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Anny Haeffelé

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Cœur d’élevage : c’est dommage !

Élevage

Publié le 10/05/2018

Le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Laurent Wendlinger, est le premier à regretter cette annulation. « Le projet était ambitieux et devait prendre la suite d’Eurogénétique. Une des complexités de cette manifestation semble précisément être son ampleur. Tous les partenaires économiques et financiers ne sont visiblement pas prêts à s’inscrire dans un projet aussi important. Et le lien n’a peut-être pas été fait suffisamment avec la manifestation spinalienne. »

Laurent Wendinger poursuit : « Le parc-expo de Colmar voulait un équilibre financier. Il n’a pas pu être trouvé dans l’immédiat. Un second point important semble avoir posé problème, l’aspect sanitaire. Les normes à respecter sont toujours plus contraignantes. Or il était question d’une manifestation internationale, avec des éleveurs venus de Suisse et d’Allemagne, notamment. Sans cette large vision, Cœur d’Élevage n’aurait pas eu la même dynamique. Pour ma part, je pense toujours qu’il y a de la place pour une manifestation d’élevage d’envergure dans le Grand Est. Nous avons pu en avoir un superbe exemple en 2016 avec la confrontation européenne à Colmar qui a été une belle réussite. Reste à savoir si les gens seront capables de se remobiliser à l’avenir. Et surtout, les partenaires sont-ils prêts à mettre des moyens financiers importants ? Cette année, cela n’a, semble-t-il, pas été le cas. »

« Le lieu était idéal »

« Le lieu était idéal : de belles infrastructures, plus adaptées que le Parc des expositions d’Épinal où se déroulait le salon Eurogénétique. Mais apparemment, les sponsors et les exposants n’ont pas répondu présent, ou du moins pas suffisamment vite », estime un responsable professionnel bas-rhinois. Trop d’individualisme, pas assez de collectif, telle serait l’une des raisons de cet échec. « L’équipe organisatrice était trop restreinte pour prendre en charge une telle organisation. » « Les organisateurs ne voulaient que des éleveurs dans le comité d’organisation. Mais pour une manifestation de cette taille, il faut s’entourer de toutes les compétences, car c’est un travail titanesque. » Une autre remarque va dans le même sens : « On ne peut pas critiquer la Chambre d’agriculture et réclamer ensuite son soutien. »

Une manifestation de trop, en plus de Brumath et de Habsheim ? « Non, car le public visé n’était pas le même. C’était une manifestation à vocation internationale », indique un président de syndicat. Mais les nouvelles contraintes sanitaires (quarantaine) imposées récemment à la participation des animaux étrangers suite à la résurgence de la FCO ont porté le coup de grâce à ces ambitions. « Très peu d’éleveurs étrangers auraient fait le déplacement. » Un autre professionnel précise toutefois : « Il convient d’être prudent sur l’attrait que peut avoir un tel salon sur les éleveurs allemands et autrichiens. On ne peut pas se baser sur le succès de la Confrontation européenne prim’holstein qui reste un événement unique et qui est une affaire de passionnés. »

« L’Alsace n’est pas une terre d’élevage »

Plusieurs responsables du monde de l’élevage insistent sur le fait que l’Alsace n’est pas une région d’élevage. « Nous n’aurons jamais le même potentiel que l’Ouest (Space) ou le Massif Central (Sommet de l’élevage) pour organiser une manifestation d’élevage. Il y a plus d’éleveurs dans un département breton que dans toute la région Grand Est ! Eurogénétique, c’était 15 000 entrées payantes, là où le Sommet de l’élevage de Cournon en fait 100 000… »

Non seulement il y a peu d’éleveurs, mais « tous les acteurs qui gravitent autour du monde de l’élevage (insémination, alimentation, machinisme…) ont beaucoup moins de moyens à déployer qu’en Bretagne par exemple ». De fait, de gros constructeurs ne se sont pas engagés à soutenir la manifestation car ils sont déjà présents au Space, avec une visibilité et une rentabilité garanties. Ce qui n’était pas forcément le cas de Cœur d’élevage.

« Pour moi, c’est la chronique d’un désastre annoncé, affirme un technicien. C’est dommage, car c’était une belle vitrine pour l’élevage de la région ! » « Du coup, il manque un grand concours dans l’Est de la France », renchérit un président de syndicat. Pour autant, il ne faut pas baisser les bras et profiter de cette année de pause pour rebondir, mettre en place une organisation plus efficace, s’accordent à dire les personnes interrogées.

Les départements du Grand Est invités à Habsheim

De son côté, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture, regrette, « comme l’ensemble des professionnels haut-rhinois », l’annulation de la manifestation. « Je ne vais pas revenir sur les conditions qui ont conduit à cette décision. Politiquement, et j’ose l’affirmer, certains n’ont sans doute pas voulu que cela se fasse en Alsace, à Colmar, dans la configuration proposée par Thomas Prinz. Résultat, nous n’avons pas d’événement majeur dans le Grand Est. C’est dommage, et d’autant plus regrettable que cela a cassé une dynamique chez les éleveurs. Car il s’agissait bien d’un projet porté par et pour les éleveurs, adossés à une structure privée. Malheureusement, cette dernière, pour diverses raisons, a pris la décision d’annuler la manifestation. »

Une bonne nouvelle, toutefois : « Avec David Butsch et Jean-Philippe Meyer, les présidents des syndicats holstein et montbéliard, nous avons pris la décision, pour l’édition 2018 du concours de Habsheim, d’inviter les départements du Grand Est, à raison de cinq animaux holstein par département. Et pour 2019, d’organiser un concours montbéliard interdépartemental, annonce Sébastien Stoessel. Nous le faisons pour garder une dynamique alsacienne forte, malgré ce revers. Mais aussi par respect pour le temps passé par Thomas Prinz, Franck Guittard et l’ensemble de l’équipe. »

Sur le marché du lait

Se différencier par tous les moyens

Élevage

Publié le 09/05/2018

Imprévisible. C’est ainsi que Benoît Rouyer, de l’interprofession laitière, caractérise l’environnement dans lequel évolue le marché laitier. Plusieurs événements survenus ces dernières années viennent étayer cette affirmation : la baisse brutale des achats chinois de poudre de lait, l’embargo russe qui a entraîné une pléthore de produits frais sur le marché européen, etc. Dernier en date, « la réhabilitation du beurre ».

En Nouvelle-Zélande, la production de lait diminue, sous le coup de la sécheresse de décembre 2017. Sur les trois derniers mois, la baisse des volumes a atteint 3,3 % et la principale coopérative néozélandaise, Fonterra, s’attend à un recul de 3 % sur l’ensemble de la campagne laitière qui s’achève en juillet. En ce début d’année 2018, la production française est inférieure à celle de 2016, et même de 2017, en raison d’une mise à l’herbe tardive dans l’Ouest. La tendance est la même en Allemagne et en Autriche. Sans parler de l’Irlande qui a « les pieds dans l’eau ».

Depuis janvier 2018, le cours de la matière grasse repart à la hausse. Mais le grand facteur d’inquiétude vient de la valorisation de la poudre de lait, dont le cours est inférieur de 400 €/t au seuil d’intervention. Concernant les prix de vente au consommateur, le beurre décolle, mais les autres produits connaissent une hausse modérée. Le prix payé au producteur pour le lait conventionnel est en moyenne de 323 € en France. La demande intérieure est forte, mais les prix sont faussés par les stocks d’intervention de poudre de lait. « Pour que les mouches changent d’âne, il faudrait écouler les stocks par des adjudications massives. » Un point positif, les exportations françaises et européennes sont particulièrement dynamiques.

Quelles sont les perspectives pour 2018 ? Le profil contrasté entre la matière grasse et la protéine laitière persistera. Ce qui est plus difficile à évaluer, c’est l’impact des États généraux de l’alimentation et du plan de filière ou de la sortie des stocks d’intervention. « L’histoire est en train de s’écrire, avec pas mal d’incertitudes. »

Après la globalisation, la différenciation

Pour créer de la valeur, les industriels laitiers explorent plusieurs pistes. En France, on connaissait les signes officiels de qualité - ils représentent 15 % de la production nationale. Désormais, voici l’ère des démarches de différentiation privées : territoriales, solidaires, nutritionnelles, proximité du consommateur, lait de pâturage, sans OGM, et j’en passe… Benoît Rouyer cite l’exemple de Bleu Blanc Cœur, une démarche d’amélioration de la teneur nutritionnelle en Oméga 3 de l’alimentation. « Mais elle ne connaît pas un développement très soutenu. »

Dans d’autres pays, comme la Grande Bretagne, la Nouvelle-Zélande ou la Chine, on voit apparaître une nouvelle tendance, le lait A2. Elle s’appuie sur la sélection génétique, qui met l’accent sur les taureaux porteurs du gène A2. Ce gène sous forme homozygote (A2A2) conduit la vache à produire un lait contenant une grande quantité de protéines caséine bêta de type A2. Ce lait, communément appelé lait A2, causerait moins d’effets indésirables, sinon pas du tout, aux personnes souffrant d’une intolérance aux produits laitiers ou d’une intolérance au lactose.

Les démarches de différenciation privées se multiplient en France : « Vachement Normand », « Le lait de ma région », « C’est qui le patron ! », etc. Chez nos voisins européens, le lait sans OGM fait fureur. « Depuis 2011, 100 % du lait produit en Autriche est sans-OGM. » Cette démarche « ohne Gentechnik » a essaimé en Allemagne du Sud et, sous l’impulsion de distributeurs comme Lidl, Aldi ou Rewe, s’est rapidement propagée dans tout le pays, aboutissant dès 2010 à la création d’un organisme de contrôle, le VLOG (Verband Lebensmittel ohne Gentechnik). « Le lait sans OGM représente 39 % des volumes collectés outre-Rhin. Soit treize fois plus que le bio qui arrive péniblement à 3 %. » Le prix du lait sans OGM est très corrélé à celui du lait conventionnel, même s’il est légèrement supérieur, indique Benoît Rouyer.

Dans toute l'Europe, on assiste au développement du lait de pâturage. Aux Pays-Bas, sous l’impulsion d'une association animalière, les principaux transformateurs sont aujourd’hui engouffrés sur le créneau du « Weidemelk », et la production concerne 78 % des exploitations. La France s’engage progressivement sur ce terrain. Si Alsace Lait a pris les devants, un cahier des charges est à l’étude au niveau national. D’autres initiatives, plus inattendues, voient le jour, comme le gouda au lait de jersiaise ou le lait d’exploitations sans glyphosates.

Se pose cependant le problème du positionnement de ces différentes démarches. Le consommateur ne risque-t-il pas de se détourner du lait bio pour privilégier le lait de prairie ? Au Danemark, la coopérative Arlafood a pris les devants en introduisant une hiérarchisation de la production. Au sommet de la pyramide, le lait bio à l’herbe. Viennent ensuite le lait bio, le lait de pâturage, puis le lait sans OGM qui forme la base de la pyramide. Affaire à suivre…

Philippe Jaschnik, consultant de la filière laitière

Spectaculaire faillite d’un gros collecteur allemand

Vie professionnelle

Publié le 09/05/2018

Le fait marquant de ces derniers mois est « l’explosion en vol » de la Berliner Milcheinfuhr-Gesellschaft (BMG), qui collectait plus d’un milliard de litres de lait sur tout le territoire et qui laisse derrière elle une dette évaluée à plusieurs dizaines de millions d’euros. Pour Philippe Jaschnik, « le problème, c’est que cette société vendait plus de 300 000 litres sur le marché spot. » La baisse drastique du prix du lait annoncée pour le deuxième semestre 2018 a porté le coup de grâce. Le président des éleveurs du Deutscher Bauernverband (DBV), Karsten Schmal, estime pour sa part que cette faillite est à mettre au compte d’un « modèle d’entreprise audacieux couplé à de mauvaises décisions managériales ».

La banqueroute de la Berliner Milcheinfuhr-Gesellschaft a créé une véritable onde de choc. « La plupart des producteurs n’ont pas eu de paie de lait en février », indique Philippe Jaschnik. Cette structure avait grandi dans l’ex-RDA et avait peu à peu tissé sa toile sur tout le territoire, sous la poussée du Bundesverband Deutscher Milchviehhalter (BDM). Cette fédération - l'homologue de la Coordination rurale en Allemagne -, avait tenté de vendre du rêve, il y a dix ans, en pousant ses adhérents à manifester pour obtenir un prix du lait de 43 cts, et allant jusqu’à refuser de livrer le lait aux transformateurs pour avoir gain de cause. Un échec retentissant !

Quoi qu'il en soit, cette faillite a précipité de nombreux producteurs de lait dans une situation très précaire. À l’échelle nationale, 1 000 exploitations laitières ont dû trouver de nouveaux débouchés en l’espace de quelques jours. Pour éviter une destruction du lait non collecté, de nombreux responsables syndicaux et politiques se sont mobilisés, en particulier les responsables de la DBV - l'équivalent de la FNSEA en Allemagne -, et la ministre de l'Agriculture, Julia Klöckner. Sous leur pression, les transformateurs ont accepté d’augmenter leur collecte à court terme et « 700 000 litres ont ainsi pu être sécurisés », annonce Philippe Jaschnik. Une solution provisoire qui risque encore d’accentuer les tensions sur le prix du lait… Dans certains cas, « le prix du lait n’est pas suffisant pour couvrir les frais de fonctionnement et certains agriculteurs sont menacés dans leur existence, ce qui pourrait avoir des conséquences pour les banques et les fournisseurs », indique un journal allemand.

Il faut tout faire pour que cette sortie de crise ne se fasse pas sur le dos des producteurs de lait qui livraient à la BMG, estime pour sa part Karsten Schmal.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

La retraite, quand, comment ?

Pratique

Publié le 09/05/2018

Chaque événement de la vie peut avoir un impact sur le droit à la retraite, explique Anne Pfremmert, spécialiste de la retraite à la MSA d’Alsace. « Aucune situation n’est comparable à une autre. C’est pourquoi chaque dossier fait l’objet d’une étude personnalisée. »

Focus sur les retraites des non-salariés agricoles. La retraite d’un agriculteur est composée d’une retraite de base (forfaitaire et proportionnelle) et d’une retraite complémentaire obligatoire (RCO). « Elle fait l’objet d’un seul paiement. » La retraite forfaitaire rémunère les trimestres (cotisations AVI). Les cotisations AVA valident le nombre de points de retraite proportionnelle, calculés en fonction du bénéfice agricole.

Tordre le cou aux idées reçues

On entend souvent dire que les retraites des non-salariés sont faibles. Mais il faut tenir compte de l’impact des femmes dans le calcul de la retraite moyenne des exploitants en France. « Les femmes ont rarement cotisé durant toute leur carrière, ce qui explique une retraite très faible. Elles ont souvent eu un statut d’aide familial, de conjoint collaborateur ou de salariée à temps partiel, mais ont rarement payé des cotisations pleines. Cela a forcément un impact lors de la liquidation de la pension. » Des mesures de revalorisation ont été mises en place pour relever cette retraite à un montant minimum.

Le rendement de la retraite des exploitants agricoles - c’est-à-dire le ratio cotisations retraite - est comparable à celui des salariés, des artisans et des commerçants, souligne Anne Pfremmert. « Le faible montant de la retraite résulte du bas niveau du revenu déclaré, du fait des mauvaises années agricoles, du choix de l’entreprise de faire de l’optimisation (investissement, placement). Quand on réduit l’assiette sociale, on réduit les droits qui y sont liés. » Prenons le cas d’un assuré non-salarié né en 1958 qui a cotisé durant 40 ans sur l’assiette minimale AVI, AVA et RCO. Le montant des cotisations qu’il a payées est de 68 368 €. « Cela génère une retraite de base et une retraite complémentaire de 10 080 €, un investissement rentabilisé au bout de sept ans. » Sur la base d’un revenu annuel de 39 228 €, le total des cotisations dont s’est acquitté un salarié s’élève à 323 388 €. Le montant de sa retraite de base s’établit quant à elle à 22 067 €. « L’investissement n’est donc rentabilisé qu’au bout de quinze ans. »

Trois niveaux de pension

Pour valider un trimestre, un salarié doit toucher l’équivalent de 150 Smic horaires. C’est-à-dire que, pour valider quatre trimestres par an, il doit percevoir au minimum 5 928 € de salaire par an. Pour le non-salarié, l’assiette de cotisation est de 7 904 €, soit une cotisation annuelle de 262 €.

Chez les salariés, trois niveaux de pension s’additionnent. « Pour y prétendre, il faut justifier de 166 trimestres de cotisation. » Le premier palier est la retraite de base MSA-RSI-Carsat, calculée sur le revenu annuel moyen, de manière identique pour les trois régimes. « Depuis le 1er juillet 2017, la retraite est calculée sur l’ensemble des salaires cumulés dans les différents régimes, selon le principe de la liquidation unique des retraites. » Les régimes spéciaux ne sont pas concernés pour l’instant. Le salaire annuel moyen est calculé sur les 25 meilleures années, une fois appliqués les coefficients de revalorisation.

À cette retraite de base s’ajoute la retraite complémentaire. Sur tout salaire perçu, une cotisation complémentaire est versée : auprès de l’ARCCO pour le non-cadre, auprès de l’ARGIC pour le cadre. Cette retraite est valorisée dès le premier euro versé, même pour les petits salaires. Le troisième niveau est la retraite supplémentaire. « Elle n’existe pas dans toutes les entreprises. »

Dans le cas d’un double actif non-salarié et salarié, il y a toujours détermination d’une activité principale. Si l’activité salariée est la plus importante, c’est elle qui sera considérée comme l’activité principale. Pour l’activité agricole, le double actif est cotisant à titre secondaire et n’est donc pas cotisant à la retraite complémentaire. S’il y a une évolution dans sa carrière, au bout de trois ans, le revenu le plus important est pris en compte. Le retraité pourra donc avoir deux retraites pleines.

Le cotisant de solidarité est une personne qui exploite une activité n’atteignant pas le seuil maximum d’assujettissement. Il verse une cotisation obligatoire, mais elle n’ouvre pas droit à l’assurance maladie ou à la retraite.

Quand peut-on partir à la retraite ?

Il faut remplir deux critères pour faire valoir ses droits à la retraite, avoir atteint l’âge légal et justifier du nombre de trimestres requis. L’âge légal de la retraite est de 62 ans. La durée d’exigence de trimestres de cotisations évolue en fonction de la tranche d’âge, de 166 à 172 trimestres pour les salariés et les non-salariés. « Les cotisations sont toujours prises en compte, mais d’autres périodes entrent en jeu. »

L’âge du taux plein est de 62 ans si l’assuré atteint la durée de cotisation exigée. Il est de 67 ans si le nombre de trimestres n’est pas atteint. « À cet âge, il n’y a plus de condition de durée de cotisation. Le minimum vieillesse est aussi applicable à partir de 67 ans. »

En cas d’inaptitude au travail, l’âge du taux plein est de 62 ans. Ainsi, le titulaire d’une pension d’invalidité peut toucher, dans certaines conditions, une retraite au taux plein, sans minoration, même s’il n’a pas le nombre de trimestres requis. Les personnes en situation de handicap peuvent également bénéficier d’une retraite au taux plein.

En cas de départ à la retraite à 62 ans, le montant de la pension est minoré si la durée d’assurance exigée n’est pas remplie. « La décote est de 0,625 % par trimestre manquant. » La minoration ne peut être supérieure à 20 trimestres. Si cette option de retraite minorée est choisie, elle est définitive. Certaines périodes, dites « assimilées » sont prises en compte : service militaire, perception d’indemnités journalières, chômage, etc. « Les mères de famille ayant élevé un enfant jusqu’au 16e anniversaire bénéficient d’une majoration de huit trimestres par enfant, qu’elles aient travaillé ou non. Depuis 2010, cette majoration peut se partager entre le papa et la maman. La demande à faire avant le 4e anniversaire de l’enfant. »

Dans certains cas, il est possible de partir avant l’âge légal de 62 ans, notamment en cas de carrière longue ou de handicap. Mais les conditions pour en bénéficier sont très restrictives.

Les périodes d’activité à l’étranger sont prises en compte dans le calcul de la carrière en fonction des conventions internationales. Sur ce plan, il y a une différence entre les salariés et non-salariés agricoles : ces derniers risquent de subir une décote s’ils ont travaillé comme salariés en Allemagne.

La pénibilité du travail est également prise en compte : les conditions à remplir pour en bénéficier sont d’être âgé de 60 ans, d’avoir une incapacité permanente (maladie professionnelle ou accident du travail hors trajet) à un taux d’au moins 20 %. S’il est compris entre 10 et 20 %, la durée d’exposition au risque est prise en compte.

Quelles sont les démarches à effectuer ?

Chaque adhérent a droit à un relevé individuel de situation dès 35 ans, puis tous les cinq ans. Il est disponible en ligne sur le site de la MSA et actualisé régulièrement. À 55 ans et 60 ans, ce relevé est complété par une estimation indicative globale. La MSA effectue des projections selon les dates de départ envisageables (62, 63, 67 ans), accompagnées d’un récapitulatif de l’ensemble des droits dans les différents régimes.

« Lorsque vous arrivez à l’âge de la retraite et que vous voulez demander votre retraite, vous allez déposer votre dossier auprès d’un seul régime pour la retraite de base. » Une longue liste de documents est à fournir : carte d’identité ou passeport, justificatif d’état civil ou de nationalité, attestation Pôle emploi, bulletins de salaire, certificat médical en cas d’inaptitude au travail, livret militaire, etc. « Les salariés peuvent télécharger le formulaire sur le site de la MSA, et même faire la demande de retraite directement en ligne. Pour les exploitants agricoles, nous privilégions les rendez-vous physiques », indique Anne Pfremmert.

Le dossier doit être déposé six mois avant la date de départ souhaité. « Si le dossier complet est réceptionné quatre mois avant la date d’effet, cela vous garantit le paiement à la date d’effet. » Mais attention : pour les carrières longues, il faut obtenir une attestation d’accord de départ. Une fois le dossier de retraite MSA déposé, il faut également effectuer une démarche auprès du Cicas. « On ne peut les contacter que par téléphone. »

Avec le système de liquidation unique des retraites (LURA) RSI-MSA-Assurance retraite, le calcul de la pension et la liquidation du salarié sont faites par un seul régime. Mais un exploitant doit obligatoirement passer par le centre de formalités des entreprises (cessation, modification de statuts, création d’une société dans le cadre du départ à la retraite de l’exploitant, bulletins de mutation des terres).

La retraite est un dossier qui s’anticipe, il faut réfléchir bien en amont à ce que l’on veut faire dans le futur. « Une transmission d’exploitation met entre 18 mois et deux ans à aboutir », souligne Anne Pfremmert. Un grand nombre d’informations sont disponibles sur le site de la MSA d’Alsace.

Betteraves à sucre

Des semis réalisés en un temps record

Cultures

Publié le 27/04/2018

Les semis de betterave à sucre commencent traditionnellement le 19 mars, fête de la Saint-Joseph. Mais pas cette année… Les premières graines ont été mises en terre durant les derniers jours de mars. « Il y a eu très peu de semis en mars, à peine 5 % des surfaces. Mais les levées sont magnifiques », souligne Michel Butscha, adjoint au responsable agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein.

Le gros des semis a eu lieu après Pâques, entre le 6 et le 15 avril. Huit jours intenses, indique le technicien. « Grâce à l’implication de tous, les semis ont été exécutés en un temps très court. » En Alsace, les semis se sont prolongés jusqu’à la semaine dernière : dans les terres lourdes, il était préférable d’attendre un peu. « La structure était bonne, mais les sols ont eu du mal à sécher. À partir du 12 avril, c’était impeccable. » En Lorraine aussi, les semis sont en train de s’achever. « Les betteraviers ont pris en compte l’état des sols et se sont montrés patients. » Patience récompensée : « La nature est en train de rattraper le retard ». Michel Butscha se veut optimiste : « Les pluies annoncées devraient éviter les soucis de levée. »

Les levées ont été extrêmement rapides. « Si les conditions météorologiques de cette semaine restent bonnes, le retard devrait vite être comblé. » Cette rapidité ne facilite pas le désherbage : la première intervention à peine terminée, il faut déjà penser à la suivante. Heureusement, les mauvaises herbes montent au même rythme que les betteraves : elles poussent de manière très homogène, ce qui simplifie le désherbage.

Enfin, on n’a pas constaté de dégâts de limaces ni de tipules, car le cycle de l’insecte est décalé par rapport au semis cette année. « Les attaques de tipules n’ont pas eu lieu parce que les graines n’étaient pas encore semées au moment de leur sortie. » On est à la fin du cycle de ce ravageur.

Michel Debes, président d’Alsace Lait

« Il y a surchauffe sur le marché de la crème ! »

Élevage

Publié le 27/04/2018

« Que reste-t-il de la Pac, un des piliers de l’Union européenne ? Pour le lait, il n’y a plus aucune intervention directe pour soutenir les marchés », constate Michel Debes. L’an dernier, l’Union européenne (UE) avait ouvert l’intervention publique dans le secteur du lait écrémé en poudre, au prix de 1 650 € la tonne. Le marché mondial étant structurellement excédentaire, elle rencontre de réelles difficultés à écouler ces stocks qui s’élèvent à 370 000 t et qui pèsent aujourd’hui sur les marchés, avec des incidences négatives sur les prix des produits laitiers. Afin d’éviter une chute des prix, et donc une aggravation du revenu des agriculteurs, la Commission a proposé, et le Conseil a décidé, de renoncer à l’achat automatique de lait écrémé en poudre, en fixant la limite quantitative à zéro tonne pour 2018. Les achats à prix fixe ne seront donc pas activés automatiquement. Toutefois, le filet de sécurité fonctionnera toujours, dans la mesure où l’UE pourra continuer à acheter du lait écrémé en poudre par adjudication et décider, au cas par cas, quelle quantité acheter et à quel niveau de prix.

Récemment, l’UE a mis sur le marché 80 000 t de poudre de lait. Elle en a vendu 27 000 t, mais au prix de 1 050 €, car la qualité de cette poudre est en train de se dégrader. « Nous avons proposé, en partenariat avec nos collègues allemands, que les stocks restants soient destinés à l’alimentation animale. Mais vu l’état de ses finances, l’UE n’a pas donné suite à notre proposition », déplore Michel Debes.

Heureusement, le cours de la matière grasse reste très élevé. Sur les vingt dernières années, le prix moyen du beurre était de 3 500 €/t. Or le prix a frôlé les 6 000 € ce printemps. « Il y a surchauffe sur le marché de la crème ! »

Le contraste entre le marché de la poudre de lait et du beurre risque fort de perdurer… L’Irlandais Kerrigold - n° 1 du beurre de marque en Allemagne - collectait jusqu’à présent 600 à 900 millions de litres de lait. Il s’était fixé pour objectif d’augmenter sa production à 1,4 million de litres. Mais, souligne Michel Debes, la production laitière irlandaise est très dépendante du climat : elle a considérablement chuté durant cet hiver, particulièrement froid et humide. Résultat, la collecte a baissé de 25 % et il manquait à Kerrigold 25 millions de litres de lait par semaine. Pour respecter ses engagements, l’industriel a dû acheter de grandes quantités de crème et de beurre sur le marché.

Un nouveau danger guette les producteurs européens : les négociations commerciales avec l’Océanie vont commencer. Le président Emmanuel Macron a déjà donné son feu vert à l’ouverture des discussions. « Le danger vient de la Nouvelle-Zélande qui, avec 4 millions d’habitants, représente 32 % du marché mondial du lait. » À comparer avec l’UE, qui représente 34 % de ce marché pour 500 millions d’habitants. « La principale coopérative néo-zélandaise, Fonterra, est en capacité d’augmenter sa collecte de 30 %. Et elle s’intéresse fortement à l’UE, un marché solvable. »

« Il manque une vision d’avenir »

« Nous vivons dans un marché globalisé, de plus en plus sensible à la hausse comme à la baisse. Il manque une vision d’avenir, pour les exploitations comme pour les entreprises, insiste le président d’Alsace Lait. De fait, nous sommes constamment ballottés entre les marchés, les spéculateurs et le climat. Et ne parlons pas des négociations avec la grande distribution… »

Pourtant, les États généraux de l’alimentation avaient conclu qu’il fallait arriver à une meilleure répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière, partir du prix de revient du producteur pour fixer le prix du produit et trouver un accord avec la grande distribution pour mieux rémunérer le producteur. Les négociations commerciales en cours, plus dévastatrices que jamais, prouvent, si besoin était, qu’il s’agit d’un vaste « marché de dupes ».

Et la volonté des groupes Casino et Auchan de construire un « partenariat stratégique mondial pour leurs achats » risque encore d’aviver les tensions entre industriels et distributeurs. Cette centrale d’achat géante, à laquelle Système U a décidé de s’associer, aura pour mission de négocier pour le compte des enseignes participantes les conditions d’achat auprès de leurs grands fournisseurs internationaux. Elle représentera 32 % du marché des produits alimentaires en France.

Un rapport de force disproportionné

Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait, enfonce le clou. « La filière agroalimentaire française est confrontée à un rapport de force disproportionné. D’un côté, 17 647 entreprises transforment 70 % de la production agricole française. De l’autre, quatre centrales d’achat se disputent 92 % du marché. » Les tractations en cours ne risquent guère d’arranger la situation…

L’industrie agroalimentaire est le premier secteur industriel de notre pays, avec 180 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 429 000 emplois. Pourtant, elle est complètement ignorée par les hommes politiques, s’insurge Frédéric Madon. « Le challenge, c’est de dynamiser l’export qui ne représente que 21 % du chiffre d’affaires global, contre 36 % pour l’ensemble de l’industrie. » C’est aussi un secteur très fragile : les prix ont reculé de 4 % entre 2014 et 2017. Une destruction de valeur qui représente 4 milliards d’euros ! « On la retrouve dans l’écrasement de nos marges, chez les producteurs comme chez les transformateurs. » La part de la matière première représente 55 % du coût du produit, contre 36 % dans l’industrie en général. « La grande distribution reste fermée à toute forme d’augmentation liée à la hausse de la matière première, ce qui entraîne une nouvelle dégradation des marges. » La guerre des prix et des promotions, les périodes de déflation systématiques contribuent elles aussi à cette dégradation. « Nous sommes bien loin des belles promesses des États généraux de l’alimentation et des engagements de l’État sur le rééquilibrage des marges. »

Des produits de plus en plus segmentants

Entre explosion du cours du beurre et effondrement du cours du lait écrémé, les perspectives de prix sur six et douze mois ne sont guère encourageantes dans le secteur laitier, a indiqué Frédéric Madon. « Cet effet ciseau est très préjudiciable. » À cela s’ajoute la crise du lait infantile, suite à l’affaire Lactalis. Les volumes de lait qui étaient auparavant transformés par l’usine de Craon, en Mayenne, se sont retrouvés sur les marchés spot, ce qui a exacerbé les tensions.

D’autres facteurs, plus structurels, alimentent la crise. La consommation française de produits laitiers est en baisse constante, entraînant une surcapacité de production de produits ultra-frais - il faudrait fermer l’équivalent d’une usine de 500 000 t pour rééquilibrer le marché. Et l’inflation des prix des intrants - emballages plastiques, cartons, fruits, arômes - n’arrange rien. La demande est elle aussi en train d’évoluer. « Les produits sont de plus en plus segmentants », générant des contraintes supplémentaires, pour la production comme pour la collecte et la transformation : lait sans OGM, lait de prairie, lait équitable, etc. « Cela va à l’encontre de la nécessité de compétitivité. »

Frédéric Madon s’inquiète en outre de l’apparition de nouveaux acteurs. Le groupe laitier américain Schreiber a racheté une usine dans l’est de la France et s’apprête à devenir, dès 2019, le fournisseur exclusif de lait produit en France pour la fabrication des produits à marque U, sonnant le glas du partenariat avec les précédents fournisseurs, comme Eurial. Dans le même temps, des groupes industriels fromagers comme Bel se diversifient dans les produits frais. Et comme si cela ne suffisait pas, on assiste à l’émergence de nouvelles offres de produits végétaux. « Voilà qui promet une belle bagarre ! »

Alsace Lait

Rebondir, toujours et encore

Vie professionnelle

Publié le 20/04/2018

Depuis le 1er janvier 2018, tous les adhérents d’Alsace Lait sont passés à une alimentation non-OGM. Cette conversion s’est faite en un temps record, à peine quelques mois. Éleveurs, techniciens, fabricants d’aliment, tous ont joué le jeu, une belle réactivité ! À tel point que cette initiative pourrait bien servir de modèle au niveau national, annonce Michel Debes, président d’Alsace Lait.

Mais la laiterie devra patienter plusieurs mois avant de récolter les fruits de cette démarche, car la législation française impose une période de transition de six mois avant de pouvoir vendre des produits portant la mention : « Fabriqué avec du lait provenant d’animaux nourris sans OGM ». Contrairement à l’Allemagne ou à l’Autriche, où le délai est de quelques semaines… « Lancer une campagne marketing en pleine période estivale n’aurait aucun impact », explique Frédéric Madon, directeur général de l’entreprise. Ce ne sera donc pas avant cet automne.

En attendant, les audits de mise en place de cette conversion sont en cours. « Plus de la moitié d’entre eux sont déjà réalisés », explique Emmanuel Pierrot, du service production d’Alsace Lait. D’ici peu, les audits d’accréditation pourront commencer. Dans l’intervalle, le technicien recommande aux éleveurs d’être vigilants lors de la commande et de la livraison des aliments, mais aussi de l’achat des animaux. « Assurez-vous qu’ils viennent de fermes certifiées 100 % non-OGM, car tous les animaux de la même espèce présents sur l’exploitation doivent être nourris sans OGM. »

Lait de prairie : déjà 30 millions de litres

Autre virage crucial, Alsace Lait a démarré la production de lait de prairie. Une quarantaine d’exploitations se sont lancées dans l’aventure, pour un volume de 25 millions de litres. Et cinq autres les ont rejointes récemment. Les contraintes ? Sortir les vaches laitières au pré avant le 15 juin, les faire pâturer durant 120 jours par an à raison de six heures par jour, respecter un chargement maximum de 10 VL/ha. « Nous collectons 30 millions de litres de lait de prairie. Ces volumes sont transformés en fromage blanc et vendus aux Pays-Bas. Cela nous a permis de reconquérir les marchés que nous avions perdus dans ce pays l’an dernier », souligne Michel Debes. Tous les éleveurs sont gagnants, explique le président. « Ceux qui se sont positionnés sur ce créneau touchent une prime de 15 €/1 000 l, et cela nous permet de mieux vendre le lait, ce qui est une bonne nouvelle pour l’ensemble des producteurs. »

2017 était une année compliquée, confirme Frédéric Madon. « D’un côté, la perte de plusieurs marchés nous a obligés à vendre 12 millions de litres de lait écrémé sur le marché spot. De l’autre, la matière grasse a repris des couleurs. Nous avons toujours eu une politique offensive sur ce marché et nous avons dû acheter des volumes importants à des prix très élevés pour honorer nos marchés. De toute façon, la matière grasse ne peut à elle seule revaloriser le prix du lait. Cela permet tout juste de limiter la casse. »

Un résultat négatif en 2017

Conséquence de ce marché perturbé, Alsace Lait voit son chiffre d’affaires baisser, à 101,6 M€. Et son résultat net passe de + 2,2 M€ en 2016 à - 1,5 M€ en 2017. « Cela fait bien longtemps que nous n’avions pas connu un tel résultat. Nous n’en sommes pas satisfaits, mais nous ne voulions pas revenir sur les prix, ni sur les volumes. Par contre, nous ne paierons pas de complément de prix ni d’intérêt aux parts sociales », annonce Michel Debes.

Les responsables d’Alsace Lait ont tout de même annoncé quelques bonnes nouvelles. L’entreprise accuse certes un déficit, mais les comptes consolidés du groupe sont positifs, grâce au confortable excédent réalisé par Savoie Yaourt. Par ailleurs, la firme s’est dotée d’une nouvelle charte graphique pour accentuer son identité alsacienne et son appartenance coopérative. Elle veut également renforcer sa présence sur les réseaux sociaux. Enfin, la gestion trimestrielle des volumes instaurée en 2017 a été supprimée. « Nous avons levé cette contrainte dès que possible, car nous étions conscients des difficultés que cela engendrait pour les producteurs, et nous sommes revenus à une gestion annuelle », explique Joseph Grimm, vice-président d’Alsace Lait.

Pour finir, Michel Debes a voulu tordre le cou à une rumeur qui circule ces derniers temps dans les chaumières : « La solidité d’Alsace Lait est bien réelle ».

Service de remplacement du Bas-Rhin

Satisfaire toutes les demandes

Vie professionnelle

Publié le 13/04/2018

Depuis 2012, le Service de remplacement du Bas-Rhin (SR67) effectue entre 6 000 et 7 000 jours par an. « En 2017, nous avons effectué 462 jours de plus que l’année précédente », indique le président, Thomas Gillig. Quels sont les motifs de remplacement les plus fréquents ? Un tiers des jours de remplacement est imputable aux maladies, « dont l’aide au répit mise en place exceptionnellement en 2017 et qui ne sera malheureusement pas reconduite », un autre tiers aux accidents. Le tiers restant se partage entre l’aide au répit, la maternité et la paternité, les congés, les remplacements pour motif syndical ou pour formation. 26 personnes sont parties en vacances grâce au passeport Avenir Jeunes de la Mutualité sociale agricole (dont 500 € alloués pour le SR). Ce passeport est remis à chaque nouvel installé depuis 2013 et utilisable dans les cinq ans qui suivent. « Nous parvenons à satisfaire toutes les demandes, à condition qu’elles nous parviennent dans des délais raisonnables », précise Marylin Chardonnet, responsable administrative du SR67.

208 hommes et 76 femmes - un nombre en hausse par rapport à 2016 - travaillent pour le service de remplacement. La plupart des salariés ont entre 18 et 39 ans ou plus de 50 ans. Les exploitations d’élevage (bovins lait et allaitants) sont celles qui font le plus appel au service de remplacement : elles représentent 80 % des remplacements. Mais tous les types d’exploitations sont concernés, viticulture, grandes cultures, tabac, aviculture, caprins, etc.

La communication a été intense tout au long de l’année écoulée, entre articles de presse et animation de la page Facebook, stand d’information à la finale de labour de Mietesheim, interventions durant les stages 21 h, jeux de piste avec les élèves du lycée d’Obernai, présentation du service durant les tournées cantonales JA. Par ailleurs, souligne Marylin Chardonnet, une plaquette a été élaborée pour mettre en avant le contrat de remplacement de Groupama Grand Est. Ce contrat permet à un exploitant de se faire remplacer au-delà des 20 jours accordés par la MSA ou la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA). De plus, « la nouvelle charte Terre Entreprise que nous avons signée avec les JA met en avant ce contrat et permet aux jeunes agriculteurs qui s’installent de bénéficier d’une réduction de 150 % sur cinq ans », signale Matthieu Freysz de Groupama.

Le rapport financier, présenté par Julien Jacob, fait apparaître une grande stabilité des frais de personnel. Il note tout de même la fragilité de la structure face aux augmentations constantes des charges. De ce fait, lors du conseil d’administration d’octobre 2017, une légère augmentation des tarifs a été actée. Par ailleurs, une participation des exploitants aux frais kilométriques sera demandée sous certaines conditions.

Côté ressources humaines, un salarié en CDI va être embauché dans les prochains jours et, en prévision du départ à la retraite de l’agent intervenant en Alsace Bossue, une salariée est actuellement en renfort. Coté administratif, il faut prévoir le remplacement de Claire Schnepp, assistante, qui part vers d’autres horizons d’ici le mois prochain.

Une structure Grand Est

Le service de remplacement Grand Est a été créé en mars 2016, explique Hélène Messagé, déléguée régionale. Sa mission est d’assurer la coordination des services de remplacement départementaux, d’élaborer et de mettre en œuvre la politique régionale de remplacement, de faire le relais entre l’échelon national et départemental, mais aussi de trouver des financements. C’est ainsi que le service de remplacement Grand Est a déposé un dossier EDEC (Développement emploi et compétences). « Nous pourrons prétendre à une subvention pour valoriser l’animation des services départementaux et la communication auprès des agriculteurs et donner ainsi un élan aux services de remplacement du Grand Est », indique Hélène Messagé. Une subvention de l’Anefa a permis de réaliser un flyer pour le recrutement d’agents de remplacement.

Au niveau du Grand Est, 237 000 heures de remplacement ont été effectuées en 2017 (+ 5 %). Ce qui a nécessité l’intervention de 981 agents de remplacement (158 ETP), soit près de 20 % d’augmentation. Les services de remplacement du Grand Est comptent 2 217 adhérents, sur un total de 45 000 exploitants. « Il reste une belle marge de manœuvre », souligne Thomas Gillig.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Du punch pour l’avenir !

Vie professionnelle

Publié le 06/04/2018

« Nous observons une progression du chiffre d’affaires des entreprises clientes et de leurs investissements, dans le cadre de la reprise qui s’installe dans notre région », souligne d’emblée le président, Henri Buecher. La confiance des acteurs économiques se confirme, malgré certaines incertitudes. Les taux d’intérêt restent à un niveau très bas, ce qui pèse sur la rentabilité des banques. La rémunération de l’épargne réglementée renchérit ces ressources. Conséquence, la marge d’intermédiation baisse inexorablement.

La pression concurrentielle reste intense, poursuit le président. Les banques traditionnelles se mobilisent pour augmenter leurs parts de marché, en particulier sur le crédit aux entreprises. Et de nouveaux acteurs, les néobanques, proposent des offres bancaires sur smartphone, avec des contenus partiels et « une facturation des services opaque ». La réglementation ouvre de plus en plus le champ à la concurrence, la loi Macron favorisant la mobilité bancaire. Le numérique est d’un usage courant : 73 % des Français de plus de 12 ans possèdent un smartphone. Les activités bancaires sont concernées par cette nouvelle donne : 37 % d’entre eux affirment utiliser la banque sur internet. « C’est une mutation profonde, mais nous sommes conscients de l’enjeu. Régulièrement, le Crédit Agricole est cité comme la banque qui a le plus évolué sur ce plan. »

Pour Henri Buecher, la Caisse régionale a un atout de taille, « son appartenance au groupe Crédit Agricole qui affiche d’excellentes performances et poursuit son développement dans tous les secteurs ». Le groupe est leader en France du financement de l’économie et de l’ouverture de comptes à des majeurs, son application Ma Banque est la plus utilisée en Europe. « Nous sommes aussi le premier banquier assureur en Europe. » Cette appartenance à un groupe puissant ouvre la possibilité de mobiliser les expertises nationales au bénéfice des acteurs économiques régionaux, ajoute Henri Buecher.

26 000 nouveaux clients en 2017

« La situation financière et commerciale du Crédit Agricole Alsace Vosges est à l’image du temps - ensoleillée », enchaîne le directeur général, Pierre Fort. Sa grande satisfaction est l’acquisition de 26 000 nouveaux clients, ce qui porte le portefeuille à 469 000 clients. C’est que le Crédit Agricole fait tout pour séduire ses clients : « Nous sommes capables d’ouvrir un compte en quinze minutes, sur tablette, dans l’une de nos agences. Et pour 2 € par mois, nous proposons un compte courant, une carte bancaire et l’accès à une agence. Nous cumulons le meilleur des deux mondes, l’humain et le digital. »

L’encours de collecte progresse de 2,9 %, à 12,6 millions d’euros (M€), avec beaucoup d’argent sur les dépôts à vue, du fait des taux bas, et sur les plans d’épargne logement dont les taux sont restés intéressants. L’épargne réglementée représente un tiers de l’épargne totale. « Une belle performance ! »

La Caisse régionale a accordé 1,9 milliard d’euros (Md€) de crédits en 2017. « Au-delà des chiffres, cela traduit notre rôle majeur dans l’accompagnement du développement de notre territoire », explique Pierre Fort. Plus de la moitié de ces décaissements sont consacrés au financement de l’habitat et plus de 600 M€ à l’investissement (agriculteurs, professionnels, entreprises). L’encours total des crédits frôle les 8,3 Md€, en progression sensible de 5,7 %. « Nous avons connu une activité importante de réaménagement de crédits, mais aussi de financement de projets, ce qui explique la progression de l’encours. »

Partenaire des entreprises sur le territoire

L’agriculture a bénéficié de 169 M€ de crédits d’investissement. Pour le directeur général, c’est la preuve que les agriculteurs continuent à aller de l’avant. « Nous avons lancé une nouvelle offre JA qui répond bien au besoin d’accompagnement de l’installation. » La Caisse régionale a également décaissé 115 M€ de crédits professionnels, contre 89 M€ en 2016. Plusieurs innovations sont à signaler du côté des professionnels et agriculteurs. Le crédit Pro Express ou Agri Express peut être souscrit directement sur internet, avec une souplesse et une réactivité très fortes. Par ailleurs, la solution de factoring Cash in Time permet aux professionnels de mobiliser leurs factures en 24 heures.

« Nous avons octroyé 248 M€ de prêts aux PME et ETI de notre territoire, contre 135 M€ en 2016, poursuit Pierre Fort. Nous allons étoffer notre dispositif en capital, avec la création d’un fonds dédié pour accompagner nos entreprises clientes. »

Dans le domaine des assurances aussi, l’activité a été intense, avec 91 000 contrats supplémentaires en assurance de personnes (+ 4,7 %) et 142 000 en assurance dommages (+ 5,2 %). Une belle dynamique qui traduit la qualité de l’offre et l’expertise des collaborateurs dans l’accompagnement des besoins des clients. Le taux de clients satisfaits de la gestion des sinistres atteint 95 %.

« En tant que banque mutualiste, il nous paraît important de développer notre activité en étant fidèles à nos valeurs, ajoute le président, Henri Buecher. 12 000 nouveaux sociétaires nous ont rejoints en 2017. Cette évolution est soutenue par des offres spécifiques réservées à nos sociétaires. Nous tenons à faire rayonner ces valeurs, en finançant 25 projets d’initiative locale. Nous soutenons aussi l’animation de notre territoire en distribuant plus d’1 million d’euros dans le cadre du mécénat et des partenariats sportifs. » L’an dernier, l’association Passerelle a permis, en collaboration avec Crésus, d’aider 175 familles à retrouver l’équilibre financier après un accident de la vie.

Un résultat financier stable

Présentant les résultats financiers de la Caisse régionale, Pierre Fort annonce un léger recul du produit net bancaire, du fait de la conjoncture des taux bas. À 260 M€, la baisse est de 1,8 %. « Même si nous avons consenti des volumes importants de crédits, cela n’a pas compensé l’érosion des taux, que ce soit sur les nouveaux crédits ou sur les réaménagements de crédits dont nous avons fait bénéficier nos clients. »

Le Crédit Agricole Alsace Vosges a investi dans les ressources humaines, avec 7 600 jours de formation, et rénové sept agences. « Nous poursuivrons ces investissements immobiliers en 2018 », indique Pierre Fort. Il fait un zoom sur Épinal, où la Caisse régionale a décidé la construction d’un nouveau site à côté du site actuel. Ce chantier, qui s’achèvera à l’automne, représente un investissement de 6 M€. Une réflexion sur la rénovation du site strasbourgeois est en cours.

Les charges de fonctionnement sont en baisse de 0,2 %. Le résultat brut d’exploitation ressort à 97,2 M€, en recul de 4,2 %. Fort heureusement, le coût du risque est très bas, ce qui permet d’afficher un résultat net de 70 M€, stable par rapport à l’an dernier. « Ce n’est pas une fin en soi, mais un moyen de consolider nos fonds propres, essentiel dans un contexte où la solvabilité des banques est surveillée de près. » Le ratio de solvabilité dépasse 20 %. « Cela nous permet de continuer à investir et à prêter. »

« Nous avons des ambitions fortes pour les prochaines années, avec le plan Unis vers 2020, annonce le directeur général. Nous voulons être une banque régionale utile à notre territoire, à nos sociétaires et clients et à nos collaborateurs. » Rappelons que le Crédit Agricole Alsace Vosges emploie 1 472 salariés sur les trois départements, dont 70 % sont en contact avec la clientèle et 30 % dans les fonctions supports sur deux sites.

Elena

Alsaciens et Badois dans un même bateau

Élevage

Publié le 05/04/2018

Les partenaires du projet Interreg Elena (lire en encadré) sont, outre la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), chef de file du projet, et le LKV du Bade-Wurtemberg, la Chambre d'agriculture du Grand Est (Crage) et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Les activités de ces quatre organisations reçoivent un financement via le programme Interreg.

Quatre autres partenaires soutiennent Elena : la laiterie Monte Ziego, le syndicat des éleveurs de chèvres du Baden-Württemberg, l’Université des sciences de l’économie et de l’environnement de Nürtingen-Geislingen, l’Institut de recherche et d’expérimentation Neumühle de Rhénanie-Palatinat ainsi que l’Institut transfrontalier d’application et de développement agronomique (Itada).

Trois grands domaines d’activité

Avant même le début du projet, les partenaires Elena ont analysé la situation dans le Rhin supérieur et dressé les pistes de travail suivantes :

  • élevage de chèvres laitières

Les laiteries et fromageries des deux côtés du Rhin supérieur peuvent transformer de grandes quantités de lait de chèvre. Mais les producteurs de la région ne sont pas en mesure de fournir les quantités nécessaires pour l’instant. La production de lait de chèvre offre donc de grandes opportunités pour les nouveaux arrivants.

Les mêmes carences, clairement identifiées, existent de part et d’autre du Rhin. Une structure de conseil spécialisé dans l’élevage de chèvres laitières doit être mise en place, la commercialisation des chevreaux mâles d’engraissement est peu satisfaisante et les coûts de l’inspection sanitaire et de l’abattage pèsent lourdement sur les producteurs de lait de chèvre.

  • élevage porcin

Les changements structurels des dernières décennies ont considérablement réduit le nombre d’élevages porcins à plein temps en Alsace et dans le sud du pays de Bade. Dans le sud du pays de Bade, on ne recense plus qu’une soixantaine d’élevages, principalement tournées vers l’engraissement. En Alsace, il s’agit principalement de fermes spécialisées dans le naissage et l’engraissement. Là encore, les problèmes sont transfrontaliers. L’organisation de l’abattage change radicalement, les fournisseurs de services se retirent de la région, les services de conseil sont très difficiles à maintenir. La coopération transfrontalière devient une exigence.

  • production laitière

La production de lait est l’épine dorsale de la transformation dans le Rhin supérieur. La Chambre d'agriculture et le LKV ont tous deux des structures très performantes en matière de contrôle de performances et de conseil aux exploitations. De part et d’autre du Rhin, il existe des tendances similaires dans l’élevage laitier : d’une part une automatisation des systèmes de traite, de l’autre le développement de l’élevage biologique. Dans les deux cas, la Chambre d'agriculture et le LKV veulent coordonner leur offre en matière de conseil.

Le LKV a l’intention de prendre exemple sur la qualité du conseil dispensé par le service élevage de la Chambre d'agriculture. Celle-ci, de son côté, envisage de prendre en charge la surveillance de la santé du LKV.

Sept groupes de travail

Des groupes de travail ont été formés dans le but de définir les mesures qui s’imposent pour résoudre les problèmes en matière de transformation dans le Rhin supérieur, puis de les mettre en œuvre dans les différents organismes. Beaucoup de temps a d’abord été consacré à une meilleure connaissance des structures françaises et allemandes dans la région concernée par le projet. Les différents partenaires en ont tiré de précieux enseignements. Il était indispensable de mieux connaître la façon de travailler, les outils utilisés. Dès lors, les premières pistes d’optimisation sont apparues.

Au total, sept groupes de travail ont été formés : élevage caprin laitier, élevage porcin, systèmes de traite automatiques, alimentation des vaches laitières, santé animale, nouveaux critères d’analyse du lait et conseil aux exploitations (lire en encadré). La coordination du travail des sept groupes a été confiée à Sophie Weidmann, de la CAA. Elle est aussi la coordinatrice de l’ensemble du projet.

Pour toute information complémentaire, s’adresser à Sophie Weidmann (s.weidmann@alsace.chambagri.fr) ou à Jürgen Bieger du LKV Baden-Württemberg (jbieger@lkvbw.de).

Les vidéos