Auteur

Florence Péry

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Équilibre cynégétique

Lieutenant de louveterie : plus que quelques jours pour postuler

Vie professionnelle

Publié le 11/09/2019

Les agriculteurs victimes de dégâts de sangliers les connaissent bien : les lieutenants de louveterie viennent régulièrement sur le terrain constater les dégâts. Ils prennent contact avec le locataire de chasse concerné et l’enjoignent de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les dégâts. Si le locataire ne tire pas suffisamment d’animaux ou ne met pas en place d’actions dissuasives, ils concourent à déclencher des battues administratives afin de réduire la population de sangliers. De novembre 2018 à avril 2019, 17 battues administratives ont ainsi été ordonnées par le préfet du Bas-Rhin, 12 par le préfet du Haut-Rhin. Elles ont été conduites sous la responsabilité des lieutenants de louveterie et ont abouti au prélèvement de 570 sangliers. Trop peu, diront les agriculteurs. Mais au-delà du nombre, ces battues constituent surtout un rappel à l’ordre pour le locataire de chasse qui ne régule pas le gibier sur son lot.

Désiré Jehl, de Hœrdt, achève son deuxième mandat de lieutenant de louveterie. Il est en charge de la circonscription de Haguenau, qui s’étend sur 47 communes, et assure la suppléance sur l’ensemble du Bas-Rhin avec son collègue, Jean-Noël Sontot. Il est candidat à un troisième mandat, qui courra du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2024. Pour être lieutenant de louveterie, il faut être « motivé et disponible » : c’est le cas de Désiré Jehl qui met en avant le côté « passionnant » de sa fonction. Bien sûr, il a parfois l’impression d’être pris « entre le marteau et l’enclume » lorsqu’il fait l’intermédiaire entre un agriculteur excédé et un locataire de chasse qui ne respecte pas ses obligations. Mais son expertise est reconnue puisqu’il conseille l’administration pour la régulation des espèces et qu’il est présent lors des réunions associant maire, agriculteurs et chasseurs pour proposer des solutions aux dégâts de gibier. Il a également qualité pour constater les infractions à la police de la chasse.

Du renouvellement dans les rangs

Les personnes intéressées ont jusqu’au 15 septembre pour faire parvenir leur candidature à la Direction départementale des territoires (jusqu’au 20 septembre inclus dans le Haut-Rhin). À ce jour, les deux départements alsaciens comptent chacun 17 lieutenants de louveterie, qui se répartissent dans autant de circonscriptions. Certains agents ayant atteint la limite d’âge (75 ans), il y aura du renouvellement, prévoit Jean-Luc Ries, président du groupement des lieutenants de louveterie à l’échelle départementale, régionale et du Grand Est. Dans le Haut-Rhin, quelques places restent à pourvoir, confirme la DDT du Haut-Rhin.

Les lieutenants de louveterie sont des bénévoles assermentés, dont la fonction a été instituée par Charlemagne. À l’époque, leur mission consistait à capturer les loups sur le domaine royal, à présenter les peaux et à rechercher, au printemps, les portées et les louveteaux. Ils s’attachent aujourd’hui à maintenir une vie animale compatible avec les activités humaines, la santé publique, l’agriculture et la sylviculture. En Alsace, ce sont les sangliers qui leur donnent le plus de travail, tant ils se sont multipliés ces dernières années. « Il y a 1 200 lots de chasse dans le Bas-Rhin, 460 sont situés dans des secteurs à dégâts », précise Jean-Luc Ries. C’est dans ces lots que les lieutenants de louveterie interviennent prioritairement. Leur intervention peut déboucher sur l’organisation de tirs de nuit (sur arrêté préfectoral), sur la mise en place de clôtures électriques et d’un agrainage de dissuasion, afin de garder les suidés à distance des champs de maïs.

Portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs. Canton d’Erstein

La ferme du président

Vie professionnelle

Publié le 01/08/2019

Ils ne sont peut-être pas nombreux - une quinzaine de membres -, mais ils avaient à cœur d’organiser leur concours cantonal de labour après plusieurs années d’interruption. Les Jeunes Agriculteurs du canton d’Erstein se sont donc retroussés les manches : ils donnent rendez-vous au public dimanche 4 août à Gerstheim, sur le nouveau site de la famille Koegler, en périphérie du village. Pour le président des JA du canton, Maxime Muller, qui a pris la tête du syndicat il y a un peu plus d’un an, cette journée a pour vocation d’insuffler une dynamique au sein de la structure, dont une partie des membres approche de l’âge limite de 35 ans. Trouver la relève et la motiver sont les principaux enjeux pour le jeune responsable syndical dans un canton où l’on n’a pas enregistré de nouvelle installation depuis plusieurs années. Il s’agit aussi d’expliquer le métier au grand public.

Pour cela, rien de mieux que d’ouvrir les portes d’une exploitation : les JA du canton ont choisi celle de leur président départemental, Julien Koegler. Suite aux problèmes de santé de son père, celui-ci s’est installé sur la ferme familiale en 2010, après en avoir été salarié pendant un an. Il est associé avec sa mère, Astrid, qui s’occupe de la partie administrative tandis que lui s’occupe des cultures. Il peut aussi compter sur le soutien de sa femme, salariée durant les récoltes, et de sa belle-famille, établie à Mackenheim. L’exploitation compte 166 ha, dans un rayon de 2 km, dont 100 ha de maïs, 30 ha de blé, 30 ha de betteraves sucrières, 4,5 ha de jachère et 1,70 ha de prairies permanentes.

 

 

En s’installant, Julien Koegler a choisi de construire un hangar à l’extérieur du village pour éviter les problèmes de circulation et les nuisances sonores. L’emménagement sur le nouveau site, d’une surface de 1 800 m2, s’est fait en 2014. « On a tout regroupé là-bas : l’atelier, le local phytosanitaire et on a prévu un vestiaire, en cas d’embauche d’un salarié. On a construit une aire de lavage et de remplissage du pulvérisateur, avec un phytobac pour le traitement des effluents », explique l’exploitant.

Une agriculture de précision

Pris par ses différents mandats - chez les JA du Bas-Rhin, au conseil municipal et depuis peu à la Chambre d’agriculture d’Alsace - Julien Koegler a développé l’agriculture de précision pour gagner en temps et en efficacité. Il est notamment équipé d’un tracteur autoguidé et ses outils bénéficient des dernières avancées technologiques : pulvérisateur à tronçons gérés par GPS pour un épandage de précision, coupure de rang sur le semoir pour éviter le chevauchement... Ces équipements sont d’autant plus utiles que la surface travaillée est importante et que Julien Koegler réalise tous les travaux lui-même, sauf l’arrachage des betteraves. De plus, toutes ses surfaces sont situées dans une aire d’alimentation de captage d’eau potable, ce qui nécessite de gérer les intrants au plus juste.

À moyen terme, Julien Koegler se fixe pour objectif de réduire le nombre de parcelles travaillées par le biais d’échanges avec d’autres agriculteurs. « L’intérêt, c’est de pouvoir réduire le temps de déplacement sur la route et d’optimiser les charges », explique-t-il. Aucun remembrement n’ayant été fait sur le ban de Gerstheim, les échanges se font par négociation directe entre agriculteurs. Son souhait serait de réduire le nombre de ses parcelles de 45 à 35 d’ici une dizaine d’années.

Portes ouvertes JA -  Canton de Brumath

De l’ambiance… et du labour

Vie professionnelle

Publié le 26/07/2019

Des céréales, des légumes, des poules… Située à Gambsheim, la ferme du Grand Chêne a évolué à l’inverse de nombreuses fermes alsaciennes. Plutôt que de restreindre l’éventail de ses productions pour se spécialiser, elle a au contraire élargi le sien au fil des ans et des générations. Au maïs, au blé et au colza, qui constituaient l’assolement au temps du grand-père sont venus s’ajouter les pommes de terre et les asperges, sous l’impulsion de Pierre Schneider, l’actuel gérant. Son fils Arnaud, salarié, y a ajouté le maraîchage et les poules pondeuses, ainsi qu’un magasin de vente à la ferme. Si bien qu’aujourd’hui, la famille Schneider cultive environ 140 ha, dont une centaine d’hectares de maïs irrigué, 30 ha de blé, 2 ha de cultures maraîchères, 1,8 ha de pommes de terre, 1,5 ha d’asperges et 20 ares de pissenlits.

 

 

Toutes ces productions exigent de la main-d’œuvre. Outre Arnaud et sa mère, Estelle, qui tient le magasin de vente, l’exploitation emploie un salarié, ainsi que des saisonniers. Toutes les cultures maraîchères sont vendues en direct, soit à des restaurateurs, soit à des particuliers. Ceux-ci viennent s’approvisionner dans le magasin de 70 m2, ouvert du mardi au samedi. Déjà agrandi au bout de deux ans d’activité, il pourrait encore s’étendre prochainement. La clientèle est essentiellement locale : la ferme du Grand Chêne est au centre d’un bassin de consommation de 15 à 20 000 habitants - ceux de Gambsheim et des villages alentour - où n’existait jusqu’alors aucun point de vente à la ferme. Pour les grandes cultures, la famille Schneider travaille en partenariat avec le Comptoir agricole. Elle sèche et stocke l’intégralité de sa récolte de maïs pour bénéficier de meilleurs prix.

DJ, biergarten et bar à crémant

Les portes ouvertes à la ferme du Grand Chêne sont l’une des attractions proposées par les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath dimanche 28 juillet. Mais les festivités débuteront dès le samedi soir à partir de 19 h avec une soirée Open air. L’ambiance sera assurée par un DJ. À côté de la petite restauration (tartes flambées, grillades, pizzas), un biergarten et un bar à crémant seront à la disposition des visiteurs.

Le dimanche, le concours de labour démarrera à 11 h. Une dizaine de concurrents sont attendus pour cette épreuve dont la tradition perdure dans ce canton à l’agriculture diversifiée. Pour le repas de midi, les JA proposeront de l’échine de porc, servie avec pommes de terre sautées et crudité. Le magasin de vente sera ouvert pour l’occasion dès 10 h du matin et une dizaine de partenaires de la ferme seront réunis sur le site pour un marché de produits du terroir (produits laitiers, fruits, sirops, miels, confitures…) Une exposition de matériel agricole est au programme, avec des machines issues des exploitations du canton. Une pêche aux canards est prévue pour les enfants.

Vente directe

Caveaux : un vent de renouveau

Vigne

Publié le 19/07/2019

Avec un quart des ventes sur le marché intérieur réalisé en direct, l’Alsace est le premier vignoble français pour l’achat au caveau. Pas étonnant que celui-ci fasse l’objet d’une attention particulière de la part des vignerons. Un vent de renouveau souffle même sur le vignoble tant les projets de rénovation ou d’ouverture de nouveaux caveaux se succèdent.

Les plus gros projets se chiffrent en million (s) d’euros. C’est le cas du bar à vins ouvert fin 2017 par la maison Joseph Cattin à Vœgtlinshoffen. Projet d’envergure également pour le domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr : un caveau de 800 m2 aménagé au sommet d’un bâtiment à six niveaux, avec ossature bois et baie vitrée à 200°. Les travaux devraient s’achever au courant de l’année. Quand au caveau des domaines Schlumberger, inauguré mi-mai à Guebwiller, il a nécessité un an de travaux et fait déjà le plein de visiteurs.

 

 

Changement de déco

Mais les chantiers ne sont pas seulement l’affaire des grandes maisons. Des projets plus modestes voient le jour. Souvent, la construction d’un caveau s’inscrit dans le cadre d’un réaménagement de l’outil de travail. Cela peut être l’occasion de sortir du village et de ses contraintes (ruelles étroites, locaux exigus, accessibilité) comme au domaine Ehrahrt-Saint-Rémy à Wettolsheim ou le domaine Wantz à Mittelbergheim. « Bien sûr, il y a des entreprises qui, lorsqu’elles rénovent leur chai, en profitent pour se lancer dans des gros travaux au caveau, explique Anne Freder, chargée de l’œnotourisme au Civa. Mais on n’a pas forcément besoin de tout révolutionner. » On peut aussi faire évoluer les lieux par petites touches. Sur la déco par exemple : ajouter quelques meubles contemporains pour casser le côté folklorique du local, accrocher des photos de famille ou des accessoires personnels pour créer une ambiance plus intimiste.

Une fois à l’intérieur, on peut sortir le grand jeu… ou pas. La tendence est à la personalisation de la cave. Au domaine Achillée à Scherwiller, Yves Dietrich et ses fils ont fait de leur caveau un lieu convivial : un comptoir immense, un espace salon avec tables basses, fauteuils et canapé vintage d’où l’on aperçoit les vignes. Des bonbonnes de verre emplies de végétaux et des bouquets de fleurs des champs sont placés sur les tables. On est ici dans un bâtiment bioclimatique et cela se voit : le bois brut et la paille, les deux matériaux utilisés pour la construction, font partie intégrante du décor. Ils racontent l’histoire de la maison, qui s’est convertie à l’agriculture biologique en 1999 puis à la biodynamie quelques années plus tard.

Des boulimiques d’activités

Mais attention : à trop regarder ce qui se fait ailleurs ou à laisser carte blanche à des architectes, on risque de perdre son âme. Or, ce que recherchent les œnotouristes, c’est l’esprit de la région. Il ne réside pas seulement dans le décor, mais aussi dans l’accueil, la générosité des vignerons et la variété de leur offre de découverte. Une étude menée par l’Observatoire régional du tourisme d’Alsace entre juillet 2016 et août 2017 montre ainsi que les œnotouristes sont des boulimiques d’activité, qui visitent plus de sites que la moyenne des touristes accueillis dans la région.

Offrir à ces visiteurs les meilleures conditions d’accueil, c’est ce que souhaitaient Valérie et Vincent Goesel, qui ont construit un caveau tout neuf en 2016, juste en face de leur domaine à Dorlisheim. Mais cela ne suffisait pas. « Nous sommes excentrés par rapport à la route principale du village, donc peu visibles, explique Valérie Goesel. Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’attendre les clients au caveau, il faut trouver un moyen de les faire venir jusqu’à soi. »

Ce moyen, ils l’ont trouvé : ils ont acquis cinq vélos électriques et proposent différentes formules à la journée ou à la demi-journée. Chacune inclut la location du vélo et la dégustation de quatre vins du domaine assortie d’amuse-bouches, voire d’un pique-nique complet. Évindez-vous - c’est le nom de cette offre - rencontre déjà un vif succès grâce au site internet créé pour en assurer la promotion. Elle est également commercialisée par Smartbox (coffret cadeau incluant la prestation), ce qui attire de nouveaux clients.

Même esprit d’ouverture à l’Achillée : le caveau sert de point relais. Les habitants de Scherwiller viennent déposer ou retirer leur colis. Et au passage achètent quelques bouteilles. Une idée assez futée à l’heure où le commerce en ligne s’envole.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Molsheim-Rosheim

Rendez-vous à Still

Vie professionnelle

Publié le 17/07/2019

Située en face du camping de Still, la ferme Siegel servira de cadre à la journée portes ouvertes organisée par les Jeunes Agriculteurs du canton de Molsheim-Rosheim dimanche 21 juillet. Frédéric Siegel y élève 65 vaches laitières, de races montbéliarde et prim’holstein. L’éleveur avait déjà ouvert les portes de son élevage il y a 10 ans. Entre-temps, un incendie a détruit le bâtiment des génisses, qui servait aussi pour le stockage du fourrage, l’obligeant à reconstruire et à réorganiser ses bâtiments d’élevage. Il dispose désormais de quatre bâtiments au lieu de deux précédemment : un pour les vaches laitières, un autre pour les génisses, un troisième pour le stockage et un dernier pour le matériel.

 

 

Les vaches laitières sont hébergées dans une étable tout confort avec logettes paillées et matelas, infirmerie et box de vêlage. Un robot de traite a été installé, ce qui a permis de soulager Frédéric Siegel de l’astreinte liée à la traite et « de gagner de la main-d’œuvre ». Même si ses parents donnent encore un coup de main, il sait qu’il n’est plus obligé de courir traire les bêtes pendant la moisson ou la fenaison. Il avoue aussi être « plus cool les dimanches », depuis l’installation du robot, lui qui est par ailleurs père de quatre enfants. Les vaches aussi sont plus cool, selon leur propriétaire, puisqu’elles ont accès au robot quand elles le souhaitent. Le gain de production constaté est de 5 l/vache, indique l’éleveur.

Robot et pâturage

Même avec le robot, Frédéric Siegel continue à faire pâturer les vaches. « On a toujours pâturé, justifie l’éleveur. Mais on s’est posé la question : est-ce qu’on peut concilier robot et pâturage ? Est-ce que ça va marcher ? » Avec le recul, Frédéric Siegel considère que « les vaches s’adaptent mieux que les hommes ». Le maintien du pâturage lui permet de produire du lait de prairie, selon le cahier des charges d’Alsace Lait, à qui il livre son lait. Sur les 12 ha de prairies proches de la ferme, 10 ha sont pâturables. L’éleveur, qui a suivi un stage avec sa laiterie, a réorganisé la surface en paddocks de 90 ares à 1 ha, avec des chemins d’accès, pour effectuer des rotations rapides. « Au bout de 2-3 jours, les vaches se lassent. Il faut jouer sur la psychologie pour les attirer dehors », constate Frédéric Siegel.

Les génisses pâturent elles aussi. Depuis l’incendie, Frédéric Siegel, qui avait l’habitude de ne garder que les femelles, élève aussi des mâles pour remplir le bâtiment et valoriser les prairies. « J’ai croisé les moins bonnes vaches avec de l’angus et du stabiliser », explique-t-il. Mais compte tenu du prix de la viande, il ne compte pas poursuivre l’expérience et se contentera à l’avenir de garder les femelles.

Bar à lait et sonde à fourrage connectée

Dimanche 21 juillet, l’éleveur et sa famille feront visiter leur ferme. Une exposition de matériel agricole est également prévue avec la participation d’AgriProCenter et de Lely. Différentes animations se succéderont tout au long de la journée : Groupama fera une démonstration de sonde à fourrage connectée à 11 h, des baptêmes en tracteur sont prévus durant l’après-midi, ainsi que des promenades à poney et en calèche. Un bar à lait fonctionnera durant la journée, tenu par les enfants Siegel. La restauration sera assurée par la vingtaine de membres actifs que comptent les JA du canton, avec à leur tête Joffrey Jost. Les visiteurs pourront déguster du faux-filet mariné et de la salade de pommes de terre, de carottes et de tomates, ou des grillades et des salades. Des tartes flambées seront servies en soirée. Les enfants auront accès à un château gonflable.

AgriProCenter à Morschwiller

Un magasin de vente en plus des ateliers mobiles

Pratique

Publié le 15/07/2019

Ancien chef d’atelier chez un concessionnaire bas-rhinois, David Tony a démarré son activité de dépannage à domicile voici quatre ans, depuis son village de Haut-Clocher, en Moselle. Seul, avec une camionnette contenant tout l’outillage nécessaire, il intervient chez les agriculteurs pour réparer les tracteurs et les machines agricoles et réaliser les principales opérations d’entretien. AgriProCenter séduit tellement que le jeune entrepreneur a embauché deux mécaniciens et a acheté deux camionnettes-ateliers supplémentaires. Les mécaniciens rayonnent à présent sur quatre départements : Bas-Rhin et Haut-Rhin, Moselle et Meurthe-et-Moselle. « On se déplace de Mulhouse à Bitche, mais 90 % de notre clientèle est alsacienne, précise David Tony. Ce sont aussi bien des céréaliers que des éleveurs qui font appel à nos services. »

Avec le développement de son activité, David Tony s’est retrouvé rapidement confronté à un problème de place. « J’ai créé ma société chez moi et je stockais les pièces dans un hangar pour limiter les frais. Mais au bout de trois ans, je commençais à en avoir partout et il devenait difficile de gérer la logistique. Il fallait trouver une solution. » En l’occurrence, un lieu bien situé par rapport à la zone d’intervention des trois mécaniciens. Une opportunité se présente sous la forme d’un local de 525 m2, situé à la sortie de Morschwiller.

 

 

Du matériel de motoculture

David Tony y transfère son activité le 1er avril dernier. Une grande partie du bâtiment, environ 300 m2, est dédiée aux pièces détachées agricoles. Le jeune entrepreneur profite de l’emplacement - 5 à 6 000 véhicules passent devant AgriProCenter chaque jour - pour élargir le magasin au matériel de motoculture à destination des professionnels et des particuliers. Il expose aussi des fournitures de jardin (terreau, semences potagères, gazon).

L’ouverture de ce point de vente constitue une prise de risque pour David Tony, qui a investi 300 000 € dans cette affaire. Mais un risque calculé : l’emplacement au bord d’une route bien fréquentée, la présence d’un parking et d’un local libre à côté de celui qu’il occupe lui permettent déjà d’envisager une extension de son activité motoculture, voire un développement vers l’horticulture et le matériel d’élevage. De plus, le local actuel abrite un atelier espace vert, ce qui permet d’assurer le service après-vente pour la partie motoculture, tandis que les mécaniciens agricoles continuent de se déplacer directement chez les clients. David Tony espère embaucher un quatrième salarié à la fin de l’année pour faire face à l’accroissement de son activité. Surtout en ce moment. En saison haute, AgriProCenter assure les dépannages 7 jours/7, avec des horaires très larges, pour s’adapter à la demande de ses clients.

Un site d’e-commerce pour les pièces détachées

Le PDG d’AgriProCenter a d’autres projets dans son sac : il a créé un site d’e-commerce de pièces détachées, DMC Agriculture, qui lui permet de revendre des pièces partout en France. Le client qui commande sur le site peut aussi faire appel à AgriProCenter pour monter les pièces commandées. L’idée est d’étendre ce service dans toute la France en créant une franchise. « On a quatre ans de recul, un service qui marche bien grâce à une prestation de main d’oeuvre à tarif correct. Nous allons mettre en place ce projet d'ici 2020-1921 car nous nous sommes rendu compte, en interrogeant les clients qui nous commandaient des pièces, qu’ils pouvaient faire appel à des concessionnaires pour les monter, mais qu’ils n’avaient pas accès à la prestation de service à domicile. »

Machinisme agricole

Kuhn présente 30 nouveautés en avant-première

Technique

Publié le 11/07/2019

L’édition 2019 d’Agritechnica s’annonce comme celle des records pour Kuhn, avec 30 nouveaux matériels exposés du 10 au 16 novembre prochains à Hanovre en Allemagne. Le constructeur de machines agricoles a présenté ces nouveautés à 80 journalistes de 18 pays, réunis les 4 et 5 juillet au Center Kuhn for Progress de Monswiller et à la ferme expérimentale du Willerholtz, près de Saverne. Les deux demi-journées ont été émaillées de démonstrations dynamiques de matériels de fenaison, de grandes cultures et de polyculture-élevage et d’ateliers animés par les commerciaux de la marque.

Cet élan de nouveauté s’inscrit dans un contexte de marché plutôt difficile, a expliqué Thierry Krier, président du groupe Kuhn. Les conditions climatiques, les fluctuations des prix agricoles et les événements politiques influent largement sur l’activité des fabricants de machines agricoles. Au point que Kuhn s’attend à un marché en stagnation pour 2019. Pour autant, le pessimisme n’est pas de mise : la production de fibres et de biomatériaux offre de nouvelles perspectives à l’agriculture, indique le président de la firme qui voit dans ces opportunités « le début d’une nouvelle ère ». D'ici 2050, elle devra en outre nourrir 9,7 milliards de personnes, ce qui nécessitera une augmentation de la production agricole de 50 %. « La réponse est dans la mécanisation et la technologie, il n’y a pas d’alternative », estime Thierry Krier. Chez Kuhn, cette conviction se traduit par la mise sur le marché de matériels plus productifs afin d’abaisser les coûts, la généralisation de l’agriculture connectée et l’essor des machines autonomes, secteur sur lequel le constructeur est « déjà actif ».

 

 

Avec ses 11 usines en France et dans le monde, le groupe Kuhn fabrique 60 000 machines annuellement à partir de 1 500 modèles de base. 40 % de la production est fabriquée selon les ordres du client, souligne Thierry Kuhn. Les investissements en recherche et développement - 47 millions d’euros en 2018, soit 4,5 % du chiffre d’affaires - sont en constante augmentation depuis 2008, ajoute Rolf Schneider, vice-président de Kuhn. Ces investissements visent à mettre sur le marché des produits innovants, mais aussi de nouveaux services tels que l’application Kuhn EasyMaps ou l’espace digital MyKuhn. Une façon de rester à la pointe dans un marché appelé à devenir de plus en plus concurrentiel.

Comptoir agricole de Hochfelden

Blé dur : le défi est relevé

Technique

Publié le 28/06/2019

Tout est parti d’une sollicitation de Philippe Heimburger, PDG des pâtes Grand’mère à Marlenheim : soucieux de lancer une gamme de pâtes fabriquées à partir de blé cultivé en Alsace, il prend contact avec le Comptoir agricole. Alain Weissenberger, précédemment en poste à la Chambre d’agriculture Alsace, a déjà mené quelques essais de blé dur. À l’automne 2016, la culture est lancée sur une quarantaine d’hectares des proches environs de Marlenheim, où est située l’usine Heimburger. « Pour nous, c’était un véritable défi car les variétés de blé dur ne sont pas adaptées à notre climat, raconte Marc Muller, chef des ventes au Comptoir agricole et chargé de la filière. Elles sont relativement sensibles au froid et à la fusariose, maladie qui génère des mycotoxines. » Pour limiter les risques, le choix se porte sur deux variétés censées mieux résister à ces deux aléas : Envergur et Karur.

Le Comptoir demande en outre aux producteurs concernés de respecter certaines précautions. D’abord, il recommande de les semer trois semaines à un mois après les variétés de blé tendre conventionnelles, soit début novembre. Il s’agit d’éviter que les plantules ne soient trop développées à l’entrée de l’hiver et ne gèlent. Ensuite, il interdit le semis derrière un maïs, en raison du risque fusariose, qui est plus élevé. « Un précédent betterave à sucre ou tournesol est bien plus adapté », indique Marc Muller. Enfin, pour mettre toutes les chances de son côté, la coopérative prévoit l’application de deux fongicides contre la fusariose.

7 t/ha au lieu des 5 t/ha attendues

Toutes ces précautions visent à garantir un certain tonnage à la société Heimburger. Pour la récolte 2017, l’objectif de rendement est fixé à 5 t/ha, soit l’équivalent de 200 t. Les cinq agriculteurs concernés jouent le jeu. Par fierté de produire une matière première identifiée localement (lire encadré), mais aussi parce que les pâtes Grand’mère acceptent de payer un prix suffisamment incitatif. Si l’incertitude est grande durant cette première campagne, le résultat final est positif. « Nous n’avons pas eu de problème de maladie et nous avons même fait un excellent rendement : 7 t/ha au lieu des 5 t/ha attendus. C’était une grosse surprise. » De plus, la qualité est au rendez-vous.

Fort de ce succès, le Comptoir agricole reconduit la culture de blé dur en 2018, en portant les surfaces à 70 ha. L’objectif est de doubler la quantité récoltée pour atteindre 400 t. Un essai de blé dur bio est même lancé sur 2 ha, avec cette fois, moins de réussite qu’avec le blé dur conventionnel. « Le blé dur bio reste un challenge car même si on fait attention au précédent, on n’a aucune possibilité d’intervenir chimiquement par la suite. » Comme en 2017, la campagne se déroule bien pour le blé dur conventionnel et les 7 t/ha sont à nouveau atteints. Dès lors, le Comptoir agricole et les pâtes Grand’mère décident de reconduire les surfaces à l’identique pour la campagne 2019. Une troisième variété, plus ancienne, est semée : Voilur. « On verra si elle tient la route côté productivité », indique Marc Muller à quelques jours de la récolte.

Fractionner les apports d’azote

« Contrairement au blé tendre, où l’on recherche un maximum d’amidon, en blé dur, on cherche un maximum de semoule et une semoule de bonne qualité », explique Marc Muller. Or, ces deux critères sont conditionnés par le choix des variétés et la conduite de la culture. Le blé dur a ainsi besoin de plus d’azote qu’un blé tendre, en moyenne 40 à 50 unités fertilisantes supplémentaires. « Mais comme on a des reliquats azotés plus importants que derrière un maïs, on n’a pas forcément besoin d’un apport externe », précise Marc Muller. La dose d’azote doit impérativement être fractionnée : on peut faire jusqu’à quatre apports contre 2 à 2,5 apports pour un blé tendre. « Mais sur les trois campagnes, on n’a jamais dépassé trois apports », nuance le chef des ventes. Le fractionnement de l’azote permet de ramener des protéines supplémentaires : un blé dur affiche en moyenne 13 % de protéines, soit deux points de plus qu’un blé tendre.

Pour la campagne en cours, le Comptoir agricole a proposé à quatre agriculteurs d’Ebersheim de rejoindre la filière. Le blé dur étant sujet à l’échaudage en cas de forte chaleur, il semblait judicieux d’avoir deux zones de production, pour garantir au transformateur les 400 t souhaitées. Cela augure-t-il d’une augmentation des surfaces dans les années à venir ? Marc Muller reste prudent à ce sujet. « Pour l’instant, le blé dur représente une goutte d’eau par rapport aux 140 000 t de blé collectées par le Comptoir. » Il ne s’attend pas à ce que la petite filière blé dur bas-rhinoise dépasse les 1 000 t de production. Mais tout dépendra des projets de la société Heimburger.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Niederbronn-les-Bains

Deux fermes laitières ouvrent leurs portes

Vie professionnelle

Publié le 27/06/2019

Cette année, les Jeunes Agriculteurs du canton de Niederbronn-les-Bains donnent le coup d’envoi des portes ouvertes estivales dans les fermes. Ils attendent le public le dimanche 30 juin à Uhrwiller sur deux fermes : le Gaec du Château d’eau et le Gaec Fichter. « Les portes ouvertes, c’est l’une de nos principales activités de l’année, avec le dîner dansant », explique Jonathan Karcher, président des JA du canton depuis 2016. Autant dire que les 23 membres du syndicat et leur entourage sont entièrement mobilisés pour l’événement.

 

 

La principale attraction de la journée sera la visite des deux fermes. Les associés du Gaec du Château d’eau expliqueront aux visiteurs la façon dont ils élèvent leurs 125 vaches prim’holstein et leur suite. « Montrer comment on travaille, c’est important car le milieu agricole est souvent critiqué », explique Manuela Leonhart, qui s’est installée en avril 2016 avec son père, Jean-Luc, et son frère, Joris.

Depuis la sortie d’exploitation réalisée en 1989, la ferme s’est régulièrement agrandie : l’étable avait alors été construite pour 60 vaches, dans l’objectif de produire 400 000 litres. La reprise de surfaces et de références laitières a permis d’augmenter la production, qui a atteint 600 000 l au moment de l’installation de Joris en 2015. Un an plus tard, l’installation de sa sœur, Manuela, se traduit par le lancement d’un nouveau projet : la construction d’une nouvelle étable et l'achat de deux robots de traite. « Notre objectif, c’est d’atteindre 1,4 million de litres de lait d'ici 2020 », expliquent les trois associés. Pour cela, ils ont été attentifs au confort des animaux : le bâtiment est largement ouvert pour apporter un maximum de ventilation, mais il est aussi doté de filets pour protéger les animaux des intempéries, de brasseurs d’air et de brumisateurs pour les rafraîchir en été. La qualité du couchage - les logettes sont équipées de matelas - et la possibilité d’aller au robot plusieurs fois par jour contribuent au bien-être des animaux.

Box de vêlage et infirmerie

Pour la conduite de l’exploitation, qui compte 185 hectares en plus de l’atelier laitier, les trois associés se répartissent les tâches, mais ils sont suffisamment polyvalents pour pouvoir se remplacer les uns les autres, pendant les week-ends notamment. Ils peuvent aussi compter sur Claudie, l’épouse de Jean-Luc, qui est salariée de l’exploitation. D’ici un à deux ans, ils seront rejoints par Nicolas, 19 ans, le frère de Joris et Manuela, qui devrait également s’installer. Une extension de bâtiment et l’installation d’un troisième robot sont déjà envisagées.

Autre ferme ouverte le dimanche 30 juin : le Gaec Fichter, également spécialisé dans la production laitière, mais à partir de vaches simmental. Le troupeau compte 85 vaches laitières sur lesquelles veillent Michel Fichter, son épouse Anita, salariée, et leur fils Mike. Suite à l’installation de Mike, l’étable a été rallongée en 2015 et des places supplémentaires ont été aménagées pour les vaches, désormais installées sur logettes paillées. La salle de traite est une 2 x 8 places. Un box de vêlage et une infirmerie viennent également d’être aménagés.

Au Gaec Fichter comme au Gaec du Château d’eau, le réaménagement des bâtiments existants se fait aussi avec la volonté d’améliorer les conditions de travail des éleveurs. En effet, l’augmentation de la taille des troupeaux génère un surcroît de travail qu’il n’est pas toujours facile d’absorber.

Matériel agricole et tours à poneys

En plus des deux élevages, les visiteurs pourront découvrir une exposition de matériel agricole, grâce à la participation d’entreprises et de concessionnaires locaux. Des tours à poneys sont prévus pour les petits et les grands. Le déjeuner est programmé sur le site du Gaec du Château d’eau : au menu, steaks marinés, salade de carottes, de pomme de terre et de céleri, desserts Alsace Lait et café, sans oublier les grillades servies toute la journée, les pizzas et les tartes flambées en soirée. « Toute la restauration est faite à partir de produits locaux », précise Jonathan Karcher.

Cantines scolaires

À Bischheim, les collégiens mangent bio et local

Pratique

Publié le 13/06/2019

Chef de cuisine au collège du Ried, à Bischheim, depuis 14 ans, Hugo Heinrich prépare les repas des quelque 300 élèves inscrits à la cantine. « Cela fait longtemps que je travaille avec certains producteurs locaux, notamment les producteurs de légumes, mais je le fais de plus en plus pour la viande et les produits laitiers », explique-t-il. Vendredi 7 juin, pour la clôture de la semaine « Ici on mange bio et local », les rayons du libre-service ont été garnis d’étiquettes indiquant la provenance des produits. Les collégiens savent ce qu’ils mangent. Le pâté de campagne provient d’un porc élevé en Alsace ; la salade verte, les concombres et les radis sont bios ; le bœuf bourguignon est issu d’un élevage bio d’Alsace ; les fraises et la rhubarbe viennent de la région. Même le fromage est étiqueté. Ce jour-là, les enfants ont le choix entre la tomme Près du Ried de la ferme Durr et le munster de la fromagerie Siffert-Fresch de Rosheim. Bios tous les deux.

Au collège du Ried, on n’a pas attendu la mise en œuvre de la loi EGAlim* pour favoriser les produits locaux. En particulier ceux issus de l’agriculture biologique. Hugo Heinrich regrette juste que l’approvisionnement de certains produits reste difficile. « La production bio locale est encore faible et les agriculteurs ne sont pas toujours prêts à nous livrer. Pour eux, c’est une contrainte en plus par rapport à la vente directe », explique le chef de cuisine. Il est néanmoins en relation directe avec des producteurs de pommes, de fraises et de pommes de terre. Pour les autres produits, il fait appel à des grossistes. À charge pour ceux-ci de fournir des produits locaux. Quand la saison le permet tout au moins.

« Mangeons sain… et jetons moins »

La semaine « Ici on mange bio et local » est une initiative du Conseil départemental du Bas-Rhin. Il gère 90 collèges dont 70 ont un restaurant scolaire. L’opération vise à mettre en avant les fruits et légumes de saison, le savoir-faire des chefs de restauration des collèges et leur engagement tout au long de l’année pour une alimentation durable de qualité. « Le Conseil départemental déploie cette politique en partenariat avec la Chambre d’agriculture d’Alsace », précise Daniel Sautron, chef du service vie quotidienne des collégiens au Conseil départemental du Bas-Rhin.

En parallèle, il soutient et finance le dispositif « Mangeons sain, bio et local, et jetons moins ». Ce programme lancé en 2012 vise à éduquer à une alimentation responsable, durable et locale. Il est animé et coordonné par l’Ariena et son réseau d’associations d’éducation à la nature et à l’environnement. Au collège du Ried, ce sont les animateurs du Centre d’initiation à la nature et à l’environnement (Cine) de Bussierre qui sensibilisent les élèves et l’équipe de restauration au gaspillage alimentaire. Les pesées réalisées montrent que sur ce critère aussi, le collège du Ried est sur la bonne voie. Preuve que la pédagogie, ça porte aussi ses fruits…

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