Groupama Grand Est - Eurométropole de Strasbourg
Se protéger de la cybercriminalité
Groupama Grand Est - Eurométropole de Strasbourg
Pratique
Publié le 05/04/2018
Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, le souligne en préambule : la gestion des fichiers et la protection de la vie privée sont des sources de questionnement pour les élus et les entreprises. Trop souvent, la prise de conscience n’est réelle que lorsqu’on se trouve confronté à une attaque. Or, un risque traité après coup a toujours un coût exorbitant par rapport à une action préventive. C’est le sens du propos de Christian Aghroum, ancien commissaire divisionnaire ayant dirigé l’Office de lutte contre la cybercriminalité, fondateur en 2015 d’une société de conseil et d’audit en sûreté, cybersécurité et gestion de crise.
La cybersécurité vise à assurer la protection du système d’information de l’entreprise. Les données doivent rester disponibles, confidentielles entre l’émetteur et le receveur, intègres (c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été manipulées) et auditables (le fonctionnement correct du système est vérifiable). Pour y parvenir, trois piliers sont nécessaires : la technique bien entendu, l’organisation cela va de soi, mais aussi la formation. Car si personne n’est formé, à quoi sert un système sécurisé ?
La cybercriminalité revêt quant à elle deux formes : elle peut être née des nouvelles technologies (piratage, défacement de site, accès non autorisé) ou simplement être une criminalité qui préexistait mais qui a été favorisée par les nouvelles technologies (pédopornographie, escroquerie, rançon, etc.).
Or corrélativement au développement d’internet et à la massification des informations, la cybercriminalité se développe. Internet, « c’est un lieu de culture, d’échange, de commerce, bref de bonheur. Mais c’est aussi 4 à 5 % de malheur et d’horreur », estime le conférencier. Les forces de police doivent s’adapter et faire face au développement de la cybercriminalité dans un temps ultrarapide. En outre, la cybercriminalité est souvent transfrontalière ce qui impose de créer des coopérations et d’aider les pays défavorisés à se protéger contre ce fléau.
Un objectif : dérober des données personnelles
Christian Aghroum casse « le mythe romanesque du Geek ». La cybercriminalité est le fait de groupes organisés qui ont une réflexion, des moyens, un objectif et surtout une cible : obtenir des données personnelles. Une fois ces données récupérées, elles sont recelées sur le « dark web »*. Le coût de la cybercriminalité est évalué à 550 milliards de dollars dans le monde et à 1 % du PIB européen : « Nous travaillons tous quatre jours par an pour les cybercriminels sans le savoir. »
À l’avenir, le développement des objets connectés offre des perspectives formidables notamment pour la santé et la protection des personnes, mais il va également générer une augmentation du risque de vol de ces données.
Les entreprises : des cibles de choix
Les premières vagues de cybercriminalité ont démarré en 2007. Aujourd’hui, certains États utilisent des cybercriminels pour défendre leurs intérêts. Les entreprises constituent des cibles de choix car elles détiennent des données et de l’argent. Et pour s’en prémunir, la formation est essentielle car dans 39 % des cas, l’attaque provient d’erreurs humaines (une pièce jointe douteuse ouverte, un lien malveillant, etc.).
Les techniques de phishing (hameçonnage), escroquerie au président, blocage des sites contre rançon sont les plus courantes. Christian Aghroum invite les éventuelles futures victimes à ne jamais payer la rançon et à redémarrer leur site à partir de la dernière sauvegarde. Des bonnes pratiques plutôt simples mais qu’il vaut mieux anticiper. La cybercriminalité peut prendre également des aspects d’espionnage industriel ou même d’action terroriste. Le piratage de TV5 Monde par Daech en est la triste illustration.
D’ici le 25 mai 2018, les entreprises doivent mettre en œuvre le règlement européen de protection des données (RGPD). Perçu comme une nouvelle contrainte, il faut l’envisager comme une opportunité pour réfléchir à l’organisation interne et sensibiliser le personnel aux questions de cybercriminalité. Ce règlement est le « moyen de faire monter l’Europe en compétence ». Car « ce n’est pas en tournant le dos aux choses qu’on y fait face » ! Un point de vue partagé par François Schmitt, président de Groupama Grand Est, qui invite à une prise de conscience des problèmes pour être mieux en capacité de les gérer. Un homme averti en vaut deux…












