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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Groupe céréales

Assurer, irriguer, refinancer, et se faire aider

Cultures

Publié le 11/12/2016

« 2016 a été une année atypique pour la production de céréales, a introduit Christian Schneider, responsable du groupe céréales de la FDSEA. Les poids de mille grains du blé sont plus près des 270 g que des 500 g, et la qualité dégradée des céréales fait qu’elles sont souvent difficiles à vendre au prix moyen. Et, tant que le prix du pétrole sera bas, il y aura peu de chance de voir les prix des céréales augmenter. Par contre, le prix de l’engrais azoté monte en flèche. Cela mérite une réaction syndicale ! D’autant que les céréales constituent une matière première pour la production de lait et de viande, et un revenu supplémentaire pour de nombreuses exploitations. » Julien Koegler, responsable du groupe céréales pour les JA, a complété cette analyse en constatant que « le transfert du dossier installation à la Région Grand Est a pris du temps et a entraîné des retards de versement des DJA. D’ailleurs, c’est l’ensemble des aides qui ont du mal à arriver. Cela devient très compliqué. »

Assurances : les lignes bougent

S’il s’inquiète pour l’avenir de la Pac, suspendu à l’obtention d’un compromis avec la vision allemande, « pour qui le revenu doit venir des marchés et pas de la Pac », Christian Schneider estime en revanche que les assurances aléas climatiques vont dans le bon sens : « Une proposition pour un déclenchement d’indemnisation des pertes à 20 %, contre 30 % actuellement, et au même tarif est en cours. Avec en plus des possibilités de rachat de franchise. » Les premiers contrats pourraient être souscrits en 2018. Christian Schneider rappelle que le succès de l’assurance agricole dépend aussi du nombre de contrats souscrits : « Or la tendance actuelle n’est pas bonne, ce qui prouve bien qu’il y a des choses à améliorer » pour que davantage d’agriculteurs y souscrivent. Car pour Christian Schneider, malgré la franchise de 25 %, l’assurance récolte « a permis de sauver la récolte de blé ».

Et puis les choses bougent : « Des coopératives proposent une assurance revenu et les apporteurs y souscrivent massivement, la multiplicité des assureurs va permettre d’obtenir des contrats plus souples. Car il faut proposer des produits accessibles, attrayants, et assez simple. En outre, l’assurance par l’irrigation doit se retrouver au niveau du tarif, car le risque n’est plus le même, même si l’irrigation n’exclut pas tous les risques. » Mathieu Freisz, inspecteur technique agricole à Groupama Grand Est, a dressé le bilan des assurances aléas climatiques à l’issu de la collecte de blé : « 50 millions d’euros (M€) d’indemnisation ont été versés pour le blé sur le Grand Est, contre 26 M€ de cotisations. » Au niveau de la région, le rapport n’est donc pas équilibré. Mais comme le système assurantiel est mutualisé au niveau national, l’assurance climatique atteindra quasiment l’équilibre.

Irrigation : faciliter l’accès à l’eau

Après un trop-plein d’eau au printemps, celle-ci est venue à manquer à partir de juillet, a rappelé Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Si bien que l’irrigation a permis de « sauver les meubles dans certains secteurs », jouant ainsi le rôle d’une « bonne assurance climat ». Aussi Gérard Lorber estime-t-il que dans certains secteurs « les agriculteurs doivent s’équiper en matériel d’irrigation, d’autant que, dans la plupart des exploitations, ce matériel pourra aussi être rentabilisé en irriguant les betteraves sucrières, les pommes de terre, le tabac… »

Suite à la sécheresse de 2015, la Région Alsace s’était engagée à octroyer un budget pour soutenir l’investissement des agriculteurs alsaciens dans l’irrigation. « Ce budget est toujours existant », affirme Gérard Lorber, qui a précisé qu’il devrait être « en priorité fléché vers le subventionnement de l’accès à l’eau là où il est difficile ». Un inventaire précis des irrigants et de leur moyen de contrôle est en cours de réalisation par les Agences de l’eau. Dans ce cadre, il est demandé aux agriculteurs possédant des compteurs volumétriques de plus de 9 ans de les changer d'ici 2018. « Il est aussi possible d’opter pour des compteurs horaires, moins chers », précise Gérard Lorber.

La MSA déploie six mesures face à la crise

« Face au constat que 50 % de la population cotisante gagne actuellement moins de 4 248 € par an, la Mutualité sociale agricole a mis en place six mesures visant à alléger le poids des cotisations pour les entreprises agricoles », a indiqué Tania Simon, adjointe de direction à la MSA d’Alsace. La modulation consiste à revoir le montant des appels provisionnels de cotisations en cours d’année. « 259 demandes ont été formulées en 2016, ce qui est très peu », constate Tania Simon. La MSA a d’ailleurs surestimé les appels provisionnels et va donc rembourser plus de 2 M€ aux cotisants. Malgré ce défaut de précision, lié à la complexité de l’opération, cette mesure sera renouvelée en 2017, a annoncé Tania Simon.

Autre mesure, l’option exceptionnelle n - 1 consiste à appeler les cotisations sur l’année n - 1 au lieu de se référer à la moyenne des trois dernières années. Cette mesure a été proposée à 50 % des cotisants. Elle a été moins souscrite en 2016 qu’en 2015. « Nous ne savons pas encore si elle sera renouvelée en 2017 ». Des plans de paiement ont été élaborés, avec un lissage des cotisations jusqu’à 24 à 36 mois. 357 entreprises ont souscrit à cette mesure en 2015, et 269 en 2016 pour 1,60 M€ de cotisations. Un report automatique a été instauré afin de régler les cotisations au 30 juin 2017, soit six mois de délai supplémentaire. « Il reste possible de payer les cotisations en décembre », précise Tania Simon. Le calendrier des appels à cotisation provisionnel en 2017 a été modifié. Traditionnellement, la MSA procédait à trois appels de 25 %, mais comme 2 M€ ont été appelés en trop, la MSA veut rectifier le tir en procédant à deux appels provisionnels de 25 %, mi-avril et mi-août, et un appel définitif - ou non - du reste des cotisations. Enfin, la MSA a pris en charge les cotisations dans le cas des situations les plus dégradées. Une prise en charge qui représente 330 000 € en 2016 pour 84 personnes dans le Bas-Rhin et 56 dans le Haut-Rhin.

Outre ces mesures mises en place pour faciliter le paiement des cotisations, la MSA veille à assurer un revenu complémentaire à la famille, notamment en proposant la prime pour l’activité et/ou la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) si le niveau de ressources le permet. Et puis la MSA a déployé ses conseillers sociaux, rencontré de nombreuses Organisations professionnelles agricoles pour que ces dispositions soient connues de tous et relayées auprès des agriculteurs en difficulté. Un numéro de téléphone spécial a été mis en place, le 03 88 81 75 95, « une cinquantaine d’appels y ont été reçus ».

Un panel de mesures à actionner

« Suite à la mauvaise année céréalière de 2014, la sécheresse de 2015, et l’excès de pluviométrie en 2016, combinés à la baisse des prix agricoles, le chiffre d’affaires Scop sortie ferme a été divisé par deux entre 2012 (meilleure année) et 2016 (moins bonne année). Et, comparé à la moyenne de ce chiffre d’affaires sur la période 2011-2016, celui de 2016 affiche une baisse de 37 %, à 9 milliards d’euros (Md€), soit une perte de 5 Md€ pour la ferme France. Conséquence : 75 % des producteurs de grains spécialisés auront potentiellement un revenu négatif en 2016 », décrit François Schotter, animateur à la FDSEA du Bas-Rhin.

Face à l’ampleur du cataclysme, le syndicat majoritaire agricole s’est mobilisé pour obtenir un large plan d’aides. La reconnaissance en cas de force majeure a ainsi permis de bénéficier du dégrèvement automatique partiel de la Taxe foncière sur le non bâti (TFNB) 2016 pour toutes les terres en prairie ou en culture. Certes, cette mesure profite directement au propriétaire, qui n’est pas obligé de la reverser à l’exploitant agricole. Selon les cas, le fruit de ce dégrèvement sera donc plus ou moins facile à récupérer. « Mais c’est aussi un argument qui peut être utilisé pour négocier les fermages », note François Schotter. L’obtention d’une année blanche bancaire va permettre de ne pas rembourser d’annuités en 2016, et de les repousser d’un an. Le coût de cette mesure sera pris en charge à parts égales par les banques, l’État et les exploitants agricoles. Le remboursement de crédit TVA jusqu’au 15 décembre 2016, pour les exploitations qui sont en train d’investir, « va permettre de récupérer la TVA plus rapidement, pour soulager ces exploitations ». L’option pour le calcul de l’assiette de cotisations sur base des seuls revenus 2016 (option n - 1) reste possible mais est limitée aux situations où la moyenne de revenus 2015 et 2016 est inférieure à 4 248 € ou aux JA. « Cette mesure a permis d’économiser 1,80 M€ en 2015 », note François Schotter. Une avance sur le versement des aides Pac a été obtenue dès le 16 octobre. Cette avance remboursable correspondant à 90 % du montant des aides 2015 sur les aides découplées, aides couplées bovines et ICHN. L’intégralité des aides sur les surfaces sinistrées. Le prélèvement redistributif, qui concerne les 52 premiers hectares, a été bloqué à 10 % à l’Union européenne pour 2017.

Concernant l’assurance agricole, le maintien à 65 % du taux de subvention européen et national pour la campagne 2017 a été obtenu. La liberté de réintégration de l’autoassurance DPA est un levier qui est en cours de négociation. L’assouplissement des obligations en matière de couverture des sols a permis, de remplacer l’implantation de Cipan en interculture longue par la pratique du faux-semis et le maintien d’au moins un mois des repousses de colza en interculture courte. Avec une économie de 60 à 80 €/ha. Enfin, la baisse de sept points de cotisations d’assurance maladie et maternité pour tous les exploitants agricoles exerçant à titre exclusif ou principal constitue une mesure importante. En effet, « c’est le premier poste de charge quand il y a du revenu », note François Schotter.

Campagne céréalière 2017

Sur quels postes envisager des économies ?

Cultures

Publié le 06/12/2016

« Pour réaliser des économies en 2017, il est possible d’envisager de jouer sur les différents facteurs constitutifs du coût de production », indique Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal, invité du dernier groupe céréales organisé par la FDSEA du Bas-Rhin. Le coût de production du blé est estimé à environ 220 €/t, toutes charges comprises, et salaire pour le producteur inclus… « Les charges opérationnelles représentent la plus grosse part de ce coût de production. Mais, à 66 €/t, les charges de mécanisation ne sont pas négligeables… »

Et parmi les intrants qui sont utilisés pour produire des céréales, Didier Lasserre distingue ceux visant au maintien du patrimoine (fumure de fond, désherbage), à la fonction de production - « plus on met, mieux c’est », schématise-t-il, typiquement il s’agit de l’azote… - et ceux de type effet de seuil, c’est-à-dire qui peuvent ne rien apporter ou rapporter beaucoup, comme la protection contre les maladies.

Fumure de fond : une économie peu risquée

L’objectif en 2017 va être de « maintenir le patrimoine au meilleur coût », résume Didier Lasserre. L’impasse sur la fumure de fond est une économie qui pourra être envisagée dans d’assez nombreuses situations. « Le risque pris en faisant une impasse va dépendre de l’exigence de la culture, de la teneur du sol, de l’historique de fertilisation, du mode de gestion des résidus… Ainsi, il sera plus facile d’envisager une impasse sur blé ou sur maïs que sur betteraves. »

En gros, les sols alsaciens sont bien pourvus en phosphore, indique Didier Lasserre, carte à l’appui. En potasse aussi, même si c’est un peu moins généralisable à toutes les parcelles. Aussi estime-t-il qu’en blé, il est possible de réaliser une économie de 30 à 70 €/ha de fumure de fond, en faisant l’impasse ou en réduisant la dose de moitié, sans prendre de gros risques. Pour les éleveurs, les apports de fumier ou de lisier suffiront largement à couvrir les besoins d’un blé, l’impasse en est d’autant plus envisageable. Enfin, même si elles ont un coût, Didier Lasserre estime qu’investir dans des analyses de terre pourrait cette année, peut-être encore plus qu’une autre, s’avérer une stratégie payante, car « elles permettent de voir où on se situe », donc où on peut tranquillement lever le pied ou pas.

Économiser sur le désherbage : un jeu risqué

S’il est plutôt enclin à encourager une économie sur la fumure de fond, Didier Lasserre est beaucoup plus circonspect en ce qui concerne le désherbage : « Un échec de désherbage, ça peut coûter cher. Parce que si on laisse passer des adventices, on risque d’augmenter le stock semencier, et par la suite on aura du mal à retrouver une parcelle propre sans passer par des investissements dans le désherbage. » Didier Lasserre est donc catégorique : « Il ne faut pas économiser sur le désherbage ». Sans pour autant oublier que le désherbage n’est pas que chimique : « Il y a aussi des solutions comme le faux-semis, les couverts, le labour… »

Azote : garder la dose, l’apporter mieux

En ce qui concerne la fertilisation azotée, autant il est possible de jouer sur le fractionnement et le pilotage, pour apporter l’azote au plus près des besoins, sur la forme, pour éviter les pertes, par exemple en privilégiant l’ammonitrate à l’urée, le pilotage. Autant il est « dangereux d’essayer d’économiser sur la dose d’azote ».

En effet, le rendement et la qualité des grains répondent nettement aux variations de la dose d’azote : « Si on diminue de 40 unités la dose optimale on peut perdre 3,4 quintaux et 0,7 % de protéines ». Le débouché du blé peut donc s’en trouver affecté. Conclusion de Didier Lasserre : il faut apporter la bonne dose, mais la fractionner par rapport aux besoins des plantes et en fonction des données fournies par les outils de pilotage.

Sanitaire : gare aux fausses économies

Reste la gestion des risques sanitaires. Didier Lasserre préconise de choisir des variétés tolérantes, de bien raisonner la protection en fonction des parcelles et de leur niveau d’exposition au risque, et d’utiliser tous les Outils d’aides à la décision (OAD) disponibles pour positionner les traitements au bon moment.

Quant aux intrants à effet de seuil (traiter contre les pucerons ou pas ? Lutter contre la verse ou pas ?), le raisonnement de Didier Lasserre est le suivant : « Ce sont pour la plupart des interventions qui ne coûtent pas très cher et qui peuvent rapporter gros. Par exemple, entre un blé traité et un blé non traité contre les pucerons il peut y avoir jusqu’à 20 q d’écart de rendement. S’en priver risquerait donc de s’avérer une fausse économie. »

Gagner en technicité, et la réinvestir

Pour résumer, 2017 va être une campagne très technique, résume Didier Lasserre : « Il va falloir piloter les interventions au plus juste, ne pas faire de l’assurance, mais raisonner chaque intervention en fonction du niveau de risque. » Dans l’ordre de pertinence, il préconise de se passer des intrants « de luxe », dont la rentabilité n’est pas avérée, puis de procéder à des ajustements significatifs de la fertilisation azotée en fondant le raisonnement sur des analyses de terre et des outils de pilotage, enfin d’ajuster la stratégie fongicide au plus près des besoins.

« En poussant les producteurs à davantage de technicité, la campagne 2017 pourrait s’avérer utile pour l’avenir. C’est l’occasion d’acquérir des compétences techniques qui pourront être réutilisées lors des prochaines campagnes », estime Didier Lasserre. Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté, a conclu Didier Lasserre, citant Winston Churchill. Tout un symbole !

Concours prairies temporaires du Gnis

Le lycée agricole d’Obernai se distingue

Cultures

Publié le 30/11/2016

« Dans les exploitations d’élevage, la maîtrise des prairies est le premier moyen pour les éleveurs de sécuriser le système fourrager tout en améliorant le revenu. Choisir des espèces et des variétés adaptées aux conditions de l’exploitation et aux contraintes de production, c’est incontestablement améliorer son système fourrager tant au niveau de la qualité et de la productivité de la prairie, que de l’organisation du travail et de la rentabilité de l’exploitation. Il est important que les futurs techniciens et techniciennes y soient sensibilisés », explique le Gnis sur la page internet dédiée au concours des prairies temporaires qu’il organise.

Regroupés en binômes, les étudiants doivent choisir une exploitation support comportant un atelier d’élevage et des surfaces fourragères. Dans une première partie de leur dossier, ils sont invités à décrire cette exploitation avec des éléments techniques et économiques. Dans une seconde partie, ils doivent poser un diagnostic sur la situation existante, l’analyser et proposer des améliorations : introduction d’une nouvelle prairie, rénovation d’une prairie existante, choix et conduite d’espèces prairiales adaptées. Les conséquences technico-économiques de l’évolution proposée doivent également être présentées et chiffrées.

Un capital de connaissances

Pour la 31e édition de ce concours, tous les étudiants de BTS Acse du lycée agricole d’Obernai ont participé, guidés par Caren Bulte, professeur de zootechnie, et Guillaume Bapst, professeur d’agronomie, qui a présélectionné les dossiers les plus aboutis pour les présenter au concours. « Je suis content du travail que vous avez fourni. Nous nous étions fixé des objectifs, vous les avez tenus, notamment en termes de respect des délais de remise de vos travaux », constate Guillaume Bapst qui souligne que « les connaissances acquises en participant à ce concours pourront être réinvesties sur vos exploitations ». Thierry Girodot, proviseur du Legta d’Obernai, a quant à lui décrit ce concours comme « une situation interactive et professionnalisante ».

Le lycée agricole d’Obernai concourait avec les autres établissements agricoles des régions Nord et Est, soit environ 450 participants, le plus gros des 736 participants au niveau national. Les travaux ont été jugés par des professionnels issus d’instituts techniques, de Chambre d'agriculture… Ils ont particulièrement apprécié le travail fourni par les étudiants d’Obernai puisque deux binômes constitués d’une part de Stéphane Hoenen et Audrey Lossel et d’autre part de Stéphanie Reeb et Nicolas Richert se classent parmi les dix premiers. Et que deux autres binômes constitués d’une part de Léo Brandt et Xavier Thuet et d’autre part de Jonathan Risch et Jérémy Herr terminent deuxièmes ex aequo.

Venu récompenser les étudiants, Jonathan Pétry, inspecteur semences fourragères au Gnis, a souligné la qualité des dossiers présentés par le lycée : « Ils étaient tous d’un très bon niveau ». Tous les étudiants primés ont d’ailleurs été récompensés d’un diplôme et d’une revue technique sur la luzerne. Les quatre finalistes ont en plus reçu une caméra GoPro. « Prochaine étape : 100 % de réussite au BTS », a lancé Gilles Cadieu, proviseur adjoint, pas peu fier des résultats obtenus par les étudiants.

Banque alimentaire du Bas-Rhin : Grande collecte les 25 et 26 novembre

Vie professionnelle

Publié le 24/11/2016

En deux jours, ce vendredi 25 et ce samedi 26 novembre, la banque alimentaire du Bas-Rhin espère collecter 350 t de produits alimentaires, soit 16 % des 2 200 t de denrées qui représentent l'équivalent de quelque 6 millions de repas distribués annuellement par 90 partenaires associatifs à 45 000 bénéficiaires.

«Il y a huit ans, nous touchions 9 000 personnes par jour, aujourd'hui elles sont 24 000 à bénéficier chaque jour de notre action», indique Freddy Sarg, président de la banque alimentaire du Bas-Rhin.

Soit un triplement de la précarité en une dizaine d'années que Freddy Sarg explique par l'accélération des mutations de notre société : «C'est comme si on la compare à une roue qui tourne très vite. Et plus elle tourne vite, plus les personnes qui sont situées en périphérie de la roue en sont  rapidement éjectées.» Ces personnes, c'est un peu tout le monde :

«Des étudiants, des familles monoparentales, des travailleurs pauvres, des retraités, des agriculteurs... Ce n'est pas parce qu'ils produisent de la nourriture qu'ils sont à l'abri. J'en ai rencontré un qui doit vivre avec un budget de 400 € par mois. Sans aide, c'est impossible.»

Collecte solidaire

Concrètement, les vendredi 25 et samedi 26 novembre, 4 000 bénévoles vont s'affairer dans les 150 magasins participant à l'opération. Ils récupéreront les denrées alimentaires achetées par les clients après les caisses. Et, après un premier tri sur place, ces denrées seront expédiées dans les locaux de la Banque alimentaire du Bas-Rhin où elles seront retriées et redispatchées aux partenaires associatifs.

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Ferme Rottmatt à Sand

Un magasin pour décembre

Élevage

Publié le 15/11/2016

Début décembre, l’ancienne station-service de Sand deviendra un magasin de vente directe, du producteur au consommateur. Faut-il y voir le signe d’une transition vers un monde plus durable, avec moins de gaspillage d’énergie, de foncier, des agriculteurs rétribués à la hauteur des services rendus à la population (alimentation de qualité, entretien des espaces ruraux) ? Jérôme Gerhart et sa conjointe, Aurélie Gander, qui sont les instigateurs de cette réhabilitation n’iraient sans doute pas jusque-là ! Pour eux, ce magasin, c’est surtout l’aboutissement d’une stratégie d’entreprise.

« Quand je me suis installé en 2010, après un bac pro Production animale à Obernai, la question d’arrêter l’élevage s’est posée parce que l’ancienne étable, à stabulation entravée, était vieillissante », rembobine Jérôme Gerhart. Avec son père, René Gerhart, son associé au sein de l’EARL Rottmatt, ils se sont laissé un an de réflexion. Période au bout de laquelle ils ont décidé de rester éleveurs, ce qui devait passer par l’augmentation du cheptel et la réalisation de quelques investissements. Dans un premier temps, l’ancienne étable est agrandie. L’année suivante, ils construisent un nouveau silo. Et la suivante une nouvelle étable de 1 400 m2 sur aire paillée.

Parallèlement, à partir de 2013, les éleveurs se lancent dans la vente de viande de génisses en caissettes. Pour constituer leur clientèle, Jérôme Gerhart et Aurélie Gander utilisent beaucoup les nouveaux moyens de communication : un site internet soigné, une page Facebook vivante, affichant plus de 1 000 mentions J’aime. La gestion des colis se fait en flux tendu : les clients passent leur commande, une fois que le nombre de commandes est suffisant, Jérôme Gerhart amène la bête à l’abattoir, la carcasse est maturée en chambre froide avant d’être désossée et découpée en différents morceaux mis sous vide qui reviennent en camion réfrigéré à la ferme où ils sont répartis de manière homogène dans les colis. Les clients sont alors prévenus que leur colis est prêt et qu’ils peuvent venir le chercher à la ferme. Chaque colis représente environ un 16e de génisse, soit 15 kg de viande en moyenne.

« Pour certains clients, même si on peut tout congeler, ça faisait trop. Nous avons donc décidé de nous lancer dans la découpe au détail, même si cela génère des investissements importants », explique Jérôme Gerhart. En effet, cette nouvelle activité requiert un atelier de découpe et de transformation d’une autre envergure, ainsi qu’un magasin. Parce que la vente de viande au détail sous forme de colis aurait été ingérable. C’est ainsi que le jeune couple a décidé de transformer l’ancienne station-service à l’abandon en boucherie charcuterie, avec une petite activité traiteur, histoire de valoriser les morceaux qui partent moins bien, parce que moins connus, moins prisés, « mais tout aussi bons », estime Jérôme Gerhart.

Une évolution bien anticipée

Dans le local de 80 m2, 55 m2 seront occupés par le magasin, le reste par l’atelier de transformation qui dispose notamment de quatre chambres froides représentant une surface réfrigérée totale de 30 m2. Afin de proposer une gamme de produits locaux aussi complète que possible, les agriculteurs proposeront aussi, en partenariat avec d’autres producteurs, des fruits et légumes, des produits laitiers, du vin, des épices, de la volaille, et même un peu d’artisanat, notamment des poteries. D’éleveurs, les agriculteurs se retrouvent donc propulsés au rang de petits commerçants. Cette évolution, Jérôme Gerhart et Aurélie Gander ne la subissent pas, ils l’ont au contraire préparée bien en amont.

Titulaire d’un BTS Viticulture-œnolgie - un choix qu’elle doit à une filiation viticole -, Aurélie Gander a travaillé en Chambre d’agriculture, pour des organismes stockeurs, avant de rencontrer Jérôme Gerhart et de s’impliquer dans la vie de la ferme. En 2014, elle entame une reconversion. Sa nouvelle orientation est toute trouvée : Aurélie Gander obtient un CAP boucher, puis un Certificat technique des métiers (CTM) boucher charcutier traiteur. Désormais elle est cogérante, avec Jérôme Gerhart, de la SARL de la ferme Rottmatt créée pour bien séparer les activités de production agricole (EARL) et commerciales (SARL). Néanmoins, Jérôme Gerhart est identifié comme le gérant majoritaire de la SARL afin qu’elle puisse adhérer au réseau Bienvenue à la ferme.

Aurélie Gander s’occupe donc pour l’instant seule de la transformation de la viande de bœuf et de veau, en saucisses, tourtes, terrine, quenelles de foie, cordon-bleu, knack… Mais l’ouverture du magasin devrait se traduire par la création d’un emploi pour la seconder à la vente et à la transformation. « Il est possible d’élaborer une grande variété de charcuteries à base de viande bovine, mais ce n’est pas le même niveau de prix que les charcuteries de porc », indique Jérôme Gerhart, qui prévient aussi d’emblée : « Même si nous vendons en direct, nous ne serons pas forcément moins chers qu’en GMS. Car comme notre structure est plus petite, nous avons davantage de frais à répercuter au kg. Et puis l’EARL va vendre des génisses à la SARL, et notre objectif c’est que les deux structures puissent dégager une marge, verser des salaires à ceux qui y travaillent, et accueillir les clients dans de bonnes conditions. »

Inauguration le 3 décembre

Actuellement, le futur magasin est encore en plein travaux mais, régulièrement, Aurélie Gander donne des nouvelles sur la page Facebook tout en s’affairant aux derniers préparatifs. Pour l’inauguration, prévue le 3 décembre, l’ensemble du fichier client qui compte 460 entrées et les 1 000 amis de la page Facebook seront invités. Les horaires d’ouverture ne sont pas encore définitivement établis, ils le seront en fonction des périodes d’affluence. De même, la pertinence de l’idée de confectionner des sandwichs avec les produits vendus en magasin sera validée - ou pas - par la demande des clients. L’ouverture au public est prévue le 6 décembre.

Forestiers d’Alsace

L’érable, un arbre d’avenir

Cultures

Publié le 14/11/2016

Ce n’est pas la graphiose de l’orme, mais ça y ressemble, notamment de par la virulence de la maladie : « En Alsace, de très nombreux arbres sont atteints, même certains gros sujets », indique Marc Debus, technicien à Forestiers d’Alsace. Les symptômes de la maladie sont une défoliation précoce, une nécrose des rameaux, des descentes de cimes… Ce qui ne va pas sans engendrer des conséquences économiques : « Les forestiers veulent couper ces arbres malades. Du coup l’offre est trop importante. Et puis comme ces arbres sont coupés jeunes, ils fournissent du bois de chauffage, pas du bois d’œuvre. »

Mais si les dégâts sont importants, l’essence n’est pas menacée : « D’après les dernières estimations, environ un frêne sur cent serait résistant à la chalarose. C’est une très bonne nouvelle », estime Daniel Wohlhuter, directeur de Forestiers d’Alsace, qui incite donc les forestiers à précieusement conserver les frênes résistants qu’ils repèrent afin qu’ils se multiplient et essaiment. « En effet, les chercheurs pensent qu’il doit pouvoir être possible de sauvegarder l’essence à partir de ces individus résistants. » Néanmoins, face aux dépérissements et aux coupes prématurées que la chalarose engendre, les forestiers sont dans l’obligation de réagir, souligne Daniel Wohlhuter.

Tempérament montagnard

Érables et frênes ayant des exigences pédoclimatiques similaires, l’érable est une essence envisageable pour renouveler les frênes atteints de chalarose. C’est l’objet d’une réunion qui a récemment réuni une cinquantaine de personnes dans les forêts privées situées entre Valff et Westhouse. Marc Debus commence par faire la distinction entre l’érable plane, « dont les feuilles à cinq lobes portent de petites pointes » ; l’érable sycomore, dont les feuilles, toujours pentalobées, sont plus dentelées ; et l’érable champêtre, dont les feuilles sont bien plus petites que les précédentes.

Les érables sont des essences au tempérament montagnard, qui supportent des stations acides à calcaire et se plaisent en conditions humides et fraîches, mais qui ne supportent pas d’avoir les pieds dans l’eau. Il est donc important de les implanter dans des sols profonds et frais, avec une bonne réserve utile. Une exigence qui, dans un contexte de changement climatique, doit attirer l’attention des forestiers : s’assurer de la disponibilité en eau en été constitue en effet un préalable indispensable à l’implantation d’érables. Le changement climatique pourrait d’ailleurs aussi impacter la progression de la chalarose du frêne, puisque le vecteur de l’agent pathogène est l’eau : « J’ai observé des frênes qui avaient fait une descente de houppier et qui se sont refait une santé après deux étés chauds et secs qui ont été défavorables au champignon », témoigne Hubert Ott, ancien président de ce qui était alors le Groupement de gestion et de développement forestier du Bas-Rhin.

Appréciés des abeilles et des luthiers

Les érables sont des essences mellifères, dont la floraison est très appréciée des abeilles. Ils produisent un bois aux très bonnes caractéristiques mécaniques, qui se travaille bien et qui est apprécié des ébénistes, escaliéteur et luthiers. L’érable ondé, notamment, permet d’élaborer des instruments de musique de très bonne qualité. L’érable sycomore est capable de former des tiges droites et longues. La branchaison de l’érable plane est plus délicate à gérer : elle peut provoquer des nœuds au niveau du tronc, ce qui détériore la valeur du bois. L’érable champêtre a une croissance plus lente, c’est une essence de sous-étage, plus biscornue, que l’on trouve généralement en lisières de forêt.

Faire de la place suffisamment tôt

Les érables sont des essences de demi-ombre, qui supportent de l’ombrage au début de leur croissance mais qui doivent ensuite accéder à la lumière : « Il faut ouvrir le peuplement pour les mettre en lumière », indique Marc Debus en désignant un bouquet d’érables planes qui « ont filé comme des asperges. Il aurait fallu intervenir plus tôt et supprimer quelques sujets au profit d’autres. Aujourd’hui, leur hauteur est bien trop importante par rapport à leur diamètre. Du coup, si on ouvre trop le peuplement, les arbres risquent de pencher, d’être abîmés par le vent… Il faut donc leur faire de la place suffisamment tôt, puis veiller à ce que, à tout stade, le houppier représente la moitié de la hauteur totale de l’arbre. Car sinon sa capacité de croissance est ralentie. Pour faciliter la cicatrisation, l’élagage doit se faire sur des branches dont le diamètre n’excède pas 3 cm. »

Intervenir à bon escient

En futaie irrégulière, Marc Debus conseille de choisir 120 tiges par hectare, et de les détourer, c’est-à-dire d’enlever les arbres qui touchent leur houppier. En futaie régulière, la sélection des sujets se complique : « Il faut toujours travailler pour les plus beaux sujets, c’est-à-dire ceux qui présentent le plus de rectitude, qui sont les plus cylindriques, qui présentent le moins de blessures et un bon élagage ». Ces arbres une fois sélectionnés, il s’agit de travailler autour pour leur mettre « la tête au soleil, la tige à l’ombre et les pieds au frais ». En présence d’érables sycomores, qui ont la particularité d’avoir une écorce fine et lisse, il faut rester prudent lors des interventions : « Si on pratique une éclaircie trop brutale, les arbres peuvent souffrir de coups de soleil qui se traduisent par un décollement de l’écorce ».

La réunion s’est achevée autour d’un bel érable sycomore, dont l’écorce en écailles atteste une bonne quarantaine d’années. Contrairement au bois de frêne, celui de l’érable ne présente aucune altération lorsque le diamètre augmente. Aussi, si l’arbre est sain « il ne faut pas hésiter à le laisser augmenter de diamètre », indique Marc Debus, qui incite les forestiers à se manifester pour organiser des chantiers concertés. Ces derniers doivent permettre à plusieurs forestiers de valoriser de petites coupes, sans que le coût de l’opération ne vienne trop réduire la marge.

Finale mondiale de labour

Bertrand Rott, la persévérance incarnée

Technique

Publié le 11/11/2016

Cette année, la finale mondiale de labour se déroulait à York, en Angleterre, pays où l’art du labour fait figure de religion. Une finale qui s’annonçait donc de très haut niveau. Et pour laquelle l'Alsacien Bertrand Rott avait été sélectionné afin d'y représenter les couleurs de la France avec le Manchot Samuel Capell. Les compétiteurs étaient attendus du 8 au 11 septembre sur le site, le temps de procéder à des entraînements officiels avant d’entrer dans le vif du sujet. Mais, comme à son habitude, et comme tout champion qui se respecte, Bertrand Rott a peaufiné sa préparation. En tout, il est resté deux semaines sur place, histoire de bien s’imprégner de la terre d’York : « Je suis parti le 25 août. Avec les compétiteurs allemands, nous avons rejoint Rotterdam en voiture, de là nous avons pris le ferry jusqu’à Hull et il ne nous restait plus qu’une heure de voiture jusqu’à York. » Là, Bertrand Rott a récupéré son tracteur et sa charrue qui avaient emprunté un autre itinéraire : par camion jusque dans le Pas-de-Calais où Samuel Capell les a chargés avec son propre matériel, et a assuré le convoyage jusqu’en Angleterre. Une fois les laboureurs et leur matériel réunis, ils sont partis en quête de terres à labourer pour démarrer leur entraînement « non officiel » : « Les premiers jours, nous avons travaillé du sable noir, c’était vraiment autre chose que chez nous. Puis nous sommes allés dans un secteur où la terre était plus solide, moins sableuse. » Une terre assez similaire à celle à laquelle les compétiteurs ont eu affaire durant les deux jours de compétition, « une terre qui permet de faire du très beau labour, mais qui ne laisse passer aucune erreur car toutes les fautes se voient ». Bertrand Rott illustre son propos avec le cas de la dérayure finale : « Si on devait s’arrêter, le bord arrière du versoir laissait une trace qui se voyait ». Après cette phase d’entraînement « non officiel », Bertrand Rott est passé à la phase des entraînements officiels, mais « les réglages auxquels j’étais parvenu précédemment n’ont plus beaucoup bougé ».

Un bel ensemble, mais pas suffisant

Et puis le jour J est arrivé. Bertrand Rott, qui concourait dans la catégorie labour en planche, estime avoir « bien labouré » sur chaumes. Par contre, le jury a estimé qu’il ne respectait pas la bonne cote de profondeur, ce qui lui a valu huit points de pénalité, sans lesquels il aurait pu se placer 3e ou 4e en lieu et place de sa 7e position. Bertrand Rott explique : « Il fallait labourer entre 20 et 24 cm de profondeur. J’ai labouré à 20 cm de profondeur pour ne pas trop creuser, pour faire un beau labour, c’est vrai que j’ai joué avec le feu, mais j’ai préféré misé sur un bel aspect général ». Et si lui estimait être à 20 cm de profondeur, le jury a considéré le contraire. Le lendemain, sur prairie, Bertrand Rott estime aussi s’être « bien défendu » avec « une bonne ouverture, de bons ados, un bel ensemble… J’étais content de moi, c’était un labour régulier. Le sans-faute n’existe pas, mais il n’y avait pas de défaut majeur. Simplement, par rapport à ceux qui ont terminé avant moi, il aurait fallu que je fasse un peu mieux sur tous les aspects », concède Bertrand Rott, qui termine 10e, et qui ne peut s’empêcher de relever un podium exclusivement britannique, comme s’il était impossible de battre ces laboureurs sur leurs terres.

« Pourquoi j’arrêterai ? »

Classé 7e lors de la précédente édition en Nouvelle-Zélande, Bertrand Rott finit donc cette fois 9e au classement général. Mais il ne se laisse pas abattre, loin de là : « Pourquoi j’arrêterai, tant que je suis sélectionné ? Grâce à ma passion pour le labour, j’ai découvert des régions de France, des pays, que je n’aurais sans doute jamais visités sinon, je me suis fait des amis que je n’aurais pas rencontrés, et puis j’ai amélioré mon anglais ! » Aussi Bertrand Rott se présentera-t-il aux prochaines sélections pour la finale mondiale de labour qui auront lieu l’année prochaine dans l’Oise. S’il est à nouveau sélectionné, il pourra participer à la prochaine finale mondiale de labour, qui aura lieu… à Stuttgart, soit à moins de 130 km de chez Bertrand Rott. Une perspective qui le réjouit : « Je pourrai y aller en tracteur, il y aura moins de frais, je pourrai bien m’entraîner… ». Des conditions qui lui permettront de se hisser sur le podium ? Seul l’avenir nous le dira !

Claas Est

Inauguration d’un nouvel univers Claas à Thal-Drulingen

Technique

Publié le 09/11/2016

Adieu le site de Sarre-Union, vieillissant et obsolète, vive le site de Thal-Drulingen, pimpant et fonctionnel ! Jeudi 27 octobre, l’équipe du centre de Thal-Drulingen de Claas Est a fêté en grande pompe son installation dans ses nouveaux locaux. Tant qu’à déménager, autant le faire en voyant loin. La nouvelle concession a donc été aménagée en respectant les normes inscrites dans le plan « magasin concession 2020 » élaboré par le constructeur. « Cela signifie qu’en 2020, toutes les concessions Claas devront être conçues sur ce modèle », explique Nathalie Frey, assistante marketing à Claas Est. D’ailleurs, on ne parle plus de concession, ou de magasin, mais d’univers Claas. Un univers où la douzaine de salariés trouve des conditions de travail agréables, et les clients des réponses à leurs problématiques : « Alors que les nouvelles technologies se généralisent dans les équipements agricoles, nous voulons être au plus près de nos clients, pour mieux les servir », commente Nathalie Frey. Le site choisi pour implanter ce nouvel univers corrobore ces objectifs : en bordure d’autoroute, juste après une sortie, et bien visible de loin, il est en outre situé à la jonction entre le plateau lorrain et la plaine alsacienne, ce qui le rend accessible aux agriculteurs de ces deux zones géographiques.

Un investissement pour mieux servir

Jeudi 27 octobre après-midi, l’ensemble des clients et partenaires de Claas Est étaient conviés à découvrir ce nouveau site : « Nous avons invité tout notre fichier client, pour que l’ensemble de notre clientèle sache que nous investissons pour mieux les servir, ainsi que nos fournisseurs : Lemken, Legrand, Lucas G, Hatzenbichler… », indique Nathalie Frey. C’était aussi l’occasion de (re) découvrir l’ensemble de la gamme de matériel. La présence de l’ensemble des commerciaux de Claas Est sur le site, soit neuf personnes en tout, devant permettre à chaque visiteur d’obtenir les informations souhaitées. Une inauguration qui était aussi l’occasion de procéder à quelques offres commerciales : 15 % de remise sur tout le magasin, une promotion sur l’huile, et un jeu pour gagner une semaine de location d’un télescopique Scorpion Claas.

Un site conçu pour gagner en efficacité

Pierre Ledure, directeur de Claas Est, décrit un « centre de service de proximité », où il est possible aussi bien de venir s’approvisionner en pièces de rechange en libre-service, que de venir en chercher une plus spécifique en magasin, ou encore de faire effectuer une réparation à l’atelier. Pour cela, l’équipe du site de Thal-Drulingen dispose désormais d’un terrain de 5 000 m2 sur lequel se déploie un bâtiment de 1 000 m2, dont 650 sont dédiés à l’atelier, 300 au magasin et 50 aux bureaux. Le site est équipé d’une vidéosurveillance, qui permet de voir arriver les clients, sans forcément monopoliser une personne à l’accueil. Les écrans qui retransmettent les images capturées par les caméras sont placés dans le bureau du chef d’atelier : « C’est la tour de contrôle, le cœur de l’entreprise », indique Pierre Ledure. En effet, ce bureau est vitré sur deux de ses côtés, ce qui permet d’avoir de la visibilité à la fois sur l’atelier, où s’affairent six techniciens et deux apprentis, et sur le magasin. En outre, ce bureau communique directement avec celui du magasinier, afin de faciliter les échanges entre l’atelier, le magasin en libre-service et le stockage de pièces de rechange d’une capacité de 15 jours à trois semaines d’autonomie. Dans l’atelier, sous les fenêtres du responsable d’atelier, un espace a été prévu pour que les techniciens puissent remplir confortablement les ordres de réparation. Un espace similaire a été prévu à l’intérieur, pour davantage de confort en hiver. Le site est également pourvu de vestiaires et d’une salle de repos et de restauration qui peut se transformer en salle de réunion par le truchement de quelques cloisons coulissantes.

Dans l’atelier, transformé pour l’occasion en espace convivial de petite restauration, Julien Bayeurlait, technicien easy sur les quatre sites de Claas Est, présentait les consoles proposées par Claas : Copilot S7 pour le guidage et Copilot S10, à l’écran plus grand, pour le guidage et le pilotage d’outils. En fin de journée, vers 17 h, le nouvel univers Claas de Thal-Drulingen a été officiellement inauguré en présence des élus locaux et de représentants de Claas France et de Claas Réseau Agricole (CRA).

Cave du Roi Dagobert

Christophe Botté nouveau directeur

Vigne

Publié le 04/11/2016

Avant de présenter le successeur, dressons le bilan de son prédécesseur. Issu du monde agricole, Bernard Schaal est arrivé à la cave du Roi Dagobert en 2003, avec pour mission de développer la vente de vin en bouteilles au sein d’une coopérative jusqu’alors axée sur la vente en vrac. Bernard Schaal prend alors son bâton de pèlerin pour faire la promotion des vins de la coopérative auprès de la grande distribution. En 2004, il est la cheville ouvrière d’une vaste opération de communication : dans 45 Super U d’Alsace a lieu en simultané une animation sur l’accord asperges et vins d’Alsace, animée par 45 viticulteurs adhérant à la cave. « Depuis, nous nous sommes pris au jeu et nous en faisons trois à quatre par an », indique Claude Jung, vice-président de la cave du Roi Dagobert et président de l’Union Alliance Alsace. À l’issue de sa 14e année passée à la direction de la cave du Roi Dagobert, il n’est donc pas exagéré de dire que Bernard Schaal a brillamment rempli la principale mission qui lui avait été confiée puisque les ventes en vrac et en bouteille sont rééquilibrées. Une évolution qui est passée par un travail mené avec les viticulteurs pour élaborer des vins de qualité, et par un travail sur l’image, quasiment inexistant jusqu’alors, et qui s’est notamment traduit par un renouvellement du packaging des vins de la cave.

L’union fait la force - de vente

Bernard Schaal a aussi été l’homme des investissements : dans un nouveau vendangeoir en 2006, dans un nouveau caveau en 2010, dans une nouvelle unité dédiée à l’élaboration des crémants : « Nous produisions 1,5 million de cols de crémant, désormais nous en produisons 2 millions. La nouvelle unité de production de crémant est donc déjà saturée. En effet, cet objectif, que nous nous étions fixé à cinq ans, nous l’avons atteint en un an et demi », commente Lionel Lécuyer, directeur de l’Union Alliance Alsace. Transition toute trouvée pour évoquer une autre facette de la carrière de Bernard Schaal : celle de rassembleur. En cherchant à développer la vente de vins en bouteilles, il s’aperçoit rapidement qu’il entre en concurrence avec des partenaires et clients, notamment la cave de Turckheim, qu’elle approvisionne en vrac. En 2006 débute une période de fiançailles entre les deux entités qui s’achève en 2012 par la création du GIE Union Alliance Alsace. L’objectif : « Vendre ensemble au lieu de nous concurrencer, profiter d’une force de frappe commune pour placer les bons vins aux bons endroits », résume Claude Jung. Le GIE consiste donc en une mise en commun de moyens, les deux coopératives restant indépendantes : les investissements sur chaque site sont financés par chaque coopérative. C’est l’outil de production qui est financé par l’Union, à raison de 5 M€ et 3 M€ injectés dernièrement respectivement à Traenheim et à Turckheim. Désormais, l’Union Alliance Alsace est le plus gros metteur en marché de vins d’Alsace à avoir le statut de récoltant, ce qui lui interdit d’acheter du raisin de l’extérieur pour combler un éventuel manque de volume. D’ailleurs, l’Union est labellisée AgriConfiance, les coopérateurs sont donc également engagés dans la démarche, ce qui est vérifié par des audits internes et externes.

Développer les marques, conquérir Strasbourg

Après avoir été le bras droit de Bernard Schaal et après un interlude jurassien de huit années, Christophe Botté (lire notre portrait en page 2) retrouve donc une cave du Roi Dagobert métamorphosée : « En huit ans, les équipes n’ont pas chômé. Je découvre une entité qui a changé de dimension, avec un nouveau caveau, une spécialisation des sites de production, grâce à des investissements significatifs de près de 15 M€. Ce que je retrouve, ce sont les valeurs humaines, tant au niveau des sociétaires que des salariés de la cave, où règne une véritable culture d’entreprise », commente Christophe Botté. Ce dernier inscrit ses orientations dans la continuité de celles de son prédécesseur : faire tourner les outils de production, que ce soit en crémant ou en vin tranquille, le caveau, travailler les marques qui sont « l’avenir de l’entreprise ». Et puis la cave du Roi Dagobert ambitionne de se saisir d’un « marché d’envergure qui nous tend les bras », c’est-à-dire celui de Strasbourg. Certes, l’Union Alliance Alsace y est déjà représentée puisque les vins de la cave du Roi Dagobert sont référencés à la Nouvelle Douane. Mais d’autres canaux sont envisageables et envisagés, comme l’ouverture d’un magasin.

Fourrages

Des volte-face inattendues

Cultures

Publié le 25/10/2016

Il paraîtrait qu’il va faire froid cet hiver… Quelle bonne nouvelle ! Parce que c’est par l’hiver dernier doux qu’ont commencé les turpitudes traversées par les prairies alsaciennes en 2016 : « Avec la douceur hivernale, elles ont commencé à pousser tôt, puis, il ne s’est quasiment jamais arrêté de pleuvoir. Si la récolte n’a pas été faite le 7-8 mai, l’un des seuls créneaux qui s’est ouvert, elle s’est éternisée », rappelle Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Ce n’est finalement que fin juin-début juillet que les foins ont pu être rentrés. Et quel foin ! Dépassé en stade, souvent couché par les excès d’eau, donc maculé de terre…

Et puis, brusquement, tout s’est inversé. Une chose incroyable s’est produite : il s’est arrêté de pleuvoir ! Complètement. Si bien que « ceux qui avaient pu faucher en mai ou en juin ont encore eu de belles repousses, mais si les foins ont été faits mi-juillet, il n’y a pas eu de repousse, ou très petite, car après le 15 juillet, il n’y a quasiment plus eu de pluie », indique Laurent Fritzinger. Le coup de chaud de fin août-début septembre a fini de rendre les repousses misérables. « C’est dommage parce qu’au départ toutes les conditions étaient réunies pour faire une récolte de regain superbe. Mais finalement les prairies ont grillé parce que toute l’eau du printemps était inaccessible aux prairies qui puisent l’essentiel de leur ressource en eau dans les dix premiers centimètres du sol. Il y a donc eu très peu de repousses estivales et automnales. »

Autre conséquence du manque d’eau : dans les prairies pâturées, l’herbe ne pousse plus depuis mi-août. Les conditions permettent aux bêtes de rester à la pâture, qu’elles n’abîment pas, mais il faut compléter leur alimentation en les affourageant avec le foin de piètre qualité récolté précédemment. Fauché avec un mois de retard, au moins ne fait-il pas défaut. Mais, à lui seul, il ne nourrit pas suffisamment les bêtes et il faut donc compléter les rations avec de l’énergie : « Certes il remplit la panse, mais il ne nourrit pas plus, voire moins, qu’une bonne paille », assène Laurent Fritzinger.

Ensilage de qualité

Pour le maïs ensilage, le scénario est relativement similaire, mais pas les conséquences. Leur démarrage les pieds dans l’eau s’est traduit par des décalages de semis, des pertes de pieds, et surtout dans les zones où il se fait traditionnellement beaucoup de maïs ensilage, rapporte Laurent Fritzinger. Au final, 10 à 30 % de rendement en moins, et des maïs au gabarit plutôt court du fait de leur végétation durant le mois de mai. Du coup, bon nombre d’éleveurs ont dû ensiler plus de parcelles que d’habitude pour remplir leurs silos, ou acheter du maïs ensilage pour compléter leur propre récolte. Autant de maïs qui va manquer à la collecte de maïs grain. La qualité de ce maïs ensilage, récolté dans de bonnes conditions, est satisfaisante, avec un bon rapport épi-plante entière.

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