La FDSEA et les JA interpellent les députés LREM du Bas-Rhin
Des paroles… et des actes
La FDSEA et les JA interpellent les députés LREM du Bas-Rhin
Vie professionnelle
Publié le 23/02/2018
La réunion demandée samedi matin par les agriculteurs de la FDSEA et des JA du Bas-Rhin avec les députés La République en marche (LREM) du Bas-Rhin avait valeur de test. Ils avaient besoin de vérifier que les députés de la nouvelle majorité présidentielle leur prêtent une oreille attentive. Et lors de la conclusion de l’entrevue, tous affichaient leur satisfaction : « Cette réunion est la preuve que vous vous souciez de l’agriculture », a souligné Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin.
Mais, soulèvent-ils, l’écart ne cesse de grandir entre les discours d’intention du président Macron et les actes. En particulier sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018.
Rendez-vous était donc donné à la permanence de la députée Martine Wonner à Wiwersheim samedi 17 février. Où une bonne trentaine d’agriculteurs emmenés par leurs représentants syndicaux et professionnels - Franck Sander, Thomas Gillig, Véronique Klein, Denis Ramspacher, Gérard Lorber -, ont été accueillis par les députés LREM du département : Martine Wonner, Sylvain Waserman, Vincent Thiébaut, Thierry Michels et Bruno Studer.
La perte des avancées obtenues sous le gouvernement Valls
Les agriculteurs avaient obtenu du précédent gouvernement Vals quelques avancées pour faire converger le niveau de leurs charges sociales, liées au coût du travail, vers celui de leurs homologues européens. Il y avait le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et un allégement de 7 points des cotisations maladie. Ceci afin de réduire tant que faire se peut les importantes distorsions de concurrence sur les coûts de main-d’œuvre entre l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, et la France. Des distorsions d’autant plus fortes sur les filières de production où le coût du travail et les charges sociales afférentes impactent fortement le prix de revient. Il en va notamment dans le Bas-Rhin des multiples cultures spécialisées et maraîchères : houblon, tabac, asperges, fraises, légumes, etc.
En proposant de supprimer le CICE et d’augmenter la CSG (Contribution sociale généralisée), avec la contrepartie d’abaisser les niveaux de cotisations sociales, le gouvernement a mis le feu aux poudres. Car pour l’agriculture, le compte n’y est pas. Le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale leur est très défavorable. « Concrètement, le dispositif travailleur occasionnel soulageait le montant des cotisations, le CICE nous permettait 7 points de réduction. Comme on avait déjà abaissé les cotisations, il n’y a que peu ou pas de contreparties à attendre », explique Joseph Behr, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. Grosso modo, « le coût horaire est à 1,5 fois plus cher en France qu’en Allemagne. Il faudrait une contrepartie à la suppression du CICE pour le secteur agricole », martèle le directeur.
Mercosur : des accords qui sacrifient l’élevage français
Plusieurs autres sujets de grandes inquiétudes ont été évoqués. Les négociations en cours sur le Mercosur : il ne s’agirait pas que le gouvernement sacrifie l’élevage, la sécurité alimentaire et la filière bioéthanol sur l’autel des accords Mercosur, par des importations massives de viande issues d’élevages industriels sud-américains et d’éthanol brésilien.
Et s’agissant des États généraux de l’alimentation, là encore les discours laissent place à une réalité moins réjouissante. « Les distributeurs ont vite oublié » les engagements de la charte de bonne conduite, à en juger « les promotions scandaleuses, les erreurs et fraudes à l’étiquetage trop nombreuses… » Alors que les agriculteurs sont soumis à une charge de contrôles extrêmement lourde, qu’en est-il du contrôle de l’étiquetage, interrogent Thomas Gillig, président des JA, et Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA).
Accompagner et soutenir les transitions
Ce jeudi, les Jeunes Agriculteurs devaient être accueillis par Emmanuel Macron pour porter des messages forts « et factuels », ajoute Franck Sander : « Ne cédez pas au lobbying de la grande distribution. Regardez ce qu’ils sont devenus en moins de cinq ans et regardez ce que nous sommes devenus. » Des messages également aux sujets des phytosanitaires, craignant que la France ne soit en décalage par rapport à ses homologues européens. Et enfin, des messages positifs pour dire « que les agriculteurs sont prêts à relever les défis des transitions », précise Franck Sander. Mais encore faut-il qu’ils soient accompagnés et soutenus dans ces transitions, a souligné Véronique Klein, vice-présidente de la CAA.












