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David Lefebvre

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Salon Expobiogaz à Strasbourg

Pleins gaz sur une méthanisation économiquement performante

Pratique

Publié le 14/06/2018

La révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie fait actuellement débat. Les grands choix énergétiques devraient être fixés jusqu’à l’horizon 2028. Mais d’ores et déjà, la loi de transition énergétique impulse une nouvelle dynamique pour les énergies renouvelables, avec un objectif de 32 %, dont le biogaz. La question du rôle de l’agriculture dans le bouquet énergétique français ne fait plus débat aujourd’hui. D’ailleurs, Francis Claudepierre, agriculteur, l’un des pionniers de la méthanisation, passé du statut de lanceur d’alerte dans les années 2000 à celui de président de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), avait largement voix au chapitre de cette édition 2018 du salon Expobiogaz très fréquentée.

Le 26 mars dernier, Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, dévoilait les conclusions du groupe de travail méthanisation, dont l’objectif est d’accélérer le développement de la méthanisation. Mais l’État français vise comme objectif d’avoir une filière méthanisation structurée et économiquement performante. Se différenciant ainsi de la politique énergétique allemande qui a misé sur un développement effréné et surtout sans compter de sa biométhanisation. En clair, l’objectif de produire le biogaz le plus performant économiquement. Donc l’enjeu désormais est de diminuer les coûts d’exploitation, car l’économie française s’est habituée avec le nucléaire à de l’énergie peu onéreuse.

C’est pourquoi, d’ici l’été 2018, de nouveaux appels d’offres s’ajoutant aux existants devraient donner la possibilité aux actuelles unités de méthanisation, d’accroître leur production et d’injecter du biogaz en plus de la cogénération. L’idée est ainsi de diminuer les coûts de production du biogaz. Autre nouveauté à attendre : les règles de soutien tarifaire pour le rachat de l’énergie aux installations de 500 kW à 1 MW devraient être simplifiées.

Reste le problème de l’accès au financement qui est clairement un frein au développement de la filière biogaz. Stéphane Travert a annoncé 100 millions d’euros (M€) de fonds consacrés aux garanties BPI pour les projets méthanisation. Mais sur le terrain, le recours aux garanties BPI est jugé trop coûteux…

D’autres objectifs :

  • Simplification et accélération de l’instruction du dossier ICPE (installation classée pour l’environnement) - moins de 6 mois
  • Augmentation du seuil d’application ICPE de 60 t/jour à 100 t/jour
  • Création d’un guichet unique méthanisation
  • Simplification de la réglementation « loi sur l’eau » qui exonérerait les méthaniseurs de l’enquête publique et de l’étude d’impact
  • Et enfin : élargissement du potentiel de méthanisation par l’accès aux biomasses d’origine extra-agricoles, types biomasses de l’industrie agroalimentaire ou boues de station d’épuration.

Sur ce dernier point, les membres de l’AAMF, par la voix de leur président Francis Claudepierre, émettent certaines réserves et restent vigilants sur les risques de pollutions diffuses induites par le retour de ces digestats sur les terres agricoles. Même si les conclusions du groupe de travail préconisent que les digestats de boues de STEP méthanisées, soient soumis à arrêté préfectoral et décision au cas par cas.

Printemps des champagnes du 14 au 18 avril

Fédérés dans la diversité

Vigne

Publié le 27/04/2018

Il faut remonter à 2009 quand un groupe de vignerons champenois emmenés notamment par Mélanie et Benoît Tarlant, à Oeuilly dans la Vallée de la Marne, se sont lancés dans la présentation au grand public des vins clairs, c’est-à-dire des vins avant prise de mousse. Une première à l’époque : les vins clairs, sans la rectification gustative que constitue le dégorgement, sont un gage de transparence face aux prescripteurs.

Le succès de la première édition du groupe Terres et vins de Champagne a été tel que l’idée a rapidement fait son chemin chez d’autres vignerons champenois qui se sont regroupés par affinité et identité de vision du métier. Aujourd’hui, pas moins de 23 groupes sont identifiés et actifs en Champagne. Ils se sont fédérés pour organiser 23 salons à la même date et dans toute la Champagne, mais essentiellement à Reims. Car si la capitale institutionnelle des champagnes est Épernay, il est entendu en Champagne que Reims est une capitale de la représentation des champagnes : le lieu où se déroulent ces dégustations d’envergure. Peut-on imaginer un printemps des alsaces dans les lieux emblématiques de Strasbourg organisé par une dizaine de groupes constitués de vignerons et metteurs en marché ?

L’outil fédérateur du Printemps des champagnes, appelé aussi la Champagne’s week, est une simple plateforme internet sur laquelle sont centralisées toutes les informations des salons et bien sûr les dates concentrées sur quatre-cinq journées. Mais chaque association de vignerons organise son événement indépendamment des autres.

Chaque édition fait grandir l’événement

Le groupe initiateur Terres et vins de Champagne a tenu à l’identité de l’événement et néanmoins fixé quelques conditions pour qu’un autre groupe puisse faire figurer son salon sur l’agenda commun : « Il faut obligatoirement proposer a minima une demi-journée de dégustation, il faut présenter des vins clairs et pas que des champagnes dégorgés, il n’est pas possible de vendre du vin à cette occasion, et la dégustation doit se tenir dans un lieu emblématique », explique Benoît Tarlant.

À chaque nouvelle édition se greffent de nouveaux groupes, ils étaient 16 en 2017, 22 en 2018, plus le groupe Trait d’Union qui ne figure pas sur la liste commune, car son événement se déroule dans l’un des domaines des membres. Et s’ajoutent de nouveaux événements « off » dont la vocation n’est pas de concurrencer les salons, mais plutôt d’attirer plus largement le public du champagne. Ainsi, en amont du Printemps des champagnes, le directeur des Crayères, Hervé Fort, entouré par Philippe Jamesse, le sommelier, Philippe Mille, a sur son initiative invité « un maximum de vignerons, directeurs et chefs de caves de maisons de Champagne. » Philippe Jamesse s’exprime chez notre confrère de La Marne Agricole : « Chaque édition fait grandir l’événement, qui comprend plusieurs symboliques. Au début, avec Phillipe Mille, on souhaitait souligner le Printemps des champagnes qui arrive, et s’inscrire en amont, un peu comme un bal d’ouverture, pour dire que la Champagne ouvre ses portes à ses clients. »

Difficile d’évaluer le nombre de visiteurs que drainent ces salons. Toujours est-il que lundi 16 avril, le palais du Tau, adossé à la cathédrale de Reims, n’a jamais désempli. Il accueillait 23 vignerons de Terre et vins de Champagne. Même scénario à quelques encablures pour Des pieds et des mains, dans les salons feutrés de l’hôtel Ponsardin. La veille, Bulle et bio, au Manège de Reims, une salle de spectacle, a accueilli plus de 600 visiteurs.

Identité et affirmation de style

Qu’est-ce qui motive les vignerons champenois ? Prenons l’exemple de Benoît Tarlant qui proposait trois cuvées : Argilité vinifié en amphore, La vigne d’antan, non greffée, et l’étincelante, un brut nature. Chaque vigneron affirme son identité par des pratiques qui le distinguent : Le petit meslier pour Aurélien et Thierry Laherte, Solera 9712 pour Fabrice Pouillon, Notre Dame, du meunier vinifié en Kvévri encore pour Benoît Tarlant, Les barres, un meunier franc de pied pour Alexandre Chartogne. Continuons au salon Des pieds et des mains : Blanc sous le cerisier, une cuvée d’arbanne, petit meslier, pinot blanc chardonnay pour Thomas Perseval, planteur d’arbres dans les vignes, Bois des Jadots pour Yann Vadin-Plateau, une cuvée tirée sur liège, et Ovalie, élevée en cuve ovoïde et tirée liège. Citons encore Aurélien Lurquin : toute son exploitation est travaillée au cheval. Ce viticulteur fait plus de coteaux champenois (vins tranquilles) que de champagne…

En Champagne, il n’y a pas de possibilité d’être rétrogradé en vin de France. La seule destination d’un vin non agréé est la chaudière. Alors qu’est-ce qui pousse toute cette jeune génération et autant de vignerons à s’essayer dans des pratiques nouvelles ? La recherche d’identité et d’affirmation de style. Il y a le cadre strict de l’élaboration et chacun y ajoute ses pratiques identitaires, du pressurage au dégorgement, sans déroger au cadre. Comme d’ailleurs chacune des grandes maisons qui ont aussi des pratiques identitaires et qui ont construit leur renommée : le récemment dégorgé pour Bollinger, l’élevage en fût pour Krug, etc. Chez les récoltants manipulants, c’est Anselme Sélosse (groupe Trait d’Union) qui a lancé le mouvement avec entre autres ses Solera. Et d’autres cuvées. Là, c’est une méthode ancestrale bidulée, puis dégorgée, qui fait débat et n’a pas le droit d’être vendue sous aucune dénomination, pas même en vin de France. Qu’importe, le vin était présenté au salon Trait d’Union, qui se tenait cette année au domaine Larmandier-Bernier à Vertus, aux côtés des maisons Égly-Ouriet, Jacquesson, Roger Coulon. Là même où Sophie et Pierre Larmandier ont essayé cette année des macérations en amphore.

Clinique Électro Diesel

Le Vitrac en démonstration au domaine Lorentz à Bergheim

Technique

Publié le 20/04/2018

D’un gabarit plutôt de tondeuse autotractée, le Vitrac s’inscrit dans un nouveau concept de tracteurs viticoles articulés, à très bas centre de gravité et pneus basse pression, plutôt légers, de l’ordre de 750 kg ! De quoi laisser respirer les sols et augmenter le garde-manger pour les vignes. Le principe séduit et intéresse les vignerons. Pour preuve, l’exemple d’Étienne Goettelmann à Châtenois avec son Lederer pour traiter. Avec le Vitrac, on est sur un tracteur développé par un consortium de dix vignerons du sud Tyrol et qui répond donc précisément aux contraintes des vignes étroites (à partir de 80 cm d’écartement) et en pente, des viticultures à haute valeur ajoutée. C’est Clinique Électro Diesel à Sélestat qui a décroché la carte, réputée avec son atelier de maintenance performant.

Le Vitrac est propulsé par un moteur Kohler 4 cylindres de 32 ch. L’ensemble répond à toutes les normes UE. Doté d’une transmission hydrostatique à variation continue jusqu’à 11 km/h, le Vitrac se pilote au Joystic, l’autre Joystic servant aux outils puisque ce tracteur embarque 4 double-effets. Avec un triangle trois points, on peut l’atteler à la plupart des outils broyeurs, épampreuse, mât, rogneuse, faucheuse satellites, animés par hydraulique. Tout un matériel spécifique est aussi conçu par Vitrac : un pulvérisateur, un semoir de semis directs, des tondobroyeuses, dumper… Notons que le Vitrac est équipé de quatre freins à ressort, un dans chaque roue arrière, assurant un arrêt quand le joystick de commande est relâché, quand le poste de conduite est abandonné ou quand le moteur diesel est à l’arrêt. D’une longueur de 2,25 m, le Vitrac tourne sans manœuvre pour engager des rangées de 1,30 m d’écartement. Enfin, il faut compter 40 000 à 55 000 €, selon les options, pour ce tracteur promis à un bel avenir.

Paysages et de biodiversité

Les arbres isolés utiles pour le vignoble

Vigne

Publié le 13/04/2018

L’efficacité des arbres est d’autant plus grande que les variétés ont été judicieusement choisies et plantées au bon endroit. Le bon endroit n’est évidemment pas le milieu d’un rang où ils encombreraient le passage et freineraient la récolte du raisin. Leur place se trouve en bordure de parcelle et de préférence au sud pour ne pas porter ombrage à la vigne.

Les arbres - mais aussi les haies et les bandes enherbées - fournissent gîte et nourriture à une faune très diverse, en particulier les oiseaux et les insectes. Parmi eux, de nombreuses espèces se comportent comme des « auxiliaires de culture », c’est-à-dire qu’elles débarrassent la vigne de ses ravageurs. Par exemple, les rapaces dispersent les étourneaux, si friands de raisins, et constituent de puissants prédateurs des rongeurs au même titre qu’au sol, les renards, les fouines et les martres, pourtant si décriés. Rouge-queue à front blanc, pic épeiche, mésange, hirondelle, martinet, fauvette sont de grands consommateurs d’insectes ; les chauves-souris se nourrissent de milliers d’insectes nocturnes volants ; les abeilles sont des agents pollinisateurs de la vigne.

Si les auxiliaires sont présents en abondance - on peut aussi favoriser leur présence par la pose de nichoirs -, le recours aux coûteux produits phytosanitaires ne s’impose plus avec la même acuité, bourdons, chrysopes, syrphes, carabes et autres typhlodromes parachevant le travail…

En un temps où il s’agit de favoriser l’œnotourisme, les visiteurs apprécieront aussi l’impact visuel des arbres isolés dans le paysage pour rompre la monotonie d’une monoculture et l’enrichir d’autres couleurs. L’investissement n’est pas très élevé et c’est en cette saison qu’il convient de le faire. Il peut rapidement rapporter gros…

Diplôme « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle »

L’Université de Strasbourg s’engage sans retenue et affiche des ambitions

Vigne

Publié le 05/04/2018

Il a fallu à Frédéric Créplet, l’un des artisans, et à l’Université de Strasbourg beaucoup d’huile à mettre dans les rouages, à défaut d’eau dans le vin, pour rassembler autour d’un même projet de formation des « porteurs de savoirs académiques et de savoirs empiriques et intuitifs ». Ils seront au cœur de la formation de ce nouveau diplôme universitaire (DU) « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle ».

Au cœur de l’expérience et de la critique académique

Cette formation dispensée à la faculté de géographie de Strasbourg débutera le 11 juin 2018. Elle est parrainée par le célèbre vigneron bourguignon Aubert de Villaine et par Dominique Loiseau, présidente du groupe d’hostellerie et restauration Bernard Loiseau.

De cette dialectique entre « les exigences académiques et le prophétisme viticole, naîtra une connaissance », se persuade Michel Deneken. Et de cette « conjuration de gens qui ne sont pas d’accord », une sorte de « mélange d’intuition, d’empirisme et de sciences académiques ». Le président de l’Université de Strasbourg (Unistra) en espère une « tension féconde qui permettra aux étudiants qui vont se lancer d’être au cœur de l’expérience et de la critique académique ».

Un enjeu de civilisation

Une méthode dialectique qui a fait ses preuves et réussit finalement très bien à l’Unistra, car c’est sur ce terreau universel, « sur cet humus », que grandissent les talents : « Nous avons actuellement quatre prix Nobel en état de marche », rappelle le président. Qui entend bien, s’agissant de la vigne, du vin et de la table, « ne pas céder aux injonctions de la bien-pensance. C’est un enjeu de civilisation où la vigne est aux avant-postes. »

À l’origine de ce DU, il y a l’initiative des deux vignerons, Jean-Michel Deiss et Étienne Sipp, qui cherchaient à faire en sorte qu’une formation diplômante « puisse tirer la viticulture vers le haut ». Et à « sortir de cette impasse » où les vignerons, jeunes et moins jeunes, ne se sentent pas concernés par « la grande viticulture car elle ne s’adresse qu’à un tout petit nombre d’amateurs éclairés qui parlent un langage obscur, hermétique, abscons ».

Le corpus d’une viticulture de terroir « n’est pas une recette de cuisine », explique Jean-Michel Deiss, mais « si au moins cela mettait l’étudiant sur le chemin du doute avec un peu de lumière au bout… » Et en ce sens, « l’université est un endroit ouvert où chacun va grandir ». Par son autorité, « l’université donne quelques perspectives dans la durée » à ce diplôme universitaire qui « s’inscrit dans l’histoire », conformément aux engagements pris par Michel Deneken.

Grâce à ses compétences, c’est finalement la faculté de géographie et d’aménagement de Strasbourg qui a été jugée la plus légitime pour dispenser les cours de ce DU, « car un terroir, c’est un espace, un objet géographique, qui se différencie des autres espaces par des caractères et des limites, explique Dominique Schwartz, enseignant en pédologie. Et parmi les caractères qui individualisent le terroir - le climat, les roches, l’exposition, la topographie - on est typiquement dans la géographie, et à Strasbourg nous avons toutes les compétences. »

Dimension physique et métaphysique du lieu

Mais au-delà de ces facteurs physiques, il y a la dimension métaphysique du lieu, ajoute Jean-Michel Deiss : « Notre siècle est impacté par l’idée de performance. Comment un vigneron peut-il faire en sorte que ses raisins plaident en faveur du lieu ? Dans quel cadre peut-il agir pour que la plante raconte son lieu dans sa dimension physique ? », interroge le vigneron de Bergheim. Et sa dimension métaphysique également ? « On demande aussi à la vigne de transmettre tout ce que son vigneron porte en lui, sa langue, sa culture, ses envies, ses révoltes, son investissement humain et son appartenance à un espace. »

Transmettre et restituer par la dégustation : « Comment décrypter le signal du lieu ? » Sur ce point, Jean-Michel Deiss, Jacky Rigaux, enseignant de l’Université de Bourgogne, et le neurophysiologiste Gabriel Lepousez comptent bien s’appuyer sur la dégustation géo-sensorielle, dont les bases n’en sont qu’aux balbutiements. Plutôt que d’identifier des arômes et autres perceptions sensorielles chimiques (goût, odorat) pour lesquels il ne peut y avoir de consensus, la dégustation géo-sensorielle s’appuie sur la description des perceptions physiques en bouche, et sur lesquelles il y a des perceptions et un langage communs.

Littérature œnologique et viticole

Des vieux ouvrages à prix de collectionneurs

Vigne

Publié le 30/03/2018

La vente était programmée sur deux jours, les vendredis 16 et samedi 17 mars. Au catalogue soigneusement imprimé, des ouvrages de viticulture, œnologie et de gastronomie, du régionalisme Alsace et Lorraine, littérature, incunables. Soit 579 lots en tout, dont des livres précieusement reliés, des ouvrages extrêmement anciens ainsi les six sermons de Jean Geiler de Kaysersberg, publié en 1510, dans leur première reliure d’époque « pleine peau de truie », ou encore des incunables strasbourgeois de 1474, 1485, 1492, en reliure d’époque, de Cologne ou de Nuremberg.

La vente commençait par un grand classique, le Médard Barth, Der Rebbau, Des Elsass und die Absatzgebiete seiner Weine, de 1958, parti à 40 €. Le 22e livre est un traité de distillation de Dubrunfaut de 1824, reliure moderne et huit planches gravées, adjugé à 240 €. Un peu plus loin, un livre du Dr Morelot sur les statistiques de la vigne en Côte d’or, de 1831, ne trouve pas preneur à 200 €. De même une ampélographie universelle du comte Odart, de 1849, trouve preneur à 100 €. Dans la foulée, un livre de Pasteur de 1873, Études sur le vin, ses maladies, causes qui les provoquent, est adjugé à 180 €. C’est une description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France de H. Marès, de 1890, qui remporte la plus grande enchère à 2 400 €, probablement en raison de ses trente grandes planches lithographiées en couleur. Au numéro 59, un ouvrage de JL Stoltz, L’Ampélographe, pouvait attirer la curiosité, mais à ne pas confondre avec L’Ampélographie rhénane, qui était jointe mais dans sa forme rééditée par les éditions Coprur : le tout est parti pour 130 €. Globalement, les petits traités de viticulture et d’œnologie, datant de la fin XIXe - début XXe d’auteurs tels que Jules Guyot, Chaptal, Brillat-Savarin, trouvaient preneur entre 30 et 70 €. Parmi les acheteurs : beaucoup de professionnels du livre et quelques collectionneurs invétérés, mais finalement très peu ou pas de membres de la profession viticole alsacienne.

Un nouveau constructeur de tracteur vigneron

Premiers essais pour le JDS Guillet

Vigne

Publié le 12/03/2018

Avec son look plutôt dodu et rétro, le nouveau tracteur JDS-Guillet ne passe pas inaperçu dans les vignes. Réincarnation du JDS de Louis Dromson, d’une stabilité légendaire, ce tracteur est de nouveau disponible grâce à Fabien Guillet, un industriel de la serrurerie chaudronnerie basé à Duppigheim. Habitué à relever les défis industriels les plus audacieux. Et à concevoir des engins motorisés hautement normés. C’est cette expertise avec ses équipes de concepteurs et de soudeurs, dont nombre sont compagnons du devoir, qui l’a amené à relancer le JDS avec son « nerveux » moteur John Deere trois cylindres, adapté aux normes Stage IV, avec un filtre à particules.

Pour l’heure, trois prototypes sont construits, l’un pour les normes, et les deux autres sont à disposition des viticulteurs qui veulent l’essayer. L’engin pèse un peu plus de 2 t, son empattement avait été voulu le plus court du marché ; et son étroitesse de 104 cm, avait été pensée pour les vignes étroites.

S’il reste aux établissements Guillet quelques petits réglages de différentiel et d’embrayage à effectuer, le tracteur, attelé à un broyeur de sarments, a déjà montré toute sa capacité à grimper les coteaux de Westhalten et de Dorlisheim. Et un viticulteur d’Itterswiller a déjà retenu le premier modèle.

Les GIEE alsaciens, point d’étape

De l’impérieuse nécessité de poursuivre une méthode gagnante

Technique

Publié le 01/03/2018

Ascendants, participatifs, mutualistes : les GIEE présentent l’intérêt de l’action de groupe pour mutualiser les risques inhérents aux expérimentations agronomiques, estime Rémy Mickaël. Les problématiques sont partagées. Mais au-delà, l’innovation ascendante et partagée qu’ils représentent débouche globalement sur des solutions robustes pour les agriculteurs. « Les agriculteurs vont être confrontés à des besoins d’adaptation et le temps va passer très vite », fait observer Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d’agriculture d’Alsace. « Nos alimentations changent, il va falloir répondre à de nouvelles demandes ». La vice-présidente compte bien s’appuyer sur la capacité des GIEE « à aller plus loin » pour relever ces défis.

Cependant, pour Heini Klein, le financement de l’animation est insuffisant. Ce que confirme Francis Humann qui, dans le cadre de sa filière naissante volaille de chair bio, souligne que les besoins d’animation sont très importants au départ pour la mise en place du GIEE. Thomas Blum déplore en outre quelques lourdeurs administratives.

Les GIEE comprennent deux axes principaux : ils constituent une forme de label permettant aux groupes d’agriculteurs d’être plus facilement éligibles à différentes aides, et l’État apporte une aide sous forme de financement d’un animateur du groupe. En retour, les groupes doivent expérimenter et communiquer leurs résultats, les échecs comme les succès, auprès de leurs confrères.

Qu’en est-il du bilan des huit groupes alsaciens labellisés GIEE au cours de ces cinq dernières années ? La réunion se tenait le 21 février au lycée agricole d’Obernai. « Trois ans c’est un peu court, il y a possibilité de prolonger », informe Christelle Ponsardin, de la Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt. Dans la foulée des GIEE, s’ajoute le label Écophyto, orienté sur la réduction des produits phytosanitaires, par une approche collective ou individuelle, avec comme objectif la réduction de l’IFT (Indice de fréquence des traitements). Une obligation de résultat donc, à la différence des GIEE qui sont plus orientés sur une obligation de moyens. Si globalement on ressent que le gouvernement n’entend pas arrêter les GIEE, on se demande si les moyens consentis par l’État améliorent la dynamique de transition agroécologique.

VinoVision à Paris

En 2019, la Wine Week sera incontournable

Vigne

Publié le 01/03/2018

Se tenait la semaine dernière à la Porte de Versailles la deuxième édition du salon VinoVision, salon des vignobles septentrionaux, avec 340 exposants regroupés dans le hall 4 du Parc des expositions. « Nous sommes un petit salon assez cosy, avec un service proche de l’exposant, un lieu facile d’accès, très facile pour l’Europe de proximité, à 2 heures de Londres, 1 h 30 de Bruxelles », explique Chantal de Lamotte, directrice du salon.

« Mais la septentrionalité sans l’Alsace… », poursuit-elle un peu interrogative. Car il est vrai que, cette année, les opérateurs du vignoble alsacien se sont fait plutôt discrets et dispersés, comparé à la Loire, venue en force, la Bourgogne avec ses crus mythiques, le Beaujolais ou la Champagne. Plusieurs raisons à cela, explique Thierry Fritsch, conférencier au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) : « La petite récolte, mais surtout, le vignoble se focalise cette année sur Millésimes Alsace en juin prochain, et sur Prowein, où pas moins de 80 opérateurs feront le voyage ».

Récompense aux fidèles

Cependant, avec la force de Comexposium, l’organisateur, VinoVision est appelé à devenir un très grand salon. Il est donc important d’y prendre ses marques. « Le prix était de 217 €/m2, avec une remise (de rebooking) à prix garanti sur 2019 », annonce Chantal de Lamotte.

Car en 2019, l’événement va prendre une tout autre ampleur : la Wine Week, un événement à la mesure des Vinexpo et autres Prowein, puisque ViniSud et VinoVision se tiendront de concert, ce qui monopolisera deux halls, les bâtiments 4 et 7 de la Porte de Versailles, du dimanche 10 au mardi 12 février 2019. Alors, Paris deviendra en ce début 2019 la capitale des vins français, puisque plus de 20 000 visiteurs, grossistes, distributeurs, importateurs, des plus grandes zones d’achat de vins et spiritueux du monde, seront attendus des 2 000 exposants espérés. Autant dire, que la Wine Week offrira une visibilité exceptionnelle pour ceux qui veulent exporter.

Et déjà en 2018, mais surtout en 2019, plusieurs manifestations se tiennent et se tiendront en marge de l’événement. Et en premier lieu, le World Wine Meeting, où là encore, il est bon d’être présent, car il attire à lui un fort visitorat étranger. Cette année, il se déroulait à partir du mercredi 14 février, ce qui permettait aux importateurs et autres agents d’enchaîner sur ViniSud à partir du dimanche 18 février. Sur le principe, les rendez-vous d’affaires sont préprogrammés avec des déjeuners, dégustations, dans les salons de l’hôtel du Collectionneur, un cinq-étoiles à quelques encablures des Champs Élysées. Donc rendez-vous en 2019 pour la Wine Week.

Safer, rétrocession de vignes

Les jeunes vignerons de Reichsfeld et Bernardvillé se concertent

Vigne

Publié le 28/02/2018

Sensible s’il en est puisqu’il en va au final du revenu dégagé par l’exploitation viticole, l’outil foncier est souvent source de tensions et de conflits larvés entre les exploitants. Il suffirait pourtant d’un rien pour désamorcer ces rivalités de vignes convoitées, les sentiments de passe-droit et d’injustice sur les attributions de terres qui peuvent naître par le prisme d’analyses des uns ou des autres centrées sur leurs intérêts personnels. Et une concertation suffirait pour que les vignerons travaillent en bonne intelligence à la constitution de parcellaires moins morcelés et à une répartition équitable.

À l’initiative du groupe des jeunes vignerons du Schieferberg, une telle réunion de concertation s’est déroulée le 15 février à la mairie de Reichsfeld, afin de faire un état des lieux sur les parcelles de la vallée, actuellement en rétrocession. « Il nous tenait particulièrement à cœur que cette vente soit rendue publique et totalement transparente pour les personnes intéressées de nos deux villages », explique le syndicat de jeune vigneron.

Une initiative soutenue finalement par l’ensemble des jeunes vignerons des deux bans viticoles qui comprennent que le premier ciment de leur cohésion pour engager un travail de notoriété sur leurs crus schisteux et pentus du Schieferberg, Eichelberg et Sohlenberg, passe par la transparence et la bonne entente, tant que faire se peut, sur le foncier.

Moment d’échange et de partage

Réunion à laquelle Christian Dirwimmer, directeur de la Safer à Strasbourg, s’est joint pour expliquer les enjeux, rappeler les règles en matière d’attribution de terres et enregistrer les souhaits. Après avoir posé les jalons avec toute l’autorité nécessaire dans ce genre de réunion sensible, il a salué l’initiative de cette « nouvelle génération de viticulteurs qui joue la transparence. Le foncier est source de tension, mais je salue ce moment d’échange et de partage comme aujourd’hui. » Passage obligé et incontournable de toutes les transactions foncières agricoles, « les Safer reçoivent des notaires, copie de toutes les ventes réalisées. Et pour lesquelles nous avons un délai de deux mois pour acquiescer ou préempter », précise Christian Dirwimmer.

La Safer, a-t-il introduit, acquiert et redistribue les parcelles selon des priorités assignées par la profession. Par exemple : l’agrandissement de parcelles existantes quand il s’agit de contiguïté pour l’aménagement parcellaire. « Mais si le lot fait plus de 20 ares, alors la rétrocession peut permettre d’étoffer des exploitations nécessiteuses. Attention, a rappelé Christian Dirwimmer, pour les terrains appelés à être rétrocédés par la Safer, aucun texte, aucune loi ne donne la priorité aux exploitants du ban communal. D’ailleurs tout viticulteur, quel qu’il soit, a le droit de faire valoir ses prétentions par rapport à telle ou telle parcelle. Cependant, on essaie de favoriser les exploitants locaux lorsqu’il y a des candidatures. » Quant aux questions de location, une commune ou un propriétaire peuvent louer à qui ils veulent, a-t-il ajouté en substance.

L’examen du comité technique et le prix

Le dossier est ensuite présenté au comité technique de la Safer. « Il est composé de représentants de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), des Jeunes Agriculteurs, de la FDSEA, de la Confédération paysanne, de la Coordination rurale, de la Fédération des chasseurs, des Conseils départementaux et Régional et des banques… Autant d’organismes qui ont le même droit de vote. Ces personnes reçoivent 15 jours avant, un document comprenant les parcelles, les candidats, un bref descriptif des exploitations de ces candidats, et les motivations d’achat de chacun », explique Christian Dirwimmer. « Je présente les dossiers, il y a des discussions, des propositions faites par les responsables viticoles, du secteur de préférence, et c’est dans ce comité que les décisions se prennent, ajoute-t-il. Dans le mois qui précède la constitution du dossier, les viticulteurs peuvent se concerter pour des échanges et restructuration de parcelles. »

Quant au prix des parcelles préemptées, il comprend le prix d’achat, plus le coût des actes notariés, plus la rémunération de la Safer de 8 %, soit environ + 10 % du prix d’achat. « À la Safer, on est là pour trouver le joint entre les intérêts de tout le monde, le vendeur et les acheteurs potentiels. Les prix tiennent compte de l’état de la parcelle, du cépage, de l’âge des vignes, du terroir. »

« Le délégué local n’est pas un shérif »

Chaque syndicat viticole comprend un délégué Safer. « Il est là pour prendre connaissance de l’information. Si une parcelle se libère, il peut informer les voisins de la vente de la parcelle afin qu’ils puissent se positionner éventuellement pour l’achat. Il doit en outre nous faire remonter les informations du terrain. » Mais attention ! « Ce n’est pas un shérif, a insisté Christian Dirwimmer. Toutes les décisions sont prises à Strasbourg et en aucun cas dans le village. Il est hors de question qu’un délégué ou syndicat local prenne des décisions. » Délégué qui est par ailleurs tenu à une certaine discrétion. Ce sont des informations confidentielles puisque les transactions se déroulent sous le sceau de « la discrétion et de la confidentialité. Les notifications envoyées sur les transactions sont personnelles et confidentielles. D’ailleurs, d’autres Safer n’envoient que les références cadastrales et le prix », ajoute Christian Dirwimmer.

La réunion de concertation

À Reichsfeld, la réunion s’est déroulée sans anicroches, afin de « préciser les candidatures ». Devant une trentaine d’exploitants, chaque parcelle soumise à rétrocession a été projetée sur écran, à partir d’un fonds photographique de photos aériennes, préparé par les vignerons du Schieferberg. Chacun a fait valoir ses prétentions publiquement ou discrètement par courrier. Christian Dirwimmer a appelé les viticulteurs à « restructurer intelligemment » leur parcellaire. « Si vous proposez des solutions d’échange qui vous conviennent, je serai comme le pape sur le balcon de Saint Pierre de Rome un jour de Pâques… », a-t-il lancé avec une pointe d’humour.

Attention cependant à ceux qui s’engageraient dans des promesses d’échanges et de restructuration pour acquérir des parcelles, qu’ils ne tiendraient pas ensuite : « Dans les actes notariés, il y a une clause. Pour les parcelles rétrocédées par la Safer. On n’a pas le droit de louer ou de vendre ladite parcelle sans autorisation de la Safer, pendant 15 ans, sauf cas de force majeure que la Safer prendrait en compte. »

Une réunion finalement extrêmement constructive et transparente, appréciée du directeur de la Safer du Bas-Rhin, qui en juin prochain, fera valoir ses droits à la retraite et sera remplacé par François Willem.

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