Auteur

Anny Haeffelé

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Mutualité sociale agricole d’Alsace

Mutualisation des services : bientôt la deuxième étape

Vie professionnelle

Publié le 30/03/2018

La première étape de la mutualisation entre les Caisses de MSA d’Alsace, de Lorraine et de Sud Champagne a démarré en octobre dernier, explique Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Elle se traduit par la prise en charge par l’Alsace de l’activité santé-prestations en nature, à l’exception des indemnités journalières qui sont gérées par la Caisse lorraine. « Nous avons cédé l’activité retraite à la Lorraine (gestion des carrières) et à Sud Champagne (liquidation des retraites). » La réponse téléphonique suit les activités : les appels sont pris par les pôles téléphoniques compétents, mais les bureaux décentralisés sont toujours là pour accueillir les adhérents, c’est une exigence forte des administrateurs.

La deuxième étape interviendra le 3 avril, avec la prise en charge par l’Alsace de l’activité cotisation des exploitants (hors employeurs) pour le compte de la MSA Sud Champagne.

Dans le cadre de cette restructuration, l’activité prestations familiales est désormais gérée par la MSA Sud Champagne. « Les trois petits pôles devenaient trop fragiles, surtout en cas d’arrêts de maladie. Nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus longtemps. » La MSA Sud Champagne a étoffé son pôle prestations familiales et reprend une activité nationale, la garantie contre les impayés de pension alimentaire.

Un gros effort de formation

Cette nouvelle organisation entraîne un gros effort de formation : « 40 % de nos salariés sont en train de changer de métier ». Christelle Jamot a lancé un appel à l’indulgence : « Il faudra encore six mois pour atteindre la vitesse de croisière ».

Deux numéros de téléphone à retenir : pour les adhérents (hors cotisations) : 03 89 20 78 68, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h du lundi au jeudi et jusqu’à 16 h 30 le vendredi ; pour les cotisants, 03 89 20 79 37 dès 8 h 30 et jusqu’à 17 h tous les jours.

Une enquête récente montre que 83 % des adhérents sont satisfaits de la qualité de l’accueil téléphonique de la MSA d’Alsace, indique Christelle Jamot. Mais il est difficile de maintenir un personnel suffisant sur la plateforme téléphonique, dans une perspective de diminution des effectifs. « Nous sommes en train de mettre en place une organisation complètement différente de la plateforme de Strasbourg, avec plus de personnel, plus de rotations et une réponse à fournir sur un seul aspect, les prestations santé en nature. Nous sommes une des Caisses qui ont le moins poussé à la dématérialisation, pour permettre à nos adhérents de s’adapter progressivement et d’être formés aux outils numériques par nos formateurs. »

Philippe Wolff, secrétaire de la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin (SDAE67), plaide pour le maintien des bureaux décentralisés afin de permettre une prise en charge locale des difficultés des adhérents, notamment des plus âgés qui ne sont pas à l’aise avec les outils informatiques. Nhan Ton TA, président de l’échelon local de Strasbourg, précise : « À la MSA d’Alsace, nous faisons tout pour garder la proximité avec nos adhérents ».

2 807 entreprises ont souscrit à la DSN en Alsace

La déclaration sociale nominative (DSN) remplace désormais la majorité des déclarations sociales. « À la demande des pouvoirs publics, ce n’est plus nous qui calculons les cotisations sociales à la place de l’employeur. » Seules trois entreprises doivent encore rejoindre le dispositif.

« Le démarrage a été compliqué : les logiciels des entreprises étaient obsolètes ou mal paramétrés et les contrôles effectués par le logiciel de la MSA trop lourds. Désormais, les contrôles se feront a posteriori sur les déclarations des employeurs. Quand tout fonctionnera, ce sera une simplification pour les employeurs, car la DSN leur permettra de faire plusieurs déclarations dématérialisées en un seul clic. »

L’augmentation de la CSG, dont le taux passe de 7,5 % à 9,2 %, a fait couler beaucoup d’encre. Pour les non-salariés agricoles, la cotisation prestations familiales a baissé, son taux variant en fonction des revenus professionnels. En ce qui concerne la cotisation maladie, l’ancien gouvernement avait acté une baisse du taux de sept points. « Le nouveau gouvernement a décidé de manière unilatérale d’aligner le taux sur celui des autres régimes, variable en fonction du revenu professionnel. »

De nombreux changements sont intervenus pour les salariés : en contrepartie de l’augmentation de la CSG, ils ne paient plus de cotisation salariale maladie. Par ailleurs, la cotisation chômage diminue, cette baisse se faisant en deux temps. À noter aussi une légère augmentation de la cotisation patronale maladie. « On observe une fiscalisation accrue de la sécurité sociale, puisque les recettes proviennent de plus en plus de l’impôt (CSG et CRDS) portant sur tous les revenus, et de moins en moins des cotisations. Cela permet de réduire les prélèvements sociaux sur les entreprises et les salariés : c’est plus équitable, puisque la sécurité sociale profite à tous les Français, et pas seulement aux actifs », précise Christelle Jamot.

RCO : trop-perçu à rembourser

Une erreur d’interprétation a conduit les MSA à verser trop de RCO (retraite complémentaire obligatoire) à de nombreux retraités, dont près de 4 000 en Alsace. Le montant moyen du trop-perçu est de 300 €. « Il s’agissait d’une mauvaise interprétation du Smic servant de base à la revalorisation des petites retraites agricoles. »

Les remboursements sont en cours et s’étalent sur quatre mois, ou davantage si les retraités le demandent. « Nous avons réagi très tôt et prévenu les adhérents concernés avant qu’ils aient reçu leur extrait bancaire. La FNSEA et la SDAE nous ont aidés à expliquer le problème et ont négocié la neutralisation de l’impact fiscal de ce trop-versé. » La MSA va envoyer un courrier pour expliquer aux adhérents la procédure à suivre pour neutraliser l’impact fiscal de ce trop-versé. Attention : cela ne se fera pas automatiquement, il faudra faire la rectification à la main sur la déclaration d’impôt.

« Nous avons demandé une revalorisation des retraites agricoles pour arriver à 85 % du Smic, indique Philippe Wolff, secrétaire de la SDAE67. Mais le gouvernement a botté en touche, nous renvoyant à la réforme des retraites en 2019. »

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Au cœur de la Forêt-Noire

Élevage

Publié le 22/03/2018

Coupler une assemblée générale statutaire avec une visite d’élevage, cela n’a rien de nouveau. Mais lorsque le choix se porte sur une exploitation située à Dornstetten, près de Freudenstadt, cela change la donne ! Les 25 participants ont apprécié cette escapade, d’autant que le soleil était de la partie.

À 660 mètres d’altitude, la ferme du Benzinger Hof a accueilli les éleveurs alsaciens. Elle a fêté récemment ses 1 000 ans d’existence, explique Martin Schwenk, qui était accompagné de son épouse, Annette, et de son fils, Félix. Ici, la simmental - ou plutôt la Fleckvieh - règne en maître. Le troupeau se compose de 280 vaches laitières, dont 245 en production, et leur suite.

Le Benzinger Hof est une ferme en constante évolution. « Lorsque nous avons repris l’exploitation, nous avions 36 vaches », indique Martin Schwenk. Suite au rachat de quotas et à la reprise d’une ferme voisine, le couple décide de construire une nouvelle étable de 90 places. Sept ans plus tard, il réalise une première extension - « Nous avons rallongé le bâtiment de 30 m » - et construit un bâtiment pour les génisses. Une nouvelle extension, de 50 m cette fois, est décidée en 2012-2013, ainsi que la construction d’une laiterie, avec une salle de traite rotative Boumatic de 36 places. Dans sa forme actuelle, le bâtiment est conçu pour 280 places en logettes paillées. Un puits de 138 m de profondeur a été creusé récemment pour permettre un approvisionnement en eau à moindres frais. « Nous utilisons 12 000 m3 d’eau par an. »

Une partie du bâtiment est équipée d’une toiture photovoltaïque. L’électricité produite est utilisée en autoconsommation, le surplus étant injecté dans le réseau. Une unité de méthanisation de 75 kW/h complète l’ensemble. Alimentée uniquement avec les déjections de l’élevage, cette usine de biogaz est entrée en service il y a un an, explique Félix Schwenk.

L’exploitation s’étend sur 300 hectares, dont 180 ha de prairies et 120 ha de cultures (céréales à paille et maïs). La ferme produit 2 millions de kg de lait par an, qui sont vendus à Omira, une filiale de Lactalis située à Ravensburg. La moyenne d’exploitation est de 9 500 kg de lait par vache et par an. L’intervalle vêlage-vêlage est de 365 jours. « Depuis que nous avons équipé nos vaches de détecteurs de chaleurs, nous avons réussi à réduire cet intervalle de plusieurs jours », indique Martin Schwenk. C’est d’autant plus important que les génisses sont un peu à l’étroit. « Nous les faisons vêler tôt pour libérer de la place. »

La ration de base est calculée pour une production de lait de 32 litres. Elle est complémentée en fonction du niveau de production. « La vache doit vivre longtemps et produire beaucoup », indique Martin Schwenk. L’essentiel de l’alimentation est produit sur la ferme. « Nous n’achetons que du tourteau de colza, du corn gluten feed et de l’orge d’hiver. » La ration est modifiée chaque semaine, en fonction du prix des coproduits. « Pour nous, c’est le coût de la ration qui compte. »

« Nous élevons tous les veaux nés sur la ferme. » Les femelles sont destinées à l’agrandissement et au renouvellement du troupeau. Les mâles sont engraissés durant trois semaines et sont vendus à un poids de 70 à 90 kg, au prix de 6 €/kg. « Il y a deux ans, lorsque la crise laitière faisait rage, nous étions contents de vendre quelques veaux tous les mois ! »

Martin, Annette et Félix Schwenk travaillent tous trois sur l’exploitation, avec un ouvrier polonais, un apprenti, ainsi qu’une aide occasionnelle. « Nous réalisons tous les travaux nous-mêmes, à l’exception de l’ensilage qui est confié à une entreprise. » Mais même avec cette charge importante de travail, les éleveurs semblent sereins. « Nous ne nous levons pas la nuit pour surveiller les vêlages. »

Simmental

Une année particulièrement chargée

Élevage

Publié le 22/03/2018

« La simmental est à un tournant. Pour mieux appréhender ces changements, il faut aller voir ce qui se passe chez nous et ailleurs », a indiqué le président Jean Bernard, pour expliquer les raisons de cette incursion en terres wurtembergeoises. 2017 a été une année particulièrement chargée pour les éleveurs simmental, a-t-il poursuivi. « En avril, nous avons vécu la dernière édition d’Eurogénétique à Épinal. » La ville de Colmar reprend le flambeau avec la création de Cœur d’Élevage en juin prochain. « Avec Simmental France, nous avons décidé de ne pas y participer. »

Après le Festival de l’élevage de Brumath, les membres du syndicat ont organisé l’assemblée générale de Simmental France qui se déroulait cette année en Alsace. « Ce fut une réussite ! Grâce à votre engagement, nous avons pu recevoir nos hôtes dans d’excellentes conditions. » L’occasion de constater que, dans différentes régions françaises, l’intérêt des éleveurs pour cette race est grandissant. C’est le cas notamment en Bretagne : une petite délégation avait fait le déplacement en Alsace. Un constat qui s’est vérifié lors du salon Space à Rennes, où Simmental France avait organisé un concours spécial, avec une cinquantaine d’animaux. « C’était intéressant de voir comment la simmental s’est intégrée dans cette région. »

Autre temps fort de l’année écoulée, une trentaine de pointeurs de tous les pays européens se sont retrouvés au château du Liebfrauenberg pour l’harmonisation des critères de jugement des animaux. Les travaux pratiques ont eu lieu sur la ferme Bernhard à Wœrth. « Cela nous a permis de voir comment les pointeurs évaluent les animaux dans leur pays et de constater les écarts. »

Un prix du lait peu attractif

Concernant la conjoncture laitière, le président n’est guère optimiste. Les stocks pèsent lourdement sur le prix du lait. La flambée des cours de la matière grasse à l’automne dernier a provoqué une pénurie de beurre. Mais la poudre de lait a perdu toute valeur, ce qui a provoqué un effondrement des prix. Depuis, la production laitière a légèrement repris et les perspectives ne sont pas réjouissantes. « Les Allemands pensent que le prix du litre de lait risque de redescendre en dessous de 30 cts dans leur pays. »

Seule consolation, le marché du veau est tiré par la demande espagnole. Et il semble que certains abattoirs manquent de vaches, « ce qui pourrait faire remonter le prix de nos vaches de réforme ». La simmental française qui, contrairement à sa voisine allemande, la Fleckvieh, a toujours cherché à conserver une certaine mixité, est très appréciée en boucherie. « À côté des critères de fécondité et de taux, nous avons toujours veillé à sélectionner les animaux sur la musculature. » Autre motif de satisfaction : alors que l’élevage bovin est régulièrement mis en cause par rapport aux émissions de gaz à effet de serre, de récentes études montrent que les races mixtes sont les plus en adéquation avec l’environnement.

Pour finir, le président a fait un appel aux bénévoles pour participer à l’organisation du festival de l’élevage, qui se tiendra les 12 et 13 mai au plan d’eau de Brumath.

Lycée agricole d’Obernai

Participer au dynamisme de la filière

Vie professionnelle

Publié le 16/03/2018

Le monde agricole bouge, l’enseignement agricole aussi. « Nous essayons de nous ouvrir à toutes les productions », expliquent les deux enseignantes. « Nous nous imprégnons des caractéristiques de l’agriculture alsacienne, mais nous voulons aussi cultiver l’ouverture d’esprit chez nos élèves, notamment à l’occasion des voyages d’étude. »

L’élevage ovin a, depuis plusieurs années, une place de choix dans le programme pédagogique des classes de bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) et de BTS Analyse, conduite et stratégies d’exploitation (Acse). « La filière ovine nous a proposé des supports pédagogiques très intéressants. » À commencer par les Ovinpiades des jeunes bergers, une compétition ouverte aux jeunes de 16 à 24 ans. Au lycée agricole d’Obernai, ce sont les étudiants en BTS Acse et les élèves en Capa (CFA) qui sont invités à y participer. Cette année, les candidats bas-rhinois - tous deux fils d’éleveurs ovins - se sont très bien classés lors de la finale nationale à Paris : ils ont obtenu les 13e et 15e places.

« C’est une façon de valoriser les élèves »

Pour préparer ces Ovinpiades, Jean-Pierre Saulet-Moes, technicien spécialisé ovin de la Chambre d'agriculture d’Alsace, est intervenu à cinq reprises dans les classes de première et de terminale de bac pro. « Il pose le contexte de la filière et forme les élèves aux différentes épreuves. Ces derniers apprennent ensuite la pratique au contact des éleveurs qui les encadrent. » Marie-Laure Couvet se félicite de l’implication des professionnels.

Durant les cours de zootechnie, toutes les productions animales sont abordées : bovin, porcin, ovin. Mais la formation pour les Ovinpiades est un temps fort de l’année. « Cela contribue à motiver les élèves, ils peuvent évaluer leurs compétences. » L’enseignement ne se limite pas à cette compétition. Il y a aussi les études de cas : « Les élèves ont visité récemment l’exploitation de Théo Heim à Mietesheim. Nous leur avons demandé de faire une étude des besoins de l’éleveur et de trouver des pistes d’amélioration. »

Durant ses cours d’économie, Simone Hentz aborde bien sûr les aspects théoriques, comme la pénurie d’agneaux en Europe et en Alsace, mais aussi les données techniques, comme la comparaison des systèmes d’élevage (agneaux d’herbe, agneaux de bergerie), le calcul de la marge brute, et même de l’excédent brut d’exploitation (EBE). Et lors des visites d’exploitations, les élèves étudient des cas concrets. « Nous nous sommes intéressés à la manière dont Théo Heim assure son autonomie fourragère : il produit du fourrage sur les cultures intermédiaires de parcelles voisines. Nous avons notamment comparé le coût de la ration produite sur les Cipan par rapport à l’achat de fourrage et étudié l’augmentation de la valeur agronomique des sols induite par ces pratiques. » Pourquoi un tel intérêt pour la production ovine ? « C’est un atelier facile à mettre en place et complémentaire de l’élevage bovin », indiquent les deux professeurs.

La Région Grand Est encourage l'irrigation

Cultures

Publié le 13/03/2018

« Certains secteurs n’ont pas la chance de pouvoir irriguer. Mais pour les cultures spéciales, la sécurisation des ressources en eau est le seul moyen de garantir un revenu », souligne Gérard Lorber.

Les aides de la Région Grand Est portent sur les études de structuration et les investissements en matériels d’irrigation individuels ou collectifs permettant d’améliorer la performance et la durabilité des exploitations agricoles. Mais quelles sont les productions éligibles ? Le maraîchage, y compris les légumes de plein champ, les productions fruitières, les autres cultures spéciales (tabac, houblon, production de semences). 25 dossiers de demandes de subvention ont déjà été déposés par les irrigants alsaciens. Le montant des subventions varie de 1 500 € à 20 000 €.

Jouer la carte de l'environnement, de la qualité, ou du collectif

Pour bénéficier de cette aide, l’exploitant devra soit mettre en œuvre une démarche environnementale (HVE, PFI, Ecophyto…) soit adhérer à une démarche qualité (IGP, AB), soit présenter une approche collective de la mise en marché de ses produits. Toute demande d’aide pour la création de forage ou de retenue d’eau devra être soumise à autorisation et faire l’objet d’un dossier Loi sur l’eau.

Les dépenses éligibles sont : études de faisabilité technico-économique, forages, création de retenues d’eau de substitution, réseaux de transport constitués des canalisations et les systèmes de distribution (uniquement goutte à goutte). Pompes et raccordements électriques ne sont pas éligibles, hors projets collectifs.

Zoom sur Irrigants de France

Cultures

Publié le 13/03/2018

Les besoins en eau de l’agriculture française sont estimés à 3 milliards de m3, soit 1,7 % de la ressource en eau. Le coût de l’énergie est un dossier central pour Irrigants de France qui se bat sur tous les tableaux : le prix de l’électricité, les frais d’acheminement (TURPE) et les taxes.

Le prix de l’électricité va continuer à augmenter, en raison des investissements prévus par le gestionnaire du réseau et les fournisseurs d’électricité. Mais il faut relativiser : la France a le prix du kWh le moins cher d’Europe. Au volume consommé (plus abonnement) s’ajoute le TURPE, tarif de l’acheminement de l’électricité qui représente 25 à 35 % de la facture globale. Il est identique sur l’ensemble du territoire et indépendant de la distance parcourue. Il est fonction de la puissance souscrite, de l’énergie consommée et de l’horo-saisonnalité. Ce tarif est fixé par la CRE. « Le TURPE a augmenté de 15 % entre 2003 et 2013. » Depuis le 1er août 2017, une nouvelle version du TURPE est entrée en vigueur, avec une légère hausse des tarifs, mais des dispositions avantageuses pour les irrigants : l’écart se creuse entre le tarif hiver et le tarif été et la plage tarifaire d’été débute désormais en mars.

« La CSPE a augmenté de 550 % depuis 2002 »

Ce qui alourdit considérablement la facture, ce sont les taxes : CTA (contribution tarifaire d’acheminement), TCFE (taxe sur la consommation finale d’électricité) et CSPE (contribution au service public de l’électricité). Cette dernière finance notamment l’investissement dans les énergies renouvelables et le dispositif social des tarifs de première nécessité. La CSPE a augmenté de 550 % depuis 2002. L’agriculture ne bénéficie pas d’exonérations, contrairement à la métallurgie, par exemple, ni de tarifs réduits. Irrigants de France se mobilise pour faire rentrer l’agriculture dans les « électro-intensifs », indique Aurore Courillon.

« Nous avons lancé une enquête pour évaluer le poids de l’énergie en irrigation et mieux cerner la part des différentes parties de la facture. » Cette étude est encore en cours, mais Aurore Courillon cite l’exemple d’une exploitation haut-rhinoise en régie municipale qui irrigue 39 ha et a vu le coût de l’irrigation passer de 43 €/ha en 2012 à 115 €/ha en 2016 (la variabilité est également due au volume global irrigué cette année là).

Une nouvelle ligne va apparaître sur la facture, le mécanisme de capacité. Les fournisseurs doivent désormais justifier qu’ils sont en mesure de fournir l’électricité nécessaire même en cas de pic de consommation (vague de froid, par exemple). Les irrigants sont moins concernés par cette augmentation, car leur consommation est faible sur les périodes de pointe.

Coût de l’irrigation : un réel enjeu

Le coût de l’irrigation est un réel enjeu. Technique, d’abord : une meilleure efficience passe par une optimisation des apports d’eau et une adaptation du matériel (pompes, dimensionnement du réseau). Tarifaire, ensuite, avec des négociations sur la partie fourniture d’électricité et le prix de l’abonnement. Fiscal, enfin : il faut identifier les leviers pour faire baisser les taxes.

Une des pistes de progrès est de développer les appels d’offres en créant des groupements d’achat. Cela existe dans les Pyrénées Atlantiques, où 1 200 irrigants se sont regroupés et ont obtenu une facturation plus annexée sur la consommation, ainsi que dans les départements de la Nièvre, du Puy-du-Dôme et de la Saône-et-Loire, où 160 irrigants se sont fait accompagner par un consultant en énergie pour adapter la puissance de leur installation et optimiser le TURPE. « Dans le Bas-Rhin, nous nous posons la question de constituer un groupement d’achat pour négocier un tarif groupé, notamment pour les cultures fortement consommatrices, comme le tabac, le houblon », indique Gérard Lorber.

François Schotter, animateur de la section irrigation, a fait une étude sur l’évolution du coût de l’électricité pour les clients d’Électricité de Strasbourg : le prix du MWh est passé de 37 € en 2004 à 92 € en 2017, dont 27 € de CSPE. « Les taxes représentent une part de plus en plus importante de la facture », explique-t-il. De 2015 à 2017, le coût de la part fixe a largement diminué. « ÉS a consenti un tarif très particulier aux irrigants. »

L’animateur a contacté plusieurs fournisseurs d’électricité pour négocier des tarifs plus avantageux, dans l’optique de constituer un groupement d’achat. Sur les cinq fournisseurs contactés, trois ont répondu. « Les tarifs varient en fonction du cours du jour sur le marché de l’énergie, de la durée de validité de l’offre et de la durée du contrat. » La période de signature d’un éventuel contrat devra être judicieusement étudiée. En fonction des cours de l’électricité.

Irrigation

Tout savoir sur le raccordement au réseau

Cultures

Publié le 13/03/2018

Petit rappel réglementaire sur la fermeture des puits, pour commencer. La réglementation n’a pas évolué dans ce domaine, mais certaines lacunes ont été constatées par l’administration sur le terrain. Denis Kieffer, de la direction départementale des Territoires (DDT) du Bas-Rhin a contrôlé plus de 200 puits l’an dernier. 90 % d’entre eux sont conformes, même si çà et là, certaines améliorations sont à apporter. Les 10 % restants posent problème : fermeture du puits par des palettes ou des pneus, boulons manquants sur le capot, dysfonctionnement de la crépine.

Denis Kieffer insiste sur l’importance de l’étanchéité des puits. Il ne s’agit pas d’une question d’esthétique, mais d’éviter que des eaux de surface ne s’infiltrent par le tuyau de forage, indique-t-il. Car un puits constitue un accès direct à la nappe phréatique et tout produit phytosanitaire qui tomberait dans le puits ne serait pas dégradé par le soleil, ni filtré par le sol, ni retenu dans les couches imperméables du sous-sol. La vigilance est d’autant plus grande dans les zones inondables, car une eau souillée pourrait contaminer la nappe phréatique.

Les normes de fermeture de puits, déterminées par la loi sur l’eau, sont simples : présence d’une aire bétonnée autour du puits d’une largeur de 1 m et d’une hauteur de 30 cm, la tête de colonne devant avoir une hauteur minimum de 50 cm par rapport au niveau naturel du sol. Un dispositif de fermeture de la colonne doit être mis en place pour éviter les échanges entre les eaux de surface et la nappe phréatique, et l’installation d’une crépine avec clapet anti-retour fonctionnel est obligatoire. « Si nous constatons des dysfonctionnements, nous ne pouvons pas accorder la conformité », affirme Denis Kieffer.

Mettre à jour la liste des puits

Le forage d’un puits est soumis à déclaration préalable. Le propriétaire du puits doit en faire la déclaration auprès de la DDT (guichet unique de police de l’eau) au plus tard deux mois avant le début des travaux. Si la profondeur du puits dépasse 100 m, le forage est soumis à autorisation. Attention cependant aux forages en profondeur : « Il y a un risque de gonflement d’argile. Pour éviter tout risque, il faut faire appel à une entreprise compétente et se référer à la cartographie des risques établie pour la géothermie peu profonde. En présence d’argile, il est préférable de chercher une solution alternative », souligne Denis Kieffer.

Gérard Lorber souhaiterait mettre à jour la liste des puits à usage agricole. C’est à l’agriculteur auquel appartient la parcelle de déclarer le puits. En cas de transfert d’exploitation, c’est au nouveau propriétaire de déclarer les puits situés sur sa propriété. « Au niveau de la Pac cela fait 10 ans qu'il n'y a plus eu de déclaration. Une mise à jour s'impose. Il faudrait également trouver une méthodologie pour les puits en multipropriété », estime Gérard Lorber. 

Enedis, l’interlocuteur pour tout raccordement

Philippe Geoffrey, d'Enedis rappelle les règles à respecter lors des irrigations à proximité des lignes électriques pour la sécurité des utilisateurs. Il insiste également sur les difficultés rencontrées pendant les phases d'irrigation pour maintenir la qualité de la fourniture à ses clients.

Comment le système électrique français est-il structuré depuis l’ouverture à la concurrence ? Lors de la scission des activités de distribution d’électricité et des activités de production, de transport et de commercialisation de l’électricité, en 2008, EDF a créé deux entités : RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité en haute tension supérieure à 50 kV, et ERDF (pour Électricité Réseau Distribution France), chargée de la gestion et de l’aménagement de 95 % du réseau de distribution d’électricité en France. Cette dernière a pris le nom d’Enedis en janvier 2016. Présente dans tous les départements de France métropolitaine, elle exploite le réseau le plus important en Europe avec 1,3 million de km de lignes haute tension et basse tension, et plus de 760 000 transformateurs.

Enedis doit garantir un accès à l’électricité à tous les usagers, sans discrimination. C’est donc à elle qu’il faut s’adresser pour faire la demande de raccordement de son installation au réseau électrique. L’entreprise traite toutes ces demandes de la même manière, quel que soit le fournisseur d’électricité choisi. Cette non-discrimination est contrôlée par la CRE (Commission de régulation de l’énergie). Enedis est aussi chargée du raccordement des installations de production au réseau électrique (photovoltaïque, éolien, biogaz).

Enedis est structurée en 25 directions régionales. Celle d’Alsace Franche-Comté a son siège à Besançon, explique Philippe Geoffroy chargé de mission auprès des collectivités locales. Son collègue, Emmanuel Gabriel, du service prévention santé sécurité de la direction régionale, évoque la prévention des risques aux abords des lignes électriques. Nous y reviendrons dans notre dossier spécial « irrigation ».

Un portail pour faire sa demande

Thierry Chagué, de l’Agence raccordement du marché d’affaires (ARMA) d’Enedis, explique la marche à suivre pour une demande de raccordement. L’agence de Besançon dispose d’une équipe dédiée pour le secteur nord. L’an dernier, l’ARMA a fourni 1 460 réponses suite à une consultation d’autorisation d’urbanisme, concrétisé 1 345 projets collectifs, 433 projets C2-C4, 385 projets C5 avec extension et 88 projets de raccordement en injection sur le réseau.

Les différentes étapes d’un raccordement sont : la demande de raccordement, la proposition de raccordement (devis), les travaux de raccordement et le branchement. Entre ces différentes étapes, il peut s’écouler plusieurs semaines, voire plusieurs mois s’il faut procéder à une extension du réseau basse tension et créer un poste électrique. Sur internet, un portail rassemble les formulaires pour tous les types de demandes.

Comment est calculé le barème de facturation ? Pour un projet de raccordement individuel ou collectif en basse tension, la partie branchement est à la charge du demandeur, la partie allongement du réseau est à la charge de la collectivité et les travaux sur le réseau existant sont pris en charge par Enedis. Pour simplifier le raccordement, une forfaitisation du prix des branchements aérosouterrains ou souterrains a été établie : environ 1 225 € TTC en zone rurale et 1 465 € en zone urbaine (s’il n’y a pas création de poste électrique).

Dans chaque cas, les services d’Enedis cherchent la solution de raccordement qui minimise les coûts, sachant que ce réseau doit être suffisant pour assurer l’alimentation en énergie électrique de l’installation et emprunter un tracé réalisable sur le plan technique et administratif. Depuis 2009, la commune est acteur sur le plan de l’énergie électrique : elle décide, en accordant l’autorisation d’urbanisme, du raccordement au réseau électrique. Elle contribue financièrement au projet pour la partie concernant l’extension du réseau. Mais attention, elle peut répercuter au demandeur une partie des sommes engagées, via les taxes d’urbanisme ou par l’utilisation d’un article d’exception (art 332-15 ou art 332-8).

« Si vous voulez faire une demande de raccordement pour une installation d’irrigation, vous devez commencer par remplir un formulaire sur le portail internet. Cette demande est traitée par l’accueil qui la transmet à l’interlocuteur raccordement. Pour l’Alsace, cet interlocuteur est Gérome Galliot. Ce dernier procède à une étude par rapport au réseau existant, envoie une demande de prestation à un chargé de projet qui viendra sur place et étudiera la meilleure solution. Sur cette base, l’interlocuteur raccordement établit une proposition de raccordement, accompagnée d’un devis. Après acceptation par le client, les travaux d’extension peuvent démarrer. Il faut bien anticiper le projet et, si le coût est trop important, chercher des solutions plus rationnelles, comme le déplacement de l’ouvrage ou la mutualisation. »

Syndicat de la race prim’holstein du Bas-Rhin

Rendez-vous en mai à Brumath

Élevage

Publié le 10/03/2018

2017 a été une année intense pour les membres du syndicat de la race prim’holstein du Bas-Rhin. En avril, les éleveurs avaient rendez-vous à Épinal pour la dernière édition d’Eurogénétique. Le président, Jean-François Dintinger, a félicité les élevages Wollenburger de Bindernheim et Wilt de Dachstein : « Toutes les vaches qu’ils ont présentées sont montées sur le podium. »

En mai, ils étaient de retour à Brumath pour le Festival de l’élevage. Le concours de génisses a vu défiler 83 animaux du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Fin octobre, à l’invitation des éleveurs mosellans, 21 prim’holstein de neuf élevages bas-rhinois ont fait le voyage au salon Agrimax de Metz. L’année s’est achevée par le traditionnel voyage d’étude.

Jean-François Dintinger a rendu hommage à Jean-Philippe Urban, décédé récemment. « C’était un membre actif de l’élevage du département. » Après la lecture du procès-verbal de l’assemblée générale 2017 par Laure Fritsch, secrétaire du syndicat, le trésorier, Philippe Richert, a rendu compte d’une situation financière saine. Lors du renouvellement du conseil, Ludovic Kieffer a remplacé François Rohmer qui ne souhaitait pas se représenter.

À l’école des jeunes présentateurs

Le syndicat prim’holstein organise une nouvelle édition de l’école des jeunes présentateurs, les 14 et 15 avril au Gaec Wilt de Dachstein. « Nous allons former une douzaine de jeunes, a expliqué Olivier Wilt. C’est important pour les motiver à participer aux concours. » Cette session est ouverte à tous, qu’ils soient ou non issus du monde de l’élevage. Car la formation ne se résume pas au clippage et à la préparation des animaux. Elle porte aussi sur le choix des animaux, la lecture des index, la tonte, l’alimentation des bêtes de concours, etc.

Le Festival de l’élevage aura lieu les 12 et 13 mai au plan d’eau de Brumath. Le président a lancé un appel aux bénévoles pour le montage des stands qui débutera le jeudi, jour de l’Ascension.

L’événement de l’année sera le salon Cœur d’élevage, du 21 au 23 juin à Colmar. Coorganisé par Thomas Prinz et le Parc des expositions de Colmar, il prendra le relais d’Eurogénétique, mais avec une présence renforcée du monde de l’élevage. Les principales races laitières de la région seront en concours. « Chaque département peut faire concourir le nombre d’animaux qu’il désire. Le Bas-Rhin s’est engagé à présenter une vingtaine d’animaux », a indiqué Jean-François Dintinger. Un courrier pour les inscriptions sera envoyé aux éleveurs dans les prochaines semaines.

La participation des éleveurs étrangers n’est pas encore confirmée. Suite à la découverte d’un foyer de FCO sérotype 4 en Haute-Savoie en novembre 2017, une zone réglementée a été mise en place en France, a expliqué Céline Zuber, du GDS Alsace. Les animaux peuvent circuler librement à l’intérieur du pays, mais les animaux étrangers devront obligatoirement être vaccinés pour retourner chez eux.

Faire circuler les données

Philippe Caussanel, chef du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, a relevé le taux de participation important - plus de 60 % - aux réunions du Contrôle laitier qui viennent de s’achever. Il a insisté sur l’intérêt d’intégrer un groupe technico-économique - il en existe une demi-douzaine dans le Bas-Rhin. « Il y a une marge de progrès dans chaque élevage, mais pour la trouver, il faut accepter de mettre les chiffres sur la table et de se comparer aux autres éleveurs », a-t-il souligné.

La digitalisation des données d’élevage est en marche. Le projet « Harmony Grand Est » rassemble tous les acteurs du monde de l’élevage : les GDS, les contrôles laitiers, les centres d’insémination, les laiteries, les acheteurs de bovins, les services informatiques, l’Université de Lorraine, Arvalis - Institut du végétal, le CIL Grand Est, les centres de gestion, etc. L’objectif est de rassembler toutes les données existantes sur les élevages, souvent dispersées, pour les valoriser au profit des éleveurs et de la filière, et ainsi améliorer la conduite des élevages au quotidien.

« Nous sommes en train de constituer une plateforme pour que tous les éleveurs puissent travailler ensemble et que tous les organismes puissent partager leurs informations. L’idée est de simplifier la vie à tout le monde. Nous sommes à l’écoute de vos suggestions pour faciliter ce partage d’informations », a poursuivi le chef du service élevage. Sachant que le consentement de l’éleveur est impératif pour la diffusion de ses informations.

Un nouvel index, l’efficacité alimentaire

Le catalogue Élitest ne cesse de s’enrichir, a indiqué Luc Voidey, directeur technique d’Élitest. Après l’acétonémie et la santé du pied, un index mesurera prochainement l’efficacité alimentaire. Parallèlement, une inversion de tendance se fait jour : « Pour la première fois, on sélectionne positivement la fertilité. Autrefois, l’augmentation de la production laitière était corrélée à la baisse de la fertilité : un taureau productif en lait n’aurait pas été productif en repro. Aujourd’hui, la sélection génomique nous permet de mettre l’accent sur la fertilité et les caractères repro dans les élevages pour apporter du progrès génétique. On croise génotype et phénotype, ce qui permet d’aller très vite. On peut continuer à sélectionner intensément sans nuire à la fertilité des animaux. »

À l’issue de l’assemblée générale, le trophée Holstein 2017 a été remis à l’EARL Lehmann de Reutenbourg, l’EARL Longchamp d’Altwiller (lait à 7 % bio - 9 046 kg) et le Gaec ferme Kleinfeld de Hilsenheim (lait à 7 % - 13 282 kg). Par ailleurs, huit vaches ont été récompensées pour leur belle carrière laitière. Elles ont produit plus de 10 000 kg de lait ! Les heureuses élues sont : Accolade (107 327 kg) du Gaec Bignet Leininger à Ringeldorf, Affamée (105 701 kg) de l’EARL Kieffer de Behlenheim, Augustine (103 775 kg) du Gaec Geyer de Domfessel, Divine (103 220 kg) du Gaec ferme Kleinfeld de Hilsenheim, Amélie (102 351 kg) de l’EARL Richert à Wolschheim, Vanina (102 096 kg) du Gaec Dintinger à Weislingen, Anémone (102 082 kg) du Gaec Geyer de Domfessel et Viola (101 048 kg) du Gaec Wilt à Dachstein.

Concours général agricole

L’excellence des charcutiers français récompensée

Pratique

Publié le 02/03/2018

Avec plus de 450 spécialités régionales, la France est incontestablement la patrie des charcuteries. Ces dernières sont autant représentatives d’un art de vivre à la française que synonymes d’échanges, de partage et de convivialité. Fleurons du patrimoine gastronomique français, elles ont obtenu de nombreuses médailles, gages d’excellence. À travers ces médailles, ce sont également le savoir-faire charcutier français et la créativité issus de l’implication de femmes et d’hommes passionnés qui sont récompensés. Plusieurs entreprises alsaciennes ont obtenu une médaille dans la catégorie knack d’Alsace.

Médaille d’or : Charcuterie Pierre Schmidt, Weyersheim, knack d’Alsace tradition ; Les Charcutiers d’Alsace - Maison Adam, Hoerdt, knack d’Alsace porc fermier ; Festein d’Alsace, Obernai, knack fumée d’Alsace.

Médaille d’argent : Iller, Altorf, véritables knacks d’Alsace 260 g ; Stoeffler, Obernai, knack d’Alsace ; Les Charcutiers d’Alsace - Maison Adam, Hoerdt, knack d’Alsace supérieure ; Charcuterie du Val d’Argent, Scherwiller, saucisse de Strasbourg fumée.

Médaille de bronze : Stoeffler, Obernai, viennoise du temps retrouvé.

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des chartes revisitées

Vie professionnelle

Publié le 23/02/2018

Le métier d’agriculteur est à la fois contraignant et peu rémunérateur, affirme Julien Koegler, secrétaire général de JA67. Les jeunes continuent malgré tout de s’installer par passion, mais il est de plus en plus difficile de trouver des repreneurs pour les exploitants souhaitant quitter le métier. « La question du renouvellement des générations se pose de manière récurrente. » Et pour cause : les investissements colossaux, les crises répétées découragent les jeunes et les dissuadent de s’installer.

Depuis toujours, JA s’est fixé pour objectif de favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations viables. « Pour cela, il est important de leur apporter des solutions durables, une vision d’avenir. » La charte nationale pour l’installation, qui a vu le jour en 1995, a débouché sur la mise en place des répertoires départementaux de l’installation (PDI) et entraîné la création du programme pour l’installation et le développement des initiatives locales (Pidil), destiné à encourager la transmission hors cadre familial. Dans la foulée, JA est allé à la rencontre des organisations professionnelles et des acteurs du monde agricole pour mettre en place des offres particulières à destination des nouveaux installés. Des offres qui ont ensuite été déclinées au niveau local. Dès 1996, la première charte est signée avec Unicoolait, suivie rapidement par Élitest, Copvial, Costal, AGC-CFG, la sucrerie d’Erstein, le Crédit Agricole Alsace Vosges, Alsatabac, le Comptoir agricole, Alsace Lait, l’Association des maires du Bas-Rhin, et plus récemment par l’Opaba, la MSA d’Alsace et Groupama Grand Est. L’ensemble de ces chartes feront l’objet d’une mise à jour en 2018, annonce Julien Koegler.

Impulser une dynamique d’installation durable et performante

« Il est extrêmement difficile pour un jeune qui s’installe de réaliser un plan d’entreprise et des prévisions économiques au plus juste pour quatre ans. Pourtant, le moindre écart par rapport au PE doit s’accompagner d’un avenant. » Un manque de souplesse administrative qui complexifie l’installation, d’autant que la DJA, censée constituer un apport de trésorerie pour le jeune qui s’installe, est souvent versée tardivement. Pour limiter l’impact de ces problématiques, les JA sont allés négocier avec leurs partenaires pour faciliter les démarches liées à l’installation.

« De nombreux acteurs du monde agricole ont déjà réaffirmé leur engagement auprès des futurs installés à travers des chartes ambitieuses, indique Julien Koegler. Ces documents constituent les fondations de partenariats durables amenés à se renforcer et à évoluer avec les attentes des jeunes installés. » Les deux premières conventions revisitées ont été signées à l’issue de cette assemblée générale avec deux partenaires historiques, Groupama Grand Est et Crédit Agricole Alsace Vosges. Pour porter l’ensemble de ces chartes à la connaissance des adhérents, elles seront synthétisées dans un document unique qui sera distribué lors des tournées cantonales.

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