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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture Alsace

« Développer nos services et répondre aux défis de l’avenir »

Vie professionnelle

Publié le 12/03/2020

Cette nouvelle édition du salon international de l’agriculture (SIA), même réduite d’une journée, a été un véritable succès. Enfin, le monde agricole a eu la possibilité de communiquer positivement. « Cela doit interpeller nos décideurs sur la représentativité de certaines minorités agissantes et de groupuscules activistes qui font le buzz sur les réseaux sociaux », observe le président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) Denis Ramspacher. L’Alsace a par ailleurs retrouvé de la visibilité et de la lisibilité à Paris. « Nos exposants et nos filières ont pu en profiter. Merci à nos deux Conseils départementaux pour cette initiative de créer ce nouvel espace, Terr’Alsace, dans le hall dédié aux institutions. Cela a constitué une belle vitrine des savoir-faire alsaciens pour donner corps à la future Collectivité européenne d’Alsace. Pour concrétiser ces nouveaux partenariats, la CAA a travaillé main dans la main avec nos collectivités régionales et départementales, souligne Denis Ramspacher. Les professionnels, eux, ont pu se mettre en valeurs lors du Concours général agricole et aux concours des races pour les éleveurs. »

Le SIA est aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les différents élus nationaux et régionaux. Cela tombe bien. Les dossiers d’actualités ne manquent pas. La revalorisation des retraites agricoles n’est toujours pas actée. « Nous devons obtenir du gouvernement les 85 % du SMIC, tout de suite, pour toutes les petites retraites agricoles », répète le président. Les questions sans réponses sont également toujours nombreuses concernant les zones de non-traitement (ZNT). « L’arrêté fixant à cinq ou dix mètres les ZNT à proximité des habitations a été signé le 31 décembre pour être appliqué le 1er janvier. Il s’agit d’un record de vitesse qui n’est pas courant de la part de l’administration ! Ce texte prévoit la possibilité de réduire les distances à trois ou à cinq mètres. À condition de mettre en œuvre des dispositifs techniques particuliers sur les pulvérisateurs et de signer une charte de « bon voisinage » au niveau départemental », précise Denis Ramspacher. Il rappelle qu’un travail est effectué en Alsace sur une charte pour la viticulture. Mais, pour le reste, et notamment l’aspect réglementaire, rien n’est clair alors que la date des premiers traitements approche. « C’est la raison pour laquelle la profession demande toujours un moratoire sur l’application de ces ZNT. Le temps de travailler correctement sur ces chartes. Le temps d’organiser les concertations nécessaires, notamment avec les maires qui seront élus ces prochaines semaines », ajoute le président.

Maintenir visibilité et cohérence

La profession agricole s’inquiète également des intrusions nocturnes perpétrées par des activistes de la cause animale. Des actions médiatisées de surcroît. « Ceci est inacceptable sur la forme comme sur le fond. Une plainte a été déposée par l’éleveur. Nous avons alerté la nouvelle préfète. Elle a réuni d’urgence la cellule Demeter. De tels agissements doivent être fermement combattus et condamnés par la justice », prévient Denis Ramspacher. Les mêmes inquiétudes concernent les discussions de la nouvelle politique agricole commune (Pac). Des discussions qui s’éternisent. Les professionnels craignent de nouvelles contraintes, mais avec des moyens en baisse. Or, la Pac, à travers son premier pilier, doit rester le levier essentiel pour garantir un socle de rémunération pour la plupart des agriculteurs. « Dans cette période d’incertitudes, il est essentiel de maintenir de la visibilité et de la cohérence autour des futures mesures essentielles pour la vitalité de nos territoires. Les enjeux de l’agriculture sont considérables. Et les attentes envers la Chambre d'agriculture sont grandes. L’État demande de s’engager dans un contrat d’objectifs pour être encore plus efficaces. Avec de nouvelles missions pour accompagner les professionnels vers les transitions économiques, énergétiques et environnementales. C’est l’enjeu de notre projet stratégique », indique le président de la CAA.

Ce projet a été adopté lors d’une précédente session. Il s’inscrit en complémentarité des travaux en cours sur le projet stratégique au niveau régional à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et au niveau national à l’assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), avec la mise en place de seize domaines d’activités stratégiques. Le tout dans un contexte contraint où l’État met la pression pour améliorer l’efficacité du réseau des Chambres d’agriculture. « En Alsace, nous n’avons pas à rougir de nos actions en faveur des agriculteurs et de nos résultats. Sur tous les sujets concernés par le contrat d’objectifs, nous sommes bien positionnés et souvent en avance sur d’autres départements. La fusion « Chambre d’Alsace » nous a fait gagner en efficacité et en compétences. Nous sommes des acteurs essentiels de toutes les politiques publiques sur notre territoire et nous sommes présents sur le terrain sur tous les sujets (lire l'encadré). Je suis donc confiant dans notre capacité à répondre aux défis de l’avenir, de celui de nos agriculteurs et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin de la confiance de l’État et des différentes collectivités régionales, départementales et locales », a conclu Denis Ramspacher.

 

A lire aussi : « Une session chambre axée sur le bien vivre ensemble », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ;

« « Nous avons du pain sur la planche » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Concours des vosgiennes

Girly, cette grande championne

Élevage

Publié le 28/02/2020

Le couple a repris l’exploitation familiale en 2003, la SNC de l’Envers des Graviers. Aujourd’hui, il élève trente laitières, toutes des vosgiennes, et leur renouvellement. « Cela fait quarante années que la race est présente sur ma ferme. À l’époque, un stagiaire de mon père s’était rendu chez Armand Burger pour acheter des veaux. Il avait été séduit », explique Lionel Vaxelaire. Lui-même vient à Paris depuis l’an 2000, année de son premier concours. « C’est la passion. L’envie de se retrouver tous ensemble et de chercher à valoriser la race », précise l’éleveur. Forcément, avec l’expérience et les différentes manifestations auxquelles il participe, il évite certaines erreurs. « Je viens chaque fois avec mes meilleures vaches. J’avais déjà eu une grande championne en 2011, prénommée Schild. De son côté, Girly avait débuté sa carrière en 2012 avec des titres à Wesserling puis a été grande championne en 2016 à Plaine. C’est donc une vosgienne de grande qualité. En 2017, déjà au salon de l’agriculture, elle avait été première de sa section et championne meilleure mamelle », précise Lionel Vaxelaire.

Venir au « spécial » à Colmar

Lundi passé, il a présenté sa vosgienne dans la dernière section, celle des vaches confirmées. « On s’est confronté avec des éleveurs qui ont présenté des vosgiennes de très grande qualité également. Je pense que la longévité de Girly a fait la différence. 696 kg de muscles qui expliquent une solidité à toutes épreuves et une très bonne attache arrière comme avant, un système mammaire élégant et porteur à en faire rougir un taureau, sans oublier des courbes avantageuses qui favorisent son aplomb », poursuit le professionnel. Il constate que, depuis vingt ans, le concours est toujours plus difficile et agréable. « La qualité des animaux a évolué positivement. Les lots sont plus homogènes. Les éleveurs progressent dans la préparation des animaux, dans leur tonte, dans leur façon de leur apprendre à marcher en concours. Il faut dire que la vosgienne est une race au top pour les concours. La mixité de la race est bien mise en avant », conclut Lionel Vaxelaire. Il espère venir avec Girly et sa sœur Girl, pour le « spécial » à Colmar, comme à Paris.

 

 

Inauguration de l’espace « TerrAlsace »

L’Alsace brille porte de Versailles

Vie professionnelle

Publié le 25/02/2020

La musique et les danses alsaciennes ont accompagné ce moment inaugural. L’occasion de rappeler les traditions spécifiques à notre région. « Ici, c’est l’Alsace. On vous reconnaît immédiatement. Nous avions visité votre région il y a quatre ans. Et de tels groupes folkloriques (en l’occurrence, dans le cas présent, celui de Berstett), nous en avions vu dans des fêtes de villages. C’est magnifique », s'exclament Régine et Yves, un couple originaire de Bretagne, de passage, par hasard, à cette inauguration. Un retour de l’Alsace apprécié par les visiteurs du salon de l’agriculture, mais surtout (très) attendu par les élus et les responsables professionnels de la région.

« Nous avons un beau jardin en Alsace. Avec de magnifiques paysages, des champs, des clochers, des villages, des traditions. Ce beau jardin est à (re)découvrir ici à Paris, au SIA, qui célèbre la diversité et la richesse de l’agriculture française », explique Max Delmond, président d’Alsace Destination Tourisme (ADT). Il a été le premier à s’exprimer sur cet espace bien imaginé et fidèle à l’Alsace. Un espace où les couleurs et les symboles (par exemple, la cigogne) permettent d’allier tradition, modernité, design, originalité, jeunesse et art de vivre. « À la veille de la naissance de la collectivité européenne d’Alsace (le 1er janvier 2021), il était évident pour notre région d’être là. Cet espace est une belle opportunité qui nous offre de la lisibilité et de la visibilité. Nous sommes également présents dans le hall 3, avec les autres régions. La présence de l’Alsace constitue un acte de foi. Il s’agit d’affirmer que, plus que jamais, nous sommes dans un territoire fidèle à ses valeurs. Parmi elles, il y a cette agriculture et cette viticulture qui façonnent nos paysages, qui sont acteurs de la biodiversité et qui animent nos villages et notre vie économique », ajoute Max Delmond.

« L’Alsace est une terre nourricière »

Les deux conseils départementaux (Bas-Rhin et Haut-Rhin) et l’ADT ont rivalisé d’imagination pour valoriser cet espace, en lien avec la Chambre d'agriculture d’Alsace. Son président, Denis Ramspacher, n’a pas caché sa joie et sa fierté. « C’est un grand jour pour l’agriculture française et pour le salon de l’agriculture. Après trois années d’attente, l’Alsace est à nouveau visible. Loin de l’agribashing, le SIA permet d’expliquer aux visiteurs ce que l’agriculture fait et, surtout, que nous faisons les meilleurs produits du monde. Je dois saluer l’initiative de cet espace « TerrAlsace » des deux départements et de l’ADT. Le tourisme et l’agriculture ont un lien évident dans le développement de notre région et, demain, dans celui de la collectivité européenne d’Alsace. La Chambre d'agriculture d’Alsace sera à vos côtés comme nous l’avons été aux côtés de la région Grand Est. Et c’est normal car nous organisons ici les médaillés des différents concours. Et, surtout, nous restons fidèles à notre stratégie de développement. Nous accompagnons les agriculteurs au quotidien et nous préparons l’avenir pour répondre aux attentes et enjeux sociétaux. Toutes nos filières sont au SIA, à l’image des arboriculteurs. 15 000 pommes, notamment la nouvelle variété Natti, vont être distribuées. Il y a également les fruits, les légumes, l’élevage, le houblon, les céréales, la viticulture, le pain. Bref, toute la diversité agricole de notre région », assure Denis Ramspacher.

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, s’est montré tout aussi enthousiaste. Il a salué la richesse de cet espace qui fait une belle promotion de l’Alsace. « C’est une belle vitrine, comme celle de la Maison de l’Alsace à Paris. Cette deuxième vitrine, que l’on va désormais revoir chaque année au SIA, fait la promotion notre région à travers sa première richesse culturelle : l’agriculture. Il est important d’être aux côtés des professionnels et nous le serons demain avec la collectivité européenne d’Alsace. Nous allons, à nouveau, pouvoir agir à vos côtés en développant, par exemple, les circuits courts, en luttant contre le gaspillage alimentaire, en jouant la carte de la proximité avec nos agriculteurs et viticulteurs. Nous sommes fiers de vous, de votre travail. Vous accompagnez la transition alimentaire. C’est d’autant plus important que l’Alsace reste une terre nourricière », rappelle Frédéric Bierry.

« Vous êtes les garants de la qualité et du développement durable »

La présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, était tout aussi fière et heureuse de ce grand moment de partage alsacien. D’autant plus que depuis l’ouverture du salon de l’agriculture, les visiteurs se précipitent pour (re)découvrir les arts, les traditions, la gastronomie et la culture de la région. « Il y avait depuis trois années une forte attente. Et, ce succès populaire en est une illustration. Le SIA manquait à l’Alsace comme l’Alsace manquait au SIA car on ne trouvait plus clairement notre région. Ce succès populaire marque le goût pour l’excellence de nos productions et de nos produits agricoles et viticoles. Vous, professionnels, êtes les garants de la qualité et du développement durable. J’entends également, parfois, cet agribashing. Mais je l’oppose à ces femmes et à ces hommes dont nous pouvons toutes et tous être fiers. Nous pouvons avoir confiance en vous et je vous assure de mon respect et de mon soutien. L’agriculture est pour nous un secteur économique fondamental dans le développement de notre région », conclut Brigitte Klinkert.

Il ne restait plus qu’à la Reine des vins d’Alsace, Virginie André, de rappeler qu’elle était là pour promouvoir les vins d’Alsace mais également pour mettre en avant la culture, la gastronomie, les traditions et le tourisme de notre région. Un moment d’émotion pour celle qui a vécu son premier salon de l’agriculture. « C’est un rêve que je réalise. Je suis impressionnée et heureuse de découvrir cet espace qui valorise magnifiquement notre région. Nous avons les meilleurs vins blancs du monde, une gastronomie d’une grande richesse, des terroirs exceptionnels. Et, surtout, les professionnels sont très soucieux, au quotidien, de l’environnement. Nous avons, par exemple, le vignoble le plus vert de France ». Des propos qui ont été suivis par ceux de Delphine Wespiser, Miss France 2012 et, depuis, six ans, ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace.

 

 

A lire aussi : « L’Alsace et son agriculture font leur grand retour au salon », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

 

Vie des journaux

Une page se tourne

Vie professionnelle

Publié le 10/02/2020

Vous avez pris vos fonctions au sein des journaux en 2011. Quelles étaient alors vos motivations pour candidater à la direction de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin ?

Sophie Schwendenmann : « Je ne partais pas en terre inconnue. Je connaissais le Paysan du Haut-Rhin. J’avais eu l’occasion d’y collaborer en 2003 quand je suis arrivée en Alsace. Après quelques années à d’autres fonctions, j’avais envie de renouer le contact avec la viticulture et l’agriculture. Et puis, je souhaitais un poste à responsabilités avec des projets à mener à moyen et à long terme. C’est quelque chose qui me manquait. Le challenge de ce poste était intéressant : deux journaux et deux équipes à faire avancer dans la même direction. Mon objectif était d’améliorer le fonctionnement des deux entreprises en allant jusqu’au bout de la mutualisation de moyens qui avait été initiée et de s’adapter aux nouveaux usages de la presse. »

 

Parmi les projets que vous avez menés au sein des deux journaux, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

« Sans aucun doute, la mise en place d’un outil éditorial commun aux deux journaux. Il a permis aux différents services de travailler ensemble, de la même manière, ce qui a réellement amélioré la synergie. Cette interface a eu un impact important sur l’ambiance interne notamment lors des bouclages - chaque mercredi, avant 18 h - qui sont une source de stress importante. Le niveau de tension a fortement baissé, et ça fait du bien ! Je retiens aussi la mise en place de la plateforme de gestion des annonces légales. C’était compliqué pour de petites structures comme les nôtres mais nécessaire et utile car internet a bouleversé la façon de penser ce service, dont les règles ont été établies en 1945…

Enfin, il y a un chantier permanent, un ouvrage qu’il faut sans cesse remettre sur le métier : c’est l’adaptation aux nouveaux usages en matière d’information. Cela passe par l’évolution du métier de journaliste, des outils numériques, des réseaux sociaux, le lancement d’un service vidéo… Tout en gardant à l’esprit notre raison d’être : répondre aux attentes de nos abonnés. »

 

Selon vous, quels sont les chantiers qu’il reste à mener ?

« La relation avec les abonnés, justement. Ils ne sont pas simplement des adresses postales, mais des professionnels avec qui les journaux sont en interaction. Il faut mieux cerner les besoins spécifiques, que ce soit en termes de contenus rédactionnels, sur le web ou le papier, ou encore de contenus publicitaires.

Il est également primordial de revoir le modèle économique de la Presse agricole départementale (PAD), né lui aussi après-guerre. L’érosion du nombre d’agriculteurs, donc d’abonnés potentiels à l’échelle d’un département, oblige les petits éditeurs à réfléchir. Il faut se détacher de ce qui a été, pour construire ce qui demain sera pérenne. Des outils transversaux permettant une mutualisation de moyens à l’échelle supra-départementale font partie des solutions. Il y va de la survie de la PAD construite sur des circonscriptions départementales devenues trop étroite. À titre de comparaison, en Allemagne, en Suisse, la presse agricole fonctionne à l’échelle de grande région. »

 

Vous avez constamment fait bouger les lignes du journal, innové dans le travail des équipes, stimulé la créativité des uns et des autres. À chaque semaine, une nouvelle idée. Que se cache-t-il derrière cette grande activité ?

« Avoir pour seul objectif de « boucler » un journal chaque semaine ne me suffit pas. Je n’arrive pas à concevoir le travail comme quelque chose de routinier. J’ai besoin de challenges. Cet état d’esprit, je me suis efforcée de le transmettre aux équipes des deux journaux en responsabilisant chacun et chacune, pour tirer l’ensemble vers le haut. De la rédaction à la création en passant par le service commercial, abonnement ou administratif, nous sommes une seule et même équipe. Le monde bouge autour de nous. Nous devons bouger avec lui et pour cela, il faut remettre en question ses certitudes chaque jour. »

 

Vous vous êtes investie au sein du Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), où vous êtes secrétaire générale. Pour quelles raisons ?

« Au-delà de la défense syndicale des intérêts de notre famille de presse, échanger entre collègues permet de s’enrichir. Personne n’a le monopole des bonnes idées. Il faut garder un œil sur ce que font les autres, comprendre pourquoi ils ont tenté telle expérience, se demander, en cas de réussite, si c’est transposable… C’est une sorte de bourse aux idées, dans laquelle j’ai fait mon marché. Ces rencontres et ces réunions ont été une source d’épanouissement personnel.

J’ai également pris conscience que l’agriculture a une grande chance d’avoir une presse agricole aussi diversifiée avec, d’une part, des titres de proximités et, de l’autre, des revues nationales généralistes ou spécialisées. Mais au regard des moyens des éditeurs de presse en général, nos sociétés départementales font figure de petit Poucet. En Alsace, grâce à la mutualisation des moyens entrepris depuis douze ans, nous avons pu innover et proposer de nouvelles sources de diversifications. Il ne faut pas attendre qu’on fasse les choses à notre place. »

 

Au 31 décembre, vous laissez votre place. Quelle conclusion faites-vous ?

« Cela a été une superbe expérience professionnelle. Elle m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires. Je remercie les élus qui m’ont fait confiance, même si parfois ils étaient dubitatifs sur certaines propositions… Et je veux avoir une pensée particulière pour les salariés des deux journaux. J’avais pour habitude de surnommer « mon équipe » : la « Dream Team », parce que la complémentarité de chacun d’entre eux nous a permis de réunir une multitude de compétences et ainsi de réaliser de grandes choses. Rigueur, exigence, professionnalisme, investissement personnel, créativité sont autant de qualités qui les caractérisent. Et je ne veux pas qu’ils l’oublient.

Je suis fière du travail réalisé ensemble. Nous avons pu mener à bien des projets que, chaque journal dans son coin, n’aurait pas pu envisager. Nous avons démontré que l’intérêt général des deux journaux est supérieur à l’addition de leurs intérêts particuliers. »

Vie des journaux

Michel Busch : « Faciliter la transmission des informations, accompagner nos lecteurs »

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2020

Vous avez pris vos fonctions au sein des journaux début janvier. Quelles étaient vos motivations pour candidater à la direction de l’Est Agricole et Viticole (EAV) et du Paysan du Haut-Rhin (PHR) ?

Michel Busch : « Ma première motivation a été de maintenir la dynamique engagée dans les deux journaux. En 2003, j’ai eu la chance d’avoir été directeur de la publication du PHR, c’était une période alors plus tumultueuse. Depuis, je siégeais au conseil d’administration de la SANEP (la société éditrice du PHR, ndlr). Je me suis toujours battu, avec Denis Nass, pour le journal. À l’époque, lorsque la FDSEA du Haut-Rhin a racheté les parts détenues par les Dernières Nouvelles d’Alsace, nous avons maintenu l’autonomie du Paysan du Haut-Rhin. J’ai toujours apprécié les équipes des deux journaux, leur professionnalisme et l’ambiance générale de ces entreprises. Le chemin engagé par Sophie Schwendenmann me paraissait juste. Il me tient donc à cœur de maintenir cette dynamique. »

 

Vous prenez la direction de deux journaux, de deux entreprises. Chacune d’elles a son histoire, son personnel, sa manière de fonctionner. Comment vivez-vous ces premières semaines ?

« J’ai décidé d’endosser cette responsabilité car c’est également pour moi un challenge intéressant. Pour le moment, je regarde comment tout fonctionne. J’observe les spécificités des différents services. Avec cette nouvelle position, je veux mieux appréhender les journaux dans chaque département. Ainsi, j’espère aussi pérenniser le partage du travail entre les salariés sur différents sujets. Pourquoi ne pas travailler davantage encore dans la complémentarité des équipes ? Directeur de publication de journaux agricoles est un métier à part. Je découvre toute la complexité de la réglementation de la presse. Il faut, en outre, prévoir le contenu des journaux, construire ces journaux, répondre aux impératifs des uns et des autres… C’est une gymnastique d’esprit un peu différente de ce que j’ai connu dans mes précédentes fonctions.

Un autre aspect méconnu concerne les publications légales. Une dynamique est en marche, nous devons la poursuivre pour être demain, grâce aux équipes des deux journaux, référents en la matière. Je m’attache par ailleurs à poursuivre le travail engagé concernant le maintien du particularisme de la presse agricole départementale. L’enquête de lectorat effectuée fin 2019 permet de constater que nous avons un rôle important à jouer auprès de nos lecteurs et de nos différents partenaires. »

 

La société évolue et avec elle l’ensemble de la presse. Avez-vous des projets ? Des idées pour fidéliser le lectorat et attirer de nouvelles personnes vers l’EAV et le PHR ?

« Nous devons effectivement réfléchir au développement de nouveaux projets. Nos supports informatiques doivent nous y aider. Pourquoi ne pas imaginer demain une lecture de nos journaux sous forme de « podcasts » de quelques sujets particuliers ? Proposer des résumés de nos articles à nos lecteurs ? Ce sont d’autres moyens de donner de l’information pour des gens toujours plus pressés par leurs activités quotidiennes et qui ne peuvent pas profiter d’un temps de lecture et de pause trop long. Ce service pourrait les attirer vers nous. Ou alors, pourquoi ne pas imaginer de développer des « tutos » pour accompagner nos abonnés ? Nous avons un vrai savoir-faire en interne. À nous de réfléchir toutes et tous ensemble pour apporter des solutions supplémentaires à nos lecteurs. Nous devons également réfléchir à la problématique des choix de gestion en interne qui sont à simplifier. Nous devons faciliter l’utilisation de nos outils informatiques. Et, si possible, mettre en place davantage de partage entre nos deux sites, Sainte-Croix-en-Plaine et Schiltigheim. »

 

Vous êtes connu dans le Haut-Rhin, un peu moins dans le Bas-Rhin. Est-ce un handicap ?

« On me connaît dans le Haut-Rhin, c’est vrai. Dans le Bas-Rhin, c’est différent. Je suis connu des responsables professionnels et moins des exploitants agricoles. Ma chance est de connaître les différents référents professionnels. Je vais donc essayer de créer du lien. C’est une autre facette de ma personnalité. Je sais m’adapter. Jusqu’à présent, mes fonctions professionnelles exigeaient de moi d’être un négociateur, un défenseur. Demain, mon rôle sera d’être un facilitateur, un accompagnateur. Je suis également présent sur les réseaux sociaux. C’est un moyen de communication que je tente d’utiliser au mieux. Je m’efforce de ne jamais oublier de creuser l’information. Ce sera la même chose au PHR et à l’EAV. C’est la culture de la maison : approfondir les informations, accompagner le monde rural, que les gens ne soient pas sans réponse claire. Il faut montrer ce que nous faisons. Ce que nous disons. Nous ne devons pas avoir peur de montrer à nos lecteurs et aux gens qui les entourent le contenu de nos deux journaux.

Le PHR et l’EAV délivrent une information qui accompagne l’activité agricole. C’est important. On ne peut pas dire et écrire n’importe quoi. Nos journaux sont un outil idéal contre la morosité. Dans nos pages, nous pouvons montrer qu’on peut être fier de nos métiers. Trop souvent, on n'a pas osé suffisamment parler de ce que nous faisons, alors que nous le faisons bien ! Nous pouvons et nous devons être fiers en Alsace de ce que nous sommes. »

 

Vous quittez le monde syndical. Avez-vous un (dernier) message à lui adresser ?

« Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont entouré et accompagné toutes ces années. Merci pour leur patience à mon égard. Ils sont un puits de savoir. Ils ont réussi à me transmettre cette passion qu’est le syndicalisme. Ce dernier arrive toujours à mobiliser. Il permet de se regrouper autour du plus grand nombre pour défendre une cause commune. Avec le syndicalisme, je me suis épanoui dans mon métier. Même si ce dernier n’est pas toujours facile. Je profite de l’occasion pour remercier Sophie Schwendenmann pour son investissement, sa vision de la presse agricole, les outils qu’elle laisse à notre disposition. Nous n’avons rien à envier à la presse généraliste. Merci enfin à l’équipe administrative de la FDSEA du Haut-Rhin avec qui il a toujours été agréable de travailler. »

Navet salé d’Alsace

Un légume aux racines anciennes

Cultures

Publié le 25/01/2020

Les transformateurs de navet salé sont donc au nombre de trois. Deux sont installés dans le Bas-Rhin : la choucrouterie de la famille Ades à Krautergersheim et celle de la famille Speisser à Geispolsheim. Dans le Haut-Rhin, la choucrouterie Claude est le dernier établissement du département à travailler le chou et le navet salé. « L’entreprise familiale a été créé par mon père, René Claude, au début des années 1960, explique le gérant, Pascal Claude. En 1968, un bâtiment spécifique de production de 800 m2 a été construit. Il a été doublé en 1978. J’ai intégré l’entreprise en 1980. Au début des années 1990, nous avons modernisé notre outil de production et nous avons développé la cuisson de la choucroute et des navets salés vendus en pots allant de 500 grammes à 10 kg. Nous transformons en moyenne 1 500 tonnes de choux par an et 300 tonnes de navets que nous achetons chez des producteurs situés dans le secteur de Dannemarie. »

 

 

Un peu d’histoire

Les premières descriptions de fabrication des navets salés en Alsace datent de 1539. Ensuite, presque tous les livres de cuisine alsaciens, parus depuis le XVIe siècle, indiquent la manière de préparer les conserves de navet. On parle alors de « Sueri Ruewe », de « Kellernueddle » ou encore de « Keller Staffle ». Trois siècles plus tard, à la fin du XIXe, il est relevé que les « Sauerüben, » des navets confits, faisaient encore l’ordinaire des dimanches bourgeois de Colmar. On servait traditionnellement des navets tous les mardis entre Pâques et la Pentecôte.

Si le navet blanc sous sa forme confite était déjà consommé par les hommes de la préhistoire, les gastronomes de la Renaissance lui reconnaissent des vertus de santé. On apprendra bien plus tard que c’est la fermentation qui permet au navet de se charger en micro-organismes vivants, les probiotiques, particulièrement bénéfiques pour la digestion. Depuis, la consommation de navets salés a évolué. « Dans les années 1960, on vendait autant de navets salés que de choucroute. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car le produit n’est plus considéré de la même façon. Du coup, on tente d’influer différemment la consommation en proposant le navet salé sous d’autres formes. Depuis deux ans, nous faisons du navet bio. Il nécessite cependant davantage de travail car il est souvent plus petit », précise Pascal Claude. La centaine de tonnes de navets salés ainsi obtenue est commercialisée pour 90 tonnes en navets salés crus et pour une dizaine de tonnes en navets salés cuisinés.

Une arrière-saison intéressante

Les navets sont semés après la récolte d’une céréale comme l’orge ou le blé d’hiver, sur une période allant de mi-juillet à mi-août. Après le semis, un démarrage manuel des plantes excédentaires peut être réalisé. La culture est régulièrement binée pour éliminer les mauvaises herbes et réduire les besoins en irrigation. Depuis la mi-septembre, le navet est récolté manuellement ou mécaniquement puis paré manuellement. Cette opération permet l’élimination des fanes et de la base du collet ainsi que du pivot, qui est la racine principale. Les navets arrivent à maturité en 40 à 80 jours, selon les variétés et la taille à laquelle on désire les récolter. Afin que ces opérations soient les plus rapides possible, les navets sont sélectionnés pour leur taille ainsi que pour leur forme allongée, qui facilite le parage et limite les pertes. « Cette année, les navets sont exceptionnellement gros. Cela vient certainement des caprices de la météo. Cependant, nous avons une arrière-saison intéressante et propice pour les navets », se félicite le professionnel. Lors de leurs récoltes, les navets sont composés de feuilles oblongues et de racines charnues de formes (sphérique, allongée, plate) et de couleurs variées (rose, blanche, noire…). À la livraison, les navets sont stockés dans un silo, puis, au fur et à mesure, sont versés dans une laveuse. Cette dernière est différente quand il s’agit de navet bio qui a alors moins de jus. Dans tous les cas, les navets sont ensuite épluchés avant qu’un peigne déroule de longues lanières bien blanches. Le tout est alors mis en saumure dans un silo à l’abri de l’air. Après fermentation anaérobie, les navets salés sont conditionnés puis commercialisés.

À Chavannes-sur-l’Etang, les déchets et jus sont dirigés vers un méthaniseur. Auparavant, ils allaient en station d’épuration. « Nous comptons travailler à l’avenir avec d’autres agriculteurs du secteur pour livrer nos déchets vers un méthaniseur collectif. Le projet est en cours de finalisation. Les travaux pourraient démarrer en 2020 pour un lancement en 2021. La boucle serait bouclée », se félicite Pascal Claude.

Le navet dans tous ses états

Les navets salés présentent de nombreuses vertus. Ils sont faibles en calories, bien pourvus en fibres, riches en oligo-éléments et sont une bonne source de vitamine, minéraux, potassium et calcinsum. L’association pour la promotion du navet salé d’Alsace est là pour valoriser et communiquer positivement sur le produit. L’idée étant d’attirer les jeunes générations, de proposer des idées de recettes pour faciliter l’utilisation ou encore de proposer un packaging prêt à l’emploi pour faciliter l’acte d’achat. Parmi ces plats, on retrouve la tarte au navet, mais aussi différents mets où le navet est mis en valeur en tant que navet salé ou navet cru. Ces recettes ont été dégustées au restaurant « Le Storkahus » à Guevenatten où officie le chef Guillaume Keller.

 

Arvalis - Institut du végétal

Une année marquante pour le maïs

Cultures

Publié le 15/01/2020

La journée est attendue par les professionnels. « Nous nous devons de vous accompagner pour comprendre les évolutions sociétales et avancer tous ensemble », explique en préambule Jean-Marc Schwartz, agriculteur à Ensisheim, administrateur à Arvalis et secrétaire général à l’association générale des producteurs de maïs (AGPM). Cette rencontre a permis d’évoquer les points marquants de la campagne maïs en 2019. « Nous terminons avec une moyenne de rendement de 90 quintaux au niveau national. Nous constatons depuis cinq-six ans une baisse constante. En Alsace, la tendance est la même avec une production de 1,26 million de tonnes de maïs, soit une baisse de 8 % pour une surface de travail de 120 000 hectares (-2,5 %). Nous sommes néanmoins au-dessus de la moyenne nationale avec 96 quintaux dans le Bas-Rhin et 115 quintaux dans le Haut-Rhin. Il y a de grandes disparités. Ces différences s’expliquent par l’irrigation, mais également la pluie », explique Didier Lasserre d’Arvalis.

Dans le Haut-Rhin, les rendements sont plus satisfaisants puisque 50 % de la surface maïs est irriguée. Dans le Bas-Rhin, des secteurs s’en sortent très bien. C’est le cas de Erstein où des précipitations sont venues au bon moment. En revanche, la situation est bien moins favorable dans le Kochersberg. « On a rarement vu des maïs aussi stressés. C’est la même chose en Lorraine qui, depuis quelques années, est très impactée par la sécheresse », ajoute Didier Lasserre. Cette région constate une moyenne de rendement de 60 q/ha. La moyenne est de 81 q/ha en Franche-Comté. Les températures froides au mois de mai ont eu pour conséquence de voir les maïs patiner. Les levées ont été lentes et hétérogènes, avec des pertes. La composition pigmentaire s’est retrouvée perturbée avec des rougissements et une dégradation de la chlorophylle. Pour autant, les variétés ont réagi différemment.

Du stress hydrique

Les maïs touchés par le stress hydrique avant la floraison ont eu un ralentissement du développement et de la croissance. Et donc un impact sur l’indice foliaire et l’appareil racinaire. Il a également été constaté une réduction des organes de réserve du carbone (tige, racines) ultérieurement remobilisés. Sans oublier, une régression des ovules et des problèmes d’émission des soies à l’extérieur des spathes. À la floraison, on observe un retard de la sortie des soies/pollen, moins d’épis et des défauts de fécondation. Le nombre de soies émises à l’extérieur des spathes a été fortement pénalisé et les ovules de la partie supérieure ont été les plus affectés. Des avortements des grains, une baisse des cellules de l’albumen, une diminution des puits et de la vitesse de croissance des grains ont eu lieu après la floraison avec des effets d’échaudage. Une accélération du cycle de la sénescence des feuilles a réduit la photosynthèse potentielle ultérieure. Enfin, il y a eu une remobilisation prématurée des réserves des tiges et des feuilles. Ces effets ont été atténués avec un suivi correct de l’irrigation. Le stade de la floraison-fécondation a été un enjeu face au stress thermique. La viabilité du pollen diminue quand l’humidité relative décroît et quand la température augmente. Par ailleurs, le stress thermique précoce compromet le développement de l’albumen. La période de quatre à dix jours après la pollinisation est la période durant laquelle le développement de l’albumen est le plus sensible aux stress thermiques. Outre ces rendements affectés par le stress hydrique et cette qualité très hétérogène, il faut également observer que les récoltes ont été très échelonnées partout en France, mais également en Alsace.

 

 

Un marché mondial concurrentiel

La production est compliquée, à l’image des marchés. Les stocks chinois et mondiaux se contractent dans un marché beaucoup moins lourd. La production mondiale continue pourtant d’augmenter même si elle n’égale pas encore celle de 2016. Avec 65 millions de tonnes, l’Europe reste dans sa moyenne. Le contexte est cependant difficile. Pour la troisième année consécutive, la consommation est supérieure à la production. « Les stocks sont donc moins importants. Cela a pour conséquence un marché plus tendu et des prix qui peuvent augmenter. Il faut donc faire attention. Sachant que les marchés argentins et brésiliens renforcent leurs positions et que l’Ukraine vient d’avoir pour la deuxième année consécutive une production record. Elle est un concurrent important de la France sur le marché de l’Union Européenne », constate Didier Lasserre.

Un focus a ensuite été effectué sur une fermothèque rassemblant, sur toute la France, treize fermes réparties sur les grandes zones de production de maïs. Trois se trouvent en Alsace (Kochersberg, Sundgau et Hardt). Cette fermothèque permet d’analyser l’évolution des charges complètes en maïs irrigué, en maïs non irrigué, les rendements, les coûts de production et leurs impacts, les prix de vente et prix d’intérêt ou encore les résultats économiques courants.

Spectroscopie proche infrarouge

Place aux analyses du sol. Trop peu seraient réalisées actuellement en France, de l’ordre de 300 000 par an soit un maillage d’une analyse/20 hectares tous les cinq ans. Le niveau réaliste serait de doubler ce chiffre. Cela peut désormais se faire avec une nouvelle méthodologie d’analyse de sol qui doit permettre de cartographier précisément les parcelles. Baptisée « Spirit Sol + », elle associe l’analyse de sol classique à une mesure rapide par spectrométrie proche infrarouge. Cette technologie était déjà employée pour mesurer par exemple la matière sèche de l’ensilage ou le taux de protéine des grains.

Sa rapidité de mise en œuvre permet de multiplier les points de mesure et donc d’affiner la connaissance de la variabilité intra-parcellaire. Le principe est de réaliser une analyse classique et quatre analyses rapides dans chaque maille de 1 ha. Ce service comprend la prise d’échantillons, l’analyse des données et la fourniture de cartes de fertilisation. La profondeur des prélèvements va de 0 à 20 cm. La méthode d’analyse indirecte ou dite alternative est basée sur une mesure physique, une interaction rayonnement - matière qui entraîne une vibration des molécules, et une calibration ou équation d’étalonnage.

L’intérêt de cette spectroscopie est qu’elle ne réclame pas ou peu de préparation de l’échantillon, pas de produit chimique, une rapidité de mesure, un accès à plusieurs paramètres simultanément. Il s’agit d’une méthode simple d’utilisation et non destructive, fiable et reproductible. Chaque point est géoréférencé. La journée s’est poursuivie avec un point sur les ravageurs du maïs.

 

Lire aussi : « Les ravageurs passés au crible » sur le site de L'Est agricole et viticole et sur le site du Paysan du Haut-Rhin

Pisciculture Kohler à Friesen

De l'alevinage à la transformation

Élevage

Publié le 02/01/2020

Co-gérant depuis treize ans de la pisciculture avec ses parents, Jean-Baptiste Stalder ne manque pas de travail. L'activité de l'entreprise se partage entre la production et le négoce de poissons d’eau douce. Elle répond notamment à l’importante demande de carpes transformées pour les restaurants de la région, en particulier le long de la «Route de la Carpe Frite » dans le Sundgau. « C'est vrai qu'elle « booste » l'activité. C'est devenu une tradition de manger de la carpe frite. Mes grands parents, Colette et Édouard Kohler sont partis de pas grand chose. Mon grand-père aidait à l'époque une professionnelle de la restauration. Il avait également des étangs en propriété. Il a commencé à livrer des carpes. Et, dans les années 1990, mon père a alors développé l'activité en faisant un atelier de découpe », raconte Jean-Baptiste Stalder. Aujourd'hui, la pisciculture Kohler gère une centaine d'hectares d'étangs dans le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort, proche de Friesen.

La pisciculture produit carpes, tanches, gardons, sandres, brochets et bien d'autres poissons d'eau douce. Ses clients sont des sociétés et amicales de pêche, des comités d'entreprises ainsi que des particuliers pour leurs propres étangs. « Cette activité est en croissance pour suivre la demande en poissons vivants et de qualité. L’entreprise travaille souvent sept jours sur sept pour répondre à toute demande, grande ou petite, à partir de la carpe à l’unité ! Notre exploitation bénéficie de l'agrément zoosanitaire qui est indispensable pour le repeuplement », précise Jean-Baptiste Stalder qui tient à la qualité et à la disponibilité du service à la clientèle.

L'entreprise assure la livraison par camions-viviers. Ces véhicules et leurs chauffeurs bénéficient de l’agrément pour le transport de poissons vivants. Brochets, sandres, tanches, gardons, amours blancs, silures, esturgeons, perches et black-bass sont disponibles uniquement en saison (d’octobre à avril). Carpes et truites arc-en-ciel sont disponibles toute l’année. La pisciculture peut également fournir d’autres espèces telles que les carpes koï mais aussi les truites farios, les truites jaunes et les saumons de fontaine, notamment pour les journées truites des associations.

Il est frais mon poisson !

L'entreprise transforme les poissons dans son laboratoire. Les procédures de transformation sont strictement contrôlées ; elles font l’objet d’un agrément sanitaire européen, gage de qualité et de savoir-faire. Elle propose du filet de carpe, des darnes (avec arêtes) ou des carpes filetées (sans arêtes).  Une activité soutenue tout au long de l'année. « Nous livrons les restaurants, associations et particuliers sur tout le Sundgau, sur l'ensemble de l'Alsace, mais également dans le Territoire de Belfort, en Haute-Saône et dans le Doubs. Souvent deux fois par semaine. »

Les truites sont simplement vidées ou préparées en filets. Tous les produits de la pisciculture sont transformés et livrés quotidiennement par véhicule frigorifique selon les commandes quotidiennes.

Aujourd'hui, l'entreprise compte cinq salariés à plein temps et trois autres à temps partiel. Elle transforme environ 200 tonnes par an et produit une soixantaine de tonnes dans ses étangs. Les rendements vont de 600 à 800 kg/ha. « Nous sommes tributaires de la météo. Les orages ont fait du bien cette année. Les étangs ont pu se remplir correctement. C'était plus compliqué l'année passée même si nous avons réussi, au final, à faire une belle saison », assure Jean-Baptiste Stalder. Les étangs, propriétés de la pisciculture ou ceux en location vont d'une surface allant de un à quinze hectares. Le plus grand se trouve à Rechesy dans le Territoire de Belfort, il a été pêché le 10 novembre dernier. Généralement, les pêches se déroulent en octobre et en novembre. 

« Une fois que les poissons sont pêchés, ils viennent ici pour le dégorgement. Ils restent quinze jours dans l'eau de source pour enlever le goût de vase (le mauvais goût). Ensuite, on les prélève ou on les transforme en fonction des commandes. On insiste sur le côté fraîcheur de nos produits. Il n'y a pas ici de surgelé ou de congelé », poursuit Jean-Baptiste Stalder. La période de très forte activité se situe pendant les fêtes de Pâques. Le printemps, l'automne et les fêtes de fin d'année (Noël et Nouvel An) sont également de grosses périodes. « Mais, nous travaillons toute l'année. C'est la raison pour laquelle nous avons comme projet en 2020 de construire ici un nouveau bâtiment de 500 m2 pour l'atelier de transformation contre 100 m2 seulement actuellement. Ce nouvel atelier sera aux nouvelles normes européennes, plus spacieux et moderne. Il permettra de travailler dans les meilleures conditions et de poursuivre notre développement », conclut Jean-Baptiste Stalder.

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Choisir son réseau

Vie professionnelle

Publié le 04/10/2019

Sébastien Stoessel : « Une image vaut mille mots ! »

Présent sur Facebook, Twitter, Instagram ou encore Snapchat, Sébastien Stoessel, éleveur à Feldbach, est très actif sur les réseaux sociaux. Il tape sur les touches de son portable depuis dix ans. « Au départ, j’étais spécifiquement sur Facebook. C’était en 2009. Je cherchais à découvrir ce réseau social de façon privée. Très rapidement, mes engagements professionnels et mon activité ont fait évoluer mon attitude. Je suis allé sur Twitter et sur Instagram. C’est là que l’on passe des messages. On y trouve également de nombreuses sources d’information », explique-t-il. Dans la quasi-totalité des cas, c’est l’éleveur qui s’exprime. Rarement, le simple citoyen. Il n’hésite pas à publier de courtes vidéos sur son métier ou ses humeurs. « Je suis passionné par mon métier. Je tente de l’exprimer au mieux. Je suis également là pour répondre à nos détracteurs en argumentant mes propos, en les expliquant. C’est devenu un impératif. Je ne cherche pas à convaincre. Je tente simplement d’apporter un autre point de vue. Je montre que ce que je fais sur ma ferme est pertinent. Que cela répond à des enjeux. Que, comme mes collègues, je fais de mon mieux avec les moyens que l’on me donne. » Pour lui, les photos et les vidéos, même courtes, sont bien plus pertinentes que les longs textes. « Une image vaut mille mots ! Elle doit surtout refléter la réalité du terrain. Je suis quelqu’un qui prend tout en photo. Chaque semaine, je dois en publier une quinzaine ».

Les réseaux sociaux sont également une source de débats internes à la profession agricole. Il fait partie de groupes d’échanges et de discussions. Sur ce plan-là, les réseaux sociaux sont positifs. En revanche, il y a le côté négatif. « Facebook est un bon exemple. L’arrivée de personnes plus âgées sur le réseau fait qu’elles sont désormais nombreuses à écrire tout et n’importe quoi. Elles s’expriment beaucoup. Cela renforce leur poids car elles sont visibles. Sur Twitter, tu te fais vite rappeler à l’ordre. Sur Facebook, c’est bien plus pervers. »

Il se lève sur Twitter chaque matin. Avec les applications qui sont présentes sur son téléphone portable, il pense passer une moyenne de deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Il a pourtant évolué au fil des années. « Je n’écris plus sous le coup de l’émotion. Je ne publie que très rarement des choses privées. Sur Twitter, dès que j’ai une info, j’appelle mes collègues pour les informer ou je la retweete immédiatement. Enfin, Facebook, je l’utilise de moins en moins. Ce sera le premier réseau que je vais quitter », conclut-il.

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Choisir son réseau

Vie professionnelle

Publié le 04/10/2019

Aurélie Quirin : « On a tous à y gagner en étant présents »

La présidente de l’organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et secrétaire de Bio en Grand-Est Aurélie Quirin, de Weyer, n’a rejoint les réseaux sociaux qu’au début de cette année 2019. Elle reconnaît s’y être intéressée au moment de sa prise de fonction à la présidence de l’Opaba. « Je me suis orientée naturellement, et en premier lieu, vers Twitter. J’ai identifié ce réseau social comme un bon moyen de communiquer et de partager intra et hors réseau. Twitter trouve toute son utilité pour interpeller les médias, les élus à tous les échelons, ou encore les leaders d’opinion. Je m’en suis pas mal servi au moment du débat sur les serres chauffées en bio. Précisément pour interpeller le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, ou de grands chefs cuistots, pour les inciter à se mobiliser sur le sujet. Twitter me permet également de faire de la veille sur les sujets qui m’intéressent : agriculture bio, alimentation, environnement, vélo… », souligne-t-elle.

Elle a également rejoint Facebook il y a trois mois. « Je trouve que ce réseau présente l’avantage de faire rapidement réagir les gens sur des sujets qui les touchent, mais dont ils ne se saisissent pas spontanément, comme le lien entre le citoyen, son alimentation, et l’impact direct de celle-ci sur l’environnement, la santé et l’économie locale. Il est urgent que les citoyens se réapproprient leur alimentation. Facebook permet aussi de mettre en avant la dimension humaine du métier de paysan, de partager des moments du quotidien de la vie de la ferme afin de sensibiliser les gens à certaines questions, certains sujets dont ils ne connaissent pas le fonctionnement, voire, l’existence. Sur Facebook, contrairement à Twitter, je publie régulièrement des posts privés, pour partager un poème par exemple, ou bien en rapport avec la famille, les enfants, le quotidien, le vélo. » Dans les deux cas, elle évite de multiplier les posts. Elle préfère des interventions rares et espacées, mais claires. Enfin, elle estime que les professionnels doivent être présents sur les réseaux sociaux. « On a tous à y gagner en étant présents et à s’investir davantage dans la communication. Mais ce sont des outils que beaucoup d’entre nous, moi la première, ont encore besoin d’apprendre à apprivoiser, afin d’en tirer le meilleur, et d’apporter des réponses diplomatiques et correctes à certains commentaires. »

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