Auteur

Florence Péry

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Niess Agriculture

Des matériels pour « réparer » la vigne en hiver

Vigne

Publié le 12/02/2020

Arracher des ceps, les remplacer, tailler, lier, broyer ou presser les sarments, enfoncer des piquets, poser des fils de palissage… Les travaux de « réparation » et d’entretien de la vigne ne manquent pas en hiver. Et pour chacun d’entre eux, il existe du matériel spécifique qui peut simplifier la vie des professionnels. C’est sur ces matériels que Niess Agriculture avait choisi d’axer sa démonstration de début de saison, mardi 28 janvier, à Dambach-la-Ville. Et le lendemain à Marlenheim. Gérard Jacquat et Loïc Berger, chargés de la viticulture chez Niess Agriculture, ont profité de l’occasion pour présenter le nouveau tracteur New Holland avec pont avant suspendu.

Pour la taille, la nouvelle génération de sécateurs est représentée par le Felco 812. De fabrication suisse, ce modèle électro-portatif est doté d’un nouveau portage, compact et léger, et d’une nouvelle tête de coupe. Sa lame en acier rapide HSS lui confère longévité et robustesse, souligne Loïc Berger. La lieuse Mage, modèle Lea 30, est une machine avec portage arrière. La bobine de 500 m permet de lier 500 pieds. Les liens sont biodégradables et le principal avantage est que « l’opérateur n’a pas à gérer le fil. C’est la machine qui s’en charge ».

Nicolas Rogier a fait le déplacement depuis Avignon pour présenter une complanteuse dont il est le concepteur. La machine a déjà été récompensée à plusieurs reprises : le prototype avait été médaillé au Sitevi en 2008, la complanteuse a reçu une citation au même salon en 2015 et Nicolas Rogier vient de décrocher, en 2019, le 1er prix Stars et métiers décerné par la Chambre de métiers du Vaucluse pour son invention. La complanteuse facilite la mise en terre de plants de vigne à racines longues (entre 10 et 20 cm de racines nues) ou de plants en pot : « elle fait le trou, dispose le plant avec le tuteur et peut arroser en même temps grâce à une cuve additionnelle placée derrière le tracteur. L’arrosage est réglable de 1 à 8 litres par plant », détaille Nicolas Rogier en insistant sur les meilleures chances de reprise des plants ainsi mis en terre. Une dizaine de complanteuses de ce type fonctionnent déjà en Alsace. Son coût en fait un matériel plutôt adapté aux grosses exploitations viticoles, aux Cuma ou aux prestataires de services.

Le bois pressé et lié

De marque Caeb, la presse à sarments permet de ramasser les sarments issus de la taille et d’en faire des fagots utilisables comme bois de chauffage ou comme paillage dans les jardins. « Elle fonctionne comme une presse à balles, le bois est simplement pressé et lié », indique Loïc Berger. Le modèle en démonstration est équipé d’un groupeur à l’arrière, qui permet de grouper jusqu’à quatre bottes de 25 à 30 kg. La dérouleuse de fil, de marque Rabaud, est une machine à quatre plateaux libres pour le déroulement du fil lisse et un plateau à entraînement hydraulique pour tout type de fil. La pince arrache-ceps existe en plusieurs versions : une version simple avec attelage frontal ou arrière et une version « plus évoluée avec une tarière à relevage hydraulique qui permet de faire un trou et d’ameublir la terre pour préparer la complantation ».

Le broyeur à sarments, de marque allemande Müthing, existe également en plusieurs versions, avec attelage arrière ou frontal, et différentes largeurs de travail à partir de 1 m et par tranche de 20 cm. Il peut être équipé de fléaux ou de marteaux, selon que l’on veut plutôt broyer de l’herbe ou du bois, précise Loïc Berger. L’enfonce-pieu Siegwald est un outil autonome sur mât hydraulique qui permet d’enfoncer des piquets métalliques ou en bois. Il nécessite deux opérateurs : un dans le tracteur et un deuxième à l’extérieur, pour tenir le piquet.

Organisées par séquences successives de 15 minutes, les démonstrations de matériel ont été réalisées avec le nouveau tracteur New Holland, le successeur du T4V, bien connu des viticulteurs. Un tracteur de 80 ch, complètement autonome, dont la grande nouveauté vient du pont avant suspendu, offrant un meilleur amorti des chocs sur les terrains accidentés et donc un meilleur confort en cabine pour l’utilisateur.

 

 

Élevage laitier

Boiteries : lever le pied pour bien les détecter

Élevage

Publié le 03/02/2020

Les boiteries infectieuses sont des maladies qui peuvent se transmettre d’un animal à l’autre. Pour Andrea Fiedler, vétérinaire allemande spécialisée dans les affections des onglons, qui intervenait lors de la journée technique lait franco-allemande en novembre dernier à Kehl, des mesures de biosécurité permettent d’éviter les contaminations au sein des élevages. Les deux principales maladies infectieuses touchant à la santé des onglons sont le panaris et la maladie de Mortellaro (dermatite digitale). Cette dernière a pris beaucoup d’ampleur en Allemagne durant les vingt dernières années, souligne la vétérinaire.

Une vache atteinte de panaris a le pied enflé et reste le plus souvent couchée. Le panaris est causé par des germes - fusobactérium nécrophorum, principalement - qui pénètrent dans la peau à l’occasion d’une petite blessure. « Dans une stabulation, quand il y a beaucoup de lisier sur les surfaces, la pression microbienne augmente », indique Andrea Fiedler, soulignant que le lisier attaque la peau et permet aux germes de pénétrer. « Quand il n’y a pas assez de couchages dans une étable ou qu’un panaris n’est pas correctement traité, l’animal devient hautement contagieux pour toute la stabulation et on a vite dix ou quinze vaches contaminées ».

Le premier réflexe est d’isoler la vache atteinte pour éviter la propagation des germes. Il faut ensuite procéder à un nettoyage soigneux des onglons et poser des compresses sur la plaie avec beaucoup de coton synthétique pour limiter la douleur. Ce pansement est à changer au bout de 24 h. Le vétérinaire prescrira des antidouleurs et un traitement par antibiotiques. Une intervention chirurgicale peut être entreprise pour enlever les tissus lésés.

Dermatite digitale : de gros dégâts économiques

La dermatite digitale provoque de gros dégâts économiques et des souffrances importantes chez les animaux qui en sont atteints. Elle se développe en l’espace de quelques semaines, sous l’effet d’un manque d’hygiène ou d’un excès de lisier dans la stabulation, explique la vétérinaire. Les animaux achetés à l’extérieur, en particulier les jeunes bovins, sont souvent à l’origine de la contamination du troupeau, constate Andrea Fiedler. Les bactéries incriminées - les spirochetes - vont sous la peau et n’ont pas besoin d’oxygène pour survivre. Elles endommagent les couches supérieures du derme. Si elles franchissent la membrane basale, des kystes peuvent s’installer. « Il faut réagir très tôt pour éviter que cela ne devienne chronique », insiste Andrea Fiedler en recommandant un suivi des animaux touchés. Aux stades aigus et chroniques, en effet, il est difficile de revenir à une phase saine.

D’un point de vue génétique, toutes les vaches ne sont pas logées à la même enseigne : certaines d’entre elles restent toute leur vie à un stade chronique, elles constituent donc de véritables « bombes à retardement » pour le reste du troupeau. Selon la vétérinaire, certains taureaux résistent mieux à la dermatite digitale, mais cet aspect reste à documenter. Les informations remontées par les pareurs renseignent sur la fréquence de cette maladie. Dans le Bade-Wurtemberg comme en Bavière, les données sur le sujet sont de plus en plus nombreuses.

Une détection précoce des cas

Face à cette maladie, un plan de biosécurité en cinq points est préconisé par la vétérinaire. Il faut d’abord veiller à ce que les animaux introduits dans l’élevage n’apportent pas de germes dans la stabulation. Au sein de l’élevage, l’attention doit porter sur l’hygiène des logettes, la ventilation du bâtiment, la densité d’occupation. Le troisième point repose sur une détection précoce des cas. Celle-ci peut se faire à la salle de traite avec une lampe de poche, indique la vétérinaire. « Si on trouve quelque chose, il faut agir tout de suite, surtout si la lésion est rouge et douloureuse ». L’utilisation d’un spray contenant un antibiotique est recommandée, ou d’un spray à base de cuivre et de zinc. Lorsque les lésions sont plus importantes (plus de 2 cm), des produits comme Novaderma ou le pansement polyuréthane Mortella-Heal sont indiqués. Chaque animal atteint doit être traité une deuxième fois et si des complications se présentent, mieux vaut faire appel à son vétérinaire ou à son pareur.

Réduire la pression microbienne est une autre façon de se prémunir contre la dermatite digitée. Si l’on utilise un pédiluve, il faut veiller à changer l’eau régulièrement et à utiliser des produits qui ne sont pas trop agressifs pour la peau pour ne pas la léser.

Des onglons mal conformés

Les boiteries non-infectieuses, elles, peuvent être liées à des défauts de conformation des onglons, relève Catherine Lutz, vétérinaire en Alsace. Les onglons asymétriques se rencontrent sur la majorité des vaches laitières : lorsque la vache pose son pied par terre, toutes les forces se concentrent sur le plus grand des onglons. Si le parage ne suffit pas à assurer un retour à l’équilibre, la pose d’une talonnette peut être une solution. La concavité de la muraille dorsale (également appelée sabot chinois) est un autre défaut de conformation, qui engendre une boiterie légère. L’origine peut être métabolique ou liée à un manque de parage. Le traitement consiste en un parage préventif régulier, idéalement tous les trois ou quatre mois, précise Catherine Lutz.

Comme le sabot chinois, la rotation de l’onglon - interne ou externe - se rencontrait beaucoup dans les étables entravées. Son origine est incertaine : le manque de parage régulier ou la vieillesse. Elle engendre une boiterie chronique et peut se traiter par un parage régulier préventif. Attention toutefois à ne pas faire saigner la pointe et à ne pas réaliser un parage excessif, prévient la vétérinaire. Les onglons en ciseaux, eux, ne font pas boiter mais ils provoquent une gêne constante. Ils sont dus à un manque d’usure des onglons auquel on peut remédier par un parage fonctionnel. Même traitement pour la fissure verticale de la muraille interne de l’onglon (aussi appelée seime longitudinale interne) dont l’origine est peut-être génétique. La seime cerclée, qui est une fissure horizontale de la muraille, passe souvent inaperçue car elle est cachée par les déjections. Son origine est métabolique - un vêlage difficile, une diète alimentaire ou un sevrage brutal - et dans la majorité des cas, aucun traitement n’est nécessaire, selon Catherine Lutz. La seime longitudinale externe est souvent liée à l’alimentation. Le traitement ne s’impose que si cela touche le pododerme. Dernier défaut de conformation, la sole fine, liée à un excès de parage, à une usure du sol trop forte ou à une pousse trop faible de la corne. Le traitement consiste en la pose d’une talonnette en mousse et de pansements, si les deux onglons sont touchés.

Fourbures : attention à la station debout prolongée

La fourbure désigne les lésions de la boîte cornée, à savoir les décollements, les bleimes, les ulcères et les ouvertures de ligne blanche. Les facteurs de risques exposant à la fourbure sont nombreux : un amaigrissement en début de lactation, par exemple, peut provoquer un amincissement du coussinet digital, qui va se traduire par une augmentation de la pression sur le derme de la sole, des hémorragies de la sole et des lésions de la boîte cornée. Le décollement de la sole, qui peut rapidement évoluer en abcès, doit être traité par un parage de toute la zone décollée avec pose d’une talonnette si nécessaire. La fissure de la ligne blanche peut également provoquer un abcès, très douloureux pour la vache. L’abcès de la ligne blanche survient quand les tissus vifs sont atteints, elle peut se compliquer d’une infection conduisant à l’abcès de la sole. Le traitement consiste en un parage curatif avec pose de talonnette si besoin.

La fourbure peut aussi résulter d’une station debout prolongée : c’est le cas lorsqu’il y a un épisode de stress thermique. Les boiteries surviennent généralement deux mois à deux mois et demi plus tard, constate Catherine Lutz. Ou alors lorsque la salle de traite n’a pas suivi l’augmentation de la taille du troupeau : l’attente avant la traite augmente pour les vaches ainsi que les boiteries. Le paramètre alimentaire, en revanche, est celui qui a le moins d’impact direct sur les lésions non infectieuses, précise la vétérinaire.

La bleime, diffuse ou circonscrite, se traduit par une coloration anormale de la sole. Diffuse, elle nécessite un parage préventif. Circonscrite, elle peut évoluer en ulcère de la sole si elle n’est pas parée. L’ulcère de la sole est un bourgeonnement de chair pouvant se compliquer par une surinfection de dermatite digitale. L’ulcère de la pince est un bourgeonnement de chair situé en pince qui peut se compliquer en nécrose de la pince. Un parage et la pose d’une talonnette en constituent le traitement. Dans les cas compliqués, une anesthésie du pied peut être nécessaire pour soigner le pied du bovin correctement. Quant à l’ulcère du talon, il se soigne par anti-inflammatoire, ce qui nécessite de passer par le vétérinaire.

La limace est liée à un excès de pression sur les ligaments interdigitaux croisés qui provoque une pression sur les tissus mous interdigitaux. Une tumeur externe se forme alors sur la peau détendue. Les facteurs de risque sont l’humidité, les irritations mais il y a aussi un gros facteur génétique, constate Catherine Lutz. Il n’y a souvent aucun traitement. Couper ou brûler l’excroissance interdigitale n’est pas recommandé car cela fait souffrir la vache.

 

Lire aussi : « La longévité, « un investissement qui vaut le coup » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Planète Légumes

Pomme de terre : une culture en transition

Cultures

Publié le 21/01/2020

45 variétés conventionnelles et 15 variétés bios : c’est le nombre de variétés de pommes de terre testées en Alsace en 2019 par les conseillers de Planète Légumes. Les variétés conventionnelles ont été plantées fin avril sur une parcelle de la famille Oechsel à Muttersholtz, en sol de limon sablo-argileux. Les variétés bios ont été implantées un peu plus tôt sur une parcelle du lycée agricole d’Obernai, en sol limoneux. Toutes ont été irriguées et récoltées fin août. Les conseillers Planète Légumes ont suivi les cultures jusqu’à la récolte, puis ils ont procédé à des notations. Mercredi 8 janvier, le moment était venu de présenter les résultats de ces essais lors d’une journée entièrement dédiée à la pomme de terre.

Dans le hangar de Roland Schweitz, à Duttlenheim, 60 caisses de pommes de terre sont alignées au sol. « En Alsace, 10 variétés font 87 % des ventes », rappelle Denis Jung, conseiller Planète Légumes. La quarantaine de planteurs présents écoute les commentaires relatifs à chaque variété : tubérisation, sensibilité aux maladies, rendement, importance des différents calibres, forme, présence ou non de traces de maladies, couleur de la peau et de la chair… Les représentants des firmes de production de plants apportent des précisions sur le positionnement commercial, la disponibilité des plants, la qualité des tubercules. Pour les variétés les plus récentes, l’accent est clairement mis sur la rusticité, l’adaptation à des conditions climatiques de plus en plus sèches et à des contraintes environnementales renforcées.

Après le point variétés, Denis Jung revient sur les conditions de la campagne 2019. Les plantations se sont faites dans de bonnes conditions, début avril, avec suffisamment de pluie jusqu’à la mi-mai. À partir de ce moment-là, la sécheresse a commencé à s’installer, obligeant à irriguer en juin. L’été a été globalement très sec, avec tout de même des variations locales. Les levées ont été assez rapides. Un petit problème de désherbage a été constaté en raison de la sécheresse. Le développement foliaire a permis, dans un premier temps, d’atténuer le stress hydrique. Côté maladies et ravageurs, le risque mildiou est resté faible et l’alternaria a été moins présente et plus tardive qu’en 2018. Les doryphores sont venus très tôt, à partir de début mai, il y a eu jusqu’à trois générations. Les pucerons sont restés discrets. Quant au rhizoctone, sa présence était assez fréquente sur tiges.

Alternaria : 26 variétés comparées

Planète Légumes a mené différents essais en 2019, dont un essai potasse. Il en ressort qu’un apport de 200 unités de potasse, sous forme sulfate, améliore les rendements dans les gros calibres. En Champagne, le même essai n’a pas eu d’effet sur le rendement, mais a permis d’observer un peu moins de nécrose interne. Un essai de biostimulant a également été mené en Alsace pour réduire la nécrose sur charlotte. Sur les 14 modalités testées, deux ont tiré leur épingle du jeu : l’apport de silice par une spécialité et le témoin fertilisé à 120 % des besoins prévisionnels.

En matière de lutte contre l’alternaria, les deux essais en place ont montré qu’Aderio reste une bonne référence, en tout cas le produit le plus efficace dans la comparaison de produits à quatre applications. Parallèlement, Planète Légumes a comparé 26 variétés sur leur comportement face à l’alterneria dans un essai implanté à Muttersholtz. Le témoin était Agata, variété la plus touchée. Un constat peut déjà être tiré : « plus la variété est précoce, plus elle est touchée par l’alternaria », constate le conseiller Planète Légumes. Cet essai sera reconduit l’an prochain.

Dans la lutte contre le mildiou, on constate une augmentation des souches résistantes au fluazinam. Denis Jung signale la présence d’un nouvel adjuvant qui permet une meilleure pénétration de la bouillie. Dans la lutte contre le taupin, Success GR a obtenu son homologation. Il s’agit de la première solution de biocontrôle contre cet insecte. Elle est utilisable en bio. Pour 2020, les préconisations sont les suivantes : éviter les situations à risque, privilégier les variétés moins appétentes, récolter le plus tôt possible, travailler sur l’ensemble de la rotation en réalisant un travail du sol répété en période estivale et en protégeant toutes les cultures sensibles de la rotation. L’objectif est d’allier la lutte agronomique et la lutte chimique dans la rotation.

Défanage : le broyage à l’essai

Pour le défanage, les producteurs vont devoir se passer du Reglone. Planète Légumes avait fait des essais de broyage dès 2011-2012, en prévision du moment où ce produit serait définitivement interdit. En 2019, des programmes de défanage chimique à deux et trois interventions ont été comparés par Arvalis, soit 11 modalités. Les programmes à trois interventions ont une efficacité supérieure aux autres mais celle-ci n’est pas complètement satisfaisante, constate Denis Jung.

Une alternative consiste à combiner traitements chimiques et broyage mécanique, indique Michel Martin, d’Arvalis-Institut du végétal. Il existe des broyeurs, dont certains permettent de travailler jusqu’à huit rangs de pommes de terre, et des systèmes adaptés pour réaliser broyage et traitement en même temps. « Si vous broyez, il peut être utile d’investir dans un système de retassement des buttes pour éviter le risque de verdissement », indique Michel Martin. Le broyage a un effet instantané, il supprime 80 % de la végétation et bloque son développement. « En fonction de l’année, le broyage peut suffire, mais si la végétation est encore un peu vigoureuse et peut repartir, il faut compléter par un traitement chimique ».

En 2019, Arvalis a comparé le broyage seul au traitement à pleine dose avec différents produits et au traitement localisé à demi-dose. Cette comparaison a porté sur deux variétés : Nicola et Challenger. Le broyage seul n’a pas eu une efficacité suffisante pour détruire complètement la végétation et empêcher la reprise. Le traitement à plein, au contraire, a eu une bonne efficacité sur feuilles, ainsi que sur tiges pour Nicola. Le traitement localisé à demi-dose a eu une très bonne efficacité sur feuilles pour Nicola. Avec Challenger, les résultats sont un peu plus hétérogènes, mais l’on retrouve, comme dans le traitement à plein, une efficacité améliorée avec Spotlight. Le Beloukha, produit de biocontrôle, est « un peu à la peine pour une destruction complète de la végétation » lorsqu’il est utilisé seul.

En dehors des broyeurs, il existe d’autres matériels utilisables pour le défanage. Michel Martin cite les matériels d’arrachage mécanique des fanes, dont il existe plusieurs types : ceux qui fonctionnent par arrachage vertical et ceux qui fonctionnent par arrachage tangentiel. Le défanage thermique constitue une autre solution, même s’il n’est pas encore très développé. Là aussi, différents matériels sont utilisables, fonctionnant au gaz, au fuel, à l’huile de colza ou à l’électricité. Leur coût justifie le plus souvent un investissement collectif.

Bovins viande

Aléas climatiques : des leviers pour s’adapter

Élevage

Publié le 14/01/2020

Les aléas climatiques de ces dernières années ont eu des répercussions dans les élevages bovins allaitants. Dans la zone Est Élevage, le nombre de vaches allaitantes présentes dans les élevages est en hausse depuis 2010. Mais celui des vêlages ne suit pas. « C’est dommage car un veau par vache et par an, c’est ce qui fait la rentabilité de vos exploitations », indique Matthieu Vaillant, conseiller bovins viande et fourrage à la CAA. Ceci s’explique par un intervalle vêlage-vêlage (IVV) qui progresse : en 2010, il était de 400 jours, et il n’a fait qu’augmenter entre 2016 et 2018. L’effet des mauvais fourrage récoltés en 2016, considère Matthieu Vaillant, qui chiffre à 1,60 € la perte par jour de retard. « Vingt jours d’IVV en plus, c’est une trentaine d’euros de perdus. Sur 100 vaches, ça fait de l’argent ». Par ailleurs, le nombre de veaux vivants à 210 jours est en baisse de 4 points depuis 2016 et un tiers des élevages a connu des taux de mortalité plus élevés sur la campagne 2017, toujours en raison de la mauvaise qualité des fourrages 2016.

Face aux aléas climatiques, les réseaux d’élevage ont testé différents scénarios pour un naisseur herbager (109 vaches, 1,1 UGB/ha de SFP, 150 ha de prairies, pas de culture) et pour un naisseur en polyculture-élevage (54 vaches, 1,2 UGB/ha de SFP, 68 ha de prairies, 67 ha de cultures). L’étude consistait à comparer les effets de plusieurs stratégies en cas de mauvais fourrage (2016) ou de déficit fourrager (2018). Dans le scénario « mauvais fourrage », les éleveurs peuvent opter pour une stratégie de complémentation visant à maintenir les performances techniques du troupeau ou pour une stratégie « économie » consistant à nourrir le troupeau uniquement avec les fourrages disponibles.

Des stratégies à comparer

Quel que soit son choix, le naisseur herbager voit son excédent brut d’exploitation (EBE) chuter. Mais les deux stratégies aboutissent à un EBE quasiment équivalent, ce qui constitue « une surprise ». Si l’on prend en compte d’autres critères que l’EBE, l’avantage est plutôt à la complémentation, observe Matthieu Vaillant. En effet, la stratégie « économie » a un impact l’année de sa mise en œuvre (baisse du GMQ, surmortalité) mais aussi l’année suivante avec une baisse du taux de gestation, une augmentation de l’IVV et un décalage des vêlages. Le naisseur-polyculteur voit aussi son EBE baisser dans les deux scénarios, mais dans une moindre proportion. La complémentation s’avère en tout cas plus avantageuse pour lui car les produits dégagés restent supérieurs aux charges de complémentation. Ces résultats ne tiennent pas compte de la désorganisation du travail et des décalages à long terme.

Le scénario « déficit fourrager » repose sur un déficit de fourrage de 20 % associé à un manque de pâturage. Pour le naisseur herbager, les réseaux d’élevage ont comparé l’achat de fourrages sous diverses formes et la diminution du troupeau. Ces deux stratégies entraînent un recul de l’EBE à peu près équivalent. Le recul est un peu plus marqué en cas d’achat de foin que de paille. Chez le naisseur polyculteur, l’achat de fourrages - paille ou foin - a été comparé à deux autres stratégies, l’adaptation de l’assolement (introduction du pâturage tournant ou de la luzerne) et la désintensification. L’EBE est en recul dans toutes les situations par rapport à une année sans aléa. Il est quasiment équivalent pour l’achat de paille et la diminution du cheptel, quelle que soit la conjoncture retenue. Mais il est meilleur en cas d’introduction de luzerne et de pâturage tournant. L’achat de foin (à 120 € la tonne) apparaît comme le scénario le moins avantageux en termes d’EBE.

Des prévisions fourragères pour anticiper

Cette étude montre qu’il est difficile de compenser l’aléa climatique. « Si l’on ne fait rien, les performances sont dégradées et le système perturbé. Mais les leviers sont plus limités en système herbager, constate Matthieu Vaillant. Alors qu’en système de polyculture-élevage, on peut jouer sur la complémentarité entre cultures et élevage. La désintensification est d’autant plus intéressante que la situation initiale est intensive, ce qui n’est pas le cas des systèmes testés ici. »

Face à la sécheresse, les leviers de sécurisation existent. Matthieu Vaillant en a donné quelques exemples, avant de rappeler les bonnes pratiques : il est nécessaire d’anticiper en réalisant des prévisions fourragères et de réajuster ses prévisions en fonction de la situation. Si le manque de fourrage est avéré, mieux vaut éviter les achats de dernière minute qui sont coûteux. Pour s’assurer un fourrage suffisant, il conseille d’avancer les apports d’azote et de ne pas faire l’impasse sur la fumure de fond des prairies. Une mise à l’herbe précoce des animaux est aussi recommandée, dès que le sol devient portant et avec un chargement adapté. Autre conseil : réaliser des fauches précoces pour s’assurer un fourrage de qualité et valoriser l’herbe d’automne.

De la souplesse pour demain

« Demain, avoir de la souplesse va devenir inévitable dans les systèmes tendus », prédit Matthieu Vaillant. En système herbager, il sera nécessaire d’avoir une marge de sécurité plus grande qu’avant. Chez les polyculteurs-éleveurs, cela passera par les cultures double fin. Augmenter les cultures fourragères ou diminuer le nombre d’animaux, favoriser les méteils et les cultures dérobées, limiter les animaux improductifs et augmenter ses capacités de stockage pour pouvoir stocker en cas de récolte abondante sont quelques-unes des pistes envisageables. La CAA a organisé cinq réunions consacrées aux fourrages début janvier. Il y a notamment été question des méteils, de la fumure de fond sur prairies et de la conservation des silos d’herbe.

Arvalis-Chambre d’agriculture d'Alsace

Les ravageurs passés au crible

Cultures

Publié le 10/01/2020

À Truchtersheim, une quarantaine d’agriculteurs ont pris part à la réunion organisée par la Chambre d’agriculture d'Alsace (CAA) et Arvalis, la troisième d’une série de huit réunions. Après le bilan de la campagne 2019, dressé par Claire Buy, conseillère grandes cultures à la CAA, son collègue Philippe Sigrist s’est chargé de l’aspect économique. « Au niveau des primes Pac, on est arrivé à la convergence. Ça ne devrait plus baisser en 2021 », indique Philippe Sigrist, qui fait état d’un montant de prime de 239 €/ha en Alsace. Pour 2019, la marge brute prévisionnelle à l’hectare est de 464 € en maïs non irrigué, contre 937 € pour le maïs irrigué, indique le conseiller. En blé, elle est stable, à 696 €, quasiment à égalité avec celle du colza (698 €), qui fait mieux qu’en 2018. En betterave, la marge brute prévisionnelle 2019 ressort à 674 €/ha et en soja à 652 €/ha.

Taupins : la course-poursuite

2019 a été une année à taupins. Pierre Geist a énuméré les conséquences de la présence de ce ravageur dans les parcelles de maïs : pieds manquants, dessèchement du cornet, phénomène de tallage. La larve, de couleur jaune paille, mesure 1 cm de long, tandis que l’adulte peut atteindre 2 à 2,5 cm. Il existe plusieurs espèces, dont une qui a un cycle sur quatre ans et une autre qui a un cycle beaucoup plus court (un à deux ans). Les situations à risques sont les secteurs humides avec de la matière organique.

« Il n’y a pas de lutte curative », indique Pierre Geist. Celle-ci est avant tout agronomique. Il est possible d’utiliser une fertilisation starter au semis pour permettre au maïs de démarrer plus rapidement et de raccourcir ainsi la période d’exposition. L’utilisation de semences traitées n’est pas « super-efficace », celle de microgranulés insecticides est coûteuse et la plupart de ces produits ont une ZNT de 20 m. Arvalis expérimente des solutions de biocontrôle consistant à orienter le taupin vers d’autres cultures. « Le but est de l’occuper, confirme Didier Lasserre, d’Arvalis. C’est une course-poursuite avec le maïs car à partir de huit feuilles, il ne peut plus atteindre le collet. »

La pyrale bivoltine est arrivée

Autre ravageur du maïs, la pyrale. Un suivi de l’insecte est effectué grâce aux pièges installés sur certaines parcelles, qui permettent de déterminer le pic de vol pour intervenir au bon moment. « Cette année, on a trouvé de la pyrale bivoltine dans le Haut-Rhin », indique Claire Buy. Celle-ci a un premier vol fin juin et un second début août. Son taux de mortalité larvaire est faible entre la première et la deuxième génération. « Si elles atteignent les stades L4 et L5, les larves de deuxième génération passent l’hiver », souligne la conseillère. Il est possible que la pyrale bivoltine prenne la place de la pyrale monovoltine (un seul vol), que connaissaient les agriculteurs alsaciens jusqu’ici. « La deuxième génération est surtout présente sur les épis », ajoute Didier Lasserre, qui préconise deux lâchers de trichogramme pour se débarrasser du ravageur.

Dans le cadre du réseau Dephy, différents produits alternatifs ont été expérimentés contre la pyrale, dont le sucre. Celui-ci a montré une efficacité très limitée, selon Claire Buy. Dypel DF, une solution de biocontrôle à base de Bacillus thuringiensis, semble assez efficace en cas de pression moyenne mais ne suffit pas en cas de forte pression. En termes de prophylaxie, la conseillère de la CAA préconise de broyer les cannes le plus bas possible et de jouer avec les dates de semis, sachant que les attaques de pyrale sont moins importantes sur des maïs moins développés. Pour la lutte proprement dite, le broyage systématique des cannes et les traitements insecticides sont recommandés pour les risques forts à très forts. Pour les risques faibles et moyens, il vaut mieux privilégier les trichogrammes et éviter le traitement.

Corbeau : une autre menace

Comme la pyrale, la chrysomèle du maïs fait l’objet d’un suivi. Plusieurs types de pièges sont utilisés. 91 pièges à phéromones étaient en place en Alsace en 2019 pour détecter la présence de l’insecte. Le nombre des captures était en hausse par rapport à l’année précédente (plus de 32 000 captures), avec une moyenne de 354 captures/piège, deux fois plus élevée qu’en 2018. Sur 20 pièges chromatiques, deux ont enregistré de grosses captures. Ils sont situés dans des zones de monoculture du maïs. Dans ces zones, si l’on trouve moins de 100 insectes par piège, il est conseillé de ne pas faire de maïs. Au-delà, c’est une mesure collective qui se met en place, soit pas de maïs au moins un an sur six, voire un an sur cinq.

Les corbeaux représentent une autre menace pour le maïs, d’autant que les traitements de semence disparaissent. « Les pertes peuvent aller jusqu’à 100 % », constate Pierre Geist. Certains facteurs sont favorables aux attaques, comme les semis décalés par rapport au reste de la zone, la présence de résidus en surface, un sol motteux, une vitesse de levée lente. Au contraire, les semis simultanés, profonds (jusqu’à 5 cm) et un passage humain régulier sur les parcelles découragent les oiseaux. Les moyens de lutte habituels, tels que les canons à gaz, les effaroucheurs sonores, ont une efficacité limitée. En cas de dégâts de corbeaux, le conseiller recommande de faire un signalement pour que le corbeau reste classé en nuisible. Une alternative actuellement à l’essai est de semer de la féverole dans la parcelle de maïs à la sortie de l’hiver, puis de détruire le couvert après le stade 4 à 5 feuilles du maïs : ainsi, le maïs peut se développer à l’abri des attaques de corbeau. Cette solution reste toutefois assez compliquée à mettre en œuvre.

Groupe Comptoir agricole

Un exercice sous tension

Vie professionnelle

Publié le 09/01/2020

Le 6 juin 2018, un silo du Comptoir agricole explosait au Port du Rhin à Strasbourg, faisant plusieurs blessés dont un est toujours en convalescence. Cet accident est l’un des événements marquants de l’exercice 2018/2019, a rappelé Marc Moser, président du Comptoir agricole, en ouvrant l’assemblée générale, le 20 décembre au Bischenberg. Plus de 4 millions d’euros (M€) ont été consacrés à la reconstruction du silo, qui est sur le point de s’achever. Cet accident a amputé le Comptoir agricole d’une partie de ses capacités de stockage. De plus, les 25 000 t de céréales qui y étaient stockées au moment de l’explosion n’ont pas pu être commercialisées. Elles sont parties à la méthanisation. Au final, précise Marc Belleil, le directeur administratif et financier, même si l’entreprise a été indemnisée par les assurances, « nous ne nous sommes pas enrichis avec ce sinistre, mais nous n’avons pas perdu d’argent non plus. Nous étions correctement couverts ».

Dans le rapport financier portant sur l’exercice clos au 30 juin 2019, le chiffre d’affaires consolidé du Groupe Comptoir agricole ressort à 343 M€. Il est quasiment stable par rapport à l’exercice précédent. La collecte de céréales - 997 000 t en 2018 - était en recul de 15 % en 2019, sous l’effet des conditions climatiques. « Mais avec l’effet du report de stock, notamment en maïs, nous avons pu vendre un tonnage supérieur à ce que nous avions collecté », constate le directeur administratif et financier.

La marge du Groupe, dont les effectifs sont quasiment stables, subit une baisse sensible : elle ressort à 46,60 M€. Ce qui s’explique par la baisse des prestations de séchage et par le manque à gagner lié à l’accident de Silorins. Le résultat comptable ressort à près de 5 M€. Il intègre les indemnisations d’assurance reçues suite au sinistre. Le résultat hors Silorins s’affiche, lui, à 0,60 M€. « C’est le résultat de nos activités, précise Marc Belleil. Cela peut paraître modeste mais nous sommes une coopérative dont l’objectif est de ramener du revenu à ses adhérents. C’est le résultat des décisions du conseil d’administration qui vise, dans une époque difficile, à redistribuer de la valeur ajoutée ». Les capitaux propres, par ailleurs, se montent à 152 M€, ce qui représente les trois quarts du total bilan, signe de la solidité financière de l’entreprise.

La plus grosse collecte de blé

Le Comptoir agricole a collecté l’équivalent de 30 900 ha de blé en 2018, avec un rendement moyen de 73 q/ha. Moins qu’en 2019, où, avec un rendement estimé de 80 q/ha, il enregistre sa plus grosse collecte de blé, autour de 240 000 t. En maïs, la récolte a commencé exceptionnellement tôt en 2018, mais la logistique a été « compliquée », rappelle Denis Fend, directeur général : l’amputation d’une partie des capacités de stockage et les difficultés de navigation sur le Rhin ont causé bien des soucis. La collecte de maïs 2018 a porté sur 67 600 ha, avec un rendement moyen de 99 q/ha. De grosses variations de rendement ont été enregistrées entre cultures irriguées et non irriguées. Avec la sécheresse de cet été, « il y a fort à parier que le rendement 2019 sera inférieur à 2018 », prédit Denis Fend.

Le Comptoir agricole a également collecté des céréales bios : près de 850 t en 2018. Avec les récentes conversions, ce chiffre devrait approcher les 2 500 t en 2019, prévoit le directeur général du Comptoir agricole.

Savoir capter les marchés

Les rumeurs concernant la récolte de céréales russe et la possible absence de ce pays sur la scène internationale ont pesé sur le marché des céréales en 2018, explique Antoine Wuchner, responsable d’Eurépi. Les cours du blé ont été affectés, de même que ceux du maïs. Depuis début 2019, on assiste à un retournement de tendance. « Aujourd’hui, il n’y a pas trop de raison pour que le marché varie », indique Antoine Wuchner. Les inquiétudes viennent plutôt de la perte de certains clients liée à la concurrence renforcée. Dans ce contexte, « le travail d’Eurépi est de savoir capter les marchés quand la différence de prix est la plus faible ». Se placer sur des créneaux particuliers comme les maïs cornés, waxy ou les blés de force est une autre façon de « conserver notre efficacité », estime Antoine Wuchner.

Dans le domaine de l’agrofourniture, le chiffre d’affaires est en hausse de 4 %, à 45 M€ (près de 42 M€ hors espaces verts). Les ventes de semences et d’engrais sont en hausse, tandis que celles des produits phytosanitaires régressent de 5 % en valeur, mais restent stables en termes d’unités. Au sein des semences, le maïs reste « la culture emblématique ». Les céréales d’hiver et les couverts végétaux enregistrent des progressions à deux chiffres. La loi Egalim a apporté son lot de restrictions concernant la vente de produits phytosanitaires, constate Richard Macé, en interdisant notamment les remises, rabais et ristournes sur ces produits. La séparation de la vente et du conseil va s’appliquer à compter de 2021. Les obligations légales ont une répercussion sur les coûts de production agricole, ce qui pénalise les produits sur le marché mondial, regrette le responsable de l’agrofourniture.

Bovins et porcins en hausse

L’activité de Comptoir Élevage est en hausse, tant chez les porcins que chez les bovins. Le chiffre d’affaires tiré de ces activités atteint 31,30 M€ (+1,7 %). « Les cours du porc se sont mis à flamber dernièrement avec l’irruption de la peste porcine dans les pays asiatiques, mais cela n’a pas d’impact sur le dernier exercice », précise Romain Gerussi. Les producteurs ont touché 1,35 à 1,40 € le kilo en 2018, année morose pour cette production. En bovins, Comptoir Élevage enregistre une hausse d’activité tant dans les animaux de boucherie que dans le maigre. Mais contrairement au porc, les cours évoluent peu ou baissent. « Cela reste compliqué dans l’engraissement », constate Romain Gerussi. Il existe une demande pour des qualités particulières de viande bovine (femelles bios, label, rouge…). Un quart des bovins est élevé dans le cadre d’un contrat, avec une plus-value à la clé pour les éleveurs concernés.

 

Prévention des accidents industriels

Pour l’émergence d’une culture du risque

Pratique

Publié le 16/12/2019

Silorins en 2018, Lubrizol en 2019… Chaque nouvel accident industriel suscite des questions sur la coexistence entre activités industrielles et humaines. La réunion du SPPPI, organisée par la préfecture du Bas-Rhin le 21 novembre à Strasbourg, s’en est fait l’écho. Au nom de la mixité urbaine, Roland Ries, maire de Strasbourg, assume cette coexistence. Partisan d’une « ville plus ramassée », il estime que « la ville doit être diversifiée », tout en reconnaissant la nécessité de réduire les risques liés à la présence d’activités industrielles à proximité d’un bassin de population. Une position qui ne fait pas l’unanimité. Pourquoi urbaniser autant les zones accueillant des industries lourdes, ont interrogé des participants. Les services de secours sont-ils en état d’intervenir rapidement au Port du Rhin en cas d’accident industriel survenant aux heures de pointe ? Le dispositif existant n’est-il pas trop franco-français s’agissant d’une zone industrielle placée à la frontière de l’Allemagne ?

Réduire les risques à la source

La maîtrise des risques industriels est à la fois l’affaire de l’État et de l’exploitant, a expliqué Anita Botz, de la Dreal Alsace. Il s’agit de réduire les risques à la source. Les différents services de l’État veillent à maîtriser l’urbanisation autour des sites et inspectent les installations classées à intervalles réguliers. Ils peuvent procéder à des contrôles suite à un incident ou une plainte. Ceux-ci peuvent déboucher sur des sanctions administratives, voire pénales en cas d’infraction.

Une étude de danger est réalisée par l’exploitant. « IL s'agit d'un document de référence pour la gestion des risques autour des installations classées », précise Anita Botz. L’exploitant est également tenu de rédiger un Plan d’opération interne (POI), prévoyant les moyens à mettre en œuvre en cas d’accident à l’intérieur du site. Ce plan, qui vise à circonscrire l’accident, est obligatoire pour tous les sites Seveso.

« Les bons réflexes »

Prévenir les risques est une chose. En informer la population en est une autre. Il s’agit, souligne Yves Seguy, secrétaire général de la préfecture, d’apporter une information objective aux citoyens. Le document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim) a pour vocation de recenser les risques majeurs pour permettre aux habitants du secteur concerné d’adopter les bons réflexes. « Il faut le lire attentivement, en prendre connaissance en famille et le conserver », préconise Laurent Siry, en charge de la prévention des enjeux environnementaux à l’Eurométropole. Un extrait du Dicrim a été largement diffusé dans le numéro de novembre de Strasbourg Magazine. Au-delà de ce document, c’est bien « un travail permanent d’information, d’explication et de persuasion » qu’il faut mener pour assurer l’émergence d’une « culture du risque » au sein de la population, selon Yves Seguy. Le fonctionnaire, qui était parmi les premiers à intervenir lors de l’explosion de Silorins, sait à quel point l’exercice est difficile.

En cas d’accident industriel, le plan Orsec permet d’organiser les secours. C’est une organisation « évolutive ». Si les effets dépassent l’emprise du site, c’est le préfet qui prend la direction des opérations de secours tandis que le maire prend les mesures de sauvegarde. La population est alertée et une cellule de crise se met en place à la préfecture. Un numéro vert permet de renseigner le public et des communiqués sont envoyés aux médias conventionnés.

Lors d’un accident industriel, les secours interviennent en plusieurs phases, présentées par le lieutenant-colonel Patrice Petit, du Sdis 67. Les différents périmètres - zone d’exclusion où le danger est maximal, zone contrôlée et zone de soutien - sont réajustés en fonction de l’évolution de la situation. Une cellule d’anticipation est mise en place pour réfléchir aux mesures à prendre à moyen terme.

Des productions agricoles sous contrôle

Après l’accident, une cellule post-accident prend le relais. Son rôle est « d’apporter au préfet une organisation coordonnée et concertée pour évaluer et gérer l’impact environnemental et sanitaire », précise Aurélie Desjardins, référente post-accident à la Dreal Grand Est. Des prélèvements et des analyses sont effectués sur l’eau, l’air et les productions agricoles, comme dans le cas de Lubrizol. Il s’agit d’évaluer les effets sanitaires immédiats ou différés et d’émettre des recommandations sanitaires adéquates pour protéger la population.

« Il faut agir très vite », précise Nathalie Masse-Provin, directrice départementale de la protection des populations du Bas-Rhin. Il s’agit notamment de collecter un maximum d’informations sur la pollution et la nature des polluants, de réaliser un inventaire des productions et des élevages sur le périmètre et d’instituer un plan de prélèvements. En fonction de la situation, les agriculteurs peuvent être soumis à des restrictions comme ne pas commercialiser les productions souillées, ou soustraire les animaux aux sources de contamination. La levée des restrictions se fait lorsque les analyses reviennent à la normale.

Journée technique lait franco-allemande

La longévité, « un investissement qui vaut le coup »

Élevage

Publié le 13/12/2019

Ulf Blohm aime les vaches âgées. Il est responsable du troupeau laitier dans l’exploitation familiale, située à Klein Nordende dans le Schleswig-Holstein, au nord de l’Allemagne. Trois générations coexistent sur la ferme. Son frère Dirk dirige la ferme, assisté de sa femme et d’un employé. La ferme compte 170 ha, dont 72 ha de prairies, 56 ha de céréales et 42 ha de maïs. Le troupeau laitier se compose de 150 vaches de deux races : pie rouge et holstein. À quoi s’ajoute un atelier d’engraissement de 75 taureaux. Ulf Blohm ne garde pas toutes les génisses du troupeau laitier : il en vend 15 à 20 chaque année à une exploitation du Friesland.

Le lait est le principal revenu de l’exploitation. Le reste des recettes provient de l’engraissement, de la vente des génisses, des céréales et du photovoltaïque. « Lors de la dernière crise laitière, ça nous a bien aidés de pouvoir compter sur les liquidités issues de l’engraissement », commente Ulf Blohm, qui fait état d’un prix du lait peu rémunérateur. Trente centimes cette année. « Il y a deux-trois ans, nous étions capables de produire à 28/29 ct, mais les charges ont augmenté, ce n’est plus possible aujourd’hui. » Pour retrouver de la compétitivité, la famille Blohm mise sur l’augmentation de la longévité des vaches et la réduction des frais d’élevage.

Depuis 1994, les performances laitières du troupeau ont augmenté. Les pies rouges sont passées de 6 300 kg à 9 000 kg en 2018. Les holstein ont dépassé les 11 000 kg en 2018. 2019 fait exception puisque les deux races ont reculé en production en raison du manque de fourrage. La teneur en protéines du lait est en augmentation grâce à une meilleure sélection des animaux mais il reste encore de la marge, estime l’éleveur.

Jouer sur la ration et la génétique

Le professionnel allemand se base sur le critère du lait par jour de vie pour estimer la rentabilité d’une exploitation. « Dans les années 2000, la valeur à viser était de 15 kg/jour de vie. Aujourd’hui, il faut qu’elle soit plus élevée. » Dans l’élevage familial, cette valeur était de 18,9 kg pour les holstein en 2018. Elle a encore un peu augmenté en 2019. Les frères Blohm ont fait appel à un spécialiste pour les aider à augmenter les performances par jour de vie de leur troupeau. Ce qui les a amenés à changer leurs pratiques.

Le premier travail a consisté à définir un but clair et à faire en sorte que chacun travaille main dans la main pour l’atteindre. L’objectif fixé est de doubler la quantité de lait produit dans la carrière des vaches. « Nous sommes à 48 000 l. Il nous manque encore 3 000 l pour y arriver mais je suis optimiste », dit-il. Pour l’atteindre, la famille Blohm joue sur la ration et la génétique.

Tout commence par un élevage intensif des veaux, une étape qu’Ulf Blohm juge « primordiale ». « Il faut donner un maximum au veau, tout ce qui est donné au démarrage est profitable. » Les veaux reçoivent donc du colostrum dès le premier jour et sont mis en niches individuelles. Du 2e au 14e jour, ils sont nourris à la poudre de lait et à partir du 15e jour, à la poudre de lait et au lait entier à parts égales. Les veaux boivent deux fois par jour. « On ne pratique pas le ad libitum mais on n’en est pas très loin », indique Ulf Blohm. En complément du lait, les veaux reçoivent une ration mélangée composée de maïs, soja, orge, paille, mélasse et minéraux, ainsi qu’un concentré starter. L’eau et le foin sont donnés à volonté et du maïs ensilage distribué à partir de deux mois.

Les niches sont désinfectées pour éviter les problèmes de diarrhées. Et depuis cette année, les veaux sont vaccinés contre la grippe. « Il faut que les veaux grossissent bien dès le départ », justifie le responsable de troupeau.

« Chaque mois d’élevage coûte »

À la ferme Blohm, l’élevage des génisses est court. Elles sont mises au pâturage en été, où elles reçoivent une complémentation (mélange de blé-colza-soja) en première année. L’hiver, de retour à l’étable, elles sont nourries d’ensilage d’herbe de troisième ou quatrième coupe, de paille et de minéraux. Elles sont inséminées à 400 kg. Un test de gestation est réalisé à 30 jours, suivi d’un réexamen à 3 mois, ce qui, reconnaît-il, est « assez coûteux ». L’âge moyen au vêlage est de 24 mois, contre 28 mois dans le Schleswig-Holstein. « Chaque mois d’élevage coûte, insiste Ulf Blohm, qui chiffre à 1 200 € le surcoût d’un mois d’élevage pour 30 veaux.

Pour l’alimentation des laitières, c’est un conseiller en alimentation qui a calculé la ration après avoir analysé les données de l’exploitation. « Mon frère alimente deux fois par jour. Cela me paraît utile. Le soir, à 10h30, il vérifie si les vaches peuvent accéder à l’alimentation. C’est important de la repousser pour que les vaches puissent l’atteindre. » La ration est partiellement mélangée. Elle est la même quels que soient la race et le stade de lactation : ensilage de maïs, d’herbe, colza, soja, blé aplati et minéraux. Elle est équilibrée à 28 kg. La distribution de concentré se fait en fonction des performances : au maximum 5,5 kg d’un concentré produit par un fabricant local. Les vaches ont accès à un parcours extérieur en été.

« Un parage régulier est primordial »

Pour permettre à leurs vaches de bien vieillir, les frères Blohm sont attentifs à la santé des onglons. Ils ont acheté un stand de parage, où les animaux sont surélevés, ce qui leur permet d’effectuer le parage eux-mêmes. « Un parage régulier est primordial », juge le paysan. La propreté des logettes et des couloirs de déplacement fait l’objet de tous les soins. En effet, pour préserver leurs pattes, les bêtes doivent pouvoir rester couchées sur une litière propre. Les couloirs de déplacement sont nettoyés deux fois par jour pour éviter la maladie de Mortellaro (dermatite digitée).

En matière de sélection, les Blohm se fixent pour objectif de travailler avec les meilleures. Le choix des génisses qui resteront dans le troupeau se fait en fonction de la taille : 1,47 m maximum. La longévité des grandes vaches laisse à désirer d’après Ulf. D’une manière générale, il recherche des vaches « plus trapues, moins hautes sur pattes, plus larges » que les grandes vaches qu’on rencontre fréquemment aujourd’hui. Pour les accouplements, les critères de sélection utilisés sont la longévité, les valeurs de fitness et la santé (reproduction, santé des mamelles). Compte tenu de l’importance de la génétique dans la longévité, les deux frères font appel à un conseiller extérieur pour gérer les accouplements. Une façon de ne pas passer à côté de certains taureaux, comme Ramos, taureau améliorateur sur ce critère mais « oublié » des accouplements pendant sa carrière. L’élevage utilise aujourd’hui des taureaux comme Reflector, Big Malki, Big Point et, en taureaux génomiques, Ranger, Wunder, Fireball.

« L’investissement dans la longévité des vaches, ça vaut le coup », estime Ulf Blohm, dont les vaches ont un âge moyen de 5,2 ans. Un troupeau encore assez jeune, mais qu’il espère encore voir vieillir dans de bonnes conditions.

 

Cave du Roi Dagobert à Traenheim

Le mécénat se poursuit

Vigne

Publié le 08/12/2019

Pour le millénaire de la cathédrale de Strasbourg, en 2015, la cave du Roi Dagobert avait lancé une cuvée spéciale : un pinot gris au nez complexe et fruité dont l’étiquette reproduisait la rosace du célèbre monument. La cave coopérative s’était engagée à verser à la fondation de l’Oeuvre Notre-Dame 1 € par bouteille vendue. Les 10 000 bouteilles de cette première cuvée s’étaient écoulées en quelques mois. Les responsables de la coopérative avaient alors décidé de prolonger cette action de mécénat avec une seconde cuvée. Un crémant issu d’un assemblage de pinot blanc et d’auxerrois élevé durant 24 mois dans ses chais. Le succès ne s’est pas démenti puisqu’à ce jour, la cave du roi Dagobert a réussi à collecter plus de 75 000 € au profit de l’Oeuvre Notre-Dame grâce au produit de la vente de ces deux cuvées.

S’inscrire dans le paysage strasbourgeois

Mercredi 27 novembre, Luc Anstotz, président de la cave, a remis aux représentants de la Fondation le chèque correspondant aux recettes de l’année, soit 10 175 €. La coopérative n’entend pas en rester là. « Il nous faut sans cesse renouveler nos efforts pour s’inscrire dans le paysage strasbourgeois », a souligné Luc Anstotz. Avec l’espoir que ces efforts finissent par se concrétiser sur la carte des vins des restaurants proches de la cathédrale.

Le partenariat avec la cave du Roi Dagobert s’inscrit dans la volonté de l’Oeuvre Notre-Dame de diversifier ses sources de financement pour la conservation et la restauration de la cathédrale de Strasbourg, a souligné Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg en charge de la culture et du patrimoine. La pâtisserie Kautzmann, située rue du Noyer à Strasbourg, est un autre partenaire de la fondation  : Julien Kautzmann et sa soeur Aurélie, qui sont à la tête de l’établissement, lui reversent 10 % des ventes de deux pièces en chocolat inspirées de l’édifice. En remettant leur contribution à Eric Fischer, directeur de la fondation, les deux artisans ont mis en avant les valeurs communes qui les animent : la passion, l’envie de bien faire et la volonté de promouvoir Strasbourg et son emblématique cathédrale.

Un chalet au marché de Noël

La cuvée de la cathédrale, tout comme les pièces en chocolat, sont en vente au chalet de la Fondation, place du château. L’Oeuvre Notre-Dame est en effet présente pour la première fois sur le marché de Noël de Strasbourg. Elle y vend ses propres produits dérivés, dont deux nouvelles statues en taille réduite : celle de maître Erwin, l’un des maîtres d’oeuvre de l’édifice, et celle d’une chimère, créature mi-animale, mi-humaine symbolisant le bâtisseur de cathédrale.

 

À l’occasion des journées nationales de la MSA

La MSA se pose en défenseur de l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 01/11/2019

« Nous ne sommes pas seulement un organisme de protection sociale qui prélève des cotisations. Depuis la loi de 1948, nous avons aussi développé une offre de services qui profite à l’ensemble de la population rurale. » Ainsi Pascal Cormery, président national de la Mutualité sociale agricole, situe-t-il l’enjeu des élections de janvier 2020, qui verront le renouvellement des 15 000 délégués MSA sur l’ensemble du territoire. À moins de trois mois de cette échéance, il a profité des journées nationales organisées à Strasbourg les 24 et 25 octobre pour se livrer à un exercice de pédagogie.

Des sentinelles sur le terrain

Il s’agit de « faire comprendre à nos ressortissants l’intérêt d’avoir, au sein de la profession, un système de protection sociale propre. Si nous étions amenés à nous fondre dans un autre régime, ce serait un affaiblissement de l’agriculture », estime Pascal Cormery, lui-même agriculteur en Touraine. Un affaiblissement qui interviendrait au plus mauvais moment. En effet, le président de la Caisse centrale de MSA le constate tous les jours : au contexte économique toujours plus fluctuant, aux aléas climatiques s’ajoute une problématique grandissante, celle du dénigrement des pratiques agricoles. « Cela nous interroge. Ces situations de dénigrement mettent à mal les exploitations et les salariés de la production au point que certains n’osent plus dire qu’ils travaillent dans le monde agricole. » Face à cela, l’institution se pose en défenseur de l’agriculture.

« Nous sommes le seul régime de protection sociale à avoir des délégués élus, ce qui fait notre force », ajoute Thierry Manten, premier vice-président national de la MSA. Des délégués qui représentent les 2,5 millions de ressortissants salariés et non-salariés rattachés à la MSA. Ces délégués sont des bénévoles qui agissent comme « des sentinelles » en faisant remonter les préoccupations du terrain - l’accès aux soins, le manque de structures pour les jeunes enfants ou les personnes âgées - et en lui permettant d’y apporter des réponses concrètes. La MSA a chiffré à 350 000 heures leur investissement dans les 9 000 actions engagées annuellement au service de 480 000 bénéficiaires.

Une offre de services XXL

La MSA s’appuie également sur ses 16 000 salariés répartis sur l’ensemble du territoire. « Nous avons réussi à maintenir 35 Caisses régionales et l’ensemble de nos sites, ce qui contribue à entretenir la vitalité dans certains bourgs ruraux », insiste Thierry Manten. De fait, dans certaines parties de la France, où le sentiment d’abandon est fort, la MSA reste le seul service public qui subsiste. En tant que guichet unique, elle propose « une offre de services XXL, un service global à la personne qui est d’autant plus précieux » dans le contexte actuel, souligne François-Emmanuel Blanc, directeur général de la Caisse centrale de MSA.

La MSA vient d’ailleurs d’être reconnue partenaire de la cohésion des territoires, signale-t-il. Par ce biais, elle s’engage, aux côtés de l’État, à améliorer l’accès aux services publics, via les maisons France Services. Elle s’engage également sur l’accès aux soins et s’apprête à lancer un portail permettant aux assurés d’une zone test de trouver l’ensemble des professionnels de santé et des services médico-sociaux qui leur sont utiles. Enfin, fort de son expérience d’ingénierie sociale et de construction de projets collectifs, elle participera au développement de tiers-lieux et à l’inclusion numérique, toujours en partenariat avec l’État.

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