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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Filière maïs semences

Pourvoyeuse d’emplois

Cultures

Publié le 24/10/2016

Ils sont 50, de tous âges et de tous horizons. Ils, ce sont les 50 salariés intérimaires que Germa Alsace a recrutés pour le compte du Comptoir agricole. Parmi eux, il y a 25 % de femmes : « J’y tenais, elles apportent une certaine dynamique au groupe », confie Élizabeth Pracht, conseillère emploi chez Germa Alsace, qui a participé au recrutement de ce vivier de main-d’œuvre. En les regardant travailler, elle désigne un jeune homme, qui ne ménage pas ses efforts pour trier le maïs semences sur la table d’effeuillage : « Le travail l’a transformé, sourit-elle. Cela lui a permis de reprendre confiance en lui. »

Une belle victoire pour Germa Alsace, pour qui en plus du souci de rendre un service de qualité à ses clients, s’ajoute celui d’accompagner ses intérimaires vers l’insertion professionnelle. C’est pourquoi, tous les vendredis à 13 h, l’heure à laquelle l’équipe du matin cède la place à celle du soir, Élizabeth Pracht est venue à la rencontre des intérimaires, pour maintenir leur motivation et leur implication. Et c’est aussi pourquoi, à l’issue de leur mission, chaque salarié intérimaire en dressera le bilan avec une conseillère emploi de Germa Alsace, qui démarchera d’autres entreprises afin de leur trouver d’autres missions.

Un recrutement pointilleux

Mais arrêtons-nous sur celle-ci. Le partenariat entre Germa Alsace et le Comptoir agricole n’est pas une nouveauté : en 2014, Germa Alsace avait été missionnée par le Comptoir agricole pour recruter 12 personnes, puis 23 en 2015, et 50 cette année, dont 46 opérateurs de tri, deux caristes et deux opérateurs aux séchoirs. La nouveauté c’est que cette fois le Comptoir agricole a délégué à Germa la gestion des ressources humaines (fiches de paie, gestion des absences, des remplacements...). Sa proximité avec la Mutualité sociale agricole (MSA), dont elle émane, a facilité certains aspects. Ainsi, tout le personnel a passé une visite médicale sur site.

Le recrutement a débuté cet été. Pour trouver les personnes les plus adaptées aux tâches à effectuer, Germa Alsace a effectué des études de postes, a pioché dans son vivier d’intérimaires, et a procédé au recrutement de nouvelles personnes. Tous les canaux ont été utilisés : le bouche-à-oreille ; la mobilisation des partenaires de Germa Alsace comme Pôle emploi, les missions locales, les Conseils départementaux ; la diffusion d’offres d’emploi ; l’organisation de réunions d’information collectives, où les postes et les missions ont été présentés, et à l’issue desquelles des entretiens individuels ont été passés par les personnes intéressées.

Des valeurs au travail

Une fois que l’effectif de personnel requis a été atteint, les salarié intérimaires ont été formés : présentation du Comptoir agricole, de l’usine, des aspects de sécurité au travail… Et Germa Alsace est resté en contact avec eux jusqu’à ce que la mission démarre. Avant cela, toutes les personnes ont été vues et validées par le personnel encadrant de Germa Alsace et du Comptoir agricole. Pour pourvoir chaque poste de travail il y a donc eu un regard croisé afin d’y missionner la bonne personne.

Grâce à cette phase préparatoire, les responsables de Germa Alsace et du Comptoir agricole connaissent chaque salarié intérimaire individuellement, que ce soit d’un point de vue social ou professionnel, ce qu’apprécie particulièrement Matthieu Hamm, responsable de l’usine : « J’ai pu repérer les personnes les plus sérieuses. Je sais à qui je peux confier des responsabilités. Je peux leur dire que si je le fais, c’est parce qu’elles le méritent. Et ça les valorise. » Élizabeth Pracht confirme : « Au Comptoir agricole, il y a des valeurs, du respect et de la considération pour les salariés. Ils le ressentent et du coup ils sont parfois restés un peu plus longtemps à leur poste lorsque la cadence l’imposait. »

Une assistance à la gestion des ressources humaines

Marc Moser, président du Comptoir agricole, est également satisfait de la collaboration avec Germa Alsace : « Grâce au professionnalisme de Germa Alsace, nous avons bénéficié d’un recrutement ciblé, d’une formation des salarié intérimaires, qui a permis de leur mettre rapidement le pied à l’étrier. Le poste de tri et d’effeuillage est essentiel dans le processus de fabrication des semences. C’est un travail noble et, cette année encore, ça a très bien fonctionné. »

Déjà, Marc Moser voit plus loin : lui-même producteur de maïs semences, il sait à quel point cette culture est exigeante en main-d’œuvre. En outre, cette campagne a montré qu’en fonction des conditions météorologiques, les volumes horaires peuvent rapidement exploser : « Germa Alsace pourrait répondre à ces besoins en main-d’œuvre, à condition qu’ils soient préparés et anticipés. Et le Comptoir agricole pourrait faire le relais entre les producteurs et Germa Alsace. »

À noter aussi que Germa Alsace peut s’occuper de toute la gestion administrative des ressources humaines (contrats de travail, versement des salaires, visites médicales, gestion des EPI) pour le compte des agriculteurs employeurs de main-d’œuvre. Cette année, Germa Alsace a par exemple organisé une réunion d’information collective à destination des saisonniers pour le compte de la Cuma de Marckolsheim.

Betteraves à sucre

Pas épargnées par les calamités

Cultures

Publié le 23/10/2016

Cette année, le transport des betteraves a démarré le 21 septembre, deux jours plus tard, le 23 septembre, l’usine Cristal Union d’Erstein produisait ses premiers cristaux de sucre. Trois semaines après, le service agrobetteravier dresse un premier état des lieux : « Les résultats sont inférieurs à nos prévisions. Nous estimons désormais la récolte à 80 t/ha à 16°, contre 95 t/ha à 16° en moyenne ces cinq dernières années, soit une baisse de production de 15 % par rapport à une année moyenne », indique Laurent Rudloff, responsable du service. Une estimation qui cache d’importantes disparités en fonction des secteurs, de la structure du sol, de la pression en maladies, rhizoctone et cercosporiose.

Eau : le manque a suivi l’excès

Cette contre-performance s’explique par une succession de facteurs pénalisants : excès d’eau au printemps, manque d’eau en été, puis en automne, ce qui a empêché les betteraves de poursuivre leur croissance, et enfin, tout dernièrement, des températures plutôt froides pour la saison qui, elles aussi, bloquent la croissance des tubercules… « Un tel cumul de problèmes, c’est un phénomène rare », commente Michel Butscha. Ces facteurs pénalisants se retrouvent jusqu’à l’arrachage puisque, d’abord compacté par les excès d’eau printaniers, les sols ont ensuite durci sous l’effet du manque d’eau. Du fait de leur faible enracinement, les betteraves sortent néanmoins assez bien, de terre, sans trop de casse. C’est plutôt le matériel d’arrachage qui souffre, certaines pièces s’usant prématurément. « La tare terre est faible, par contre nous retrouvons beaucoup de feuilles sèches dans les silos, ainsi que des betteraves atteintes de rhizoctone brun », indique Michel Butscha. Encore des désagréments liés aux conditions difficiles de l’année.

Moins de pulpes

Le volume de betteraves à ramasser étant plus faible, la campagne s’annonce plus courte que d’habitude. « Nous avons déjà trois jours de chargement d’avance, donc nous prévoyons que la campagne sera terminée avant Noël », estime Laurent Rudloff. La baisse de rendement n’aura pas d’autre effet sur l’usine qu’une campagne écourtée. Par contre la disponibilité en pulpe sera moindre, « et encore plus sur la seconde partie de campagne », annonce Laurent Rudloff.

Une filière tournée vers l’avenir

Cette campagne en demi-teinte ne doit cependant pas décourager les planteurs : le groupe Cristal Union poursuit sa politique de développement, qui va se traduire en Alsace par une hausse de la surface betteravière de plus de 10 % en 2017 par rapport à 2016 (après une hausse de 6 % qui avait porté la sole betteravière à 6 750 ha en 2016). Une hausse obtenue grâce à la conclusion de contrats avec de nouveaux coopérateurs, mais aussi par le développement de la sole allouée à la betterave par des coopérateurs historiques. « Certes la betterave a souffert cette année, comme toutes les autres cultures, mais nous voulons continuer à aller de l’avant, en tirant les enseignements de cette campagne pour continuer à améliorer la performance, grâce à la génétique, les techniques de production et ainsi faire s’exprimer tout le potentiel de cette culture », affirme Laurent Rudloff.

Élevages de volailles et de palmipèdes

L’Influenza aviaire conduit à renforcer les règles de biosécurité

Élevage

Publié le 17/10/2016

Le 10 février 2016, un arrêté relatif aux mesures de biosécurité dans les exploitations de volailles est paru au Journal officiel dans le cadre de la prévention contre l’Influenza aviaire. Depuis le 1er juillet 2016 (sauf demande de dérogation jusqu’en 2018), les élevages de volailles sont soumis à un certain nombre de nouvelles règles : mesures de protection physique des élevages, instauration de la bande unique… Et tout détenteur de volailles doit pouvoir présenter aux autorités publiques un plan de biosécurité.

Pour aider les éleveurs à mettre en œuvre ces mesures sur leur exploitation, Costal organise des sessions de formation animées par le docteur vétérinaire Arnaud Schmitt, spécialiste des volailles. « Il s’agit d’une formation obligatoire et diplômante pour tout éleveur de volaille commercial », précise Mario Troestler qui, en accueillant une de ces sessions de formation le 10 octobre, s’est voulu rassurant : « Pour ceux qui sont soumis au cahier de charges de la production de poulet label, c’est surtout du formalisme, il n’y a pas grand-chose à faire de plus que ce qui y est inscrit ». Ce que confirme Arnaud Schmitt : « Pour les producteurs qui n’élèvent qu’une seule espèce de volaille, l’arrêté biosécurité ne va pas révolutionner leurs pratiques. Il s’agit surtout de les mettre sur papier, peut-être parfois de réorganiser la circulation. »

« Il est inenvisageable de vivre avec ce virus »

Car l’objectif principal de l’arrêté biosécurité, c’est d’instaurer des barrières entre les espèces. Il est donc désormais interdit de faire cohabiter des gallinacées et des palmipèdes, à moins d’unités de production totalement séparées et indépendantes. Néanmoins, ces mesures sont accueillies avec une certaine circonspection par une partie des éleveurs. Car pour eux, elles signifient la fin des petites unités de production et vont à l’encontre de la biodiversité et de la vente directe, prônées par ailleurs. Arnaud Schmitt est plus mesuré : « Ce n’est pas la fin des petites unités de production, mais il va falloir les gérer différemment : il faut des unités de production indépendantes, avec des barrières ». Car dans le récent épisode d’Influenza aviaire qui a sévi dans le sud-ouest de la France, c’est bien l’homme, par ses pratiques, qui a disséminé le virus du genre Anas (canard) au genre Gallus (poulet) (lire en encadrés).

Et Arnaud Schmitt prévient : « Dans les autres pays européens, tous les élevages de volailles sont cloisonnés et fonctionnent en bande unique, avec une seule espèce. C’est le modèle qui s’impose au niveau européen en matière de production de volaille. Donc en cas de nouvel épisode d’Influenza aviaire en France, ces pays pourraient activer une clause de sauvegarde pour protéger leur production intérieure d’une contamination venue de France, ce qui fermerait la porte à nos exportations de volailles. »

Grave pour les espèces sensibles, l’Influenza aviaire est considérée comme un danger sanitaire de première catégorie parce qu’elle peut potentiellement toucher l’homme (comme lors de la pandémie de grippe espagnole). La police sanitaire qu’elle engendre est coûteuse - le dernier épisode a représenté 500 millions d’euros (M€) de pertes pour la filière volaille française - et les pertes commerciales peuvent être très importantes. « Il est donc inenvisageable de vivre avec. »

Une bande, une espèce

Pour justifier les mesures de biosécurité à mettre en œuvre afin d’éviter une catastrophe sanitaire, Arnaud Schmitt a présenté le virus (lire en encadré) et illustré : « Les barils d’explosif, c’est le genre Gallus, les mèches, ce sont les canards, et ce qui allume le feu, c’est l’homme. La biosécurité consiste à mettre des barrières entre les espèces. » Concrètement, à faire des bandes uniques d’espèce unique, donc à n’avoir en présence que des animaux d’un seul âge et d’une seule espèce, afin de limiter le nombre de mèches. « S’il part d’un élevage, le virus de l’Influenza aviaire met en danger toute la filière », rappelle Arnaud Schmitt. Il faut donc identifier les voies d’entrée (éleveur, paille, poussin, aliment, technicien, contrôleur, vétérinaire, chien, visiteur, faune sauvage, tracteur et matériel d’élevage, gaz, eau) mais aussi de sortie (éleveur, visiteur, poulet, caisse, fumier, matériel agricole, faune sauvage, eaux de lavage, air, équarrissage). Et évaluer la fréquence et le niveau de risque de contamination. Des barrières, avec changement de tenue plus ou moins complet en fonction du risque, doivent être mises en place entre les unités de production (changement de chaussures minimum entre volailles et porcs) et entre le site d’élevage et les voies publiques.

La session de formation s’achève sur la rédaction d’un plan de biosécurité pour chaque participant et des rappels sur les modalités de nettoyage et de désinfection des bâtiments, « un point important pour assurer la biosécurité des élevages ».

Maïs. Travail du sol et engrais starter

Différentes stratégies à l’essai

Cultures

Publié le 17/10/2016

L’un des objectifs de cet essai est aussi d’étudier l’effet de l’implantation de couverts sur la mycorhization de maïs qui suit. Il a donc été implanté sur une parcelle ayant porté de la betterave sucrière, une crucifère qui, comme le colza ou la navette, a la réputation de pénaliser la mycorhization du maïs suivant. « La betterave a été récoltée fin octobre, dans de bonnes conditions », indique Rémy Michaël, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Puis, diverses modalités de travail du sol ont été mises en œuvre :

  • labour à la charrue classique (modalité labour)
  • labour à la charrue déchaumeuse
  • décompactage et passage de déchaumeur (modalité TCS + décompactage)
  • passage de déchaumeur (modalité TCS)
  • passage de déchaumeur puis semis d’un pois d’hiver (modalité TCS + pois)
  • passage de déchaumeur puis semis d’un blé (modalité TCS + blé)
  • semis direct d’un pois d’hiver (modalité SD + pois)
  • semis direct d’un blé (modalité SD + blé)

Réduire le travail du sol au printemps

Le pois - « qui a la réputation de favoriser la mycorhization » - et le blé ont été semés le 12 novembre, avec pour objectif de réduire le travail du sol au printemps, période de sensibilité maximale à l’érosion et aux coulées d’eau boueuse. Au printemps, le blé et le pois « quoique très beaux », ont donc été détruits chimiquement, « le blé avait alors atteint le stade fin tallage ». La modalité TCS a bénéficié d’un passage de vibroculteur avant le semis du maïs. Mais dans la modalité semis direct, le maïs a été semé directement dans les résidus de couvert au semoir à maïs classique. « Nous avions peur que la présence du couvert, même s’il avait été au préalable détruit chimiquement, n’assèche trop le sol et ne pénalise les levées. En effet, les conditions étaient tout juste favorables pour que les lignes de semis se referment. Les conditions humides ont permis d’obtenir des levées homogènes, mais s’il avait fait plus sec, des graines se seraient peut-être desséchées », rapporte Rémy Michaël. Et puis, dans chaque modalité de travail du sol, différentes méthodes de fertilisation starter localisée ont été testées : témoin sans fertilisation starter ; engrais 18-46 ; Trika Expert (une association de lambda-cyhalotrine sur support organo-minéral NP 7-15) ; Locacell Neo (une association de deux micro-organismes, Bacillus amyloliquefaciens sp. IT45 et Glomus intraradices).

Le semis direct tire son épingle du jeu

Au mois de mai-juin, les équipes ont pu constater des différences de démarrage flagrantes. La vigueur de départ a été notée de 0 (nulle) à 10 (très bonne) : « Les levées de maïs après semis direct dans le blé ou le pois ont obtenu des notes de 8, ce qui est très bon », souligne Rémy Michaël. Aucune différence significative de vigueur n’a pu être mise en évidence entre les modalités labour, TCS + décompactage et TCS. L’engrais 18-46 et Trika Expert procurent des vigueurs de départ très similaires, avec une note de respectivement 6,4 et 6,5. Par contre les modalités Locacell Neo décrochent à ce stade, avec une note de 4,7.

Les premières modalités à être entrées en floraison sont celles qui ont été implantées après un couvert de blé ou de pois, le 22 juillet. Les modalités les plus tardives ne sont entrées en floraison que cinq jours plus tard. Et lorsqu’on considère les modalités de fertilisation starter, l’écart d’entrée en floraison est de quatre jours entre la modalité la plus précoce et la plus tardive, sachant que c’est toujours la modalité témoin qui est en retrait, que ce soit en termes de vigueur ou de date de floraison.

Verdict cet hiver

Lundi 26 septembre, lors d’une visite de cet essai, Rémy Michaël livrait quelques-unes de ses impressions, que la balance confirmera ou infirmera : « Les maïs semblent être restés verts plus longtemps dans la modalité TCS + décompactage que dans la modalité TCS, peut-être parce que grâce à ce travail du sol plus profond les racines sont descendues plus en profondeur et ont mieux résisté au manque d’eau en fin de cycle. » Rémy Michaël a déterré quelques pieds de maïs afin d’en apprécier le chevelu racinaire : « J’ai l’impression qu’il y a plus de racines avec Locacell Neo, et que les plantes ont donc pu travailler plus longtemps. »

Visuellement néanmoins, aucune différence flagrante ne saute aux yeux entre les diverses modalités. Ce qui est déjà un résultat en soi puisque cela prouve qu’avec un printemps humide, le semis direct du maïs dans un couvert peut s’envisager, y compris au semoir conventionnel. Pour connaître les résultats de cet essai plus en détail, il faudra attendre le verdict de la pesée et des analyses statistiques, qui seront dévoilées cet hiver, au cours des réunions techniques organisées par la CAA.

Concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé

Des prairies vectrices d’émotions

Cultures

Publié le 16/10/2016

« Le concours des prairies fleuries s’inscrit dans la continuité de ce qui se pratique depuis longtemps au sein de nos territoires », a rappelé Jean-Marc Riebel, président de la Communauté de communes de la vallée de Villé. En effet, depuis plus de 30 ans, divers acteurs de la vie locale mènent des actions en faveur des paysages et de la qualité des produits agricoles. Une politique ambitieuse qui a porté ses fruits puisqu'« en 25 ans le nombre d’agriculteurs a doublé et que derrière chaque agriculteur qui s’apprête à partir en retraite il y a un jeune prêt à reprendre l’activité ». Jean-Marc Riebel a rappelé que les Associations foncières pastorales (AFP) ont été le déclencheur de cette dynamique qui s’est poursuivie par l’embauche d’un conseiller agricole et le portage de mesures agricoles. « En démontrant qu’il est possible de concilier la préservation de l’environnement et de la biodiversité avec une agriculture de qualité économiquement viable, notre territoire constitue un laboratoire de l’agriculture de demain », a-t-il déclaré.

Un résultat qui a été obtenu notamment grâce à un partenariat étroit entre les collectivités locales et la Chambre d'agriculture d’Alsace, représentée à cette cérémonie par Emmanuel Molard, directeur du pôle territoire. Il a rappelé que les concours des prairies fleuries, initiés par les parcs naturels régionaux ont ensuite été animés par les Chambres d’agriculture et, plus récemment, ont été intégrés au Concours général agricole (CGA). Il a souligné que l’un des critères de notation des prairies, à savoir la diversité et l’équilibre de leur flore, a cette année encore montré son importance puisque « les prairies multi-spécifiques ont mieux résisté aux aléas climatiques, ce qui a permis des récoltes plus abondantes ».

Des prairies entretenues par de bonnes pratiques

Cette année, onze agriculteurs ont participé au concours des prairies fleuries de la vallée de la Bruche et du val de Villé, « une édition remarquable de par la qualité des prairies présentées », a indiqué Thierry Froehlicher, responsable du pôle aménagement du territoire à la Communauté de communes.

François Labolle, botaniste, a présenté la prairie de Mickaël Rochel, qui lui a permis d’obtenir le troisième prix : « Une prairie avec un bon équilibre entre les espèces puisque toutes les familles étaient représentées de manière homogène et qu’il y avait des espèces patrimoniales. C’est une prairie bien structurée, située sur un col, avec un paysage remarquable. Elle est bien entretenue grâce aux pratiques mises en œuvre par l’agriculteur et je l’en félicite. »

Le paysage, un bien public

Régis Ambroise, le spécialiste des paysages au sein du jury, a décrit la prairie présentée au concours par le Gaec de l’Eichmatt et pour laquelle Simon et Jérôme Maier ont décroché la deuxième place : « C’est une prairie issue d’une AFP, dont la pente permet de distinguer différents secteurs et de procurer une qualité d’alimentation remarquable au troupeau. En maintenant un alignement de cerisiers, un mur de pierres sèches, les agriculteurs ont su maintenir l’ouverture paysagère, qui constitue un bien public. » Si bien que Régis Ambroise y verrait bien un parcours pédagogique destiné aux concitoyens.

De Ranrupt à Paris

Enfin, François Labolle et Régis Ambroise ont décrit de concert la prairie présentée par Alexandre Valentin, grand gagnant de ce concours, « une prairie remarquable en tout point, par l’équilibre et la productivité de sa flore, par la présence d’espèces patrimoniales, d’ombre propice aux animaux… » Une prairie pour laquelle l’ensemble du jury a eu un coup de cœur qui vaudra à Alexandre Valentin de descendre de ses hauteurs pour aller représenter son territoire au Salon international de l’agriculture, à Paris, lors du prochain CGA.

Volailles Bruno Siebert

Une production locale valorisée grâce à une nouvelle gamme

Élevage

Publié le 14/10/2016

Hier, lorsque l’un des cinq millions de consommateurs de la région Grand Est dégustait une volaille Bruno Siebert, il mangeait local sans forcément le savoir ! Il était tout de même dommage de ne pas faire savoir aux consommateurs qu’en ajoutant un tel volatile dans leur caddie, ils soutiennent l’économie locale. Aussi la filière a-t-elle voulu pallier ce manque de visibilité en lançant deux nouvelles gammes : les poulets du Grand Est et les lapins d’Alsace Lorraine Champagne-Ardenne.

Mais à part le nom, rien ne change au sein de l’organisation de la filière. Il y a toujours un couvoir principal (Les Couvoirs de l’Est à Willgottheim) ; quatre fournisseurs d’aliments qui utilisent en partie des matières premières produites localement, notamment des céréales ; 49 éleveurs répartis dans la région Grand Est, mais principalement dans le Bas-Rhin ; un abattoir de lapins et de volailles situé dans ce même département et qui abat quelque 180 000 volatiles par semaine d’activité. Du poulet label (20 000), mais surtout du poulet standard (160 000), issu d’élevages en claustration, et qui est aujourd’hui valorisé par cette nouvelle gamme. Car qui dit poulet standard ne dit pas forcément mauvaise qualité.

Certes les exigences inscrites dans le cahier des charges de cette production sont inférieures à celles du cahier des charges des poulets label rouge, mais elles ne sont pas nulles non plus : « Nous sommes sur une croissance intermédiaire, entre 48 et 52 jours, contre 35 jours pour un poulet d’entrée de gamme et 84 jours pour un poulet label rouge », indique Cyril Besnard, directeur adjoint de l’abattoir de volailles Siebert. En outre, les élevages de poulet sous contrat avec les volailles Siebert utilisent la souche de poulet JA 957 : « Par rapport au poulet label, cette souche a la même mère, c’est le coq qui change ». Du coup elle valorise bien cette croissance intermédiaire, tout en étant rustique, donc avec une faible mortalité. Autres éléments du cahier des charges : le recours aux antibiotiques est autorisé mais pas de manière systématique, l’alimentation est 100 % végétale, avec des minéraux et des vitamines.

Équitable, local, et en grandes surfaces

L’ensemble du volume de poulets standards qui sort de l’abattoir Siebert devrait être commercialisé sous cette marque en grande distribution, au même niveau de prix qu’avant le lancement de la gamme. Son aspect régional sera mis en avant par différents moyens : « la localité de production et le nom de l’éleveur seront mentionnés sur l’étiquetage, ce qui constituera un gage de traçabilité. Et 11 éleveurs se sont portés volontaires pour faire partie du groupe d’animation et accompagner le lancement de la gamme en magasin. Car l’intérêt de la démarche c’est aussi de mieux faire connaître le savoir-faire des éleveurs. C’est important qu’ils puissent parler du produit en tant qu’éleveur et pas en tant que commercial », avance Cyril Besnard.

Damien Schultz, producteur de poulet du Grand Est à Artolsheim, a plus d’un argument à mettre en avant : « Les consommateurs sont friands de commerce équitable, de filières courtes. Avec cette démarche, nous avons le parfait exemple que le commerce équitable ne concerne pas que des produits qui viennent du bout du monde, et qu’il est possible d’acheter équitable, local, et en grandes surfaces. » Autre argument : celui du soutien à une filière en plein essor et en bonne santé (lire en encadré), créatrice d’emplois (300 rien qu’à l’abattoir) et qui génère de l’activité économique en milieu rural. L’abattoir a en effet consenti récemment des investissements pour pouvoir absorber la hausse de production générée par le succès de la filière.

Un bon accueil

L’enseigne E. Leclerc de Geispolsheim fait partie des premières à avoir achalandé son rayon boucherie avec ces deux nouvelles gammes : « Depuis un an, nous avons davantage la volonté de travailler avec des produits locaux, entre autres les volailles Siebert, parce que cela permet de tisser du lien entre producteurs, distributeurs et consommateurs, de maintenir des emplois et de réduire les coûts de transport », indique Alain Noé, chef du département produits carnés au sein de l’enseigne Leclerc de Geispolsheim. Depuis leur mise en rayon, les deux gammes bénéficient d’un bon accueil se traduisant par une progression des ventes.

Fête de l’agriculture de montagne. Inauguration

La montagne, un territoire dynamique

Élevage

Publié le 11/10/2016

Bertrand Richard, président du syndicat des éleveurs de vosgiennes du Bas-Rhin, a tout d’abord souligné l’intérêt croissant des éleveurs pour la vosgienne, « une race adaptée à son terroir, et qui est plus que jamais présente sur le massif. Une section vache allaitante a été créée au sein de l’Organisme de sélection, la génomique va accélérer le testage, une poignée d’éleveurs a créé Cœur de massif, un fromage élaboré exclusivement avec du lait de vosgiennes. À un terroir correspondent donc désormais une race et un produit. Ça bouge autour de la race et nous espérons que les soutiens dont nous avons pu bénéficier perdureront. »

Bertrand Richard a rappelé que l’agriculture de montagne a su se forger un avenir : le drive fermier est un succès, si bien qu’un second est à l’étude, la politique paysagère porte ses fruits et l’agriculture de montagne contribue donc à l’amélioration du cadre de vie de ses concitoyens, les agriculteurs se diversifient dans l’agritourisme… Néanmoins Bertrand Richard note que l’agriculture de montagne reste fragile. Aussi a-t-il appelé à « continuer à acheter nos produits et à soutenir l’agriculture vosgienne d’une seule voix ».

Un savoir-faire à faire connaître

Pierre Grandadam, maire de Plaine, a donné un grand coup de chapeau aux organisateurs qui ont réussi à rassembler plus de 120 vaches avec de très beaux sujets. Il s’est dit frappé par la présence de nombreux jeunes, enfants d’éleveurs et fiers de l’être, ce qui laisse augurer d’un bel avenir pour la race. Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, a également félicité les organisateurs pour la qualité de la manifestation.

Il a incité les agriculteurs de montagne à se démarquer : « Vous avez le savoir-faire, il faut le faire savoir. » Il a rappelé le soutien du Département au développement des circuits courts et aux Associations foncières pastorales (AFP), une politique qu’il souhaite poursuivre car elle est bénéfique aux paysages, à l’environnement et aux agriculteurs. Pour lui, parce qu’ils produisent des produits sains, les agriculteurs de montagne ont une carte à jouer en matière d’économie de la santé, qui est aujourd’hui sous-exploitée et qu’il faudrait développer.

Le massif vosgien, trait d’union de la région Grand Est

Patrick Bastian, conseiller régional, ne pouvait que se féliciter de la dimension interdépartementale du concours de la race vosgienne. Il a également constaté « le professionnalisme qui s’est mis en place avec les années ». Car si bien sûr les aides sont importantes pour structurer un territoire, « le dynamisme des hommes compte aussi pour beaucoup ». Il a souhaité un bel avenir au fromage Cœur de massif et assuré que la Région sera derrière les agriculteurs de montagne, notamment sur la question des MAE Montagne, qui pourraient être amenées à évoluer.

Enfin, le député Laurent Furst s’est félicité de la tenue de cette fête, « qui souligne l’importance du massif vosgien en tant que trait d’union entre l’Alsace, la Lorraine et la Franche-Comté. » Il a souligné « toute l’importance et les potentialités » de l’agriculture de montagne, et a espéré que, dans deux ans, la prochaine édition soit une aussi belle réussite.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Pierre Fort, nouveau directeur général

Vie professionnelle

Publié le 11/10/2016

EAV/PHR : Quel a été votre parcours professionnel avant de prendre la direction générale du Crédit Agricole Alsace Vosges ?

Pierre Fort : Je suis un pur produit du Crédit Agricole puisque je suis âgé de 50 ans et que j’ai passé 25 ans à évoluer au sein du groupe, d’abord à Crédit Agricole SA, puis au Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes où j’ai successivement été directeur des crédits, puis du marketing. J’ai ensuite rejoint le Crédit Agricole Champagne Bourgogne comme directeur général adjoint en charge du fonctionnement puis le Crédit Agricole des Savoie où j’étais directeur général adjoint en charge du développement. Cela fait donc 16 ans que j'exerce la fonction de cadre dirigeant.

EAV/PHR : Comment s’est passée votre arrivée en Alsace ?

PF : C’est avec beaucoup de plaisir que je suis arrivé dans cette région, très dynamique grâce à différents moteurs que sont une belle agriculture, équilibrée entre vin, lait et céréales, et un tissu d’entreprises très dense. Et puis il y a la proximité géographique avec l’Allemagne, la Suisse, qui contribue à la richesse du territoire. J’ai très vite été frappé par le dynamisme de l’économie alsacienne et la capacité des différentes Chambres consulaires à travailler ensemble, de même pour les collectivités locales qui ont une grande capacité à travailler de concert, ainsi qu’avec les acteurs du secteur privé, dans l’intérêt du développement du territoire. Je crois que c’est une force typiquement alsacienne.

EAV/PHR : Quel regard portez-vous sur l’agriculture alsacienne ?

PF : Je côtoie le secteur agricole depuis 2000, lors de mon passage en région Sud Rhône-Alpes. Dans cette région, comme en Champagne-Bourgogne et maintenant en Alsace, j’ai apprécié le caractère diversifié des agricultures qui y sont pratiquées entre viticulture, polyculture, élevage… Et en Alsace, je retrouve la capacité des agriculteurs à valoriser leurs productions. Je suis arrivé dans une période sensible pour l’agriculture alsacienne, confrontée à la liquidation judiciaire de Copvial. Dans ce contexte, j’ai apprécié d’avoir pu rencontrer rapidement les diverses OPA, avec lesquelles nous avons cherché ensemble des solutions constructives. Dans ce dossier sensible, le Crédit Agricole a joué un rôle important dans le déblocage de la situation, en étroite collaboration avec les OPA. Nous pouvons être satisfaits que l’outil de transformation ait pu être préservé afin de continuer à valoriser les productions locales.

EAV/PHR : Quels sont les grands chantiers qui vous attendent ?

PF : Le secteur bancaire vit actuellement une importante phase de transformation, avec des concurrences nouvelles diverses, un contexte compliqué de taux bas, avantageux pour nos clients, mais moins pour nous, puisque les taux d’épargne restent réglementés. Nous exerçons notre activité sous la pression à la fois d’une réglementation plus contraignante, et de clients plus exigeants et qui attendent de nos services qu’ils évoluent. Notre enjeu est donc le suivant : être une banque à la fois 100 % humaine et 100 % digitale. Concrètement, nos clients doivent pouvoir faire une simulation d’emprunt le dimanche soir sur leur tablette, puis en discuter avec leur conseiller et obtenir une réponse rapidement sur la base de leur simulation, ce qui requiert une certaine fluidité des données.

En parallèle, nous menons un vaste plan de rénovation de nos agences, pour plus de confort, de convivialité. Notre priorité, c’est de placer des hommes et des femmes compétents au sein de nos agences, afin que nos clients y trouvent des informations, des réponses qu’ils ne trouveront pas sur internet, mais aussi de l’empathie, de la compréhension… Ces collaborateurs seront équipés de tablettes, des outils qui doivent leur permettre de réduire les tâches administratives afin de se concentrer sur le conseil. La signature électronique de documents sur tablette est un exemple concret de la digitalisation de nos métiers. La satisfaction de nos clients et de nos collaborateurs est régulièrement mesurée. La qualité de vie au travail est aussi un enjeu important.

En tant que banque coopérative et mutualiste, notre second grand chantier consistera à continuer à accompagner le développement du territoire, l’économie et les besoins des habitants du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Vosges. Nous sommes par exemple l’un des deux principaux financeurs du projet de réhabilitation de la raffinerie de Reichstett, qui comprend la dépollution du site, l’accueil d’entreprises et le retour de certains terrains à la production agricole. Contribuer à ce type de projets représente pour nous un enjeu majeur.

EAV/PHR : La restructuration de votre réseau est-elle désormais achevée ?

PF : Oui, entamée en 2014, elle est désormais digérée. Comme je l’expliquais précédemment, cette restructuration avait pour but d’offrir un maximum de compétences de proximité à nos clients. Inévitablement, cette volonté s’est accompagnée d’une phase assez déstabilisante, avec des changements de portefeuilles de clients entre nos conseillers. D’autant qu’au Crédit Agricole nous sommes attachés à faire gravir les échelons en interne aux salariés. Chaque promotion entraîne donc d’autres changements de postes, ce qui se traduit par un certain turn-over des conseillers, peu apprécié des clients. C’est un point sur lequel nous sommes très vigilants. Mais aujourd’hui cette restructuration est derrière nous et elle porte ses fruits : nos clients trouvent désormais dans nos agences des compétences qui manquaient auparavant.

Confiant dans l’agriculture locale, le Crédit Agricole s’engage pour sa durabilité

Vie professionnelle

Publié le 07/10/2016

EAV/PHR : Dès 2015 et les prémices de la crise actuelle vous avez accompagné les agriculteurs. Comment ?

Pierre Fort : Oui. Nous avons rencontré les organisations professionnelles agricoles (OPA) et travaillé étroitement ensemble de manière préventive pour chercher des solutions constructives. Plus de 600 exploitations agricoles ont fait l’objet d’un traitement au cas par cas en 2015, avec une analyse de leurs bilans et la proposition de mesures adaptées. Si bien que nous n’avons pas constaté de réelle dégradation de la situation et que peu de nos clients agriculteurs sont en grande difficulté bancaire.

EAV/PHR : Malheureusement la crise perdure en 2016…

PF : Oui. C’est pourquoi il ne faut pas attendre le point de non-retour mais chercher, parmi une palette de solutions envisageables, les plus adaptées à chaque situation. Et il faut en distinguer deux. D’une part, même si cela représente une minorité, certaines exploitations agricoles sont en grande difficulté. Et nous n’avons pas vocation à les soutenir au-delà du soutenable. Si elles ne sont plus viables, il vaut mieux chercher une porte de sortie. C’est la mission de la cellule Réagir, qui regroupe la Chambre d'agriculture d’Alsace, les centres de fiscalité et de gestion, les coopératives, la MSA… D’autre part, il y a les exploitations qui peuvent surmonter la crise et faire face à une année que nous espérons exceptionnelle. Pour les y aider, différentes solutions sont envisageables par les conseillers agricoles. L’urgence, c’est d’être en capacité de financer les approvisionnements nécessaires à la préparation de la campagne 2017. Pour ce faire, des prêts à court terme à 1,5 % sont rapidement déblocables. Il est possible d’envisager une pause d’un an dans le paiement des échéances des prêts existants, sans frais de dossiers. Nous proposons aussi un prêt à moyen terme de reconstitution du fonds de roulement qui sera réalisé au taux préférentiel de 1 % sur cinq ans si le chef d’exploitation s’est organisé pour faire face aux aléas climatiques futurs, par exemple grâce à la souscription d’une assurance récolte ou à une réserve en Déduction pour aléas (DPA). À défaut, le taux sera de 1,20 %. Les jeunes agriculteurs bénéficieront d’une bonification supplémentaire de - 0,25 % sur ces conditions. Enfin, il est possible d’envisager une modulation des échéances à la baisse avec un rallongement de la durée des prêts.

EAV/PHR : Concrètement, comment ces mesures vont-elles être mises en œuvre ?

PF : Ces solutions s’adressent aux exploitations, quelle que soit la filière, qui ont la capacité à faire face dans la durée au remboursement de leurs échéances de prêts. Comme en 2015, une organisation spécifique est mise en place par souci de réactivité et d’efficacité. Les conseillers et experts du Crédit Agricole Alsace Vosges sont mobilisés pour examiner la situation de chaque exploitation avec l’agriculteur concerné afin de déterminer, avec lui, la solution adaptée, sachant que plusieurs mesures peuvent être prises simultanément. Un bon millier d’exploitations agricoles seraient concernées en Alsace. Parmi elles, les 600 qui ont déjà fait l’objet de traitements particuliers en 2015 bénéficieront d’une attention toute particulière. Quant aux exploitations les plus fragilisées, une analyse sera réalisée en relation étroite avec les conseillers de la CAA et des bureaux comptables, afin d’identifier des voies de redressement et les possibilités de restructuration des dettes existantes.

EAV/PHR : Restez-vous confiant pour l’avenir de l’agriculture alsacienne ?

PF : Tout à fait ! À travers cette démarche, le Crédit Agricole Alsace Vosges réaffirme son engagement et sa volonté d’accompagner les mutations nécessaires pour préserver une agriculture compétitive. Il réaffirme également sa confiance dans la capacité des agriculteurs à relever ce défi et dans l’avenir de l’agriculture. Nous avons confiance parce que nous avons en Alsace ces filières, avec des agriculteurs, des OPA, l’ensemble des acteurs qui sont engagés, qui jouent le jeu. Et des agriculteurs qui font preuve d’une volonté commune d’équilibrer leur activité, de s’adapter, de prendre en main leur destin, qui ne sont pas dans l’attente d’un assistanat, mais dans la volonté d’être acteurs de leur développement.

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