Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin
Encourager les installations de demain
Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin
Vie professionnelle
Publié le 23/02/2018
L’installation des jeunes est le cheval de bataille des JA. Pourtant, les chiffres n’évoluent pas dans le bon sens. 53 jeunes se sont installés dans le Bas-Rhin en 2012, ils ne sont plus que 30 en 2017. « Tout doit être mis en œuvre pour redresser la barre, faciliter le renouvellement des générations et permettre aux jeunes de s’installer sur des exploitations viables, vivables et transmissibles », souligne le président de JA67. « Nous devons nous intéresser au soutien que nous apportent nos partenaires, à ce que proposent nos filières, pour encourager les installations de demain. »
L’avenir passera aussi par la réforme des aides à l’installation. « Nous avons obtenu des avancées, avec la suppression des prêts bonifiés », dispositif créé en 1965 et rendu inopérant par la baisse des taux d’intérêt. En échange, les Régions ont la possibilité de revaloriser le montant de base de la DJA et d’instaurer une modulation en fonction du coût de l’investissement.
Un vrai parcours du combattant
« Ce n’est pas suffisant, car le parcours à l’installation est un vrai parcours du combattant », affirme Thomas Gillig. Plusieurs vidéos réalisées par les JA viennent confirmer ses propos. « Comment prévoir un plan sur quatre ans avec les fluctuations de prix que nous connaissons ? Où trouver de la trésorerie lorsque la DJA est versée un an plus tard ? » Autant de handicaps que les Jeunes Agriculteurs veulent lever de toute urgence. « Et surtout, quel soutien attendre du gouvernement ? Nous pensions être sur de bons rails avec les États généraux de l’alimentation. Nous y avons presque cru, mais rien n’a changé ! Pas de contractualisation, pas de revalorisation, et un florilège de promotions… Où est l’évolution ? »
Bien décidés à faire respecter les promesses du président Macron, les Jeunes Agriculteurs ont mené des actions dans trois hypermarchés. « Deux d’entre eux ont porté plainte. Nous demandons le retrait de ces plaintes, le respect de la charte d’engagement signée en novembre dernier par la grande distribution, l’encadrement des promotions et le respect des règles d’étiquetage d’origine ! »
Thomas Gillig espère que 2018 apporte de vraies solutions sur les prix, l’innovation technique et agronomique. Mais il craint fort que le débat sur le retrait du glyphosate, les négociations avec les pays du Mercosur et l’ouverture des discussions sur la réforme de la Pac se traduisent, une fois de plus, par une mise en péril de l’agriculture. Jeudi 22 février, 1 000 jeunes agriculteurs étaient conviés à l’Élysée. Parmi eux, dix jeunes bas-rhinois. L’occasion de voir si Emmanuel Macron entend réellement soutenir l’agriculture française.
« Résiste ! Tel est notre mot d’ordre. Continuons à être force de propositions, Consolidons nos partenariats avec les acteurs du monde agricole, continuons à communiquer, jouons collectif. Avec la force de notre réseau, nous démontrerons que l’agriculture est un métier magnifique que nous sommes fiers d’exercer. »












