Exportation des vins vers l’Allemagne
D’extraordinaires potentialités et opportunités
Exportation des vins vers l’Allemagne
Vigne
Publié le 15/11/2018
Le marché allemand du vin, dominé dans sa distribution par le hard discount, ne laisserait que peu de place à la premiumisation. Mais à y regarder de plus près, les prix moyens des vins d’appellation sont en forte progression depuis trois ans, et les vins français occupent, face à leurs concurrents européens, le haut de gamme, chacun dans son segment de qualité.
L’intervention de Kaï Littmann, journaliste franco-allemand, chroniqueur tous les matins sur les ondes de France Bleue Alsace, confirme ces chiffres et ces tendances observées sur le marché allemand, où finalement les alsaces auraient une superbe carte à jouer. Pour peu qu’ils s’en donnent les moyens et abordent ces marchés avec des codes de consommation adaptés. C’est en substance, le message délivré par cet observateur avisé, lors d’une conférence proposée par la confrérie Saint Étienne, vendredi dernier.
Une excellente image
En réalité, outre-Rhin « l’image des vins d’Alsace est excellente, leur qualité est incontestée, elle est hautement compatible avec le goût des Allemands ». Cependant, Kaï Littmann cite le témoignage de Karl Keller, importateur à Nuremberg : « Leur image est vieillotte, poussiéreuse ».
L’Allemagne, dont on sait la réussite économique, dispose d’une « nouvelle génération de consommateurs aisés et audacieux. Ils ont les moyens, sont prêts à débourser sans compter, pour peu que le service soit à la hauteur. » Selon le journaliste, il s’agirait donc de « quitter les sentiers battus, pour conquérir cette jeune clientèle portée sur les vins fruités, légers » et sur les vins bios également. « Les Allemands ne savent pas qu’il y a du bio en Alsace. C’est dommage, vous passez à côté d’un potentiel énorme. »
Rajeunir les codes
Aborder le marché avec de nouveaux codes de consommation, sans pour autant « renier les identifiants traditionnels, essentiels aux vins d’Alsace : les colombages, la cigogne, les Vosges, énumère Kaï Littmann. Il est essentiel de préserver cette tradition, mais dans une interprétation plus moderne, plus dynamique, plus fun, adaptée aux réalités d’aujourd’hui. »
La solution : « Il s’agit de présenter une offre qui correspond à la clientèle qui rajeunit, à ses codes, à son langage, de comprendre son mode de vie. » Et il s’agit également d’aller à la rencontre de cette nouvelle génération des 29-55 ans « qui ne fréquente pas les salons de vins ». Alors où la rencontrer ? « Dans les centres de vacance sur les rivages du Nord, au bord de la Baltique, cite par exemple Kaï Littmann. Utilisez des germanophones qui connaissent les codes de communication allemands pour aller dans ces lieux. Votre argent dans les salons serait mieux investi en allant là où se trouve cette nouvelle clientèle. »
L’autre opportunité, selon Kaï Littmann, c’est le crémant, car les effervescents sont en plein essor et il y a une demande pour se positionner au-dessus des effervescents d’entrée de gamme. « Si j’avais à me positionner, je ferais le crémant en life style product. »
« Donc ne pensez pas que l’Alsace est vue comme une entité ringarde qui souffre de noms pas très français. En réalité on s’en fiche ! Et bénéficiez de cette image très positive de la France, d’excellence même. Allez là où les jeunes consomment et proposez un breuvage moderne, jeune et dynamique pour y prendre pied. »












