Vie professionnelle

Conseil d’administration de la FDSEA

Mettre en œuvre le programme

Publié le 12/03/2019

Au terme d’une campagne d’hiver bien chargée, rythmée par les élections Chambre d'agriculture, l’administration de la FDSEA s’est réunie lundi 4 mars. Pas le temps de savourer, l’actualité syndicale reprend rapidement ses droits.

Quelques heures après la session d’installation de la Chambre d’agriculture, la FDSEA réunissait son conseil d’administration. L’occasion pour Franck Sander de féliciter Denis Ramspacher pour son élection, mais avant tout de remercier l’ensemble des présidents cantonaux pour le travail accompli. « Cette élection, nous l’avons gagnée, et bien gagnée, par une campagne de terrain basée sur un projet développé depuis des années. Ce n’est pas le projet d’un homme, c’est un travail de groupe. Maintenant, il faut que cette nouvelle équipe s’attelle à mettre ce programme ambitieux sur les rails. » Avec un taux de participation de 61 % et 63,5 % des voix, l’alliance FDSEA-AVA-JA affiche l’un des meilleurs résultats de France. « C’est le fruit de notre travail, nous ne venons pas tous les six ans avec des grandes pancartes. Nous sommes présents sur le terrain, sur chaque dossier, grâce à nos représentants à tous les échelons. Pour ceux qui en doutaient, ces résultats réaffirment la position de la FNSEA comme interlocuteur privilégié, charge aux responsables politiques d’en tenir compte », a souligné Gérard Lorber. Plusieurs questions sont revenues sur les dégâts de sangliers sur prairies. Laurent Fischer, en charge du dossier, a expliqué que la FDSEA attendait plus de l’administration pour sanctionner les chasseurs défaillants qui n’ont pas pris la mesure du problème. Par ailleurs, une rencontre est prévue début avril avec le FIDS pour tenter d’obtenir une revalorisation de l’indemnisation sur les prairies. « Il ne faut pas hésiter à mettre la pression à tous les étages, notamment au niveau des maires qui peuvent jouer un rôle. Il est encore temps de réaliser des battues avant les semis et depuis une semaine le tir de nuit est possible, charge aux chasseurs de mettre en œuvre les moyens à leur disposition. » Le casse-tête de la main-d’œuvre L’accès à la main-d’œuvre devient un vrai sacerdoce pour les employeurs. Faute de saisonniers, certains producteurs ont dû laisser des surfaces non récoltées en 2018. Pour éviter de nouveaux problèmes, les équipes de la FDSEA rencontreront la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) afin de trouver des solutions concrètes. La profession réfléchit aussi à la mise en place d’une plateforme emploi s’appuyant sur un groupement d’employeurs départemental pour répondre aux besoins des agriculteurs. Autre sujet de débat, le prix du lait, notamment chez Alsace Lait. La filière laitière semble être celle qui a le plus bénéficié des États généraux de l’alimentation, avec un certain nombre d’accords sur le prix du lait entre transformateurs et GMS. Lors de ce conseil, Franck Sander a annoncé qu’un rendez-vous aurait lieu courant mars avec les responsables de la laiterie pour faire le bilan de ces négociations et voir quelles sont les perspectives pour les prochains mois. Il a aussi rappelé que les assemblées de section sont des moments d’expression privilégiés qui font la particularité et la singularité du modèle coopératif. Ouverture de TéléCALAM et ICHN 2019 Après les fruits et légumes, c’est au tour des prairies de faire l’objet de la procédure TéléCALAM. Cette mesure concerne les exploitations les plus spécialisées, c’est un des dispositifs du plan d’accompagnement négocié par la FDSEA (en plus de l’aide des collectivités, du dégrèvement TFNB). Le site est ouvert pendant un mois. La campagne Pac 2019 s’amorce avec une bonne nouvelle : l’ajout de 39 communes éligibles à l’Indemnisation pour compensation des handicaps naturels (ICHN). L’ajout de ces communes a été obtenu par la FDSEA, suite à la révision du zonage. « Pour les agriculteurs concernés cela va représenter un vrai plus. La profession a demandé à l’administration un ciblage des agriculteurs potentiellement éligibles afin qu’ils n’oublient pas de faire la demande lors de la prochaine déclaration Pac. » Les membres du conseil d’administration ont conclu, en souhaitant à l’ensemble des agriculteurs alsaciens, une bonne période de semis.

Publié le 08/03/2019

Grand thème de la Région Grand Est lors du Salon international de l’agriculture de cette année, la bioéconomie s’immisce de plus en plus en politique. Alors que les pôles de recherches scientifiques se sont saisis de cette question depuis plusieurs années, nous arrivons aujourd’hui à un virage qui voit la bioéconomie prendre une place concrète dans le monde économique. À l’agriculture de passer le cap à son tour.

La bioéconomie sort peu à peu de la sphère académique pour entrer dans les discours institutionnels et politiques. Signe d’un besoin prégnant de redéfinir les stratégies économiques actuelles, la bioéconomie place la biomasse au centre de la production de richesses. Énergie, chimie, matériaux, alimentation… dans de nombreux secteurs, elle fait naître des projets, représente un défi de taille, mais incarne aussi un espoir. C’est par exemple à ce champ que revient le développement de la méthanisation en agriculture. Il n’en fallait pas plus pour que la Région Grand Est décide de dédier son Salon international de l’agriculture à la bioéconomie et organise plusieurs temps forts autour de cette thématique. Le 27 février, élus et acteurs académiques du territoire du Grand Est se sont ainsi réunis sur le stand Agro’Paris Tech pour débattre de la question : « Quelle coopération académique en Grand Est pour relever les défis de la bioéconomie ? » Autour de la table des discussions, Jean Rottner, président de la Région Grand Est, Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, Arnaud Robinet, maire de la Ville de Reims, Erwin Dreyer, président du Centre Inra Grand Est-Nancy, Michel Fick, vice-président de l’Université de Lorraine, Guillaume Gelle, président de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, et Gilles Trystam, directeur général d’Agro’Paris Tech. De fait, la Région n’est pas en reste en termes de réflexion sur la question de la bioéconomie. Par exemple, en juin dernier, avaient lieu les États généraux de la bioéconomie à Châlons-en-Champagne. En août, le Bio-pacte de Châlons pour la bioéconomie était signé entre le Grand Est, les Hauts-de-France et l’Île-de-France. « Il va falloir animer et habiter tous ces projets, souligne Jean Rottner. Il faut une imbrication de plusieurs strates pour une stratégie cohérente. » Alors concrètement, comment ces discussions, ces conventions se traduisent-elles dans l’économie régionale ? C’est bien là toute la question. Et les représentants de la recherche et de l’enseignement supérieur présents ce jour-là détiennent une partie de la réponse. La recherche, une interface entre politique et réalité À Reims, le Centre européen de biotechnologie et de bioéconomie (CEBB), un centre de recherche pluridisciplinaire, travaille à la valorisation des bioressources. Il est soutenu par le Grand Reims, le Département de la Marne et la Région Grand Est. Pour Catherine Vautrin, « les outils du CEBB, les investissements comme un nouveau laboratoire de chimie, les chaires (quatre chaires issues d’Agro’Paris Tech, de CentraleSupélec, de Neoma Business School et de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, NDLR) font sens et permettent de travailler pour le futur ». La collaboration à travers le territoire qu’incarne ce centre marque une volonté de s’étendre à la Région. « Il n’était pas question d’agir seul dans son coin, a insisté Arnaud Robinet. Il faut une preuve d’amour de la part de collectivités ! » Voici donc les deux directions à prendre : d’une part, il s’agit de faire de la recherche fondamentale une interface entre la volonté politique et les réalités du terrain, et d’une autre, il faut développer la coopération à travers les territoires pour peser au-delà de la Région. Une nécessité qu’ont déjà commencé à mettre en place les pôles de recherche. L’Inra est « un institut avec une forte répartition géographique, a expliqué Erwin Dreyer. Nous sommes complètement en phase avec les volontés politiques. » Pour ensuite franchir le pas qui sépare la recherche fondamentale du monde économique et de l’application industrielle, les chercheurs se posent donc la question des ressources mais également de leur utilisation. « La responsabilité d’une grande école est d’accompagner le développement économique grâce à de nouveaux métiers, de nouvelles compétences que nous développons », a insisté Gilles Trystam. S’inscrivant dans cette idée, « des projets pour les cultures spécifiques seront bientôt soumis à la Région », a annoncé le président du Centre Inra Grand Est-Nancy. « C’est ensemble qu’on avance » L’Université de Lorraine, créée en 2012, s’est construite sur le principe de la collaboration interterritoriale, notamment avec la filière forestière point fort lorrain qui a appelé à travailler avec la Champagne-Ardenne. « Je suis un fervent partisan du Grand Est, a défendu Michel Fick. C’est la bonne échelle pour être visible au niveau européen. » Pour Guillaume Gelle, « c’est dans l’ADN des établissements de recherche de coopérer. Ce qui est moins naturel, c’est de le faire à l’échelle locale. Il était temps que nous nous tournions vers un cercle de coopération de proximité ». Sur chaque site universitaire, les choses s’organisent autour d’un chef de file. « Il était évident que la bioéconomie serait ce chef en Champagne-Ardenne », a-t-il continué. C’est ainsi que 17 établissements de la région historique ont intégré cette dynamique de coopération, avec par exemple une co-accréditation des formations ou encore le projet d’équipes de recherche communes à l’horizon 2020. Collectivités, entreprises, fondations… de nombreux acteurs sont appelés à rassembler leurs forces, leurs cerveaux et leurs infrastructures. Finalement, « c’est un écosystème, raconte Guillaume Gelle, qui passe par des lieux comme le CEBB qui symbolisent la bioéconomie. » Vulgariser pour associer la population au changement Le prochain défi de la bioéconomie, c’est associer la population à cette transition. « Allez dans la rue, les gens ne savent pas », a déploré Jean Rottner. Revenant sur l’exemple de la méthanisation, Catherine Vautrin a fait le parallèle avec les éoliennes et les antennes téléphoniques. « Il faut travailler l’accessibilité sociale de la méthanisation. C’est bien, mais pas chez soi. Mais alors où placer les méthaniseurs ? Faut-il les rapprocher des réseaux de production ? Le manque de connaissances peut être un frein. » Le premier obstacle sera donc franchi par la vulgarisation. Pour le président de la Région, il s’agit d’un apprentissage à faire de la part des élus et de faire connaître l’ensemble des disciplines de la bioéconomie dès le plus jeune âge. « Ce n’est pas que la recherche scientifique », a-t-il insisté. C’est tout un milieu qui doit s’ouvrir pour créer des vocations, susciter la curiosité et communiquer auprès du grand public. Et Erwin Dreyer de conclure : « Il ne faut pas laisser l’image du chercheur dans sa tour d’ivoire ».

Publié le 08/03/2019

Ce n’est un secret pour personne, le Salon international de l’agriculture est un rendez-vous incontournable de la politique française. De toutes les régions, élus et notables montent à Paris pour défendre les territoires. Pour la Région Grand Est, le SIA était l’occasion cette année de mettre en avant ses actions en faveur de l’innovation, à commencer par le programme Ferme du futur.

Le 27 février était présenté, dans le cadre du Salon international de l’agriculture, le plan régional Ferme du futur, en présence d’élus du Conseil régional : Pascale Gaillot, vice-présidente et membre de la délégation agriculture et viticulture, Philippe Mangin, vice-président et membre de la délégation bioéconomie, agroalimentaire et bioénergie, et Lilla Merabet, vice-présidente et membre de la délégation compétitivité, innovation et numérique. Rappelant que le Grand Est est la deuxième région agricole française, ils se sont attelés à défendre ce projet qui a pour objectif de « rendre l’innovation accessible à tous les agriculteurs ». L’ambition de la Région est d’être au service de toute l’économie, et donc aussi de l’agriculture. D’abord mis en place pour l’industrie et l’artisanat, le programme a déjà rencontré un franc succès selon les élus. Interpellés sur le terrain, ils ont donc décidé d’intégrer la dimension agricole à leur action. « Avec plus de 49 000 exploitations, l’agriculture représente le premier excédent commercial de la Région, ont-ils avancé. Le plan régional Ferme du futur vise à améliorer la performance et la compétitivité des exploitations, sur les volets organisationnels, technologiques et environnementaux tout en plaçant l’homme au cœur de la démarche. » Selon Philippe Mangin, « l’agriculture ne traverse pas de crise, mais elle entre en rupture profonde » et s’inscrit « dans le même mouvement que l’ensemble de l’économie ». Elle a aujourd’hui deux défis à relever : l’un alimentaire, l’autre écologique. Quels modes d’action concrète ? Actuellement, une soixantaine d’exploitations est en phase d’expérimentation. Objectif affiché : 100 exploitations accompagnées par an. Au-delà des soutiens classiques, dont économiques, c’est « l’ingénierie, la logistique, le regard extérieur » qui permet à l’exploitant « qui a le nez dans le guidon » de passer un cap, a expliqué Philippe Mangin. Première étape de cet accompagnement : un diagnostic de performance. Porté par un consortium de consultants spécialisés - car l’idée est bien de « se parler entre personnes qui se comprennent », précise Pascale Gaillot -, ce diagnostic est intégralement financé par le Grand Est. Se déroulant sur un jour et demi, il porte sur cinq points : la stratégie digitale, l’organisation de l’exploitation, le système d’exploitation et l’environnement, l’utilisation des nouvelles technologies et la valorisation de l’homme. Le plan se prolonge par un accompagnement sur-mesure basé sur une proposition d’actions et de solutions et la mise en relation avec des prestataires de solutions technologiques et académiques. La Ferme du futur, c’est aussi l’occasion pour les participants de faire partie d’une communauté pour échanger sur les bonnes pratiques en termes d’innovation. « C’est incroyable le succès qu’a rencontré cette proposition », se sont réjouis les élus. Ils ont également annoncé des premiers retours très positifs. Après la première phase d’expérimentation, le temps sera au bilan, puis viendront les actions de terrain pour présenter le programme et aller à la rencontre des agriculteurs susceptibles d’y souscrire. Dès avril 2019, un coup d’accélérateur sera donné à ce programme qui revendique déjà 95 % de réussite.

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