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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Commercialisation des matières premières agricoles

Apprendre à dompter les marchés à terme pour mieux gérer les risques

Pratique

Publié le 07/01/2017

« Durant leur cursus, les agriculteurs sont formés à produire. Et cela n’a pas changé depuis qu’ils sont exposés à la volatilité des prix. Notre objectif c’est de leur apprendre aussi à vendre leurs productions, et notamment en utilisant les marchés à terme », explique Renaud de Kerpoisson, président d’Offre et demande agricole (ODA), société de conseil indépendante spécialisée dans la gestion du risque des prix des matières premières agricoles, et qui propose de former et d’accompagner les agriculteurs à l’utilisation des marchés à terme.

Sécuriser sa marge, une priorité

En apprenant d'abord à lire les prix et ensuite à utiliser les marchés à terme, les agriculteurs peuvent avoir une vision anticipée du prix auquel ils pourront vendre leurs productions l’année suivante, les pré-vendre, et faire leurs choix de gestion de leur entreprise en conséquence. En effet, connaissant ses charges, l’agriculteur est en mesure de calculer une marge par hectare. Il peut alors adapter son assolement et ses itinéraires techniques, en levant le pied sur les intrants si les prix s’annoncent bas, et inversement… « Savoir utiliser les marchés à terme représente une aide à la prise des décisions de gestion. Les agriculteurs en retirent des informations particulièrement utiles en cette période de prix bas. Car, avec une bonne utilisation des marchés à terme, on peut absorber jusqu’à 80 % du risque lié à la volatilité des cours », poursuit Renaud de Kerpoisson.

Un apprentissage sur la durée

Concrètement, l’agriculteur a accès aux marchés à terme via des services proposés par la majorité des banques, certains courtiers ou encore ODA, qui est agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Des agréments qui lui permettent de proposer des formations aux marchés à terme (lire en encadré), ainsi que l’accompagnement des agriculteurs au fil des ans. « Les formations que nous proposons visent à faire découvrir cet univers aux agriculteurs. Mais trois jours de formation, cela reste un peu juste pour maîtriser les marchés à terme. C’est pourquoi il existe des clubs qui ont pour objectif d’accompagner les agriculteurs dans leur transition de la théorie à la pratique. Dans ce cadre, les agriculteurs ont la possibilité de rencontrer un consultant d’ODA une fois par mois, et de bénéficier d’informations et d’analyses sur les marchés », indique Renaud de Kerpoisson.

Les agriculteurs restent membres de ces clubs pendant au moins deux, voire trois ans, avant de voler de leurs propres ailes. Durant ce laps de temps, ils seront forcément confrontés à des situations différentes chaque année, que ce soit pour des raisons météorologiques ou économiques. L’objectif est donc de leur donner les outils nécessaires pour appréhender la plupart des situations. Mais Renaud de Kerpoisson souligne : « En faisant le choix d'utiliser les marchés à terme, les agriculteurs font le choix d’apprendre un nouveau métier. Cela va leur demander d’y consacrer au moins un quart d’heure par jour, une journée par mois… » Pour les y aider, ODA propose aussi une série d’outils, comme une application dédiée.

Le lait aussi

En France 13 000 agriculteurs ont été formés par ODA, essentiellement des céréaliers. En effet les marchés à terme ont d’abord été développés pour le colza, le blé puis le maïs. Mais ils concernent aussi désormais le lait : « L’éleveur passe toujours par sa coopérative, mais celle-ci peut pré-vendre sa production en connaissant le prix du beurre, de la poudre, du lactosérum et en répercutant ces prix sur la rémunération de l’éleveur, qui peut donc se protéger des variations de prix, mieux appréhender les risques et mieux gérer son troupeau, ses rations… »

Fertilisation soufrée du maïs grain

Un luxe superflu

Cultures

Publié le 02/01/2017

Le soufre constitue un élément majeur de la nutrition des plantes. « Il intervient dans la synthèse des protéines et notamment de la chlorophylle », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à l’Adar des Deux Pays. Pour autant, la quantité de soufre absorbée par les plantes est relativement faible : « Pour produire un rendement de 100 q/ha, le maïs doit absorber environ 23 unités de SO2 par ha, contre 143 unités d’azote », indique Laurent Fritzinger. Et laisser au sol 6 tonnes de paille de maïs par hectare revient à y ramener environ 7 unités de SO2/ha, soit pas grand-chose.

Des besoins linéaires

Le cycle du soufre est très similaire à celui de l’azote : « Il est stocké dans le sol, où il est essentiellement lié à la matière organique et aux argiles. Pour qu’il puisse être absorbé par les plantes, le soufre doit d’abord être minéralisé. Un processus qui nécessite de la chaleur et de l’humidité, et qui a donc lieu essentiellement de mai à août, parfois aussi à l’automne. » Les origines du soufre absorbé par les plantes sont nombreuses : soufre sous forme minérale issue du sol, soufre en provenance des engrais (azote soufré, fumier, lisier), soufre issu des résidus végétaux, des pluies acides - avec une nette réduction de cette dernière source depuis les 30 dernières années et l’atténuation des émissions industrielles de SO2 dans l’atmosphère. S’il n’est pas absorbé par les plantes, le soufre minéral peut être lessivé avec les eaux de drainage, sous forme sulfate. Alors que les besoins en azote et en potasse augmentent fortement à partir du stade 6-8 feuilles du maïs, ses besoins en soufre s’avèrent plus linéaires et aussi plus faibles.

En année « normale », le drainage hiver est supérieur au drainage estival. Mais en 2016, le drainage estival s’est avéré supérieur au drainage hivernal quel que soit le type de sol, car ils étaient saturés par les précipitations printanières élevées. Avec un drainage estival quasiment doublé, il y avait donc un risque de perte du soufre et de carences en soufre. Dès lors, peut-il s’avérer pertinent d’amener du soufre cette année pour compenser ces éventuelles pertes par lessivage ?

Fumier et lisier bien pourvus en soufre

Pour répondre à cette question, il faut connaître le niveau de fourniture potentiel du sol. Or une analyse de terre classique mesure le stock de soufre, pas le soufre disponible pour les plantes. Il s’agit donc d’un critère qui manque de pertinence. Par contre une autre analyse, la méthode Scott, permet d’estimer la quantité de soufre facilement disponible. En outre, il est possible d’effectuer des analyses du soufre contenu dans les feuilles, mais le résultat s’avère trop tardif pour envisager une correction en cas de carence.

Une carence en soufre peut par contre être détectée au champ, dès lors qu’on en connaît les symptômes. Laurent Fritzinger décrit : « La croissance est retardée, les feuilles sont en pointe, de couleur jaune. Lorsqu’on les regarde de plus près on constate que la nervure est verte mais que le reste de la feuille est jaune, sauf les bords qui sont bruns. Ce sont les feuilles du haut, les plus jeunes, qui présentent les symptômes d’une carence en soufre, alors qu’une carence en azote s’exprime plutôt sur les feuilles du bas. Enfin, ce n’est jamais la parcelle entière qui exprime ces symptômes. »

Les apports en soufre peuvent être réalisés sous de nombreuses formes (sulfate, superphosphate soufré, sulfate de potassium). À noter que 40 t/ha de fumier amènent 40 à 60 kg de soufre par hectare, qui plus est sous forme assimilable. Donc qu’un apport tous les deux ans couvre les besoins du maïs.

La fourniture du sol très souvent suffisante

La Chambre d'agriculture d’Alsace a mené deux essais sur la fertilisation soufrée à Helsenheim et à Sainte-Croix-en-Plaine. Ils ont permis de mettre en évidence que la forme de l’engrais soufré utilisé n’a pas d’effet significatif sur le rendement, que ce soit en plein ou en localisé au semis. D’ailleurs, il n’y a pas non plus d’effet de la fertilisation soufrée tout court. « Nous n’avons pas observé de carence, mais le stock de soufre ne devait pas être exceptionnellement élevé non plus », commente Laurent Fritzinger.

Conclusion : il n’y a rien à gagner à effectuer une fertilisation soufrée. En fait, les sols fournissent suffisamment de soufre en année normale. Au cours d’une année atypique comme 2016, des symptômes de carence transitoire peuvent apparaître, car même s’il y a du stock de soufre dans le sol, il peut venir à manquer sous forme assimilable de manière transitoire. « En tout cas il ne sert à rien de systématiser les apports car même en 2016 nous n’avons constaté aucun effet de l’apport de soufre sur le rendement », conclut Laurent Fritzinger.

Soja

Une culture qui s'en sort relativement bien

Cultures

Publié le 23/12/2016

Comme le maïs, le soja a été semé plus tard qu’en année « normale » et accusait un décalage des stades de développement en début de cycle. Sous l’effet du printemps humide, le soja a poussé doucement. « Il a parfois eu du mal à détoxifier les résidus de produits phytosanitaires, ce qui a pu entraîner de la verse, des retards de croissance, du jaunissement, un affaiblissement du collet… », décrit Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La nodulation a aussi été plus tardive, donc la fixation de l’azote atmosphérique aussi.

Mais, en juin, la floraison s’est faite dans de bonnes conditions (en moyenne le 20 juin), donc le nombre de gousses était bon (environ 890 par mètre carré), ainsi que le nombre de grains par gousse. Et le retard au démarrage a été peu à peu rattrapé. Moins sensible au stress thermique que le maïs, le soja a ensuite bénéficié d’un bon remplissage. Le faible niveau des précipitations estivales a été un facteur limitant en fin de cycle, quoiqu’assez peu impactant en sol profond. « En situation irriguée le manque de précipitations a pu être limité par un à deux tours d’eau », précise Mickaël Haffner. En fin de campagne, le soja a desséché rapidement. Il a donc pu être récolté entre 11 et 16 % d’humidité. «Au final le rendement régional moyen se situe à 30 q/ha en situation non irriguée et à 40 q/ha en situation irriguée, pour un prix moyen qui se situe actuellement à environ 380 €/t.» Sans oublier les effets bénéfiques du soja sur le suivant, liés notamment à sa capacité à fixer l’azote atmosphérique.

Soigner la récolte

Comme en maïs, plusieurs stratégies de désherbage sont envisageables (figure 1) : prélevée (figure 2), pré- et post-levée (figure 3) ou tout en post-levée (figure 4). « Le désherbage mixte, qui combine les solutions chimiques et mécaniques, comme le binage, constitue une piste à travailler », note Mickaël Haffner. Côté bioagresseurs, le soja est pris pour cible par la vanesse de l’artichaut, la punaise verte, mais relativement peu en Alsace. La principale maladie fongique est causée par Rhizoctonia solani. Elle provoque des lésions brunes et rouges sur le collet, du jaunissement, des retards de croissance et une faible nodulation. « Ce champignon affectant aussi le maïs et la betterave, il est donc préconisé d’éviter ces précédents avant soja et de limiter le tassement et les structures compactées », indique Mickaël Haffner. Enfin, la récolte du soja peut s’avérer délicate, car les premières gousses sont situées à 8 cm du sol : « On peut perdre ou gagner 5 q, donc il est important de bien niveler le sol au semis, de bien régler la vitesse d’avancement et la hauteur de la barre de coupe, voire d’utiliser des barres de coupe flexibles. »

Maïs grain

Clôturer 2016 et préparer 2017

Cultures

Publié le 21/12/2016

Trop d’eau, puis plus assez. Tel a été le retournement de situation auquel les agriculteurs ont été confrontés durant la campagne 2016. Une dualité qui s’est traduite par « des semis délicats dans des sols détrempés », rappelle Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La fréquence des précipitations était telle que peu de fenêtres de semis se sont présentées. Il y en a eu trois principales, autour du 10 avril, fin avril, puis vers le 7 mai. Puis, en raison des conditions fraîches, les levées ont été lentes, « mais se sont tout de même avérées correctes ». Et l’humidité constante a tout de même eu un effet positif : la bonne efficacité des herbicides de prélevée. Mais, fin mai, d’intenses précipitations localisées ont entraîné des inondations, des coulées d’eau boueuse. Des épisodes de grêle sont également à déplorer. La présence prolongée d’eau stagnante a entraîné des phénomènes d’asphyxie racinaire, donc une croissance ralentie des plantes. Et il a été difficile de trouver des créneaux pour effectuer les désherbages de rattrapage.

Un retard au départ rattrapé à la récolte

L’été est arrivé. Et s’est avéré chaud et sec, à l’opposé du printemps. Résultat : « Des stress hydriques marqués, des remplissages en déficit ». Et le retard qu’accusaient les cultures au début de la campagne a fini par être rattrapé. L’automne, assez normal au regard des affres météorologiques précédentes, a permis une récolte dans de bonnes conditions, hormis un épisode de gel précoce le 12 octobre, dans le Sundgau, qui a stoppé net l’évolution du maïs. Cette année bipolaire se solde finalement par un rendement moyen de 100 q/ha, avec des extrêmes allant de 70 à 150 q/ha, et une bonne qualité sanitaire.

Comparé aux années précédentes, le cycle du maïs a été plus tardif en 2016 : « Les semis ont été plus étalés et retardés. Un retard qui persiste à la levée, au stade 6-8 feuilles, puis commence à être rattrapé au mois d’août, jusqu’à ce que le manque d’eau précipite les récoltes », indique Mickaël Haffner.

Les précipitations, facteur discriminant du rendement

Ce bilan de campagne, que l’on peut dresser pour l’ensemble de la région sans trop se tromper, cache néanmoins des situations très disparates en fonction des secteurs et qui s’expliquent surtout par l’abondance des précipitations. En comparant le PMG de maïs cultivés sur trois sites d’essai, la Chambre d'agriculture d’Alsace a pu constater qu’entre Westhouse et Morsbronn-les-Bains le PMG chutait de 15 % et qu’entre Morsbronn-les-Bains et Stutzheim il chutait encore une fois de 10 %. « Pourtant, à Stutzheim, il y avait davantage de grains par mètre carré que dans les deux autres sites, mais comme il n’y a quasiment pas eu de précipitations en été, ces grains n’ont pas pu se remplir », explique Mickaël Haffner. Contrairement à Westhouse, où les grains, présents en quantité suffisante, se sont remplis à la faveur de quelques épisodes pluvieux au mois d’août.

Résultat, les rendements pouvaient atteindre 145 q/ha. À Battenheim, lorsque l’irrigation a permis de gommer les effets du manque de précipitations, les rendements ont atteint 147 q/ha. Tandis que dans le secteur de Dannemarie, il y a d’abord eu une chute du nombre de grains par mètre carré, puis un épisode de gel qui est venu contrecarrer un PMG qui était correct. Au final, le rendement moyen sur ce secteur plafonne à 85 q/ha.

Peu de ravageurs

Côté ravageur, la campagne a été assez calme. En l’absence d’un hiver rude la nymphose des pyrales s’est faite assez tôt, et le pic de vol a eu lieu de début à mi-juillet. Peu de pontes et peu de dégâts ont été constatés. La progression de la chrysomèle des racines du maïs suit son cours : cette année plus de 4 000 individus ont été piégés dans le réseau de surveillance. La fusariose des épis est restée discrète, tant en termes de fréquence que d’intensité des symptômes. Par contre, des symptômes de fusariose des tiges ont localement pu être constatés. « Ils s’expliquent par une remobilisation des réserves de la plante vers le grain durant les coups de chaud et de sec au mois d’août », indique Mickaël Haffner.

Ovinpiades des jeunes bergers : immersion dans le métier d’éleveur ovin

Élevage

Publié le 16/12/2016

Il est 14 h à Preuschdorf, la bergerie de Stéphane Huchot est calme, on entendrait presque les mouches voler, si elles n’étaient frigorifiées par les températures hivernales. Seules quelques brebis et leurs agneaux bêlent de temps à autre. Le calme avant la tempête. Car les 34 élèves participants aux Ovinpiades des jeunes bergers en Alsace sont sur le point de revenir de leur pause déjeuner et de passer les ultimes épreuves avant la divulgation des résultats.

Faire connaître une filière qui recrute

Tout l’objet de cette compétition organisée par Interbev Ovins et l’ensemble de la filière ovine est de promouvoir le métier d’éleveur ovin et de susciter de nouvelles vocations auprès des élèves des établissements agricoles. En effet, depuis quelques années, la filière ovine cherche à installer des nouveaux éleveurs de brebis en France. Car au cours de la prochaine décennie, 61 % des éleveurs de brebis allaitantes et 39 % des éleveurs de brebis laitières partiront à la retraite. Pour assurer le renouvellement de ses générations mais également le maintien de sa production, la filière ovine doit donc installer près de 10 000 éleveurs dans le même temps.

Et les atouts de cette production ne manquent pas : une Politique agricole commune favorable, un bon maintien des prix, une adaptabilité remarquable des animaux offrant un large panel de conduites d’élevage possibles, une demande en viande d’agneau supérieure à l’offre, des débouchés variés, des opportunités dans les démarches qualité… Et argument non négligeable, les investissements nécessaires étant modérés, le retour sur investissement est rapide. Avec le programme Inn’ovin, la filière se mobilise pour relever les défis de demain : créer plus d’emplois sur l’ensemble du territoire pour satisfaire la demande en agneaux et en lait, et rendre ce métier plus attractif en permettant à l’éleveur de dégager un meilleur revenu tout en travaillant dans de meilleures conditions. Des axes de travail ont été identifiés pour favoriser les installations, accroître les performances technico-économiques, améliorer les conditions de travail et produire durable.

Plus qu’un concours, une découverte

Dans le cadre de ce recrutement de nouveaux éleveurs, les Ovinpiades des jeunes bergers sont une invitation à découvrir le métier d’éleveur ovin de l’intérieur, à travers des gestes concrets et des échanges avec des professionnels. Ces quatre dernières années, le concours a permis à plus de 4 000 élèves de manipuler des brebis et de se projeter dans cette production qu’ils connaissent peu ou pas du tout, et en même temps d’en avoir une image plus positive. Outre la technicité et la modernité de cet élevage, ils découvrent aussi son potentiel : organisation du travail, équipement, aide à l’installation, conduite d’élevage…

Car avant les épreuves proprement dites, les élèves se sont entraînés au sein de plusieurs exploitations ovines, encadrés par les éleveurs, leurs professeurs de zootechnie et Jean-Pierre Saulet Moes, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Une manière de se familiariser aux épreuves (qui ne sont autres que la reproduction de gestes quotidiens d’un éleveur ovin) et de découvrir la diversité des modes de production ovine. Et mardi 13 décembre, c’était le grand oral : les élèves se sont soumis à différentes épreuves alliant théorie et pratique. Pour chaque épreuve, le jury était composé de deux membres (éleveur, technicien et/ou enseignant agricole).

  • Trier les brebis avec un lecteur électronique
  • Apprécier la santé d’une brebis
  • Manipuler et évaluer l’état corporel d’une brebis
  • Évaluer l’état d’engraissement des agneaux
  • Parer les onglons

Avant ces épreuves pratiques, les élèves avaient auparavant participé à un quiz destiné à valider les connaissances sur l’élevage ovin : filière, alimentation, reproduction, génétique, santé, reconnaissance de races… Comme au niveau national, c’est en partie ce quiz qui a permis de départager les deux vainqueurs puisque Thomas Schneider et Tania Werly, les deux finalistes, y ont obtenu de bons résultats. Ils iront tous les deux défendre les couleurs de l’Alsace lors de la finale nationale, qui se déroulera le samedi 25 février au Salon international de l’agriculture à Paris. Mais avant cela, Jean-Pierre Saulet-Moes et Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin, les ont incités à s’entraîner. En tout cas, ils ne couperont pas à quelques séances d’entraînement pour peaufiner une épreuve qui a été écartée lors de cette finale territoriale et qui consiste à choisir le bélier le plus qualifié pour répondre à une problématique d’élevage tirée au sort.

 

Le Valtra Démo Tour 2016 en Alsace

Un Valtra sinon rien

Technique

Publié le 14/12/2016

Le Valtra Démo Tour, c’est une caravane Valtra qui fait le tour de l’Europe. « 21 étapes sont prévues en France, celle-ci fait partie des dernières. L’objectif, c’est de se déplacer au plus près des agriculteurs », explique Margaux Laboisse, responsable marketing Valtra Grand Est. Six salariés de l’entreprise étaient présents sur place toute la journée pour aider l’équipe d’Agri Mécanique à accueillir les clients, présenter les tracteurs. Le constructeur apporte aussi un important soutien logistique puisque la caravane comprend aussi une douzaine de tracteurs, une tente, un bar, quelques tables hautes et un coin salon destinés à accueillir les visiteurs pour des temps de restauration en toute convivialité. « C’est la première fois que je fais venir le Valtra Demo Tour. Plutôt qu’une opération portes ouvertes classiques, j’ai eu envie d’organiser un événement axé sur les tracteurs, pour mieux cibler les clients », explique Philippe Bontemps, le gérant d’Agri Mécanique, concessionnaire Valtra depuis les origines, en 2004. Une initiative qui a semble-t-il porté ses fruits puisqu’en milieu de journée, de nombreux agriculteurs examinaient de près les tracteurs en statique, ou s’adonnaient à des essais de manutention avec des tracteurs équipés d’un chargeur, de conduite sur route ou au champ, avec un technicien de la marque et des tracteurs équipés d’une charrue, d’un déchaumeur à disques ou à dents.

Le Valtra Démo Tour était aussi l’occasion de voir le tracteur qui détient le record du monde de vitesse sur neige : un T234 direct, équipé de pneumatiques Nokian cloutés spécialement conçu pour rouler sur la neige. Piloté par le pilote de rally Kankkunen Juha, le tracteur a atteint la vitesse de 130,165 km/h.

Pomme de terre

Une culture de diversification intéressante

Cultures

Publié le 14/12/2016

La filière pomme de terre a vu le jour en Alsace en 2000, par le regroupement de quelques producteurs. Dès l’année suivante, une section pomme de terre a été créée au Comptoir agricole, ainsi que la marque Reine Anne, clin d’œil à l’ancrage territorial de la production : des producteurs alsaciens qui écoulent leur production sur le bassin rhénan. En 2007, le Comptoir agricole investit dans sa chaîne de conditionnement en l’équipant d’un trieur optique. À l’heure actuelle, le Comptoir agricole conditionne chaque année quelque 5 000 tonnes de pommes de terre, mais la coopérative se fixe pour objectif d’atteindre les 6 000 à 6 500 t de pommes de terre conditionnées. Pour l’instant, la production locale n’y suffit pas et le Comptoir agricole est contraint de s’approvisionner auprès d’autres origines.

« C’est pourquoi nous aimerions recruter de nouveaux producteurs en Alsace », indique Sarah Ramos-Schneider, qui égrène les atouts de la production de pommes de terre. Le premier, et non des moindres par le temps qui courent, c’est que c’est une culture qui requiert peu d’investissements puisque la plupart du matériel est accessible au sein d’une Cuma. Tous les approvisionnements (plants, engrais, produits de protection des cultures) peuvent être gérés par le Comptoir agricole. En outre, les équipes du service agronomie et environnement suivent de près les parcelles et guident les producteurs dans leurs choix techniques. « La pomme de terre requiert un suivi technique pointu et l’aspect visuel des tubercules est important », note Sarah Ramos-Schneider. Après la récolte, le Comptoir agricole gère le stockage et le conditionnement des pommes de terre. Les adhérents apportent leur récolte du champ dans des palox qui sont mis à leur disposition. Ces dernières sont stockées sur cinq sites différents, ce qui permet de limiter les déplacements. Elles restent au froid en attendant leur utilisation. Elles sont alors nettoyées, séparées de la grenaille, épierrées, lavées, polies (sauf les pommes de terre précoces), retriées dans un trieur optique, puis conditionnées en filets de 2,5 ou 5 kg et enfin expédiées.

Une culture rémunératrice

Dans un marché alsacien de la pomme de terre très concurrentiel, le Comptoir agricole cible essentiellement les grandes et moyennes surfaces, les industriels et les grossistes. Le mode de rémunération des producteurs dépend du type de pommes de terre produites : les précoces bénéficient d’un prix net défini chaque semaine en fonction des marchés, les pommes de terre de conservation d’un prix minimal garanti avec plusieurs acomptes et un définitif lors du déstockage, les pommes de terre destinées à l’industrie d’un prix fixe garanti.

Christian Schneider, responsable du groupe céréale et Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture, font tous les deux partie des producteurs de pommes de terre alsaciens. Ils ont pu témoigner du bon chiffre d’affaires que la culture permet de dégager. Même si, comme toute autre culture, les résultats fluctuent en fonction des années. Ainsi, en 2016, le rendement chez Véronique Klein, où les pommes de terre sont conduites en bio, a fortement diminué. Chez Christian Schneider il a été davantage maintenu, mais au prix de nombreuses interventions phytosanitaires.

Des stratégies pour complémenter les rations hivernales en bio

Élevage

Publié le 13/12/2016

« La collecte laitière totale pour 2016 est estimée à 148 millions de litres (Ml) contre 150 Ml en 2015 », annonce Jérémy Stammbach, d’Unicoolait. Ce litrage est produit par 315 producteurs, dont 59 en bio, qui produisent 24 Ml de lait soit 16 % du volume total collecté par la laiterie. Pour le mois de novembre, la collecte enregistre une baisse de 10 %, plus marquée en bio (- 12,5 %) qu’en conventionnel (- 9,5 %). Or, comme le lait bio d’Unicoolait représente 20 % de tout le lait bio collecté par Laclatis, « il est important de pouvoir continuer à produire du lait, même avec des fourrages peu qualitatifs », poursuit Jérémy Stammbach.

Des valeurs alimentaires disparates en fonction des coupes

Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace, est revenu sur la campagne fourragère 2016. Ceux qui ont pu faire des premières coupes tôt, autour du 8 mai, ont eu le nez creux. En effet, la valeur alimentaire de ce fourrage s’avère bonne à très bonne : « Très digestible, avec peu de cellulose, ce fourrage a donné du lait, mais il y en a eu peu. » La majorité des éleveurs ont en effet effectué la première coupe autour du 22 mai, après une période humide. Résultat, la valeur alimentaire a plongé, surtout au niveau de la Matière azotée totale (MAT). L’ingestion de ces fourrages est donc plus faible. La deuxième coupe affichait en moyenne un niveau azoté bas, et des unités fourragères (UF) comprises entre 0,8 et 0,9, conséquence d’un faible niveau de tallage, donc d’une faible proportion de feuilles par rapport aux tiges. La troisième coupe est « un peu meilleure », surtout du point de vue des matières azotées.

Des stocks limités

À ces fourrages de maigre qualité il faut ajouter d’autres contraintes. Le stock d’ensilage d’herbe risque de s’avérer parfois limitant. Le rendement du maïs ensilage est faible (de 2 à 6 t MS/ha) donc cela représente une perte de fourrage qu’il faut combler. Or la rareté du maïs ensilage le rend cher. Le foin est de qualité médiocre : « Même si parfois l’appétence est sauvée, sa valeur alimentaire est pénalisante ». Le stock de céréales est insuffisant puisque les rendements oscillent entre 15 et 35 q/ha, la moyenne se situant entre 22 et 25 q/ha. Enfin, de manière généralisée, les systèmes sont de plus en plus tendus en matière d’autonomie fourragère : « La productivité augmente mais pas les surfaces, donc il y a moins de surfaces dédiées aux céréales puisque celles dédiées à la production de fourrages augmentent », analyse Philippe Le Stanguennec.

Des baisses de production liées aux fourrages

Philippe Le Stanguennec a comparé deux types de rations. La première est élaborée avec de « bons » fourrages, elle permet une ingestion totale de 19,4 kg de MS et autorise une production de lait de 25 l. La seconde a été élaborée avec des fourrages dont les valeurs alimentaires correspondent à ceux de 2016. L’encombrement étant plus élevé, l’ingestion diminue à 16,9 kg de MS donc la quantité de lait permise à 16 l. En imaginant une complémentation avec 3 kg de VL 35, Philippe Le Stanguennec estime qu’on arriverait au même niveau d’ingestion, mais pas à atteindre les 25 l/vache.

Complémenter sans acharnement

Voilà pour le constat. Philippe Le Stanguennec a énuméré une série de propositions de solutions pour complémenter les rations : acheter des céréales en Alsace ou en Lorraine, voire dans d’autres régions, mais alors de manière groupée afin de réduire les coûts de transport et de logistique, garder son blé, acheter des bouchons de luzerne et les mélanger avec des céréales aplaties (compter 260 €/t par camion de 30 t et 310 €/t par 3 t), acheter du maïs grain ou du maïs épi, « il y a souvent une bonne réponse mais le manque de disponibilité entraîne des prix élevés » (260 €/t pour du maïs épi ensilé), compléter les rations avec du VL 18 (500 €/t) sur des fourrages riches en MAT ou du VL 26 à 35 (650-750 €/t) sur les fourrages moins riches en MAT. Mais l’intérêt d’acheter de l’aliment se discute : « Il s’agit de comparer la réponse obtenue et le coût. Car l’investissement ne se justifie pas toujours, notamment sur des déficits de production marginaux ». Et puis la réponse des vaches n’est pas la même selon leur état : « Une vache fraîchement vêlée, ou qui va vêler, répond mieux qu’une en fin de lactation. En moyenne en 2013-2014, 1 kg de VL 32 permettait de gagner de 1,5 à 2 l de lait. » Enfin, l’alternative à l’achat d’aliments, c’est le panachage des coupes sur l’hiver, en fonction des stocks, pour essayer d’équilibrer et d’homogénéiser la ration sur tout l’hiver, et de la complémenter avec du correcteur azoté et les céréales disponibles. Et puis il est aussi possible d’acheter en commun du fourrage de base si les stocks venaient à s’épuiser trop tôt.

Comptoir agricole : déploiement du service de télédétection Farmstar

Cultures

Publié le 12/12/2016

Le Comptoir agricole a décidé de confier la télédétection du blé à la technologie Farmstar, qui combine des images issues de capteurs utilisant différents vecteurs (satellite, avion) à des algorithmes agronomiques. « La technologie Farmstar est le fruit de la combinaison du savoir-faire d’Airbus Defence and Space dans l’analyse d’images issues de la télédétection et de l’expertise agronomique d’Arvalis-Institut du végétal et Terres Inovia, ce qui lui confère une certaine caution technique. Testé depuis les années 2000, Farmstar a été lancé en 2004, ce qui en fait l’un des outils de télédétection les plus anciens sur le marché. Une antériorité qui lui a permis d’acquérir une certaine robustesse. Et de séduire un certain nombre de coopératives. L’année dernière ce service a été déployé sur 900 000 hectares en France », explique Matthieu Luthier, responsable développement et communication au Comptoir agricole.

Une offre de télédétection plus complète

Le tarif pour bénéficier de Farmstar sera un peu plus élevé que celui de la télédétection par drone de l’année dernière, ce qui se justifie par une prestation de service plus élaborée. En ce qui concerne la fertilisation azotée, l’adhérent reçoit fin février une estimation de la dose totale prévisionnelle d’azote à apporter pour chaque parcelle. Au stade épi 1 cm, l’adhérent reçoit un conseil sur la dose à apporter. Et, grâce à la télédétection de la biomasse, une carte visant à moduler cette dose au sein de la parcelle est fournie sur le deuxième apport. Enfin, la télédétection permet d’évaluer les besoins en azote en fin de cycle, donc la pertinence d’un troisième apport, et d’élaborer une carte de modulation de cet apport. « La mesure du satellite permet de calculer finement la dose à apporter car les mesures observées sont mises en correspondance, via les modèles agronomiques, avec l’indice de nutrition azotée du blé », détaille Matthieu Luthier.

L’offre Farmstar inclut des données concernant l’état des cultures. Au printemps les agriculteurs reçoivent un bilan de croissance au redressement, qui reflète l’évolution de la densité de tiges du stade 3 feuilles au stade épi 1 cm, un indicateur obtenu grâce à la télédétection de la biomasse et qui renseigne sur l’état de santé de la culture. Puis l’adhérent est renseigné sur le potentiel de rendement à dernière feuille. Farmstar inclut aussi l’estimation du risque de verse en sortie d’hiver, puis au stade 1 à 2 nœuds. À ce stade, le niveau de risque est modulé au sein de la parcelle grâce à la télédétection de l’indice de végétation, combiné à des paramètres agronomiques. Ce qui aboutit à la production de cartes de modulation de la dose de régulateur qu’il convient éventuellement d’appliquer.

L’estimation du risque piétin verse et fusariose fait partie de l’offre de base. Une option payante permet de l’étendre à la septoriose et à la rouille. Les adhérents reçoivent une estimation du risque piétin verse et fusariose obtenue par la combinaison d’informations météorologiques et agronomiques dans des grilles de risque. Plus tard dans la saison, le niveau de risque piétin verse est actualisé grâce à l’intégration d’une mesure satellitaire de la biomasse. En juin, les adhérents reçoivent des conseils en matière de protection contre la fusariose, à partir du niveau de risque estimé en début de campagne, de la variété et des conditions météorologiques. La date d’application idéale d’une solution de protection étant intimement corrélée à celle de la floraison, Farmstar aide les agriculteurs à positionner le stade floraison de leurs parcelles.

Techniques Agricoles

L’activité se recentre sur deux sites

Technique

Publié le 12/12/2016

Désormais, l’activité du concessionnaire agricole se déploie sur deux sites : Hohengœft au nord de sa zone de chalandise, et Berrwiller au sud. « Nous avons procédé à des investissements pour rénover les bâtiments sur ces deux sites. Les magasins, notamment la partie libre-service, ont été entièrement réaménagés, avec une nouvelle signalétique. Et puis nos équipes ont été renforcées sur ces sites, notamment grâce à la réaffectation d’une partie du personnel en provenance d’Ittenheim et Huttenheim », explique Claude Hauer, directeur général de Techniques Agricoles SAS.

Avec 34 personnes, dont des apprentis, qui œuvrent à la satisfaction de la clientèle depuis les deux sites, la volonté de procurer un service de qualité reste inchangée. Cela passe notamment par une expansion du service mobile. Ainsi, le site de Hohengœft est désormais équipé de trois véhicules d’intervention qui permettent d’effectuer des dépannages sur site avec une grande réactivité. En outre, le fait d’avoir concentré les équipes a aussi permis de gagner en efficacité puisque les compétences se trouvent rassemblées sur deux sites. « Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir quant à la pérennité des sites de Hohengœft et de Berrwiller », assure Claude Hauer.

Sobrement efficaces

Mercredi 16 novembre, Techniques Agricoles organisait une journée portes ouvertes avec ses partenaires Deutz-Fahr et Kuhn. L’occasion de présenter cette nouvelle organisation, mais aussi de tester du matériel agricole, et notamment des tracteurs Deutz-Fahr, dont la série 9 et ses 300 ch de puissance. « Les tracteurs Deutz-Fahr sont reconnus pour la diversité de la gamme. Une offre large qui permet de répondre à toutes les attentes, du tracteur le plus simple au plus sophistiqué, notamment en termes de nouvelles technologies, comme l’autoguidage satellitaire par GPS. Les tracteurs développant de 100 à 340 ch sont équipés de la variation continue. Et les dernières séries ont été entièrement relookées », indique Patrick Dodane, responsable régional des ventes. Mais ce qui fait surtout la notoriété des tracteurs Deutz-Fahr, c’est « leur sobriété ». Une consommation de carburant modérée appréciable en temps de crise…

Rendez-vous les 15 et 16 décembre

Lors de cette journée, les visiteurs pouvaient profiter de différentes promotions, sur les pneus, l’huile… « C’est aussi un moment de convivialité, d’échange… Nos équipes sont à disposition des clients pour répondre à leurs questions », souligne Claude Hauer. Enfin, c’était également l’occasion d’annoncer aux visiteurs le prochain événement Deutz-Fahr : la marque sera en effet présente en Alsace les 15 et 16 décembre pour présenter sa nouvelle gamme, constituée des séries 6 et 7, au cours d’une opération nationale.

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