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Sophie Schwendenmann

Sophie Schwendenmann est directrice de publication de l'Est agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.

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Offre assurantielle de Groupama

L’assurance, filet de sécurité

Pratique

Publié le 18/05/2017

2016 a été une année économiquement difficile pour l’agriculture alsacienne. Sur la politique tarifaire, Rémy Losser explique que Groupama a choisi cette année de temporiser l’augmentation de tarifs estimant que ce n’est « pas rendre service que de bloquer les tarifs et puis de les rattraper par une forte augmentation l’année suivante ». Au niveau de la Caisse régionale, le rapport sinistre sur cotisation se fixe à 75 % soit une dégradation par rapport à 2015, où il était à 69,9 %. C’est principalement sur les risques auto et santé que le ratio se dégrade, mais surtout celui sur les risques climatiques qui passe de 130 à 190 %.

Mathieu Freysz, inspecteur technique agricole, a détaillé l’offre spécifique pour la clientèle agricole : Optimut (bâtiments agricoles), TMA (tracteurs et matériels agricoles) et service de remplacement. Le niveau de couverture pour les offres Optimut et TMA reflète de l’activité agricole des deux départements.

S’assurer pour se faire remplacer

L’offre service de remplacement par contre n’est pas encore complètement intégrée dans les besoins de couverture « automatique » et pourrait encore largement progresser sur l’ensemble de la région. Mais surtout, il existe un écart significatif entre les deux départements avec un rapport de 1 à 10 sur le nombre d’assurés. Or au-delà des 20 jours pris en charge par la Mutualité sociale agricole (MSA), la situation peut vite se compliquer pour un agriculteur qui doit faire face à un coup dur. Le président de la MSA, David Herrscher, précise que 20 demandes de dérogation ont été déposées cette année à la MSA, mais « on ne peut pas toujours faire de l’exceptionnel ». Il faut inciter les agriculteurs à couvrir ce risque. Pour Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin, il est important de redynamiser cette offre qui aurait pu répondre à des besoins concrets. L’installation est le moment clé où il faut inciter les jeunes à souscrire en rappelant qu’une année de cotisation coûte 177 € quand une journée de remplacement coûte 150 €.

Autre sujet largement débattu, l’assurance climat. Les chiffres montrent que les agriculteurs ont tendance à rebasculer en contrat grêle aux dépens de la multirisque climat du fait des mauvaises années et des rendements historiques en baisse. En vigne, 7 250 ha sont assurés soit la moitié du vignoble. Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, fait remarquer que lorsqu’on enchaîne les moyennes basses, l’intérêt de l’assurance diminue. Ce modèle assurantiel devra nécessairement évoluer car il montre au fur et à mesure des exercices climatiques difficiles ses avantages et ses faiblesses. Certains défendent l’idée d’une multirisque plus à la carte qui permettrait de prendre en compte les efforts des agriculteurs pour se protéger. En viticulture, comme le souligne Jacques Stentz, vice-président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), la réserve qualitative protège du risque ; pour les cultures, l’irrigation est également une forme d’assurance. Pour Rémy Losser, si l’idée est de bon sens, le risque est néanmoins d’aboutir rapidement « à une usine à gaz ». Et si un agriculteur irrigue, ses références historiques seront plus élevées et son indemnisation par conséquent également.

Olivier Larcher rappelle que pour être subventionnée, la MRC doit prendre en compte l’ensemble des aléas, ce qui exclut de fait les formules à la carte. Les aides jouent un rôle psychologique déterminant car pour Thomas Thuet, président de la Coopérative agricole de céréales (CAC), le compte pour l’instant sans aide n’y serait pas. L’État a un rôle à jouer sur le plan fiscal pour favoriser l’assurance car : « L’agriculteur doit pouvoir piloter sa trésorerie ».

De l’assurance climat à l’assurance chiffre d’affaires

Pour aller plus loin, Groupama réfléchit à une offre assurantielle qui intégrerait au risque climatique, le risque de fluctuation des marchés pour apporter concrètement à l’agriculteur « une assurance chiffre d’affaires ». Ce dispositif est actuellement en phase de test sur deux Caisses régionales et sera proposé dans le Grand Est à partir de 2018. Pour Jean-Paul Bastian, ce projet paraît idéal, toutefois il estime que « si on pousse l’assurance à fond, on va détricoter la Pac et le débat aura lieu désormais avec les assureurs privés. Il faut continuer à se battre pour une politique de marché. » Un point de vue partagé par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui craint que « les agriculteurs ne puissent plus s’y retrouver », dans la multiplicité des offres.

Quoi qu’il en soit, l’avenir de la MRC dépendra de sa capacité à s’amender vers un système plus vertueux et à convaincre les agriculteurs d’y souscrire suffisamment en nombre pour atteindre le point d’équilibre du risque, en passant d’un tiers d’agriculteurs français assurés à une couverture à 100 %. « Il faut balayer devant notre porte et ne pas créer nous-mêmes les conditions d’une impossibilité. Nous devons d’abord compter sur nous ! », estime Olivier Larcher. Le début de campagne 2017 démontre qu’une année climatique compliquée peut en cacher une autre…

Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Remettre le Civa au cœur du vignoble

Vigne

Publié le 24/01/2017

Didier Pettermann revendique un changement de stratégie à 180 ° : « On ne fera plus ce que nous conseille de faire telle ou telle agence. Mais on regarde de quoi nos opérateurs ont besoin et on met en place les outils pour y parvenir. » Le regard porté par le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) est à la fois critique et volontariste. Le mode de gouvernance, et notamment l’alternance de président tous les ans, a conduit peu à peu le Civa à s’éloigner de la réalité des opérateurs. « Les salariés se sont retrouvés parfois coupés des besoins du terrain et les élus se trouvaient contraints de valider des choix stratégiques sur lesquels ils n’avaient pas de grande marge de manœuvre. » Or il fait le constat que tous les opérateurs, quelle que soit leur famille professionnelle, « souhaitent vivre décemment de leur métier et pouvoir un jour transmettre leur entreprise. Et pour cela nous devons faire de la valeur ajoutée, c’est notre principal objectif. »

Le conseil de direction, centre névralgique

Pour servir cet objectif, Didier Pettermann s’est astreint pendant les quatre derniers mois avec Gilles Neusch, directeur adjoint, à construire un projet stratégique. Désormais la seule instance décisionnaire sera le conseil de direction ; fini le bureau stratégique. L’organisation interne est restructurée autour de trois pôles : marketing et communication, intelligence économique, recherche et développement. Ces trois pôles s’appuieront sur un travail en commission qui associera élus représentatifs et experts dans les domaines concernés. Ces commissions élaboreront la feuille de route des priorités du vignoble à court, moyen et long terme (lire encadrés).

À travers cette nouvelle organisation, Didier Pettermann souhaite améliorer l’efficacité technique et financière du Civa, en optimisant le fonctionnement à moyens budgétaires constants. Il souhaite également revoir la manière de coopérer avec les entreprises, les partenaires, les institutionnels. « Nous devons mieux communiquer et expliquer ce que fait le Civa. C’est pourquoi nous présentons nos actions depuis quelques mois dans la Revue des vins d’Alsace. Nous communiquerons également plus régulièrement dans la presse hebdomadaire : le Paysan du Haut-Rhin et L’Est Agricole et Viticole. Nous devons tourner la page et lever les crispations qui existent aujourd’hui dans le vignoble en redonnant tout son rôle à l’interprofession sans empiéter sur les champs de compétences des autres. » Bref, le président veut remettre l’église au centre du village et placer l’intérêt général du vignoble au-dessus des querelles. Un programme ambitieux à ne pas perdre de vue.

Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant

Les Crémants de France obtiennent gain de cause devant le Conseil d’État

Vigne

Publié le 16/12/2016

Après avoir gagné 33 des 36 recours contre les IGP effervescents au mois de mars 2015, la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant obtient une nouvelle fois gain de cause dans son action auprès du Conseil d’État pour défendre ses intérêts et sa vision du marché des effervescents par rapport aux IGP. Sur les 33 cahiers des charges précités, 8 ont fait valider un « cahier des charges - nouvelle version » par l’INAO et les Ministres de tutelle dès le mois de novembre 2015.

La Fédération des Crémants s’est opposée à cette validité en engageant devant l’INAO la procédure nationale d’opposition. N’ayant pas obtenu gain de cause auprès de l’Institut, elle a décidé une nouvelle fois de saisir la plus haute juridiction nationale pour faire entendre son point de vue. Ce qui est chose faite !

Le Président de la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant, le Jurassien Franck Vichet, qui vient d’ailleurs d’être reconduit dans ses fonctions à la tête de cet organisme en date du 6 décembre dernier, est ravi : « Évidemment nous sommes contents que le droit nous ait donné raison et nous sommes heureux d’avoir une nouvelle fois atteint quelque 90 % de nos objectifs en faisant annuler 7 des 8 cahiers des charges. Ce qui semble important et primordial pour nous, c’est en premier lieu d’éclairer le consommateur dans son acte d’achat et de ne pas jouer la carte de confusion avant tout. La ligne de conduite doit être claire, rigoureuse et pragmatique et respectueuse des usages et des traditions. Il n’est pas acceptable que l’on puisse produire une même IGP avec des conditions de production et d’élaboration qui varient à 180 degrés. Imaginez-vous qu’une même IGP puisse produire des vins et revendiquer son origine à partir de la méthode de la cuve close et de la méthode traditionnelle ? Nous sommes persuadés que le consommateur ne s’y retrouverait pas dans cette gamme déjà très large. Notre souhait réside dans un objectif d’éclairer le consommateur dans son choix et de respecter l’existant, ou de le faire respecter ».

Les Crémants de France, issus de huit régions que sont l’Alsace, Bordeaux, la Bourgogne, Die, le Jura, Limoux, la Loire et depuis peu la Savoie, sont en constante progression d’année en année. Ensemble, ces syndicats représentent l’équivalent de 80 millions de bouteilles commercialisées par an.

Gilles Neusch

Le premier jour du reste de sa vie

Vie professionnelle

Publié le 09/10/2016

Après un bref passage à la DDA de Guadeloupe et à la Chambre d'agriculture des Côtes-d’Armor, Gilles Neusch a gravi tous les échelons de la Chambre d’agriculture du Bas-Rhin où il est rentré en tant que conseiller technique à l’Adar du Kochersberg en 1997. Il a rejoint le siège à Schiltigheim en 2000 puis assumé la responsabilité du service filières végétales en 2007 avant de devenir directeur général adjoint en 2009, toujours armé d’un sourire aux lèvres.

André Jacob a salué sa compétence, sa discrétion et son efficacité, « de la technique au consulaire, du gestionnaire au politique ». Jean-Paul Bastian a souligné sa capacité à saisir des opportunités et nouer des partenariats, ce qui lui valut d’être en première ligne sur des dossiers majeurs tels que la création de la nouvelle Adar à Obernai, les Terres à l’envers ou la régionalisation des Chambres. Il a pleinement fait siens les objectifs politiques de faire de la Chambre d’agriculture « un outil proche des agriculteurs et ouvert » avec un volontarisme qui inspire Laurent Wendlinger à son sujet, rappelant une citation de Saint Exupéry : « Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent. »

Ce n’est qu’un au revoir, car effectivement Gilles Neusch ne part pas très loin. En spécialiste des filières végétales, il va désormais servir la viticulture alsacienne à la direction du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, dans un tandem avec Jean-Louis Vézien jusqu’à son départ en retraite. Homme de consensus et ambassadeur de l’agriculture alsacienne, Gilles Neusch devrait continuer à construire des ponts quelques années encore : entre l’agriculture et la viticulture, entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, entre familles professionnelles…

Wolfberger

Les Ambassadrices fêtent leurs 25 ans d’existence

Vigne

Publié le 20/06/2016

Cet anniversaire marque 25 années de rencontres, d’échanges, de partage, d’amitié et de complicité que la présidente d’honneur, Chantal Stentz, a su maintenir depuis un quart de siècle. Le groupe de dames, après avoir traversé la Suisse, a posé ses valises dans la très belle région d’Aoste. Avec la collaboration d’un guide local, elles ont visité cette charmante ville avec   des monuments romains et médiévaux, la Porta Pretoria, son théâtre romain, les ruines de l’amphithéâtre et le forum romain, la cathédrale et la superbe collégiale. Puis ce fut la découverte de la vallée de Cogne avec ses chutes d’eau à Lillaz et la maison des dentellières.

Les viticultrices ont également sillonné le vignoble dans la région, et ont été chaleureusement accueillies dans un domaine viticole atypique à Aymavilles. Un circuit dans ce vignoble et la visite des installations ont permis de comprendre les conditions de travail et les problèmes liés à cette région. Une très belle dégustation a rehaussé cette visite dans une excellente ambiance.

La visite du château de Fenis, l’un des plus beaux de la vallée, a complété ce séjour avant le retour en Alsace par les Alpes. Les Ambassadrices de Wolfberger ont depuis assisté au 40e anniversaire de la marque Wolfberger, célébrant par la même occasion l'anniversaire du crémant d’Alsace, et organisé leur sortie pédestre dans le secteur de Scherwiller et du château de Ramstein.

Copvial

Bigard se positionne

Élevage

Publié le 16/06/2016

Le « numéro un de la filière viande en France » se positionne sur le dossier Copvial. L'administrateur judiciaire, Me Claude Maxime Weil confirme que l'abatteur a transmis une lettre d'intention de reprise pour le site d'Holtzheim. Cette option permettrait le maintien d'une filière locale d'abattage bovin et porcin. Toutefois, les détails du plan de reprise sur l'aspect social ne sont pas encore connus et devraient être précisés dans les jours qui viennent.

En attendant que la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg valide l’offre de reprise, l’abattoir continue son activité et les modalités de livraison et de paiement des animaux en cours se poursuivent. Les animaux livrés pour être abattus à Holtzheim continueront à être réglés à J+10 par l’administrateur judiciaire.

 

Rencontres annuelles Groupama

Mieux vaut prévenir que guérir

Vie professionnelle

Publié le 09/05/2016

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, est revenu en préambule sur les résultats du groupe (lire en page 7 de notre édition du 1er avril), qui conforte actuellement ses positions stratégiques par son partenariat entre Orange et Groupama banque. Cette opération devrait porter le nombre de clients de Groupama banque de 500 000 à environ 2 millions. « Groupama va devoir investir pour accompagner le développement de cette structure et va bénéficier de la technologie Orange sur les moyens de paiement », notamment sur le marché international. Au niveau régional, Groupama Grand Est recense 405 000 clients et 189 agences. C'est un acteur important de l'économie locale qui réinjecte par l'accompagnement des sinistres chaque année 400 millions d'euros, qui retournent vers les entreprises et les artisans.

Leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans

Pour un assureur, les meilleurs sinistres sont ceux qui sont évités. La prévention est un enjeu essentiel, comme l'a rappelé Olivier Larcher, directeur général, à travers quelques chiffres. 3 500 personnes meurent chaque année sur les routes en France : ce sont pas moins de 2 500 sinistres corporels par an dans le Grand Est. 11 millions d'accidents domestiques sont répertoriés chaque année et sont à l'origine de 20 000 décès par an, soit la troisième cause de décès : c'est un sujet sous-estimé « auquel on doit s'attaquer notamment auprès des jeunes ». Enfin, on recense 270 000 incendies par an, à l'origine soit de travaux (soudure, meulage), de cigarettes ou de défauts d'installation.

Sébastien Court, responsable de la prévention, a rappelé que Groupama était leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans. Précurseur sur les opérations de sensibilisation à la conduite responsable dans les écoles avec l'opération 10 de conduite jeunes en partenariat avec la gendarmerie qui permet de former 2 000 élèves par an sur les 12 départements de Grand Est. Dans les lycées agricoles et les maisons familiales, Groupama organise depuis 40 ans le 10 de conduite rurale. Fort de cette expérience, l'assureur organise également des stages de conduite à l'attention des jeunes, des seniors, des entreprises et des collectivités. Ce sont des formations théoriques et pratiques pour préparer à la conduite en conditions difficiles mais également pour favoriser les réflexes d'écoconduite.

Les conseillers de Groupama sont également présents sur site en entreprises et collectivités pour faire de l'analyse de risque en prévention sur les questions d'incendies, de protection contre le vol et la malveillance, les risques environnementaux et sur des nouvelles problématiques, notamment en agriculture comme les installations photovoltaïques et de méthanisation. En Alsace, la prévention est une priorité. Rémy Losser a rappelé que les Caisses locales organisaient de nombreuses réunions de formation et d'information, notamment sur l'utilisation des extincteurs, car « ce n'est pas tout d'en avoir, encore faut-il savoir s'en servir en cas de besoin ! » Groupama a mis en place les jokers de la route, pour convoyer notamment au retour de manifestations les personnes en toute sécurité. Enfin Joseph Ehrhart signale une initiative pilote expérimentée dans le Haut-Rhin avec la Caisse d'assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin : la création de bâche clignotante à apposer sur les remorques pour sécuriser les convois agricoles contraints de circuler sur des axes dangereux en période de récolte. Cette bâche a un coût de 150 € ; la CAAA du Haut-Rhin et Groupama rembourseront 50 € aux 200 premiers acquéreurs. Enfin Groupama soutient avec le SDIS l'opération de prise en charge de dix jours de service de remplacement pour tout agriculteur engagé comme sapeur-pompier volontaire.

Les objets connectés, les nouveaux amis de la prévention

La prévention bénéficie des apports technologiques des objets connectés. Et là tout reste à faire et à inventer… mais déjà dans l'automobile, il est désormais possible de détecter les pannes, de localiser les voitures volées et d'analyser les pratiques des conducteurs. Ainsi la Caisse régionale est pilote sur le projet « Groupama on board », une assurance pour jeune conducteur qui, par une application, enregistre les pratiques au volant, génère un score, propose des modifications de comportements à adopter pour améliorer sa conduite et se traduit par une réduction de prime jusqu'à 35 % sur la cotisation. 

Dans les maisons, ces petits objets peuvent prévenir du vol mais aussi des incendies. Ainsi la « box habitat » de Groupama permet de sécuriser son domicile. Et pour la santé des personnes, ces objets permettent d'observer le bon suivi d'un traitement, d'alerter en cas de problème et ainsi de favoriser le maintien à domicile : Groupama propose d'ores et déjà une montre connectée pour les seniors et les travailleurs isolés qui fonctionne comme une balise de détresse. Les nouvelles technologies doivent aussi faciliter la vie. Ainsi Groupama teste une assurance ultra-simple destinée aux étudiants, à souscrire sur smartphone en quelques clics pour assurer son habitat. Ou encore pour les exploitants agricoles, la perte de production d'herbe peut être assurée en ligne en identifiant les parcelles avec les données satellites. 

Redressement judiciaire de Copvial SA

Lundi noir pour l'élevage alsacien

Élevage

Publié le 27/04/2016

Les dettes se sont accumulées à l'abattoir de Holtzheim, la crise de l'élevage et la suspension des cotations au marché au cadran ayant provoqué un effondrement des cours. La perte de débouchés avec la disparition de Coop Alsace et l'acquisition de l'usine de Reichstett n'ont pas arrangé les choses. La gestion de la crise aurait empêché les dirigeants du groupe Copvial de s'atteler de manière efficace au démarrage de cette activité de transformation. Mais pendant ce temps, il fallait continuer à payer les salaires, le rachat de cette activité s'étant accompagné d'une reprise du personnel. Bref, le déficit s'est creusé au fil des semaines pour arriver à la cessation de paiement fixée a posteriori au 31 mars 2016.

Un audit a été commandité mais ses conclusions sont restées confidentielles. Un expert a été mandaté fin mars, Michel Maire, spécialisé dans la gestion des outils d'abattage. C'est lui qui aujourd'hui est à la manœuvre pour sauver l'outil au côté du mandataire judiciaire.

Concrètement, le placement en redressement judiciaire de la SA, présidée par Jean-Claude Helfer, ce lundi, ne signifie pas la cessation d'activité. C'est le début d'une période d'observation de six mois avec un renvoi pour examen au tribunal le 20 juin prochain, sous l'égide d'un administrateur judiciaire, Me Claude-Maxime Weil, et d'un mandataire, Me Fabienne Jenner, pour représenter les créanciers. À ce stade, Me Weil considère qu'« un plan d'apurement du passif ne sera pas suffisant pour redresser la situation et que la solution passe par un repreneur, local ou extérieur à la région ». Il affirme que des pistes sérieuses sont à l'étude. « Les éleveurs doivent impérativement continuer à livrer, d'une part parce que le paiement à compter du 25 avril leur est garanti et d'autre part, parce qu'il faut préserver la cohésion et l'esprit coopératif pour pérenniser la filière jusqu'au jugement du 20 juin », date à laquelle pourrait intervenir le repreneur. Les modalités (règlement des éleveurs par la SA ou la coopérative) et les délais sont toutefois encore à l'étude juridiquement et devraient être précisés fin de semaine, confirme Michel Maire, pour qui la situation doit être rapidement clarifiée.

Garder les clients

Car pour l'expert, « tout doit être mis en œuvre pour honorer les commandes de nos clients dans l'attente d'un repreneur en recherche de capacité et qui pourrait apporter du chiffre d'affaires nouveau à l'entreprise. Les commandes partent tous les jours, aussi est-il difficile pour l'instant de mettre en place des mesures de chômage technique. Aujourd'hui, ce qu'il faut faire, c'est assurer qu'il y ait le moins possible d'évaporation de clients et faire fonctionner la chaîne. »

« Pour les livraisons qui ont été faites avant le 25 avril, la situation est gelée pour l'instant, il faudra trouver une solution ultérieurement. » précise encore Me Weil. Dans ce type de procédure, la priorité des créanciers se fait dans l'ordre suivant : salariés, dettes fiscales et sociales, les fournisseurs arrivant en dernier.

Si globalement quatre semaines de livraison de bétail n'ont pas été réglées, l'entreprise a également accumulé des dettes sociales, notamment auprès de la Caisse d'assurance-accidents agricole et de la Mutualité sociale agricole. La MSA avait mis en place un échelonnement du paiement des cotisations patronales fin décembre pour l'aider à passer ce cap difficile. Ce coup de pouce n'a pas suffi. David Herrscher, son président, regrette « une prise de conscience beaucoup trop tardive » des responsables de l'entreprise de la gravité de la situation. « Copvial, c'est 650 producteurs concernés, mais également plus de 200 salariés. » (Ndlr : 112 à Holtzheim et 78 à Reichstett).

Quoiqu'il arrive, la MSA se tient prête. Christelle Jamot, directrice de la MSA, confirme que le conseil d'administration souhaite la mise en place d'un plan d'accompagnement des éleveurs dans l'hypothèse où ils devraient assumer des retards de paiement qui tendraient un peu plus les trésoreries. Elle espère pouvoir travailler avec le mandataire pour identifier au plus vite les éleveurs concernés ; ces derniers peuvent également directement se manifester auprès de la MSA. Concernant les salariés, le paiement de leurs salaires et leurs droits sociaux sont garantis pendant la période d'observation. La MSA se prépare également à accompagner au mieux les salariés pour les rassurer sur leurs droits.

Du côté du Crédit Agricole, on anticipe également pour faire face à tous les scénarios. « Nous ne pourrons pas régler tous les problèmes mais nous aiderons les éleveurs à régler leurs échéances à court terme » assure Henri Buecher, président de la Caisse régionale Alsace Vosges. Thomas Dutot, responsable du marché de l'agriculture, précise que tout sera mis en œuvre pour faire face aux impasses de trésoreries qui seraient liées au dossier.

La coopérative n'est pas en cessation de paiement

Pour la coopérative Copvial, l'enjeu est de préserver un outil de collecte, au service des éleveurs. Jean-Louis Siegrist, son président, tient à rassurer les éleveurs : « La coopérative n'est pas en cessation de paiement, elle continue d'assumer son rôle, la collecte des animaux et les services techniques. » Rappelons que le groupe Copvial n'est pas propriétaire des locaux de l'abattoir de Holtzheim, qui a été racheté par les membres de la SCI Synergie lors d'un précédent plan de crise, il y a une dizaine d'années ; la SCI rassemble Groupama Grand Est, Crédit Agricole et le Comptoir agricole.

Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, la priorité est de connaître au plus vite la situation exacte et de savoir comment les éleveurs vont pouvoir être payés. « Il est primordial que l'administrateur donne des garanties sur le paiement des éleveurs pour assurer la continuité de l'abattoir. L'Alsace doit garder des outils, pour organiser une filière totale de viande bovine et porcine du producteur au consommateur. Le juridique va dicter un certain nombre de choix pratiques mais tous les partenaires sont d'accord sur les enjeux à défendre, pour maintenir un outil de transformation proche du bassin de production, répondre aux attentes sociétales sur un approvisionnement de proximité et le bien-être animal sans oublier les salariés et leur famille. » Un point de vue partagé par Thomas Gillig, président des Ja 67. Il estime que le maintien d'un outil de transformation est vital pour la pérennité des débouchés notamment dans la filière porcine où de nombreux jeunes sont installés. « Il faut également des perspectives pour débloquer des dossiers d'installation qui sont actuellement dans les cartons. » Les FDSEA du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la Chambre d'agriculture d'Alsace et la Copvial organiseront dans les prochains jours une réunion d'information à l'attention des éleveurs avec d'ici là des réponses concrètes sur la question du paiement. Toute la profession agricole est mobilisée, et « nous ferons tout pour trouver des moyens pour aider les éleveurs », précise Franck Sander. La Chambre d'agriculture propose d'ores et déjà aux éleveurs un accompagnement technique et économique, annonce Laurent Wendlinger, son président (lire encadré). 

Cet outil d'abattage est, selon les spécialistes, vital pour la filière porcine alsacienne. Car si les gros bovins peuvent être acheminés vers les abattoirs les plus proches dans le Grand Est, il n'en va pas de même pour les porcs, plus sensibles au stress durant le transport. Certains éleveurs de porcs ont cependant déjà exploré d'autres pistes, comme l'abattage en Allemagne. Cette situation pourrait générer une réflexion générale sur les filières d'abattage dans le Grand Est, selon Patrick Bastian, conseiller régional. Car Holtzheim n'est pas le seul abattoir qui doit revoir son positionnement. Ce problème local s'inscrit dans un contexte national délétère pour les abattoirs où à la crise de l'élevage, s'est ajoutée une crise morale sur le bien-être animal.

Journée internationale des droits des femmes

Faire bouger les lignes

Vie professionnelle

Publié le 09/03/2016

Mardi 8 mars, la parité n’était pas de mise à la préfecture de Région puisque le préfet accueillait 28 femmes à dîner, illustrant la diversité de l’engagement dans le monde agricole : exploitantes, élues, fonctionnaires, scientifiques, militantes syndicales ou bénévoles dans le secteur associatif, épouses, mères, des casquettes qu'elles portent souvent tour à tour au cours d'une même journée comme autant de jobs à plein-temps. 28 femmes de 30 à 75 ans, ce sont autant de parcours personnels et professionnels avec « pour point commun un fort attachement à leur territoire ».

Les femmes en agriculture, c’est aujourd’hui 30 % des chefs d’exploitation mais derrière un homme agriculteur, il y a aussi souvent une femme qui prend sa place dans la conduite de l’exploitation familiale, « de la traite au ministre des Finances ».

Les femmes apportent un regard différent sur le métier. Ce sont souvent elles qui apportent une certaine stabilité au ménage avec une source de revenu complémentaire en travaillant à l'extérieur ou en créant de la valeur ajoutée par un atelier de transformation, en allant vendre sur les marchés, en ouvrant un gîte ou des chambres d'hôtes…

Les femmes, dans le monde agricole comme ailleurs, sont déterminées et entières. Elles affrontent les préjugés de leur génération, de l'époque où il n’y avait pas de place pour une fille dans l’exploitation familiale à la prise de responsabilité dans des cercles très masculins. Le monde agricole n'est ni plus ni moins macho qu'ailleurs. Les femmes s'y imposent progressivement, gagnant petit à petit leur place notamment dans les organisations représentatives où elles sont encore largement sous-représentées. Et comme ailleurs, la principale différence entre hommes et femmes réside dans cette présomption d'incompétences qu'elles doivent combattre en permanence alors que les hommes s'accordent généralement une présomption de compétences… Combien d'heures passées par ces élues à préparer leurs dossiers avant les réunions alors que certains de leurs collègues masculins n'avaient même pas lu le compte rendu avant la réunion ? Les femmes doivent démontrer leurs capacités avant de gagner la confiance et gravir les échelons. Et de remarquer que le chantier était encore ouvert pour le bureau de la nouvelle chambre de la grande région Alsace Champagne-Ardenne, Lorraine…

Déterminées et passionnées

Les femmes sont déterminées et passionnés ; elles aiment transmettre l'amour de leur métier, leur passion, à leurs clients, à leurs enfants, à leurs mandants. Elles sont des militantes engagées, dans le syndicalisme, dans des missions d’intérêt général, dans le secteur associatif.

Mais Nathalie, Suzanne, Christiane, Danielle, Claire, Katia, Éliane, Frédérique, Doris, Denise, Jacqueline, Mélanie, Sylvia, Clarisse, Marie-Anne, Marthe, Christine, Alix sans oublier Danièle, Nouria, Françoise, Sophie-Anne, Viviane et Odile ne seraient pas ce qu'elles sont sans la confiance de ceux qui croient en elles. Des hommes : leurs pères, leurs maris et plus largement leur famille et amis, qui par la confiance accordée, leur donnent les ailes nécessaires pour mener tous ces combats.

Ferme Vogelgesang à Dorlisheim

Du pragmatisme mais pas de promesses

Élevage

Publié le 05/05/2015

Principale annonce de cette visite, le ministre a confirmé que « la quasi-unanimité des 29 propositions formulées dans le rapport Bastian devrait être retenue par le gouvernement d'ici la fin du mois de mai ». Jean-Paul Bastian, président de la Cara, s'était vu confier une mission sur les contrôles dans les exploitations agricoles aux côtés de Frédérique Massat, députée de l’Ariège et Simone Saillant, directrice départementale des territoires du Loiret. Ces propositions visent notamment à clarifier, simplifier et stabiliser le cadre réglementaire, rechercher un allégement de la pression et améliorer la préparation et le déroulement des contrôles sur place.

Les responsables des OPA ont profité de ce déjeuner à la ferme pour rappeler au ministre leurs principaux sujets de préoccupation. Jean-Paul Bastian a souligné l'amertume alsacienne sur le budget de la Chambre d'agriculture, qui s'est vu tour à tour prélevée sur son fonds de roulement, baissée son imposition et intégrée dans une grande région qui nécessite une réorganisation complète. Un comble alors qu'elle avait fait le choix de construire quelques mois auparavant une Chambre régionale, engageant ainsi une forte restructuration. Conscient des efforts engagés, le ministre a précisé que la Cara serait prioritaire sur le fonds de péréquation, où sera pris en compte le travail réalisé.

L'Alsace a fait ses propositions concernant la mise en œuvre du 2e pilier de la Pac. Mais le plan proposé n'est à cette heure toujours pas validé. Jean-Paul Bastian souhaite que la dynamique de la politique d'investissement agricole ne soit pas cassée par des lenteurs administratives. Stéphane Le Foll a précisé que ces plans régionaux étaient en cours de validation à Bruxelles. Néanmoins, il a assuré que sur l'ensemble des politiques transversales, comme l'installation, l'État assurait la période transitoire pour ne pas freiner les projets. « En tout état de cause, les plans devraient être validés avant fin juin. »

Dégager du stockage ce qui peut l'être

Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin, est revenu sur un sujet préoccupant la filière depuis de nombreux mois : la directive nitrates, « vieux serpent de mer ». Il souhaite là aussi que les bons élèves ne soient pas punis. Certaines communes, où les résultats des premiers plans ont donné des résultats positifs, doivent sortir de la zone vulnérable afin que les efforts importants fournis par les agriculteurs sur le terrain soient récompensés. En outre, il a redemandé à ce que les périodes d'épandage puissent être revues pour permettre l'épandage avant l'implantation des blés en automne.

D'un point de vue agronomique, le climat continental alsacien ne permet pas un épandage optimal au printemps, quand les sols sont gorgés d'eau. Par ailleurs, la mise aux normes sur les capacités de stockage avant octobre 2016 paraît intenable, surtout compte tenu de la conjoncture délicate de l'élevage bovin en ce moment. Sur la délimitation des zones, le ministre retient la notion de bassins démographiques plutôt que celle de limites communales, qui intègrent parfois d'énormes surfaces non concernées. Mais Stéphane Le Foll n'a pas caché son pessimisme quant à la possibilité de revoir les périodes d'épandage. Il croit plutôt dans la possibilité de mettre en place des dérogations à titre expérimental en cas de couverture continue des sols. Il est également favorable au fait de « dégager du stockage tout ce qui peut l'être » comme le fumier dit pailleux, ou les volumes destinés à la méthanisation pour limiter l'augmentation des volumes de stockage.

« Personne ne perdra de DPB »

Denis Ramspacher, président de la FDSEA du Bas-Rhin, est revenu pour sa part sur les conséquences de la réforme de la Pac pour la ferme Alsace, où les exploitations, notamment en plaine, vont subir une forte baisse de leurs subventions. Cette baisse intervient dans un contexte où les trésoreries ont déjà été mises à mal par la faiblesse des prix des produits agricoles. Le ministre a reconnu que pour les exploitations moyennes, « ça peut poser problème ! ». Denis Ramspacher est aussi revenu sur les nombreux changements qui interviendront dans la déclaration Pac 2015. Il va falloir mettre les bouchées doubles pour accompagner tout le monde, notamment dans le Bas-Rhin, qui passe cette année au 100 % TéléPac. Les nouvelles cartographies laissent perplexes. Pourquoi avoir fait depuis des années des corrections pour améliorer la cartographie et repartir cette année à zéro, sans que tout soit conforme vraisemblablement ?

Le ministre a rappelé l'historique du contentieux qui a poussé la France à revoir cette cartographie. « Alors que Bruxelles estimait à 3 % les écarts de surfaces admissibles, nous sommes finalement arrivés à 0,5 %. » Le président de la FDSEA du Bas-Rhin a alerté sur les risques de pertes de DPB en cas de changement juridique des structures d'exploitations. Un point sur lequel le ministre s'est voulu rassurant. Le transfert se fera, y compris « de fermier à fermier » en cas de transmission d'exploitation. « Personne ne perdra de DPB ! ». Enfin, sur les prairies temporaires, les professionnels ont alerté le ministre sur le problème de changement de classification de ces prairies, notamment par rapport aux obligations de mise en œuvre des trois cultures. Le risque de retournement de ces prairies est réel, et cela va à contresens des objectifs de verdissement.

Thomas Gillig, président des JA 67, a déploré que les propositions faites suite aux assises de l'installation par les JA sur l'accompagnement technico-économique des jeunes n'aient pas été validées par la Commission européenne. Un point de vue partagé par le ministre, qui néanmoins estime que ce dossier peut être revu. Paul Fritsch, président de la Coordination rurale, a demandé au ministre la mise en place du pluralisme au niveau des conseils des coopératives. Un point sur lequel le ministre est resté réservé puisqu'une coopérative est une entreprise. Difficile de s'immiscer dans sa gouvernance ; « ce n'est pas la même chose qu'une Chambre consulaire ou une interprofession ».

Enfin, pour la viticulture, Jérôme Bauer a expliqué par un exemple concret les risques de détournement de notoriété de l'AOC Alsace par les vins sans indication géographique, produits à partir de cépages historiques alsaciens et vendus dans des flûtes alsaciennes (lire en page 36). Il a en outre présenté le projet Repère avec Jean-François Lallemand, président du syndicat viticole de Westhalten, qui entre dans les objectifs d'agroécologie. Ils ont convié le ministre à venir sur place pour découvrir ce projet de partage de connaissance ascendant pour améliorer les pratiques culturales, porté par le syndicat viticole et qui pourrait s'étendre plus largement aux communes avoisinantes. 

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