Vigne

Comptoir Vigne dévoile sa nouvelle marque

Et viva VitiVina !

Publié le 02/02/2018

Depuis la naissance de Comptoir Vigne, la nouvelle filière du groupe Comptoir agricole, le suspense a été soigneusement entretenu. Quelle sera la marque de cette nouvelle filiale, qui se positionne comme le leader de la distribution de produits viticoles en Alsace ? Le voile a été levé vendredi 19 janvier, au cours de « Comptoir Vigne - La révélation », une cérémonie qui a réuni près de 800 personnes au Parc des expositions de Colmar.

VitiVina, telle est la nouvelle marque déposée par le Comptoir agricole pour ses activités vigne, regroupées au sein de Comptoir Vigne. Pour Marc Moser, président du groupe, le lancement de cette nouvelle filière est « le début d’une grande aventure au service de la viticulture alsacienne ». Elle est le fruit de la fusion de la Coopérative agricole d’appro du Piémont et d’Alsace Appro avec Viti.com, filiale du groupe Comptoir agricole, « trois entreprises saines, performantes et rentables, gérées par des équipes dynamiques et volontaires ». Ces trois entités collaboraient déjà étroitement au sein de l’union d’achat Vitisphère Alsace, créée en 2013. « Mais elles étaient de taille moyenne, et il fallait voir plus loin afin de massifier l’activité et, surtout, de se doter d’un service technique digne de ce nom. » Pour Marc Moser, « c’est un rêve qui se réalise : accompagner le développement du vignoble alsacien, de la vigne à la flûte ». Un vignoble en pleine mutation, qui doit faire face à l’émergence de nouvelles attentes sociétales et au durcissement des contraintes réglementaires. « Jean-Claude Wolffer, qui présidait aux destinées de la coopérative agricole d’Appro du Piémont, et Patrick Schiffmann, qui présidait à celles d’Alsace Appro, ont été proactifs pour faire avancer cette filière et créer une entreprise leader sur son marché. Notre devoir, désormais, est de réfléchir ensemble, avec le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace et les autres partenaires de la viticulture alsacienne, à l’évolution technique et économique de notre vignoble. » « Il fallait un leader » Les premiers mois après la fusion, intervenue en juin 2017, ont été mis à profit pour peaufiner l’organisation de Comptoir Vigne, autour de ses dix dépôts, répartis le long de la route des vins d’Alsace, et de ses différents métiers (fourniture de produits et de matériels pour la viticulture, packaging, laboratoire d’œnologie, innovation agronomique). Mais aussi pour former l’ensemble des équipes aux nouveaux outils. « Nous sommes en train de capitaliser les synergies, d’attaquer les optimisations. Merci aux adhérents de nous faire confiance. » Marc Moser est parfaitement lucide : « Nous sommes au début de cette aventure. Bien des ponts devront encore être construits sur le Landgrave. » Ce sera l’une des priorités de la commission de douze viticulteurs qui a été mise en place pour gérer cette filière, sous la présidence de Patrick Schiffmann. « Elle devra être en phase avec les organisations professionnelles et être force de proposition pour répondre aux défis de la viticulture de demain. » Ces défis, Comptoir Vigne est armé pour les relever, souligne Didier Pettermann, président du Civa. Ils sont de plusieurs ordres, explique-t-il : « Au niveau de la production, avec le dépérissement de la vigne, la réduction des produits phytosanitaires et les changements climatiques. Au niveau sociétal, avec les contraintes environnementales, les problèmes de consommation d’alcool. Au niveau marketing, enfin. Je suis convaincu que nous devons attaquer les marchés avec force et conviction. Nous sommes une référence mondiale en matière de vins blancs. Nous élaborons des vins humains, reflet de la qualité de notre accueil et de la beauté de nos villages sur la route des vins. » Pierre Olivier Baffrey, vice-président de Coop de France Alsace, souligne l’importance de l’outil coopératif pour l’agriculture et la viticulture alsacienne, un outil particulièrement performant. « Il conforte les exploitations et structure la filière en amont et en aval. » Pour continuer à peser sur le marché, il est nécessaire d’atteindre une certaine taille. « Les rapprochements d’entreprises répondent à cet impératif. » Les premiers bénéficiaires de cette restructuration sont les coopérateurs. « Comptoir Vigne s’impose dès le départ comme une coopérative leader sur le marché alsacien de la distribution de produits viticoles », indique Pierre Olivier Baffrey, avant de féliciter les dirigeants qui ont mené à bien ce projet d’envergure.

Publié le 02/02/2018

Question de Matthieu Luthier à Gilles Neusch, directeur du Civa : « En caricaturant un peu, les consommateurs attendent moins de phytosanitaires, veulent plus de bio. Comment percevez-vous ces attentes sociétales pour les vins d’Alsace ? »

Réponse de Gilles Neusch : « La demande n’a plus rien à voir avec celle d’il y a quelques années. On le ressent sur les marchés. Les vins d’Alsace ne se vendent plus de la même façon. Les clients changent de réseau et de mode d’approvisionnement, de consommation, soit parce qu’ils le souhaitent, soit parce que ça leur est imposé », ajoute-t-il en faisant allusion aux postures politiques sur la dénormalisation de la consommation de vin. « C’est problématique et ça a un impact considérable sur la façon de consommer les vins en général et les vins d’Alsace en particulier ! » Mais au-delà, la globalisation des échanges modifie les habitudes d’achat : « Autrefois, les vins se vendaient sur la route des vins, les gens venaient en voiture pour se constituer une cave. Désormais, c’est tout aussi facile - et peut être aussi rapide, d’acheter du vin sur internet à l’autre bout du monde. » Gilles Neusch souligne le besoin impérieux pour la filière « d’innover dans ses modes de commercialisation. Mais nous ne trouverons pas les réponses seuls entre acteurs majeurs de la filière. La solution réside dans une réflexion plus globale qui peut être menée avec l’ensemble des maillons de la chaîne. Chacun, de la production à la consommation, en passant par la distribution, peut s’y retrouver. On va mettre des moyens interprofessionnels pour ouvrir ce champ de réflexion et d’innovation pour décloisonner la réflexion. » Rendez-vous au Hackathon, du 16 au 18 février Ça tombe bien, cette réflexion est en préparation dans le vignoble avec l’association InVinoTech et l’événement Hackathon*, du 16 au 18 février prochains au château Kiener à Colmar. Toutes les parties prenantes de la filière sont invitées à y participer. « Nous avons une démarche de construction de l’avenir en essayant d’imaginer ensemble des solutions à des problématiques communes. L’idée est de sortir de notre seul cadre viticolo-viticole alsacien et d’oser entendre des choses qui ne font pas forcément plaisir, avoir l’écho des producteurs, des vinificateurs, de tous les maillons de la chaîne : distribution, logistique, fournisseurs de matières sèches, et plus loin encore : l’université, les start-up en technique, marketing ou distribution, énumère Gilles Neusch. Tout ce monde autour d’une même table réfléchira à des défis posés en commun, lors d’un hackathon qui durera 54 h. On cogitera sur des défis lancés par des viticulteurs, des restaurateurs. Ce genre de défis, on ne peut pas les régler seuls entre opérateurs de la filière. Il faut tout le monde autour de la table. » Au final, prévoit le directeur du Civa, « il y aura peut-être des solutions, dans l’innovation, le numérique, le financement, les technologies, les collaborations… Mon ambition à moi, c’est d’avoir une meilleure valorisation des vins d’Alsace parce qu’ils le méritent », conclut-il.

Publié le 31/01/2018

L’attachement à ses racines est le moteur qui pousse Pierre Wolf à collectionner des outils viticoles et des équipements de cave. Nicole, son épouse, partage cette passion qui a permis de constituer un ensemble privé, unique en son genre.

« J’aime l’histoire ». À balayer d’un regard la grange qui présente sur deux niveaux toutes les trouvailles faites chez des particuliers, dans des brocantes, aux enchères et sur des marchés aux puces, on s’en doute un peu. Pierre Wolf est aussi un collectionneur. En une bonne quinzaine d’années, il a accumulé d’impressionnantes séries d’objets liés à la vigne et aux vins d’Alsace afin « de retracer l’histoire de la viticulture. De moins en moins de monde sait aujourd’hui qu’avant de devenir des domaines, les exploitations élevaient vaches, chevaux et cochons et cultivaient des champs dont seulement une part était plantée de ceps » dit-il. Pierre a démarré par une collection de tire-bouchons. Il a poursuivi avec les sécateurs, les serpettes, les boucheuses, des sulfateuses en cuivre, les premiers systèmes d’embouteillage à bac émaillé et à trois becs, les verrous à tonneau, les tonnelets et autres petits fûts. « Quand je tombe sur une belle pièce, mon cœur sourit. Je sais d’où sort chacune d’elle ! » lance Pierre. Il peut vous entretenir avec force détails de chacun de ces trésors récoltés du nord au sud de la route des vins, de Cleebourg à Thann. « Toutes mes connaissances sont le fruit des échanges que j’ai pu avoir avec tous ceux qui m’ont cédé ces pièces. C’était un régal de discuter avec eux » se souvient-il. Pierre est particulièrement fier de son plus ancien sécateur. Il date de 1820. « Il a gardé tout son tranchant » signale-t-il en invitant à passer le doigt sur la lame. Il est convaincu d’avoir mis la main sur le tire-bouchon primaire, précurseur de la débondeuse. L’air de rien, cette simple tige en fer à double vrille, s’élargissant dans sa partie haute, servait à déboucher les… tonneaux à l’époque où le vin était principalement véhiculé dans ce type de conditionnement. Pierre possède également les premières boucheuses utilisées en Alsace. « On peut suivre toute l’évolution des techniques » commente-t-il. La plus vieille est presque entièrement en bois. Seules les pièces les plus sollicitées sont en métal. Pierre s’est fait une spécialité des verrous à tonneau. Il les sélectionne en fonction de leur côté artistique. Il apprécie particulièrement l’un d’entre eux, en noyer massif, où une femme est alanguie, des raisins dans les cheveux, un petit cercle étant prévu pour y poser un verre. Il y a parfois des objets étonnants comme cette gourde de 15 litres vêtue de bois, dénichée dans un… monastère et des… lances ! « Au Moyen-Âge, les récoltes étaient tellement rares que l’on faisait garder les vignes aux vendanges par des gardes armés. Il existe encore quelques maisons de gardiens, comme au sommet de la côte de Heiligenstein » explique Pierre. Une collection qui ne se visite pas Sa collection est une manière pour Pierre de ne pas renier ses origines. S’il est un responsable de maintenance aux journées bien chargées, son arrière-grand-père et son grand-père étaient tonneliers. Ses parents étaient viticulteurs vendeurs de vrac et de raisins, puis de bouteilles sur 3,5 ha jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Il conserve donc comme la prunelle de ses yeux les témoins du passé viticole de sa famille : des façades de tonneau réalisées par ses aïeux, une douve de fût de 1828 sortie de la cave, la hotte en bois que portait son père. En compagnie de Nicole, « sa meilleure collaboratrice », Pierre a passé des « dizaines de week-ends » et des « milliers d’heures » à chercher, à réparer ces centaines d’objets et à leur aménager un lieu de présentation dans la maison de sa mère, à Mittelbergheim. Il a retapé lui-même les petites pièces. Il a compté sur Béatrice et Jean-Luc Schaeffer, un couple d’amis, pour restaurer des objets plus encombrants. Chaque année, la collection accapare un peu plus de mètres carrés. Pierre a déjà fait place nette dans une petite pièce où il exposera cette année encore des objets de son stock caché. En juin dernier, il a organisé une journée « portes ouvertes ». Plus de 150 personnes ont parcouru l’exposition. « L’idéal serait de l’ouvrir régulièrement » soupire Pierre. Car dans l’état actuel des choses, l’espace de présentation de Pierre et de Nicole Wolf ne se visite pas. « Ce serait trop compliqué de satisfaire aux normes imposées par la réglementation s’appliquant aux lieux accueillant du public. Cela suppose aussi d’avoir le budget pour » indique le couple. Il songe à un partenariat (encore hypothétique) avec une association afin que le patrimoine patiemment rassemblé profite à d’autres passionnés.          

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