Auteur

Florence Péry

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Concours de présentation

« Du niveau, à tout âge »

Élevage

Publié le 15/05/2019

Principale attraction de la journée du samedi, avec le concours de jugement d’animaux par les jeunes, le concours de présentation a tenu ses promesses. Malgré le froid hivernal, il a réuni 64 participants, de 9 à… 48 ans. L’exercice consiste à faire défiler une génisse dans le ring et à la présenter dans les règles de l’art devant le juge, cette année le Luxembourgeois Pit Bosseler. Les candidats menant des génisses prim’holstein sont répartis en sept sections, en fonction de leur âge, la huitième section étant réservée aux candidats présentant une génisse ou une vache rouge, en l’occurrence une simmental ou une montbéliarde.

Quelle que soit la section, le rituel est le même : chaque meneur conduit sa génisse dans le ring et en fait le tour. Lorsque tous les duos d’une section sont réunis, le juge arrête le défilé d’un geste. Conduire une génisse dans un ring de présentation exige calme et professionnalisme : être capable de maîtriser l’animal lorsqu’il fait un écart, veiller à la bonne position des pattes lorsque la génisse est à l’arrêt, rectifier la ligne de dos lorsque c’est nécessaire sont quelques-unes des compétences attendues et le plus souvent maîtrisées par les meneurs. Mais pour faire la différence, il faut aussi être capable de réagir à des situations un peu plus inattendues : c’est la raison, une fois les génisses bien alignées par les meneurs, pour laquelle Pit Bosseler leur demande d’échanger leurs places au sein de la rangée, voire de changer de génisses. C’est souvent là que les choses se compliquent…

« Très chouette »

Face aux candidats de la première section, âgés de 9 à 11 ans, Pit Bosseler ne cache pas son enthousiasme. « C’est très chouette de voir des jeunes comme ça », dit-il en saluant le « super boulot » accompli par le trio de tête. Pour les sections suivantes, il relève, à plusieurs reprises, la marge très étroite qui sépare les participants. Le concours est « très serré, mais il faut bien faire un choix », dit-il presque à regret aux candidats de la section 3 et de la section 6, à qui il glisse ses commentaires avant qu’ils quittent le ring.

Vient le moment du championnat, réservé, après quelques tergiversations, aux meneurs de prim’holstein : les deux premiers de chaque section rentrent à nouveau sous le chapiteau avec leur génisse. Le juge écarte cinq meneurs, puis fait redéfiler les autres. Le suspense grandit. Au final, c’est Gautier Peltre, qui est sacré champion. Le jeune Mosellan a fait du chemin depuis sa première participation l’an dernier. C’est son calme, tout au long de la soirée, qui lui vaut la première place, justifie le juge. À la deuxième place, Pit Bosseler désigne Julie Wendling de Lupstein. Une confirmation pour la jeune fille qui s’était déjà classée deuxième l’an passé. La troisième place revient à Alicia Gutzwiller, 11 ans, de Michelbach dans le Haut-Rhin. Preuve qu’« il y a du niveau, à tout âge », comme en conclut le juge du concours de présentation.

Le palmarès

Races simmental et montbéliarde

1er prix Maeva Merckling ; 2e prix Lukas Schoenel ; 3e prix Adèle Gress

Race prim’holstein

Section 1 : 1er prix Alicia Gutzwiller ; 2e prix Inès Wilt ; 3e prix Meva Faure

Section 2 : 1er prix Gautier Peltre ; 2e prix Mathilde Goos ; 3e prix Caroline Goos

Section 3 : 1er prix Andrea Resch ; 2e prix Julie Wendling ; 3e prix Morgane Wendling

Section 4 : 1er prix Laura Wenck ; 2e Paul Maillard ; 3e Émilie Pfauwadel

Section 5 : 1er prix Julie Paul ; 2e prix Damien Thiebaut ; 3e prix Lucas Huss

Section 6 : 1er prix Alexis Losser ; 2e prix Charlotte Feuerbach ; 3e prix Cloé Scharff

Section 7 : 1er prix Valentin Rué ; 2e prix Philippe Hoffstetter ; 3e prix Gaby Bastin

Championnat : 1er prix Gautier Peltre ; 2e prix Julie Wendling ; 3e prix Alicia Gutzwiller

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Concours de jugement d’animaux : un tremplin pour Paris

Élevage

Publié le 15/05/2019

38 concurrents du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle ont participé au concours de jugement d’animaux, organisé samedi 11 mai au plan d’eau de Brumath par les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Ce concours est ouvert aux jeunes éleveurs, qu’ils soient élèves de l’enseignement agricole ou jeunes agriculteurs en activité. Les candidats, qui sont répartis en deux catégories (seniors et vétérans), sont jugés sur leur aptitude au pointage des bovins de race laitière ou allaitante. Pour bien se classer ou pour remporter l’épreuve, ils doivent exercer leur esprit critique et évaluer la morphologie des animaux en fonction des critères propres à chaque race, laitière ou allaitante. Le concours vaut aussi bien pour son côté professionnel que pour son ambiance conviviale.

Pour les candidats âgés de 15 à 25 ans - ceux de la catégorie séniors -, le concours départemental de jugement d’animaux constitue un tremplin pour accéder à la finale nationale organisée au Salon international de l’agriculture à Paris. Cette année, ce ne sont pas les deux premiers classés qui ont été qualifiés pour la finale nationale, puisqu’ils n’étaient pas bas-rhinois. Ce sont les deuxièmes qui sont qualifiées pour Paris, en l’occurrence Marie Goos, de Blaesheim, en race prim’holstein et Lou Rohmer, de Strasbourg, en race allaitante. Elles défendront les couleurs du Bas-Rhin en février 2020 à Paris. Marie Goos est une habituée de la finale nationale de jugement des animaux : elle y a déjà participé deux fois, notamment en février dernier.

À Brumath, les candidats avaient deux femelles à pointer en race prim’holstein et autant en race allaitante. Les animaux ont été jugés selon des grilles de pointage nationales. Pour les vaches laitières, les principaux critères d’évaluation étaient concentrés dans la mamelle : profondeur du sillon, distance plancher-jarret, équilibre avant-arrière… Les jeunes pointeurs devaient également être attentifs au corps, au bassin et aux membres. Pour les allaitantes, l’appréciation portait essentiellement sur le développement musculaire et squelettique, ainsi que sur les aplombs. Les évaluations des candidats étaient ensuite comparées à celles d’un jury de référence. À l’issue du concours, Rémy Bierbaum et Claude Ettlinger, d’Élitest, ont donné leur appréciation sur les femelles jugées. Des commentaires dont l’objectif était de consolider les connaissances et le jugement des candidats. Les techniciens d’Élitest animent chaque année une journée de formation dans les lycées agricoles. Ils transmettent aux jeunes les rudiments du jugement d’animaux et les encouragent à participer à l’épreuve.

La remise des prix, orchestrée par Anthony Carbiener, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a eu lieu dans la soirée.

Le classement

Race charolaise

Seniors : 1re Laura Wenck, Juville (108 pts) ; 2e Lou Rohmer, Strasbourg (122 pts) ; 3e Camille Walter, Sand (124 pts) ; 4e Julien Donze, Laconllonge (126 pts) ; 5e Émilie Pfauwadel, Wattwiller (128 pts) ; 6e Camille Seemann, Schwenheim (144 pts) ; 7e Bastien Berger, Wittisheim (150 pts) ; 8e Alexis Losser, Mussig (154 pts) ; 9e Julie Wendling, Lupstein (158 pts) ; 10e Claire Cousandier, Rœschwoog (160 pts) ; 11e Ludovic Wagner, Rusange-les-Megange (160 pts) ; 12e Johann Schoenel, Wintershouse (166 pts) ; 13e Mélanie Hiegel, Dannelbourg (170 pts) ; 14e Thomas Longo, Thionville (176 pts) ; 15e Romain Thiebaut, Craincourt (184 pts) ; 16e Louise Scharff, Remilly (192 pts) ; 17e Abel Cachot, Baudrecourt (192 pts) ; 18e Jérôme Meyer, Juville (194 pts) ; 19e Thomas Cousandier, Rœschwoog (198 pts) ; 20e Laurélie Martin, Ladonvillers (206 pts) ; 21e Anne Schoenel, Wintershouse (212 pts) ; 22e Marine Molle, Dannemarie (214 pts) ; 23e Louis Frischinger, Tagsdorf (218 pts) ; 24e Léo Lemoine, Blagny (220 pts) ; 25e Lucas Huss, Wolfisheim (220 pts) ; 26e Emma Morier, Donnenheim (232 pts) ; 27e Gautier Peltre, Guermange (258 pts) ; 28e Chloé Scharff, Dain-en-Saulnois (262 pts) ; 29e Damien Thiebault, Craincourt (284 pts) ; 30e Rémi Schwartz, Lachaussées (284 pts) ; 31e Morgane Streiff, Lemud (316 pts) ; 32e Agathe Cousandier, Rœschwoog (318 pts) ; 33e Clara Comazzetto, Algrange (350 pts)

Vétérans : 1er Jim Koenig, Vauthiermont (158 pts)

Race prim’holstein

Seniors : 1re Laurélie Martin, Ladonvillers (116 pts) ; 2e Marie Goos, Blaesheim (130 pts) ; 3e Alexis Losser, Mussig (160 pts) ; 4e Johann Schoenel, Wintershouse (164 pts) ; 5e Anne Schoenel, Wintershouse (166 pts) ; 6e Caroline Goos, Blaesheim (172 pts) ; 7e Marine Molle, Dannemarie (176 pts) ; 8e Mélanie Hiegel, Dannelbourg (186 pts) ; 9e Louis Frischinger, Tagsdorf (196 pts) ; 10e Julie Wendling, Lupstein (214 pts) ; 11e Thomas Longo, Thionville (224 pts) ; 12e Jérôme Meyer, Juville (226 pts) ; 13e Emilie Pfauwadel, Wattwiller (230 pts) ; 14e Ludovic Wagner, Rusange-les-Megange (230 pts) ; 15e Laura Wenck, Juville (246 pts) ; 16e Rémi Schwartz, Lachaussées (246 pts) ; 17e Lucas Huss, Wolfisheim (254 pts) ; 18e Lou Rohmer, Strasbourg (264 pts) ; 19e Emma Morier, Donnenheim (268 pts) ; 20e Julien Donze, Laconllonge (272 pts) ; 21e Bastien Berger, Wittisheim (276 pts) ; 22e Abel Cachot, Baudrecourt (294 pts) ; 23e Thomas Cousandier, Rœschwoog (308 pts) ; 24e Léo Lemoine, Blagny (311 pts) ; 25e Camille Seemann, Schwenheim (320 pts) ; 26e Damien Thiebault, Craincourt (330 pts) ; 27e Claire Cousandier, Rœschwoog (332 pts) ; 28e Camille Walter, Sand (338 pts) ; 29e Louise Scharff, Remilly (346 pts) ; 30e Morgane Streiff, Lemud (360 pts) ; 31e Chloé Scharff, Dain-en-Saulnois (362 pts) ; 32e Gautier Peltre, Guermange (368 pts) ; 33e Clara Comazzetto, Algrange (396 pts) ; 34e Agathe Cousandier, Rœschwoog (406 pts)

Vétérans : 1er Jim Koenig, Vauthiermont (192 pts)

En démonstration samedi et dimanche

Du maïs ensilage en bottes

Pratique

Publié le 12/05/2019

Frédéric Jermann a créé son entreprise de travaux agricoles l’an dernier, l’ETA Jermann-Fritz. Polyculteur, éleveur de simmental allaitantes à Raedersdorf, à l’extrême sud du Sundgau, il utilise depuis huit ans une presse-enrubanneuse de la marque autrichienne Goweil pour presser du maïs ensilage et du maïs épis. Avec cette machine, il réalise des chantiers pour de nombreux clients, y compris hors Alsace, dans les départements franc-comtois et lorrains notamment. La machine a été lancée il y a une quinzaine d’années. Son utilisation s’est développée depuis 2003, année de grande sécheresse, où des éleveurs suisses en manque de fourrage ont dû récolter du maïs ensilage en plaine pour alimenter des élevages de montagne.

La machine travaille en stationnaire selon le principe suivant : l’ensilage est apporté par benne comme pour un silo traditionnel et versé sur une plateforme, d’où il est convoyé jusqu’à une chambre fixe équipée de grandes courroies. La botte qui se forme est enveloppée d’un premier film plastique puis elle passe sur une table d’enrubannage où elle est enrubannée. Même si la majeure partie des chantiers se fait en frais, « on peut travailler en sortie de silo, dans le cas d’un arrêt d’activité, lorsqu’on veut refaire le fond d’un silo ou même lorsqu’on a un surplus de fourrage à vendre. Quand l’ensilage est mis en botte, il est facile à transporter, argumente Frédéric Jermann. Ensuite, il suffit de le reprendre pour affourager. »

Ainsi enrubanné, l’ensilage de maïs se conserve très bien, assure l’entrepreneur. « Vu que la botte est fermée, on a quasiment zéro perte. L’ensilage est beaucoup plus compact que dans un silo et on n’a pas besoin d’ajouter de conservateur. Quand on travaille en frais, la fermentation est faite en l’espace de 15 jours. C’est une fermentation anaérobie, beaucoup plus rapide qu’en silo traditionnel. »

Ce système est particulièrement adapté pour les exploitations qui vendent du fourrage ou pour les petites structures qui sont en manque de fourrage en automne et qui, bien qu’ayant du maïs, n’ont pas de silo pour le conserver. Son coût est à évaluer en fonction des situations : « Cela reste intéressant par rapport à un petit silo taupinière où il y a pas mal de pertes, beaucoup de travail manuel à la reprise et risque de surchauffe en été », souligne Frédéric Jermann, précisant qu’il n’y a pas de risque d’échauffement lorsque la botte est ouverte et consommée dans la semaine.

Fleurs et plantes d’Alsace

Une jardinière pour apprendre à aimer les plantes

Vie professionnelle

Publié le 01/05/2019

Enseignante à l’école primaire du village, Manuela Wiemer a reçu, mercredi 24 avril, une jardinière offerte par l’entreprise horticole Goerger de Sand. Elle se compose de quatre plantes : un géranium, un plant de poivron, un fraisier et une alysse. Elle va pouvoir confier à ses élèves de CE1 la responsabilité d’en prendre soin : vérifier que les plantes se portent bien, qu’elles ne manquent ni d’eau ni de lumière et les arroser.

 

 

Les enfants pourront les observer, les voir fleurir, les sentir, les toucher (mais pas trop)… ce qui devrait leur permettre de comprendre le monde du végétal et d’acquérir les fondements d’une démarche scientifique. Leur enseignante les accompagnera dans cette découverte grâce à une fiche d’observation mise à sa disposition par l’association Fleurs et plantes d’Alsace. Les principales caractéristiques de chaque plante y sont résumées, ainsi que les conditions nécessaires pour qu’elles produisent des fleurs ou des fruits.

Mettre la main… à la terre

L’idée de sensibiliser les enfants au monde du végétal vient de 14 entreprises horticoles membres de l’association, qui regroupe une quarantaine de professionnels. Ils se sont inspirés d’expériences similaires menées en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. « En leur proposant ce kit, on montre aux plus jeunes que les fleurs font partie des productions de notre territoire », explique Marie Baelen, animatrice de Fleurs et plantes d’Alsace. Leur apprendre à aimer les plantes, leur permettre de mettre la main, non pas à la pâte, mais à la terre, leur faire découvrir qu’avant le fruit, il y a d’abord une fleur : tels sont quelques-uns des bénéfices sur lesquels devrait déboucher cette opération, baptisée « À l’école des fleurs ». C’est ce qu’a expliqué Christian Romain, président de l’association, lors du lancement organisé sous la serre de la famille Goerger.

Ce lancement donne également le coup d’envoi du fleurissement estival. En l’espace de quelques semaines, les professionnels vont mettre sur le marché ce qu’ils ont mis plusieurs mois à faire pousser dans leurs serres. Des plantes qui vont s’épanouir sur les balcons et dans les plates-bandes de leurs clients, grâce aux soins apportés en amont et aux conseils prodigués dans les points de vente. Les horticulteurs misent en effet sur le conseil pour se démarquer de la concurrence.

Bindernheim

Pause génétique sur la route de la Belgique

Technique

Publié le 26/04/2019

C’est parce qu’il a gardé un très bon souvenir de la précédente édition, organisée à Colmar en 2016, que Laurent Wollenburger a décidé d’ouvrir les portes de son élevage, à Bidernheim, aux éleveurs en route vers la confrontation européenne ou de retour de Libramont. Les 11 et 14 avril, avec sa compagne Gabrielle, il a accueilli ceux qui souhaitaient faire une coupure sur leur trajet, en particulier les éleveurs suisses. Ayant annoncé l’événement sur les réseaux sociaux, il a eu aussi la visite d’habitants du village et des alentours, un public moins professionnel mais tout aussi intéressé par la visite d’un élevage local.

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Des vaches qui vieillissent bien

Ces portes ouvertes ont été l’occasion de présenter quelques-unes des vaches de l’élevage, dont la sélection est orientée depuis longtemps vers les concours. Les visiteurs ont notamment pu voir Delicia, une fille du taureau Baxter, deux fois grande championne à Épinal et qui a représenté la France en Suisse en 2013. Achetée en copropriété avec l’élevage Wilt de Dachstein, Delicia a passé un an à la station de donneuses d’embryons d’Elitest à Épinal. Elle a des descendantes dans plusieurs pays européens. L’élevage Riedill de la famille Wollenburger en possède une douzaine, dont quatre filles directes. À bientôt 11 ans, tout juste révélée et fraîchement tondue pour l’occasion, Delicia a encore fière allure. « Les vaches nourries au foin vieillissent bien », explique Laurent Wollenburger. Cette alimentation leur permet également de développer leur panse et d’exprimer leur potentiel morphologique dans les concours.

Les visiteurs ont également pu voir des descendantes de Tempête, réserve grande championne à Épinal en 2010. Cette famille très prolifique représente environ la moitié du troupeau de l’élevage Riedill. Laurent Wollenburger a déjà réalisé plusieurs collectes d’embryons sur cette lignée, avec de nombreuses gestations à la clé. Plusieurs filles sont restées dans le troupeau, dont l’une, Everest, a plus de 10 ans.

Ces portes ouvertes ont donné lieu à de nombreux échanges autour de la génétique. Mais l’aspect convivial n’a pas été oublié : ce sont les Jeunes Agriculteurs du canton de Marckolsheim qui assuraient la restauration le dimanche. Une cinquantaine de repas ont été servis. Les convives ont même eu droit à une belle surprise : la naissance d’un veau en plein repas.

Alsace Lait

Repenser le modèle

Élevage

Publié le 24/04/2019

Des conditions climatiques sèches, des trésoreries malmenées, des matières premières agricoles vendues à des prix très bas, un marché européen victime de la concurrence de pays tiers... C’est un tableau peu réjouissant qu’a dressé Michel Debes, président d’Alsace Lait, lors de l’assemblée générale de la coopérative, mardi 16 avril, à Hœrdt. Celui d’un marché des produits laitiers où 1 % d’offre en plus se traduit par une baisse des prix de 10 % et où de nouvelles tendances de consommation se dessinent.

Les négociations avec la grande distribution sont toujours tendues. Malgré la loi EGAlim, « aucune négociation n’a tenu compte des prix de revient, indique Michel Debes. Dans le domaine laitier, grâce au travail syndical, nous avons réussi à faire passer des augmentations sur les produits frais. » Pour les produits sous marque de distributeurs, dont les négociations sont en cours, « une augmentation des prix est nécessaire pour faire face à la hausse des charges et rémunérer les producteurs ».

« Volontaires pour aller vers plus d’herbe »

Espérant tirer son épingle du jeu, la coopérative a fait le choix de la segmentation. En 2018, 48 producteurs lui ont livré du lait de prairie. Un volume de 28 millions de litres. Ce lait est transformé en fromage blanc pour l’export. Par ailleurs, tous les producteurs sont passés à une alimentation sans OGM de leur troupeau. Ce qui permet à l’entreprise de proposer du lait frais et de la crème label rouge. D’autres produits suivront en 2019, indique le président d’Alsace Lait. Malgré le surcroît de contraintes généré par ce mode d’alimentation, compensé par une prime de 10 €/1 000 l, « nous n’arrivons pas à dégager une plus-value », reconnaît Michel Debes.

En étant parmi les premières laiteries à se lancer dans le non-OGM, la coopérative alsacienne a voulu à la fois aller dans le sens souhaité par les consommateurs, mais aussi permettre aux éleveurs d’être plus autonomes dans leur approvisionnement en protéines. « Nous sommes volontaires pour aller vers plus d’herbe, vers des plantes sans intrants. La société nous le demande mais ne veut pas le payer », regrette le responsable. Pour l’instant, Alsace Lait n’a pas choisi de s’orienter vers le lait bio car cela exige un circuit de collecte et des installations spécifiques. « Aujourd’hui, les entreprises qui collectent du lait bio ont un site dédié. Si les politiques veulent que nous allions dans ce sens, il faut nous donner les moyens de construire ailleurs », prévient Michel Debes.

2019 : année charnière

La coopérative a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 105 millions d’euros (M€) en 2018. Mais elle dégage un résultat déficitaire de 2,50 M€, contrairement aux trois autres sociétés du Groupe (Savoie Yaourt, la holding et la filiale au Canada), qui sont bénéficiaires. « Nous devons repenser le modèle qui a été le nôtre pendant 25 ans. Les produits frais sont aujourd’hui moins consommés et il y a une surcapacité de production de 20 % au niveau national », constate Michel Debes. Frédéric Madon, directeur général de la coopérative, confirme : le marché de l’ultra-frais est en recul en volume comme en valeur. « Les seuls segments où il y a des relais de croissance sont les segments de niche comme le lait de chèvre, de brebis ou le lait bio. » Pour que le marché retrouve son équilibre, il faudrait fermer l’équivalent d’une usine, affirme-t-il, alors même que de nouvelles capacités de production se créent et vont rentrer en service fin 2019.

Dans ce contexte, le défi, pour Alsace Lait, consiste à redéfinir quels produits mettre sur le marché, pour quels clients et avec quels volumes, relève Michel Debes. 2019 sera une année charnière, prévoit Frédéric Madon. Les challenges qui attendent la coopérative sont nombreux : il lui faudra d’abord redresser ses marges, ce qui passera par une augmentation des prix payés par la grande distribution, dont la pression sur les prix est « intolérable » depuis trois ans. Il lui faudra aussi « desserrer l’étau au niveau des fournisseurs et continuer à travailler sur le mix produit pour éviter une trop forte dépendance » à un marché. Il ne s’agit pas de sortir de l’ultra-frais, précise Frédéric Madon, mais de « penser le modèle différemment, ce qui nécessitera un arbitrage fort, non pas dicté par l’amont, mais par l’aval. »

 

Lycée agricole d’Obernai

Des produits locaux pour la bonne cause

Vie professionnelle

Publié le 27/03/2019

Étudiantes en BTS Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (Acse) au lycée agricole d’Obernai, Emma Bender, Tania Werly, Marion Claudepierre et Agnès Birgaentzlé ont profité des portes ouvertes de l’établissement, samedi 16 mars, pour mettre en avant les produits locaux. Elles ont organisé un marché dans le hangar de la ferme du lycée, où de nombreux visiteurs ont pu trouver des produits laitiers, des fruits et légumes, des jus de fruits et de la charcuterie provenant de fermes d’Alsace et de Lorraine. Cette opération rentrait dans le cadre d’un Projet d’initiative et de communication, qui fait partie intégrante de leur formation.

Les quatre étudiantes souhaitaient ainsi faire passer un message qui leur tient à cœur : il est fondamental de soutenir les agriculteurs de sa région en consommant local. Et pour convaincre les visiteurs, elles ont misé sur un éventail varié de produits artisanaux, que leur ont confiés une dizaine de producteurs : la ferme Claudepierre, du Bonhomme, le Gaec Saint-Désiré et la Chèvrerie de Niderviller, la ferme Moschler d’Innenheim, La Pommeraie de Sigolsheim, la ferme de la rose d’Albestroff et le magasin De Mes Terres de Sarrebourg.

Grâce aux bénéfices récoltés, elles ont fait un don à la Société protectrice des animaux de moyenne Alsace à Ebersheim.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Génotypage des femelles : c’est parti !

Élevage

Publié le 25/03/2019

Une page se tourne pour le syndicat de la simmental française d’Alsace, qui tenait son assemblée générale le 8 mars à Mietesheim : Jean Bernhard, son président, ayant décidé de passer la main, son successeur sera désigné dans les jours à venir. Il a tenu à remercier l’équipe qui l’entoure pour son dynamisme et le soutien apporté dans les différentes manifestations. Les éleveurs de simmental ont souffert de la sécheresse en 2018, a rappelé Jean Bernhard. Et les conséquences de cet épisode climatique se font encore sentir aujourd’hui. Ils sont obligés de nourrir leur troupeau « avec un ensilage de qualité moyenne » et ne sont pas sûrs de pouvoir reconstituer leur stock de fourrage tant les prairies ont souffert l’été dernier. Le prix des produits, quant à lui, « n’a pas beaucoup évolué » et le marché des génisses, qui constituait un revenu non négligeable pour les éleveurs de simmental, est devenu « quasiment inexistant ».

Coincés entre un consommateur qui réclame du bio ou du sans-OGM et des pays concurrents qui augmentent leur production sans état d’âme, les éleveurs français sont « toujours à la recherche d’un modèle agricole » approprié, constate le président du Syndicat de la simmental française d’Alsace, persuadé que la mécanisation va continuer à se développer dans des exploitations toujours plus grandes. « Il faudra vivre avec ça », prédit-il, en insistant sur la nécessité de donner des perspectives aux jeunes qui s’engagent dans la production laitière.

Festival de l’élevage : un maximum d’animaux

Jean Bernhard a remercié les éleveurs pour leur participation au festival de l’élevage qui est devenu la seconde fête agricole dans le Bas-Rhin après le concours départemental de labour. Il encourage les éleveurs à présenter un maximum d’animaux à la prochaine édition, qui aura lieu à Brumath les 11 et 12 mai prochains. Tout en exprimant un regret : qu’il n’y ait plus de grand concours régional depuis la disparition d’Eurogénétique. « Il faudrait une vraie manifestation d’élevage dans le Grand Est », déclare-t-il.

Dans son rapport d’activité, Claude Ettlinger, d’Élitest, a lui aussi évoqué le festival de l’élevage. Sept éleveurs ont participé au concours simmental 2018, dont un pour la première fois. Le Gaec Cousandier de Rœschwoog et le Gaec Fichter d’Uhrwiller ont trusté les prix de championnat, tandis que l’EARL Engel de Buhl s’adjugeait le prix du meilleur lot. À l’occasion de leur assemblée générale 2018, qui s’était tenue en Allemagne, les adhérents du syndicat ont également eu l’occasion de visiter un élevage simmental outre-Rhin.

Hervé Vignon, directeur de Simmental France, a fait le point sur le schéma de sélection et l’offre génétique en simmental. Le schéma de sélection actuel repose sur un réservoir de 16 000 vaches dont les performances sont contrôlées au Contrôle laitier. Sur ces 16 000 vaches, 11 000 bénéficient en plus d’un suivi morphologique et c’est dans ces 11 000 vaches que l’Organisme de sélection (OS) puise des mères à taureaux, qui sont accouplées avec le meilleur de la génétique européenne. Tous les ans, 100 candidats mâles sont génotypés et évalués génétiquement en Allemagne avec la population de référence allemande. Les index de ces mâles sont convertis en base française, à charge pour l’OS de trier les candidats retenus dans l’offre génomique pour en sortir cinq ou six. Puis ces taureaux sont indexés sur descendance et viennent enrichir l’offre de taureaux utilisables par les éleveurs.

Celle-ci est segmentée en plusieurs catégories : le catalogue Simmental France comprend des taureaux indexés sur descendance qui ont des filles en production ; la gamme génomique, qui comprend huit taureaux aux profils variés, auxquels s’ajoutent quelques taureaux allemands et autrichiens, proposés par les partenaires de l’OS ; la gamme des taureaux étrangers disponible sous forme de semences importées, qui comprend à la fois des taureaux indexés sur descendance et des taureaux génomiques. Au final, ce sont 77 taureaux différents qui sont proposés par Simmental France.

Un nouvel Isu en 2020

L’Isu, l’index de synthèse utilisé pour évaluer le niveau génétique des animaux, sera révisé en 2019, a annoncé Hervé Vignon. « La dernière révision remontait à 2012, souligne le directeur de Simmental France. Compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique et de l’arrivée de l’index aptitudes bouchères, une révision s’imposait. » Simmental France a fait appel à l’Institut de l’élevage (Idele) et à une jeune ingénieure, Camille Vial, qui va étudier, en fonction de différents cas-types d’élevage, l’influence de chaque caractère élémentaire dans le revenu des éleveurs. L’objectif est « de pondérer l’Isu pour permettre à l’éleveur de dégager le meilleur résultat économique. » Le nouvel Isu pourrait se mettre en place courant 2020, prévoit Hervé Vignon.

Autre sujet d’actualité, la révision du règlement zootechnique européen (RZE). Ce nouveau règlement, applicable depuis le 1er novembre 2018, donne de nouvelles missions et responsabilités aux OS. « Avant, l’enregistrement des filiations était assuré par l’EDE, le contrôle de performances par le Contrôle laitier, les index et l’évaluation génétique par l’Inra, la diffusion des index par l’Idele, la gestion des schémas de sélection par les entreprises de sélection, les orientations raciales, le Livre généalogique et la promotion de la race par les OS, énumère Hervé Vignon. Depuis le 1er novembre dernier, l’OS est responsable de tout, sauf de l’identification qui reste à l’EDE. »

Pour pouvoir assurer ces nouvelles missions, Simmental France, dont les moyens humains sont limités, passera des contrats de délégation de service. Les éleveurs, quant à eux, vont devoir signer un consentement pour mettre à disposition de l’OS leurs données qui serviront à calculer les index. À l’initiative du monde de l’élevage, un nouvel organisme a été créé, GenEval, qui remplacera l’Inra pour l’évaluation génétique. « Rien ne nous oblige à faire indexer les animaux par GenEval, précise Hervé Vignon. Nous sommes en pleine réflexion pour savoir si nous continuons à faire évaluer en France ou si nous avons intérêt à faire indexer nos animaux en Allemagne ou en Autriche. » Le coût de l’indexation, de l’ordre d’1 € par animal au départ, voire 1,50 € dans les années futures, sera à la charge de l’éleveur, précise encore Hervé Vignon. Si l’indexation devait se faire en Allemagne, le prix serait supérieur puisqu’il faudra intégrer le coût du transfert d’informations, ajoute-t-il.

Comparer la fiabilité des index

Simmental France a décidé d’ouvrir le génotypage aux femelles. Celui-ci n’était jusqu’alors réalisé que sur les mâles. L’OS estime qu’avec près de 3 000 animaux génotypés en 2018, la précision des index est désormais suffisante. Toutefois, cette ouverture du génotypage se fait avec certaines restrictions : elle est limitée aux femelles ayant un pedigree complet (trois générations) et aux éleveurs adhérant au service génétique de Simmental France. Une offre promotionnelle est proposée jusqu’au 30 juin, à 30 € par génotypage, hors frais de prélèvement. Le but est de génotyper un maximum d’animaux et d’envoyer une partie des prélèvements en Allemagne, afin de pouvoir comparer la fiabilité des index français et allemands.

Depuis un an environ, la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) propose aux éleveurs d’intégrer un groupe de suivi technico-économique. Cette prestation de conseil collectif est le fruit d’une coopération entre la CAA et le Centre de fiscalité et de gestion, a expliqué Sophie Weidmann, du service élevage de la CAA. L’objectif est de valoriser les données technico-économiques des éleveurs, de leur transmettre un compte rendu trimestriel permettant une meilleure réactivité dans la gestion de leur exploitation et de permettre une comparaison entre éleveurs géographiquement proches et appartenant à des systèmes comparables. Cette prestation nécessite d’avoir une comptabilité à jour trimestriellement, mais elle n’occasionne pas de double saisie, précise la conseillère. Elle peut être incluse dans les offres de conseil déjà souscrites. Six groupes fonctionnent actuellement en Alsace et un septième groupe pourrait se créer.

Production bovine

« Combler le fossé entre les coûts de production et les prix payés aux éleveurs »

Vie professionnelle

Publié le 22/03/2019

Comment enrayer la baisse du cheptel et de la production de viande bovine française ? Que faire pour assurer un revenu décent aux éleveurs ? Comment convaincre les distributeurs de prendre effectivement en compte le coût de production de la viande bovine dans la fixation du prix de vente ? Ces questions étaient au cœur de la table-ronde organisée le 12 mars au lycée agricole d’Obernai en présence de Bruno Dufayet, président de la commission "enjeux sociétaux à la Fédération nationale bovine (FNB). Cette table-ronde a réuni Christian Schleiffer, engraisseur de jeunes bovins à Uhrwiller, Jacky Ernwein, éleveur de vaches allaitantes à Oberhausbergen, Gaétan Vix, éleveur de vaches allaitantes et de veaux de lait en filière intégrée à Wolschheim, et Thomas Urban, éleveur à Schwindratzheim et membre du bureau de l’Association de production animale de l’Est (Apal).

« Dans une région comme la nôtre, avec des productions diversifiées, on peut facilement faire le choix d’arrêter l’élevage, a d’abord exposé Philippe Boehmler, membre du bureau de la FNB, qui animait la rencontre. Et une fois qu’on arrête, on ne revient plus en arrière. » Ce phénomène, que l’on observe en France dans des proportions jamais vues auparavant, touche également l’Alsace, bien qu’à un degré moindre, selon les chiffres présentés par Mathieu Vaillant, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA).

Éleveur de vaches salers dans le Cantal, en système naisseur-engraisseur, Bruno Dufayet reconnaît que les revenus tirés de l’élevage ne sont « pas réjouissants » - 15 000 € par exploitation bovine en 2018. C’est l’une des causes de la décapitalisation actuelle : « Il y a 400 000 vaches allaitantes en moins depuis juin 2016, soit un recul de 10 % du cheptel, c’est extrêmement inquiétant. Nous sommes à un moment charnière, il faut interpeller les pouvoirs publics par rapport à l’enjeu du maintien de la production. » D’autres raisons expliquent le recul du cheptel bovin français, selon le responsable de la FNB : le manque de perspectives et le vieillissement de la population d’éleveurs.

« Un vrai engagement de chaque famille »

Pour leur redonner des perspectives, estime Bruno Dufayet, il est nécessaire de mieux rémunérer les producteurs pour qu’ils puissent, au minimum, couvrir leurs coûts de production, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pour cela, il compte sur les dispositions de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (loi EGAlim), adoptée en octobre dernier. « Nous avons bâti un plan de filière autour de cette ambition », explique le président de la FNB. Ce plan prévoit la montée en gamme de la production de viande bovine française : l’objectif est d’atteindre 40 % de la production sous label, contre 3 % aujourd’hui. Il prévoit également de renforcer la contractualisation, qui concerne moins de 1 % de la viande bovine actuellement. L’ambition est de monter à 30 % de volumes contractualisés toutes catégories confondues, précise Bruno Dufayet. « Ce plan a été signé par l’ensemble de l’interprofession, c’est donc un vrai engagement de chaque famille, de la production à la distribution », insiste le président de la FNB.

Maintenant que le plan de filière est signé, « nous devons passer très vite à la phase opérationnelle. Il y a urgence », déclare Bruno Dufayet, rappelant que la FNB a dû batailler pendant 17 mois avant de faire valider les indicateurs de coûts de production pour les différentes catégories d’animaux. Il va désormais falloir « combler le fossé entre les coûts de production et les prix réellement payés aux éleveurs ». « Nous sommes dans les moments durs de la mise en application » de la loi EGAlim, reconnaît-il.

Contractualisation : une réponse par écrit

Concrètement, l’éleveur doit proposer un contrat écrit à l’acheteur, celui-ci a l’obligation d’y répondre par écrit. En cas de désaccord sur le prix, il sera possible de se référer aux indicateurs de coût de production. Ne pas respecter ces indicateurs expose à des poursuites pour « prix abusivement bas », ce qui peut être sanctionné par la loi. « C’est un bouleversement, assure le président de la FNB. C’est le choix de chacun d’utiliser la loi. À la FNB, on veut s’en servir pour faire entendre notre ambition et peser sur les opérateurs. »

Dans la salle, des interrogations s’expriment. « Jusqu’où aller si un distributeur n’est pas prêt à payer le prix demandé ? », interroge Philippe Boehmler. « La contractualisation est-elle réellement possible en élevage allaitant ? », se demande Jacky Ernwein. « Peut-on se battre avec un distributeur local qui importe la majorité de sa production d’ailleurs ? », intervient un troisième éleveur. Face à ces questions, Bruno Dufayet réitère la nécessité de la contractualisation, « réclamée depuis longtemps par l’amont de la filière et freinée par l’aval, qui joue sur l’engorgement du marché pour faire fluctuer les prix vers le bas ».

Pression syndicale

À propos des importations, le président de la FNB affirme que celles-ci n’inondent pas le marché, contrairement à une idée reçue. « Notre action, c’est de travailler sur le marché français, même si nous avons une stratégie à l’export. On se bat pour la répartition de la valeur sur ce marché », insiste Bruno Dufayet, persuadé que de la valeur, « il s’en crée » et que « la loi va permettre de peser davantage sur les discussions interprofessionnelles que durant ces vingt dernières années ». « Il ne faut pas être angélique, avertit de son côté Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Sans la pression syndicale, il n’y aura pas de partage de valeur. » Marc Moser, président du Comptoir agricole, approuve : « Nous sommes au milieu du gué. Pour l’instant, ce sont les quatre distributeurs nationaux qui profitent de la loi EGAlim et communiquent sur le fait de rémunérer la production. Il faut les mettre devant le fait accompli et maintenir la pression syndicale au plus fort. »

Interpellé par Jean-Luc Hoffmann, président de la Corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin, le président de la FNB reconnaît que « pour les bouchers qui travaillent avec des éleveurs, la couverture des coûts de production y est. Mais les boucheries ne représentent que 15 % des volumes, les gros volumes passent par la grande distribution. » Et si aujourd’hui, plus de 95 % de la viande bovine vendue en GMS est française, c’est aussi le résultat de la pression syndicale, ajoute Bruno Dufayet. Pour la restauration collective, « c’est la loi qui va faire le boulot puisqu’elle oblige à recourir à de l’approvisionnement local à hauteur de 50 % ». La FNB a d’ailleurs commencé à recevoir tous les groupes de restauration commerciale, pour que ces ambitions ne restent pas lettre morte.

Qualité de la viande et du service

Daniel Dreyfuss, dirigeant de la société Dreyfuss et vice-président de l’Apal, met en avant le décalage entre l’offre et la demande, qui expliquerait, selon lui, les importations de viande étrangère. Il évoque aussi une sous-consommation de viande bovine et la décision prise par certains opérateurs de suspendre les abattages une journée par semaine. Le président de la FNB précise que la consommation baisse effectivement en GMS (- 6 %), mais qu’elle est en hausse dans la restauration hors foyer. Toute destination confondue, elle serait même en hausse de 2 %. La décision de suspendre les abattages, quant à elle, a été prise en pleine négociation commerciale du steak haché, Bigard ayant décidé de faire pression pour faire passer des hausses de prix. Une décision qui, « pour une fois, va dans le sens de la production », indique Bruno Dufayet.

Le prix n’est pas la seule variable sur laquelle travaille la profession, ajoute le président de la FNB. « Nous sommes en train de travailler sur la qualité de la viande et du service. Plus on se rapproche de 21 jours de maturation, plus le client est content. Aujourd’hui en GMS, cette durée est de sept jours. »

EARL des Hirondelles à Duttlenheim

La performance technique comme objectif

Élevage

Publié le 21/03/2019

L’EARL des Hirondelles, à Duttlenheim, est spécialisée dans l’engraissement de jeunes bovins et l’élevage de poulets label rouge. Deux productions dans lesquelles Jean-Luc Heckmann s’est lancé à la fin des années 1990, après avoir arrêté l’élevage laitier et les canards. Il a commencé avec 30 génisses « pour continuer à valoriser l’herbe » laissée par les laitières. Cinq ans plus tard, il a remplacé les génisses par une cinquantaine de jeunes bovins. À l’installation de son fils Nicolas, en 2009, il a construit un premier bâtiment d’engraissement de 200 places. En 2015, un deuxième bâtiment d’engraissement a été construit, ainsi qu’un bâtiment de stockage, si bien qu’aujourd’hui, Jean-Luc et Nicolas Heckmann disposent de 400 places d’engraissement de jeunes bovins.

Les deux éleveurs, qui travaillent avec Cloé et Socobeval, reçoivent les broutards charolais, limousins ou salers entre 8 et 10 mois. Durant le temps qu’ils passent à l’EARL des Hirondelles, les jeunes bovins reçoivent deux types de ration : une ration d’engraissement composée principalement de maïs ensilage et de pulpes surpressées, auxquels les deux éleveurs ajoutent un correcteur, des pommes de terre, du foin et du maïs grain broyé (en tout, 8,7 kg de matière sèche) puis une ration de finition qui contient les mêmes ingrédients, en plus grande quantité, avec de la paille de blé. La ration de finition contient 11,6 kg de MS.

Une bonne partie des ingrédients provient de l’exploitation, dont les surfaces atteignent 90 ha. Un tiers est composé de prairies, dont une partie, en MAE, n’est pas fertilisée. Maïs, blé, et betteraves sucrières forment le reste de l’assolement.

Ainsi nourris, les broutards sortant de l’EARL des Hirondelles affichaient un gain moyen quotidien (GMQ) de 1 484 g/jour en 2017, pour une durée d’engraissement de 294 jours. La mortalité était de 2,1 %. Selon les résultats d’abattage 2018, le poids de carcasse moyen est de 437 kg, un bon tiers des animaux affichant même des poids de carcasse compris entre 450 et 500 kg, 43 % des carcasses sont classées U -, 18 % U = et 18 % R + et plus de la moitié obtiennent une note d’engraissement de 3.

Les éleveurs présents ont découvert le silo de l’exploitation, qui fait partie des 150 silos étudiés par les techniciens de la Chambre d’agriculture Alsace. Grâce à ce diagnostic, les éleveurs peuvent améliorer la qualité de leur ensilage et la confection de leur silo. Mathieu Vaillant, conseiller en élevage à la Chambre, leur a présenté les différents outils utilisés : caméra thermique pour mesurer l’échauffement du silo, compactomètre pour estimer la densité, tamis pour vérifier la longueur de coupe. Qu’il s’agisse de l’aspect du front d’attaque, de la densité ou de l’éclatement des grains, ils ont pu vérifier que l’ensilage shredlage réalisé par l’EARL des Hirondelles répond à la plupart des critères d’un ensilage de maïs de qualité.

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