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Sophie Schwendenmann

Sophie Schwendenmann est directrice de publication de l'Est agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.

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Millésime 2019

Les vendanges démarrent mercredi 4 septembre en Alsace

Vigne

Publié le 02/09/2019

Lundi 2 septembre, lors de son assemblée générale, l’Association des Viticulteurs d’Alsace a défini la date d’ouverture des vendanges pour ce mercredi 4 septembre pour le Crémant d’Alsace. Les vignerons pourront démarrer la récolte des raisons pour les vins tranquilles à compter du jeudi 12 septembre. Sur la question des rendements, les vignerons ont décidé de maintenir les rendements à 80 hl/ha à la quasi-unanimité. Ces propositions doivent être validées par le Comité Régional de l’INAO.

Coopération

Coop de France Grand Est officiellement créée

Vie professionnelle

Publié le 19/04/2019

Coop de France Grand Est est née officiellement le 12 avril à Épernay. La Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne (Fcvc) a en effet ratifié à son tour sa fusion avec Coop de France Lorraine, l’Union régionale des groupements de producteurs d’Alsace Lorraine (Urgepal), Coop de France Alsace et Coop de France Champagne-Ardenne.

Fusion-absorption

L’opération consiste en une absorption par la Fcvc des quatre autres fédérations, après dissolution sans liquidation, l’ensemble se fondant dans une seule structure : Coop de France Grand Est, avec effet rétroactif au 1er janvier 2019. La gouvernance s’instaure autour d’un conseil d’administration de douze membres dont la présidence a été confiée à Sylvain Hinschberger, agriculteur meusien, vice-président de Vivescia, et préfigurateur de la nouvelle structure.

 

 

Sylvain Hinschberger, agriculteur et membre du Bureau de @Vivescia a été élu Président de @CoopdeFrance Nord-Est. pic.twitter.com/q92H3pDqqx

— Coopération Agricole (@lacoopagricole) 15 juin 2016

 

 

Les objectifs qui ont présidé à ce rapprochement, en préparation depuis plus de deux ans, se situent dans la complémentarité des missions exercées sur des filières ou des secteurs géographiques différents. Toutes se reliaient à Coop de France nationale. La nécessité de disposer d’une organisation représentative pour peser sur la région Grand Est, mais aussi sur le niveau national, s’est imposée. Le rapprochement des filières agricoles et viticoles est aussi ressorti de cette volonté commune.

Trois pôles seront créés : animal, viticole et végétal, avec la mise en place de sections dans les deux premiers et la désignation de délégués au conseil d’administration. Le siège social de Coop de France Grand Est est confirmé à Laxou, sur le pôle agricole régional. Deux antennes sont situées sur la route du vin à Beblenheim dans le Haut-Rhin et avenue de Champagne à Épernay. Alexandrine Legras-Populus, la directrice de la Fcvc devient directrice de Coop de France Grand Est.

Treize collaborateurs

La nouvelle fédération régionale de la coopération disposera de treize collaborateurs, dont quatre juristes, trois spécialistes des affaires sociales et trois animateurs du service production et agroalimentaire. « L’intérêt de coordonner les services rendus aux adhérents, en mutualisant les ressources, en pérennisant l’existant et en créant de nouveaux services », justifie Alexandrine Legras-Populus.

Sylvain Hinschberger incite ses mandants à être les acteurs de cette évolution, argumentant sur le fait que beaucoup de sujets dépassent désormais les stricts contours géographiques ou ceux des métiers de base. Il indique vouloir travailler sur le rôle et le statut des administrateurs par la formation. Un objectif qu’il s’est fixé, considérant que les États généraux de l’alimentation ont traduit une forme de suspicion envers la transparence à l’intérieur des coopératives. La nouvelle entité Coop de France Grand Est revendique son rôle de porte-parole de 260 entreprises regroupant plus de 56 000 adhérents sur dix départements. Ces coopératives disposent de plus de 11 250 salariés et pèsent économiquement l’équivalent d’un chiffre d’affaires consolidé d’environ 14,4 milliards d’euros.

 

Texte : Jean-Luc Masson

Oui à la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique

Vie professionnelle

Publié le 25/03/2019

À l’heure de la globalisation induite par le marché numérique, l’existence et la défense d’un paysage culturel et médiatique libre, indépendant et pluraliste, sont indispensables à l’exercice et au renforcement de la démocratie européenne.

Cet objectif ne peut être atteint qu’à condition que ceux qui créent et financent les contenus ne soient pas dépossédés de la valeur qu’ils génèrent par les acteurs technologiques.

C’est ce que garantit, à l’image de l’ensemble des actions ambitieuses en faveur de la culture constamment portées par l’Europe, la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique que nous vous appelons à adopter.

Ce texte prévoit notamment la création d’un droit voisin pour les éditeurs et les agences de presse, une avancée fondamentale pour l’avenir de la presse européenne, dans toute sa diversité, et la qualité de l’information qu’elle produit.

Face à la prolifération des fausses informations, autant attentatoires aux droits des personnes qu’aux fondements de nos sociétés, nos médias constituent un repère fiable en permettant à chacun d’accéder à une information de métier.

C’est une chance pour nos démocraties que la numérisation de la presse ait conduit à doubler son lectorat en se retrouvant sur tous les canaux de diffusion. Mais la valeur que les plateformes numériques captent de la circulation des contenus de presse doit être redistribuée équitablement entre tous les acteurs.

C’est l’objet même du droit voisin de protéger l’investissement, de permettre un rééquilibrage du partage de la valeur entre la presse et des plateformes souvent monopolistiques et de consolider le droit d’auteur des journalistes.

La création d’un droit voisin constitue un moment décisif pour la presse de métier et indépendante. La juste rémunération de ce droit permettra aux éditeurs et aux journalistes de poursuivre leur mission d’information de tous les publics avec fiabilité et rigueur.

L’avenir d’une Europe culturelle et médiatique pluraliste, pérenne et indépendante est entre vos mains. Adoptez la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique ! #YES2COPYRIGHT

Élections Chambre d’agriculture Alsace

Les salariés agricoles appelés aux urnes

Pratique

Publié le 17/01/2019

Sur la région Alsace, le collège des salariés est le deuxième collège en nombre d’électeurs avec 9 186 électeurs pour la production agricole et 5 183 électeurs pour les groupements professionnels agricoles, loin derrière celui des anciens exploitants qui représentent 17 113 électeurs mais devant celui des exploitants qui représentent 7 923 votants.

En nombre de sièges, le collège des salariés bénéficie de 6 sièges dans chaque département sur un total de 33, avec 3 membres représentant des salariés de la production agricole (collège 3a) et 3 des salariés des groupements professionnels agricoles (collège 3b). Il représente ainsi 18,2 % des élus de la Chambre. À noter, un mode de scrutin mixte, tout comme pour le collège des chefs d’exploitation : la liste majoritaire obtient la moitié des sièges et les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. Les autres collèges appliquent quant à eux le scrutin majoritaire à un tour.

Qui vote alors dans les deux collèges des salariés ? Le premier collège (3a) concerne les salariés de la production agricole, affiliés aux assurances sociales susceptibles de relever d’une convention collective de la production agricole ; le second (3b) rassemble les autres salariés appartenant à des groupements professionnels agricoles.

Lors des précédentes élections de la Chambre d’agriculture en 2013, ce sont les élections de ces deux collèges qui étaient les plus concurrentielles avec cinq listes dans les deux départements. Huit sièges étaient alors à pourvoir dans chaque département. N’ayant mobilisé qu’un tiers des inscrits, les taux de participations des collèges 3a et 3b étaient bien inférieurs à celui des chefs d’exploitation qui était de 55 %, ou encore des 93,95 % de coopératives agricoles, observés dans toute la France. Cette année, tout l’enjeu des syndicats est donc de mobiliser les salariés autour de cette élection.

En 2019, la concurrence est plus forte encore puisque quatre syndicats ont monté sept listes dans le Bas-Rhin, et cinq syndicats se sont placés avec huit listes dans le Haut-Rhin. Les listes CFDT : FGA, CFE-CGC, CFTC-AGRI et CGT sont présentes dans toute l’Alsace, tandis qu’une liste Force Ouvrière 68 se propose également aux électeurs du Haut-Rhin. On note toutefois l’absence de l’UNSA Agriculture, présente en 2013.

Liste CFDT : FGA vos avancées sociales : c’est nous !

« La CFDT est la première organisation syndicale de France. Et depuis 12 ans, notre organisation siège à la Chambre d'agriculture pour représenter les salariés, que ce soit dans le Haut-Rhin ou le Bas-Rhin », rappelle Mario Troestler, tête de liste de la CFDT : FGA pour le collège 3b du Bas-Rhin. « Nous défendons le pouvoir d’achat des salariés par la hausse des salaires, leur protection sociale, l’amélioration des conditions de travail, l’égalité entre les hommes et les femmes », décrit Mario Troestler. Mais la CFDT : FGA - et c’est plus original - a aussi la volonté de porter la vision des salariés sur des dossiers « trop souvent agricolo-agricoles », comme l’élevage, la viticulture, l’environnement, le maraîchage. « C’est ainsi que nous avons porté en session Chambre une motion contre la banalisation des AOC en viticulture, car nous estimons qu’autoriser la production de gewurztraminer dans d’autres régions viticoles met en péril l’emploi des salariés de la viticulture en Alsace. » Autre volonté de la CFDT : FGA : faire changer le regard des employeurs sur les salariés agricoles, « pour qu’ils ne soient plus considérés comme une charge mais comme une valeur ajoutée, ce qui doit contribuer à donner de l’attractivité aux métiers de l’agriculture ». Pour cela, la CFDT : FGA s’attache à présenter des candidats issus d’horizons très différents, et à les former. Il conclut : « La Chambre d'agriculture est la seule chambre consulaire où siègent des salariés. Il s’agit d’une chance à ne pas galvauder. »

Liste CFE - CGC

La CFE-CGC souhaite pérenniser l’emploi salarié, développer la qualification par la formation et valoriser les métiers de l’agriculture. « Nous comptons le faire avec nos valeurs. À savoir : placer tous les salariés au cœur de l’entreprise et de ses stratégies, faciliter et reconnaître les compétences professionnelles et favoriser un dialogue social responsable, gage d’avenir pour les salariés et les entreprises. Nos cinq engagements principaux sont clairs. Nous voulons affirmer le rôle de la coopération et du mutualisme dans la filière agricole et agroalimentaire. Nous voulons agir afin que nos entreprises du secteur agricole restent les moteurs de la ruralité dans nos territoires. Nous voulons amplifier la reconnaissance et la place des salariés dans le monde agricole. Nous voulons permettre le développement économique et la compétitivité des entreprises agricoles. Et nous voulons favoriser la synergie entre les acteurs du secteur agricole », explique Chantal Stentz de Wettolsheim. Marc Schneider, élu sortant de Wuenheim, rappelle l’attachement de la CFE-CGC à la Chambre d'agriculture. « Nous sommes solidaires des travaux menés jusqu’à présent à la Chambre. Ils sont partagés avec les salariés. Globalement, nous avons été assez actifs les mandats précédents. Aujourd’hui, la place des salariés dans le monde agricole est en augmentation. Ils doivent jouer leur rôle de façon complémentaire et solidaire pour défendre une agriculture pourvoyeuse d’emplois et de richesses pour tous ».

Liste CFTC AGRI

La CFTC AGRI, présentant des listes dans le Bas-Rhin (3a) et le Haut-Rhin (3a et 3b), « milite pour une agriculture multi-performante et vertueuse d’un point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. L’une ne peut se faire au détriment de l’autre ». Cela passe par la création d’un label pour l’agriculture responsable. Elle s’engage par ailleurs à négocier la convention collective, les salaires, les avantages sociaux et des accords majeurs pour la vie professionnelle et familiale. « Être à la table des négociations, c’est poursuivre un travail engagé depuis plusieurs années pour améliorer les salaires, la couverture santé, la prévoyance, les conditions de travail… » Ainsi, la CFTC-AGRI prête par exemple attention à l’encadrement du télétravail, « pour le respect de la vie privée et le droit à la déconnexion ». Elle revendique aussi une égalité au niveau des droits et des avantages entre les salariés des entreprises et exploitations agricoles et ceux d’autres secteurs. De plus, elle avance que « comme les exploitants agricoles, les salariés, à travers par exemple les associations de salariés, doivent bénéficier des financements du développement agricole ». Enfin, la CFTC AGRI se présente comme « un syndicat différent des autres » qui privilégie « le dialogue entre les employeurs et les salariés » : « Sans entreprises en bonne santé, il n’y aurait pas d’emploi stable et de qualité. »

Liste CGT

Salaire, retraite et santé. Voici les trois piliers du programme de la CGT pour les élections aux Chambres d’agriculture. La centrale syndicale demande une « revalorisation urgente du pouvoir d’achat des salariés agricoles. » Cela passe par de meilleurs salaires. La CGT appelle donc à un SMIC à 1 800 €, une augmentation immédiate de 400 € et l’instauration automatique du treizième mois. Le syndicat plaide aussi pour une retraite à taux plein dès 55 ans ainsi qu’une revalorisation des pensions de 400 €. Une manière de compenser « l’espérance de vie des salariés agricoles, inférieure de 6 ans à la moyenne nationale », selon l’organisation. Dernier cheval de bataille : la santé. La CGT exige une meilleure prise en charge des frais de santé sans donner plus de détails sur son projet. Elle demande aussi l’embauche de 3 500 conseillers et gestionnaires MSA afin d’améliorer l’accueil des usagers et le traitement des dossiers. Enfin, les syndicalistes réclament de meilleures conditions de travail, le renforcement de la médecine du travail et plus de moyens pour les commissions d’hygiène et de sécurité.

Avec ce programme, la centrale espère au moins égaler son score de 2013. Elle a fini en deuxième position du collège 3a dans les deux départements alsaciens. Les électeurs du collège 3b l’ont cependant recalée à la 4place dans le Bas-Rhin et à la 3dans le Haut-Rhin.

Liste Force Ouvrière 68

Uniquement présent dans le collège 3a du Haut-Rhin, Force Ouvrière 68 est « particulièrement attentif en conditions de travail », avance en tout premier point Jacques Rimeize, secrétaire général de FO 68. Le syndicat revendique ainsi la prise en charge du temps de déplacement, la reconnaissance de l’ancienneté́ et les savoir-faire acquis, la prévention de la pénibilité ou encore une « Pac sociale » qui éviterait le travail détaché. La liste FO 68 s’est constituée avec des candidats représentatifs de la diversité de territoire dans le département et de structures, tenant compte tant des exploitations agricoles que des jardineries, précise le secrétaire général. FO 68 s’engage à défendre les salariés agricoles « à la fois dans les commerces et sur le terrain, dont ceux isolés sur des petites exploitations et qui ont parfois du mal à se faire entendre et à trouver les bons interlocuteurs syndicaux ». Le syndicat est aussi actif par le biais d’un représentant régional au sein du Comité Hygiène Sécurité Conditions de Travail (CHSCT). Par ailleurs, les salariés peuvent compter sur « un appui local, notamment juridique ». « Il faut que les salariés soient représentés pour être défendus », conclut Jacques Rimeize.

Denis Ramspacher

Accompagner, innover, communiquer

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2019

L’Est Agricole et Viticole : L’expérience en tant qu’élu Chambre est-elle nécessaire pour conduire une liste aux élections Chambre ?

Denis Ramspacher : Pendant de nombreuses années, j’ai présidé la commission gestion du territoire et j’avais une bonne vision du rôle de la chambre dans le domaine de l’urbanisme, du foncier et de l’aménagement du territoire. Mais depuis quelques mois, où j’ai pris la première vice-présidence et donc le rôle de représentation dans le Bas-Rhin, j’ai dû mettre un peu plus « les mains dans le cambouis ». J’ai mesuré toute l’étendue des actions concrètes où intervient la Chambre d’agriculture, mais aussi comment cela fonctionne en interne et vis-à-vis des interlocuteurs extérieurs. J’ai rencontré de nombreuses organisations partenaires pour comprendre toutes les interactions. Cette expérience est utile pour être pleinement opérationnel dès le début du mandat. Et l’équipe que nous avons constituée sur la liste me permet de m’appuyer sur de nombreuses compétences. Si je peux me positionner à ce poste, c’est aussi parce que sur mon exploitation, mes associés et mes salariés me permettent de dégager le temps nécessaire pour assumer ces fonctions, et je les en remercie.

EAV : Sur votre liste, vous avez fait le choix de reconduire une liste d’union, une évidence ?

DR : Oui, nous avons fait le choix de fédérer les trois grands réseaux FDSEA, AVA et JA pour constituer une liste d’unité. Cette liste traduit toute la richesse de notre agriculture alsacienne : toutes les productions, tous les secteurs d’activité, circuits courts ou filière longue, bio ou conventionnelle, y sont représentés. Toutes ces agricultrices et agriculteurs ont une expérience avec des sensibilités différentes, mais complémentaires pour enrichir notre réflexion et construire l’agriculture de demain. C’est une équipe solide, fortement rajeunie avec une moyenne d’âge de 42 ans. Ainsi, la moitié des candidats briguent leur premier mandat. Avec l’expérience des plus anciens, les jeunes vont apporter de nouvelles méthodes, une ouverture pour construire collectivement notre projet agricole. J’accorde beaucoup d’importance au travail d’équipe. Il faut débattre en interne pour ensuite pouvoir défendre à l’extérieur des positions communes et claires.

EAV : Le mandat qui s’achève a été marqué par la régionalisation de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Quel bilan personnel en tirez-vous ?

DR : Ce projet était porté par Jean-Paul Bastian et Laurent Wendlinger et je crois que nous pouvons les remercier pour leur vision et le travail accompli. C’était une vraie bonne idée qui nous a permis de faire des économies, en ne renouvelant pas les postes où il y avait des doublons, et surtout de renforcer nos compétences humaines sur les sujets techniques. Les binômes d’élus 67/68 mis en place ont bien fonctionné et permis d’assurer un suivi efficace des dossiers tout en maintenant de la proximité. Et, vis-à-vis de l’extérieur, de la grande région et du national, je crois sincèrement que nous avons gagné en poids politique. Passé les Vosges, à dire vrai, personne ne sait exactement où sont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, mais quand l’Alsace parle d’une voix, ça s’entend !

EAV : Quel est selon vous l’enjeu de ce prochain mandat ?

DR : La situation est complexe. Beaucoup de filières connaissent des difficultés, notamment de prix, et nous devons nous adapter à cet environnement mouvant. Même s’ils sont passionnés par leur métier, les agriculteurs ne font pas du bénévolat. Ils doivent pouvoir tirer de leurs exploitations une juste rémunération. Les équilibres étant fragiles, il est difficile d’être à la pointe tout à la fois au niveau technique, économique, commercial. C’est pourquoi les agriculteurs doivent pouvoir s’appuyer sur un réseau d’expertise. Plus que jamais, il est nécessaire d’avoir un conseil neutre de qualité. La Chambre n’est pas là pour décider à la place de l’agriculteur qui doit rester libre mais pour apporter des clés de compréhension sur les enjeux et les alternatives qui s’offrent à lui, dans une relation de confiance.

Ensuite, nous devons veiller à préserver sur nos territoires des débouchés variés, des filières locales qui valorisent nos productions avec des outils de transformation et des circuits courts. Mais nous devons aussi être performants et compétitifs au niveau national et à l’export car nous ne pourrons pas, nous les Alsaciens, boire toute la production de vin d’Alsace, transformer tout notre maïs et notre houblon… Nous devons aussi être davantage impliqués dans la transition énergétique de notre territoire, avec les énergies renouvelables, la méthanisation… L’innovation sera un enjeu majeur pour nous permettre de relever tous ces défis et la Chambre doit pleinement y contribuer.

Nous devons bien sûr nous adapter aux exigences sociétales mais sans nous laisser enfermer dans des impasses notamment phytosanitaires. C’est pourquoi nous devons négocier du temps et des investissements en matière de recherche pour trouver des solutions techniques adaptées. De plus, nous devons expliquer ce que nous faisons, les efforts entrepris, les résultats obtenus et être fiers déjà du travail accompli. Loin de la défiance qui s’installe, nous devons restaurer la confiance et la reconnaissance de la société sur le rôle structurant de l’agriculture.

Les Chambres ont à ce titre un rôle primordial à jouer pour accompagner, innover et communiquer.

EAV : Vos concurrents font campagne sur la question de la gratuité des services de la Chambre d’agriculture. Quelle est votre position sur ce sujet ?

DR : L’actualité nous montre tous les jours qu’il faut se méfier des promesses que l’on ne peut pas tenir ! Certains services de bases proposés par la Chambre ont toujours été gratuits, c’est-à-dire financés par l’impôt. Mais les agriculteurs ont besoin d’être accompagnés dans tous leurs projets ; ils demandent une montée en compétences de nos services techniques pour des conseils de plus en plus pointus sur des sujets complexes. Aujourd’hui, les prestations représentent approximativement le tiers des recettes de la Chambre d’agriculture. La gratuité impliquerait de se séparer d’une grande partie de nos effectifs et donc réduirait de fait notre expertise. C’est à mon sens une erreur stratégique en cette période où l’agriculture doit relever de grands défis et s’adapter à de fortes exigences sociétales.

EAV : Quel est selon vous le principal argument pour inciter les agriculteurs à voter ?

DR : Chaque exploitant s’adresse régulièrement à la Chambre d’agriculture : nouvelle activité, installation, projet de bâtiment, conseils, performance économique… Il est donc primordial que la Chambre soit bien organisée pour répondre aux enjeux des exploitations. Ce qui se passe à la Chambre concerne tous les agriculteurs et tous les viticulteurs : c’est pour cela qu’il faut voter ! Les élus de la Chambre d’agriculture portent la voix des agriculteurs auprès des pouvoirs publics. Il est donc primordial que la participation soit importante. Et, il convient de choisir un projet cohérent au service de toute la profession portée par une équipe crédible et motivée pour remettre du bon sens paysan, là où parfois il semble bien loin.

Avez-vous un dernier message à passer aux agriculteurs ?

Je veux leur dire de ne pas céder à la tentation du repli sur soi. Je les invite à s’impliquer dans le projet agricole départemental, par leur vote. Ils peuvent accorder leur confiance à cette équipe motivée et ouverte, nous saurons nous en montrer dignes !

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Christelle Jamot quitte la direction

Vie professionnelle

Publié le 20/10/2018

À l’issue du conseil d’administration, le président de la MSA d’Alsace avait réuni autour des administrateurs et de l’équipe dirigeante, les associations, les organisations partenaires et l’époux de Christelle Jamot. Résumant l’ambiance générale, David Herrscher a exprimé le sentiment partagé entre déception de voir Christelle Jamot quitter la direction de la MSA d’Alsace et fierté de sa montée en responsabilité au niveau de la caisse centrale à Paris. De ses nombreuses qualités humaines soulignées par les orateurs, on retient surtout sa bienveillance et son humanité. Meneuse d’hommes et de femmes, elle a eu à cœur de porter de nombreux projets pour faire « bouger les choses » et motiver chacun « à donner le meilleur de lui-même ».

Confrérie Saint-Étienne

Un chapitre couleur bio

Vigne

Publié le 27/09/2018

Côté vins, la confrérie ne reconnaît que ceux estampillés Alsace. Sans déroger à ce principe, la grand maître 2018 a voulu mettre les vins bios en exergue : 16 % du vignoble alsacien, ce n’est plus anecdotique. Dans son allocution, Martine Becker a bien sûr vanté tous les mérites des vins bios ou nature : « La philosophie bio s’inscrit à présent dans la vie de l’Alsace ». Mais elle s’est aussi lancée dans un sévère réquisitoire contre les « entreprises tueuses de nature ». Il y a une prise de conscience de plus en plus forte et le monde de l’enseignement, surtout agricole, fait un excellent travail de fond sur la biodiversité.

Après les points protocolaires du chapitre, elle a fait procéder aux intronisations. Une petite promotion de dix consœurs et confrères apprentis et un confrère compagnon (Nicolas Fargeas, fils d’Éric, délégué général de la confrérie). Pour le grade de consœur ou confrère œnophile, il y avait dix promus. Les majestés d’abord : Margaux Jung, reine des vins d’Alsace, et ses dauphines, Pauline Husson et Flore Ansel. Puis le monde bio : Julien Scharsch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), son directeur, Joseph Weissbart, et Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio. Et enfin, l’enseignement agricole et viticole : Véronique Sirguey, responsable du programme BTS au lycée agricole de Rouffach-Wintzenheim, Godfroy Browne, directeur-proviseur de cet établissement, et Jérôme Fontaine, proviseur adjoint. Alain Renou, directeur du Synvira, a également été intronisé confrère œnophile.

Jean Rottner, confrère d’honneur

À l’épreuve des deux verres, Jean Rottner a préféré le vin sec « car il est droit » et au loyala, il a affiché une adresse de vieux vigneron ! « L’Alsace, c’est ma terre, a-t-il dit dans son allocution. Des paysages formidables, une culture à laquelle je suis attaché, et j’aime son vignoble, ses vins et son histoire. J’ai appris à connaître la viticulture, les vignerons et leur communauté d’esprit. C’est ça l’Alsace et ça ne changera jamais ! »

Entre les différents paragraphes de ce chapitre, la grand maître et son major, Ignace Kuehn, ont fait servir des millésimes repères : un riesling 1972 (1er cahier des charges bio français), un tokay pinot gris 1985 (création du logo AB) et un gewurztraminer 1991 (création de l’Opaba).

Pour la harangue vinique, le héraut, Jean-Louis Vézien, a laissé la parole à la vigne. Elle raconta sa jeunesse insouciante, puis toutes les misères que lui firent les hommes, provoquant toutes sortes de maladies qu’il leur faut combattre avec force chimie, mais l’espoir d’une vie meilleure renaît avec une culture à présent plus respectueuse de la nature.

La cheffe Martine Holveck, traiteur bio à Rauwiller, et auteure du dîner du chapitre, a été intronisée au grade de consœur sénéchal.

Prévention

Des vendanges sans pépins

Vigne

Publié le 25/09/2018

Les dangers encourus par les personnes qui vendangent et qui vinifient sont divers et variés.

Véhicules, manœuvres, transport et trafic routier

Année après année, plus de 50 % des accidents mortels surviennent avec des véhicules et des machines, dans les parcelles, sur l’exploitation mais aussi dans le trafic routier. Pour les éviter, il convient de vérifier la validité des permis de conduire et de rappeler les consignes de prudences suivantes. Avant de partir : contrôler les feux, les freins, les rétroviseurs, le ou les gyrophares et le réglage du siège. Les vitres doivent être propres. Les convois stationnés en pente doivent être arrêtés efficacement. L’arrimage des charges requiert une attention toute particulière.

Il peut être utile d’élaborer un plan de circulation sur l’exploitation, en séparant les voies de circulation pour les véhicules et celles pour les personnes. Enfin, il est nécessaire de signaler correctement les chantiers de vendanges. Pour ce faire, des cônes ou des triopans peuvent faire l’affaire.

Le transport de personnes en remorque agricole :

  • le conducteur doit être âgé de 18 ans minimum
  • les sièges doivent être fixes et aménagés (30 cm du sol, 40 cm de large, dossier 50 cm)
  • il doit y avoir une remorque unique fermée sur ses 4 cotés et équipée d’un moyen d’accès
  • 25 km/h maximum

Le transport de personnes dans un véhicule utilitaire :

Le dépassement du nombre de personnes transportées et le non-port de la ceinture de sécurité engagent les responsabilités civiles et pénales du propriétaire et du chauffeur. Tous les véhicules autorisés à la vente (les VU entrent dans cette catégorie) sont équipés d’autant de systèmes de retenue (ceintures de sécurité) que de places précisées sur la carte grise. Il est ainsi interdit de transporter une personne dans un véhicule utilitaire si celui-ci ne prévoit pas : siège et système de retenue !

Chutes et glissades

En règle générale, les chutes de plain-pied et autres glissades constituent les accidents les plus nombreux dans les vignes et en cave ! Avec parfois des conséquences graves, voire mortelles en cas de chute de hauteur depuis des échelles en cave, ou depuis des murs de vigne.

Pour les éviter, de bonnes chaussures ou des bottes avec semelle antidérapante sont nécessaires. De nombreuses chutes se déroulent au moment de descendre du tracteur. Il faut donc être très attentif en sortant de la cabine.

Le désordre est également source d’accidents. Il convient d’éviter les obstacles, tels que des tuyaux ou toutes sortes d’objets qui peuvent encombrer la cave ou les escaliers.

Les échelles doivent être en bon état, vérifiées périodiquement, suffisamment longues et fixées aux cuves. Il convient également de protéger les ouvertures dans le sol et de se prémunir d’un éclairage suffisant et fonctionnel. Pour éviter les glissades, les sols et escaliers doivent être propres et antidérapants. Une main courante doit équiper chaque escalier.

Mal de dos

Le mal de dos est le mal du siècle, voire des siècles ! Dans les vignes comme à la cave, il est omniprésent.

Pour s’en prévenir, effectuer un petit échauffement le matin et à la reprise du travail, prêter attention aux postures, porter à deux ce qui est trop lourd et changer régulièrement de position.

Machines de réception et de cave

Les machines de réception comportent des risques mécaniques et des risques électriques. En cave aussi, il existe de nombreux et très graves risques mécaniques. La plupart des décuvoirs et autres conquets à vis sans fin peuvent se révéler très dangereux et causer des dégâts irréversibles.

Les conquets de réception, égrappeuses et décuvoirs doivent être munis de protections évitant de se blesser sans empêcher le raisin de passer. S’il survient une panne, il est indispensable d’actionner l’arrêt de sécurité avant de débourrer, de nettoyer ou d’entretenir la machine. Ne pas intervenir à la main pour débourrer, mais utiliser un bâton.

L’électricité est également une composante à risques omniprésente. Vérifier régulièrement l’état de votre installation électrique.

Le CO2 (gaz carbonique)

Pendant les vendanges mais aussi après, il se produit beaucoup de CO2 dans la cave. Pour évacuer ce CO2, une ventilation qui extrait l’air (du point le plus bas) est conseillée. Mais il est encore mieux d’y ajouter une arrivée d’air suffisante, par exemple un ventilateur qui pousse. Il faut qu’il y ait au moins autant d’air qui rentre que d’air qui sort. Suivant le volume de la cave, il faut des ventilateurs performants pour renouveler suffisamment l’air.

Le captage à la source peut s’avérer une bonne solution. Bien réalisé, il n’est pas cher et, en tout cas pour les blancs, évite presque entièrement la pollution de la cave par le CO2. Dans tous les cas, la sortie du CO2 du bâtiment ne doit pas polluer à nouveau le même bâtiment ou une autre construction.

Le danger du CO2 doit être signalé aux endroits adéquats, par exemple aux portes d’accès extérieures de la cave. Logiquement, la ventilation doit pouvoir être enclenchée depuis l’extérieur. De même, le tableau électrique ne devrait pas se trouver au fond de la cave.

Autres dangers

Les personnes allergiques aux piqûres d’hyménoptères comme les guêpes doivent toujours avoir leur antidote sur elles. La présence d’un tire-tique est par ailleurs fortement recommandée.

Informer tous les collaborateurs sur les procédures à suivre en cas d’urgence.

Prévoir une pharmacie pour les petites urgences.

Caisses d’assurance-accidents agricole d’Alsace

Services prévention

 

 

Congrès du Syndicat national de la presse agricole

La montée du véganisme est-elle inéluctable ?

Pratique

Publié le 22/06/2018

Réunie en congrès au Futuroscope à côté de Poitiers, la presse agricole et rurale s’est interrogée sur la montée en puissance du mouvement végane dans la société. Francis Wolff, professeur à l’École Normale Supérieure (ENS), a apporté des éléments de compréhension de ce phénomène dont les origines remontent aux années 1970 aux États-Unis et en Australie. Les idées prennent racine dans les universités où apparaissent des disciplines, comme le droit animalier ou l’éthique animaliste, portées par des professeurs militants, puis se propagent par les médias et se développent ensuite dans la société. Deux doctrines coexistent : les welfaristes, qui militent pour le bien-être animal, et les abolitionnistes, qui visent à supprimer toute exploitation animale par l’homme.

Le chercheur souligne que la France a longtemps été « en retard » sur les questions de protection animale, et « comme bien souvent en France, lorsque les idées modérées ne passent pas, on passe aux idées révolutionnaires ». Il considère qu’il n’y a pas de corrélation entre la conscience animaliste et la conscience humanitaire. Pour preuve, la France des années 1980 était portée par des élans humanitaires sans s’interroger sur la cause animale et la société actuelle a plus d’empathie pour les animaux que pour les migrants qui bravent la Méditerranée.

Perte de contact avec les animaux réels

La société est en perte de contact avec les animaux réels. Les citadins sont entourés d’une nouvelle faune d’animaux de compagnie « spécifiquement créés pour qu’ils ne fassent rien alors que l’homme a toujours travaillé aux côtés de l’animal et réciproquement ». Et c’est à travers cette faune qu’est vu désormais le règne animal avec une forme d’aristocratie des animaux de compagnie et un prolétariat constitué des animaux de rente (d’élevage).

À cette cause immédiate s’ajoute une cause plus profonde sur la place de l’homme dans la société : « Nous ne savons plus qui nous sommes ! » Pendant des siècles, les religions ont véhiculé l’idée que l’homme avait une fonction, une spécificité et une responsabilité et que les espèces animales étaient au service de l’homme. Une vision qui s’est écroulée avec la laïcisation de la société.

Les hommes ne sont pas des animaux comme les autres

Aristote distinguait trois niveaux chez les animaux : les dieux immortels, les hommes et les bêtes. Les dieux partagent la raison avec les hommes. Les hommes sont mortels comme les bêtes. Les bêtes sont dépourvues de raison. Aujourd’hui le transhumanisme laisse entrevoir l’immortalité. Nous ne croyons plus aux dieux immortels et espérons que l’homme le devienne. Et l’analyse du patrimoine génétique, à travers la biologie, les neurosciences, place l’homme dans une forme de continuité avec l’animal : il n’y a plus de différence entre l’homme et l’animal et les limites, les hiérarchies, volent en éclats. « Il est désormais de plus en plus difficile pour nos contemporains d’appréhender les différences fondamentales entre l’homme et l’animal » et pourtant il y en a une : « Nous sommes des êtres moraux, et donc pas des animaux comme les autres ».

Or, la jeunesse a besoin d’idéaux. Mais les utopies marxistes ne font plus rêver. Les quêtes d’absolu ont démontré leurs dérives totalitaires. Alors ces mouvements généraux cherchent les dernières victimes de notre société : l’animal incarne la victime « absolue » de l’homme. Les mouvements véganes, en héritiers, reprennent la phraséologie des mouvements de libération. Mais si l’intention est généreuse, elle n’exclut pas la dangerosité avec des mesures radicales telles que la stérilisation de tous les animaux de compagnie (car ce sont des espèces anthropophisées) et l’élimination de tous les animaux d’élevage.

Pour démontrer les limites du mouvement abolitionniste, il convient de pointer les confusions sur lesquelles reposent ses théories. La première est qu’il n’existe pas de notion unique de l’animal. Un chien et une puce sont tous deux des animaux et l’homme n’a pas le même type de relations avec ces deux espèces. Par conséquent la notion d'« animal être sensible » est pour le philosophe, un non-sens.

Il réfute également l’idéologie de la libération car « certains animaux ont gagné leur compagnonnage avec l’homme ». Que vaut la libération d’un animal qui ne veut pas l’être ?

Autre erreur : animalisme et écologie iraient de pair ? « C’est faux ! » On a répandu l’idée que la nature était bonne et que l’homme avait conquis la nature. « Mais la nature n’est ni bonne, ni mauvaise ! Il existe des proies et des prédateurs. » Et les droits des animaux sont contradictoires entre eux. Accorder le droit de vie au loup revient à le retirer au mouton et vice-versa. L’animaliste se préoccupe de souffrance et de la mort des animaux quand l’écologiste s’intéresse aux équilibres globaux et non aux droits individuels de chaque espèce.

Les agriculteurs, porte-parole de la bientraitance

Enfin la limite du raisonnement tient aussi dans les objectifs défendus par les associations abolitionnistes. L214, la plus active en France, surfe sur les questions de bientraitance par ses vidéos chocs alors que son but n’est pas précisément d’améliorer la bientraitance des animaux mais de supprimer purement et simplement l’élevage. C’est pourquoi, le chercheur encourage les agriculteurs à être les porte-parole du welfarisme pour s’opposer et se distinguer des abolitionnistes.

S’il estime que ce mouvement prendra encore de l’ampleur, ce n’est pas pour autant qu’il faut rester bras croisés car progressivement les confusions dans la société sur les objectifs recherchés par ces associations vont se dissiper. Les hommes doivent définir leurs devoirs vis-à-vis des animaux, qui ne sont « pas les mêmes pour les chiens que pour les puces ». Il propose d’établir ces devoirs à proportion de nos dettes : l’animal de compagnie mérite l’affection, l’animal d’élevage mérite la protection contre les prédateurs, le climat, la faim, la peur, le stress. Les espèces sauvages quant à elles engendrent un devoir écologique afin de respecter les équilibres naturels, lutter contre la propagation des espèces nuisibles et maintenir la biodiversité. « Tant que nous raisonnons en termes humanistes, nous avons des chances de nous en sortir ! »

Coop de France Grand Est

Brainstorming pour les présidents de coopératives

Vie professionnelle

Publié le 20/04/2018

Coop de France Alsace, Fédération régionale Champagne-Ardenne, Fédération des coopérations vinicoles de la Champagne (FCVC), Coopérative de France Lorraine s’organisent pour la mise en place de « Coop de France Grand Est ». Un objectif : faire de cette structure l’interlocuteur référent des instances régionales et nationales. Avec quatre enjeux : la promotion des principes et des valeurs des coopératives, la défense de la compétitivité des entreprises coopératives, l’affirmation de la capacité à conquérir de la valeur, la volonté d’être présents sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. De mars à juin, dix réunions régionales sont organisées pour avancer collectivement.

« La fédération des coopératives Grand Est, ce sont 55 000 adhérents agriculteurs et viticulteurs, 11 500 salariés et 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, cadre Sylvain Hinschberger, président de Coop de France Grand Est. À l’image de notre modèle coopératif, nos échanges aujourd’hui étaient sur le mode collaboratif ». Éric Potié, président de la FCVC, renchérit : « Nous n’avons absolument aucun débat sur l’influence d’une région plus que l’autre, nous sommes dans un rapport gagnant-gagnant, autour de valeurs et de préoccupations communes ».

Développement durable

Avec un contexte de travail exigeant et parfois sensible comme les conséquences des États généraux de l’alimentation, les débats sur l’agrofourniture ou le bien-être animal, l’environnement, le développement du digital, les participants ont eu de quoi débattre. Qu’est-il ressorti de ces échanges ? « Les attentes des consommateurs évoluent de plus en vite, et parfois même de façon contradictoire, explique Sylvain Hinschberger. Notre rôle est d’être à l’écoute mais aussi d’être réalistes et pragmatiques, car le temps des enjeux politiques est différent du temps nécessaire pour réaliser les choses. Toute la profession avance par exemple sur l’enjeu du développement durable et du respect des animaux et des cultures. Le pôle de recherche et de développement de Vivescia est à quelques mois de sortir des solutions complémentaires aux produits de traitement et les coopératives viticoles montrent tous les jours combien elles sont engagées dans la viticulture durable. » Directrice de la FCVC et directrice de Coop de France Grand Est, Alexandrine Legras-Populus indique : « Les coopératives sont à l’écoute des consommateurs. Elles répondent aux demandes sociétales et travaillent sur la qualité et la traçabilité des produits. »

Des lacunes à combler ? « Nous opérons dans nos fonctionnements quotidiens une révolution silencieuse », argue Sylvain Hinschberger. « Mais c’est bien cela le problème. Nous sommes conscients que ce qui nous manque cruellement est le manque d’information et de communication et un sérieux travail de pédagogie pour faire connaître la façon dont nous travaillons. » Éric Potié ajoute : « De l’élevage à la viticulture, nous possédons tous le même objectif : celui d’être compétitifs en amenant le meilleur potentiel de revenus possible à nos adhérents. Nos discussions portent entre autres sur la manière de mutualiser les services d’accompagnement des coopératives de manière qualitative pour créer une dynamique, ou encore sur le fait de chercher à améliorer la relation adhérent-coopérative. »

Coop de France Grand Est souhaite faire de son manifeste « Coopérer pour le bien commun » le fil conducteur de ses actions et de ses missions pour être au plus près de ses adhérents et répondre aux besoins des consommateurs.

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