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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Christian Dietschy à Brunstatt

Le lin, culture de diversification

Cultures

Publié le 01/10/2019

Christian Dietschy s’est installé sur l’exploitation d’un oncle en 1994, puis a créé une Earl avec celle de ses parents en 2014. Aujourd’hui, il cultive 185 hectares sur Brunstatt et son proche secteur : un peu plus de 80 ha de maïs, 42 ha de blé, 33 ha de betteraves, 15 ha de colza, des prairies et/ou jachère et, depuis cette année, 3,5 ha de lin. « Les betteraves sont livrées à la sucrerie d’Erstein. Toutes les autres productions sont livrées à la Coopérative agricole de céréales.

Il y a un quai de chargement sur l’exploitation à Brunstatt. À l’époque, c’était pratique. Nous étions isolés. Mais, par génération, nous perdons 1 kilomètre de terres agricoles au profit de l’urbanisation. Nous sommes désormais au milieu des habitations et des routes », explique l’agriculteur.

Dans ces conditions, il a fallu faire évoluer les pratiques. Le temps où il était encore possible de faire de l’élevage laitier ici est loin désormais. C’est pourquoi Christian Dietschy tente de faire du lin oléagineux de printemps. Un lin dont les graines produisent une huile riche en oméga 3 et qui se distingue du lin dont on utilise la fibre pour la création de tissus et autres draps (une spécialité que l’on retrouve dans le nord de la France). Christian Dietschy a réalisé « les semis juste après ceux de la betterave, début avril. Nous avons utilisé une herse rotative et un semoir à céréales classique. Nous travaillons à une densité de 750 grammes par m2 avec une profondeur de 2 cm. Nous utilisons trois variétés différentes : marquise, précoce, empress et progress, plus tardives. Cela permet de comparer les parcelles sur les trois bandes et de voir clairement les différences », explique-t-il. L’agriculteur a effectué un désherbage en deux passages, utilisé un fongicide et un régulateur, mais n’a pas eu recours à un insecticide.

Un créneau économique potentiel

Les fleurs, de couleur bleu lavande, sont apparues début juin. La floraison dure trois semaines. « Le matin, le champ était argenté. Ce qui en a interpellé plus d’un : on m’a posé de nombreuses questions. La fleur est éphémère, présente pendant quatre à cinq heures. Le lendemain, il y en a de nouvelles. Visuellement, c’est très joli. Techniquement en revanche, c’est plus complexe. Nous partons dans l’inconnu, car c’est la première année de production. L’idée est de voir si cette culture est adaptée au climat de la région et à notre terroir. Dans le Nord, elle réussit très bien. Mais les sols sont différents, tout comme la météo », ajoute Christian Dietschy.

Il espérait réaliser une première récolte entre le 10 et le 15 août. Elle a été retardée par un orage et 150 mm de pluie. « Il était ensuite impossible de travailler dans les parcelles. Nous pensons pouvoir récolter 2 à 3 tonnes de lin, sachant que la moyenne française se situe entre 1,9 et 2 t. Le travail et le suivi sont proches de ceux du colza. Je ne connaissais pas spécialement la culture de lin, mais je peux compter sur l’aide du service technique de la coopérative. L’objectif est de savoir si techniquement c’est réalisable et durable, et si c’est un créneau économiquement intéressant. Si c’est le cas, on ira encore plus loin. Nous allons essayer cette culture deux ou trois ans, car aucune année ne se ressemble », souligne Christian Dietschy.

À noter qu’il existe du lin d’hiver qui aurait davantage de potentiel. Mais la difficulté se situe à la récolte. « Il faut utiliser le bon matériel. La lame de coupe de céréales doit être bien aiguisée et très coupante pour casser le filtre », conclut Christian Dietschy. En attendant, place à cette première récolte de lin, qui doit se faire en journée, par forte chaleur. Il ne faut pas qu’il y ait de rosée sur le lin. Outre Christian Dietschy, trois autres agriculteurs testent actuellement cette culture dans le département, dans des zones géographiques différentes, afin d’essayer différents protocoles.

72foire aux vins d’Alsace de Colmar

316 140 entrées pour une édition magique

Vigne

Publié le 08/08/2019

On le pressentait. Le bilan à mi-foire était déjà prometteur. Et les derniers jours ont vu une belle fréquentation dès les premières heures d’ouverture. « Oui, 2019 peut être considérée comme une « année magique ». Avec 316 140 visiteurs en dix jours, Colmar dépasse ce seuil des 300 000 entrées et conforte sa place de troisième foire de France. Ce chiffre, c’est tout de même 4 fois et demie la population de Colmar », se félicite le directeur des foires et salons à Colmar Expo, Christophe Crupi.

 

 

La programmation du festival, avec sept concerts complets et les autres pas loin de l’être, a attiré 100 000 spectateurs. Ce qui est également un exploit. Aidée par « des températures exceptionnelles », la foire, elle aussi, a tiré les chiffres vers le haut avec « 35 % d’augmentation sur les entrées gratuites le matin et 85 % sur l’après-midi », ajoute Christophe Crupi. Le cabaret colmarien, après la disparition de Jean-Marie Arrus l’an passé, a pris le virage de la nouveauté avec le spectacle de Jean-Luc Falbriard qui a trouvé son public avec beaucoup de monde en soirée. La formule de la manifestation, à la fois salon commercial, salle de concert et fête du vin, fonctionne toujours auprès du public. « La fréquentation de la foire aux vins a augmenté de 32 % en dix ans. C’est un travail de longue haleine, qui repose en partie sur la communication, un pilier important de ce succès », précise Christophe Crupi pour qui, commercialement, les exposants semblent satisfaits.

 

 

« Cette foire est un très bon millésime pour les vins d’Alsace »

Précisément, par la voix de Thierry Fritsch du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA), la viticulture alsacienne affiche également sa satisfaction. « Pour les vins d’Alsace, cette foire est un très bon millésime. Cette halle aux vins climatisée a été très appréciée. Et notre stand au cœur de cet espace a trouvé son public. Il y avait du monde tous les jours, toute la journée. Les trois familles professionnelles ont pu échanger avec les gens et ont eu des visites de l’ouverture à la fermeture. Il y a beaucoup de discussions avec les producteurs. La position de ce stand dans cette halle a permis de faire rencontrer les professionnels du vin avec les consommateurs. Inutile de préciser que, dès à présent, nous pouvons affirmer que nous repartons avec vous l’an prochain pour une nouvelle édition », se félicite Thierry Fritsch. Il affirme également que la décoration du stand a été pertinente et que la viticulture régionale compte encore augmenter la présence des vins d’Alsace pour l’an prochain. « Nous espérons maintenant que le millésime 2019 qui arrivera en septembre sera aussi beau que celui de la foire », conclut Thierry Fritsch.

Au parc agricole, même si le public n’est pas le même, les allées étaient également bien garnies. De nombreux exposants n’ont pas caché leur enthousiasme. Ils ont pu rencontrer leurs clients et échanger avec eux, tout en présentant de nouveaux produits. Concernant l’avenir de la Foire aux vins, les responsables de Colmar Expo ne le cachent pas : ils veulent encore progresser. Ils comptent accentuer encore davantage leur communication. « Nous ne faisons pas la course aux chiffres, mais c’est une belle satisfaction de pouvoir constater que cet événement est partagé. Si nous avons pu augmenter la fréquentation de 32 % en dix ans, c’est aussi grâce à la communication qui est un pilier important de cette réussite. Les réseaux sociaux, la presse écrite, la télévision, la radio et le bouche-à-oreille fonctionnent. Nous insistons sur les animations permanentes de ces dix jours pour tous les publics », conclut Christophe Crupi. Ce dernier, malgré la fatigue et des vacances à venir méritées, a déjà dans sa tête la 73e édition. Nous l’attendons également…

 

Filière forêt-bois

La forêt en urgence sanitaire

Vie professionnelle

Publié le 08/08/2019

Le dépérissement de la forêt est en cours. La couleur rouge devient omniprésente. Ces constats viennent de nombreux observateurs d’une forêt qui brûle. « Nous sommes vraiment très inquiets. Il s’agit de notre patrimoine, de notre cadre de vie. Mais également de questions environnementales et économiques. On a tout d’abord évoqué les problèmes des maladies du bois avec les scolytes. Il y a ensuite eu ces canicules et cette sécheresse. Nous nous interrogeons sur un possible phénomène de pollution atmosphérique. Il y a un gros problème, c’est une certitude. » C’est en ces termes que Laurent Lerch, maire de Masevaux-Niederbruck, a ouvert la réunion qui s’est dérouéle en présence d’élus locaux, de conseillers régionaux et de représentants de l’Office national des forêts (ONF) et de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

 

 

L’image est en effet frappante. En visitant, notamment, le col du Schirm, les sapins rougis occupent de plus en plus d’espace au milieu de la forêt. « Je suis attristé par cette situation dans cette vallée qui est ma vallée d’origine. C’est pourquoi je suis venu rencontrer les élus, scientifiques et techniciens. Pour évoquer des solutions et répondre aux enjeux économiques et de développement durable », explique le président de la Région Grand Est, Jean Rottner. La conséquence économique de la mortalité des sapins ? La commune de Masevaux-Niederbruck craint de devoir emprunter au budget principal pour abonder le budget forêt. « Les coûts d’entretien, mais aussi les frais d’exploitation seront plus importants pour couper le bois sec, qui ne nous rapporte rien en comparaison du bois frais », déplore Raymond Trommenschlager, l’adjoint au maire de Masevaux chargé des finances. Il appréhende de voir fondre comme neige au soleil les 120 000 € de recettes annuelles que représente la forêt pour la commune.

Le problème des sangliers

Pour tenter de trouver des solutions à ce phénomène qui se prolonge, le maire de Masevaux a fait appel à l’Inra. « L’objectif est de mettre en place une expérimentation. Il faut tester et diversifier. On pourrait sélectionner des essences de sapins qui ne sont pas natives d’ici et les planter. Il faut aller vite. On va d’abord tester le reboisement par îlots, puis nous ferons d’autres expériences », précise le directeur de recherche, Laurent Saint-André. Sachant qu’un « site atelier » pour replanter en îlot coûte 200 000 €. « La Région accorde des aides spécifiques pour les scieries et la replantation, qui peuvent monter jusqu’à 40 %. Mais j’ai le sentiment qu’il faut aller plus loin. Nous pourrions débloquer de nouvelles aides cet automne, à condition qu’elles soient adaptées aux besoins », prévient Jean Rottner. « Nous sommes prêts à ce que Masevaux devienne ce laboratoire, ce territoire d’expérimentations. Nous avons pris un peu d’avance et j’espère que notre vallée servira à d’autres, également concernées par ce phénomène », réagit Laurent Lerch.

Un travail d’autant plus immense que ce problème est européen. Plus de 80 millions de md'épicéas sont touchés sur tout le continent. Et l’Allemagne est encore plus impactée sur les résineux. « Au niveau commercial, deux années de récolte sont arrivées en six mois. Il y a saturation du marché. Ici en France, mais aussi dans des pays comme l’Allemagne et l’Autriche. La plupart des arbres n’ont même plus d’écorce. Le bois est difficilement vendable », constate l’ONF.

Préserver la filière bois

Tout en gérant le présent, il va falloir adapter les forêts au futur. « Un travail s’impose avec les acteurs de la forêt, chasseurs, pêcheurs, randonneurs. Les sangliers surconsomment en forêt. Et c’est un problème pour les jeunes pousses d’arbres et pour les insectes. Il faut donc contenir cette population. Si on ne permet pas à la nature de se développer, la végétation ne pourra plus s’exprimer et la forêt va continuer de dépérir », prévient Laurent Saint-André.

En conclusion, Jean Rottner a proposé aux élus locaux une rencontre plus importante en septembre. « La filière forêt-bois est un modèle d’économie durable que nous devons préserver. Elle est identifiée comme l’une des filières majeures du Grand Est. À ce titre, la Région s’est dotée d’une politique ambitieuse, à travers le contrat de filière bois 2017-2020 qui vise à valoriser une ressource régionale significative et à développer les activités économiques des territoires, notamment ruraux. Nous devons désormais aller plus loin. Surtout après ces canicules et cette sécheresse. Et sachant que ces événements climatiques sont amenés à se répéter de plus en plus souvent. En parallèle, nous soutenons la filière dans la crise du scolyte à travers la mise en place de plusieurs mesures, comme le soutien aux entreprises de transformation du bois pour les inciter à acheter ce bois malade. À la rentrée, nous devrons reparler de tout cela », conclut Jean Rottner.

Soirée des exposants et prix de l’innovation

Promouvoir le parc agricole

Vigne

Publié le 01/08/2019

La soirée des exposants est un moment convivial qui s’est déroulé en présence d’élus du conseil d’administration du Paysan du Haut-Rhin (PHR), dont son président Laurent Rimelin. Le directeur de Colmar Expo, Christophe Crupi a salué l’initiative de ce rendez-vous. « Cette soirée contribue à l’animation positive du parc agricole. Nous faisons le maximum pour attirer les gens sur vos stands. Un comité de pilotage du parc agricole, lancé par l’équipe du PHR, se retrouve trois à quatre fois dans l’année pour réfléchir aux animations du parc pendant la foire aux vins. Le « P’tit marché » du samedi en fait partie. Ces initiatives mettent le focus sur le parc et contribuent à tisser des liens entre les exposants », se félicite Christophe Crupi. Un moment de convivialité et de partage bien ancré dans les habitudes du parc agricole. « Cette soirée, nous y tenons. Nous sommes preneurs de vos idées. Nous essayons effectivement de dynamiser la fréquentation du parc agricole en proposant de nouveaux rendez-vous. Mais, ces événements ne marchent que si vous y participez. Contribuez à cette nécessaire émulation », ajoute la directrice du PHR et de l'Est agricole, Sophie Schwendenmann.

Candidatez !

Le prix de l’innovation est aussi un outil pour faire parler des nouveautés techniques. « Cette année, nous avons reçu neuf candidatures. Nous vous invitons à participer plus activement car nous voulons parler de vos nouveaux produits. Nous avons lancé cette année une consultation sur internet. Un galop d’essai pertinent puisque, en une semaine, 1 000 personnes sont allées voir sur la page les innovations présentées. Pour vous, c’est de la communication gratuite », insiste Sophie Schwendenmann. Le jury est issu d’un partenariat historique entre les journaux agricoles, la Chambre d'agriculture Alsace, l’union des œnologues, la fédération des CUMA du Grand Est et le Parc Expo ; il a choisi cette année le pulvérisateur Drift Recovery VVER du constructeur italien Friuli présenté par la société Baehrel Agri Groupe RWZ à Marlenheim. Ce pulvérisateur a été pensé pour l’environnement, pour un traitement confiné et optimal qui combine un système de panneaux récupérateurs et des flux d’air tangentiel. Ces panneaux très particuliers arrêtent les gouttes mais pas l’air.

Cave du Vieil Armand à Soultz-Wuenheim

Travaux de rajeunissement

Vigne

Publié le 12/07/2019

 

Les travaux ont été décidés à la suite d’une réflexion de plusieurs mois menés en 2018 par le conseil d’administration de la cave du Viel Armand. « Depuis l’installation du vendangeoir à l’arrière du bâtiment, sur le côté de la Route des vins en 2000, aucun travail important n’avait été réalisé. Nous avons pensé que ce serait opportun de moderniser les lieux. L’idée est d’augmenter la surface d’accueil, et de privilégier l’aspect visuel de la cave afin de lui offrir une plus grande visibilité et lisibilité. C’est tout de même ici la porte d’entrée de la Route des vins et de l’entreprise. Nous voulons proposer une belle vitrine, une belle image », explique Laurent Franck, président de la cave du Vieil Armand. Le cabinet d’ingénierie IDC de Cernay, avec lequel la cave a déjà travaillé, a été missionné ; il fera également ses préconisations pour le chantier suivant, la rénovation du musée.

Chaque chose en son temps. Les travaux ont débuté lundi 1er juillet et devraient durer quatre mois. « Un budget de 380 000 € a été voté, dont 100 000 € pour la démolition d’une partie des lieux. Nous ne voulons pas de marteau-piqueur afin de protéger les carreaux vitrifiés à l’intérieur du bâtiment et ne pas endommager la cuverie existante. Les travaux se feront par sciage. Nous allons augmenter la surface de 100 msur les 2 000 menviron de surface totale. La fresque sera rafraîchie et l’espace d’accueil sera plus important. Cela facilitera l’accueil des groupes avec un espace extérieur à l’abri des intempéries », ajoute Laurent Franck.

Des terroirs

La cave du Vieil Armand veut innover, faire en fonction de ses capacités et demeurer la porte d’entrée du vignoble sur la Route des vins d’Alsace. Elle réalise un chiffre d’affaires de 4,8 millions d’euros (M€), dont 1,4 M€, soit 28 %, au caveau. « Il marche très bien depuis son extension en libre-service en 1993. Les gens apprécient les lieux, qu’ils peuvent fréquenter tranquillement tout en bénéficiant des conseils de nos salariés. L’attractivité complémentaire du musée avec ses diverses expositions, est un plus indéniable », rappelle Laurent Franck. Sans oublier la qualité des vins. « Grâce à nos terroirs exceptionnels, nos trois grands crus - Ollwiller, Spiegel en gewurztraminer et Zinnkoepflé en pinot gris - et le travail de nos adhérents, nos vins sont appréciés. L’année écoulée, nous avons obtenu 48 médailles dans les différents concours. C’est une belle reconnaissance et une vraie notoriété », se félicite Laurent Franck, qui préside la cave depuis août 2016.

Ses 79 adhérents exploitent 143 ha de vignes, de Cernay à Soultzmatt. La cave fonctionne grâce à un conseil d’administration soudé et treize salariés. Une vraie dynamique alors que la cave du Vieil Armand fête cette année son 60anniversaire.

 

 

Dégâts de sangliers et de cerfs

La situation s’aggrave en montagne

Élevage

Publié le 19/05/2019

Il se présente comme un « néo-rural ». Originaire de la Moselle, il a fait un bac agricole avant de travailler dans des fermes et en fromagerie. Avec son épouse, Guy-Loup Botter arrive par hasard en Alsace et tombe sous le charme de ce lieu situé au-dessus de Sainte-Croix-aux-Mines, à 650 mètres d’altitude. « Le coin était un peu perdu. Les lieux étaient entourés de la forêt. Nous avons décidé de construire et de commencer cette aventure », explique l’éleveur. La ferme de la Bouille est née.

La famille Botter a tout d’abord passé son temps à augmenter ses surfaces en défrichant les lieux pour s’ouvrir de nouveaux espaces. Au début des années 2000, un nouveau bâtiment voit le jour. Il va servir à abriter le cheptel. Actuellement, l’exploitation compte une vingtaine de vaches vosgiennes et 70 bêtes au total. « Nous cherchons à le stabiliser. Un système de stabulation est en place dans le bâtiment d’élevage que nous avons agrandi pour assurer davantage de confort aux vaches. Nous pensons que si elles sont bien installées, elles produisent mieux. Ce bâtiment tient sur trois étages. On a construit une fumière en complément du bâtiment historique », précise Guy-Loup Botter. Sa production ? Il ne fait que de la viande. Le couple produit des bœufs en les élevant jusqu’à l’âge de trois ans. Il les finit totalement pour obtenir de la viande grasse. La qualité naturelle de la Vosgienne, avec une bonne finition, permet d’obtenir une viande de qualité que l’on retrouve ensuite en boucherie. « Nous proposons une viande exceptionnelle. Quand ce n’est pas le cas et que nous pensons que la viande est « moyenne », nous la passons en steak haché ou en charcuterie. Cette viande est vendue aux particuliers, à des restaurateurs ou encore au magasin de producteurs à Sainte-Marie-aux-Mines. Nous faisons également un peu de produits transformés et un peu de forêt. De la prestation pour des propriétaires forestiers et du bois de chauffage en hiver », poursuit Guy-Loup Botter qui, comme son épouse, est en fin de carrière. Ce sont leurs enfants, Violette et Per-Loup qui vont prendre leur suite.

Des pertes importantes

Toutes ces années, la famille Botter a passé son temps à défricher les lieux. « On a du mal à trouver du foncier ici. Alors, on a ouvert le paysage. Ici, il y avait des ronces par exemple », précise l’éleveur en indiquant ce pré où se tiennent les vaches. Autre particularité de cette exploitation, elle se trouve au milieu de deux versants. Ils sont envahis par les sangliers et, phénomène nouveau et plus important, par les cerfs. « Là-bas par exemple, j’ai une parcelle de huit hectares. Je suis contraint régulièrement de déclarer environ six hectares de dégâts de sangliers. À chaque fois, je dois ressemer, fertiliser et espérer pouvoir récolter. À chaque fois, que ce soit les sangliers ou les cerfs, ils repassent dessus. L’année passée, j’ai pu avoir un rendement de seulement 500 kg de foin à l’hectare. Or, c’est ma seule récolte de l’année. Pour nourrir mes bêtes et passer l’année, je suis donc obligé d’acheter du foin ou de la paille », s’agace Guy-Loup Botter.

Et les dégâts ne sont pas les mêmes. Visuellement, ceux des sangliers sont facilement observables à l’œil. Les parcelles sont saccagées. Pour les cerfs, il faut être davantage un spécialiste et un observateur des lieux. « Dans le « meilleur » des cas, l’herbe est tassée par les cerfs. Elle est du coup de moins bonne qualité. Dans le pire des cas, les cerfs la mangent. Ils ne se cachent presque plus. Ici, il y en a une vingtaine en permanence », ajoute l’éleveur.

Il y a deux ans, le parc des Ballons des Vosges avait organisé une réunion dans la vallée de Munster sur le sujet. Un état des lieux avait été effectué. Une conclusion en était sortie : 28 % de l’herbe de la ressource fourragère dans cette vallée était mangée par lesdits cerfs. « Depuis, la situation s’est aggravée. Ici, j’ai mesuré que, depuis deux années, on pouvait faire monter cette estimation à 60 % et, dans tout le massif, à plus de 50 %. Ce n’est plus acceptable. Il y a dix ans, quand on voyait un cerf, on en parlait sérieusement. Aujourd’hui, c’est devenu une banalité et un problème », poursuit Guy-Loup Botter. Il pointe du doigt l’attitude des chasseurs qui, selon lui, ne respectent pas les plans de tirs. Il s’agace également de l’attitude des autorités qui ne font rien pour traiter le sujet qui est devenu un véritable problème économique qui s’ajoute à celui de la sécheresse. « On a toujours acheté du foin ou de la paille, mais jamais autant que ces deux dernières années et jamais aussi tôt dans l’année, ni de façon aussi fréquente. À ce rythme, l’agriculture de montagne est menacée », conclut Guy-Loup Botter.

Distribution automatique de produits

Compléter une offre de proximité

Technique

Publié le 17/05/2019

L'installation de Thomas Jehl s’est inscrit dans le cadre d'un projet de développer la production d’asperges. Il a alors géré cette production avec la partie viticulture de l’exploitation alors que son père, Clément, était en charge des céréales. Depuis, l’exploitation a poursuivi sa croissance. En 2016, à la retraite de son père, Thomas Jehl a pris, seul, la tête de l’entreprise. Il a gardé toutes les productions et en a ajouté. Depuis trois ans, il cultive de la pastèque qu’il récolte dans la deuxième quinzaine du mois d’août. Il est passé de 500 plants à 1 500, soit une production de 2,5 tonnes. Il y a également une activité, sur cinq hectares, consacrée aux plaquettes aux bois, mais aussi un verger où il produit sur une trentaine d’ares de la rhubarbe, et de nombreux produits de saison comme de la tomate, des concombres, des petits marrons, des courgettes, des aubergines. Sans oublier des cultures de niche comme le jus de raisin, des œufs avec ses quelques poules, du maïs doux ou encore du vin nouveau. Tous ces produits sont vendus au magasin de vente directe situé sur l’exploitation. « Nous vendons ce que nous produisons. J’apprécie ce contact direct avec les gens. Ils viennent du village, mais également des alentours. Il y a beaucoup de fidèles. En complément, une partie des produits se retrouve au magasin Cœur Paysan à Colmar. Cette année, je collabore également avec l’enseigne Match à Sélestat. Je le fais car il n’y a pas besoin d’intermédiaires. C’est une relation directe entre le producteur et l’acheteur. Pour les asperges, nous écoulons la production récoltée le matin même. Nous en vendons chez quelques restaurateurs et en vente directe, chez Match, à Cœur Paysan et tout récemment à Cornes et Carotte. En pleine période de récolte, nous sommes une vingtaine », explique Thomas Jehl.

Une utilisation simple

Depuis six ans, l’agriculteur écoule également ses produits par le biais d’un distributeur automatique qui se trouve dans la cour, à l’arrière de l’exploitation. Dès sa mise en place, le succès a été au rendez-vous. « J’étais convaincu depuis longtemps, car j’en avais vu plusieurs du même type lors d’un séjour en Allemagne. À l’époque, il n’y en avait pas beaucoup en Alsace. Peut-être dix. Je voulais me libérer du temps tout en permettant aux gens de venir chercher des produits. Les gens viennent tout le temps, toute la journée. Il y a cinquante casiers. Je tente de varier les produits en fonction des saisons. On peut y trouver des asperges, des potirons, du jus de raisin, des œufs, des pommes de terre, des fruits et des légumes. Des choses simples à avoir et appréciées par les consommateurs », raconte Thomas Jehl. En période de production des asperges, il faut réapprovisionner le distributeur automatique trois à quatre fois par jour. Pour les tomates et les concombres en été, c’est la même chose. En hiver, les passages sont un peu moins fréquents. Mais, les produits se conservent mieux. « Les gens connaissent les lieux. Ils viennent avec leur sac et savent ce qu’ils veulent. Pour l’exploitation, ce distributeur automatique est un vrai attrait commercial », se félicite l’agriculteur. Il est également très rentable car il ne nécessite que très peu d’entretien. Filbling Distribution se charge de changer, quand il le faut, le monnayeur et l’écran tactile. Pour le reste, l’utilisation est simple. Tant pour l’agriculteur que pour les consommateurs. Forcément, ce flux de passage motive Thomas Jehl et l’incite à innover pour pérenniser son exploitation. Actuellement, des tentes « abritent » le magasin de vente directe. L’idée est de faire un nouveau bâtiment pour le rendre encore plus facile d’accès et pour faciliter son remplissage. « On a déjà fait le béton. Il faut maintenant poursuivre les travaux. Une fois ce bâtiment opérationnel, nous allons déménager le distributeur automatique et l’installer contre ce nouveau bâtiment », précise Thomas Jehl. À plus long terme, il a également l’idée de faire un drive avec des casiers avec un système qui permettrait aux gens de commander sur Internet et de là chercher encore plus aisément. Il veut enfin développer un site internet pour valoriser encore davantage l’exploitation familiale. De tous ces projets, la finalité est de demeurer proche de ses clients avec un contact direct pour un service de proximité. La filière courte du producteur au consommateur dans toute sa finalité.

Congrès Cnaoc en Alsace

La viticulture à l’heure de la réforme de la Pac

Vie professionnelle

Publié le 02/05/2019

La Pac est appelée à être réformée. L’assemblée générale de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (Cnaoc) a examiné les propositions que la Commission européenne a mis sur la table. « Depuis dix ans, nous avons une politique basée sur les vins de qualité qui nous a plutôt réussi. L’Europe est passée de 2 à 12 milliards d’euros d’exportation. 70 % de ces vins sont en indication géographique protégée (IGP). Nous avons gagné la bataille de la compétitivité », indique Joao Onofre, chef de l'unité vin et spiritueux de la Commission européenne.

Quelle place pour les vins désalcoolisés ?

Parmi les nouvelles questions soulevées au sein du débat européen : le marché des vins sans alcool. Il existe un marché pour ces vins, donc une concurrence à réguler et des enjeux « au titre de la politique de la santé ». Mais dans quelle catégorie les positionner ? Dans les produits industriels, au risque de voir leur production échapper à toute règle viticole ou dans la famille des vins ? « La viticulture doit faire le même effort intellectuel que les autres secteurs des boissons », estime Joao Onofre, en les intégrant dans l'Organisation commune de marché (OCM) Vin. Un point de vue qui n'est pas partagé par les professionnels (lire encadré).

Pour améliorer la transparence, la profession doit aussi avancer sur la question de l’étiquetage nutritionnel et sur la liste des ingrédients. La Commission mise sur l’autorégulation et prévoit la possibilité de dématérialiser ces informations (via un QR code par exemple). Cela doit permettre de protéger le secteur par rapport à des initiatives nationales plus contraignantes qui fleurissent en Europe, notamment dans les pays non-producteurs.

 

 

Un processus otage de plusieurs échéances

Le processus législatif européen, outre sa complexité, est soumis à des échéances. Tout d'abord dans le contexte du Brexit, le budget européen n’est toujours pas arrêté. Ensuite les élections européennes du 26 mai prochain s’annoncent décisives. « Il y a un risque d’une composition difficile (du Parlement) pour établir un consensus. Cela peut avoir comme conséquence un retard dans l’adoption de cette réforme. Quoi qu’il en soit, il faut continuer à travailler sur ce dossier pour aboutir à une nouvelle politique agricole commune le plus tôt possible. Ce sera pour 2021 si tout va bien. Sinon, en 2022 », conclut le chef de l'unité vins de la Commission.

Une analyse partagée par le député européen sortant, Éric Andrieu, rapporteur du texte. Il s’est dit confiant sur le rapport principal de l’OCM Vin soutenu à 80 % par la Commission agriculture du Parlement européen. Par contre, il est plus inquiet pour la mise en oeuvre des plans sectoriels, qui ont été transferés de l’OCM Vin vers trois plans stratégiques. L’avenir de ces rapports dépend de la composition du Parlement européen. La conférence des présidents doit décider de la suite à donner à ces rapports qui n’ont pas bénéficié du même soutien massif des élus sortants. « Soit le process se poursuit. Les différents rapports sont présentés en session plénière. Ils seraient alors votés avec des possibilités d’amendements. Nous pourrions donc être opérationnels en 2021. Soit un second scénario se dégage. Il ne permettrait pas de dégager de majorité pour ces rapports ou pour certains d’entre-eux. Il faudrait alors reprendre le travail, renommer les rapporteurs pour aboutir à la situation d’aujourd’hui, mais avec un an de travail perdu », constate Éric Andrieu.

La Commission agri du Parlement propose de majorer de 3 % les nouveaux programmes sectoriels. Sur les autorisations de plantation, « nous les prolongeons à l’horizon 2050 avec une première évaluation à horizon 2023 puis tous les dix ans. Cela doit permettre d’inscrire cette règle dans le marbre pour donner de la perspective. Il y a eu un vote largement majoritaire sur ce point », indique Éric Andrieu. La Commission agri a par contre rejeté la proposition sur l’autorisation des cépages issus de Vitis Labrusca. « Cependant, on autorise là où c’est déjà existant », précise Éric Andrieu, légalisant ainsi des situations existantes sans permettre leur développement. Une ouverture aux hybrides issus de Vitis vinifera sur les vins avec IG est prévue pour travailler sur l’adaptation climatique et phytosanitaire. Le facteur humain, comme élément central des AOP a également été réintroduit dans le projet d’où il avait disparu. La Commission agri prévoit aussi que le dispositif sur l’étiquetage des apports énergétiques entre en application dans un délai de 18 mois après la réforme. Concernant la liste des ingrédients, les professionnels devraient bénéficier d’un délai de 36 mois pour s’adapter.

 

 

 

Earl du Roetling à Traubach-le-Bas

La Tuile du Sundgau, un fromage de diversification

Vie professionnelle

Publié le 15/04/2019

Originaire de Carspach, Maïté Richert, 29 ans, n’était pas forcément destinée à travailler sur une exploitation agricole. Après un bac science et technique en laboratoire, puis une licence en génie de l’environnement, elle a souhaité se réorienter après un premier stage en entreprise. Auparavant, elle a passé une année en Irlande où elle A fait du Wwoofing. Elle se retrouve dans différentes fermes où elle s’occupe des vaches et de la traite. C’est sa première découverte concrète du monde agricole. Ensuite, elle effectue plusieurs stages à l’étranger. Des stages liés à la biodiversité, à l’agro écologie, à l’optimisation des déchets, à l'étude des impacts de l'utilisation de pesticides. « Ces stages ont forgé mon projet de vie et ma vie professionnelle. J’ai alors eu envie d’aller plus loin dans ma réflexion sur les pratiques agricoles, sur l’environnement, sur la façon d’agir pour la planète dans notre vie de tous les jours », explique Maïté Richert. Elle effectue un Master puis un service civique dans une association à Strasbourg travaillant sur différents projets sociaux et agricoles. Elle a un temps l’opportunité d’être contrôleuse Pac et de faire un stage en fromagerie.

« Nous étions en 2015. Une année qui a été décisive. Je me rendais compte des limites du travail humanitaire qui était jusque-là ma priorité dans la vie. Je voulais faire quelque chose de plus concret. La solution était de faire de la vente directe sur son territoire, sur sa ferme. J’ai alors suivi une nouvelle formation. Cela correspondait à mon envie de travailler localement, afin de pouvoir fabriquer quelque chose de mes mains », ajoute la jeune femme.

Dans le même temps, son compagnon, Stéphane Muller, 30 ans, a poursuivi ses études qui l’ont mené à une prépa à Nice et à réussir son diplôme d’ingénieur informatique en 2013. Une belle réussite pour ce fils d’agriculteurs qui a suivi l’évolution de l’exploitation à Traubach-le-Bas. « Adolescent, j’ai toujours aidé mes parents et j’ai continué à le faire à chaque fois que j’étais en congés pendant mes études. L’évolution de la ferme m’a toujours concerné. J’ai un temps travaillé à mi-temps dans l’informatique. Mais, cela était compliqué à concilier avec le travail à la ferme. J’ai donc décidé de rester définitivement sur la ferme. D’abord en tant qu’aide familial. Je me suis ensuite installé au terme d’un parcours non aidé qui était plus simple et avec bien moins de contraintes administratives. Une installation aidée aurait nécessité de se conformer à un projet initial alors que je voulais être libre de mes choix », précise Stéphane Muller. Le jeune couple décide donc de monter un projet commun sur l’Earl du Roetling.

 

 

Un sens pédagogique

Maïté et Stéphane prennent le temps de construire ce projet professionnel. Il évolue au fil des mois. L’idée est finalement de rénover un bâtiment pour se doter d'une fromagerie et un local de vente directe. Les travaux débutent au début de l’année 2018. De nombreux artisans locaux interviennent. « On est passé d’un petit projet dans un local frigo de 30 m2 pour transformer 30 000 litres de lait à un projet de 100 000 litres sur 100 m2. On a pris le temps de maturer ce projet. On a fait en sorte que le coût énergétique soit le moins fort possible. Les travaux se sont ensuite bien déroulés. Le 8 janvier 2019, on a fait le premier écrémage de lait et le 15 janvier, on a pu officiellement ouvrir ce magasin », se félicite Stéphane Muller.

Initialement, ce bâtiment avait a une charpente en bois sur un mur en agglo. Un étayage de la charpente a été réalisé afin de supprimer le mur. Une ossature bois a été réalisée avec une isolation de 14 cm de laine de verre et des panneaux « sandwichs » de 6 cm ont été installés. Au plafond, il y a 20 cm d’épaisseur pour assurer une isolation maximale. Les ventilations sont en VMC double flux décentralisé​ pour limiter les pertes de chaleur. Il y a un seul groupe froid avec un récupérateur de chaleur pour chauffer les pièces qui le nécessitent. Des fenêtres permettent, depuis l’extérieur, d'observer tout le travail autour du fromage. « Nous voulons expliquer aux gens de cette façon ce que nous faisons. Cela a un sens pédagogique », plaide Stéphane Muller.

Depuis la fin du mois de janvier, la couple commercialise ses fromages appelés Tuile du Sundgau. La réussite a été immédiate. La demande très forte. Une cinquantaine de fromages hebdomadaire étaient prévus. 250 sont désormais écoulés chaque semaine alors que ce chiffre devait être atteint sur trois ans ! « Cela montre les limites d’une étude économique, d’un prévisionnel. Il faut dire que les gens nous connaissent et attendaient le produit. Nous le vendons ici au local de vente, mais également à l’îlot Fermier à Hirsingue, au Champs de l’Ill à Spechbach-le-Bas, au magasin « Fraîcheur Paysanne de l’Ill » à Ruelisheim, au marché fermier de Manspach, ainsi qu’à Traubach-le-Haut à la ferme du Hohbourg. C'est le produit phare de notre gamme. La Tuile du Sundgau est un fromage à pâte molle avec une croûte mixte. On le lave un peu et on laisse la croûte se développer. C’est un fromage grand public qui est doux avec un léger goût de noisette et un peu fruité », se réjouit Maïté Richert. Son nom est un clin d’œil au passé du Sundgau et à son essor économique.

 

 

Un cheptel qui évolue

Le travail ne manque pas à la ferme. Il y a les autres produits laitiers que sont le beurre, la crème, le lait cru, le fromage blanc traditionnel type bibeleskaes, les fromages apéritifs, frais, affinés ou façon crottins. Tous ces produits sont en vente au magasin. Et, il y a toutes les autres productions de la ferme qui représentent toujours une autre charge de travail. 70 hectares de foncier et 65 vaches à dominante Holstein. « Mais, depuis trois ans, l'intégralité du troupeau est croisé avec des Brunes des Alpes, des Montbéliardes et des Jersiaises. La moyenne de production est de 8 000 litres par vache (moyenne économique à 43,5/34,5) », précise Stéphane Muller.

L’exploitation est également céréalière avec une vingtaine d’hectares de blé, cinq hectares de maïs grain et des cultures fourragères comme la luzerne, le maïs ensilage, l’herbe. Là également, le jeune éleveur est en réflexion. « Je fais une rotation des cultures, mais je me cherche encore car nous sommes en transition vers le non-labour. Je tente de produire plus de protéines d’où l’intérêt de la luzerne et des méteils. À terme, nous souhaitons que le troupeau diminue si la fromagerie est bien rentable. Nous ne nous fermons pas de porte. Nous voulons augmenter la pâture et l’herbe dans les rations », poursuit Stéphane Muller. Le couple fait un peu de steak haché, du veau gras et de nombreux produits laitiers.

 

Les produits de la ferme sont également disponibles en vente directe le mercredi de 16 h à 19 h 30 et le samedi de 10 h à 12 h 30.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Du producteur au distributeur

Cultures

Publié le 08/04/2019

Cette signature n’est que l’officialisation de ce qui a été discuté dès 2017. « Nous nous étions engagés mutuellement sur des quantités et sur un prix des produits », rappelle Claude Keller, gérant de la société ID3A à Balgau. Il s’agit en effet de l’élargissement de ce premier accord qui avait pour objectifs de relancer la création de valeur sur le territoire et en assurer l’équitable répartition. Permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes. Mettre à la disposition du consommateur une alimentation saine, sûre, durable, accessible à tous, en veillant à maintenir une souveraineté alimentaire. Poursuivre la transformation des systèmes agricoles afin qu’ils soient hautement performants. Pile dans l’esprit de la loi Egalim

Le contrat a été basé sur une construction des prix à partir de l’amont. Il prend en compte les coûts de production des produits agricoles dans un contexte mondial concurrentiel, ainsi que la volatilité des marchés agricoles. Depuis, les partenaires se sont revus et ont fait évoluer leur entente. Le prix de la salade a été réajusté pour tenir compte des contraintes de travail. Un accord a également été trouvé sur le prix du persil et un nouveau produit, le radis rosé. « Nous sortons d’une année 2018 atypique en termes de météorologie. Nous avons réalisé un volume intéressant, en progression de 10 %, et un chiffre d’affaires en augmentation de 12 %. Ces derniers mois, Système U a joué le jeu et nous a permis d’obtenir des prix adaptés au marché. Nous avons été mutuellement réactifs », se félicite Claude Keller.

Pas d’intermédiaire

Ces bonnes relations de toute la chaîne sont dans l’intérêt de tous les professionnels et des consommateurs. L’occasion de rappeler que le circuit court est aussi dans les grandes et moyennes surfaces. « Les GMS ne sont pas que des intermédiaires. Dans le cas présent, nous travaillons directement avec les producteurs. Nous discutons ensemble sur les prix de produits que nous achetons localement et que nous revendons localement. Il n’y a personne entre nous. Pour les consommateurs, c’est l’assurance de trouver une alimentation saine et locale. Les circuits courts ne se cantonnent pas seulement à des ventes à la ferme. Là, nous revendons des produits récoltés le jour même », rappelle Thierry Boltz, président de Système U Est.

Présent lors de la signature de cette contractualisation, le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, Pierre Lammert, s’est félicité de cette bonne entente et de ces relations commerciales positives. « À l’interprofession, nous nous réjouissons de ces actions professionnelles communes. Avec l’enseigne U, cela devient une bonne habitude. C’est important pour les producteurs de connaître les prix de leurs produits, de savoir ce qu’ils peuvent faire. Ils ont ainsi une meilleure visibilité. Vous êtes en avance sur la loi. C’est une bonne chose. »

 

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