires conservent des marges de manœuvre. On ne peut par exemple pas demander à un berger d’avoir les mêmes conditions de convention qu’un salarié dans une exploitation horticole. C’est pour cela qu’à la FNSEA nous voulons une convention collective basse, divisée en six interbranches agricoles, avec des déclinaisons territoriales possibles », précise Morgan Oyaux. Ainsi, les spécificités du droit local Alsace-Moselle seront maintenues selon lui. « Ce n’est pas un problème. Ce que le juge va regarder, ce sont les avantages conventionnels comme la journée de l’employeur », tient-il à rassurer. À l’Ava, Simone Kieffer reste un peu plus sceptique face à cette évolution. « Nos spécificités locales, au niveau national, j’ai bien peur qu’elles ne soient pas bien comprises. L’Alsace, ce n’est pas la Champagne. Chez nous, les vendanges durent d’un à deux mois, quand elles durent en moyenne quinze jours là-bas. » Sur ce sujet, comme sur d’autres, des discussions - et des compromis - seront incontournables comme le rappelle le président de la commission Emploi à la FRSEA d’Alsace, Joseph Lechner. « Oui on doit résister. Mais d’un autre côté, la loi dit quelque chose et nous devons l’appliquer. Au début, on pensait se réorganiser au niveau de la grande région, et finalement cela ne sera pas le cas. Nous devrons faire avec une base commune avec le reste du pays. Par contre, il y a des volets sur lesquels nous avons des choses à faire comme les conditions de travail, l’attractivité de nos métiers ou la fidélisation de nos salariés. C’est à nous de créer une histoire ».

 

Centrales photovoltaïques

De nouvelles opportunités à saisir

Pratique

Publié le 29/12/2016

Des grosses centrales, et toujours autant de rentabilité. Grâce à l’appel d’offres émis au second semestre par le ministère de l’Environnement, les agriculteurs désireux de se créer un complément de revenu peuvent désormais installer des centrales photovoltaïques de 100 à 500 kWc sur des surfaces allant de 650 à 3 000 m2. « Auparavant, il fallait faire des divisions parcellaires. Désormais, il n’y a plus ce problème », explique Philippe Soret, directeur technique d’Electro Concept Énergie, l’entreprise de Rixheim spécialisée dans les installations photovoltaïques, notamment sur des bâtiments agricoles.

3 000 MW supplémentaires en trois ans

Derrière cette mini-révolution, on trouve la volonté du gouvernement de redonner un coup de boost à la filière et ainsi pouvoir atteindre l’objectif fixé de 10 200 mégawatts (MW) d’électricité solaire produite sur le territoire français fin 2019. Un chiffre ambitieux sachant que le parc actuel ne produit « que » 6 700 MW. « Du coup, ce sont 3 000 MW qui doivent voir le jour au cours des trois prochaines années, à raison de six tranches de 500 MW espacées chacune de quatre mois », détaille le directeur commercial d’ECE, Pascal Tran. La date limite de dépôt de candidature de la première période a été fixée au 10 mars 2017, la suivante le 7 juillet 2017 et ainsi de suite jusqu’au 4 novembre 2019. Ce qui veut dire que les personnes ayant un projet dans les cartons ne doivent pas traîner si elles veulent se lancer dans l’aventure.

Comme dans tout appel d’offres, le dossier de candidature sera évalué et comparé à d’autres dossiers. Et seuls ceux qui obtiendront les meilleures notes seront sélectionnés « lauréat » pour être mis en œuvre. « La note finale intègre un volet économique et un volet environnemental ; le critère prix représentant à lui seul 70 % de la note finale », poursuit Pascal Tran. En clair, cela signifie que le tarif d’achat de ces centrales de plus de 100 kWc, contrairement aux plus petites (de 36 à 100 kWc), n’est pas issu d’une grille qui évolue au fil des trimestres. « C’est le porteur du projet qui le fixe. Et plus le tarif proposé est élevé, moins la note finale sera bonne. Il faut donc donner le tarif le plus juste, celui qui permet à l’installation de conserver une rentabilité d’une dizaine d’années, tout en restant compétitif », complète Philippe Soret. Deuxième point : le bilan carbone du projet. Cela sous-entend que plus les modules et films photovoltaïques viennent de loin, moins ils sont « écologiquement » compatibles. « Il y a une volonté de privilégier les constructeurs européens de panneaux. Le marché est en train de se réorganiser autour d’une responsabilité territoriale », poursuit Pascal Tran.

Les 36 et 100 kWc restent rentables

La filière photovoltaïque française conserve donc de sérieux atouts pour se développer dans les années à venir, encore faut-il saisir la balle au bond à temps. D’autant plus que les « traditionnelles » centrales 36 et 100 kWc conservent un réel intérêt économique. Avec des tarifs de rachat actuellement à 11,49 et 12,47 cts/kWh, ces installations offrent toujours à leurs propriétaires un retour sur investissement d’à peine dix ans. « Pour le financement d’un bâtiment agricole, cela reste très intéressant », souligne Pascal Tran. Une rentabilité qui pourrait même s’améliorer dans les semaines à venir ; le gouvernement ayant émis le souhait de contribuer au coût du raccordement pouvant aller jusqu’à 50 % pour apporter un coup de pouce supplémentaire à la filière photovoltaïque française. Sans oublier, les « micro » centrales de 9 kWc qui bénéficient, elles, d’un tarif de rachat de 23,83 cts/kWh et d’un coût de raccordement plutôt faible.

L’autre tendance du moment dans la filière photovoltaïque, ce sont les centrales destinées à l’autoconsommation qui permettent d’économiser plusieurs milliers d’euros chaque année sur la facture d’électricité. Electro Concept Énergie est d’ailleurs sur le point de concrétiser deux projets dans le Haut-Rhin, sur deux bâtiments agricoles : une centrale de 172 kWc sur un bâtiment de stockage, et une centrale de 110 kWc sur un bâtiment d’élevage. « Et dans ce genre de cas il n’y a pas de contrat d’achat, en revanche plusieurs mécanismes de soutien existent pour renforcer la rentabilité des projets », ajoute Philippe Soret.

Filières courtes

Les paysans ouvrent leurs cœurs à Colmar

Vie professionnelle

Publié le 14/12/2016

À l’image d’un beau bébé, le magasin Cœur Paysan, qui a ouvert ses portes mardi dernier à Colmar, n’aura mis « que » neuf mois à se concrétiser. Une naissance qui a été accueillie par plus de 400 personnes - dont au moins 380 clients pré inscrits sur Internet - preuve d’une « attente très forte » estime le président de Cœur Paysan, et maraîcher à Sélestat, Denis Digel. Au départ, il n’y avait qu’une feuille blanche, et la volonté farouche de créer un point de vente fermier dans le Centre Alsace. L’opportunité de racheter les locaux de l’ancien Lidl situé route de Neuf-Brisach s’est présentée. À partir de là, tout s’est enchaîné rapidement, non sans mal. « C’est un vrai challenge qui se concrétise. On a réussi à fédérer au même endroit une grande diversité de productions, et de nombreux agriculteurs qui, pour beaucoup, ne se connaissaient pas entre eux. » Au final, ils sont 35 (dont 30 actionnaires) à avoir dit « oui » à Cœur Paysan. Un magasin de près de 400 m2 qui propose un large éventail de produits alimentaires provenant, à 95 %, d’exploitations situées à moins de trente kilomètres de Colmar. À l’intérieur, un grand îlot « frais » avec les produits carnés et fromagers, trois caisses, et un achalandage disposé astucieusement.

Outre la passion du métier, on trouve derrière chaque produit, une certaine expérience de la vente directe et de la relation au client. Dans le magasin, chacun est responsable de ses stocks et des prix. « Ici, pas de politique tarifaire imposée, chacun fait comme il veut. La seule obligation pour chaque producteur est d’assurer une permanence d’un à deux jours par mois sur le site », tient à préciser Denis Digel. Les locaux sont à disposition, aux producteurs d’en faire bon usage en quelque sorte. Dans cette aventure, ils ne sont pas seuls. Six salariés à temps plein ont spécialement été embauchés pour la gestion quotidienne du magasin, dont un directeur issu de la GMS qui souhaitait s’investir dans un projet « plus humain ». Séverine Haberstzer fait partie de ce nouveau personnel. Forte d’expériences dans la vente dans l’alimentaire et sur des marchés, elle fait partie des « multitâches » de la boutique. « Je peux être au rayon boucherie, comme à la caisse. Peu importe en fait. Ici, il n’y a pas de classe ou d’étiquette. On échange tous ensemble, c’est vraiment plaisant. »

« On gagne en visibilité »

« Alors, comment vous la fabriquez cette farine ? » Le cabas à moitié plein de victuailles « locales », un jeune retraité s’affaire à l’étalage des pâtes sèches et farines produites par Vincent et Sylvain Grass, céréaliers père et fils à Dessenheim. Cela fait quelques années qu’ils se sont lancés dans la transformation d’une partie de leur matière première pour l’écouler en vente directe. Aujourd’hui, ils font partie des 35 producteurs derrière Cœur Paysan. Grâce à une situation géographique idéale, sur un axe routier hyperfréquenté, ils bénéficient aujourd’hui d’une visibilité encore inespérée au début de l’année 2016. « Nous disposons d’un point de vente à la ferme, et nous sommes présents dans d’autres endroits. Mais c’est vrai qu’ici, nous avons l’opportunité de toucher une clientèle bien plus large », témoigne Vincent Grass. C’est aussi une bouffée d’air frais potentielle pour son exploitation de 44 ha. Dans un contexte céréalier très difficile, c’est cette activité de transformation qui permet à Sylvain Grass et son père de « garder la tête hors de l’eau ». « Je pense qu’aujourd’hui, on est obligé de prendre notre destin en main si on veut s’en sortir. C’est ce qu’on essaie de faire avec ce magasin », témoigne Vincent Grass.

Un peu plus loin, Marie-Paule Fessler présente sa production de safran démarrée à Saint-Hippolyte en 2011. En marge de son activité viticole, elle a planté 90 000 bulbes de cette plante qui sont aujourd’hui vendus en différents conditionnements. Et à chaque fois, directement dans les mains du client. « Grâce à ce mode commercialisation, je dispose aujourd’hui d’une culture complémentaire qui fonctionne bien. Progressivement, les gens découvrent tout ce qu’on peut faire avec cette épice. Du coup, Cœur Paysan peut m’apporter de nouvelles opportunités commerciales. » Idem pour Joël Halbardier, brasseur à Vogelgrun. Si lui aussi dispose d’un point de vente sur son site de production, il souffrait jusqu’à maintenant d’un gros manque de visibilité. « Les clients qui venaient à la boutique me demandaient toujours où on pouvait acheter mes bières. Maintenant, je saurai quoi leur répondre. » Quand on lui a demandé de rejoindre le projet, il n’a pas hésité un seul instant. Outre l’attrait commercial, il a été séduit par l’état d’esprit qui anime cette aventure collective. « Beaucoup de relations humaines, de la convivialité… Ça va dans le sens des valeurs qu’on aime véhiculer à travers nos bières. »

Du côté des clients, il y a ceux qui viennent pour « découvrir », ceux qui « attendaient de pied ferme » l’ouverture, et les habitués des circuits courts. C’est le cas de Colette, d’Oberhergheim, qui s’alimente déjà chez certains producteurs, dont certains sont membres de Cœur Paysan. « C’est encore plus pratique ici, car tout est au même endroit. Et puis on y trouve la fraîcheur, des contacts humains chaleureux et des produits de grande qualité gustative. Et puis cela permet aux agriculteurs de vivre de leur métier. Et rien que pour ça, je pense que les consommateurs ont un vrai rôle à jouer. » Christian, retraité à Widensolen, voit dans ce nouveau magasin une « initiative intéressante » pour le consommateur. S’il reconnaît que ça serait certainement plus « logique » de faire des circuits courts pour écouler les produits agricoles, il ne pense pas non plus que le concept puisse être généralisé. « Par contre, c’est vraiment un bon créneau pour le monde agricole pour essayer de s’en sortir dans ce contexte difficile. » Un avis que partage Denis Digel. « C’est vrai qu’il y a des places à prendre aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut y aller. Et puis, ce n’est pas de la concurrence au supermarché traditionnel. Ici, on vend autre chose : de l’ultra local, le fait de pouvoir toucher le producteur, et de connaître l’histoire derrière chaque produit. C’est la fin de l’anonymat alimentaire. »

Costral

La quarantaine sans la crise

Vigne

Publié le 15/11/2016

C’est une « petite entreprise » que ne renierait pas le regretté Alain Bashung. Créée il y a 40 ans par Willy Kuhlmann, la société Costral implantée à Riquewihr est aujourd’hui considérée comme le numéro deux mondial de l’embouteillage à petite cadence. « Cela fait plusieurs années que nous enregistrons une croissance continue à deux chiffres malgré la crise de l’économie », se félicite le PDG de Costral, Frédéric Kulhmann. Des résultats qui ne doivent rien au hasard. Lorsqu’il reprend les rênes de la PME familiale il y a dix ans, cet entrepreneur de 38 ans décide d’actionner « trois leviers majeurs » que sont l’innovation, l’export et la maîtrise du savoir-faire, tout en s’appuyant sur les bases solides (32 salariés et un chiffre d’affaires annuel de 4,3 millions d’euros) léguées par son père.

Des choix payants qui ont progressivement fait de Costral un groupe à part entière avec tout d’abord le rachat de la société iséroise Stone Industrie en 2010. « Cette entreprise qui était en difficulté construit aujourd’hui des machines d’embouteillage parfaitement complémentaires de la gamme Costral puisqu’elle démarre à 3 500 bouteilles/heure, là où s’arrête le cœur de métier de Costral. Avec les deux marques, nous sommes capables de faire le grand écart puisque nous pouvons fournir une machine pour notre plus petit client qui fait 5 000 bouteilles par an, comme pour le plus grand dont la machine conditionne plus de 500 000 bouteilles par jour », indique Frédéric Kuhlmann. Puis en 2013, Costral rachète Stentz, le fabricant de laveuses-sécheuses de bouteilles pleines basée à Bennwihr-Gare. Avec, en toile de fond, toujours la même idée : créer une synergie entre deux acteurs français sur le marché de niche de l’embouteillage.

« Avec ces trois entités, mais aussi notre filiale Costral Suisse, notre équipe compte désormais 108 salariés pour un chiffre d’affaires qui avoisinera les 18 M€ en 2016 », poursuit-il. Une belle réussite à l’international qui n’a, pour le moment, pas tout à fait le même écho en Alsace. Sur ce marché local, Costral a encore de nombreuses parts de marché à prendre, estime Frédéric Kuhlmann. « Si l’export reste un enjeu important pour nous, nous souhaitons nous battre désormais contre l’adage « Nul n’est prophète en son pays ». Avec une équipe dédiée à l’Alsace, aussi bien au niveau commercial que technique, un magasin relooké et une ferme intention d’augmenter encore notre niveau de service, notre ambition est de devenir le partenaire incontournable des viticulteurs alsaciens », tient-il à souligner. D’où la volonté d’organiser des portes ouvertes entièrement tournées vers l’Alsace, et permettre aux professionnels du cru de lever le voile sur une entreprise qui entend, enfin, devenir prophète sur ses terres.

Inauguration du 22e concours interdépartemental d’Habsheim

Une édition « particulière »

Élevage

Publié le 06/11/2016

Attention, vaches en circulation ! Dimanche, la première journée du 22e concours interdépartemental d’Habsheim a fait quelques dégâts dans les rangs des organisateurs. Le matin, c’est Fabienne Menges, du service élevage de la CAA, qui a tout d’abord été envoyée à l’hôpital par une génisse salers un peu trop vigoureuse. Certainement stressé par l’agitation ambiante, l’animal a réussi à renverser l’une des barrières qui entoure le ring sur la salariée de la Chambre d’agriculture. Quelques heures plus tard, c’est son collègue Daniel Renger qui se blesse méchamment en glissant sur une bouse. Lui aussi terminera sa journée à l’hôpital. « Heureusement, il n’y a rien de grave pour eux », rassure le président du service élevage de la CAA, Sébastien Stoessel, lors de l’inauguration en présence des élus, des responsables professionnels et des partenaires. Mais sans le président de la Chambre d'agriculture, Laurent Wendlinger, immobilisé depuis la veille… pour une mauvaise chute dans son exploitation. Résultat, des béquilles et une attelle pour le jour de ses cinquante ans, et une drôle de loi des séries pour cette 22e édition du concours bovin d’Habsheim. « Cela contribue au caractère particulier de ce millésime 2016 », commente Sébastien Stoessel. « Particulier pour les mesures de sécurité exceptionnelles qui ont dû être prises pour que la manifestation puisse se dérouler. Et particulier par le contexte dans lequel le monde agricole vit. Même les céréaliers sont touchés maintenant. » Face à cette « crise sans précédent », il estime les agriculteurs ont besoin d’être soutenus par leurs partenaires financiers et par les collectivités. « Ces dernières ont fait ce qu’elles pouvaient pour nous accompagner, et c’est bien. Mais aujourd’hui, à l’heure où tout fait le buzz en un rien de temps, nous avons surtout besoin d’un soutien moral. Même si nous rencontrons des difficultés, nous travaillons et restons positifs. On a confiance dans ce qu’on fait. » Sébastien Stoessel rappelle également aux banques leurs responsabilités dans la survie des exploitations agricoles. « Vous êtes avec nous quand ça va, soyez à nos côtés quand ça ne va pas. Aujourd’hui, nous avons besoin de vous, pas dans six mois. Il nous faut un soutien clair, net et précis de votre part. » Des propos complétés par le vice-président de la région Grand Est et maire de Mulhouse, Jean Rottner. « On doit se battre tous ensemble pour défendre cette partie de l’économie française qui souffre. On a tous une part de responsabilité, du politique au consommateur. Plus on saura se parler, plus la situation devrait changer. » Le temps presse, le sol des agriculteurs est de plus en plus glissant.

Alsace Destination Tourisme - Horticulteurs et pépiniéristes alsaciens

La nouvelle convention de partenariat est signée

Cultures

Publié le 26/10/2016

Cette convention a pour objectif de faire connaître davantage le rôle des horticoles auprès des communes dans le cadre du label « Villes et Villages fleuris », et des particuliers, par le concours des Maisons fleuries, élargi aux catégories socioprofessionnelles telles que les hôteliers-restaurateurs, les viticulteurs et l’ensemble des prestataires touristiques. La convention a été engagée au titre des années 2016 et 2017 porte sur 16 000 euros d’aides allouées par l’ADT à la filière horticole. Une somme qui permet de financer notamment la campagne de communication autour d’Elsass Geranium, l’espace animation des Folie’Flore 2016 et 2017, des formations pour les communes non labélisées, et diverses manifestations (marché aux plantes du parc zoologique et botanique de Mulhouse, le salon du Jardin et Fête des Plantes, la Fête des plantes d’automne à Schoppenwihr). À noter que pour l’année 2016, un accent particulier a été mis sur la nouvelle catégorie des potagers fleuris. Initialement créé par l’association « Fleurs et Plantes d’Alsace », ce concours vise à récompenser les jardins potagers remarquables d’un point de vue esthétique et présentant une grande diversité de légumes et de fleurs associée.

Une « qualité de vie »

Le président délégué de l’ADT, Vincent Debes, voit le label « Villes et Villages fleuris » comme une « vraie marque de qualité de vie et d’attractivité des territoires. Fleurissement, développement de la palette végétale et mise en valeur paysagère participent fortement à la qualité du cadre de vie dans nos communes et répondent à une large attente de la population », souligne le président délégué de l’ADT, Vincent Debes. « Le fleurissement sert à tout le monde. C’est une question de qualité de vie », résume pour sa part le président de Flhoreal, Christian Romain. En Alsace peut-être encore plus qu’ailleurs. Depuis plusieurs décennies, le fleurissement des villes et villages - symbolisé par l’emblématique géranium - s’est progressivement inscrit dans le paysage bas-rhinois et haut-rhinois. Et même si le nombre d’entreprises horticoles a chuté d’un tiers ces dix dernières années, la filière conserve un poids économique important : 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, 120 entreprises et 800 salariés, soit 5 % de l’emploi agricole en Alsace. Une tendance que tous les professionnels du milieu souhaitent bien évidemment voir perdurer dans les années à venir. D’où l’intérêt pour le président de l’Uphoral, Paul-André Keller, de « développer et réhabiliter le fleurissement » auprès des communes et des consommateurs.

Un magasin « paysan » prochainement à Colmar

Histoire de Cœur entre agriculteurs

Vie professionnelle

Publié le 16/10/2016

Vous reprendrez bien un peu de filières courtes ? Après la Nouvelle Douane au Cœur de Strasbourg et la coopérative Hop’la à Oberhausbergen, c’est au tour de Colmar d’accueillir son magasin de vente de produits fermiers. Baptisée « Cœur Paysan », cette nouvelle structure doit ouvrir début décembre - et profiter au passage de « l’opportunité commerciale » de Noël - dans les locaux de l’ancien Lidl, route de Neuf-Brisach. Quand la grande distribution laisse la place à la vente directe. Tout un symbole. Vacant depuis plus de trois ans, le bâtiment a été racheté par une SCI composé de six agriculteurs, désireux de créer une nouvelle structure capable d’écouler les productions en circuit court. « L’idée a émergé début avril. Au fil des discussions, nous avons appris que ce site était disponible. Du coup, nous avons exploité nos réseaux pour savoir si des agriculteurs étaient intéressés pour se joindre à nous. Vincent Goetz, en tant qu’ancien de l’Afdi, a ainsi été d’une aide considérable pour trouver des producteurs prêts à se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, ils sont trente à être actionnaires de la SAS qui va louer les locaux à la SCI. Tous sont déjà rompus à l’exercice de la vente directe. Et puis le marché est mûr désormais, on ne peut plus passer à côté de ces points de valorisation », explique Denis Digel, le président de la coopérative des Maraîchers réunis de Sélestat, et l’une des chevilles ouvrières de ce projet. Ce dernier a aussi sollicité le président du Syndicat des maraîchers de Colmar et environs, Serge Hanauer. Les maraîchers de la ville étant déjà bien implantés sur le créneau de la vente directe, leur avis sur la question était forcément important. « Il soutient le projet. De toute manière, on ne peut pas dire que ce magasin soit un vrai concurrent pour les producteurs de la ville. Les légumes ne représenteront que 14 % du chiffre d’affaires », tient-il à préciser.

Une offre très diversifiée

Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Le bâtiment de 622 m2 (dont 400 m2 dédiés à le vente) est situé sur un axe routier hyper fréquenté, juste à côté d’un feu tricolore. Il dispose de deux accès et de 42 places de parking. Sans compter la proximité du campus du Grillenbreit et ses centaines étudiants. Auparavant, nombre d’entre eux venaient au Lidl pour s’acheter à manger lors de la pause déjeuner. Si les sandwichs tout prêts ne sont pour le moment pas au programme de « Cœur Paysan », il y aura tout de même de quoi faire au vu de la diversité des produits proposés en magasin : fruits, légumes, viandes, produits laitiers (vache, brebis, chèvre), bières, vins, pain frais, poissons, œufs, épices, thés, pâtes, farines, confitures, miel. On trouvera aussi quelques produits extra-régionaux comme les agrumes de Sicile ou les melons du Quercy. Si, pour le coup, la distance est plus grande avec les agriculteurs, le lien avec le consommateur se fera toujours sans intermédiaire. « Nous sommes allés dans ces régions pour établir des partenariats directs avec les producteurs qui partagent le même état d’esprit que nous. Ce sera l’assurance pour nos clients de bénéficier de fruits qu’on ne peut pas produire en Alsace, ou alors en petites quantités comme le melon », indique le président des Maraîchers réunis de Sélestat. Une offre qui se veut donc complète. Suffisant pour attirer le chaland alors qu’un hypermarché Leclerc est situé à moins de 500 mètres ? « Nous ne sommes pas concurrentiels de ce type de structures. Les gens qui viennent dans un point de vente paysan cherchent autre chose. Et chez nous, le prix affiché sera toujours le juste prix pour le producteur. Il correspondra à la valeur économique du produit. Il n’y aura pas de promotions ou d’opérations spéciales. Au final, tout le monde est gagnant : le producteur obtient un revenu décent, et le consommateur achète un produit frais, traçable, et de grande qualité. »

« On nous dit « merci » »

Les agriculteurs assureront eux-mêmes la livraison de leurs produits et la permanence de la boutique, à raison de deux demi-journées par mois en moyenne par personne. Ils seront secondés dans cette tâche par six ou sept salariés, dont un ancien cadre de la grande distribution qui a été choisi comme directeur du site. « Il souhaite s’investir aujourd’hui dans un projet plus humain », commente Denis Digel. « Humain », c’est un peu le mot-clé qui résume cette aventure qui démarre entre ces trente agriculteurs alsaciens. « Avec Cœur Paysan, nous répondons à un besoin de la société. Confrontés à des scandales alimentaires récurrents, les consommateurs aspirent à reprendre la main sur leur alimentation. Cela passe, entre autres, par la rencontre directe avec le producteur », poursuit Denis Digel. Et puis le paysan a la cote maintenant. « Il y a trente ans, c’était ringard d’être paysan. Aujourd’hui, c’est un gage de qualité. Progressivement, notre profession est réhabilitée dans la société. Maintenant, il y a des gens qui viennent nous dire « merci ». Ça vaut tout l’or du monde. » En se réappropriant le lien avec le consommateur, l’agriculteur engagé en vente directe peut aussi tordre le cou aux clichés qui subsistent sur sa profession. « On croit par exemple, à tort, que la proximité n’est possible qu’avec des petits producteurs. Mais il ne faut jamais oublier qu’il faut de grandes surfaces pour faire du volume. Même avec cent hectares, on est toujours paysan. On est toujours aussi fier de nos valeurs, de ce qu’on aime faire et de la passion qu’on met dans notre travail. C’est l’ADN de « Cœur Paysan ». »

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