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David Lefebvre

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Inauguration du domaine de l’Envol à Ingersheim

Écologie, émotion et personnalité

Vigne

Publié le 14/07/2018

« C’est plus qu’un métier que nous avons choisi, c’est un état d’esprit, un projet de vie. » La famille Hirsinger, Bernard, Manuela, Daniel et Catherine, et Raphaël Marchal, avaient la gorge un peu serrée le 29 juin dernier, lorsque chacun a pris la parole pour conter son parcours et expliquer ses motivations. C’était l’inauguration du Domaine de l’Envol, tout nouveau domaine récoltant-manipulant d’une vingtaine d’hectares à Ingersheim. Nombre d’amis et de personnalités y prenaient part. Parmi ces dernières, le député Jacques Cattin, le maire d’Ingersheim Mathieu Thomann, le père Albert, curé de la communauté de paroisses, les ambassadrices du vignoble, leurs majestés Marie Grund et Clémence Bléger.

L’histoire du Domaine de l’Envol débute en août 2016, quand la famille Hirsinger et Raphaël Marchal se lancent dans l’autoconstruction des bâtiments de vinification, conditionnement et vente des vins. Des bâtiments aux performances environnementales remarquables car l’une des principales valeurs qui unit la famille : c’est l’écologie. « La biodynamie c’est aussi un esprit de partage du travail et des richesses de la terre. N’oublions jamais que la terre que nous travaillons est un don de Dieu et qu’on doit la transmettre intacte aux générations suivantes, mais aussi que le vin est source de joie, de partage et de fête », ont souligné Bernard et Manuela Hirsinger, sensibilisés aux questions environnementales depuis 1989. Et aidés dans leur conversion bio par leur voisin vigneron Vincent Fleith.

Le groupe familial ne manque pas de ressources et de motivations. Ses vins s’inscrivent dans la tendance de modernité initiée par la nouvelle génération de jeunes vignerons alsaciens : « Nous souhaitons que nos vins soient singuliers, des vins d’Alsace avec une forte personnalité, soutenue par un savoir-faire, mais osant aussi l’innovation », a expliqué Catherine Hirsinger. Dont les propos resituent aussi le vin dans sa dimension émotionnelle : « Le vin est un trait d’union entre la terre et l’esprit, il parle à nos cœurs, à nos goûts, à nos souvenirs et à nos rêves ». Une vision qui a en tout cas été comprise du jury du concours national « Vignerons et terroirs d’avenir », organisé par Advini et SupAgro Montpellier, puisque Daniel et Catherine Hirsinger et Raphaël Marchal ont obtenu la deuxième place.

Abattoir de Goxwiller, tribunal de Saverne

Sous observation jusqu’au 12 octobre

Vie professionnelle

Publié le 14/07/2018

Les parties prenantes de l’abattoir coopératif de Goxwiller, spécialisé dans l’abattage de volailles, ont jusqu’au 12 octobre prochain pour remettre sur les bons rails de la viabilité économique, cet abattoir au service des éleveurs de volailles en Alsace. Dans les couloirs du tribunal de Saverne, vendredi matin juste avant l’audience, la tension était palpable, mais une demi-heure plus tard, les parties prenantes affichaient une mine soulagée suite à la décision du tribunal. Il y avait les représentants du conseil d’administration, Pascale Stirmel, Georges Kuntz, Patrick Goettelmann, et il y avait des représentants du personnel, ainsi que Me Carole Sainsard, avocate en charge de la défense des intérêts de cette structure.

« Dès lundi, tout le monde se mobilisera en vue de mettre en œuvre le projet de restructuration en interne. Le soutien de l’ensemble de la profession, les services vétérinaires, la Chambre d’agriculture, les syndicats, a été essentiel et décisif, cela a été entendu. Sans ce soutien, la décision aurait été difficile », exprimait Carole Sainsard, à la sortie du tribunal.

« Mais rien n’est joué, on est toujours en période d’observation, tout doit être mis en œuvre pour la viabilité de l’outil, car économiquement cela reste tendu. » Faute de trésorerie, les juges resteront vigilants, et ils donnent trois mois aux parties pour faire la preuve de la bonne marche de l’abattoir.

« Les acteurs du monde agricole ont considérablement aidé à faire la lumière sur les problèmes conjoncturels et structurels. Nos coopérateurs sont aussi et surtout exploitants, et la gestion de l’abattoir est un autre métier. C’est là où nous avons trouvé de l’aide pour réorganiser la structure. » La gestion du rythme d’abattage sera réorganisée, avec l’adjonction de nouveaux types de volaille comme le canard gras. Des correctifs à tous les niveaux ont été apportés.

Rendez-vous est donc donné le 12 octobre avec, espérons-le de bonnes nouvelles pour les éleveurs.

Armbruster vignes à Saint-Hippolyte

Une « nocturne du pro » réussie et conviviale

Vie professionnelle

Publié le 13/07/2018

Alors que la phase végétative de la vigne bat son plein, les viticulteurs sont heureux de se retrouver l’espace d’une soirée chez leur distributeur préféré pour faire le point, discuter technique, voir où en est l’état sanitaire en différentes zones du vignoble. Ça tombe bien, les établissements Armbruster Vignes proposaient leur nocturne du pro, le 29 juin dernier, en soirée donc, sur leur site d’appro à Saint Hippolyte. Soirée à laquelle était conviée la Chambre d’agriculture et son Labo Vert, dont les techniciens ont présenté des échantillons des différents problèmes de maladies ou carences rencontrés dans le vignoble alsacien… Très formateur ! Une soirée où étaient également invités de nombreux exposants et fournisseurs de la viticulture, qui ont fait part des propositions actuellement en vogue dans la viticulture alsacienne.

Chez Nufarm, Prev-Am est un produit de biocontrôle fongicide et insecticide (pas d’homologation en viticulture, uniquement en maraîchage. Autre nom commercial : Limocide) à base d’extraits d’écorces d’orange, très efficace selon les technico-commerciaux pour « sécher une attaque de mildiou et d’oïdium » et bloquer la sporulation… Un mildiou qui cette année fait débat dans le vignoble, avec ses contaminations silencieuses et à retard de rot brun suite aux pluies diluviennes des 12 et 13 juin derniers. Prev-Am s’utilise à une certaine concentration, d’où une adaptation de la quantité en fonction des volumes d’eau de traitement à l’hectare.

Toujours sur le stand Nufarm, l’hydroxyde de cuivre Champ Flo, homologué en agriculture biologique, extrêmement étalant et résistant au lessivage, était aussi un outil fort à propos cette année, grâce à son efficacité contre les contaminations de mildiou par les pluies d’orage. Nufarm propose par ailleurs un cuivre tribasique à action préventive grâce à un dépôt résistant sur la feuille qui s’active avec l’eau de pluie.

Les techniciens Armbruster font le choix de solutions avant tout efficaces et les plus respectueuses de l’environnement, quand l’efficacité est au rendez-vous. Comme certains viticulteurs sont aussi maïsiculteurs ou céréaliers, était aussi proposée cette année pour le maïs, une mycorhize du genre glomus : le BioXfert. Deux racines de maïs étaient présentées, l’une mycorhizée, l’autre pas. Avec davantage de développement pour la première.

Outil d’aide à la décision

Bayer présentait Movida, un outil d’aide à la décision développé par la start-up toulousaine ITK et exploité par Bayer. Cet outil informatique, qui peut s’avérer précieux dans des années comme 2018, évalue la pression mildiou et oïdium. Il s’appuie sur les données météorologiques de Colmar et Strasbourg, d’un réseau de sept stations météo Armbruster, et sur la phénologie que le technicien modifie à la marge pour la caler à la réalité de la phase végétative d’une vallée à l’autre. Movida existe depuis six ans, mais son usage en est à ses balbutiements. Sa fiabilité est dépendante des informations qu’il collecte, c’est pourquoi l’équipe Armbruster Vignes continue d’investir dans des stations météo pour l'affiner.

Movida indique les contaminations primaires de mildiou correspondant à la libération des oospores suite à des pluies, et les repiquages, qui donneront des sorties de taches. Il intègre des programmes de traitements et permet d'anticiper les fins de rémanence, donc les périodes à risques. La finalité de cet outil est de positionner au mieux les traitements, tout en respectant la législation française et le stade phénologique de la plante. Des sessions de formations et de prise en main sont prévues par le service technique d’Armbruster Vignes.

Vers de grappe

Situation plutôt rassurante

Vigne

Publié le 12/07/2018

Certaines cultures ont leur foreuse, d’autres ont leur mineuse. La vigne, elle, a ses tordeuses, la cochylis et l’eudémis, des papillons dont l’œuf est discret mais reconnaissable sur la baie de raisin comme une petite lentille translucide de moins de 1 mm de diamètre qui devient orangée en vieillissant. Petit à petit, l’embryon de la larve, caractéristique avec sa tête noire pour la cochylis, apparaît. Et c’est la future larve qui, après hivernation, va agglomérer des boutons floraux. Les papillons s’envolent et déposent les fameux œufs sur les baies. En 20 à 25 jours, cela va donner la larve.

Donc on se résume : un premier vol de papillon en mai-juin, ponte sur les baies, 8 à 15 jours d’incubation, 20 à 25 jours de développement larvaire et un vol de deuxième génération, et éventuellement une troisième génération de vol pour l’eudémis…

Les services techniques ont ainsi plusieurs moyens d’apprécier le niveau de pression en tordeuses : le comptage des glomérules fin mai, le piégeage des vols de deuxième génération fin juin, le comptage des œufs sur baies et/ou les perforations des baies. Le réseau d’observation en Alsace compte 56 parcelles en 2018.

Fin mai, le Bulletin de santé du végétal® (BSV) faisait état de très peu de comptages de glomérules. Au 25 juin, les vols étaient toujours « timides » sur la seconde génération, « voire toujours inexistants ». Et la tournée d’observation des pontes permettait de conclure que la pression était « encore faible ». Enfin, le BSV® du 6 juillet confirme le faible niveau de pression, un faible niveau d’attaque.

État sanitaire

Rot gris ou brun, le mildiou sur grappe de pinots s’invite

Vigne

Publié le 05/07/2018

Dans un premier temps, les taches sur les baies faisaient penser à de l’échaudage, mais l’évolution plutôt foudroyante des baies ne laisse plus aucun doute : très rapidement, la baie se momifie jusqu’à complètement sécher. Le rot brun s’invite dans le vignoble. L’idée est de comprendre quand et comment se déroulent les contaminations.

Le feuillage apparaissait d’ailleurs étonnamment « propre » en ce début juillet, eu égard aux pluies contaminatrices mais surtout dévastatrices des orages de juin. Le rot brun nous rappelle que le mildiou peut être extrêmement sournois, avec une progression tissulaire aussi dissimulée et silencieuse que ses symptômes sont foudroyants. Le caractère très dissimulé de la contamination-progression de la maladie porte d’ailleurs un nouveau coup au dogme de la protection raisonnée en fonction de l’observation de l’apparition des premiers symptômes. Et ce d’autant que les modèles mathématiques d’épidémiologie n’ont pas permis non plus cette année d’anticiper… Il est cependant bien spécifié que la contamination primaire donne des taches d’huile sur feuilles mais aussi du rot gris sur grappe. Pourquoi cette année y a-t-il finalement plus d’expression en rot gris qu’en tache d’huile ? Une réflexion scientifique sur les écimages trop hâtifs et la physiologie de la plante serait intéressante.

La leçon des millésimes

Ce fameux mildiou a opéré un sérieux éclaircissage sur les pinots du centre Alsace. C’est encore plus sérieux sur les pinots de Lorraine. Mais le vignoble alsacien est tout de même épargné comparé au Roussillon, dont la situation s’apparente à 2016 en Alsace…

Comme en 2016, les viticulteurs se « font doubler » par la qualité sanitaire du feuillage sans songer que la maladie s’installe dans sa première phase à la faveur de pluies contaminatrices, et qu’elle n’apparaîtra que dans une vingtaine de jours ou plus. Il faut relire de ce point de vue le livre de Joseph Capus sur le mildiou de la vigne écrit à une époque (1920-1930), où les vignerons n’avaient pas de solutions de rattrapage et de produits curatifs. Ils avaient alors développé un sens de l’observation et des notations minutieuses, de manière à bien retenir la leçon des millésimes. Une traçabilité moins administrative et plus de terrain, en quelque sorte…

Les avis divergent toujours sur la date de première intervention du traitement : le problème étant que les anciens et leur sens de l’observation ne sont plus là pour se quereller avec les modernes et leurs produits curatifs. Joseph Capus a tout de même légué au débat son livre en ligne sur internet, où il préconise d’intervenir 26 jours avant l’apparition de la première tâche, soit d’intervenir sur la contamination primaire. Un livre écrit à une époque cependant où il n’y avait que le cuivre sulfate. Quant aux planches sur la biologie et le cycle du mildiou, largement publiées, on ne peut y lire que le délai d’incubation secondaire de « 5 à 12 jours », ce qui n’incite pas tout à fait à traiter plus en amont…

Après ce mildiou, le vignoble n’en aura pas tout à fait terminé avec les maladies : des vers de grappe sont signalés en certaines zones… une équation assez délicate étant donné l’abondance des grappes. La qualité de la maturité sera également dépendante de la météo avec des risques d’éclatement des baies. La pousse végétative rapide fragilise les tissus. Et, là aussi, des solutions fertilisantes pour durcir les tissus des végétaux mériteraient toute l’attention des sciences agronomiques.

À Traenheim et Westhoffen

Lancement de la saga des fruits d’été

Cultures

Publié le 22/06/2018

L’idée revient à Daniel Dettling, producteur de fruits à Westhoffen, également secrétaire de l’association des producteurs, de lancer officiellement « une saga des fruits d’été ». Car après la récolte des cerises qui bat son plein actuellement, devraient suivre les prunes, les mirabelles fin juillet déjà, et les quetsches le 25 août. Mais également les mûres, les myrtilles sauvages et de culture, les framboises, les groseilles, les cassis et enfin les noix. L’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux d’Alsace, sous l’égide de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), a donc lancé officiellement cette « saga », mardi 19 juin à l’EARL Reisz à Traenheim puis à la coopérative Les Jardins du Ried à Westhoffen.

Avec le retour du soleil, Joël Reisz, président des producteurs, affichait un large et radieux sourire, mardi, en présence des professionnels, de la presse locale, et de Delphine Wespiser, pour ce lancement. L’épisode de pluies du début de campagne de récolte n’a finalement pas altéré le moral des producteurs qui s’apprêtent à garnir les étals de cerises, et ce d’autant que la récolte 2018 est bonne, après une année 2017 marquée par des gelées de printemps catastrophiques. Les cerises ont une faible capacité de conservation : un inconvénient qui devient un avantage commercial pour les écouler sur les marchés locaux, avec une garantie de fraîcheur et avec le logo Fruits et légumes d’Alsace, désormais bien ancré dans l’esprit des consommateurs, observe Pierre Lammert, président de l’Ifla.

Les fruits et légumes d’Alsace sont désormais indissociables du visage de Delphine Wespiser, ancienne Miss France, qui a conclu cette journée de promotion. On la retrouvera ce samedi sur le petit écran dans l’émission Fort Boyard. Elle a aussi annoncé officiellement sa participation deux jours par semaine dans l’émission Touche pas à mon poste chez Cyril Hanouna : « Certains ne seront pas d’accord. Quoi qu’il en soit, c’est une belle visibilité pour moi et donc pour les fruits et légumes d’Alsace aussi. »

Œnotourisme en Champagne

Parme et Champagne : jumelage gastrovinique

Vigne

Publié le 22/06/2018

Nos voisins champenois sont en train de transformer la fameuse avenue de Champagne à Épernay, où siègent les grandes maisons de champagne, en un haut lieu de l’œnotourisme, très prisé des amateurs de champagne, avec des bars à champagnes, des visites guidées et de quoi séjourner dans les demeures de charme des maisons de renom. Source d’inspiration pour le vignoble alsacien ?

Et c’est notre confrère Jean-Baptiste Duteurtre, fondateur des revues Bulles & Millésimes en Champagne et de Crémant d’Alsace Magazine en Alsace, et témoin de ce renouveau œnotouristique avec sa revue Échappée champenoise, qui nous a donné l’occasion de venir constater cette révolution avec la visite de trois maisons de champagne : les maisons Boizel, De Venoge et Leclerc-Briant. Une visite à l’occasion d’un jumelage chic, gastronomique, gastrovinique et surtout prestigieux : celui des produits d’indications géographique de la région de Parme en Italie et du champagne.

Si l’on ne présente plus l’appellation de notre voisin champenois, soulignons que la région de Parme, haut lieu de la gastronomie italienne, représente à elle seule 20 % du chiffre d’affaires des IG italiennes… avec son parmigiano reggiano (parmesan) et son prociutto di Parma (jambon de Parme). Parme qui aujourd’hui ambitionne de s’inscrire dans le sillage de la Champagne et qui porte un dossier de reconnaissance de son patrimoine par Unesco.

Une histoire de minéralisation

Gastronoviniquement, il fallait que ça fonctionne. Jean-Baptiste Duteurtre n’a pas fait dans le détail pour célébrer ce jumelage. Il a proposé aux chefs champenois Arnaud Lallement (L’Assiette Champenoise à Tinqueux), Patrick Michelon (Les Berceaux à Épernay) et à leurs homologues de la ville de Parme Terry Giacomelo (Inkiostro, Parma) et Giancarlo Tavani (Ai Due Platani, Parma) de partager le piano, le temps d’un dîner d’exception qui se tenait dans les salons rénovés de l’Hôtel de Ville d’Épernay. Les maisons Dom Pérignon, Deutz, De Venoge, Boizel et Leclerc-Briant, ainsi que la mairie d’Épernay et son maire, Franck Leroy, ont fait cause commune lors de cette soirée pour défendre les couleurs de la Champagne.

Les maisons champenoises visent un œnotourisme à la hauteur de la réputation qui les précède. Chez Boizel par exemple : Évelyne et Christophe Roques-Boizel, et leurs enfants Lionel et Florent, viennent d’investir massivement pour ouvrir leurs caves entièrement rénovées à de l’œnotourisme « cousu main », avec des visites par petit groupe et un service à la carte avec différents niveaux de prestations. Non loin de là, autre maison, autre style avec Gilles de la Bassetière, dans l’hôtel De Venoge, une demeure qui témoigne des grandes heures de l’art nouveau au début du siècle dernier, où deux dépendances ont à ce jour été restaurées, l’une pour devenir une suite hôtelière et l’autre un bar à champagnes De Venoge chic, à déguster avec une sélection de crus de parmesans « Hombre » de Matéo Panini.

C’est dans ce cadre qu’ont été proposés des accords entre des champagnes de différents millésimes et des parmesans de plus ou moins longues durées d’affinage. L’occasion pour les maisons champenoises de démontrer que l’affinage des parmesans et l’élevage des vins de champagne ont quelque chose à voir entre eux : une histoire de minéralisation peut-être, où la matière vivante en évolution libère ses sels minéraux pour révéler les plus grands accords de minéralité.

Financement de la méthanisation, exemple chez Freddy Schneider à Wintzenbach

Le Crédit Agricole passe à la vitesse supérieure

Pratique

Publié le 22/06/2018

L’aboutissement de la construction de la 10e unité de méthanisation alsacienne chez Freddy Schneider à Winztenbach dans le nord du Bas-Rhin marque une nouvelle étape dans la révolution énergicole qui est en train de s’opérer en agriculture. Il a fallu 12 mois, de son état de projet à sa mise en service, pour que l’unité de méthanisation sorte de terre et injecte ses premiers kW sur le réseau. Quand auparavant, des dossiers pouvaient demander jusqu’à six ans de gestation.

Tout a été mené tambour battant, confirme Freddy Schneider, le porteur du dossier : « Le dossier de subventions a été accordé en juin dernier. En juillet, il a fallu hâter la récolte de céréales sur la parcelle de manière à laisser place au chantier. Les prêts bancaires ont été accordés à l’automne. » À peine le béton des murs était-il sec, que les silos de maïs ont engrangé l’ensilage (15 % de la biomasse) à méthaniser.

Ce dossier de méthanisation mené à son terme dans un délai réduit hors norme a été accompagné par la Chambre d’agriculture et France Biogaz pour la faisabilité. Et financé par le Crédit Agricole Alsace Vosges.

Les perspectives de développement de la biométhanisation agricole, tant en cogénération électrique qu’en injection directe du biométhane sur le réseau de gaz, sont exponentielles. Et le Crédit Agricole, dont « l’équipe méthanisation » du Crédit Agricole Alsace Vosges (CAAV), est à pied d’œuvre depuis 2011 pour s’engager dans cette transition énergétique à laquelle l’agriculture est partie prenante.

« Nous avons financé jusqu’à présent 35 projets sur les départements de l’Alsace et les Vosges. Et 15 sont en cours, dont beaucoup en injection », indique Patrick Brandt, du marché de l’agriculture au CAAV et responsable des engagements. D’ailleurs, le CAAV vient d’étoffer ses équipes dédiées à la méthanisation avec l’arrivée d’Arthur Masson, ingénieur agronome, dont le rôle est de « vérifier, analyser et construire un plan de financement adapté ». « Nous accompagnons de fond en comble les projets et nous intervenons le plus en amont pour guider le porteur de projet dès le début de sa réflexion », poursuit l’ingénieur qui intervient désormais au coté de Samuel Protin, « monsieur méthanisation » au CAAV. Les experts méthanisation au CAAV pourront également s’appuyer sur de solides références nationales avec des données mutualisées et remontées depuis l’ensemble des Caisses régionales.

Pour accompagner le développement de la méthanisation, la « banque de l’agriculture » compte également sur sa forte implantation locale et son expertise globale en agriculture pour mener à bien la réussite de cette mutation. « Ce qui nous différencie, c’est notre proximité avec le client, la connaissance de son exploitation de longue date, c’est notre implication dans le tissu agricole, notre connaissance du terrain », résume Michel Freyss, responsable filière agriculture au CAAV.

Il n’est donc pas question de développement effréné et tous azimuts : « Dans nos critères de financement, il y a la technicité de l’exploitant, le choix du constructeur que nous avons référencé, la sécurisation de l’autonomie en intrants de biomasse à 80 %. Il faut également se préparer à une nouvelle organisation du travail, avec une présence et personne dédiée et formée à la méthanisation et qui doit être secondée », explique Patrick Brandt.

Mais les spécialistes du financement au CAAV entrevoient déjà l’avenir de la méthanisation à plus long terme et veulent anticiper les risques de sur-concurrence en biomasse d’où la nécessité de protéger l’accès à la matière organique comme ressource de base pour la viabilité du méthaniseur.

14e édition du Marathon du vignoble

4 280 inscriptions, 1 100 bénévoles et 12 relais gastroviniques

Vigne

Publié le 22/06/2018

À leur arrivée et bien qu’exténués, tous les coureurs de la 14e édition du Marathon du vignoble d’Alsace (MVA) trouvaient l’énergie pour souligner l’extraordinaire organisation et le cadre exceptionnel de ce marathon qui, année après année, gagne en réputation internationale. Et ceci grâce notamment à l’ambiance festive portée par les vignerons des 17 villages viticoles traversés et leurs vins d’Alsace.

Avec 4 280 inscriptions sur les trois disciplines, le 10 km, le semi-marathon et le 42,195 km de course à pied, et plus de 1 100 bénévoles, les chiffres du MVA ont de quoi donner le tournis ! Il s’internationalise : on vient du Danemark, de Belgique, d’Allemagne, et même du Québec pour user ses baskets sur l’asphalte du vignoble entre Molsheim et Marlenheim. Mais également pour se distraire avec des déguisements plus rigolos les uns que les autres. On y croise des pompiers, t-rex, ours, licorne, et bien sûr d’incontournables grappes de raisins.

Il faut dire que le vignoble de Strasbourg à Molsheim et à Marlenheim y met du sien pour faire de cet événement sportif un moment inoubliable. Douze relais gastroviniques attendaient cette année les marathoniens : « bretzels et sylvaner » à Dorlisheim, « kougelhof et pinot blanc » à Mutzig, « choucroute et riesling » à Molsheim, « tarte flambée et rosé » à Ergersheim, « saucisses grillées et pinot blanc » à Dahlenheim, « brioche et pinot gris » à Scharrachbergheim, « harengs et riesling » à Marlenheim, « knack et riesling » à Wangen, « munster et gewurztraminer » à Traenheim, « pâté en croûte et pinot gris » à Dangolsheim (37 km), « pain d’épices et muscat » à Wolxheim au 39e km.

Et en cas d’hypoglycémie, « mignardises et crémant » à Molsheim au dernier km… Qu’on se rassure, il y avait aussi le menu des marathoniens venus peut-être pour le fun, mais surtout pour la performance sportive : ravitaillement de tranches d’orange et de bouteilles d’eau. Bref il y en avait pour tout le monde. Et même pour les plus jeunes le samedi 16 juin avec les courses chronométrées pour minimes, benjamins, poussins, pitchouns et microbes. En tout cas, le vin d’Alsace a encore démontré à l’occasion de cette 14e édition du MVA qu’il est du côté du sport, du bien-être et de la bonne humeur.

Millésimes Alsace

« En marche » vers le succès ?

Vigne

Publié le 14/06/2018

L’édition 2018 de Millésimes Alsace et ses salons « off » ont réservé bien des surprises, traduisant une volonté pour le vignoble de changer d’image et de méthode pour promouvoir ses vins d’Alsace.

Cette édition se traduit par de nouvelles méthodes des familles professionnelles dans la communication et le marketing des vins d’Alsace. Des familles professionnelles visiblement soucieuses d’enclencher des dynamiques collectives. Si le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) se heurte à la difficulté de proposer à chacun des 800 metteurs en marché en vin d’Alsace une fenêtre de visibilité, reste que Millésimes Alsace s’inscrit désormais bien dans les rendez-vous incontournables des acheteurs et prescripteurs en vin. Selon les décomptes de Thierry Fritsch, du Civa, ils sont un peu plus de 900 à avoir répondu favorablement aux invitations de l’interprofession. Il faut dire qu’elle y met les moyens : autour de 200 000 €.

Le ton a été donné dimanche avec le groupe des 19 vignerons d’ACT (Alsace Crus & Terroir), réunis autour de Séverine Schlumberger, qui insiste sur l’impérieuse nécessité de positiver le discours des vins d’Alsace. Dans les salons du Bristol, ACT avait axé sa dégustation sur les gewurztraminers avec des accords gastronomiques réalisés par Olivier Nasti.

Verres noirs et chaussettes pour les jeunes vignerons

Non loin de là, au château Kiener, les jeunes vignerons indépendants bousculent les codes et les ordres établis en proposant six tables de dégustation de vins classés par génétique géologique. Mais la dégustation s’effectue totalement à l’aveugle et en verre noir. Il faut ensuite recourir à une liste annexe, et seulement après avoir dégusté, pour connaître les auteurs des vins. Pas de dégustation d’étiquette donc et la logique terroir avec le plus d’objectivité possible, sans préjugé de chapelle.

Autre grande surprise dans le cadre prestigieux du Koïfhus : les Grandes Maisons d’Alsace rassemblées au grand complet - ce qui ne s’était plus vu depuis longtemps, souligne-t-on - traduit la nouvelle dynamique enclenchée au sein des vignerons-négoçiants en vins d’Alsace. Chacun avait apporté « un riesling du siècle dernier », souvent des pépites des millésimes 1964, 1969, 1988, 1990… et notamment le millésime 1996. Une proposition révélant les caractères immuables et intemporels des terroirs à vins d’Alsace, de quoi là aussi séduire les dégustateurs. Le sourire radieux sur les visages des vignerons-négociants en disait long sur la satisfaction d’avoir réussi à se rassembler autour de ce projet de démontrer la capacité de garde des rieslings d’Alsace, et d’avoir été fédérés par leur président Pierre Heydt-Trimbach, pour qui le riesling est le cépage le plus traceur des terroirs.

Le soir, place aux DiVINes d’Alsace dans les dépendances du domaine de Céline et Isabelle Meyer à Wintzenheim : le cadre superbe du domaine Josmeyer a servi d’écrin aux accords mets-vins concoctés par les DiVINes.

Le nouveau logo

Lundi, le salon proprement dit au Parc expo de Colmar a également réservé son lot de surprises, avec en point d’orgue à 11 h, le nouveau logo VA - Vins d’Alsace dévoilé sur écran géant, sur une vidéo et des images signées Sergey Tsoller, auteur du film L’invisible et Greencub-production. Résolument dynamique, moderne, volontariste, « une marque forte, collective, à la hauteur de l’ambition du renouveau des vins d’Alsace », résume Didier Pettermann, président du Civa. Lui et Gilles Neusch rappelaient l’important travail préliminaire d’audit de la profession pour qu’une forme d’unanimité se dessine autour du développement de ce logo. Il réussira à s’imprégner dans les esprits lorsque les initiales VA suffiront à identifier la marque Vins d’Alsace.

Les vidéos