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Sophie Schwendenmann

Sophie Schwendenmann est directrice de publication de l'Est agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.

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Groupama Grand Est - Eurométropole de Strasbourg

Se protéger de la cybercriminalité

Pratique

Publié le 05/04/2018

Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, le souligne en préambule : la gestion des fichiers et la protection de la vie privée sont des sources de questionnement pour les élus et les entreprises. Trop souvent, la prise de conscience n’est réelle que lorsqu’on se trouve confronté à une attaque. Or, un risque traité après coup a toujours un coût exorbitant par rapport à une action préventive. C’est le sens du propos de Christian Aghroum, ancien commissaire divisionnaire ayant dirigé l’Office de lutte contre la cybercriminalité, fondateur en 2015 d’une société de conseil et d’audit en sûreté, cybersécurité et gestion de crise.

La cybersécurité vise à assurer la protection du système d’information de l’entreprise. Les données doivent rester disponibles, confidentielles entre l’émetteur et le receveur, intègres (c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été manipulées) et auditables (le fonctionnement correct du système est vérifiable). Pour y parvenir, trois piliers sont nécessaires : la technique bien entendu, l’organisation cela va de soi, mais aussi la formation. Car si personne n’est formé, à quoi sert un système sécurisé ?

La cybercriminalité revêt quant à elle deux formes : elle peut être née des nouvelles technologies (piratage, défacement de site, accès non autorisé) ou simplement être une criminalité qui préexistait mais qui a été favorisée par les nouvelles technologies (pédopornographie, escroquerie, rançon, etc.).

Or corrélativement au développement d’internet et à la massification des informations, la cybercriminalité se développe. Internet, « c’est un lieu de culture, d’échange, de commerce, bref de bonheur. Mais c’est aussi 4 à 5 % de malheur et d’horreur », estime le conférencier. Les forces de police doivent s’adapter et faire face au développement de la cybercriminalité dans un temps ultrarapide. En outre, la cybercriminalité est souvent transfrontalière ce qui impose de créer des coopérations et d’aider les pays défavorisés à se protéger contre ce fléau.

Un objectif : dérober des données personnelles

Christian Aghroum casse « le mythe romanesque du Geek ». La cybercriminalité est le fait de groupes organisés qui ont une réflexion, des moyens, un objectif et surtout une cible : obtenir des données personnelles. Une fois ces données récupérées, elles sont recelées sur le « dark web »*. Le coût de la cybercriminalité est évalué à 550 milliards de dollars dans le monde et à 1 % du PIB européen : « Nous travaillons tous quatre jours par an pour les cybercriminels sans le savoir. »

À l’avenir, le développement des objets connectés offre des perspectives formidables notamment pour la santé et la protection des personnes, mais il va également générer une augmentation du risque de vol de ces données.

Les entreprises : des cibles de choix

Les premières vagues de cybercriminalité ont démarré en 2007. Aujourd’hui, certains États utilisent des cybercriminels pour défendre leurs intérêts. Les entreprises constituent des cibles de choix car elles détiennent des données et de l’argent. Et pour s’en prémunir, la formation est essentielle car dans 39 % des cas, l’attaque provient d’erreurs humaines (une pièce jointe douteuse ouverte, un lien malveillant, etc.).

Les techniques de phishing (hameçonnage), escroquerie au président, blocage des sites contre rançon sont les plus courantes. Christian Aghroum invite les éventuelles futures victimes à ne jamais payer la rançon et à redémarrer leur site à partir de la dernière sauvegarde. Des bonnes pratiques plutôt simples mais qu’il vaut mieux anticiper. La cybercriminalité peut prendre également des aspects d’espionnage industriel ou même d’action terroriste. Le piratage de TV5 Monde par Daech en est la triste illustration.

D’ici le 25 mai 2018, les entreprises doivent mettre en œuvre le règlement européen de protection des données (RGPD). Perçu comme une nouvelle contrainte, il faut l’envisager comme une opportunité pour réfléchir à l’organisation interne et sensibiliser le personnel aux questions de cybercriminalité. Ce règlement est le « moyen de faire monter l’Europe en compétence ». Car « ce n’est pas en tournant le dos aux choses qu’on y fait face » ! Un point de vue partagé par François Schmitt, président de Groupama Grand Est, qui invite à une prise de conscience des problèmes pour être mieux en capacité de les gérer. Un homme averti en vaut deux…

L'agriculture alsacienne en deuil

Jean-Paul Bastian s'est éteint

Vie professionnelle

Publié le 23/03/2018

A l'heure où nous terminons cette édition, nous apprenons le décès de Jean-Paul Bastian, à l'âge de 67 ans. Figure emblématique incontournable de l'agriculture bas-rhinoise depuis 40 ans, de l'Alsace à Paris et Bruxelles, du CNJA à la FNSEA, de la Chambre d'agriculture au Conseil économique et social, du Centre de fiscalité et de gestion à l'Est Agricole et Viticole, l'agriculture départementale, régionale, française, européenne et mondiale n'avait aucun secret pour lui. Nous reviendrons plus longuement sur sa vie passionnée au service de l'agriculture dans notre prochaine édition.

Nous présentons à son épouse, ses filles, sa famille, nos très sincères condoléances.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

L’accompagnement est une priorité

Vie professionnelle

Publié le 20/01/2018

La Mutualité sociale agricole d’Alsace a fait de l’accompagnement des agriculteurs en difficulté une priorité. La crise qui sévit depuis trois ans est malheureusement toujours d’actualité. Si de légères éclaircies se sont profilées ici ou là, la situation reste globalement encore très fragile. En 2017, la MSA a pu déployer, comme l’année précédente, différents dispositifs permettant d’apporter une bouffée d’air aux trésoreries des exploitations. Modulations de cotisations, possibilité d’opter pour l’année n - 1 pour le calcul des cotisations, mise en place d’échéanciers de paiement ou encore prise en charge de cotisations sociales dans certains cas sont autant de mesures qui donnent un peu de lest aux finances des agriculteurs. Ces aménagements sont loin d’être symboliques. Les prises en charge de cotisations, par exemple, ont été accordées à 235 agriculteurs pour un montant moyen de plus de 3 000 €. Au total, 745 000 euros ont été accordés à ce titre.

David Herrscher a également rappelé qu’au-delà des aménagements de cotisations, la MSA d’Alsace s’investit intensément dans l’accompagnement des adhérents fragilisés. Rendez-vous pour vérifier la plénitude des droits, soutien psychologique, conseil, orientation ou encore ateliers collectifs sont régulièrement proposés. Les représentants de la profession présents ont salué la réactivité et l’implication de la MSA. Le président est par ailleurs revenu sur les nouveautés législatives que la MSA et ses adhérents doivent intégrer. La DSN et le nouveau Tesa demandent aux employeurs beaucoup d’adaptation et la MSA d’Alsace compte bien les accompagner dans ce changement.

Enfin, l’année 2017 est un tournant pour la MSA d’Alsace car elle a amorcé la mutualisation de certaines de ses activités avec les MSA Lorraine et Sud Champagne. Cette réorganisation touche directement 40 % de ses salariés qui doivent changer de législation, voire de métier au sein de l’entreprise. Bien que conséquente et ardue pour les équipes, elle ne concerne que les activités dites de « back-office ». Elle doit donc rester la plus transparente possible pour les adhérents, même si un temps d’adaptation durant la transition est inévitable. Ce chantier vise à atteindre les objectifs budgétaires fixés par les tutelles tout en améliorant la qualité du service rendu.

Nouvelle-Zélande

Carnet de voyage en mode pâturage

Élevage

Publié le 29/12/2017

À nous les grands espaces. Début juin, Antoine et moi sommes arrivés chez Barry et Olivia Steiner, sur l’île nord de la Nouvelle-Zélande. Un stage de quatre semaines entre la 1re et la 2année de BTS Analyse, conduite et stratégie d’entreprise agricole au lycée d’Obernai. À l’élevage Steiner, pas de traite pour nous. Toutes les vaches sont taries. Par ailleurs, même en plein hiver les bovins sont à la pâture, par - 5 °C et sous la pluie. Il faut donc bien gérer son système.

Barry fonctionne, comme tous les agriculteurs néo-zélandais, sur le système du rotational grazing, ou pâturage tournant. En clair, il valorise chaque paddock au moment le plus intéressant. Ses vaches broutent ainsi de l’herbe d’assez bonne qualité. L’éleveur fait aussi des économies puisque ses bêtes n’ont presque pas besoin de compléments alimentaires. Les terres sont plutôt fertiles du fait de la roche volcanique et il pleut assez régulièrement. Ce qui garantit une pousse de l’herbe toute l’année.

Autre particularité locale, législative cette fois, les agriculteurs ne perçoivent pas d’aides de la part du gouvernement néo-zélandais. En contrepartie ils ne sont soumis à aucune réglementation stricte. Libre à eux de gérer leur exploitation comme bon leur semble. Ainsi, l’alimentation du bétail reste surtout basée sur l’herbe, mais elle varie puisqu’on trouve de l’ensilage de maïs dans la région de Waikato, tandis qu’il n’y en a pas du tout dans la région de Bay of Plenty, où se trouve Barry. Ce qui s’explique par la grande différence de climat entre le nord plutôt tropical, et le sud plus froid.

Plusieurs visites d’exploitation, une observation des systèmes

Au cours de ces cinq semaines dans le pays nous avons eu la chance de voir différentes exploitations. Des « petites » (200 vaches laitières) aux « moyennes » (1 200 vaches), le tout en système de traite différent. Un point commun entre ces fermes : l’absence d’étable qui engendre un pâturage tout au long de l’année. Et aussi, toutes livrent leur lait à la société Fonterra. En effet, 92 % de la production laitière néo-zélandaise est vendue à Fonterra. De ce côté-ci du globe, la vente directe fait grise mine.

En général, les exploitations moyennes en Nouvelle-Zélande sont génératrices d’emploi. Avec une division du travail assez poussée. Par exemple, certains salariés sont affectés uniquement à la traite. D’autres vont chercher les vaches et les divisent en lot avant de les ramener une fois la traite effectuée. Une main-d’œuvre très internationale, composée de nombreux Pakistanais et Indiens. Les woofers complètent les équipes.

Les woofers, quèsaco ? Ce sont principalement des jeunes en voyage qui troquent quelques heures de travail à la ferme contre le gîte et le couvert. Les contrats à l’amiable vont de quelques jours à plusieurs mois. Très développé en Nouvelle-Zélande, on retrouve ce système en Australie, en Amérique du Sud ou encore en Espagne.

Minda : l’application du pâturage tournant

Retour chez Barry et Olivia. Ils travaillent avec Minda, une application qui permet de gérer le pâturage tournant et de suivre précisément la consommation des vaches. L’outil est assez simple d’utilisation et donne de nombreuses astuces. Il aide l’agriculteur à calculer la quantité de matière sèche (MS) par hectare grâce à des photos. Lors du paramétrage de l’application, nous avons mesuré tous les paddocks afin d’en évaluer la quantité de MS présente à l’hectare. L’application a déterminé pour nous les paddocks les plus pourvus en matières sèches et donc lesquels pouvaient être pâturés en premier.

L’objectif de Barry et Olivia ? Augmenter le potentiel de leurs vaches. Pour le moment elles tournent autour de 15 litres/jour (5 500 l/an en moyenne). Durant notre période de stage, un nouveau réservoir à lait plus grand est arrivé. Une nouvelle laiterie a été construite, premier pas vers de meilleurs rendements.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Un soutien aux exploitations viticoles

Pratique

Publié le 27/11/2017

Les épisodes de gel du printemps dernier ont fortement impacté le vignoble alsacien, entraînant une baisse très importante de la récolte 2017. Les niveaux de production sont hétérogènes, selon les territoires et les cépages. Certaines exploitations sont plus fortement touchées et leur trésorerie pourra être fragilisée.

Les mesures possibles sont :

  • La pause d’une année dans le paiement des échéances des prêts existants. Cette solution peut bénéficier d’une prise en charge du surcoût par l’État et/ou la Région, complétée par le Crédit Agricole. Le dispositif d’année blanche est ouvert sous condition d’éligibilité jusqu’au 31 décembre 2017.
  • Un prêt moyen terme de consolidation des échéances d’une année.
  • La modulation des échéances à la baisse avec rallongement de la durée des prêts.
  • Un prêt moyen terme de reconstitution du fonds de roulement.

Les viticulteurs sont invités à contacter les conseillers et experts du Crédit Agricole Alsace Vosges pour tous renseignements. Ils examineront la situation de chaque viticulteur concerné pour identifier le besoin immédiat ou futur et déterminer, avec lui, la solution la plus adaptée. Anticiper les éventuelles difficultés permettra à chacun d’appréhender plus sereinement l’année à venir.

Par cette démarche, le Crédit Agricole Alsace Vosges réaffirme son engagement au côté de la filière viticole alsacienne et souhaite contribuer à préserver son dynamisme et sa compétitivité.

Beiser Environnement

Les pros des salons

Vie professionnelle

Publié le 24/11/2017

Les salons, ils connaissent. Et pour cause. Pour la seule année 2017, l’entreprise Beiser Environnement aura couvert pas moins de trente manifestations professionnelles. Sur le territoire national, mais aussi en dehors, comme à l’exemple de Hanovre du 12 au 18 novembre prochains, les dirigeants de l’entreprise de Bouxwiller ont fait de ces événements agricoles un fer de lance de leur marketing.

Il n’était donc pas surprenant de les retrouver à Metz pour les trois journées du salon Agrimax. « Nous avons répondu présents pour cet événement, nous nous sentons concernés à double titre », explique Nathalie Cogniel, directrice générale de Beiser Environnement, « le Grand Est est notre région d’origine, mais c’est aussi, avec l’Alsace et la Lorraine, le périmètre où nous faisons une part significative de notre chiffre d’affaires ».

Trois générations

Par la présence de trois générations de la famille des dirigeants de Beiser Environnement, c’est avec une fierté non dissimulée que Nathalie Cogniel souhaitait afficher la confiance de l’entreprise dans l’avenir. Et concernant les deux plus jeunes, « nous ne savons pas encore s’ils reprendront les rênes de l’entreprise familiale, mais c’est un signe d’intérêt pour notre activité ». « Cette photo exprime bien notre volonté de continuer à nous investir dans notre rôle de dirigeants fondateurs, et moi particulièrement qui reprend petit à petit ».

Même si la période passée reste difficile, « nous sommes maintenant dans une dynamique positive », se félicite Nathalie Cogniel. « Les salons de cette fin d’année sont meilleurs que ce que nous attendions », et de préciser, « les clients sont au rendez-vous pour concrétiser des projets d’investissements qu’ils avaient différés depuis deux années ».

En produits vedettes des ventes de cette fin 2017, la niche à veau. « La plus-value de notre offre réside dans la qualité des matériaux qui sont utilisés pour la réalisation d’un produit de haute qualité », explique la dirigeante. Mêmes explications pour la réussite de la case à veaux. Pour Nathalie Cogniel, « les éleveurs soignent le bien-être de leurs jeunes animaux pour réussir cette étape cruciale de l’élevage ».
 

Aide aux investissements des entreprises vitivinicoles

Appel à projets 2018 ouvert depuis le 20 novembre !

Vigne

Publié le 20/11/2017

La date de clôture de cet appel à projet est fixée au 16 janvier 2018 à 12 h, date à laquelle les dossiers devront être complets. Comme l’année dernière, le dépôt des demandes de subvention est à réaliser à partir du téléservice « Viti-investissement » nécessitant au préalable l’inscription sur le portail de FranceAgriMer (lien : https ://portailweb.franceagrimer.fr/portail/).

Les codes d’accès attribués lors des demandes antérieures « Viti-investissement », « Viti-plantation » ou « Viti-restructuration », sont réutilisables. L’ensemble des documents utiles au dépôt du dossier sont disponibles sur le lien suivant http://www.franceagrimer.fr/filiere-vin-et-cidriculture/Vin/Aides/Investissements/Programme-d-investissements-des-entreprises-vitivinicoles-Appel-a-projets-2018

En cas de difficultés d’inscription sur le portail ou de questions sur le fonctionnement informatique, les demandeurs peuvent contacter la hotline par mél viti-investissement@franceagrimer.fr ou par téléphone au 01 73 30 25 00¶

Concernant toutes les questions d’éligibilité des investissements, le Pôle FranceAgriMer de la région Grand Est est disponible à l’adresse mail viti-investissement.grand-est@franceagrimer.fr ou l’antenne de gestion du bassin de production Alsace Est, Céline Henni : celine.henni@franceagrimer.fr – Tél. 03 69 32 51 17 ou Myriam Steig : myriam.steig@franceagrimer.fr – Tél. 03 69 32 51 08.

Promotion du 14 juillet

Ordre du Mérite agricole

Vie professionnelle

Publié le 14/09/2017

OFFICIERS

Madame Marie Bernhard, Ancienne viticultrice
Monsieur Paul Zoller, Ancien Président du syndicat des producteurs de fruits de Westhoffen et ancien paysagiste

CHEVALIERS

Madame Marianne Fritz, Cheffe d’entreprise, Présidente de la société Idhéa
Monsieur Thierry Kuhm, Gestionnaire des aides aux investissements dans le secteur animal à la Direction Départementale des Territoires du Bas-Rhin
Madame Marlyse Loew, Secrétaire de l’association des producteurs de fruits de Westhoffen
Madame Claudia Lopez, Assistante gestion des aides filières animales à la Direction Départementale des Territoires du Bas-Rhin
Monsieur Dominique Peter, Président de la société d’aviculture de Soufflenheim
Madame Cathy Remy, Responsable de l’installation des jeunes agriculteurs et du PVE à la Direction Départementale des Territoires du Bas-Rhin
Monsieur Franck Sander, Chef d’exploitation agricole
Monsieur François Verdin, Responsable d’une cellule Politique Agricole Commune à la Direction Départementale des Territoires du Bas-Rhin

1er congrès de la viticulture française

Au nom des vignerons français

Vigne

Publié le 12/07/2017

Ils étaient tous là : représentants des Coopératives (CCVF), des Vignerons indépendants (VIF), des AOC (Cnaoc) et des IGP (Vin IGP). Et le moment était choisi alors que le cycle électoral se termine en France et que l’Union Européenne aborde une période de négociation importante avec le Brexit et la réforme de la Pac. Stéphane Héraud, président de l’Association générale de la production viticole (AGPV) a porté un message unitaire, « au nom des vignerons français ». En présence du commissaire Phil Hogan, les préoccupations se sont concentrées sur les enjeux européens.

La filière viticole tient à conserver une OCM Vin, avec un système de régulation des plantations alors que le dispositif d’autorisation a été arraché de haute lutte lors de la dernière réforme. En Italie, sans la limitation à 1 %, le pays aurait vu son potentiel viticole augmenter de 10 % l’an passé, de quoi déstabiliser sérieusement le marché. La filière souhaite également conserver des aides aux investissements structurantes pour la filière et ne veut pas entendre parler d’aides à l’hectare. L’Europe doit néanmoins assurer un cadre juridique stable pour les opérateurs et simplifier la mise en œuvre de ces aides, jugée trop contraignante, pour être plus efficientes, estime Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Phil Hogan s’est dit favorable à un dispositif qui a fait ses preuves. Depuis 2008, les exportations européennes progressent de 10 milliards d’euros par an. La viticulture apporte un excédent commercial à l’Union et assure 3 millions d’emplois directs « dans des zones rurales où les emplois de qualité sont rares ». Sur le montant du budget global, le Commissaire ne s’est pas engagé à la place des États : « si nous voulons garder la même enveloppe budgétaire, soit le Brexit n’aura pas lieu, soit les États membres devront contribuer plus… »

Les producteurs français revendiquent également le maintien de la réglementation spécifique des IGP vins qui garantit l’origine à 100 % des raisins alors que la réglementation horizontale des IGP permet d’intégrer une part de matière première venant de l’extérieur de la zone. La réglementation étiquetage doit être maintenue pour « garantir l’origine des produits au consommateur », estime Michel Servage, président de Vin IGP. Toutefois, l’inquiétude est palpable sur la fin de l’exemption possible de la liste d’ingrédients à faire figurer sur l’étiquette. Cette nouvelle obligation laisse présager des analyses coûteuses et des contraintes d’étiquetage importantes pour les producteurs qui ne font que « noyer le consommateur dans un flot de surinformation dont il n’a que faire », estime Thomas Montagne, Président des Vif.

L’assurance, une voie de progrès pour les agriculteurs européens

Avec la multiplication des aléas climatiques, la profession met la priorité sur l’amélioration de l’outil assurantiel, dans le cadre du prochain règlement omnibus. Elle propose une baisse de la franchise de 30 à 20 % et le remplacement du principe de moyenne olympique par une référence de rendement maximal. Le commissaire s’y est déclaré favorable mais l’analyse financière est en cours pour en estimer la faisabilité. Michel Dantin, député européen, estime que pour y parvenir, il faut convaincre les autres états européens que l’assurance est « une voie de progrès pour les agriculteurs européens ». Afin de mieux anticiper les aléas et assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, la filière préconise la mise en place d’un observatoire du marché européen. « On ne peut plus continuer à naviguer à vue », constate Thierry Coste, président du groupe vin du Copa-Cogeca.

La viticulture est prête à répondre aux attentes sociétales notamment en matière de réduction des intrants. Pour Bernard Farges, président de la CNAOC, « la mutualisation des moyens permettra de nous adapter le plus vite possible. Nous avons besoin d’innovations sur le matériel viticole mais aussi sur le matériel végétal ». L’intégration de cépages résistants dans les cahiers des charges doit être facilitée et la reconnaissance de la certification française Haute Valeur Environnementale par l’Union Européenne serait un plus. Enfin, un grand plan européen, comparable au plan de lutte français contre le dépérissement de la vigne serait également une avancée. Boris Calmette, président de la CCVF, estime qu’il serait judicieux de pouvoir mobiliser les moyens du fond de mutualisation sanitaire et environnemental sur la prospection préventive dans le vignoble car, notamment en matière de flavescence dorée, c’est encore la prévention qui reste le moyen de lutte le plus efficace.

Antoine Herth - 5e circonscription du Bas-Rhin

Placer le débat au bon niveau

Vie professionnelle

Publié le 21/06/2017

Après ses études agricoles, Antoine Herth, s’installe en 1984 sur l’exploitation familiale d’Artolsheim. Il s’engage dans le syndicalisme jeune dans son canton puis gravit rapidement les échelons jusqu’au niveau européen. L’expérience syndicale aidant, il s’engage dans le combat politique.

Antoine Herth fait son entrée à l’Assemblée Nationale en 2002, à l’âge de 39 ans sous l’étiquette UDF, succédant à Germain Gengenwin. Réélu depuis assez largement sous l’étiquette UMP, il se trouve à l’issue du premier tour en ballottage favorable et l’emporte au final avec 54,14 % des voix, dans un face-à-face inédit avec un candidat d’Unser Land, Gérard Simler. Après ce résultat meilleur, selon lui, que ce qu’il pouvait espérer, Antoine Herth attaque son 4e mandat.

Lors des précédentes législatures, il est membre de la commission des affaires économiques, l’agriculture est son sujet de prédilection. Son premier mandat de député a notamment été consacré à des travaux sur le commerce équitable, le développement durable et les biocarburants. Il est également rapporteur de la loi d’orientation agricole en 2005 et auteur d’un rapport d’information sur les biocarburants en 2006. En 2008, il est rapporteur du projet de loi relatif aux OGM et auteur d’un rapport d’information sur la mise en œuvre de la loi d’orientation agricole. En 2010, il est auteur d’un nouveau rapport d’information, cette fois-ci sur l’application de la loi relative aux OGM. En avril 2011, il remet un rapport sur le biocontrôle au ministre de l'Agriculture. Il formule quinze propositions visant à la promotion d’une agriculture durable moins dépendante des produits chimiques, trouvant notamment écho dans le plan « Ecophyto 2018 ».

Ne pas reproduire les mêmes erreurs

Pour cette nouvelle législature, Antoine Herth souhaite que les erreurs de la précédente soient évitées. « Stéphane Le Foll a soudé sa majorité autour du concept d’agroécologie. Un concept fédérateur mais trop réducteur car il nie les problèmes économiques, les questions d’organisations de filières, les rapports entre producteurs et distributeurs. Et les différentes crises que nous avons vécues me donnent raison car c’est là que se trouvaient les points d’achoppement », analyse Antoine Herth. C’est pourquoi, il souhaite que cette nouvelle majorité puisse acquérir un minimum de connaissances sur la réalité de l’agriculture, qu’elle comprenne les ressorts de ce secteur d’activité et puisse ensuite se projeter. Les états généraux de l’alimentation devraient contribuer à cet objectif en prenant le temps d’analyser les choses « pour se comprendre et placer le débat au bon niveau ». L’alimentation est au cœur des préoccupations des Français. Il estime primordial d’aller parler à toute une partie de la population qui projette de gros fantasmes sur la production agricole, bien loin des réalités du terrain.

Aujourd’hui, il fait partie, dans cette assemblée qualifiée de « novice », des députés expérimentés, qui maîtrise parfaitement la machine parlementaire. Comme Frédéric Reiss, dans la 8e circonscription du Bas-Rhin, ils ne sont que 29 à avoir été réélus après un 3e mandat sur 49 qui se sont représentés. Et il ne reste plus que 50 députés ayant 3 mandats ou plus au compteur. Antoine Herth reste cependant loin encore du record de son collègue haut-rhinois Jean-Luc Reitzer (3e circonscription Altkirch, Saint Louis) qui fait partie des 3 députés les plus expérimentés de l’Assemblée, attaquant leur 7e mandat.

Proche de Bruno Le Maire, dont il avait soutenu la candidature aux primaires de la droite, Antoine Herth aura des entrées privilégiées auprès de ce Ministère hautement stratégique. Il se réjouit de cette nomination qui marque un changement de stratégie économique vers un soutien à la production plutôt qu’à la consommation, qui a jusqu’à présent largement contribué à accroître le déficit commercial et l’endettement. « Il faut aller chercher chaque point de croissance avec les dents par des réductions de charge, des simplifications administratives et changer la perspective de fonctionnement de notre administration du contrôle vers l’accompagnement. »

Se présentant comme « Macroncompatible », il ne rejoindra pas « le groupe LR-canal historique » de Christian Jacob mais le groupe des députés « constructifs ». Visant la commission des affaires économiques ou la délégation aux affaires européennes, il veut mettre son expérience à profit pour aider quand il le pourra mais aussi « dire la vérité lorsqu’elle sera désagréable ».

 

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