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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Avec l’EM Strasbourg et le conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace

La digitalisation du tourisme : une opportunité de développement

Vie professionnelle

Publié le 29/03/2019

Le rapport à la consommation de produits et de services touristiques devient de plus en plus informé, intelligent, communautaire et connecté. Dans le même temps, on assiste à une mutation de l’offre avec l’apparition de nouveaux services liés à ces nouveaux usages. L’augmentation de la flexibilité et de la rapidité, avec lesquelles un large éventail de services et de produits est proposé aux consommateurs, modifie la structure de l’ensemble du secteur. Cela crée à la fois des opportunités et des menaces pour toutes les parties prenantes. Néanmoins, il ne s’agit pas seulement de technologies, mais également de permettre l’inter-connectivité, l’engagement, la co-création et la création de valeur pour l’ensemble des acteurs de l’industrie du tourisme. « Cette conférence doit permettre d’aborder cette problématique dans le cadre d’un cycle qui a débuté en 2016 avec une première rencontre portant sur le vin et la santé. Puis en 2017, avec le vin et le numérique, et enfin en 2018, avec un sujet portant sur la valorisation du vignoble alsacien à travers l’œnotourisme », explique Coralie Haller, enseignante-chercheuse à l’EM Strasbourg et porteuse de la Chaire « vin et tourisme ».

C’est en 2017 qu’a été créée cette chaire qui a pour ambition de mettre la recherche académique au service de la filière. Elle doit également former de jeunes diplômés du monde entier, imprégnés de la culture du vin, des terroirs et paysages d’Alsace. Elle renforce la position de l’école de management de Strasbourg aux côtés des vignerons, coopératives, négociants et de l’interprofession. Elle s’impose aussi comme une nouvelle étape de cette démarche, après avoir en 2015 lancé un Master 2 et une spécialisation du programme Grande école, intitulé « wine management and tourism ».

Le « eTourisme »

En partenariat avec le conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace, le Crédit Agricole Alsace Vosges ou encore les grands chais de France, ce dispositif s’est donc développé en s’intéressant aux problématiques spécifiques des filières de la viticulture et du tourisme. Avec trois objectifs principaux : innover en constituant un lieu d’échanges professionnels, proposer des formations de haut niveau, échanger sur les besoins et les bonnes pratiques pour favoriser des partenariats et des rencontres.

Le sujet de la digitalisation de l’industrie du tourisme rentre dans ce cadre de travail. La conférence a tout d’abord permis d’éclairer le public présent sur une réalité : on est passé du tourisme au « eTourisme ». Pour cela, la technologie de l’information et de la communication (TIC) joue un rôle essentiel dans la compétitivité des entreprises liées à l’industrie du tourisme. Les modes de consommation ont changé. Le tourisme électronique est devenu une réalité. Il est grandement lié à l’utilisation et à l’application des TIC à tous les processus et à toutes les chaînes de valeur du tourisme, des voyages à l’hébergement. Le rapport à la consommation de produits et de services touristiques devient de plus en plus connecté via différents supports comme les tablettes, les ordinateurs, les applications, les téléphones. Sans oublier les réseaux sociaux.

De nouveaux décideurs

Désormais, il y a également de nouveaux « décideurs » qui fixent les règles du jeu, augmentant du même coup la flexibilité des entreprises et la rapidité de leurs services. Pour séduire la future nouvelle clientèle, les entreprises du tourisme n’hésitent plus à utiliser le virtuel pour expérimenter leurs propositions de voyages. La société haut-rhinoise LK Tours en est un exemple. C’est une entreprise en pleine transformation digitale. « Cette transformation se base sur trois piliers : l’expérience client, les processus opérationnels et les modèles d’affaires. Nous avons fait le constat que le voyageur s’inspire de contenus en ligne pour découvrir et préparer son voyage. Par le passé, nous répondions à ses interrogations avec des catalogues, des livres, des documentaires. Aujourd’hui, nous utilisons les réseaux sociaux et le virtuel. De chez lui ou de nos agences, nous lui permettrons de découvrir virtuellement son futur séjour. Cette réalité virtuelle permet également à LK Tours de communiquer sur la réalité d’un voyage en autocar de grand tourisme, de donner envie de découvrir des destinations à faible notoriété ou encore d’interpeller et d’attirer les clients sur des salons et en agences. Les solutions proposées sont alors des simulateurs de voyage en autocar, des vidéos à 360° courtes et commentées », explique Stéfan Vrtikapa, chargé de marketing et développement au sein de la société.

Dans le même esprit, le digital s’installe progressivement dans le back office des acteurs du tourisme. Souvent confrontés à des difficultés de recrutement, les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie voient fleurir une offre nouvelle de service spécialisée pour trouver la main-d’œuvre nécessaire qualifiée. Des plateformes en ligne destinées à leur faciliter la vie à l’image de Badakan, une application qui met en relation un vivier de personnels compétents et les professionnels qui ont des missions à proposer. « Outre la prise en charge par le site des aspects administratifs et contractuels, Badakan repose également sur un système de notation de ses membres pour rassurer les employeurs et vice-versa », explique Marion Besancenot, chargée des opérations et du recrutement du site. 

Il en va de même pour la « Legal Tech » créée par l’avocate spécialisée en droit du tourisme, Élise Fabing, à l’origine pour le réseau des Offices tourisme de France. « Nous voulons proposer à nos clients une plateforme regroupant toute l’information juridique, accessible et claire sur le droit du tourisme et un système de réponses automatisées aux questions les plus simples qu’ils se posent », explique-t-elle. Un moyen de gagner du temps et de l’argent tout en renforçant la relation avec les professions juridiques. « Cela nous permet d’optimiser les process et les coûts pour être plus disponibles et nous concentrer sur les taches à forte valeur ajoutée », ajoute Élise Fabing. Enfin, la conférence s’est terminée avec l’intervention de Jean-Philippe Loir-Mongazon, « maire du village by CA » du Crédit Agricole Alsace Vosges. Il a présenté ce village. À savoir : un écosystème innovant conçu comme un lieu de partage et de création qui favorise les échanges innovants et accompagne les start-up.

 

Opaba

Le bio poursuit son développement en Alsace

Vie professionnelle

Publié le 26/03/2019

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le 31 décembre 2018, 838 fermes étaient engagées en bio en Alsace, dont 107 nouvelles fermes pour la seule année 2018. Elles occupaient 27 190 hectares, soit 8 % de la surface agricole utile (SAU). Toutes les filières sont concernées par cette croissance : la viticulture évidemment, mais également le lait, les légumes, la viande, les fruits ou encore le monde de l’aviculture. « Nous avons multiplié par trois le nombre de producteurs bio dans la région entre 2007 et 2018. Nous sommes dans une belle et réelle dynamique. Nous avons dépassé le stade d’une agriculture de niche. Notre objectif est d’atteindre les 33 660 hectares soit 10 % de la SAU en 2020. Cette hausse permettrait d’atteindre symboliquement la barre des 1 000 exploitations engagées en bio », explique le président sortant de l’Organisation des producteurs de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), Julien Scharsch.

Pour structurer la demande et l’offre, mais également pour pérenniser ce développement du bio, un réseau s’est organisé. Il s’articule autour de trois échelons : les groupements départementaux des agriculteurs bio, les groupements régionaux et la fédération nationale d’agriculture biologique. Dans le Grand Est, ce réseau s’est donné pour mission d’accompagner le développement de l’agriculture biologique, par le partage d’une agriculture ouverte à tous les agriculteurs. Il souhaite aussi développer des filières structurées et équitables pour permettre le développement de fermes viables avec des produits bien identifiés localement par les consommateurs. Enfin, il s’agit de contribuer au développement du tissu agricole et de l’économie rurale, autour de projets territoriaux contribuant au développement local, à la préservation de la qualité de l’eau, de l’air, des sols et de la biodiversité. Ce réseau était constitué fin 2018 de 988 adhérents dont 459, soit 63 %, pour la seule Alsace.

« Vivre de nos métiers »

La dynamique est réelle. Mais, elle est freinée par des difficultés administratives et financières. « Le retard des aides pour le bio est une réelle source d’inquiétudes. Et, surtout, elle engendre de très gros problèmes de trésorerie pour de nombreux exploitants. La réponse que l’on nous donne n’est plus tenable. On envoie des sondes sur la planète Mars, mais l’informatique empêcherait un paiement en temps et en heure du travail des agriculteurs bio. Cela suffit ! Les fermes bio rendent un service à la société qui n’est pas marchand. Nous attendons en retour que la société reconnaissance cette réalité », s’agace Julien Scharsch. Des propos complétés par Paul Fritsch de la Coordination Rurale. « Il faut que l’on puisse vivre de nos métiers. Pendant longtemps, on a orienté les agriculteurs à produire des choses que la société ne voulait pas acheter. Les exploités allaient là où il n’y avait pas de marché. Il est temps de changer de philosophie. Il faut inciter les agriculteurs à suivre le choix des consommateurs. Sur ce point, à l’Opaba, vous êtes en phase avec la réalité du marché. » Présent à la réunion, Denis Schott pour la direction départementale des territoires (DDT) a tenté de rassurer les professionnels sur le paiement des aides. « Il est en cours dans sa plus grosse partie pour l’année 2016. Les dossiers sont en instruction pour l’année 2017. Et pour 2018, l’objectif est de pouvoir dégager une première partie du budget d’ici un mois. Nous pensons que d’ici l’été, voire l’automne prochain, l’essentiel de ces paiements aura été réalisé. » Des propos qui n’ont pas semblé convaincre les agriculteurs présents.

Des grandes cultures à la viticulture

Pour développer l’agriculture biologique dans les territoires, l’Opaba poursuit son travail de recherche et de développement sur deux thèmes principaux : la restauration de la qualité de l’eau d’une part, la relocalisation de l’alimentation et la limitation de l’impact environnemental d’autre part. Pour le premier point, un travail est effectué autour des captages dégradés (Kintzheim, Hilsenheim, Mommenheim, Rouffach). Sur le second point, une étude de faisabilité est en cours pour le développement d’un magasin de producteurs dans l’Eurométropole de Strasbourg, l’introduction de produits bio en restauration sur l’agglomération de Mulhouse, de nouveaux projets alimentaires en Alsace Bossue ou encore l’accompagnement de la mutation agricole de la ferme de l’association Adèle de Glaubitz à Cernay. « Nous œuvrons sur tout le territoire avec différents partenaires. Ces états des lieux, ces diagnostics ou encore ces sensibilisations auprès des collectivités ou des habitants sont un préalable à la réussite de ce développement du bio », indique Antoine Gueidan, en charge de la question à l’Opaba.

Un tour d’horizon de la situation des différentes filières a été effectué. Pour les grandes cultures, le secteur d’activité est encore le moins concerné par le bio puisque seulement 210 fermes sont concernées pour une surface de 4 089 hectares, soit 2,1 % des surfaces des céréales. Des perspectives de développement existent cependant et de nouveaux professionnels s’inscrivent dans la démarche. C’est par exemple le cas de Thomas Ditner, jeune céréalier installé dans le Sundgau et élu lors de cette assemblée générale au sein du conseil d’administration. En revanche, la filière viticole en Alsace est exemplaire, et même « moteur » dans son développement. Il y a dans la région 359 domaines en bio et 55 en conversion en 2018. Cela représente environ 3 016 hectares soit 19 % de l’ensemble du vignoble. « La dynamique de conversion est forte et elle est réelle dans toutes les structures. Tout le monde n’a pas le même objectif, mais le travail de qualité est bien là. Nous accompagnons ces mouvements en réalisant un gros travail de communication comme, par exemple, les rendez-vous des vignerons bio ou différentes dégustations », se félicitent Martine Becker et Bruno Schloegel en charge du dossier à l’Opaba.

Un constat cependant : la prudence est de rigueur. « Aujourd’hui, tout le monde veut être plus bio que son voisin alors que, nous pionniers, nous avons dû nous battre pour pouvoir exister au départ. Faisons attention à ce que nous faisons », préviennent les professionnels. Cela passe par de la pédagogie. Il ne s’agit pas seulement de produire, mais également de pouvoir accroître la consommation des produits bio. « Nous comptons donc développer la consommation des produits bio en restauration collective. Différentes animations sont ainsi proposées dans les écoles primaires, dans les entreprises ou dans les établissements scolaires », indique Dany Schmidt, vice-président sortant de l’Opaba. Il s’agit également de développer la distribution des produits bio régionaux en circuits courts, ou encore de mener de nouvelles opérations de communication.

Aurélie Quirin succède à Julien Scharsch

Enfin, l’assemblée générale a approuvé le rapport financier qui présente un excédent de 1 053 €, le tarif des cotisations dont le système est basé sur des tranches de chiffre d’affaires et renouvelé son conseil d’administration. Sur ce dernier point, Julien Scharsch a indiqué qu’il allait céder la présidence de l’Opaba. « Je viens d’effectuer un mandat qui a débuté en 2015. Merci à toutes et à tous pour ces quatre belles années. Un important travail a été mené en équipe. Il n’est pas fini. On ne lâche rien », conclut Julien Scharsch. Le conseil d’administration de l'OPABA qui a eu lieu quelques jours plus tard lui a trouvé un successeur. Il s'agit d'Aurélie Quirin. Elle est exploitante agricole à Weyer en Alsace bossue.

Sima 2019

La recherche et la promotion de l’innovation

Technique

Publié le 13/03/2019

C’était par exemple le cas pour Lemken. L’entreprise a présenté pour la première fois ses bineuses de précision au Sima. Elle a également tenu un stand commun avec l’entreprise hollandaise Steketee, qu’elle a rachetée l’été dernier, et qui est spécialisée dans les bineuses avec un guidage par caméra développée en interne.

Lemken par ailleurs a présenté toute sa gamme de matériel. À commencer par le Rubin 10, élu machine de l’année 2019 dans la catégorie travail du sol. Ce nouveau déchaumeur à disques compact garantit, même en conditions difficiles, un mélange homogène et intensif de la matière organique et du sol jusqu’à une profondeur de travail de 14 cm environ. Il permet donc de réduire sensiblement les pertes d’humidité par évaporation. En même temps, il est possible de raccorder exactement la voie de passage de l’outil avec le GPS. « Les autres nouveautés seront présentées à Agritechnica du 10 au 16 novembre 2019 à Hanovre. C’est le salon de référence pour les marques allemandes, et pour Lemken évidemment », explique Nicolas Soehnlen.

De passage sur le stand, la présidente des Jeunes Agriculteurs de Sélestat, Johanna Trau, n’a pas caché sa satisfaction de pouvoir découvrir cette variété de matériels au Sima. « C’est toujours une bonne expérience de voir ce qui se fait et de découvrir les innovations de tous les constructeurs. Le Sima est une belle vitrine en la matière. Ce salon est fait pour les agriculteurs. À mes yeux, il est important de pouvoir s’y rendre. Tous les deux ans, on peut découvrir l’évolution du parc matériel, les innovations. Cela fait rêver les jeunes. »

Des moments intenses

Du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas. Il a été franchi par Élodie Gross. La jeune femme qui, le reste de l’année, participe au développement de JF Agri à Schlierbach, a été hôtesse d’accueil chez Claas pendant toute la durée du Sima. « C’est une belle expérience. En interne, nous pouvons ainsi apprendre à connaître l’ensemble du réseau Claas. On rencontre du monde. C’est ma première présence au Sima et une première pour moi à ce poste. Cela me permet de voir autre chose que la concession, de sortir. C’est intense. Une expérience professionnelle extraordinaire », se félicite la jeune femme. Un stand connecté, branché et immense, confirme Nathalie Frey, assistante marketing chez Claas Est. « Tout le monde ici est volontaire pour tenir ces postes et responsabilités pendant le Sima. Nous accueillons les clients et les invitons à découvrir toute la gamme de matériels ou à profiter d’un moment de convivialité du haut de la mezzanine de 230 m2 », ajoute Nathalie Frey.

Un peu plus loin, chez le constructeur italien Maschio Gaspardo, le parc matériel est également bien mis en valeur. Les clients français sont accueillis par Romuald Colombet, inspecteur commercial du secteur Est, et Philippe Lesueur, responsable produit et développement. C’est l’occasion de découvrir le semoir monograine Chrono qui a également reçu le prix du jury. « Ce semoir monograine rapide, dont le concept avait été présenté à Agritechnica, arrive en version définitive au Sima. Il se distingue par un système de semis précis avec réglage du flux d’air pour concilier rapidité et polyvalence. Ces machines doivent répondre à la problématique des fenêtres climatiques courtes avec des surfaces à travailler toujours en augmentation », précise Romuald Colombet.

Autre innovation encore sur le stand de Väderstad avec le CrossCuter Disc. Il ouvre de nouveaux champs de possibilités pour un travail du sol efficace et des résultats optimaux quelles que soient les conditions de travail. Il se distingue par ses performances sur chaumes de colza et dans les couverts végétaux, tout en offrant de très bons résultats sur chaumes de céréales et en terres labourées.

GDS Alsace

« Le sanitaire doit être prioritaire »

Élevage

Publié le 13/03/2019

Le groupement de défense sanitaire des animaux (GDS) Alsace a tenu son assemblée générale vendredi 1er mars dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine sous la présidence de Patrick Bastian. Après avoir rappelé les événements climatiques de 2018, il a insisté sur l’importance de préserver un bon état sanitaire, tant des installations que du cheptel dans la région. Pour réussir, il faut évoluer. Une réflexion à long terme sur les outils existants est nécessaire. « Je suis favorable à un seul abattoir en Alsace. Un jour, il faudra que nous ayons tous un véritable débat. Nous devons être sincères entre nous », explique Patrick Bastian. Il s’agace, notamment dans le Bas-Rhin, des tarifs en vigueur dans les différents laboratoires de vétérinaires. « Il y a actuellement 160 000 animaux en Alsace. C’est donc un petit cheptel. On ne peut continuer à payer toutes les structures existantes avec un tel cheptel. »

Le GDS se porte bien. « Nous avons un résultat net positif de 132 000 €. Mais, il faut préparer l’avenir. Savoir se structurer différemment, avant d’y être contraint », ajoute Patrick Bastian. Élu au Conseil régional du Grand Est, il parle en connaissance de cause en ce qui concerne les politiques de soutien. « Ces aides, tôt ou tard, vont baisser. Il faut donc être prudent, vigilant et anticiper. » Présent à la réunion, Dominique Colon, du GDS de Meurthe et Moselle, a confirmé la nécessaire réorganisation des laboratoires publics.

Le bon fonctionnement des outils est d’autant plus nécessaire que les maladies sont une réalité sur le territoire. Pour la diarrhée virale bovine (BVD), un plan d’éradication a été engagé depuis le printemps 2016. Il a débuté par le bouclage systématique des veaux à la naissance. En 2018, ce sont près de 60 000 veaux qui ont été analysés. 180 d’entre eux, soit 0,30 % étaient positifs. Et sur les 1 445 élevages engagés, cela concerne 72 élevages en Alsace, soit 4,90 % de l’effectif total.

Pour la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), cinq cheptels se sont assainis au cours de la dernière campagne. L’arrêté ministériel du 31 mai 2016 a rendu obligatoire la qualification des cheptels et restreint les mouvements des bovins positifs et issus de cheptels non qualifiés. Les anomalies constatées lors d’introductions restent les principales causes de suspension de qualification. Il a été rappelé aux éleveurs qu’un délai de quinze jours doit être respecté entre la date d’introduction et la réalisation des prises de sang.

Concernant la paratuberculose, les plans de lutte sont proposés dans les élevages au sein desquels une suspicion clinique a été confirmée par des analyses. Le GDS accompagne financièrement les élevages durant cinq ans. 47 cheptels en Alsace sont dans ce plan de lutte. Ils représentent un dépistage de 4 635 animaux. 129 d’entre eux, soit 2,8 % ont été déclarés « non négatifs ».

Enfin, la « besnoitiose bovine » a été présentée par Marc Peterschmitt, vétérinaire. Ce parasite s’attaque au sang des animaux ou par la provocation de kystes tissulaires. La transmission vectorielle est aujourd’hui le seul mode de contamination scientifiquement reconnu.

« Il faut se préparer »

Mais, la mobilisation la plus forte concerne la peste porcine africaine. Si aucun cas n’a encore été constaté en France, les autorités sanitaires et les éleveurs doivent se préparer car le niveau de risque est aujourd’hui maximal. « Il faut savoir et répéter que cette maladie n’a pas de répercussion sur l’être humain. Mais pour les cheptels, son apparition peut être très problématique. La Belgique est touchée. Deux sangliers infectés ont été identifiés début janvier en Belgique, à 1 kilomètre de la frontière française. Ces deux cas confirment la forte progression de la maladie et sa proximité avec notre pays. Il faut donc se préparer. Dans tous les cas, on n’arrêtera pas l’élevage. Mais, il faut anticiper pour avoir des solutions le jour où la maladie sera là. Il faut davantage de surveillance dans le Grand Est. Et sans attendre, mettre davantage de clôtures en place très rapidement », prévient Patrick Bastian.

Des battues concertées et administratives, accompagnées de tirs de jour à l’affût avec appâts, et des tirs de nuit avec phares, tirs à visée nocturne et piégeages ont lieu dans une zone située sur les départements de la Meuse et des Ardennes. Elle couvre une superficie de plus de 140 km2. Cette chasse intensive a permis d’abattre plus de 200 sangliers en janvier et février derniers. Dans cette zone, et depuis le week-end du 19 janvier 2019, toute activité forestière, économique et de loisir est interdite par arrêté préfectoral. L’armée a même été appelée en renfort pour un appui logistique et humain (pose de pièges et battues, mais pas de tirs). Prochainement, il y aura la pose de nouvelles clôtures et une extension des analyses sur les animaux tirés.

Section apicole

À noter enfin qu’une section apicole a été créée au sein du GDS Alsace. Ce sont les deux GDS apicoles départementaux qui en sont membres. La création de cette section a été rendue possible par le statut d’Organisme à vocation sanitaire (OVS) du GDS Alsace. Il est en capacité d’accueillir toutes les espèces qui souhaitent développer ou poursuivre une action sanitaire collective.

Dans ce même mouvement, des sections apicoles ont été créées dans tous les GDS du Grand Est afin de porter les dossiers sanitaires de façon cohérente et harmonisée sur les aspects techniques et financiers. Cette section compte 1 865 adhérents pour 22 825 colonies dans le Haut-Rhin et 1 332 adhérents pour 15 386 colonies dans le Bas-Rhin.

Lemken

Le pulvérisateur traîné Primus

Technique

Publié le 14/02/2019

Le pulvérisateur a été acheté en commun par les deux agriculteurs. Romain Gross a repris l’exploitation familiale en 2016. Il est spécialisé en élevage, grandes cultures, viticulture, vend en direct des pommes de terre et engraisse 70 taurillons. Pour sa part, Frédéric Schermesser travaille sur sa ferme depuis 2006. Une partie est consacrée à ses cultures de maïs et de blé sur le secteur de Gundolsheim ; une seconde à la viticulture du côté de Westhalten où il exploite 7 hectares de vignes.

Les deux professionnels ont opté pour le pulvérisateur traîné Primus de Lemken pour son offre complète. « On voulait travailler avec une marque qui tienne la route. Le rapport qualité/prix nous convient parfaitement. Le gabarit de ce pulvérisateur correspond à ce que nous attendons », explique Romain Gross.

La pièce maîtresse du Primus, c’est sa cuve renforcée en polyester avec fibres de verre. Elle est parfaitement lisse et facile à nettoyer. Elle dispose d’un volume de 2 300 à 4 190 litres et est accompagnée de réservoirs d’eau claire séparés à l’extérieur. Ses rampes robustes à repliage en « Z » offrent une largeur de travail de 15 à 30 mètres, avec une grande variété de configurations de tronçons repliables. Elles permettent de travailler dans toutes sortes de terrains. Les tuyaux et les vannes de coupure de tronçons sont protégés dans le profilé de la rampe. Sa hauteur s’ajuste facilement pour s’adapter aux différentes tailles de pneus et de roues. Cela assure le placement optimal du centre de gravité de la rampe.

En termes de facilité d’utilisation, le Primus est l’outil idéal. Que ce soit en aspiration comme en pression, tous les réglages sont clairs, sans risque de confusion. « Le Primus reste, en entrée de gamme, un appareil efficace et complet. Au niveau des options, nous savions ce que nous voulions. Le fait de le prendre à deux, nous a permis de l’équiper de façon complète avec notamment la coupure de tronçons, le boîtier CCI et la commande Isobus. Nous pouvons l’atteler sans aucune difficulté à nos différents tracteurs. Nous voulions quelque chose de flexible et complémentaire », ajoute Frédéric Schermesser.

C’est la première fois que les deux professionnels travaillent ensemble. Un achat qui a été facilité par les conseils et le service après vente de Lemken. Les premières utilisations ont permis de le constater. Ce pulvérisateur permet de combiner la protection professionnelle des cultures avec un rendement élevé et une rentabilité maximale avec la réduction du nombre de déclinaisons.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers se porte bien !

Élevage

Publié le 04/02/2019

Le président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, a pour habitude de proposer à ses adhérents une telle journée annuelle. À savoir : la visite d’une exploitation, l’assemblée générale et un repas en commun. La tradition a été respectée. Le lieu choisi étant cette fois atypique car situé dans la commune la plus au sud de l’Alsace, à quelques dizaines de mètres du Territoire de Belfort et de la Franche-Comté. Chavannes-sur-l’Étang était déjà connu pour sa choucrouterie. Il l’est désormais également pour cet élevage. Il a été présenté par l’un des associés, Didier Bezille. « Nous avons de la salers depuis le début des années 2000. La première année, elles étaient originaires du Cantal. Pour agrandir le cheptel, nous avons ressemé des champs en herbe car les vaches ne vont jamais dans la bétaillère », explique l’éleveur. Fort de 22 salers certaines années, le cheptel est ramené en dessous de 17 pour permettre et faciliter le confinement des bêtes dans le bâtiment d’élevage. Il y a également des génisses et des taurillons. La nourriture : de l’enrubannage, du regain, de la farine et des minéraux à raison de 100 grammes par jour et par bête. En outre, l’exploitation consacre 80 hectares de cultures au maïs, au blé, à l’orge et au colza. « Nous sommes ici dans la fameuse trouée de Belfort. Les meilleures années, paradoxalement, sont les années sèches », commente Didier Bezille. Il travaille avec Daniel Barbier, désormais retraité, et la fille de ce dernier. « Nous sommes actuellement dans la période de vêlage. L’activité est donc importante. Elle débute toujours vers le 15 novembre et se poursuit jusqu’au 15 février », conclut l’éleveur qui est double actif.

Qualité de la viande, facilité d’élevage

Les élevages de salers, exclusifs ou non, sont toujours plus nombreux en Alsace comme dans tout l’hexagone. C’est le constat réalisé avec satisfaction lors de l’assemblée générale. Il y a environ 225 000 vaches femelles, dont 25 000 à 30 000 dans l’Est. Une région qui s’intéresse de plus en plus à la salers. Les adhérents sont également de plus en plus nombreux. On les retrouve majoritairement dans le Sud du Pays, tandis que 10 % se trouvent dans l’Est de la France. « On apprécie la salers pour sa viande, mais aussi et surtout pour sa facilité d’élevage. Avec la salers, vous êtes certains de vendre un nombre de veaux conséquent. Les premiers vêlages se font en moyenne à l’âge de 34 mois », observe Nicolas Fady.

Un point a ensuite été réalisé par Michel Lafon pour le Herd Book de la race salers. Il a attiré l’attention des éleveurs sur l’évolution du règlement européen zootechnique qui fixe les règles d’organisation de la génétique animale. Il donne un avantage aux organismes de sélections historiques qui bénéficient d’une clause dite « grand-père ». Par ailleurs, les organismes de sélections agréées sous la réglementation nationale actuelle sont réputés agréées et leur programme de sélection pris en compte à compter du 1er novembre 2018. Dans ces programmes de sélections, on insiste sur la tenue des liens généalogiques, les contrôles de performances, les évaluations génétiques, la publication des évolutions génétiques, les émissions de certificats zootechniques et sur les actions de communication mises en place. Enfin, un travail sur la génomique est actuellement effectué. Il consiste à créer une base « mâle » permettant le génotypage systématique des taureaux à l’inscription. Il consiste également à créer une base « femelle » permettant le génotypage de 250 à 300 femelles par an bien ciblées.

Pour 2019, la promotion de la race salers va se poursuivre. Il faudra profiter, notamment du concours national à Aurillac les 21 et 22 septembre et du traditionnel concours d’Habsheim. « On nous a réservé entre 25 et 30 places. Et il y en a encore. N’hésitez pas à rejoindre les éleveurs déjà présents. Il faut continuer à communiquer et à promouvoir la race. Des jeunes sont là et prennent peu à peu la relève. Cette dynamique doit se pérenniser dans le temps », conclut Nicolas Fady.

Siegwald matériels

Promouvoir un matériel de qualité et local

Technique

Publié le 24/12/2018

Porte-outil idéal pour le palissage, le tracteur à chenilles Siegwald DMP, équipé d’un moteur Perkins, affiche une puissance de 50 cv. Il possède quatre distributeurs double effets et un distributeur cranté avec un régulateur. Le dévers de la machine est à plus ou moins 20 cm. Il possède une transmission hydrostatique avec frein négatif et, en option, un mât et un relevage avant. Il peut servir à tous types de travaux et s’adapte à tous les vignobles. L’encombrement dans chaque rang est très faible, avec un positionnement du portique double conférant une bonne ergonomie à l’ensemble. La position des palisseuses ou des autres machines à l’intérieur et sous le portique améliore l’équilibre de l’ensemble de l’enjambeur. Le poste de conduite, bas, est à proximité de la tête d’agrafage. La hauteur du siège est adaptée à la grande majorité de travaux. Ce qui apporte plus de sécurité et de visibilité. Le chenillard dispose de deux fixations à l’avant et de deux à l’arrière, pouvant recevoir soit un mât, soit un relevage hydraulique.

Un gain de temps

La démonstration organisée à Pfaffenheim a porté sur son utilisation avec une prétailleuse offrant un gain de temps de 40 %, grâce à une vitesse de travail de 5 à 7 km/h. La prétailleuse s’adapte à tous les mâts. Les différentes hauteurs de coupe sont de 300, 600, 900 et 1 200 mm. En option, des palpers permettent de détecter les piquets, évitant aux utilisateurs de manipuler la prétailleuse manuellement.

Siegwald a également fait la promotion de son porte-outils à écartement hydraulique, d’une largeur de 94 à 134 cm et d’une longueur de 1,30 replié et 1,55 en action. Ses vérins sont équipés de clapets anti-retour. Il y a la possibilité d’adapter des roues de terrage. On y trouve une bride de fixation rollhacke réglable et une bride de fixation bineuse à doigts réglable. L’épaisseur de la structure en métal est de 8 mm. La machine est produite au sein de l’entreprise Siegwald, avec la possibilité d’adapter d’autres accessoires.

À travers ses nouveautés et l’ensemble de sa gamme de matériels viticole, forestier et espaces verts, Siegwald s’inscrit dans sa politique de proximité avec ses clients en leur proposant des produits de qualité, conçus et réalisés localement.

Armbruster

Conseiller, prévenir, évoluer

Cultures

Publié le 17/12/2018

Les rendez-vous de l’Agritour étaient fixés à Bernolsheim, Niederentzen et Ebersheim. Ces réunions techniques permettent aux techniciens du groupe Armbruster de rappeler les évolutions de la réglementation concernant les produits phytosanitaires, leur application, les résultats obtenus lors de la campagne 2017-2018 pour le maïs et le blé. Une large place a également été consacrée à l’agronutrition et aux Outils d’aide à la décision (OAD) pour la fertilisation du troisième apport sur blé.

Différentes variétés de blés ont été analysées du point de vue du risque mycotoxines, risque limité lorsqu’un traitement est pratiqué. Le « biosoufre » (liquide) à la dose de 3 l/ha, proposé par Armbruster, présente plusieurs avantages pour les céréales. Utilisable en agriculture biologique, il permet une diminution des Indicateurs de fréquence de traitements (IFT) et une flexibilité dans le choix du ou des partenaire(s) de synthèse associé(s). Par ailleurs, il améliore la qualité de pulvérisation. Ce qui sécurise les rendements tout en apportant une réponse technique et sociétale fiable.

Parmi les solutions apportées suite à l’évolution de la réglementation concernant les fongicides, Elatus™ Plus, une nouvelle spécialité à base de Solatenol™, qui permet de lutter efficacement contre les maladies foliaires majeures des céréales. Son efficacité combinée à une distribution uniforme et à une très forte affinité pour les tissus des feuilles lui donnent une longue durée d’action, pour des feuilles vertes plus longtemps et plus de rendement. Cette spécialité peut être considérée comme le nouveau standard technique, avec un spectre d’efficacité complet sur les maladies foliaires majeures des principales céréales, blé, orge, seigle, triticale notamment.

Évolution de la réglementation

Le groupe Armbruster a présenté ses services en matière de fertilisation azotée, en mettant en valeur trois d’entre eux. Le premier, Jubil, mesure la teneur en nitrate du jus de base de tige. N-Pilot, quant à lui, est un réflectomètre portable qui évalue l’état de nutrition azotée des cultures : teneur en chlorophylle du feuillage et quantité de biomasse. Il donne immédiatement un conseil de complément de dose pour le troisième apport. Enfin, le troisième, Cerealia, est une solution innovante pilotant la fertilisation par télédétection. Elle présente de nombreux atouts : une carte d’application à chaque épandage, des résultats techniques optimums, des délais de réponses rapides (deux jours maximum), une compatibilité à toutes les marques de matériels.

L’Agritour a aussi été l’occasion de faire un point sur le maïs. La réglementation évolue, avec l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018 et l’arrêt du thirame en 2019. Les agriculteurs ont été rendus attentifs à plusieurs produits : Force 1,5 G avec une utilisation des kits diffuseurs interdit un an sur trois, les restrictions un an sur deux pour Juan, ​​​ Adengo, Xtra et Apicale, et des prospectives avec une réduction des molécules S-métolachlore, TBA, ou encore nicosulfuron. En ce qui concerne les traitements de semences, Premium de Pioneer est un biostimulant qui permet une sélection des meilleurs lots de semences. Resid de Symborg est, lui, un inoculant biologique développé sur des substrats solides pour le recouvrement de graines, qui contient le champignon formateur de mycorhizes Glomus. Il s’applique dans le recouvrement de graines, favorisant une colonisation mycorhizienne intense du système racinaire des plantes, une plus grande croissance radicale, une meilleure absorption de l’eau et des nutriments de la solution du sol. Il accroît la vigueur et le rendement des cultures. Enfin, Acceleron de Dekalb propose trois produits : Maxim Quattro (fongicides), Force 20 CS (insecticide) et B-360 LCO (biostimulant). Les résultats de trois parcelles d’essais situées à Folgensbourg, Uffheim et Wahlenheim ont été présentés, ainsi que les résultats sur les microparcelles situées à Duntzenheim (non irrigué, de la série précoce à demi-précoce) et à Logelheim (irrigué, de la série demi-précoce à tardive). 16 essais en grandes bandes ont également été effectués.

Techniques Agricoles Muller C à Berrwiller

Des portes ouvertes réussies

Technique

Publié le 12/12/2018

Des travaux dans les vignobles et les vergers en passant par l’aménagement paysager et les applications dans les municipalités, la nouvelle série 5DS TTV de Deutz-Fahr présente un tracteur spécialisé innovant répondant à des exigences maximales grâce à la transmission à variation continue TTV. Le confort de conduite et d’utilisation ainsi qu’un système hydraulique de nouvelle génération permettent une productivité inégalée. Aussi divers que soient les travaux dans les vignobles et les vergers, la série 5DS TTV peut être utilisée et configurée individuellement et de manière flexible.

« C’est un tracteur qui convient parfaitement au vignoble alsacien. Suivant l’application et les tâches, il est possible de configurer des packs d’équipements et des packs hydrauliques qui ont tous un point commun : assister le conducteur pour qu’il puisse pleinement se concentrer sur son travail. Les premiers contacts sont positifs, se félicite Patrick Dodane, responsable régional des ventes et du développement réseau pour le groupe Deutz-Fahr. Techniques Agricoles Muller C à Berrwiller est le premier à le présenter officiellement. Ce concessionnaire marque là son dynamisme et sa volonté d’aller de l’avant. »

Les viticulteurs présents ont pu le découvrir et constater que le poste de conduite a été revisité. « L’objectif était d’améliorer la position d’assise du conducteur. Le nouvel accoudoir multifonctions MaxCom intégré au siège séduit par son joystick ergonomique et une organisation claire des commandes du tracteur. Le bras est confortablement posé sur l’accoudoir multifonctions, à partir duquel peuvent être exécutées toutes les tâches impliquant des outils à l’avant, sur le côté et à l’arrière », explique Patrick Dodane.

Pendant deux jours, les professionnels ont pu profiter de ces portes ouvertes pour découvrir toute la gamme de matériels de la concession spécialisée dans la vente et la réparation de machines agricoles, viticoles et espaces verts.

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Le budget de la Pac doit être maintenu »

Vie professionnelle

Publié le 10/12/2018

Les difficultés d’approvisionnement en eau et les attentes des versements des aides, notamment en production bio, des trois dernières années, constituent deux sujets de tension. Celui des prix en est un autre, comme l’a rappelé le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander. « Ils ne sont pas au rendez-vous. C’est d’autant plus pénible qu’à cela s’ajoute cette sécheresse persistante. Il n’y a pas eu de « vraie » pluie dans certaines régions depuis le 1er juin. Ce qui entraîne des difficultés pour effectuer les semis et les labours dans de bonnes conditions. Il faut donc s’adapter en fonction de la réalité du terrain. Réalité qui n’est pas forcément prise en compte dans les discussions concernant la Politique agricole commune. Cela nous inquiète. Il nous faut davantage de réactivité à l’avenir. » Les aléas climatiques risquent de se répéter. L’administration de l’État doit être un facilitateur dans l’avancée des dossiers.

Cette réactivité est également demandée par le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Claude Gebhard, concernant la navigabilité du Rhin pour les échanges commerciaux. Durant cette période compliquée, la filière « maïs » a été présente dans la région pour aider au mieux l’élevage, se félicite le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Nous devons préserver toutes nos filières et ne pas opposer les unes aux autres. Mais, sans l’élevage, quel aménagement possible pour le territoire ? Il faut des projets partagés. La transition de l’agriculture se fera avec les acteurs du terrain que sont les agriculteurs. Elle passera aussi par l’innovation et des avancées au niveau des énergies renouvelables. L’avenir de la ruralité appartient d’abord à ses acteurs qui doivent être écoutés. » L’agriculture fait face à trois inquiétudes majeures : le Brexit en Grande-Bretagne et ses conséquences sur les échanges commerciaux, le changement climatique que la Pac doit intégrer, la gestion des risques et les moyens pour y faire face.

Dialogue constructif

Dans la filière des volailles, Jean-Michel Schaeffer a salué le travail réalisé avec les distributeurs sur les hausses du coût des matières premières et sur les échanges entre acteurs de la filière. « Nous devons développer de nouvelles « niches » de consommation comme les produits transformés pour les foyers. Cela doit se faire dans la vigilance collective, le dialogue, la confiance avec cette nécessité de sécuriser nos apports locaux. Pour la volaille, c’est le cas même si les charges augmentent à l’image du gaz où les taxes ont été multipliées par trois ces dernières années ». Pour Paul Fritsch de la Coordination Rurale, la solution passe par une régulation des échanges et une Europe forte et solidaire. Christian Schneider, vice-président de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, demande une harmonisation du traitement des dossiers par les services de l’État, constatant de grosses différences selon départements.

Dans ce monde en mouvement, il est nécessaire d’anticiper. C’est ce qu’a fait la filière des fruits et légumes, a rappelé le président de l’interprofession, Pierre Lammert. « L’année a été bonne, hormis pour le chou à choucroute et les pommes de terre. Les producteurs ont su se structurer, ensemble, dans le Grand Est. Un contrat de filière les engage avec la Région et des investissements ont été réalisés pour lutter contre les aléas climatiques. » Les élus de la Chambre d'agriculture représentants des syndicats et les salariés ont tous souligné l’importance du dialogue constructif pour favoriser les échanges économiques.

Protéger l’agriculteur, favoriser la production

L’évolution de la Pac et ses premières orientations annoncées, ont fait réagir Dominique Springinsfeld, éleveur à Durmenach. « La première question à se poser est : L’Europe veut-elle encore une agriculture demain ? Ces orientations sont contraires à l’esprit du Traité de Rome de 1957. Cette évolution est logique dans la mesure où ce ne sont pas des décisions politiques qui sont prises, mais administratives. Dans ces conditions, il faut absolument que le politique reprenne le cours de l’évolution de notre vie. » Le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber, enfonce le clou : « À la base, l’Europe est là pour protéger l’agriculteur et favoriser la production. Aujourd’hui, on est loin de tout cela. On demande une politique unifiée, avec les mêmes règles pour tous. »

Les mesures agroenvironnementales (MAE) signées dès 1993 et 1995 ont été précurseurs, a rappelé Claude Schoeffel. Ces contrats arrivent à échéance en 2020. Il faut donc rapidement négocier les suivants. Enfin, Paul-André Keller s’est inquiété des profonds changements de la filière horticole : « La nouvelle configuration de la Chambre régionale avec 30 % d’élus en moins, risque de poser un problème de représentativité pour les petites filières comme l’horticulture et une perte de proximité des élus face aux agriculteurs. »

En conclusion des débats, le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, a constaté que quelles que soient les appartenances syndicales, les élus agricoles vont dans le même sens. « Il faut continuer de peser. Il y a une réalité, une nécessité : le budget de la Pac doit être maintenu. Il faut sortir de cette technocratie européenne. Demain, il faudra se prendre en main pour éviter pléthore de dispositifs. Et mettre en place une Pac avec des règles partagées au niveau environnemental et sanitaire. Cette politique doit tenir compte des spécificités de notre métier. » Un argumentaire qui a ensuite été voté à l’unanimité sous forme de motion. Une autre a été approuvée. Elle concernait l’impérieuse nécessité d’engager une réflexion pour assurer la navigation sur le Rhin ; les basses eaux récurrentes actuelles ayant de lourdes conséquences économiques pour la filière céréalière.

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