Auteur
Image

Nicolas Bernard

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Concours interprofessionnel du fromage munster

Une « diversité » à départager

Vie professionnelle

Publié le 13/09/2019

Comme pour les vins d’Alsace, le fromage munster est riche d’une grande diversité. Entre munster géromé, munster laitier provenant d’industriels, munster fermier issu… de la ferme, munster fermier bichonné par un affineur, et les déclinaisons au cumin, il y a quasiment autant de nuances de saveurs et d’aspects qu’il y a de producteurs au sein de l’AOP. Une « richesse » qui, tous les ans, est passée au crible d’un jury d’experts lors du concours interprofessionnel du fromage munster. Cette année, c’était à la Maison du fromage, à Gunsbach. Près de 70 munsters ont été goûtés, comparés et départagés avec des médailles d’or, d’argent et de bronze (voir le palmarès en encadré). Pour les sept arrivés en pole position, c’est l’assurance de pouvoir participer au Concours général agricole qui aura lieu en février prochain à Paris ; le Syndicat interprofessionnel du fromage munster (SIFM) prenant à sa charge leurs frais d’inscription.

La « patte » du producteur

Mais à quoi reconnaît-on un « bon » munster ? D’abord, son aspect : un croûtage de couleur rouge orangée, une pâte « souple » avec un peu d’ouverture, un cœur crayeux. Puis vient le goût typique du munster, avec ses notes florales définies au préalable. Des critères précis qui sont sublimés ou non par la « patte » du producteur ou de l’affineur, mais aussi par la qualité de la matière première, à savoir le lait. Et il y a aussi toute l’histoire derrière chacun de ses fromages. Pour les petits producteurs par exemple, cela peut être un héritage familial issu de plusieurs générations avec toute la sensibilité qui va avec. « Dans tous les cas, nous nous attachons tous à faire perdurer un fromage ancestral, quel que soit notre profil. Je dirais même que cette diversité de producteurs au sein de notre AOP est une vraie richesse qu’il faut à tout prix conserver ; et qui doit ressortir dans les médailles que nous distribuons », explique le président du SIFM, Florent Haxaire.

Contrairement au vin vinifié une seule fois par millésime, le munster peut être fabriqué une à deux fois par jour, entraînant de fait une grande variabilité dans le résultat final. « Nous ne contrôlons pas la matière première. Il faut à chaque fois s’adapter au lait. Chaque jour, notre travail technologique est remis en question. Ce qui veut dire qu’on peut être médaillé une année mais pas celle d’après. C’est plus aléatoire que dans le vin », poursuit Florent Haxaire. Médaillé ou non, le munster continue de bien se vendre auprès des consommateurs, notamment le fermier (le nombre de producteurs est d’ailleurs en augmentation) et celui qui est affiné. Seul le munster laitier connaît, il est vrai, une baisse de volume. Un phénomène que le SIFM a bien l’intention d’enrayer à travers sa nouvelle campagne de communication et de promotion (lire en encadré).

Le Valtra T234D sur le stand Euro Agrar

Un « bijou » de technologie et de design

Technique

Publié le 30/07/2019

Cette année, le stand Euro Agrar à la Foire aux vins de Colmar se met au noir avec le dernier tracteur du constructeur finlandais Valtra : le T234D en version « Black Edition ». Ce tracteur se distingue par une sellerie cuir, une sono high-tech de 160 w, un intérieur en carbone, une cabine suspendue pneumatique, des phares leds, la variation continue, le système de guidage RTK et la technologie SmartTouch primée au Sima de Paris. « Quand nous avons vu ce tracteur dans l’usine finlandaise, nous avons tous été séduits au sein d’Euro Agrar. On s’est alors dit qu’il fallait qu’on en achète un pour le faire découvrir aux agriculteurs alsaciens. À l’heure actuelle, aucun autre constructeur ne sait faire un modèle comme celui-là », explique Maxime Huss, chef des ventes Valtra chez Euro Agrar. Disponible de 150 à 260 chevaux, cette « Black Edition » entièrement customisable peut tout aussi bien convenir à un céréalier qu’à un forestier ou à un éleveur. Rendez-vous sur le stand d’Euro Agrar pour monter à bord et découvrir ce « bijou de technologie et de design ».

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Nous avons du pain sur la planche »

Vie professionnelle

Publié le 21/06/2019

Trois réunions de bureau, un séminaire des élus, une quinzaine de réunions de commissions et une feuille de route pour les six prochaines années. Depuis leur installation au mois de mars, les nouveaux élus de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) n’ont pas chômé. Trois mois « intenses » nécessaires pour définir les priorités stratégiques de la mandature.

Regarder l’avenir avec « réalisme » et « confiance »

Pour la CAA, les grands enjeux de demain s’articulent autour de trois axes stratégiques portés par ses trois commissions transversales : la performance des entreprises, des filières et le renouvellement des générations ; la transition énergétique, la préservation des ressources et l’accompagnement des territoires ; et la reconnaissance du rôle de l’agriculteur dans la société en lui redonnant la fierté du travail quotidien.

Si tous les chantiers qui se profilent sont conséquents, celui lié à la communication sera peut-être encore plus dur à mener. Chaque jour, la profession agricole voit circuler avec un désarroi dans les médias généralistes des informations anxiogènes sur ce qu’elle produit, et comment elle le produit. OGM, mal-être animal, rapport fracassant sur les pesticides, perte de biodiversité, santé des consommateurs… « L’agribashing a la côte. Il fait le buzz sur les réseaux sociaux et génère de l’audience à la télé. Le bonheur n’est même plus dans le pré, puisque les vaches qui broutent de l’herbe et les poules bios qui picorent à l’extérieur produisent, paraît-il, du lait et de la viande contaminés aux polluants rejetés par nos usines et nos incinérateurs. Nous pouvons comprendre que certains ressentent de la nostalgie par rapport à l’image bucolique de l’agriculture d’antan. Mais n’oublions pas que nos grands-parents travaillaient beaucoup, étaient très fatigués le soir, ne prenaient pas de vacances et n’arrivaient pas tous à l’âge de la retraite, bien maigre par ailleurs. Alors, arrêtons les caricatures et trouvons de vraies solutions aux problèmes », appelle de ses vœux Denis Ramspacher.

Rester attentif à l’évolution de la Pac

L’avenir de l’agriculture alsacienne - et française - reste conditionné à l’évolution de la Politique agricole commune (Pac). Après des élections européennes marquées par la montée des votes nationalistes et écologistes, la profession agricole tâche dès maintenant de se positionner. « L’urgence climatique qui sous-tend le vote écologiste constitue indéniablement la priorité, notamment parmi les jeunes générations. Dans nos métiers, nous pouvons constater année après année les effets de ces dérèglements et excès climatiques. Nous devons y faire face en gérant mieux l’eau, en adaptant nos systèmes de production et nos mécanismes assurantiels. Nous avons aussi une belle carte à jouer dans la production d’énergies renouvelables et le stockage du carbone dans le sol », poursuit le président de la CAA avant de mettre en garde contre « certaines dérives idéologiques » et des « recettes simplistes » qui pourraient déboucher du verdissement probable de la future Pac.

Plus que jamais, Denis Ramspacher est persuadé que l’agriculture française a besoin de « plus d’Europe » et de « mieux d’Europe ». Dans les faits, cela voudrait dire moins de normes et de complexité, davantage de convergence fiscale, sociale, environnementale, dans un marché unique mieux régulé et protégé de la mondialisation ultralibérale.

Soutenir toutes les filières

Reste le bio et les circuits courts, présentés ici et là comme la solution « universelle » pour améliorer le revenu des agriculteurs. Séduisantes sur le papier, ces solutions doivent être développées par un certain « pragmatisme », avance Denis Ramspacher. « Produire trop de bio va détruire le marché du bio et appauvrir les producteurs. N’imaginons pas un seul instant que les consommateurs vont tous accepter de consacrer 20 à 30 % de plus à leur budget alimentaire, ou tous devenir vegan. Oui, nous devons développer le bio, mais en fonction des marchés et de la demande. Nous sommes à 10 % aujourd’hui. Passons à 15, peut-être à 20 % dans cinq ans. Mais gardons la valeur ajoutée de nos filières d’excellence pour les agriculteurs et ne tombons pas dans l’idéologie. Idem pour la vente en circuits courts qui est une excellente solution à la condition que tout le monde ne s’y mette pas en même temps, au risque de générer une concurrence terrible entre les producteurs. Nous aurons donc besoin, comme hier, de toutes nos filières, longues et courtes. »

Être acteur de la transition écologique

Si la compétitivité de la ferme France ne semble pas faire partie des priorités du gouvernement, ce n’est pas le cas de la transition écologique. Un sujet dans lequel est « pleinement engagée » la profession agricole alsacienne depuis des années, comme tient à le faire remarquer le président de la CAA : « Nous travaillons de façon déterminée pour préserver nos ressources, notamment l’eau, pour améliorer nos pratiques, pour répondre aux attentes sociétales, et pour produire des énergies renouvelables. Et nous sommes prêts à accélérer et amplifier nos actions. » Preuve en est, la signature lundi après-midi de la convention « Ermes » qui engage l’ensemble du monde agricole à améliorer la qualité de l’eau dans 19 captages dégradés. Mais aussi le dynamisme qui entoure la filière des énergies renouvelables avec pas moins de 25 projets de méthanisation en cours et un intérêt manifeste des agriculteurs pour le solaire photovoltaïque.

CAC - Modulation intraparcellaire de semis de maïs

« Nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité »

Technique

Publié le 20/06/2019

Après la théorie, la pratique. Lundi dernier, la Coopérative Agricole de Céréales a convié la presse à assister aux premiers pas officiels de la modulation intraparcellaire de semis de maïs, deux mois après une première présentation en salle organisée à Blodelsheim (voir PHR du 5 février). Baptisée Mod-IP, cette innovation unique en France va, dès ce printemps, profiter à une trentaine d’agriculteurs du Haut-Rhin pour leur semis. Au total, ce sont 2 000 ha de parcelles situées en zones irriguées (Hardt et Plaine de l’Ill) qui vont bénéficier de cette technique pour cette année de lancement. « C’est plutôt encourageant quand on sait que le maximum qu’on pourrait atteindre au sein de notre coopérative est 8 000 ha », se félicite le président de la CAC, Jean-Michel Habig. Tous les agriculteurs qui se sont engagés avec Mod-IP devraient tous terminer leur campagne de maïs 2019 avec un gain supplémentaire de 100 euros à l’hectare. « Avec ce système, nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité tout en étant plus proche de l’environnement », poursuit Jean-Michel Habig. Cet argument « environnemental » a beaucoup séduit le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) qui a mis à disposition de la CAC ses cartographies topographiques du territoire. « On est partis de là pour établir une expertise fine des sols. Sont-ils argileux, limoneux, sableux ou caillouteux ? Chaque sol réagissant différemment en fonction de la densité de semis et de la variété choisie, il était essentiel d’obtenir une image des sols la plus précise possible », explique Christian Jenn, responsable du service innovation, marketing et solutions adhérent de la CAC 68. Il est en effet assez courant de trouver dans le Haut-Rhin deux, trois ou quatre types de sols différents d’un bout à l’autre d’une même parcelle. Ces différents types de sols ont ensuite été qualifiés grâce à un travail d’analyses et de mesures de terrain géolocalisées. Une fois ce travail effectué, une carte de conseil agronomique est éditée et injectée ensuite dans les équipements d’agriculture de précision. L’agriculteur peut alors adapter ses pratiques en fonction des différences environnementales intraparcellaires et ainsi être au plus près des capacités du sol.

Moduler l’ensemble des pratiques

Les expérimentations pour mesurer l’efficacité et la viabilité de Mod-IP ont duré trois ans. Une dizaine de variétés ont été testées pour trouver les plus adaptées en fonction des types de sols et, in fine, déterminer la densité de semis la plus pertinente à un endroit donné. « C’est l’une des raisons qui explique que cela n’avait jamais été fait auparavant sur le maïs en France, cela demande beaucoup de travail et de recherches pour parvenir à un résultat concluant », témoigne Christian Jenn. Et puis il y a aussi le simple fait que l’Alsace dispose de sols bien plus hétérogènes que dans les autres régions françaises qui produisent du maïs. « Il y a moins de besoins que chez nous », poursuit-il. En revanche, la modulation intraparcellaire de semis de maïs est déjà utilisée au États-Unis, mais pour un coût bien plus important à l’hectare que celui pratiqué par la CAC, à savoir 40 euros par hectare pour les agriculteurs adhérents à la coopérative, et 80 euros pour les autres. Un coût qui comprend l’analyse et la cartographie du sol qui est faite une fois, et les préconisations de densité de semis qui doivent être faites pour chaque nouvelle variété utilisée. « Et vu que de nouvelles variétés apparaissent chaque année, le roulement est bien plus rapide qu’avant », poursuit Jean-Michel Habig. Cette modulation intraparcellaire de semis de maïs vient compléter l’offre d’agriculture de précision que la CAC proposait déjà à ses adhérents, à savoir la fertilisation azotée sur colza et blé avec un drone. Et c’est loin d’être fini. « Toujours sur le maïs, nous expérimentons la modulation de la fertilisation, ainsi que la pulvérisation localisée avec drone pour lutter contre le liseron. Et dans le courant de cette année, nous allons tester la modulation de l’irrigation. Notre idée, au final, est d’avoir une modulation sur l’ensemble des pratiques pour amener ce qu’il faut, où il faut, et au bon moment », conclut Christian Jenn.

Qualité de l’eau en Alsace

Un partenariat ambitieux et une volonté commune

Pratique

Publié le 06/06/2019

Après les constats, place aux actions concrètes, collégiales et ambitieuses. C’est avec cet état d’esprit que sera signée le 17 juin à Luemschwiller une convention de partenariat pour la mise en place de contrats de solutions territoriaux en faveur de la qualité de l’eau en Alsace. Plus d’une dizaine d’acteurs ont accepté de collaborer afin d’inverser la tendance à la hausse des teneurs en phytosanitaires dans les eaux de la nappe d’Alsace et des aquifères du Sundgau.

19 captages dégradés

Tout est parti de la publication par l’Aprona et la Région Grand Est du rapport ERMES Alsace à la fin de l’année 2017. Si celui-ci soulignait les actions positives entreprises par le monde agricole pour stabiliser, voire diminuer dans certains secteurs, les taux de nitrates dans les eaux souterraines, il alertait aussi sur les teneurs « élevées » et « globalement en augmentation » en produits phytosanitaires, notamment dans le Haut-Rhin, sur le piémont au niveau de Molsheim et dans la nappe du pliocène de Haguenau.

 

>>> Visualisez la qualité globale de la nappe sur le site de l'Aprona

 

Si l’augmentation observée entre 2009 et 2016 est à relativiser dans la mesure où simplement plus de molécules étaient recherchées, le caractère rémanent des substances actives dans les eaux souterraines a alerté les autorités. Sur les 21 molécules dépassant la limite de potabilité de 0,1 μg/l en nappe d’Alsace, 8 faisaient partie des molécules autorisées à cet instant. Dans le Sundgau, le rapport était plus critique avec 4 molécules autorisées sur les 10 dépassant ce seuil de 0,1 μg/l. Au total, ce sont 19 captages qui sont dégradés par les phytosanitaires autorisés et leurs métabolites, dont majoritairement des herbicides.

 

De l’accompagnement, pas de contrainte

Pour répondre aux différents enjeux, la convention associe l’ensemble des « acteurs de l’eau » autour d’une même table. D’un côté, il y a les engagements pris par chacun, de l’autre, il y a un cadre global qui va se décliner en contrats de solutions territoriaux, impliquant les coopératives agricoles, les distributeurs de phytosanitaires, les gestionnaires d’eau potable, les services et organismes de l’État et les collectivités. Ces dernières auront la responsabilité d’initier les démarches autour de leurs captages d’eau. Elles auront donc un rôle central. « L’idée est de mettre en place une multitude de petites solutions, chacune adaptée à son territoire », explique le vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Denis Nass. En bout de chaîne, on retrouve les agriculteurs qui sont amenés à faire évoluer leurs pratiques. Non pas sous la « contrainte », comme ce qui a pu être vécu par le passé quand il s’agissait d’actions en faveur de l’environnement, mais bel et bien dans une logique d’accompagnement de la part des services de l’État et de la Région, et propre à chaque situation.

Drive fermier de Stosswihr

« On aide les agriculteurs localement »

Pratique

Publié le 19/05/2019

Le jeudi soir, c’est livraison. Depuis six mois, le drive fermier de Stosswihr permet aux habitants du secteur de s’approvisionner facilement avec des produits garantis « 100 % local ». De 17 h 30 à 19 h 00, deux agriculteurs se relaient chaque semaine pour remettre à leurs clients les commandes passées sur internet les jours précédents. « En quelques clics au fond de son canapé, on peut commander des produits locaux et de qualité, c’est quand même chouette », témoigne Patricia, une habituée de la première heure. Si elle continue de fréquenter le supermarché du coin pour certains produits, elle essaie, dès que c’est possible, de faire ses emplettes alimentaires ici, au marché ou au magasin du lycée agricole du Pflixbourg, à Wintzenheim. « Dès que je peux soutenir les paysans de mon secteur et le commerce local, je le fais », justifie-t-elle. Cette prise de conscience pour davantage de proximité est née il y a six ans, après une fâcheuse expérience avec des carottes achetées en supermarché. « Elles sentaient le pétrole. De là, j’ai commencé à me poser la question de ce que je mangeais, et de la manière dont c’était produit. » Si elle se tourne dans un premier temps vers le « tout bio », elle affine son raisonnement au fur et à mesure vers des produits locaux, qu’ils soient bio ou non. « Bio et local, c’est l’idéal. Mais je préfère consommer un produit qui vient d’à côté de chez moi et qui ne soit pas bio, qu’un produit bio qui vient de l’autre bout de la planète. Au moins, le producteur local, je peux lui parler, le rencontrer. C’est bien plus transparent. Et sécurisant aussi. » Comme Patricia, les autres clients qui franchissent la porte du 61 route de la Schlucht, à Stosswihr, sont tous convaincus par le fait de donner davantage de « sens » à leur mode de consommation. Il y a ceux qui ont pris de nouvelles habitudes depuis un certain temps, et ceux qui ont rejoint le mouvement récemment. C’est le cas de Camille qui vient au drive pour la deuxième fois. « C’est pratique, pas loin de chez moi, et certains tarifs sont sympas. Et puis on aide les agriculteurs localement. » Elle vient principalement ici pour les légumes et la viande, et reste ouverte à « ce qu’il y a » en fonction des saisons. Pour le moment, elle ne sait pas si elle arrivera à venir au drive toutes les semaines malgré des horaires adaptés aux salariés. « En tout cas, j’en parlerai autour de moi », assure-t-elle.

Pour ce type de structure, la communication est en effet primordiale, confirme Charles Baradel, éleveur bovin et producteur d’œufs bio à Fréland, et cofondateur de ce drive avec douze autres collègues du secteur. « Que ce soit à travers la presse, sur notre page Facebook, ou avec des flyers, on doit en permanence promouvoir nos produits. Certes, on a aujourd’hui un bon rythme de croisière, mais ça serait bien d’augmenter encore un peu le nombre de commandes régulières. » Il y en a une trentaine en moyenne par semaine à l’heure actuelle. « On a même fait une semaine à 65 commandes à la fin de l’année dernière », révèle-t-il. Si les chiffres sont évidemment essentiels à l’arrivée, l’intérêt que portent les clients à cette démarche collective est tout aussi important. « On est soutenus et félicités pour la qualité de nos produits, ça fait du bien. Nous avons même des clients qui ont recommencé à manger des œufs alors qu’ils les avaient supprimés de leur alimentation. Le fait que cela soit des œufs fermiers issus d’un élevage de plein air les a convaincus de s’y remettre. »

Charles Baradel le reconnaît, sans la perspective de pouvoir écouler sa production d’œufs en vente directe (environ 1 000 par semaine à l’heure actuelle), il ne se serait pas lancé dans le métier d’agriculteur. Avant son installation en 2016, la ferme familiale était articulée autour de la production laitière. « Les prix pratiqués par les industriels ne nous permettent pas de vivre correctement », résume-t-il simplement. Pour lui, il est indispensable qu’un agriculteur puisse valoriser au maximum son travail en gardant la plus grande marge possible sans pour autant « voler le consommateur ». Il a comme objectif de produire entre 3 000 et 4 000 œufs bios par semaine, et aimerait bien basculer sa production de viande bovine dans le giron de la vente directe. « C’est un projet. Pour le moment, je suis en transition. Je n’ai pas encore atteint mon rythme de croisière. Mais il est clair que la vente directe va me permettre d’y arriver. »

Diversification

Des « frites maison » au congel'

Pratique

Publié le 18/05/2019

Ah la saveur des frites faites à la maison… Des patates fraîchement épluchées et découpées, garanties sans additifs, ni conservateurs. À manger le jour même… ou quelques semaines plus tard. C’est ce que propose Jean-Marc Wild, agriculteur à Merxheim, qui s’est lancé il y a six mois dans la surgélation des frites en vue de diversifier son activité déjà bien fournie : 110 ha de cultures réparties entre maïs, blé, soja, tournesol semences et pommes de terre sur 6,5 ha. « Je cherchais d’autres sources de revenus. Ici, comme un peu partout, c’est difficile de s’agrandir. Du coup, j’ai cherché quelque chose que personne ne faisait dans le coin et qui me permettrait de vendre directement au particulier. » Dans un premier temps, il développe son élevage d’escargots en 2013. Une activité qui aujourd’hui fonctionne assez bien avec 4 000 douzaines produites par an. Et puis il y avait la pomme de terre qu’il valorisait déjà depuis quelques années en frites fraîches pour des animations ponctuelles : fêtes paysannes ou associatives, etc. « Le souci est que la date limite de consommation de la frite fraîche est trop courte pour le particulier. De là est venue l’idée de développer la surgélation. » Ayant déjà en sa possession la quasi-totalité du matériel nécessaire pour la transformation (éplucheuse, découpeuse, etc.), il a juste à compléter son installation avec un surgélateur acheté d’occasion. À l’intérieur, il y glisse un chariot équipé de plusieurs plateaux sur lesquels il entrepose environ 55 kg de frites. Deux heures et moins dix-huit degrés plus tard, l’ensemble est congelé et prêt à être conditionné en sachets de 2 kg. Ensuite, place au congélateur dans lequel ils sont stockés jusqu’à leur commercialisation, uniquement au magasin de la ferme pour l’instant.

La frite est « comme elle est »

Début d’activité oblige, il n’a pour l’instant produit « que » 500 kg de frites. Un chiffre modeste au regard des 200 tonnes de pommes de terre qu’il cultive annuellement. À l’heure actuelle, le gros de la production est écoulé à des fermes-auberges du massif, à des restaurants, au Super U de Guebwiller, à des magasins Trèfle Vert et à des particuliers. À chaque fois en vente directe, sans intermédiaire. Une philosophie complémentaire à celle qu'il pratique depuis ses débuts avec les céréales et la commercialisation en circuits longs. « L’avantage avec le circuit court, c’est qu’on a directement la reconnaissance du consommateur. Ça fait plaisir. » Dans le cas de ses frites surgelées, c’est même un plébiscite qu’il reçoit de la part de certains de ses clients. « Ils sont friands de la frite maison qui n’a pas la même saveur qu’une frite industrielle dans laquelle on a ajouté des conservateurs. » Chez lui, pas de triche, la frite est « comme elle est ». Elle évolue en fonction de l’année et de la variété avec laquelle elle est produite, aujourd’hui la Sirco et l’Excellency. Il utilise la première du mois de juillet à Noël, et la seconde après Noël. « C’est à partir de ce moment-là que l’Excellency devient intéressante pour faire de la frite. » Il doit en effet faire attention au niveau d’humidité présent dans ses pommes de terre. « Ainsi, si je sais qu’avant Noël, la Sirco ne va pas être géniale et que l’Excellency ne sera pas encore optimale, j’anticipe et je fais du stock avant histoire de pouvoir proposer des frites au moment des fêtes de fin d’année. »

Objectif : entre deux et trois tonnes à l’année

Le gros avantage des frites surgelées à ses yeux est la souplesse que cela lui offre au niveau de son emploi du temps. « Étant donné que je peux stocker au fur et à mesure, je peux en faire pendant des périodes où mon activité est un peu mois importante. Ou si un client vient au magasin pour en acheter et que je n'en ai pas, je lui demande de repasser trois jours plus tard. Je trouve toujours un créneau pour en produire quelques-unes. Pour un restaurant, c’est un peu différent, car il faut être bien plus réactif. Sans compter que la plupart des chefs aiment bien faire les frites eux-mêmes. C’est pour cela que je privilégie avec eux la vente des pommes de terre non transformées. » Pour les associations en revanche, c’est plus simple. Les dates des manifestations étant connues des semaines ou des mois à l’avance, il peut bien plus s’organiser. Pour les prochains mois, il a déjà 465 kg de frites qui ont été commandées pour des évènements, le tout sans page Facebook ou communication particulière, juste grâce au bouche-à-oreille. À raison de 150 kg de frites produits en une journée, cela lui demandera un peu plus de trois jours de travail pour honorer ces demandes. À terme, il aimerait bien produire entre deux et trois tonnes de frites surgelées par an, à raison d’une demi-journée ou une journée de travail par semaine. Un objectif au long cours qui passera par la diversification de la commercialisation - à partir du mois septembre, il proposera ses frites surgelées au drive fermier de Stosswihr, en plus de ses escargots - et par de l’investissement dans du nouveau matériel. « Pour le moment, je ne suis pas très bien équipé. Les frites longues, je suis obligé de les faire à la main. C’est un peu archaïque. Il faut que je trouve une machine qui fasse toutes les tailles de frites, et plus rapidement. Cela me permettrait de doubler mon débit actuel. » L’étape ultime dans la fabrication de ses frites « maison » serait d’utiliser une huile de tournesol produite par ses soins. « Pour le moment, je m’approvisionne chez un grossiste. Là, j’ai planté quelques ares de tournesol. Je verrai bien ce que ça donne. »

Lutte biologique en viticulture

300 ha de confusion sexuelle en plus

Vigne

Publié le 30/04/2019

Dans les parcelles de vigne qui bordent les communes de Riquewihr, Zellenberg et Beblenheim, la saison des amours s’annonce compliquée pour eudémis et cochylis. Les 24 et 26 avril, les syndicats viticoles de ces trois villages voisins ont concrétisé un projet démarré il y a un an aux côtés des établissements Armbruster : la mise en place de la confusion sexuelle pour lutter biologiquement contre ces insectes lépidoptères, responsables de la pourriture des raisins. Près de cent viticulteurs ont travaillé de concert pour poser les capsules de phéromone sur une surface de 300 ha, à raison de 500 diffuseurs à l’hectare. Chaque diffuseur a une durée de vie de 180 jours. Une première étape avant la couverture intégrale de l’ensemble de bans viticoles en 2020. « Dans un premier temps, on a souhaité faire le tour des villages et maîtriser la technique », justifie Aymé Dumas, responsable technique chez Armbruster Vignes.

 

 

L’atout com' du vignoble

La quasi-totalité des viticulteurs des trois communes a pris part au projet. Seuls quatre d’entre eux ont pour l’instant refusé la pose de capsules au sein de leurs parcelles. « Certains ne veulent aucune intervention dans leurs vignes, tandis que d’autres ne comprennent pas le surcoût demandé », indique Aymé Dumas. En effet, là ou un insecticide classique coûte 50 à 60 €/ha, la confusion sexuelle en demande cent de plus pour la même surface. C’est pour cette raison que les communes de Riquewihr, Zellenberg et Beblenheim ont accepté de verser une aide de dix euros par hectare pour chaque vigneron s’engageant dans cette démarche. Soit 174 exploitations à ce jour.

« C’est essentiel qu’on soit à leurs côtés pour les encourager. On ne peut pas critiquer les pratiques des viticulteurs et se contenter de ne rien faire », explique Daniel Klack, maire de Riquewihr et viticulteur de métier. Une double casquette qui lui permet de mesurer pleinement l’intérêt de cette lutte biologique, tant pour le viticulteur que pour la commune. « À titre personnel, je préfère avoir le moins d’intrants possible quand je travaille dans les vignes. Je préfère perdre 10 % de ma récolte dans le pire des cas plutôt qu’utiliser un produit si je peux m’en passer. Avec ce type d’actions, on montre qu’on a une viticulture propre qui se soucie de l’environnement et des personnes qui vivent à proximité », développe le maire. Pour une commune qui accueille 1,7 million de touristes par an, l’enjeu en termes d’image est considérable. C’est pour cette raison que des panneaux explicatifs sur la lutte biologique seront installés. Afin d’expliquer aux visiteurs ce qui se fait aux abords de la ville, et dans toute l’intercommunalité.

« On recrée un équilibre »

Si le citoyen gagne en confiance vis-à-vis de la viticulture, le viticulteur gagne en confort de travail. Avec ces capsules de phéromones, plus besoin de se poser la question d’un traitement anti-insecticide en cas de besoin. « On privilégie le confort et la sécurité, avec la garantie d’une réelle efficacité contre ces ravageurs », souligne Aymé Dumas. Autre argument essentiel à ses yeux : le respect de la biodiversité environnante. Contrairement à un insecticide classique qui peut avoir des effets collatéraux, la confusion sexuelle n’a aucune incidence sur les autres insectes. « Du coup, on a un effet positif sur tous les auxiliaires de la vigne. On recrée un équilibre sur le long terme. »

Le technicien d’Armbruster Vignes rappelle cependant un détail essentiel : les lépidoptères continueront à voler dans les parcelles. « Mais étant donné qu’ils seront stériles, ils ne pourront plus se reproduire et leur population baissera avec le temps. » Reste à convertir l’ensemble du vignoble alsacien à cette lutte biologique qui rencontre un succès croissant. Avec ces 300 ha supplémentaires, ce sont désormais 1 200 ha qui sont couverts dans toute l’Alsace. Il y a encore un peu de chemin à parcourir avant d’atteindre les 15 000 ha de vignes qui parsèment la région. Mais Aymé Dumas est confiant. Il est convaincu que d’ici quelques années, « les deux tiers du vignoble alsacien seront confusés ». Une bien mauvaise nouvelle pour les amourettes d’eudémis et cochylis.

Gestion de l’eau

« Une solution, pas un problème »

Cultures

Publié le 14/04/2019

Si l’eau est un enjeu essentiel à l’échelle de la planète, elle est aussi liée à des problématiques bien locales. En agriculture, toutes les filières sont touchées et en particulier l’élevage qui doit faire face de plus en plus à des manques de fourrage ou de paille à cause de la sécheresse. Une fois ce constat dressé vient la question de la gestion à long terme de la ressource aquifère. Une thématique qui a été débattue lors d’une table ronde organisée dans le cadre de l’assemblée générale d’Irrigants de France qui se tenait au mois de novembre au Parc des expositions de Mulhouse. Et le stockage de l’eau revient régulièrement dans la bouche des professionnels agricoles. Comment faire des réserves de cette précieuse ressource dans les périodes de fortes précipitations pour pouvoir ensuite les utiliser au cours de périodes de sécheresse de plus en plus longues ? Car le potentiel est là, et pas qu’en Alsace avec sa grande nappe phréatique. « Nous avons le deuxième meilleur potentiel d’eau en Europe derrière la Norvège. Et pourtant, on en utilise que 15 %. Ce qui fait de nous les derniers d’Europe. Stocker de l’eau en hiver pour l’utiliser en été relève d’un bon sens indiscutable. Mais pour cela, il va falloir obligatoirement du financement », explique le président d’Irrigants de France, Eric Frétillère.

« Nous finançons les projets de substitution »

En ces temps de sécheresse budgétaire, la question des crédits disponibles pour de tels projets est assez épineuse. Il y a tout d’abord des fonds mobilisables auprès des Régions, de l’Union européenne via le Feader. Et il y a les Agences de l’eau. Sauf que celles-ci ne sont pas « légitimes » pour financer tous les types de projets, explique Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée. Sans compter que leurs budgets sont en baisse, avec cinquante millions d’euros de moins en six ans due à la volonté du Gouvernement de plafonner leurs recettes. « S’il s’agit de financer un projet qui vise à substituer un prélèvement dans une ressource problématique, en tension, ou déséquilibrée, ou un projet de transfert à partir d’une ressource qui n’est pas en tension comme le Rhône, nous sommes en mesure de contribuer au financement, souligne-t-il. Fondamentalement, nous ne sommes pas opposés au principe du stockage. Mais la légitimité du financement, c’est la substitution. »

Dans sa région, où 40 % des bassins de surface étaient déficitaires en eau fin 2015, de nombreuses démarches collectives ont été lancées. Des « projets de territoire » qui associent l’ensemble des usagers de l’eau sur un territoire donné. Une vingtaine a déjà été mise en œuvre, accompagnés chacun de plans d’action et de solutions « concrètes » : réutilisation des eaux usées pour l’arrosage d’espaces verts, de golfs ou pour la production agricole, désimperméablisation des sols, etc. Au total, soixante-dix projets de territoire ont été accompagnés et financés en partie par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée depuis trois ans. Ces projets de territoire, Irrigants de France y est favorable à condition qu’ils prennent en compte les besoins « nouveaux » pour l’agriculture liés aux changements climatiques, en l’occurrence la création de stockages supplémentaires qui permettraient de maintenir l’irrigation dans les cultures. « Par contre, on nous demande de baisser l’irrigation de 10 %, ces qui n’est pas acceptable. On peut produire demain avec autant d’eau. Nous sommes résolument engagés dans la recherche de techniques et technologies permettant d’obtenir une utilisation optimale de l’eau pour une meilleure efficacité environnementale et agronomique. Alors désirriguer, ce n’est pas aller dans le sens du changement climatique quand on sait que le maïs est une plante qui contribue au stockage du carbone dans le sol. L’irrigation doit être vue comme une solution, pas un problème », rappelle Eric Frétillère.

Fertigation des fraises sous serre

Garantir un minimum de récolte

Technique

Publié le 13/04/2019

Des gelées, de la grêle et zéro fraises récoltées à l’arrivée. C’était en 2017. Une année que Clarisse Sibler et sa fille Pauline Klément, agricultrices à Sigolsheim, préféreraient oublier. Le moral « dans les chaussettes », elles se demandaient quand est-ce qu’elles pourraient produire à nouveau des fraises, avec la garantie du résultat cette fois. Une seule possibilité à leurs yeux pour y parvenir : cultiver les fraises sous serre en utilisant la fertigation. Une pratique peu courante en Alsace où le plein champ est privilégié, mais utilisé depuis de nombreuses années par les producteurs du sud de la France.

 

 

À la différence près que le système choisi par Pauline et Clarisse n’est pas suspendu comme on le voit habituellement dans les serres. « On a choisi un système hors-sol proposé par une entreprise allemande. L’idée est de créer des buttes sous la serre dans lesquelles on y plante les fraises. Elles ne sont donc pas suspendues, mais ne sont pas non plus au contact direct du sol. Le gros avantage est qu’il n’y a pas désherbage à faire. Reste les ravageurs comme les pucerons ou les petits acariens contre lesquels j’envisage de faire de la lutte intégrée », explique Pauline.

Comme les fraises produites dans un système hors-sol classique, le bon développement de ces fraises est lié à ce que le producteur va leur apporter via le réseau d’irrigation. Dans le cas présent, un réseau goutte-à-goutte qui distille l’eau et les engrais (chaux, calcium, fer) à chaque pied de fraises. Le tout pilotable à distance via une application dédiée sur smartphone et ordinateur. Ce qui n’empêche pas Pauline de se rendre deux fois par jour dans sa serre pour contrôler l’arrosage et ajuster la fertigation si besoin.

« Pour une première, j'ai voulu faire au plus simple »

Elle ouvre également les portes latérales de la serre s’il fait trop chaud pour les fraises (à partir de 18-19 °C) comme cela a pu être le cas lors de certaines journées très douces et ensoleillées du mois de mars. Pour le moment, ce sont seulement 50 ares de fraises sur 4,5 ha qui sous cultivés sous cette serre. Elles ont été plantées pour la première fois en février dernier et pourront être récoltées, si tout va bien, dès la fin du mois d’avril.

Pour la variété, Pauline a opté pour la Clery, qui est précoce. « Pour une première, j’ai voulu faire au plus simple avec une seule variété. Mais c’est vrai que si on veut étaler sa production plus longtemps dans l’année, on peut semer des variétés avec des indices de précocité différents et plus tardifs. » Mais passé les risques de gel du mois d’avril, cela n’a plus vraiment d’intérêt d’un point de vue économique considère-t-elle, pour l’instant en tout cas. « Est-ce vraiment rentable au mois de juillet avec des fraises de plein champ à côté ? Je ne suis pas sûre. »

Et puis la tradition du plein champ - et de la libre cueillette - reste bien ancrée en Alsace, contrairement au sud de la France où cette pratique n’existe quasiment plus. De toute façon, l’idée est de voir dans un premier les résultats de cette culture de fraises sous serre en mode hors-sol sol. Entre dix et onze tonnes devraient être récoltées. Un bon début. Ou du moins l’assurance de ne pas terminer la saison avec un zéro pointé.

Les vidéos