Auteur
Image

DL

David Lefebvre

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

VitiVina. Comptoir agrosphère vigne 2018

Glyphosate : des alternatives plus coûteuses

Vigne

Publié le 30/07/2018

L’équipe technique de VitiVina a voulu explorer toutes les alternatives possibles au glyphosate. Alternatives dont il ressort une constante : toute solution de remplacement - désherbage mécanique, désherbage robotisé, désherbage chimique naturel ou de synthèse - va augmenter plus ou moins significativement les coûts de production du vin d’Alsace. Une mutation technique qui n’arrive pas vraiment à point nommé pour la viticulture alsacienne, en proie à un marché très concurrentiel des vins de cépages rhénans et à une baisse significative des cours du vin en vrac, quand il trouve preneur… Ce qui aura aussi un effet de ricochet sur le cours du raisin, qui en dépend en partie. Emmanuel Kropp, directeur de VitiVina, confirme : « L’activité de courtage est très réduite, une certaine inquiétude a gagné le vignoble. Et on peut le constater à travers l’état de certaines vignes. »

Sans glypho : trop de confiance ?

L’organisation des ateliers Agrosphère Vigne, rendue extrêmement difficile - selon Philippe Kuntzmann, responsable technique de VitiVina - en raison d’impondérables administratifs, douaniers, techniques et même accidentels, préfigure-t-elle des conséquences de l’abandon programmé du glyphosate ? En tout cas, il a fait part de ses craintes, en guise d’introduction devant les 240 vignerons venus à Kirchheim le 18 juillet dernier. Car cette question ne tient finalement qu’à une promesse présidentielle, celle « d’un président confiant », commente Philippe Kuntzmann. Et dont on sait aujourd’hui ce qu’il peut advenir des excès de confiance…

Six mois n’auront pas suffi à préparer cette journée de démonstrations innovantes à cause des défections de dernière minute. Retour donc « au bon vieux travail du sol 2.0 avec rasettes et rouleau émotteur qui, sans faire preuve d’innovation, fonctionnent et sont sans cesse améliorés », prévient Philippe Kuntzmann. « Un autre enseignement est que nous devons réfléchir, avec la collaboration des viticulteurs, à des plateformes d’essais sur lesquelles on pourrait tester des itinéraires dans la durée », propose-t-il. Car la révolution du « sans-glyphosate » ne se fera pas sans les viticulteurs. L’occasion de remercier Clément Heckmann, Pascal Heitz, Thierry Kuhn et Bertrand Siefert pour Kirchheim, le domaine Kappler, Bernard Vontrat et Alain Kuehn pour Sigolsheim, qui se sont associés aux expérimentations. Ces dernières vont devoir être « efficaces » pour trouver des itinéraires techniques proposant des alternatives performantes au glyphosate. Car n’oublions pas que ce produit est arrivé sur le marché il y a 50 ans, à une époque où il y avait encore de la main-d’œuvre agricole abondante pour piocher la vigne.

En attendant, d’ici les vendanges, l’équipe de Philippe Kuntzmann proposera des « rendez-vous qualité », de façon à aborder la récolte dans les meilleures dispositions œnologiques. Pour l’heure, la situation sanitaire est globalement bonne. « Nous avons fait le choix du fosétyl plus dosé et en deux voies », indique-t-il, c’est-à-dire associé à un fongicide. Un choix qui s’est avéré efficace cette année quand d’autres solutions ont vu leur rémanence un peu limitée car diluée par la forte pousse végétale.

Désherbage chimique : des alternatives plus coûteuses

Il y avait huit modalités testées cette année à Sigolsheim, qui permettaient de comparer des stratégies « de contact foliaire chimique » sans glyphosate. Cinq avaient pour base une première association Stratos, un antigraminée, et Sorcier, un antidicotylédone, en première application car le délai avant récolte est de 90 jours. Une première application reprise un mois plus tard, selon les essais, par différentes modalités à base de Spotlight, Fusilade, Foen, Boa, ou Beloukha. Au final, le coût est multiplié au mieux par 2,5 et jusqu’à 6 fois, comparé à du Roundup seul, appliqué en une seule fois, indique Sylvain Boulay. « Si globalement, on arrive à gérer les graminées, l’absence de glyphosate risque de poser des problèmes vis-à-vis des dicotylédones, ce qui imposerait de multiplier les passages, car le stade de l’adventice est très important pour avoir l’efficacité. »

SCDC : Absorber la dilatation des fils

Chez SCDC, on propose un tuteur en forme de U, dont la stabilité est idéale face aux palpeurs d’intercep un peu musclés ! De surcroît, il propose une agrafe pour tenir les fils palisseurs hors du sol. SCDC propose en outre un tendeur de fil : « Il se dilate de 4 - 5 cm par 100 m », ce qui a pour effet de faire travailler l’ensemble, les poteaux, les amarres, d’où le tendeur qui permet d’absorber la dilatation des fils.

Retrouvez cette journée en vidéo :

 

L’expérience de Florian et Mathilde Beck-Hartweg

Vigne

Publié le 29/07/2018

« Le focus de cette journée Déphy Tour porte sur les traitements phytosanitaires, mais on ne peut pas occulter tout le travail effectué en amont », introduit Florian Beck-Hartweg, vigneron à Dambach-la-Ville, avec son épouse Mathilde.

« Historiquement, mes parents étaient sous le cahier des charges en viticulture intégrée Tyflo, mais nous avions le sentiment d’être arrivés au bout d’un système. À mon arrivée, nous avons donc défini des objectifs : vivre de notre passion, garder une viabilité sur une petite structure afin de rester au contact de la vigne, et passer en bio avec un idéal écologique, celui de diminuer les passages de tracteur et les doses de cuivre ». Mais tout ceci demande des moyens, poursuit Florian Beck-Hartweg. Il faut donc pouvoir valoriser les vins. Or « la valorisation n’est possible qu’à travers une recherche de personnalité dans les vins, liée au lieu, au terroir et au vigneron. Donc, ce qui compte pour nous, c’est la santé des sols, qui permet d’exprimer cette personnalité, d’avoir des rendements faibles, et de réaliser beaucoup de travaux manuels. »

La valorisation du vin nécessite un certain travail à la vigne. Mais ce travail nécessite de la valorisation comme source de financement. « Nous avons donc considéré le travail manuel et la baisse de rendement non pas comme une perte d’argent mais comme un investissement. Du coup, ça a permis d’augmenter la valorisation, puis de travailler plus précisément à la vigne, et nous sommes rentrés dans cette logique. »

Concrètement, « notre base c’est la santé des sols. Nous sommes en enherbement total spontané, avec une scarification au printemps pour initier la minéralisation des sols. Le couvert est roulé pendant l’été pour protéger le sol des agressions climatiques. Un sol vivant et un enracinement profond nous permettent de rechercher cette originalité et cette personnalité souhaitées ». Florian et Mathilde recherchent une « vigueur modérée », avec laquelle ils disent obtenir « une vigne naturellement plus résistante ». Cette question de vigueur est selon Florian « capitale pour une bonne résistance aux maladies car elle confère plus de précocité, d’aération… »

Au niveau des travaux en vert, « nous ébourgeonnons, le palissage est manuel pour éviter les entassements de feuillage. Il n’y a pas de rognage, les cimes sont tressées pour deux raisons : le rognage favorise les entre-cœurs sensibles aux maladies, il retarde le départ en maturité. Sans rognage, on obtient des vins plus complexes et moins alcooleux-sucrés. Et le rognage induit un stress et rend la vigne sensible aux maladies ».

S’agissant des traitements, les vignerons appliquent beaucoup de préparations à base de plantes prélevées dans leurs vignes : ortie, prêle, achillée, consoude, pissenlit. « Le cuivre intervient en dernier recours. » En détail, pour la campagne 2018, cela donne un « T1 le 18 mai avec 200 g de cuivre, 7 kg de soufre, 5 l d’ortie et 4 l de tisane de prêle, puis un T2 le 30 mai avec 225 g de cuivre, 7 kg de soufre, 9 l d’ortie, 7 l de consoude, 6 l de prêle et d'achillée, et un T3 le 10 juin avec 300 g de cuivre, 8 kg de soufre, et du purin de prêle et d’achillée. Soit 725 g de cuivre métal au total. » Florian et Mathilde ont testé un essai sans cuivre sur 10 ares d’une parcelle de sensibilité moyenne qui, pour l’heure, « est impeccable au plan sanitaire. » Le même test sans cuivre sera effectué sur un hectare l’année prochaine.

Déphy Tour 2018. Étape à Rouffach

Objectif : mieux traiter

Vigne

Publié le 29/07/2018

Organisé conjointement ou même simultanément dans tout le Grand Est dans différentes filières, le Déphy Tour se tenait le 19 juillet à Rouffach, où de nombreux vignerons sont venus écouter les intervenants. C’est dans le cadre du plan national Écophyto, publié en 2015, qu’a été mis en place le réseau de fermes Déphy, devant servir de référence technique pour engager la révolution technique qui vise à réduire de 25 % d'ici 2020 et de 50 % d'ici 2025 les épandages de produits phytosanitaires. Une équation délicate pour la filière viticole alsacienne, qui cherche parallèlement par tous les moyens à réduire ses coûts de production, dans un contexte économique tendu…

Réduire l’IFT et donc la dose épandue

Constitué en 2012, ce réseau comprend, s’agissant de la viticulture alsacienne, deux exploitations : celle du lycée viticole et celle de Florian et Mathilde Beck-Hartweg. Concrètement, elles sont le lieu de démonstrations, d’expérimentations, et servent de référence à l’élaboration de systèmes économes en intrants. Dans l’ensemble des filières, à l’échelle du Grand Est, et entre 2010 et 2015, l’indice de fréquence des traitements (IFT) a baissé de 12 % pour les grandes cultures, de 30 % pour les cultures légumières en plein champ, de 6 % en arboriculture et de 17 % en viticulture. Rappelons que l’IFT se calcule à partir du rapport entre la dose réellement appliquée et la dose de référence, elle-même définie à partir de la dose homologuée. Pour diminuer l’IFT, et donc pour être plus économe en produits phytosanitaires, il faut donc diminuer la dose épandue dans l’environnement. Comment ?

Des panneaux efficaces mais encombrants

L’Écospray de Lipco, un pulvérisateur à panneaux récupérateurs, était présenté par les établissements Niess. L’Écospray revendique 40 % d’économie de produit phytosanitaire grâce à son système de récupération et de recyclage des bouillies. De 20 à 70 % en réalité sur l’ensemble de la campagne en fonction de la densité de feuillage. Relativement encombrant, ce pulvérisateur dispose en outre de réglages hydrauliques sur la flèche. Le double essieu et les rampes/panneaux de pulvérisation lui permettant de rester parfaitement centré sur le rang de vigne. La démonstration a fait état d’un confinement parfait de l’application, sans aucune dérive.

Quali’Drop

Une autre solution, plus accessible pour réduire l’IFT, consiste à bien régler les pulvérisateurs, de manière à ce qu’un maximum de produit atteigne sa cible. C’était l’objet de l’atelier consacré à Quali’Drop de Syngenta, un banc d’essai d’évaluation de la bonne répartition de la pulvérisation. Le panneau cible permet de visualiser la bonne qualité du « mouchetage » révélant les impacts de gouttelettes et leur bonne répartition sur l’ensemble du plan de palissage de haut en bas. Et donc de régler en conséquence les buses et leur orientation pour éviter la dérive au-dessus du palissage et les pertes au sol.

Drones : des avancées techniques à attendre

Une autre voie d’avenir pour réduire le recours aux intrants réside dans la viticulture de précision afin de ne traiter que les zones touchées par les maladies ou les ravageurs. Au stand consacré aux drones, Arnaud Sohler, fondateur de la société AéroVision, présentait plusieurs engins équipés de caméras. L’état de la technologie des caméras dites multispectrales permet d’apprécier la vigueur, les stress hydriques, les pieds manquants et l’état de maturation pour les cépages rouges. Dans un avenir proche, on peut espérer qu’elles renseignent également sur les attaques fongiques. De manière à pouvoir ensuite cibler les traitements par drone sur la zone géoréférencée : c’était l’objet de l’autre démonstration proposée par Frédéric Billard, de la société Europulvé, spécialisée dans le contrôle des pulvérisateurs, et qui s’intéresse désormais aux drones de traitement. L’originalité de l’aéronef DroneVolt, présenté ce jour-là, réside dans le mode de traitement, avec une cuve à produits sous pression, donc sans pompe embarquée. Les premières applications concernent le maïs, avec la dispersion de capsules de trichogrammes pour lutter biologiquement contre la pyrale.

Nous reviendrons ultérieurement sur le bilan de l’observation des flux de cuivre dans l’environnement à partir d’un dispositif mis en place sur une parcelle de l’exploitation du lycée, sur un exposé de Sylvain Payraudeau, de l’Engees, et sur le point proposé par Alfred Klinghammer sur les pollutions diffuses de produits phytosanitaires dans l’air, les mesures de surveillance et les prescriptions à venir sur ce dossier.

6e édition du prix de l’innovation

Des étoiles pour Costral

Technique

Publié le 28/07/2018

S’il met en évidence les tendances économiques, techniques et même sociologiques de la viticulture et de l’agriculture alsacienne, ce prix démontre un dynamisme très innovant des acteurs économiques des filières des vins et de l’agriculture alsacienne : fournisseurs, constructeurs, tant d’ailleurs dans les domaines classiques de la mécanique, que des services et du marketing.

Que dire de ces tendances ? Un effort significatif est proposé dans l’innovation du marketing, de l’habillage et du conditionnement des vins, traduisant une nécessité impérieuse de rajeunir l’habillage des vins d’Alsace et de libérer la créativité. Étiquettes, bouchons, impression d’étiquettes, capsules de surbouchage : cinq des 11 innovations présentées proposent de quoi revoir de fond en comble son habillage de bouteille pour une meilleure valorisation sur le marché. Véritable signe des temps : les techniques innovantes d’habillage frappent à la porte des vins d’Alsace…

Une autre tendance est véritablement agronomique avec une prise en compte des nouvelles exigences environnementales visant à améliorer la fertilité naturelle des sols ou la protection des cultures : bineuse intercep rotative, épandage de compost en prestation rendu à la parcelle et épandu, nouveau tracteur surbaissé et léger, station météo connectée, et outils d’entretien des espaces verts et vigne électroportatifs.

Enfin en œnologie, une innovation était proposée pour améliorer la qualité de l’égrappage des raisins.

Comme pour les éditions précédentes, le jury s’est montré sensible aux innovations alsaco-alsaciennes. En 2016, c’était la greffe F2 de Christophe Hebinger, qui avait été couronnée. Et en 2017, le tracteur Carraro Tony 9800SR avait beaucoup de « sang alsacien » grâce au génie inventif d’Étienne Berger. En 2018, ce sont les établissements Costral à Riquewihr qui obtiennent un prix qui vient récompenser la success-story de cette PME alsacienne produisant des groupes d’embouteillage. Les groupes d’embouteillage peuvent désormais, y compris sur des modèles de petite cadence, admettre différents formats de bouteille sans avoir à changer les étoiles dans lesquelles les bouteilles s’insèrent sur la ligne. C'est un dispositif inédit sur ces machines de petite cadence qui sont très compactes, ce qui complexifie la possibilité d'intégrer cet équipement en réduisant suffisamment la mécanique tout en garantissant longévité et robustesse. Les étoiles s’ajustent sans outil. Leurs pinces s’adaptent à des diamètres de 62 à 110 mm et assurent le maintien et le centrage de la bouteille lors de chaque transfert vers la boucheuse et la tireuse. Au final, le vigneron ou l’opérateur embouteilleur y trouveront plus de souplesse dans l’offre de conditionnement à proposer sur le marché des vins d’Alsace.

Un prix reflétant là encore une tendance de diversification des conditionnements, répondant à des consommateurs, tournés vers des produits de moins en moins standardisés. Bravo à l’équipe Costral qui démocratise l’accès technique des vignerons en matière d’embouteillage.

Institut d’État de la viticulture à Fribourg

Drones, conduite assistée et robots en démonstration

Vigne

Publié le 27/07/2018

Toujours prisées des viticulteurs alsaciens, les démonstrations du Deutsch Weinbauinstitut (WBI Freiburg) avaient pour thème cette année les hautes technologies : drones, engins télécommandés, capteurs, GPS…

L’institut de Freiburg s’est procuré un drone de traitement DJI Agras MG-1S. (Voir notre article « une drone de révolution se prépare », publié le 12 décembre dernier). Objectif : en évaluer son efficacité et acquérir des références en vue de faire évoluer la législation allemande sur les aéronefs en agriculture.

Chez Clémens était présenté le C-Control, premier dispositif qui centralise simultanément dans un joystick toutes les commandes de transmissions depuis le tracteur à des engins animés - prises de force, sorties hydrauliques, relevages avant et arrière - avec mémorisation des commandes pour faciliter les manœuvres en bout de rang.

La firme suisse Aebi, surtout spécialisée dans l’outillage d’entretien des espaces verts en forte pente et des terrains de sport, proposait un porte-outil radiocommandé, à centre de gravité particulièrement surbaissé pour les pentes les plus raides. Ce porte-outil fonctionne avec des batteries lithium-ion. L’originalité de la présentation résidait dans le capteur couplé à ce porte-outil. Le Row Crop Pilot est développé par la société allemande RobotMakers. Il permet d’autoguider l’engin grâce à un balayage laser et à un système de traitement des données de reconnaissance de formes lui permettant de circuler sans assistance humaine dans les rangées de vigne. Il était couplé à un chien-porteur Niko sur chenillettes.

Chez Fendt, le Vario 210 VA était équipé du système d’autoguidage PSR de Reichhardt électronics, qui présente l’originalité de coupler le GPS et des senseurs (palpeurs mécaniques ou capteurs ultrasons) pour plus de précision de guidage.

Deux autres outils d’aide à la décision étaient présentés dans les locaux du WBI : Vitimeteo Plasmopara, un modèle d’estimation du risque maladie développé par l’Agroscope et le WBI, et Weinmannpro, un logiciel de gestion et de traçabilité en cave.

Retrouvez cet événement en vidéo :

 

Événements DiVines & Vous 2018

La magie des DiVines enchante

Vigne

Publié le 27/07/2018

Elles sont vigneronnes, chercheuses, sommelières, œnologues… Ce sont les DiVines d’Alsace, cette association qui œuvre avec sa touche féminine dans l’événementiel autour du vin d’Alsace. Et qui réussit tout ce qu’elle entreprend grâce à cette fraîcheur féminine permettant d’aborder les vins d’Alsace avec délicatesse et sous un regard nouveau.

Parmi les événements proposés par l’association, le désormais traditionnel et attendu rendez-vous estival DiVines & Vous, intitulé cette année « La magie du Vin ». Les DiVines ont proposé sept rendez-vous semi-nocturnes dans sept domaines viticoles du vignoble : des soirées animées par le magicien mentaliste Tibo Fino et décorées par Caroline Fischer. De table en table, le magicien proposait des tours, entrecoupés de dégustations mets et vins imaginées par les DiVines, et une présentation de chaque vin.

Parmi ces rendez-vous, le 18 juillet, c’était au tour du domaine de Céline et Yvan Zeyssolff à Gertwiller d’accueillir les convives, une soixantaine au total, qui se sont prêtés avec délectation, et souvent stupeur, aux tours de passe-passe extraordinaires du magicien. Dans le cadre exceptionnel de ce domaine, croqué par le dessinateur Laurent Bessot, Céline Zeyssolff présentait ses vins, accompagnée de Marion Borès, vigneronne à Reichsfeld, et de Mathilde Beck-Hartweg, vigneronne à Dambach-la-Ville. Les trois DiVines avaient cuisiné elles-mêmes la plupart des mets accompagnant les vins. Une réalité bien agréable après des illusions tout aussi agréables.

Une œnothèque à Reichsfeld et Bernardvillé

Peu de moyens, peu de temps, beaucoup de volonté

Vigne

Publié le 23/07/2018

« Nous n’avions que peu de moyens car nous sommes un petit syndicat viticole pour les deux communes de Bernardvillé et Reichsfeld, et peu de temps, soit le soir éventuellement après les vignes », explique Arthur Bohn, jeune vigneron à Reichsfeld. Mais à force de volonté et de persuasion, ce sont les deux villages qui se sont investis dans la construction de leur œnothèque. Les vins du cru éliront domicile dans une cave aménagée de l’école municipale de Reichsfeld : « C’était une cave qui servait de débarras pour l’école ». Les travaux ont commencé il y a 3 ans. Le crépi des murs a été retiré pour laisser les pierres apparentes, le fond a été décaissé pour être remplacé par du gravier. « Il y a beaucoup de récupérations, souligne Arthur : un évier en pierre de taille trouvé sur Le bon coin, avec un riwerla en guise de robinet, des pierres de l’ancienne place de l'église et une grille en fer forgé provenant du cimetière, découpée, ressoudée ».

Au final, le résultat a plutôt fière allure, digne des plus belles œnothèques qui fleurissent actuellement dans les villages viticoles alsaciens pour accompagner cette transition des vins de cépage vers les vins de terroir, portée par la nouvelle génération.

À Reichsfeld et Bernardvillé, il y en a trois qu’on ne peut plus manquer désormais, car les vignerons y ont mis des pancartes : Le Schieferberg, reposant sur des schistes, l’Eichelberg et le Sohlenberg. Les schieferbergs sont les plus connus notamment depuis qu’un riesling, il y a plus d’une dizaine d’années, a obtenu la grande médaille d’or au concours Riesling du monde. Le vin acheté par un négociant avait été présenté sans prétention… Mais depuis, le terroir aiguise les appétits de vignerons en recherche de vins tendus, droits et exprimant de fortes morphologies gustatives.

Désormais est venu le temps pour les jeunes vignerons de remplir cette œnothèque. Chaque année donc, ils sont une quinzaine à se réunir pour sélectionner les meilleures cuvées, dans une dégustation totalement à l’aveugle. Quand un vin est sélectionné, 12 bouteilles sont conservées. « Cela nous servira aussi pour la commission premier cru », explique Arthur Bohn, car lui et ses confrères font cause commune pour tenter de faire reconnaître le Schieferberg en premier cru par l’Inao. Et ils font en sorte de rassembler tous les arguments convaincants à cette fin. D’ailleurs, le syndicat viticole s’est financé un verre, spécial schieferberg, estampillé, et de marque Riedel. Si l’idée avait a priori suscité çà et là quelques réticences, « même les vignerons en commandent pour leur cave désormais », souligne Arthur.

Avec cette œnothèque, ils sauront d’où vient le schieferberg, la marque de son terroir et son expression dans le temps.

Jeunes vignerons indépendants d’Alsace

« Pour que nos vins fassent rêver, il faut qu’on rêve »

Vigne

Publié le 21/07/2018

Ils ont une conscience environnementale plutôt aiguë, ils préfèrent des vins plutôt décarbonés, c’est-à-dire exprimant peu les typicités de cépages et plutôt sans sucrosité résiduelle, et ils misent sur du vin exprimant fortement la personnalité de son auteur : « Le but n’est pas de standardiser et que tout le monde se ressemble, au contraire, nos différences sont des richesses », expliquent les Jeunes vignerons du Synvira. Mais leur propos sur le « respect de la diversité » vise aussi à « éviter les logiques frontales intergénérationnelles », car au final, « le but est que l’Alsace réussisse et que chacun y trouve sa place ».

Le groupe présentait ses vins chez Victor Roth, à Soultz, à des journalistes guidés dans le vignoble alsacien par l’interprofession et l’agence de communication Rouge Granit, les 10 et 11 juillet derniers. Des vins de forte personnalité avec si possible l’empreinte géologique du terroir. Au départ, le Civa avait approché trois jeunes vignerons, dont Victor Roth, pour rencontrer ces journalistes. Mais à son initiative, Victor Roth a préféré que cette visite de presse en Alsace profite à l’ensemble du groupe des jeunes. C’est un autre trait de caractère de cette génération. Solidaire quand il s’agit d’argent collectif.

Désireuse de « passer à autre chose »

Ils se sont donc mobilisés pour présenter un panel de vins représentatifs de cette nouvelle génération de vignerons qui fonctionne différemment, désireuse de « passer à autre chose », souligne Denis Hébinger, tant au plan sociologique qu’environnemental.

Extrêmement dynamique, attachée à son indépendance pour mieux exprimer ses personnalités, cette génération de jeunes vignerons revendique l’élaboration de vins éloignés du classicisme alsacien : des vins sans sucrosité apparente, plutôt vineux et minéralisés, plutôt que typés cépage.

« Ce qui nous importe c’est de communiquer sur le terroir », explique Denis Hébinger. « On rentre chez un caviste, on y voit une bouteille dans le rayonnage, et on est incapable de dire d’où vient cette bouteille », développe Mathieu Deiss. « Donc on va faire une carte des crus. Peut-être cette carte est-elle un « acte politique » au regard du projet de hiérarchisation en cours, mais elle est surtout « un outil pour le grand public, partant du constat que chez le caviste, globalement, le consommateur est incapable de situer d’où vient une bouteille, alors que pour n’importe quelle bouteille de bourgogne, on sait d’où elle vient », poursuit le jeune vigneron.

« Comment donner envie à des producteurs de s’inscrire dans un cadre s’il n’existe pas, s’il n’a pas de réalité ? », interroge-t-il. Et le fondement du cadre, ce sont les 119 communes du vignoble habilitées à élaborer du vin d’Alsace : « Un lieu-dit, s’il n’a pas de commune, c’est compliqué. Nous avons donc nommé un référent par village. Le but est aussi de discuter des terroirs, que nos villages puissent partager ces informations ».

Un groupe foisonnant

Le groupe se dit « foisonnant, avec plein de projets dans ses cartons ». Mais il fonctionne comme un collectif plutôt qu’en association : « Celui qui a une idée la porte. » Ce fonctionnement a déjà accouché de quelques événements retentissants qui ont apporté un souffle de fraîcheur dans le vignoble. « L’idée du partenariat avec les Étoiles d’Alsace, dans le cadre de la formule jeune, était portée par Arnaud Baur », explique Denis Hébinger. Ce qui a donné lieu à l’événement aux Haras de Strasbourg, et permis de capter un public jeune jamais rencontré jusque-là… Les jeunes vignerons ont d’autres projets : Ils se réunissent régulièrement chez l’un ou l’autre avec un intervenant-formateur. « L’idée est que les jeunes qui s’installent aient des relais, partagent des informations, sur des sujets comme la succession, le droit rural, le packaging, la communication non violente en entreprise familiale… »

Attaché à son indépendance, chaque vigneron du groupe a démarché deux entreprises susceptibles de le sponsoriser. Résultat, il disposera d’un budget de fonctionnement et donc d’une autonomie décisionnelle et d’action. On devrait retrouver certains de ces jeunes vignerons et leurs vins, le 28 juillet prochain à la Villa Tschaen, une galerie d’art de Colmar.

Foire aux vins de Barr

Des inquiétudes et des espoirs

Vigne

Publié le 20/07/2018

« Le vignoble d’Alsace est un petit vignoble qui devrait pouvoir valoriser sa production sans trop de difficultés surtout après des années de récoltes déficitaires », explique Gilbert Leininger. Or, observe-t-il, « les cours du vrac stagnent malgré des petites récoltes, les ventes sont en baisse de 8 % sur les trois dernières années. Et en suivant l’actualité viticole alsacienne, c’est le pessimisme qui gagne ».

Dans ce ciel assombri, il voit cependant un motif d’optimisme : « Depuis très longtemps nous n’avions plus un tel potentiel avec des grappes bien formées après une floraison parfaite. La vigne est belle et en bonne santé, les premiers grains commencent à se colorer ce qui est d’une précocité historique. » Et « l’Alsace a besoin, selon Gilbert Leininger, de cette récolte pour se refaire une santé après des années difficiles et pour renflouer les trésoreries de nos entreprises qui sont de plus en plus serrées. Certains vignerons commencent à avoir de vraies difficultés financières ».

… Et des difficultés aussi dans l’accomplissement de leur travail : « La lourdeur administrative pèse de plus en plus sans parler des relations « phyto-riverains » qui deviennent de plus en plus tendues avec le projet d’une « zone de non-traitement » à proximité des habitations ».

Le premier adjoint a toutefois délivré un satisfecit au comité interprofessionnel engagé dans un travail de rajeunissement de l’image des vins d’Alsace « en développant une nouvelle identité et une nouvelle campagne de communication ». Plus que jamais, il a appelé le vignoble à « conjuguer ensemble ses forces et ses différences pour que demain les vins d’Alsace puissent toujours et encore susciter du désir, du plaisir et de l’émotion ».

Alsace destination tourisme (ADT)

Plus d’ingénierie pour un tourisme alsacien attractif

Pratique

Publié le 15/07/2018

L’assemblée générale d’Alsace destination tourisme (ADT) se tenait à Andlau le 26 juin dernier. Deux ans après la fusion des deux entités départementales en 2016, ADT est aujourd’hui sur les rails pour mettre en place son plan stratégique 2017-2021. Il s’appuie sur cinq défis : mieux répondre aux attentes, améliorer le ressenti émotionnel (l’expérience client en marketing), mieux répartir les visiteurs sur le territoire, et garantir la qualité des prestations dans ce secteur du tourisme alsacien qui fait bonne figure.

Avec 4,9 millions d’euros (M€) de produits d’exploitation, pour 4,65 M€ de charges d’exploitation, le compte de résultat de l’exercice 2017 fait apparaître un excédent de 258 000 euros. Institution en « bonne santé financière », s’est félicité son président, Max Delmond, l’ADT déménagera de la zone de la Meinau pour intégrer l’Hôtel du Département.

Marc Levy, son directeur général, a présenté le bilan d’activité, secteur par secteur. Dans le domaine du vélo, l’Alsace comprend 50 boucles locales en ligne, dont 28 disposent également de carnets. Les circuits balisés sont équipés de relais infos services, des panneaux d’information qui invitent à se balader dans le territoire. Avec sa « belle densité de pistes cyclables », l’Alsace est désormais bien positionnée en Europe.

Côté œnotourisme, c’est le slowUp avec ses 44 000 participants en 2018, aujourd’hui autonome avec sa propre association, qui fait la fierté d’ADT. L’autre important projet consiste à labelliser « Vignoble et découverte » l’ensemble de la route des vins d’Alsace. Pour l’heure, seules quelques portions le sont. Toujours dans le vignoble, l’assemblée générale avait invité Alfred Hilger, maire de Mittelbergheim, pour commenter sa deuxième place au concours du village préféré des Français : « Nous étions à cent lieues de savoir ce que ça représente, on a bien joué. Nous travaillons à résoudre nos soucis de parking et de stationnement », a indiqué l’édile. La bière constitue également un point d’attraction, ADT a lancé le portail Au gré des bières pour le tourisme brassicole. Tout comme d’ailleurs la gastronomie alsacienne pour laquelle ADT accompagne une quarantaine de manifestations réunies au sein de la fête éponyme. Mais le tourisme en Alsace, ce sont également les châteaux forts, les hauts lieux de mémoire comme Hartmannswillerkopf, qui a accueilli en 2017 les deux présidents français et allemand. Un projet de route européenne des fortifications à l’échelle du Grand Est est ainsi à l’étude.

Expertise, accompagnement, conseils

Pour appliquer son plan 2017-2021 visant à améliorer la qualité de l’offre touristique alsacienne, ADT avec ses 42 salariés permanents compte renforcer l’ingénierie qu’elle propose aux acteurs touristiques. ADT exerce des missions d’accompagnement, d’expertise, de conseils, de rédaction de cahier des charges pour le compte des communautés de communes, des expérimentations, recherche des partenaires pour la reconversion de friches militaires, médicales, elle analyse par exemple les forces et faiblesses des stations de ski… Citons le VVF d’Albé, le Markstein, Issenheim, ou encore le projet de l’Oisium à Vœgtlinshoffen ou encore des études pour les fermes auberges sur leurs ressources en eau, leur autonomie en énergies renouvelables et les attentes des touristes en matière de services futurs.

Mise en réseau ou labellisation, ADT est intervenue pour animer par exemple l’amicale des Logis d’Alsace ou pour travailler à la création du label Clévacance d’hébergement chez l’habitant, ou encore le label des villes fleuries. Autre réseau accompagné par ADT, le club des sites : « Les grands sites de visites payants travaillent en réseau sur différents sujets comme la sécurité, la consultation concertée, les échanges d’astuces et de bonnes pratiques », a précisé le directeur d’ADT.

Les vidéos