Salon Expobiogaz à Strasbourg
Pleins gaz sur une méthanisation économiquement performante
Salon Expobiogaz à Strasbourg
Pratique
Publié le 14/06/2018
La révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie fait actuellement débat. Les grands choix énergétiques devraient être fixés jusqu’à l’horizon 2028. Mais d’ores et déjà, la loi de transition énergétique impulse une nouvelle dynamique pour les énergies renouvelables, avec un objectif de 32 %, dont le biogaz. La question du rôle de l’agriculture dans le bouquet énergétique français ne fait plus débat aujourd’hui. D’ailleurs, Francis Claudepierre, agriculteur, l’un des pionniers de la méthanisation, passé du statut de lanceur d’alerte dans les années 2000 à celui de président de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), avait largement voix au chapitre de cette édition 2018 du salon Expobiogaz très fréquentée.
Le 26 mars dernier, Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, dévoilait les conclusions du groupe de travail méthanisation, dont l’objectif est d’accélérer le développement de la méthanisation. Mais l’État français vise comme objectif d’avoir une filière méthanisation structurée et économiquement performante. Se différenciant ainsi de la politique énergétique allemande qui a misé sur un développement effréné et surtout sans compter de sa biométhanisation. En clair, l’objectif de produire le biogaz le plus performant économiquement. Donc l’enjeu désormais est de diminuer les coûts d’exploitation, car l’économie française s’est habituée avec le nucléaire à de l’énergie peu onéreuse.
C’est pourquoi, d’ici l’été 2018, de nouveaux appels d’offres s’ajoutant aux existants devraient donner la possibilité aux actuelles unités de méthanisation, d’accroître leur production et d’injecter du biogaz en plus de la cogénération. L’idée est ainsi de diminuer les coûts de production du biogaz. Autre nouveauté à attendre : les règles de soutien tarifaire pour le rachat de l’énergie aux installations de 500 kW à 1 MW devraient être simplifiées.
Reste le problème de l’accès au financement qui est clairement un frein au développement de la filière biogaz. Stéphane Travert a annoncé 100 millions d’euros (M€) de fonds consacrés aux garanties BPI pour les projets méthanisation. Mais sur le terrain, le recours aux garanties BPI est jugé trop coûteux…
D’autres objectifs :
- Simplification et accélération de l’instruction du dossier ICPE (installation classée pour l’environnement) - moins de 6 mois
- Augmentation du seuil d’application ICPE de 60 t/jour à 100 t/jour
- Création d’un guichet unique méthanisation
- Simplification de la réglementation « loi sur l’eau » qui exonérerait les méthaniseurs de l’enquête publique et de l’étude d’impact
- Et enfin : élargissement du potentiel de méthanisation par l’accès aux biomasses d’origine extra-agricoles, types biomasses de l’industrie agroalimentaire ou boues de station d’épuration.
Sur ce dernier point, les membres de l’AAMF, par la voix de leur président Francis Claudepierre, émettent certaines réserves et restent vigilants sur les risques de pollutions diffuses induites par le retour de ces digestats sur les terres agricoles. Même si les conclusions du groupe de travail préconisent que les digestats de boues de STEP méthanisées, soient soumis à arrêté préfectoral et décision au cas par cas.












