Chambre d'agriculture Alsace
« Développer nos services et répondre aux défis de l’avenir »
Chambre d'agriculture Alsace
Vie professionnelle
Publié le 12/03/2020
Cette nouvelle édition du salon international de l’agriculture (SIA), même réduite d’une journée, a été un véritable succès. Enfin, le monde agricole a eu la possibilité de communiquer positivement. « Cela doit interpeller nos décideurs sur la représentativité de certaines minorités agissantes et de groupuscules activistes qui font le buzz sur les réseaux sociaux », observe le président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) Denis Ramspacher. L’Alsace a par ailleurs retrouvé de la visibilité et de la lisibilité à Paris. « Nos exposants et nos filières ont pu en profiter. Merci à nos deux Conseils départementaux pour cette initiative de créer ce nouvel espace, Terr’Alsace, dans le hall dédié aux institutions. Cela a constitué une belle vitrine des savoir-faire alsaciens pour donner corps à la future Collectivité européenne d’Alsace. Pour concrétiser ces nouveaux partenariats, la CAA a travaillé main dans la main avec nos collectivités régionales et départementales, souligne Denis Ramspacher. Les professionnels, eux, ont pu se mettre en valeurs lors du Concours général agricole et aux concours des races pour les éleveurs. »
Le SIA est aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les différents élus nationaux et régionaux. Cela tombe bien. Les dossiers d’actualités ne manquent pas. La revalorisation des retraites agricoles n’est toujours pas actée. « Nous devons obtenir du gouvernement les 85 % du SMIC, tout de suite, pour toutes les petites retraites agricoles », répète le président. Les questions sans réponses sont également toujours nombreuses concernant les zones de non-traitement (ZNT). « L’arrêté fixant à cinq ou dix mètres les ZNT à proximité des habitations a été signé le 31 décembre pour être appliqué le 1er janvier. Il s’agit d’un record de vitesse qui n’est pas courant de la part de l’administration ! Ce texte prévoit la possibilité de réduire les distances à trois ou à cinq mètres. À condition de mettre en œuvre des dispositifs techniques particuliers sur les pulvérisateurs et de signer une charte de « bon voisinage » au niveau départemental », précise Denis Ramspacher. Il rappelle qu’un travail est effectué en Alsace sur une charte pour la viticulture. Mais, pour le reste, et notamment l’aspect réglementaire, rien n’est clair alors que la date des premiers traitements approche. « C’est la raison pour laquelle la profession demande toujours un moratoire sur l’application de ces ZNT. Le temps de travailler correctement sur ces chartes. Le temps d’organiser les concertations nécessaires, notamment avec les maires qui seront élus ces prochaines semaines », ajoute le président.
Maintenir visibilité et cohérence
La profession agricole s’inquiète également des intrusions nocturnes perpétrées par des activistes de la cause animale. Des actions médiatisées de surcroît. « Ceci est inacceptable sur la forme comme sur le fond. Une plainte a été déposée par l’éleveur. Nous avons alerté la nouvelle préfète. Elle a réuni d’urgence la cellule Demeter. De tels agissements doivent être fermement combattus et condamnés par la justice », prévient Denis Ramspacher. Les mêmes inquiétudes concernent les discussions de la nouvelle politique agricole commune (Pac). Des discussions qui s’éternisent. Les professionnels craignent de nouvelles contraintes, mais avec des moyens en baisse. Or, la Pac, à travers son premier pilier, doit rester le levier essentiel pour garantir un socle de rémunération pour la plupart des agriculteurs. « Dans cette période d’incertitudes, il est essentiel de maintenir de la visibilité et de la cohérence autour des futures mesures essentielles pour la vitalité de nos territoires. Les enjeux de l’agriculture sont considérables. Et les attentes envers la Chambre d'agriculture sont grandes. L’État demande de s’engager dans un contrat d’objectifs pour être encore plus efficaces. Avec de nouvelles missions pour accompagner les professionnels vers les transitions économiques, énergétiques et environnementales. C’est l’enjeu de notre projet stratégique », indique le président de la CAA.
Ce projet a été adopté lors d’une précédente session. Il s’inscrit en complémentarité des travaux en cours sur le projet stratégique au niveau régional à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et au niveau national à l’assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), avec la mise en place de seize domaines d’activités stratégiques. Le tout dans un contexte contraint où l’État met la pression pour améliorer l’efficacité du réseau des Chambres d’agriculture. « En Alsace, nous n’avons pas à rougir de nos actions en faveur des agriculteurs et de nos résultats. Sur tous les sujets concernés par le contrat d’objectifs, nous sommes bien positionnés et souvent en avance sur d’autres départements. La fusion « Chambre d’Alsace » nous a fait gagner en efficacité et en compétences. Nous sommes des acteurs essentiels de toutes les politiques publiques sur notre territoire et nous sommes présents sur le terrain sur tous les sujets (lire l'encadré). Je suis donc confiant dans notre capacité à répondre aux défis de l’avenir, de celui de nos agriculteurs et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin de la confiance de l’État et des différentes collectivités régionales, départementales et locales », a conclu Denis Ramspacher.
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