Fruits et légumes

Publié le 25/10/2017

Les interprofessions ont tiré un premier bilan mitigé de la récolte de pommes de terre, choux et pommes, jeudi 19 octobre, au restaurant Gavroche du centre de Strasbourg. Tous tablent sur un bon prix de vente pour sauver les meubles.

Des pommes de terre bradées, un chou qui a souffert de la pluie et des pommes gelées. Les représentants des trois productions ont partagé leurs inquiétudes avec la presse, à la table de Benoît Fuchs, à l'initiative de l'interprofession des fruits et légumes (Interfel), et du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). Si les agriculteurs font face à des problèmes différents selon leur production, ils espèrent tous un bon prix pour sauver la saison. Dans le salon du Gavroche, Frédéric Kiehl se félicite d'avoir agrandi son entrepôt de Duppigheim l'an dernier. Et pour cause, la production de patates a explosé cette année. Conséquence directe, les prix dégringolent. Le président de l'association pour la promotion de la pomme de terre en Alsace avance un prix en baisse de moitié par rapport à 2016. Pas défaitiste pour autant, il attend avec impatience que les productions du nord de la France soient écoulées. « Aujourd'hui on inonde le marché car certains producteurs ne peuvent pas stocker, explique-t-il. On espère une remontée des prix d'ici fin novembre. » Optimiste, le CNIPT l'est aussi. « Il n'y a pas de raison de paniquer, rassure Carole Blandin, responsable communication de l'organisation. La pomme de terre a de nombreux débouchés à l'export, les cours vont remonter. » En attendant cette embellie, le CNIPT planche sur un outil pour éviter la crise de nerf dans les années à venir. Il s'agira d'un indice interne à la profession, pour indiquer les prix moyens pratiqués. « Dès 2018, les producteurs pourront se situer par rapport au marché français », détaille la responsable. Le but ? Que les agriculteurs aient toutes les cartes en main pour établir leurs prix... et se rassurer par rapport au voisin. Moins de volumes pour la pomme, mais de meilleurs prix  Côté chou, l'humeur change d'une terroir à l'autre. « La campagne est très hétérogène cette année », constate Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de chou à choucroute basé à Geispolsheim. S'il a été épargné par la pluie cet été, ses collègues de Meistratzheim ont beaucoup souffert. À mi-récolte, l'élu prédit déjà que les cuves ne feront pas le plein. Mais les prix ne s'envoleront pas pour autant. La vente de chou à choucroute contractualisée, les prix sont déjà fixés. « Au moins, on sait qu'ils ne casseront pas la figure en cours de route », ajoute le responsable. Niveau volumes, les pommiers ont le plus souffert. « On a perdu près de 40 % de la production par rapport à l'an dernier », estime Pierre Barth, responsable fruits à la FRSEA. En cause, le gel de printemps qui a beaucoup affecté les vergers haut-rhinois. Là encore, les prix vont être déterminants pour donner une note définitive à la campagne 2017. À l'inverse des pommes de terre, la pomme voit son cours grimper. Plus 20 % au détail et jusqu'à 50 % d'augmentation pour l'industrie (les fruits invendables aux particuliers). Mais le responsable syndical reste prudent, « la hausse de l'industrie ne compensera pas la perte due aux pommes non produites. »

Publié le 17/10/2017

Les acteurs de la filière Fruits et légumes bios d’Alsace se sont retrouvés à la ferme du Heidenstein à Dangolsheim, mardi 10 octobre, pour une matinée de rencontre et d’échange. Une invitation lancée par l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, fortes du succès rencontré par la première édition qui avait réuni plus de 50 professionnels de tous horizons en 2016.

Sous la conduite d’Emmanuel Zerr, l’un des deux associés du Gaec du Heidenstein, la matinée a commencé par une visite de cette exploitation où, sur une superficie de 110 hectares, se côtoient viticulture, arboriculture et élevage. Un tour de ferme fort instructif qui a permis de mieux cerner la philosophie des producteurs bios, leurs préoccupations. « Vous avez pu découvrir ce qu’est l’agriculture biologique », a souligné Julien Scharch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), à l’issue de cette visite. Un mode de production en plein essor, du fait de l’engouement croissant des consommateurs. Mais comment les producteurs bios alsaciens imaginent-ils leur métier ? Julien Scharch a exploré trois pistes. « C’est une agriculture qui respecte l’environnement et protège les ressources naturelles. Elle cherche à instaurer des pratiques commerciales aussi équitables que possible, afin que les producteurs puissent vivre de leur métier. D’où l’idée de se réunir régulièrement pour se connaître et mettre en place un système économique qui satisfasse tous les maillons de la filière. » Enfin, elle prône l’approvisionnement local, fière de son slogan, « Bio et local, c’est l’idéal ! » « En créant un écosystème de proximité, nous entretiendrons une dynamique des territoires et créerons de l’emploi local. » L’Opaba participe actuellement à la création d’une fédération régionale de l’agriculture biologique, qui s’appellera « Bio dans le Grand Est », a annoncé Julien Scharch. Les producteurs bios travaillent en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, avec le soutien financier de la Région et de l’État. L’État, justement, a annoncé son intention de ne plus financer le maintien de l’agriculture biologique. « Nous sommes dans l’attente de la position du gouvernement vis-à-vis de la bio, mais aussi d’une ambition régionale forte. Car nous comptons bien continuer à développer les surfaces bios. » Travailler ensemble L’agriculture bio est présente au sein du conseil d’administration de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) depuis sa création, a rappelé Pierre Lammert, son président. Il y a quelques années, l’Ifla a même lancé une version bio de sa marque « Fruits et légumes d’Alsace » pour que le consommateur puisse facilement l’identifier dans les différents circuits de commercialisation. « Il ne s’agit pas d’opposer agriculture biologique et conventionnelle, mais de donner le choix au consommateur. » L’interprofession se compose de trois collèges, producteurs, grossistes et grande distribution. Nombre de ces enseignes étaient représentées à cette journée d’information et d’échange, a constaté avec satisfaction Pierre Lammert. « L’objectif de l’interprofession est de défendre la filière fruits et légumes d’Alsace, de travailler ensemble pour faire la promotion des produits alsaciens. » Le mois de septembre a été très dense, à ce niveau. Le concours d’étalage du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace a vu la participation de plus de 60 magasins. Côté salons, il y a eu BiObernai, puis Saveurs et soleil d’automne à Sélestat qui a réuni 35 000 visiteurs. « Un très grand succès ! » Son inauguration a été précédée par la signature du contrat de filière avec la Région Grand Est, une première ! Compétitivité, communication, innovation, installation… Vu la taille des enjeux, « il était important de réussir à fédérer les acteurs de la filière fruits et légumes du Grand Est », estime le président de l’Ifla. Cerise sur le gâteau, « la Région a compris que la communication devait se faire à l’échelon des territoires, et pas de la grande région ». Des joyaux cachés « Topaz, opal… Il y a des joyaux cachés dans nos chambres froides », a déclaré Thomas Burger. Ce producteur bio de pommes et de poires, installé à Steinseltz, représente les producteurs de fruits à l’Opaba. « Nous regroupons des exploitations très différentes, petites ou grandes, spécialisées dans la production de fruits ou diversifiées. » 24 % des surfaces de fruits sont conduites en agriculture biologique, explique-t-il. Cela représente 300 ha, un chiffre qui devrait continuer à grimper, vu le nombre de conversions en cours. « C’est un créneau porteur en Alsace. Nous avons la chance d’avoir une recherche dynamique pour trouver des variétés résistantes aux maladies et des relations commerciales intéressantes. » Mais tout n’est pas rose : 75 % du potentiel alsacien de production de fruits a été détruit par le gel de ce printemps. « C’est une année difficile. Espérons que les volumes seront au rendez-vous l’an prochain ! » Pour les producteurs de légumes bios, 2017 est une bonne année, a enchaîné Dany Schmidt. Maraîcher bio à Volgelsheim, il défend les intérêts des producteurs de légumes au sein de l’Opaba. La quantité et la qualité sont satisfaisantes. Du coup, les prix sont à la traîne. Et pour certains produits, la mise en marché a été très compliquée. « Nous n’attendons pas de miracle ! » La filière légumes bios sort de sa niche et devient une filière à part entière, a souligné Dany Schmidt. « Mais sa structuration reste chaotique. En vente directe et dans les magasins spécialisés, cela se passe plutôt bien. Dans la grande distribution, nous apprenons à travailler ensemble. En période de forte production, nous avons du mal à le faire correctement, comme ce fut le cas pour la tomate cet été. Le problème, c’est que nous n’organisons pas les mises en marché suffisamment en amont. » Or les surfaces sont en augmentation constante - plusieurs hectares de serres ont été installés cette année, ce qui risque de provoquer une saturation du marché. « Il n’y a pas d’échappatoire : nous devons aller vers une structuration de la filière, et pour cela nous avons besoin d’un coup de main de la grande distribution. » Dany Schmidt propose d’organiser chaque printemps une rencontre avec les metteurs en marché pour étudier leurs attentes et mettre la production en adéquation avec les débouchés. Avec à la clé des engagements de volume. « Ça fonctionne, et ça permet de privilégier les fruits et légumes alsaciens. » Pour autant, Dany Schmidt reste lucide : « Nous n’attendons pas de miracle ! » D’autant qu’en bio, tous les produits ne sont pas disponibles tout le temps. C’est un message qu’il faudra faire passer auprès des consommateurs… Directeur de la plateforme d’achat Scofel Auchan, Boris Wendling préside l’association de la distribution des fruits et légumes d’Alsace au sein de l’interprofession. Le marché des fruits et légumes bios est en pleine expansion, a-t-il confirmé. La croissance est à deux chiffres, ce qui crée des perturbations. La grande distribution est le premier vecteur de produits bios, devant les magasins spécialisés. « Nous ne sommes pas forcément préparés à une évolution aussi rapide. Les fruits et légumes bios sont passés d’une niche à un rayon à part entière, ce qui n’est pas simple à gérer dans les magasins. » Pour lui, la grande distribution a un rôle à jouer dans l’accompagnement des producteurs, à travers l’engagement sur le planning de production et les volumes. Objectif : assurer la pérennisation de l’offre.

Publié le 30/09/2017

Du 22 au 24 septembre, une quarantaine d’animations gourmandes en Alsace ont marqué la fête de la gastronomie et sa thématique nationale « Au cœur du produit », déclinée notamment sur le Foodtour, un inédit de cette troisième édition régionale.

Initiatrice de la déclinaison régionale de la fête nationale de la gastronomie, Alsace Destination Tourisme (ADT), en collaboration avec les chefs restaurateurs et la Chambre d'agriculture d’Alsace, a offert au public un programme dense, festif et très gourmand pour sa troisième édition, du 22 au 24 septembre. Restaurateurs et producteurs, des collaborations pérennes Parmi les différentes animations, le Foodtour Alsace « Du champ à l’assiette » a été inauguré le 22 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. « Sans bons produits, pas d’excellence dans l’assiette », a lancé le chef Jacques Eber, rappelant que 32 de ses homologues se mobilisent pour cette fête, en proposant jusqu’au 1er octobre un menu terroir, illustré par l’affiche d’un selfie réalisé avec des producteurs. Cette coopération « met en avant leur savoir-faire ». « Ce Foodtour est l’occasion de découvrir ce territoire exceptionnel, ses productions agricoles diversifiées et sa convivialité », a ajouté Vincent Debès, président délégué d’ADT, saluant la présence de Marie-Thérèse Fischer-Phung, représentante nationale du commissariat général de la fête de gastronomie. Paul Schiellein, représentant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), est revenu sur « ce partenariat gagnant-gagnant » avec les restaurateurs. Les producteurs ont « tout intérêt à vendre leurs produits aux restaurateurs qui vont les mettre en valeur » et pour les chefs, utiliser des produits locaux est un plus. Cette collaboration est « pérenne tout au long de l’année », a-t-il souligné. Quatre salariés s’occupent des circuits courts à la CAA. « C’est le rôle de la Chambre d'agriculture d’accompagner ces productions agricoles périurbaines », à l’image de cette exploitation agricole à la Meinau, gérée par Geoffrey Andna. Créée en 2014 avec deux associés, elle compte 6 144 m2 de serres sur 11 hectares au total et décline une quarantaine de productions. Les produits sont vendus en direct et via un réseau de restaurateurs, qui représentent 50 % de l’activité. L’Îlot a produit « 1 tonne de tomates par jour en pleine saison », a précisé Geoffrey Andna, en invitant les participants à la visite de l’exploitation. Du chou au confit de choucroute Après avoir souligné « la richesse que nous avons tous sous les pieds », Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité, a rappelé que la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir est gage de qualité. Les participants ont ensuite été accueillis par Sébastien Muller, à la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim pour découvrir ce « légume ancestral » aux multiples qualités dont l’Alsace produit 75 % du volume. Cinquième génération à la tête de cette entreprise familiale, Sébastien Muller a rappelé qu’elle exploite 70 hectares de choux à choucroute, qui sont lavés, coupés et transformés sur place, après « une fermentation naturelle qui peut durer 15 jours à deux mois », pour une production de 4 000 à 5 000 tonnes de choucroute par an. L’entreprise propose une gamme de choucroute bio et les participants à ce Foodtour ont pu apprécier sa dernière création, le confit de choucroute qui se marie parfaitement au foie gras. Sébastien Muller a précisé que le jus de choucroute sert à la méthanisation, et les feuilles vertes sont épandues. La choucrouterie Le Pic, qui aura un site internet en janvier, accueille le public tous les jours, une communication importante « pour éviter les amalgames et se défaire de l’image lourde de la choucroute garnie ». Président de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, Sébastien Muller œuvre avec Alsace Qualité et sa directrice, Bénédicte Dubois, pour l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, une demande toujours en cours depuis vingt ans. « Longueur, finesse, blancheur », les critères sont précis pour l’obtention de ce label européen. Aquaponie et vins du terroir Ce Foodtour s’est poursuivi par la découverte de la start-up myFood à Gertwiller, une serre connectée pour une culture aquaponique verticale. Partis de l’idée d’autoalimentation, trois passionnés, venus de la finance et de l’informatique entre autres, ont installé un bassin avec des poissons, qui alimente des plantes, ces dernières filtrant l’eau du bassin, dans un système d’économie circulaire. Quelques panneaux solaires sur le toit de la serre permettent la production d’énergie pour obtenir « une parfaite autarcie alimentaire au niveau des légumes », précise Julien Wosnitza, l’un des créateurs. La consommation d’eau est fortement diminuée, car il y a moins d’évaporation, ajoute son associé, Matthieu Urban. Leur objectif est « d’apporter l’alimentation chez tout un chacun, en réunissant la permaculture, la bioponie et l’aquaponie ». Avec seulement une heure de maintenance par semaine, ils ont déjà installé 50 serres en Europe et seront présents au prochain Salon international de l’agriculture. Ils ont également un projet au Vaisseau à Strasbourg. Les participants du Foodtour ont ensuite été accueillis au domaine Hering à Barr. Jean-Daniel Hering, cinquième génération de vignerons, et son épouse, Fabienne, leur ont présenté succinctement le domaine, totalement en bio, dont les vignes du grand cru Kirchberg qui s’étendent au pied de leur domaine. Les vins, issus de ce grand cru, « un lieu unique », sont en « lien direct avec le terroir » et font « la singularité du domaine, plus que les cépages riesling ou pinot gris entre autres, qui peuvent être plantés partout », a souligné Jean-Daniel Hering. Les participants ont dégusté trois vins avec les recettes du chef Christian Boulard, du château d’Andlau, dont un pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2013, prouvant les qualités de garde des vins blancs, et un gewurztraminer 2008 sur une soupe de carotte froide au cumin. Après un passage à Saint-Pierre pour apprécier les fromages de la ferme Haag et les bières de la brasserie, le Foodtour s’est terminé dans le Haut-Rhin, avec un cook show à six mains harmonisé par les chefs étoilés Nasti, Binz et Jaegle, et retransmis sur écran géant. Puis Jérôme Jaegle, une étoile au Michelin, a accueilli les participants dans son restaurant L’Alchémille à Kaysersberg-Vignoble pour une pause dînatoire qui leur a permis de déguster des bouchées en direct du potager. Pour finir, petite escale au musée des eaux-de-vie à Lapoutroie pour déguster des mignardises de Christine Ferber, accompagnées d’eaux-de-vie. Un tour surprenant, au cœur des produits de la gastronomie alsacienne et des hommes qui la font vivre, apprécier et… fêter !

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