Fleurs

Publié le 09/12/2017

Après plusieurs années difficiles pour les agriculteurs alsaciens, 2017 se caractérise par de bons rendements pour la plupart des productions, mis à part la viticulture et les fruits. La qualité est au rendez-vous, mais les prix restent bas pour la plupart des productions.

Lors de la session plénière du 27 novembre dernier à Schiltigheim, Yves Jauss, du service économie et prospectives de la Chambre d'agriculture d’Alsace, a fait le bilan de la campagne agricole qui s’achève. Les rendements indiqués sont bien sûr des moyennes, qui cachent parfois d’importantes disparités d’une région agricole à l’autre. Grandes cultures Blé : retour à la normale après une année 2016 calamiteuse. Avec 76 q/ha, le rendement est légèrement supérieur à la moyenne quinquennale. Les surfaces, elles, sont en nette réduction, passant de 52 500 à 47 100 ha. Orge : avec 72 q/ha, le rendement peut être qualifié de très bon, cette année. Cette céréale à paille a occupé 5 500 ha cette année. Maïs grain : cette céréale constitue la bonne surprise avec de bons, voire très bons rendements et des humidités faibles. La sole est en progression, à 125 500 ha (hors maïs ensilage). Avec 113 q/ha en moyenne, le rendement est légèrement supérieur à la moyenne quinquennale. Ces rendements varient de 105 q/ha en situation non irriguée à 127 q/ha sur les parcelles irriguées. Dans le Bas-Rhin, les rendements atteignent 110 q/ha (contre 96 q/ha en 2016), dans le Haut-Rhin, ils s’établissent à 117 ha (105 ha en 2016). La collecte était plus précoce que l’an passé. Pour le blé comme pour le maïs, les cours restent très faibles, autour de 160 € pour le blé et de 150 € pour le maïs. Colza : à 5 400 ha, les surfaces sont en augmentation (+ 7 %) et le rendement est supérieur à la moyenne quinquennale (36 q/ha). Soja et tournesol : les rendements sont conformes à la moyenne quinquennale (32 q/ha). À noter une belle progression de 7 % de la surface du soja, qui atteint 5 800 ha. Viticulture La vigne fait exception à ce tableau, avec une production en retrait de 30 % par rapport à 2016, en raison du gel et de conditions difficiles à la floraison. Alors que la récolte s’élevait à 1,18 million d’hectolitres en 2016, les estimations pour 2017 tablent sur 855 000 hl, soit une baisse de 30 %. Les secteurs les plus touchés se situent au nord de Colmar et dans le sud du Bas-Rhin (secteur de Scherwiller et Dambach-la-Ville). L’état sanitaire de la vendange est bon. Le millésime s’annonce de grande qualité, grâce à de bons niveaux d’acidité et de sucre à la récolte. Malgré cette situation tendue, on constate une baisse importante, de l’ordre de 13 à 18 %, des mercuriales des vins d’Alsace à la propriété (campagne du 1er décembre 2016 au 30 septembre 2017). Seul le riesling tire son épingle du jeu, la baisse étant limitée à 3 %. Cultures spéciales Betteraves à sucre : après une année 2016 décevante, les rendements s’annoncent en nette amélioration. Le rendement attendu s’établit à 95 t/ha à 16°. La stratégie de la sucrerie Cristal Union d’Erstein de développer les surfaces s’est avérée gagnante, puisque les emblavements ont progressé de 530 ha pour atteindre 7 250 ha. Tabac : une bonne année, là aussi, avec des volumes en nette hausse, de l’ordre de 2,8 à 3 t/ha. Après plusieurs années tendues, la sinistralité s’est nettement améliorée. La qualité est globalement bonne en virginie. Pour le burley, dont les livraisons viennent de démarrer, on s’attend à de bons poids et à une bonne qualité. Houblon : le rendement est proche de la moyenne quinquennale pour les variétés précoces, supérieure à cette moyenne pour les variétés tardives. Les teneurs en alpha suivent la même tendance. Mais on constate une grande hétérogénéité de rendement d’une parcelle à l’autre, en fonction de la pluviométrie. Le contexte reste dynamique pour cette filière. Pommes de terre : 2017 se caractérise par des volumes importants, mais des prix très bas, du fait de la bonne récolte européenne. Productions légumières Asperges : début de campagne très précoce (environ trois semaines d’avance). Les conditions de récolte ont été excellentes et le rendement est en forte progression par rapport à 2016 : 4 t/ha au lieu de 2,3 t/ha. Chou à choucroute : la campagne qui s’achève est très hétérogène. Le rendement estimé s’établit à 80 t/ha, à comparer avec les 75 t/ha de l’an dernier. Salades : l’année a été compliquée. Un printemps précoce, suivi d’une période de froid, puis d’une chaleur estivale ont bousculé le calendrier de production. Les cours étaient bas durant la première moitié de la saison, avant une envolée vers la mi-août. Au final, une année moyenne dans un contexte de baisse de production. Tomates : beau rendement des tomates de serre, avec de gros volumes en juillet qui ont connu des difficultés d’écoulement. Oignons : une année moyenne, avec de bonnes conditions de récolte mais des calibres hétérogènes. Production fruitière Fruits à noyau : sans doute la production la plus impactée par le gel printanier. Les dégâts sont considérables, allant de 40 à 100 % selon les secteurs et les espèces. Conséquence de cette baisse de production, les prix sont supérieurs aux années passées, la plupart du temps. La cerise affiche un bilan globalement positif, avec cependant de fortes disparités selon les secteurs : le rendement est proche de 0 % dans le sud de la région, de 50 % dans le secteur d’Obernai et historique dans le secteur de Westhoffen. Avec une récolte amputée de moins de 40 %, la quetsche est le fruit qui a le mieux passé le gel. Le volume total est estimé à 1 300 t, soit le double de l’année 2016. Pour la deuxième année consécutive, la récolte de mirabelles est nettement inférieure à la moyenne, de l’ordre de 50 %. Fruits à pépins : suite au gel, les pommes ont subi plus de 80 % de pertes dans certains secteurs, et jusqu’à 100 % dans d’autres. Au final, les rendements s’élèvent à 50 % d’une année normale, tirant les cours à la hausse. Encore une mauvaise campagne pour les poires, qui ont subi 50 à 60 % de perte et une qualité en dessous des standards. Dommage, car le marché est demandeur. Fruits rouges : la production de fraises est réduite de 30 à 40 % dans le Haut-Rhin, de 50 % dans le Bas-Rhin. Du coup, la saison de production n’a duré que trois ou quatre semaines. Quant aux petits fruits, la récolte a été littéralement amputée par le gel, avec une diminution des deux tiers dans le Haut-Rhin. Le marché était porteur et les prix intéressants. Horticulture Bisannuelles : contrairement à 2016, où la campagne avait été très précoce, la commercialisation a eu lieu en temps et en heure. Cultures de printemps : l’Elsass Geranium reste le produit phare. Bon déroulement des ventes, mais difficulté d’ajustement des prix. Le gel a endommagé les pépinières et les productions. Cultures d’automne : les pomponnettes ont connu un beau succès, au détriment des chrysanthèmes grosses fleurs. Les callunes, les pensées et les feuillages d’automne sont en légère baisse. Le panier moyen a tendance à baisser. Pépinières : après un automne 2016 moyen, la saison a démarré tardivement. Sur le marché des professionnels, le nombre d’affaires compense la diminution des grosses commandes, mais engendre un surcroît de travail. Le marché du détail se porte bien.

Projet "vignes fleuries" à Ribeauvillé

Mardi 24 octobre, sur les hauteurs de Ribeauvillé des viticulteurs ont réinvesti les vignes munis de seaux et de « semoirs manuels ». Leur objectif : semer des espèces de plantes et de graminées un inter-rang sur deux pour favoriser la biodiversité locale.

Publié le 03/10/2017

Le groupement de la filière horticole en Alsace, Flhoreal poursuit son intégration dans le Grand Est tout en préparant sa prochaine fusion avec Est Horticole, station d’expérimentation présente en Alsace, mais également en Bourgogne et en Franche-Comté.

L’assemblée générale de Flhoreal a permis au président, Christian Romain, de faire le bilan des actions menées en 2016 et en 2017. Des actions pour soutenir le développement des horticulteurs alsaciens. Comme chaque année, les expérimentations se sont poursuivies. Les premiers essais ont concerné les méthodes alternatives. Les seconds se sont intéressés aux itinéraires techniques de culture. Dans le même temps, la surveillance biologique du territoire s’est poursuivie. Neuf lettres d’information ont ainsi été publiées au printemps et à l’automne. La communication a fait l’objet d’un important travail. 2016 signe le démarrage du nouveau logo et la naissance d’une nouvelle charte graphique. De nouveaux pots ont été créés, en partenariat avec Hormalys, Jost et les Établissements Gustave Muller. Des opérations à destination du grand public ont permis de communiquer sur le monde horticole. Les professionnels se sont ainsi affichés avec le thème « Votre horticulteur vous fait une fleur ». Ils ont renouvelé des opérations comme Elsass Geranium, Folie’Flore à Mulhouse, ont assuré une présence à la foire aux vins de Colmar, à la foire européenne de Strasbourg ou encore à Désir de jardin à Rouffach. Néanmoins, la réflexion sur la communication se poursuit. Comment être plus pertinent et toucher davantage de monde ? Le mot « horticulteur » ne veut rien dire pour de nombreuses personnes, contrairement au mot « jardinerie ». Il faut donc approfondir ce sujet pour parvenir à toucher une clientèle plus large. Il est également important que les professionnels choisissent des sujets qui mobilisent. Une idée pour 2018 : « Sauver les abeilles ». Un sujet d’actualité qui permettrait aux horticulteurs présenter des plantes mellifères. L’idée étant de se positionner sur un segment positif, développer des conseils et des offres, ou encore animer des points de vente. Enfin, les professionnels sont conscients qu’ils doivent davantage être présents sur internet, à l’image, par exemple, du réseau social Pinterest. La fusion prochaine entre Flhoreal et Est Horticole a aussi été évoquée. Une fusion par voie d’absorption à effet au 1er janvier 2018. L’aspect financier a été discuté, tout comme celui de l’organisation interne. La dernière partie de l’assemblée générale a été consacrée au Passeport phytosanitaire européen (PPE). Toute entreprise immatriculée doit respecter un certain nombre d’obligations réglementaires, dont notamment une déclaration annuelle d’activité. Le PPE est un document officiel attestant du respect des dispositions réglementaires européennes relatives aux organismes de quarantaine (normes phytosanitaires, exigences particulières), qui accompagne certains végétaux, produits végétaux ou autres objets circulant sur le territoire de l’Union européenne. Il se présente sous forme d’étiquettes (à demander à la Fredon) ou est directement imprimé sur le document accompagnant les végétaux.

Pages

Les vidéos