Auteur

Anny Haeffelé

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Encourager les installations de demain

Vie professionnelle

Publié le 23/02/2018

L’installation des jeunes est le cheval de bataille des JA. Pourtant, les chiffres n’évoluent pas dans le bon sens. 53 jeunes se sont installés dans le Bas-Rhin en 2012, ils ne sont plus que 30 en 2017. « Tout doit être mis en œuvre pour redresser la barre, faciliter le renouvellement des générations et permettre aux jeunes de s’installer sur des exploitations viables, vivables et transmissibles », souligne le président de JA67. « Nous devons nous intéresser au soutien que nous apportent nos partenaires, à ce que proposent nos filières, pour encourager les installations de demain. »

L’avenir passera aussi par la réforme des aides à l’installation. « Nous avons obtenu des avancées, avec la suppression des prêts bonifiés », dispositif créé en 1965 et rendu inopérant par la baisse des taux d’intérêt. En échange, les Régions ont la possibilité de revaloriser le montant de base de la DJA et d’instaurer une modulation en fonction du coût de l’investissement.

Un vrai parcours du combattant

« Ce n’est pas suffisant, car le parcours à l’installation est un vrai parcours du combattant », affirme Thomas Gillig. Plusieurs vidéos réalisées par les JA viennent confirmer ses propos. « Comment prévoir un plan sur quatre ans avec les fluctuations de prix que nous connaissons ? Où trouver de la trésorerie lorsque la DJA est versée un an plus tard ? » Autant de handicaps que les Jeunes Agriculteurs veulent lever de toute urgence. « Et surtout, quel soutien attendre du gouvernement ? Nous pensions être sur de bons rails avec les États généraux de l’alimentation. Nous y avons presque cru, mais rien n’a changé ! Pas de contractualisation, pas de revalorisation, et un florilège de promotions… Où est l’évolution ? »

Bien décidés à faire respecter les promesses du président Macron, les Jeunes Agriculteurs ont mené des actions dans trois hypermarchés. « Deux d’entre eux ont porté plainte. Nous demandons le retrait de ces plaintes, le respect de la charte d’engagement signée en novembre dernier par la grande distribution, l’encadrement des promotions et le respect des règles d’étiquetage d’origine ! »

Thomas Gillig espère que 2018 apporte de vraies solutions sur les prix, l’innovation technique et agronomique. Mais il craint fort que le débat sur le retrait du glyphosate, les négociations avec les pays du Mercosur et l’ouverture des discussions sur la réforme de la Pac se traduisent, une fois de plus, par une mise en péril de l’agriculture. Jeudi 22 février, 1 000 jeunes agriculteurs étaient conviés à l’Élysée. Parmi eux, dix jeunes bas-rhinois. L’occasion de voir si Emmanuel Macron entend réellement soutenir l’agriculture française.

« Résiste ! Tel est notre mot d’ordre. Continuons à être force de propositions, Consolidons nos partenariats avec les acteurs du monde agricole, continuons à communiquer, jouons collectif. Avec la force de notre réseau, nous démontrerons que l’agriculture est un métier magnifique que nous sommes fiers d’exercer. »

Rapport d'activité

« À nous de communiquer de manière positive ! »

Vie professionnelle

Publié le 23/02/2018

Quoi de mieux que des images pour visualiser les temps forts de l’année syndicale écoulée ? Long de quinze pages, le rapport d’activité aurait pu paraître ennuyeux. Bien au contraire ! Réunions, actions syndicales, animations et manifestations ont défilé sur l’écran à un rythme effréné. Les membres du bureau sont alors intervenus pour évoquer, qui un dossier, qui une filière. Des interventions entrecoupées de montages vidéo qui ont conquis l’assistance.

Étienne Losser évoque la structuration du réseau JA : échelon cantonal, départemental, régional et national. Le réseau JA Grand Est est désormais bien organisé. Ses missions ? Le renouvellement des générations agricoles (RGA), le suivi et la défense des filières, la définition de la politique agricole - « Un vrai challenge, vu la diversité de nos départements » - et l’élaboration d’une position JA partagée. « Avec 2 450 adhérents, nous sommes la deuxième région de France. Le Bas-Rhin est bien représenté, avec 641 adhérents. »

Le dossier de l’installation, Julien Koegler l’a pris à bras-le-corps. « Nous avons enregistré 192 rendez-vous au point accueil installation, établi 46 plans de professionnalisation personnalisés et réalisé 30 installations aidées. 48 % de ces jeunes se sont installés avant 25 ans et 78 % hors cadre familial. » Leurs exploitations sont très diversifiées mais, signe des temps, 60 % d’entre elles intègrent un circuit de proximité. Pour le secrétaire général, il faut mettre plus de pragmatisme dans le parcours à l’installation : « Plus de souplesse sur la forme du dossier, plus de questions sur le fond ».

Anthony Carbiener, vice-président, évoque les difficultés de la filière fruits et légumes : gel printanier, problème de la main-d’œuvre, retrait de nombreuses molécules chimiques, ouverture des frontières, etc. Il salue les nouvelles aides mises en place par la Région pour soutenir les investissements de la filière (stockage, récolte, conditionnement, lutte antigel, irrigation).

Parlant au nom de la commission sangliers, il dénonce « les pratiques douteuses de certains chasseurs » et le laxisme de l’administration : sur les dix battues administratives autorisées, quatre ont été organisées pour l’instant. Et le tableau de chasse est pitoyable : seuls 12 sangliers ont été abattus. « 2018 doit être l’année du changement. Stop aux chasseurs du dimanche ! »

« Un centime de moins en 17 ans ! »

4 % des producteurs de lait ont disparu en 2017, annonce Nicolas Urban. À qui la faute ? Aux prix peu rémunérateurs : en 1990, le litre de lait était payé 2,14 francs, soit 0,32 €, contre 0,31 € en 2017. « Un centime de moins en 17 ans ! » Et cela, alors que les exigences des laiteries se multiplient : lait sans OGM, lait de prairie, bien-être animal, etc. Pour l’instant, les promesses faites lors des États généraux de l’alimentation de mieux répartir la marge sur l’ensemble de la filière n’ont pas été suivies d’effet, déplore encore Nicolas Urban. « Deux mois après la signature de la charte d’engagement, les distributeurs s’assoient dessus. »

Autre motif de colère, le bradage de la viande de porc : elle revient moins cher que des croquettes pour chien, dénonce une vidéo. Ce jour-là, le prix payé aux producteurs était de 1,30 €/kg, alors que le coût de production est de 1,50 €/kg. « Nous perdons 18 € par cochon », relève Mathieu Schneider. Dans le même temps, les exigences des services vétérinaires sont de plus en plus fortes. Mais lorsque les éleveurs s’inquiètent de l’importation de sangliers polonais - un pays où la peste porcine fait rage - et de porcs espagnols nourris aux antibiotiques, l’administration se déclare impuissante. Heureusement, il y a des lueurs d’espoir. Les consommateurs sont de plus en plus friands de viande de qualité et de proximité, et la reprise de l’abattoir de Holtzheim pourrait ouvrir de nouveaux débouchés pour la filière porcine.

Du côté des éleveurs bovins, ce sont les accords commerciaux internationaux qui figurent en tête des préoccupations, indique Julien Jacob. L’ouverture de quotas d’importation pour la viande canadienne et sud-américaine sonnera le glas de nombreux élevages. « Et le Brexit risque de causer un chaos encore plus important… »

« L’agribashing sévit sur tous les canaux »

Stigmatisés, montrés du doigt, pris à partie. Les agriculteurs n’en peuvent plus des reportages au contenu anxiogène, les accusant de tous les maux. « L’agribashing sévit sur tous les canaux, et il est en train de réussir son coup », déplore Étienne Losser. Il dénonce une « campagne de la peur », lancée par les associations animalistes et relayée par tous les médias. « Ils veulent faire croire que vous avez du sang sur les mains ! Sur les réseaux sociaux tout le monde y va de son petit commentaire. Même les élus départementaux s’y mettent… »

Ces comportements sont liés à la reprise en masse d’informations biaisées, en partie erronées, sans vérification ni discernement, indique Christophe Haas. Pourtant, les agriculteurs bénéficient d’un énorme capital sympathie auprès du public. « À nous de communiquer de manière positive, d’investir les réseaux sociaux, d’ouvrir nos fermes en temps réel, comme le font déjà certains youtubeurs ou tweeteurs, à l’instar de #France Agri Twittos. Nous n’avons rien à cacher, nous devons montrer que toutes les agricultures sont complémentaires et ont leur place sur nos territoires. »

Verdict de Thomas Gillig : « Nous sommes encore loin d’une agriculture reconnue et rémunérée à sa juste valeur… »

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

La vision d’avenir de Loïc Quellec

Vie professionnelle

Publié le 23/02/2018

« Depuis la mise en place de la DJA en 1973, toutes les évolutions du dispositif à l’installation sont issues des rapports d’orientation rédigés par JA », affirme Loïc Quellec. Un dispositif unique au monde qui a fait ses preuves : « 97,8 % des JA sont encore en activité au bout de quatre ans s’ils sont passés par le dispositif aidé. Depuis, les évolutions ont été énormes. » Mais pas question de se reposer sur ses lauriers ! « La remise à jour des chartes JA est un symbole de notre engagement et de notre volonté de nous remettre en question. »

Loïc Quellec poursuit : « Faire avancer notre métier, tel est le fil conducteur de notre stratégie. » Une stratégie qui repose sur la promotion d’un modèle familial d’exploitation agricole, basé sur des hommes et des femmes qui sont maîtres des capitaux, maîtres des décisions, capables de faire des choix et de les assumer. Bref, de véritables chefs d’entreprise, comme dans d’autres secteurs économiques. Pour cela, la formation est essentielle. « Notre travail ne s’arrête pas au bout de quatre ans : renouveler les générations, c’est aussi proposer une vision sur une carrière. » C’est un chantier de tous les instants, le dernier en date étant celui des États généraux de l’alimentation.

Certains tirent un bilan pessimiste de ces EGA, indique l’administrateur national. « Chez JA, nous nous sommes impliqués à tous les niveaux - dans les réunions, dans les ateliers, dans la rédaction des plans de filière. Nous avons obtenu de réelles avancées. » Il faut à présent être vigilant sur le projet de loi qui doit revoir les conditions de marché entre agriculteurs et distributeurs. « Nous allons mettre la pression sur les élus pour que cette loi reprenne réellement les engagements pris, pour pousser nos positions afin qu’elle apporte une réelle plus-value sur nos exploitations. Ces engagements vont dans notre sens ; à nous de savoir en tirer parti ! Cela se passera sur le terrain », avertit-il.

« Qui de mieux qu’un agriculteur pour parler de l’agriculture ? »

« C’est incroyable, tout ce que l’agriculture française prend dans les dents », s’écrie Loïc Quellec. Des choses absurdes et insensées sont diffusées dans les médias et les réseaux sociaux, notamment sur l’élevage. « Impossible d’y répondre individuellement, sous peine de leur donner de l’importance. » Alors, comment contre-attaquer ? « La meilleure réponse est d’aller chercher le consommateur, de lui montrer ce que nous faisons. Nous ne pouvons pas laisser la place à l’ignorance ou à l’incompétence. Qui de mieux qu’un agriculteur pour parler de l’agriculture ? »

Concernant les traités commerciaux avec le Canada et le Mercosur, Loïc Quellec ne cache pas son inquiétude : « On nous demande de faire toujours mieux, toujours plus propre, toujours plus vert, mais derrière, on nous plante un couteau dans le dos en autorisant l’importation de quantités phénoménales de viande. » L’élevage n’est pas la seule filière mise à mal : les filières oléoprotéagineux, sucre, volailles, seront elles aussi déstabilisées. « Jeudi midi, nous sommes invités à l’Élysée. Nous serons très attentifs à ce que dira Emmanuel Macron sur ce sujet… Et au besoin, nous intensifierons la pression lors du salon de l’agriculture. »

Autre enjeu, la Pac. « Elle reste un des leviers du revenu de nos exploitations. Nous travaillons à une proposition pour la Pac 2020. » En attendant, le Brexit pose énormément de questions. « Cela s’annonce comme un très gros chantier. »

Loïc Quellec a voulu terminer par une note positive : « Si nous nous battons pour notre métier, c’est que nous y croyons. C’est un métier indispensable au quotidien. La gastronomie française est mondialement reconnue. Mais que serait-elle sans nos produits de qualité ? »

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin

« Mettons-nous au travail ! »

Vie professionnelle

Publié le 23/02/2018

Franck Sander adresse un message aux futurs installés : « Le rôle des jeunes, c’est d’y croire. Soyez fiers de reprendre une exploitation, montrez ce que vous faites, montrez que vous produisez des produits de qualité, tracés, conformes aux normes. »

Les moyens dédiés à la Politique agricole commune vont être amputés. « Nos exploitations auront-elles les reins assez solides pour faire face aux aléas, à la volatilité des prix ? » Pour passer le cap d’une année difficile, il faudra jouer sur tous les tableaux : la gestion des risques, la fiscalité, la diversification. La spécialisation prônée hier est moins vraie aujourd’hui, estime Franck Sander. « Les exploitations les plus résilientes sont celles qui ont su se diversifier. » Au niveau des productions, mais aussi de la mise en marché.

« À nous de dire ce que nous voulons demain ! »

Emmanuel Macron a demandé à chaque filière de se positionner sur son avenir, à travers les plans de filières. « Cela veut dire s’organiser en interprofession et redonner du poids aux agriculteurs. Prenons à nouveau la main que nous avons perdue à cause de la loi sur la concurrence. Ce qu’il faut retenir pour l’avenir, c’est que le prix sera construit à l’envers : on partira du coût de production moyen, auquel on ajoutera les frais de transformation et de distribution du produit pour fixer un prix minimum à la consommation. Mais pour cela, nous devrons tous connaître nos coûts de production. » Il faudra aussi gagner en compétitivité, en faisant baisser le poste charges sur les fermes. Car il y a des marges de progrès, estime Franck Sander. « L’écart entre les fermes est très important. Cet écart, il est possible de le réduire, en investissant par exemple, avec le soutien des collectivités territoriales. »

« Mettons-nous au travail dans les quatre prochains mois, dressons un état des lieux des différentes filières, pour aboutir d’ici l’été à projet concret, porté par l’ensemble de la profession. Un projet qui puisse orienter l’action de nos partenaires et la politique agricole portée par la Chambre d'agriculture. »

Les vœux des Jeunes Agriculteurs

« J’espère que l’innovation sera au pouvoir en 2018 ! »

Vie professionnelle

Publié le 12/02/2018

Partager un moment convivial avec leurs partenaires, c’était le but visé par les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin en organisant cette soirée de vœux. Leur président, Thomas Gillig, était entouré de membres du bureau et des administrateurs. « C’est une première pour nous, a-t-il précisé. Vous êtes tous un maillon de la chaîne, une chaîne qui doit être solide pour que les jeunes agriculteurs puissent continuer à s’installer. D’autant que nous rencontrons des difficultés en termes de nombre d’installation et d’instruction des dossiers. »

L’actualité est particulièrement chargée en ce début d’année. « Le GCO (grand contournement ouest) continue à faire parler de lui et les cours d’eau se sont imposés à la une de l’actualité. 2018 commence de façon humide, en espérant qu’elle permettra de confirmer les espoirs de 2017. » Le président de la République, Emmanuel Macron, avait adressé ses vœux à l’agriculture la veille de cette cérémonie. Il a réaffirmé son ambition d’obtenir une juste rémunération pour les agriculteurs. « Si le président le souhaite, on ose espérer que cela se réalisera. » Mais les négociations commerciales sont en cours, et elles s’annoncent plus dures que jamais. « Espérons que le gouvernement saura faire respecter la loi. »

Cette soirée a été l’occasion de faire connaissance avec le nouveau directeur départemental des Territoires, Christophe Fotré. « Nous comptons sur lui pour soutenir nos projets et veiller au bon fonctionnement de ses services, ainsi qu’à la qualité des relations avec l’État. Le monde agricole doit respecter un cadre réglementaire, mais il est aussi confronté au contexte agricole et climatique, a insisté Thomas Gillig. Notre objectif est de travailler sereinement à tous les niveaux. Or, ces derniers temps, nous avons eu un peu de mal à nous faire entendre. Je plaide pour des relations plus ouvertes. »

Développer les circuits courts et installer des jeunes

Françoise Buffet, adjointe au maire de la ville de Strasbourg et conseillère eurométropolitaine, est revenue sur les États généraux de l’alimentation. « Notre objectif est de développer les circuits courts et d’installer des jeunes en maraîchage bio sur les terres de l’Eurométropole de Strasbourg. La convention de 2010 qui nous lie avec le monde agricole a été renouvelée il y a deux ans. Elle marque notre souhait de préserver le foncier agricole - 250 hectares qui devaient être urbanisés sont revenus à l’agriculture. C’est une volonté du maire qui veut construire la ville dans la ville et ne plus puiser dans le foncier agricole. Il n’y a pas un seul projet d’urbanisme qui ne soit discuté avec la Chambre d'agriculture. La municipalité soutient une agriculture durable, axée sur la qualité et la traçabilité. Nous développons cette visibilité à travers le magasin collectif la Nouvelle Douane et, bientôt, celui de la Manufacture des tabacs où 1 500 m2 seront dédiés à la vente de produits bios et à la restauration. »

Ne pas rêver d’une agriculture fantasmée

Chaque année, un grand événement est organisé par l’Eurométropole pour faire découvrir l’agriculture à ses habitants, comme le Tour des fermes. « Les citadins sont très curieux de l’agriculture, a souligné Françoise Buffet. Plusieurs milliers de Strasbourgeois ont visité les exploitations agricoles à vélo lors de la dernière édition. On ne peut pas pointer du doigt les agriculteurs, alors que c’est vous qui nous nourrissez, ni laisser continuer les habitants à rêver d’une agriculture fantasmée ! » Thomas Gillig a renchéri : « Arrêtons les préjugés sur l’agriculture ! La communication avec le grand public est fondamentale pour présenter notre métier, nos savoir-faire. »

Le nouveau DDT, Christophe Fotré, a profité de l’occasion pour se présenter… et délivrer un message de construction. « Proximité, reconnaissance, qualité… À nous de trouver les solutions qui vont bien dans la perspective de ces grands enjeux. » Christophe Fotré connaît bien le département, puisqu’il y a fait ses études et y a travaillé entre 2000 et 2005. « L’agriculture bas-rhinoise est très diversifiée, ce qui devrait permettre de dégager de la valeur ajoutée. C’est sur ces atouts qu’il faut construire une agriculture réconciliée avec la société. » Thomas Gillig a eu le mot de la fin : « J’espère que l’innovation sera au pouvoir en 2018 ! »

Vœux du préfet du Bas-Rhin à la presse

Délinquance, nucléaire et projets autoroutiers

Pratique

Publié le 10/02/2018

Entouré d’Yves Séguy, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, Jacques Garau, secrétaire général pour les Affaires régionales et européennes, Nadia Idiri, secrétaire générale adjointe, et Juliette Trignat, directrice de cabinet, le préfet a fait le bilan des statistiques en matière de sécurité (délinquance, sécurité routière, prévention de la radicalisation, lutte contre le terrorisme). Les interventions financières de l’État ont également été évoquées, comme la dotation d’équipement des territoires ruraux, la dotation de soutien à l’investissement local, la dotation globale de fonctionnement et les contrats aidés. Sans oublier le contrat de plan État-Région, arrivé à mi-parcours, et le contrat triennal Strasbourg capitale européenne. Un nouveau contrat triennal est en cours d’élaboration pour la période 2018-2020. Sa signature devrait intervenir dans les prochains mois.

De grands chantiers régionaux pourraient connaître une avancée significative en 2018. Concernant le projet d’Autoroute de contournement ouest de Strasbourg (Acos), le gouvernement a pris la décision politique de proroger la déclaration d’utilité publique de huit ans, et les travaux nécessaires à la conduite du chantier préparatoire sur le tracé de l’autoroute commenceront bientôt. « La procédure suit son cours et je devrais être en mesure de lancer l’enquête publique dans les prochaines semaines. L’autorisation de démarrage du chantier pourrait être signée avant l’été, à condition que tous les obstacles aient été levés. »

« Je n’oublie pas la consommation d’espace agricole »

Jean-Luc Marx est persuadé de l’utilité de cette infrastructure routière qui permettra, selon lui, de fluidifier le trafic dans l’agglomération strasbourgeoise. Mais, a-t-il souligné, « je n’oublie pas la consommation d’espace agricole, ni les nuisances de proximité. Je mettrai sur pied un comité de suivi pour accompagner la réalisation de cette infrastructure en gérant, commune par commune, hectomètre par hectomètre, les problèmes qui pourraient surgir. Nous travaillons étroitement avec notre partenaire, le groupe Vinci, pour que le chantier physique se passe le mieux possible. »

L’autre chantier d’envergure est celui de l’autoroute A31bis. « Un grand pas a été franchi par la Lorraine lors du comité de pilotage du 1er février. Mais nous n’avons pas pour autant la garantie que ces travaux seront inscrits dans les investissements budgétés par l’État. »

Parmi les autres enjeux, le préfet a cité la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la régulation des flux migratoires, en hausse de 25 % sur un an, la coopération transfrontalière, « qui occupe une place importante dans mon agenda », sans oublier le plan départemental d’accueil des gens du voyage.

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin

« Inverser la logique de la fixation des prix »

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2018

Un thème a fait la une de l’actualité en 2017, les prix à la production. « Le président de la République, Emmanuel Macron, en a fait une cause nationale », indique Didier Braun, vice-président de la FDSEA. La valeur ajoutée a échappé aux agriculteurs, déplore-t-il. Les agriculteurs sont bien décidés à faire respecter la loi, qu’il s’agisse des promotions abusives ou de l’affichage de l’origine des produits transformés. Il ne s’agit pas de faire du protectionnisme caché, mais de donner au consommateur le choix de son achat, explique-t-il. « Il y a encore du travail ! »

Pour le vice-président, il faut inverser la logique de la fixation des prix, en partant des coûts de production de l’agriculteur pour établir le prix de vente final au consommateur. « Pour l’instant, les relations commerciales sont en faveur des distributeurs : les industriels plient et les producteurs trinquent. » Le gouvernement parviendra-t-il à inverser la tendance ? En tout cas, « il doit donner l’exemple, en étant plus dur dans les négociations commerciales avec le Canada et le Mercosur ».

« C’est inacceptable de vivre une telle situation ! »

Didier Braun dit « stop à la surenchère environnementale », comme dans le cas du GCO : « On veut planter des arbres sur les meilleures terres agricoles ! » Fabien Metz, vice-président de la FDSEA, renchérit : « Il faut arrêter les surcompensations environnementales ». Il déplore le fait que les agriculteurs soient les seuls à porter ces compensations, comme dans le cas du GCO, ce qui ampute dangereusement leurs exploitations. L’opération de restructuration foncière, qui devait porter sur 11 000 ha, a été remise en cause par Alsace Nature. C’était pourtant le seul moyen de restructurer les exploitations pour qu’elles soient viables. Il dénonce également « le chantage scandaleux » exercé par cette association sur la protection du biotope (APPB), dans le cadre de la construction de l’A31bis. « Les nombreux efforts consentis par les agriculteurs sont réduits à néant. »

Concernant le futur arrêté ZNT (zones non traitées), Fabien Metz rappelle : « L’État veut nous imposer 1 500 km supplémentaires de bandes enherbées ». Comment accepter une telle mesure ? « Nous devons trouver un compromis acceptable », tout en prenant en compte les situations où la qualité de l’eau est dégradée. L’agriculture est porteuse de solutions pour l’environnement, souligne-t-il. « Notre activité s’est toujours adaptée au territoire, mais elle a besoin de règles claires. Le dossier de la classification des cours d’eau est un bon exemple. »

Non à l’agribashing

Revenant sur l’utilisation des produits phytosanitaires, il estime qu’il faut empêcher les impasses techniques, trouver des méthodes alternatives, ne pas surtransposer les règles européennes, comme dans le cas du glyphosate. « Emmanuel Macron avait promis de ne pas faire de surenchère réglementaire. Alors pourquoi limiter à trois ans l’utilisation du glyphosate, alors que l’Union européenne est repartie pour cinq ans ? Pourquoi autoriser, notamment dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux, l’importation de produits génétiquement modifiés et traités au glyphosate ? »

Lors du débat autour de la réhomologation de cette molécule, on a assisté à un véritable agribashing orchestré par le lobby écologiste. Fabien Metz suggère de « se baser sur des données scientifiques réelles et non sur des considérations politiques ». « Nous sommes conscients que nous devons évoluer pour atteindre la multiperformance économique, sanitaire, environnementale et sociétale, poursuit-il. Pour cela, il faut valoriser l’expérience déjà acquise, développer l’innovation et la recherche, et pousser les pouvoirs publics à accompagner ces solutions. »

« Ayez le réflexe FDSEA ! »

« L’amour de notre métier nous permet de nous surpasser », confie Laurent Fischer, vice-président de la FDSEA. Sinon, comment supporter « les retards inacceptables dans le paiement des aides Pac », les dégâts causés par les corvidés, en constante augmentation, et les ravages causés par le gibier, notamment dans les prairies ?

« L’administration fait très fort ! Le Bas-Rhin est l’un des meilleurs départements français pour le traitement de la Pac, paraît-il. Or nous venons de vivre les pires années pour le paiement des aides… » La FDSEA veut faire avancer les dossiers, comprendre le décompte des aides Pac versées, récupérer les montants injustement déduits, souligne Laurent Fischer. Qu’il s’agisse de la reconnaissance de calamité agricole, des dégâts de gibier, des problèmes juridiques, « ayez le réflexe FDSEA. Nous sommes un réseau de terrain, d’échange et de convivialité. »

Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67

« Trouver un écho dans la sphère politico-médiatique »

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2018

Ces dernières années, la météo a souvent mis à mal les espoirs de rendements des agriculteurs alsaciens. « Dérèglement climatique ou pas, la couverture face aux accidents climatiques devient une priorité », insiste Gérard Lorber. Sous l’influence du libéralisme, le régime des calamités agricoles a été détricoté « et aujourd’hui, nous tentons de reconstruire un nouveau système ». Avec beaucoup de difficultés, car l’assiette de cotisation pour l’assurance privée n’est pas assez large. « L’abaissement du seuil de déclenchement à 20 % est une bonne chose. » Encore faut-il que le nombre d’assurés soit assez important pour mutualiser les risques. Sinon, on court le risque de voir exploser le système.

La bataille des prix était le dossier phare de 2017, poursuit le secrétaire général. « Cela a toujours été notre combat. Notre message a enfin trouvé un écho auprès de la sphère politico-médiatique. » Mais que de réunions, que de commissions, que de mobilisations à tous les niveaux pour faire avancer le dossier ! « Christiane Lambert incarne parfaitement cet engagement par sa présence régulière et remarquée dans les médias. »

Pour des prix plus équilibrés

Il ne suffit pas de parler des prix, il faut des actes, car il y a urgence. « En 1990, je vendais mon lait à 2,14 FF, soit à 0,33 €. Le même prix qu’aujourd’hui ! Comme si les prix agricoles étaient restés figés dans le temps… » Les charges, par contre, ont connu une inflation galopante. « Remercions nos amis de la grande distribution qui tuent économiquement, socialement et environnementalement des pans entiers de l’économie française. » La mort lente, dans l’indifférence la plus totale, de milliers d’exploitations agricoles choque moins que la fermeture d’une usine… Gérard Lorber pointe du doigt la complicité des élus politiques qui, par leurs réformes successives, ont livré le monde agricole en pâture à la grande distribution et à la concurrence mondiale. « Merci à la LME, ou loi Michel Édouard Leclerc. Merci à l’ouverture totale des frontières. »

Pour Gérard Lorber, il est grand temps de réagir. « La loi devra graver dans le marbre un nouveau modèle de relation commerciale. Nous l’attendons, sans nous bercer d’illusion, mais avec l’impatience d’une profession qui ne veut plus être le dindon de la farce. » Certes, une charte d’engagement a été signée en grande pompe. « Le jour de la signature, il n’y avait que des enfants de chœur, mais depuis le passage au confessionnal des négociations commerciales, rien n’est très catholique. » Les agriculteurs se sont déjà mobilisés pour dénoncer cette « mascarade », les agriculteurs alsaciens vont bientôt les imiter, prévient le secrétaire général.

Mais le prix n’est qu’une composante du revenu, poursuit-il. « Nous étouffons sous le poids des charges. » Ce n’est pas pour rien que notre pays est passé de la troisième à la sixième place dans le classement des puissances agroalimentaire. « Inutile d’accuser l’Union européenne : nous nous faisons grignoter des parts de marché par nos voisins allemands, hollandais et espagnols. »

« La sphère bobo a réclamé la tête du glyphosate »

Sur l’affaire du glyphosate, Gérard Lorber est formel : « Si on l’interdit, alors tout le monde doit l’interdire et arrêter d’importer des produits traités avec cette molécule. Si c’est réellement un problème de santé, cela devrait être une priorité. Sinon, c’est de l’enfumage pour faire plaisir aux écolos bobos. » Le secrétaire général de la FDSEA regrette qu’Emmanuel Macron ne tienne pas ses promesses électorales : il s’était pourtant engagé à ne pas faire de surenchère réglementaire. « Forcément, on était content, car les choses allaient changer. Entre-temps, la sphère bobo a réclamé la tête du glyphosate. Nicolas Hulot est passé par là… » Résultat : moins d’un an après son élection, le président de la République est revenu sur ses promesses.

Concernant le paiement des aides Pac, « la DDT nous annonce la fin du tunnel et un retour à la normale en 2018 ». Gérard Lorber trace le parallèle avec le message diffusé dans les gares en pleine grève des trains. « Autant dire que je ne suis pas rassuré… » Poursuivant son analogie, il rappelle que suite au retard colossal des trains à la gare Montparnasse, le directeur de la SNCF a été convoqué manu militari chez le ministre des Transports. « Avec trois ans de retard sur le versement des aides Pac, le directeur en charge des paiements pourrait prendre une chambre à demeure au ministère de l’Agriculture… » Railleur, Gérard Lorber souligne la prouesse de l’administration bas-rhinoise qui a réussi à « payer les aides Pac avec seulement trois ans de retard, quand la moyenne nationale est de trois ans et deux mois ».

La classification des cours d’eau continuera à mobiliser les responsables agricoles en 2018. Une avancée a été obtenue : celle d’associer les agriculteurs à ce travail. « Il paraît logique de faire appel aux connaissances des gens de terrain, plutôt que de se référer à des cartes qui datent de Napoléon ! » Cette classification obéit à des règles précises, rappelle Gérard Lorber, « et l’administration n’a pas le droit de les modifier quand bon lui semble ». Pour elle, classer 200 m en fossé semble être un véritable crève-cœur. « Quand il n’y a pas d’eau, ce n’est pas un cours d’eau, point barre ! »

Gérard Lorber s’insurge à son tour contre le traitement infligé aux agriculteurs dans les médias. « C’est usant d’être sans cesse traîné dans la boue par des gens qui ne connaissent rien à la réalité d’une ferme. Nous devons trouver une solution d’urgence, car cette situation est très mal vécue. » On le voit, il reste du plain sur la planche…

Les interventions

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2018

Paul Schiellein, section des anciens exploitants (SDAE)

« Enfin, en 2017, une retraite à 75 % du Smic nous a été accordée ! Dorénavant, notre démarche portera sur une retraite calculée sur les 25 meilleures années, avec un objectif de 85 % du Smic. Car avec une retraite de 853 €/mois, les fins de mois restent difficiles, d’autant que la CSG vient d’augmenter. »

La section des anciens exploitants a de grands projets pour 2018. « Nous voulons faciliter la dématérialisation des données en proposant aux seniors de se former et d’acquérir une tablette à un prix attractif. Nous allons également accompagner les veufs et les veuves dans leurs démarches et rencontrer, avant l’été, les responsables du Comptoir agricole pour mieux transmettre les valeurs de la coopération et comprendre les innovations que vit notre agriculture. » La SDAE veut favoriser le maintien à domicile des retraités, par la formation des aidants et l’aménagement des logements.

Sur un plan plus syndical, les anciens exploitants militent pour le maintien du collège des anciens exploitants dans les Chambres d’agriculture. Une juste reconnaissance du travail accompli par les retraités. « Cette affaire, nous ne la lâcherons pas ! »

Philippe Boehmler, section bovine

« Messieurs et Mesdames les élus, pouvez-vous encore nous regarder dans les yeux ? D’un côté, vous voulez garder un modèle familial, favoriser le bien-être animal, vous militez pour une alimentation plus saine, produite sur la ferme. Et de l’autre, vous acceptez l’importation de 100 000 t de viande bovine en provenance d’Amérique du Sud, dans le cadre des accords avec le Mercosur, sans réelles garanties sanitaires. La mobilisation ne va pas tarder ! »

« Nous attendons beaucoup des États généraux de l’alimentation. Une fois que les choses seront écrites à Paris, nous aurons besoin de vous en région pour les appliquer. Nous avons envie de construire, d’aller dans le sens du consommateur, mais arrêtez de nous prendre pour des idiots ! »

Jean Kauffmann, section porcine

Entre la France et l’Allemagne, les écarts de prix de la viande porcine sont incompréhensibles. « Plongée des prix en fin d’année, promotions abusives en grandes surfaces, autant de signaux très négatifs ! » Dans le cadre des EGAlim, les éleveurs de porc ont livré leur plan de filière. « Nous serons là pour veiller au respect des règles. »

Hervé Wendling, filière ovine

« Nous ne sommes pas satisfaits du nouveau plan loup élaboré par Nicolas Hulot. » Par ailleurs, le chamboulement des aides ovines, considérées comme illégales par l’Union européenne, remet en cause la performance des exploitations ovines. « Nous comptons sur la nouvelle Pac pour rectifier le tir. » La mise en place d’un plan national d’amélioration génétique ovine constitue un espoir pour les éleveurs, mais il nécessitera un investissement personnel et un suivi régulier des exploitations.

Marc Becker, filière laitière

Pour une exploitation moyenne, produisant 600 000 litres de lait par an, 1 centime d’augmentation du prix du lait correspond à un revenu supplémentaire de 6 000 €, soit un demi-Smic par mois. « Ce centime pourrait faire la différence. »

Claire Dutter, productrice de lait

« Avec Lactalis, nous écrivons un livre digne d’une tragédie, souligne Claire Dutter, membre de l’Apllage (l’association des producteurs de lait du Grand Est livrant à Lactalis). L’organisation de producteurs peut constituer un outil intéressant… à condition que l’entreprise en face de nous la reconnaisse ! »

Dominique Daul et le GCO

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a validé la construction de l’Autoroute de contournement ouest de Strasbourg (Acos), alors même que le Conseil national de protection de la nature (CNPN) avait émis un avis défavorable - mais uniquement consultatif - sur ce projet. Rappelons que le GCO consommera 300 ha de terres agricoles. Un aménagement foncier englobant 11 000 ha et 500 agriculteurs est prévu, mais il suscite l’opposition du CNPN et d’Alsace Nature. « Le Conseil départemental a prouvé son expertise en matière de remembrements. Messieurs les élus, il faut recadrer l’administration, notamment la Dreal. »

Patrick Dietrich et l’A31bis

Dans le cadre de la réalisation de l’A31bis, l’administration a pris un arrêté portant protection du biotope (APPB) dans les communes de Lorentzen, Thal Drulingen et Mackwiller, suite aux travaux de réaménagement foncier menés par le Conseil départemental. Ce qui empêche tout travail agricole sur les 453 ha concernés… « Certains agriculteurs ont commencé à prendre possession de ces terrains, mais deux d’entre eux ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Saverne. »

Véronique Klein, filière bio

« La bio est le fer de lance de la transition écologique. Mais dans notre pays, la politique de l’agriculture biologique est mal gérée. Les aides Pac 2015 viennent tout juste d’être versées et celles de 2016 sont annoncées pour juin 2018. Pour 2017, on ne sait pas encore… Le développement de l’agriculture biologique nécessite une vision à long terme, une rémunération équitable, une politique de concertation. À vous de nous donner des signes pour retrouver la confiance perdue ! »

Christian Schneider, filière céréales

« Puiser dans la caisse du premier pilier de la Pac pour boucher les trous de celle du deuxième pilier, c’est inacceptable ! » La future Pac augure d’un nouveau verdissement. « Mais nous n’accepterons pas la rotation à la parcelle. » Christian Schneider s’insurge contre l’agribashing. Il dénonce notamment la floraison d’émissions de télévision « qui nous mettent un coup sur la tête ». Sans parler des réseaux sociaux, où les critiques contre l’agriculture se déchaînent.

Comptoir Vigne dévoile sa nouvelle marque

Et viva VitiVina !

Vigne

Publié le 02/02/2018

VitiVina, telle est la nouvelle marque déposée par le Comptoir agricole pour ses activités vigne, regroupées au sein de Comptoir Vigne. Pour Marc Moser, président du groupe, le lancement de cette nouvelle filière est « le début d’une grande aventure au service de la viticulture alsacienne ». Elle est le fruit de la fusion de la Coopérative agricole d’appro du Piémont et d’Alsace Appro avec Viti.com, filiale du groupe Comptoir agricole, « trois entreprises saines, performantes et rentables, gérées par des équipes dynamiques et volontaires ». Ces trois entités collaboraient déjà étroitement au sein de l’union d’achat Vitisphère Alsace, créée en 2013. « Mais elles étaient de taille moyenne, et il fallait voir plus loin afin de massifier l’activité et, surtout, de se doter d’un service technique digne de ce nom. »

Pour Marc Moser, « c’est un rêve qui se réalise : accompagner le développement du vignoble alsacien, de la vigne à la flûte ». Un vignoble en pleine mutation, qui doit faire face à l’émergence de nouvelles attentes sociétales et au durcissement des contraintes réglementaires. « Jean-Claude Wolffer, qui présidait aux destinées de la coopérative agricole d’Appro du Piémont, et Patrick Schiffmann, qui présidait à celles d’Alsace Appro, ont été proactifs pour faire avancer cette filière et créer une entreprise leader sur son marché. Notre devoir, désormais, est de réfléchir ensemble, avec le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace et les autres partenaires de la viticulture alsacienne, à l’évolution technique et économique de notre vignoble. »

« Il fallait un leader »

Les premiers mois après la fusion, intervenue en juin 2017, ont été mis à profit pour peaufiner l’organisation de Comptoir Vigne, autour de ses dix dépôts, répartis le long de la route des vins d’Alsace, et de ses différents métiers (fourniture de produits et de matériels pour la viticulture, packaging, laboratoire d’œnologie, innovation agronomique). Mais aussi pour former l’ensemble des équipes aux nouveaux outils. « Nous sommes en train de capitaliser les synergies, d’attaquer les optimisations. Merci aux adhérents de nous faire confiance. »

Marc Moser est parfaitement lucide : « Nous sommes au début de cette aventure. Bien des ponts devront encore être construits sur le Landgrave. » Ce sera l’une des priorités de la commission de douze viticulteurs qui a été mise en place pour gérer cette filière, sous la présidence de Patrick Schiffmann. « Elle devra être en phase avec les organisations professionnelles et être force de proposition pour répondre aux défis de la viticulture de demain. »

Ces défis, Comptoir Vigne est armé pour les relever, souligne Didier Pettermann, président du Civa. Ils sont de plusieurs ordres, explique-t-il : « Au niveau de la production, avec le dépérissement de la vigne, la réduction des produits phytosanitaires et les changements climatiques. Au niveau sociétal, avec les contraintes environnementales, les problèmes de consommation d’alcool. Au niveau marketing, enfin. Je suis convaincu que nous devons attaquer les marchés avec force et conviction. Nous sommes une référence mondiale en matière de vins blancs. Nous élaborons des vins humains, reflet de la qualité de notre accueil et de la beauté de nos villages sur la route des vins. »

Pierre Olivier Baffrey, vice-président de Coop de France Alsace, souligne l’importance de l’outil coopératif pour l’agriculture et la viticulture alsacienne, un outil particulièrement performant. « Il conforte les exploitations et structure la filière en amont et en aval. » Pour continuer à peser sur le marché, il est nécessaire d’atteindre une certaine taille. « Les rapprochements d’entreprises répondent à cet impératif. » Les premiers bénéficiaires de cette restructuration sont les coopérateurs. « Comptoir Vigne s’impose dès le départ comme une coopérative leader sur le marché alsacien de la distribution de produits viticoles », indique Pierre Olivier Baffrey, avant de féliciter les dirigeants qui ont mené à bien ce projet d’envergure.

Les vidéos