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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture Alsace - Laurent Wendlinger

« Nous avons insufflé cette dynamique alsacienne »

Vie professionnelle

Publié le 28/11/2018

Laurent Wendlinger a ouvert cette session en commentant l’actualité. « Le mouvement des gilets jaunes doit alerter les décideurs politiques, doit nous alerter sur un malaise grandissant dans nos campagnes. Le pouvoir d’achat et le revenu constituent la principale préoccupation des citoyens, mais le malaise est plus profond, y compris chez les agriculteurs : manque de reconnaissance, de visibilité pour l’avenir. Les ingrédients sont multiples et il faudra répondre en priorité aux causes de ce malaise et pas uniquement aux conséquences. L’agriculture française a besoin d’un cap. Il faut des perspectives pour redonner confiance, pour que des jeunes continuent de s’installer ».

D’autant plus que les épisodes climatiques, autrefois exceptionnels dans leur gravité, se répètent désormais de plus en plus souvent. L’année 2018 en a été une parfaite illustration. Le bilan, production par production, montre que c’est le monde de l’élevage qui souffre davantage. « La situation est plus compliquée. La sécheresse estivale a pénalisé la production d’herbe et perturbé les ensilages de maïs en quantité et en qualité. Bien souvent le manque de fourrage sur les exploitations a obligé les éleveurs à puiser dans leurs cultures de vente ou à acheter des fourrages et aliments de substitution. L’incidence sur leurs coûts de production sera importante. Ces filières d’élevage doivent être soutenues et accompagnées en priorité pour éviter la décapitalisation et le découragement. Les demandes de classement en calamités agricoles sont en cours pour les prairies pour nos deux départements », indique le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). La demande d’exonération partielle de la Taxe sur le foncier non bâti des prairies est en cours auprès des services de l’État. Par ailleurs, le Conseil régional Grand Est et les Conseils départementaux se sont positionnés favorablement pour accompagner les éleveurs qui ont dû recourir à des achats de fourrages suite à la sécheresse. Le dispositif régional est désormais calé. La CAA s’est engagée à assurer le rôle de « guichet unique » pour aider les éleveurs à monter leur dossier. Les éleveurs concernés doivent se faire connaître et les premiers dossiers pourront être payés dès le début de l’année prochaine.

Se prémunir contre les aléas climatiques

Laurent Wendlinger a insisté sur la nécessité de se prémunir davantage contre ces aléas climatiques. « L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée avec une vraie politique fiscale adaptée. L’irrigation constitue aussi une réponse pertinente pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau y compris avec du stockage en l’absence de ressource disponible. Il faudra aussi stocker davantage de fourrages les bonnes années pour puiser dans les réserves quand c’est nécessaire. De nouveaux dispositifs sont en cours de finalisation dans le Plan bâtiment pour aider à investir. » Laurent Wendlinger est néanmoins conscient que ce message ne sera entendu que si les revenus sont au rendez-vous avec des perspectives économiques à moyen et long terme.

D’où son agacement et son inquiétude face aux débats que subit le monde agricole. « L’agriculture vaut mieux que des caricatures ! Nous faisons des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phytosanitaires. La CAA s’y emploie au quotidien. Mais aussi toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire, conscientes de la nécessité de travailler ensemble pour préserver les sols, la qualité de l’eau et l’environnement en général. Oui, nous sommes favorables au développement de techniques alternatives, de l’agriculture biologique. Mais, toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation, des moyens d’accompagnement », estime Laurent Wendlinger. Pour réussir, le monde agricole compte sur l’innovation et le numérique. Une nécessité pour faire évoluer positivement tous les modèles agricoles, tous les modes de production, sans opposer les uns aux autres.

Et cela, alors que se prépare la Politique agricole commune de l’après 2020. La baisse du budget, annoncée par la Commission européenne, inquiète. Entre 2018 et 2027, il serait en effet en retrait de plus de 15 % en euros constants sur le premier pilier et de 30 % sur le deuxième pilier. « Nous demandons que ce budget soit maintenu à son niveau actuel pour assurer un revenu correct aux agriculteurs dans le contexte difficile actuel. Le président de la République doit s’engager clairement sur ce sujet si la France veut garder une véritable ambition agricole et envoyer un signal positif aux futures générations d’agriculteurs », poursuit Laurent Wendlinger. En l’état, ce projet n’est donc pas satisfaisant.

Précurseurs en matière de mutualisation

La profession agricole française et alsacienne veut pouvoir œuvrer sur les marchés avec les mêmes règlements et normes que ses concurrents. Les agriculteurs ont donc besoin d’une Europe forte et ouverte pour y parvenir, avec une harmonisation sociale, fiscale et écologique. Cet état d’esprit volontaire et positif a été la philosophie du mandat de Laurent Wendlinger. Il a salué la mémoire de Jean-Paul Bastian et rappelé leur parcours. « Ici, en Alsace, nous avons été des précurseurs en matière de mutualisation des moyens, de régionalisation. Nous avons désormais une des Chambres d’agriculture les plus dynamiques au niveau national. Nous l’avons structurée en temps et en heure. Je suis fier d’avoir pu, avec vous tous, avec l’ensemble de nos cadres et collaborateurs, insuffler cette dynamique alsacienne qui a permis à notre organisation de rester performante malgré des moyens en baisse, d’être plus que jamais au service des agriculteurs et des viticulteurs de notre territoire. Nous avons aussi réussi, pendant ce mandat, à construire une nouvelle Chambre régionale au niveau du Grand Est, avec un réseau de Chambres départementales et interdépartementales garantes de la proximité du terrain. Notre nouvelle région est une grande région agricole. Je formule le vœu que l’agriculture alsacienne, par son dynamisme et sa diversité, en soit un des plus beaux fleurons, fière de ses racines et ouverte sur l’avenir », proposant à la future équipe qui sera élue à la tête de la Chambre d'agriculture de continuer à la faire rayonner, et avec elle, ses filières et ses agriculteurs, sur tout le territoire.

Denis Ramspacher, premier vice-président, a salué l’action du président sortant : « Vous venez d’effectuer cinq mandatures, trente années de présence à la Chambre d'agriculture, dont les trois dernières en tant que président. Vous avez travaillé avec tout le monde en utilisant les compétences des uns et des autres. Bravo et merci ! » Des propos complétés par le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. « Une page se tourne au terme de cette mandature. Je ne peux que saluer votre sens des responsabilités. Lors de cette session encore, vous regardez loin devant vous avec des débats d’une grande hauteur de vue ». Laurent Wendlinger a conclu son propos en citant Léonard de Vinci : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir », avant d’être chaleureusement applaudi.

Chambre d'agriculture d’Alsace

La ferme-auberge du futur

Élevage

Publié le 22/11/2018

La Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) réalise une étude sur la ferme-auberge du futur pour Alsace Destination Tourisme (ADT) grâce à l’appui du commissariat du Massif des Vosges. Elle concerne 56 fermes-auberges situées sur trois départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Vosges) qui adhèrent à des chartes ou cahiers des charges (Bienvenue à la ferme, Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et Gîtes de France du Bas-Rhin). Dans ce cadre, trois réunions de créativité ont été organisées au chalet du Champ du Feu à Belmont, à la Maison de la montagne à La Bresse et à la ferme-auberge du Grand Ballon, auxquelles ont participé des membres du comité de pilotage et des acteurs du territoire : fermiers-aubergistes, conseillers régionaux et départementaux, élus locaux, représentant d’offices de tourisme, du parc naturel régional, techniciens.

« Nous avons sollicité l’université de Savoie Mont-Blanc pour établir un partenariat. Les étudiants ont donc animé les trois réunions. Cet exercice leur permet de mettre en pratique ce qu’ils étudient en cours et d’avoir une expérience concrète en situation professionnelle. Ils viennent de différentes régions et ont des profils complémentaires puisqu’ils sont issus du monde agricole, environnemental ou du tourisme. Ces thèmes sont précisément le fil conducteur des problématiques des territoires de montagne », explique Noémie Bureth, qui pilote l’équipe de travail de la CAA. « Ces rendez-vous ont permis aux participants d’avoir un large aperçu de la réalité que nous vivons dans nos fermes et nos auberges, précise Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin, qui a assisté aux trois rencontres. À chaque fois, les produits de la ferme ont été mis en évidence. À chaque fois également, nous avons pu mieux comprendre les problèmes d’accessibilité aux différents lieux, mais également les thématiques liées à la signalétique, au haut débit, à la ressource en eau, à la nature. »

Des changements de comportement chez les clients

Les groupes de travail ont participé à des ateliers créatifs sur la tradition et la modernité de la ferme-auberge. Les professionnels ont notamment insisté sur la nécessité de préserver ces exploitations familiales, de garder les menus traditionnels proposés, d’assurer la pérennité des circuits courts avec une transformation à la ferme, et de faire le lien avec les consommateurs. Ce qui n’empêche pas d’évoluer et de proposer de nouvelles recettes pour les repas, d’utiliser la modernité technologique par le biais des réseaux sociaux, des sites internet ou du haut débit. Dans tous les cas, il y a la nécessité de garder une agriculture adaptée à son milieu, avec des pratiques agricoles de proximité et pérennes, sans course à la productivité. Les fermiers-aubergistes observent un changement de comportement de leurs clients, de plus en plus curieux et ayant de nouvelles demandes. Il faut savoir les écouter, tout en cherchant à maintenir une offre de qualité.

Les étudiants ont proposé aux participants de réfléchir aux potentiels de vente et aux différents profils de clients. Les professionnels constatent que les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Il faut donc être à l’écoute, maintenir une large offre, tout en la faisant évoluer afin de séduire le plus grand nombre. Mais une chose est sûre : le concept de ferme-auberge en Alsace, c'est le reflet de l’identité du massif des Vosges, c’est un attrait touristique qui se démarque des autres régions de l’hexagone.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Promouvoir une expression libre et créative

Vigne

Publié le 18/10/2018

La première édition avait connu une belle réussite. Elle a donc été renouvelée. Le concept est simple. Les jeunes vignerons sont réunis dans une même salle (à l’hôtel Val Vignes à Saint-Hippolyte), placés par ordre alphabétique. Sur une table, un document présente le domaine avec une photo du vigneron. Juste à côté, des vins avec cinq formules. Et les viticulteurs attendent les visites des professionnels. La dégustation et les échanges se déroulent simplement et dans la convivialité. « Les jeunes vigneron (ne) ont tous (toutes) moins de 35 ans ou moins de 10 ans d’installation. Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace se charge de la logistique. Chaque vigneron est là avec ses vins. Nous avons envoyé pas moins de 800 courriers aux restaurateurs alsaciens. Nous avons également convié des sommeliers, des étudiants des CFA de Colmar et d’Illkirch et les chefs étoilés d’Alsace », explique Alain Renou, directeur du Synvira. Une aide bienvenue qui doit permettre aux jeunes vignerons de trouver de nouveaux débouchés, d’organiser leurs contacts et de mettre en place leurs futures ventes de vins d’Alsace.

L’un des premiers à avoir répondu présent est Michel Husser, président de l’association des Étoiles d’Alsace depuis septembre 2017. « Je suis venu pour une première prise de contact. Nous sommes en relation tout au long de l’année. Les jeunes vignerons accompagnent les chefs étoilés avec la « formule jeunes ». C’est avec cet état d’esprit que je suis venu faire de nouvelles rencontres, découvrir des vins et enfin faire ma sélection. Chaque vigneron a son propre style. Je fais donc mon travail. Tout au long de l’année, nous avons tous de moins en moins de temps. Cette journée est idéale pour le prendre, et discuter entre passionnés. Je viens de déguster un pinot gris de Denis Hebinger. C’est une première belle découverte », assure Michel Husser.

Priorité au collectif

Denis Hebinger, jeune vigneron d’Eguisheim, se définit comme le responsable et/ou le porte-parole des jeunes vignerons indépendants d’Alsace, structure informelle. « Notre force, notre état d’esprit, c’est le collectif », précise-t-il. Avec d’autres, il a été à l’initiative de ce groupe, fondé il y a deux ans et demi. « Nous sommes là pour défendre les vins d’Alsace et de terroir, nés d'une agriculture raisonnée. Nous sommes quasiment tous en production biologique, en conversion ou en biodynamie. Nous assumons des vins à petits rendements avec une maturité un peu poussée. Notre objectif est de faire des vins secs car nous estimons que les vins d’Alsace doivent refléter leurs terroirs qui sont divers. Nous assumons pleinement cette extrême diversité qui s’exprime par les cépages, mais aussi par les terroirs. Enfin, notre groupe s’oppose aux VCI et au projet d’irrigation ». Il donne en exemple sa propre bouteille où cépage et terroir sont mis en avant sur l’étiquette de la même façon.

Il se félicite de la réussite de cette dégustation depuis deux ans. « Ce partenariat avec les chefs étoilés est une excellente chose. C’est pertinent que les vins des jeunes vignerons soient mis en valeur auprès de nos futurs clients. Pour nous, c’est une passerelle intéressante pour l’avenir. Nous sommes là pour valoriser notre image et proposer des vins de qualité », ajoute Denis Hebinger.

Un travail précis

Les jeunes vignerons présents sont originaires de toute la route des vins d’Alsace : de Westhoffen à Soultz en passant par Mittelwihr. C’est dans cette commune viticole que Laurent Scheidecker, 28 ans, est installé sur le domaine familial depuis 2014. « Il est important de participer à une telle manifestation pour promouvoir les vins d’Alsace et faire connaître nos vins aux professionnels. Les vins que je présente sont réalisés après un travail très précis. Plutôt qu’un désherbage total des vignes, je préfère l’alternance du labour et de l’enherbement des rangs. De telles pratiques culturales obligent la vigne à plonger ses racines plus profondément dans le sol et, par conséquent, à exprimer au mieux la complexité du terroir. Ce terroir que l’on retrouve dans les vins présentés ». Il propose un riesling Grand Cru Mandelberg 2016 sec : « Il représente parfaitement l’image de Mittelwihr avec son climat particulier », assure-t-il. À côté, un muscat Grand Cru Froehn 2017 de Zellenberg : « Je veux montrer qu’un muscat travaillé peut exprimer la typicité du cépage et la puissance du terroir », complète le jeune vigneron qui insiste enfin sur son rouge. « Il s’agit d’un pinot noir Rouge d’Alsace 2016 sec. Le rouge est en plein essor dans la région. De tels vins ont leur place dans la gastronomie française », conclut Laurent Scheidecker.

Cette journée réussie sera complétée par deux dégustations pour le grand public, qui se dérouleront le jeudi 25 octobre aux Catherinettes à Colmar et le jeudi 15 novembre à l’hôtel du département à Strasbourg.

Ets Schaechtelin à Muntzenheim

70 ans et des projets

Technique

Publié le 13/10/2018

Forgeron de métier, Éric Schaechtelin crée en 1948 l’entreprise située sur une des artères principales de Muntzenheim. Son gendre et sa fille en prennent la direction en 1988, puis ses deux petits-fils leur succèdent en 2014. Aujourd’hui, la société compte 36 salariés et travaille sur une zone allant de Mulhouse à Strasbourg. « La société s’est développée autour de trois activités distinctes : la vente et réparation de matériels agricoles, la vente et réparation de matériels pour espaces verts, la métallerie-maintenance industrielle où nous concevons et réalisons des pièces en acier, inox ou aluminium, à la demande de nos clients », explique Jean-Luc Misbach, responsable de la métallerie.

Concernant la partie agricole, les établissements Schaechtelin ont suivi l’évolution de Renault Agriculture depuis 1975, puis en devenant concessionnaires de la marque Claas en 2004. Le rachat de Renault Agriculture par Claas a permis cette continuité. « Les tracteurs étaient bons et appréciés par la clientèle. On a voulu maintenir cette confiance et pérenniser la marque. Il faut dire que Claas nous a rapidement confortés concernant l’avenir du tracteur en investissant dans l’usine située au Mans. Elle a été modernisée et a évolué favorablement. La gamme des produits s’est densifiée. Au fur et à mesure des différentes visites d’usine, j’ai apprécié cette évolution », ajoute Marc Misbach, responsable agricole et espaces verts. À tel point que les tracteurs et autres outils agricoles présentent désormais un niveau de finition excellent, avec des équipements de bord à la pointe du progrès et un confort qui reste aussi un des points forts de la marque. « Depuis mon arrivée à la tête de l’entreprise, j’ai toujours eu de bonnes relations avec les responsables de Claas. Nous échangeons régulièrement. Une relation de confiance existe entre nous », poursuit Marc Misbach.

La porte d’entrée de l’entreprise

La croissance de l’entreprise passe désormais par la refonte de son outil de travail. En effet, la société est à l’étroit dans ses murs. « On est arrivé à une limite. L’objectif est de sortir des bâtiments actuels pour gagner en fonctionnalité et améliorer les conditions de travail des salariés. Et, au final, de permettre un meilleur accueil des clients. Un terrain de 2,2 hectares est en cours d’acquisition dans la nouvelle zone d’activités de Muntzenheim. Il permettra de pérenniser la confiance de nos clients et de s’identifier encore davantage à la marque Claas. C’est l’évolution nécessaire de l’entreprise qui se fait fort de vendre des produits haut de gamme, qualitatifs et très techniques. Cette image, nous y tenons. C’est la porte d’entrée de l’entreprise », conclut Marc Misbach.

Une entreprise qui aura l’occasion de faire la promotion de son savoir-faire lors de son 70e anniversaire le 8 novembre prochain entre Muntzenheim et Wickerschwihr où une journée « portes ouvertes » et des démonstrations en plein air seront organisées.

58es Journées d’octobre et 18e Folie’Flore à Mulhouse

Un engagement de proximité

Pratique

Publié le 11/10/2018

L’inauguration des Journées d’octobre à Mulhouse est chaque année l’occasion pour les élus de faire passer leur message. Celui de la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, a cette fois concerné les futures élections municipales. « Je veux vous parler de ma fierté d’être maire de Mulhouse. Une ville, ma ville, qui a tant changé ces dernières années. Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps Mulhouse défrayait la chronique pour ses violences urbaines, « ses voitures qui brûlent ». Désormais, les Mulhousiens qui partent sont des conquérants : ils ne partent plus parce qu’ils y sont obligés. Voilà presque un an que je suis maire de Mulhouse. Rien ne me prédestinait à occuper cette fonction, tant exigeante que passionnante. Je ne vais pas vous mentir : j’aime cette fonction ! Et je veux, avec l’aide de toutes les énergies de cette ville, continuer à améliorer le quotidien de ses habitants pour les cinq, dix et même vingt ans à venir ». Voilà qui est dit.

L’état d’esprit du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, était en revanche différent. Lui, il compte passer la main en janvier prochain après 30 années d’engagement au service du monde agricole. Il a profité de l’inauguration des JO de Mulhouse pour le rappeler. « Lancées en 1960, les Journées d’octobre avaient, à l’origine, pour objectif de faire se rencontrer le monde rural et le monde urbain autour d’un marché de produits agricoles d’automne. Une époque, dont se rappellent certainement les plus anciens, où la tradition alimentaire se voulait à base de produits frais et de saison. Or, l’évolution de la société a profondément changé les modes de consommation. Ceci dès les années 1970. La standardisation des produits, associée à de nouvelles méthodes de commercialisation, ont eu raison des liens forts entre les agriculteurs et les consommateurs. Mais, après un demi-siècle d’évolution de nos modes de consommation, le citoyen a, à nouveau, soif de produits locaux, de qualité, de traçabilité. En un mot, le consommateur a besoin d’un lien fort avec les producteurs. Demain, le lien entre l’agriculture et la société s’étoffera encore davantage », estime Laurent Wendlinger.

La tomme aux pétales de rose

Laurent Wendlinger a alors souligné le travail réalisé par la profession agricole pour limiter l’érosion, préserver la qualité de l’eau, améliorer la qualité de la production alimentaire, dans un univers économique fortement concurrentiel. À l’heure de la réforme de la Politique agricole commune, Laurent Wendlinger a rappelé la nécessité « d’être demain des compétiteurs chevronnés à l’échelon européen, voire mondial. Et ce sera difficile si l’on grève l’agriculture de contraintes supplémentaires et si l’on nous prive des avancées technologiques, ceci, en nous incitant à rester dans le peloton de tête au sein de l’Europe. Le projet de l’après Fessenheim, suscite une vague d’espoirs auprès de nos agriculteurs. L’agriculture souhaite véritablement faire partie des « faiseux » et non des « diseux ». De très nombreux bâtiments, répartis sur l’ensemble de notre territoire, sont prêts à accueillir des panneaux photovoltaïques. La mise en place d’unités de méthanisation créera de l’emploi et contribuera à la dynamique économique de la ruralité. Après le temps de la réflexion, il est urgent de passer à la phase de réalisation, à la concrétisation de nos projets », estime le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace.

Un message qu’il a adressé au secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, invité d’honneur de cette inauguration. « Nous souhaitons, que l’énergie verte fasse partie du paysage de l’agriculture alsacienne, qu’elle soit complémentaire à cette diversité de production, qui va de l’élevage à la viticulture, de la production céréalière aux fruits et légumes, et qu’elle se mette en œuvre, aussi bien en plaine que dans les massifs vosgiens. Malgré une année climatique des plus difficiles, notre agriculture a foi en l’avenir. Oui, il nous faut nous adapter. Oui, il nous faut maintenir le cap, rester entreprenant, innover, intégrer les nouveaux enjeux économiques et sociétaux. Cela, nous le faisons au quotidien. Après le lancement du fromage Cœur de massif, nous allons cette année vous faire découvrir la tomme aux pétales de rose. Une nouveauté créée par des éleveurs du massif vosgien », a conclu Laurent Wendlinger.

Une agriculture compétitive et de proximité

« Nous préparons l’après Fessenheim via le lancement de son comité de pilotage. Mais, je m’intéresse à bien d’autres sujets, comme les dégâts de sangliers, qui sont toujours plus importants dans votre région, a indiqué Sébastien Lecornu, dont c’était la troisième visite dans le département depuis le mois de janvier. Ici, aux Journées d’octobre, vous faites la promotion de votre économie et de la ville de Mulhouse. Une cité que je connais pour l’avoir fréquentée par le passé. L’image de Mulhouse n’est plus la même qu’il y a dix ans. Il se passe quelque chose ici. »

Et, comme en écho aux propos de Laurent Wendlinger, il a rappelé que la politique du gouvernement consiste à promouvoir et soutenir un modèle agricole qui valorise les cultures locales, les circuits courts permettant une agriculture compétitive et de proximité.

Les personnalités présentes ont ensuite effectué le tour de Folie’Flore et des stands de cette manifestation, ouverte au public jusqu’à ce dimanche soir, 14 octobre.

Plateforme maïs Dekalb

Les nouveautés et les outils d’aides à la décision

Cultures

Publié le 30/09/2018

« Cette plateforme est l’occasion de présenter nos nouveautés et celles de nos partenaires, a rappelé Jordan Noret, ingénieur technico-commercial chez Dekalb semences lors de cette après-midi qui se déroulait sur les parcelles de la ferme Guthmann à Ostheim et à laquelle étaient conviés la grande distribution, les coopérateurs et les négociants alsaciens. Nous parlons de préconisations de densité, de traitement de semences, d’agriculture digitale, des variétés de maïs. Après une présentation générale, nous proposons différents ateliers. C’est l’occasion d’expliquer et d’échanger avec nos clients. Nous sommes en période de récolte. Il est donc important de coller le plus possible à l’actualité, tout en apportant des pistes de travail pour les mois et les années à venir. »

Gestion de conduite numérique

Pendant une heure, les professionnels ont tourné sur les quatre ateliers de 20 minutes chacun. Sur celui consacré au digital, on évoquait un outil développé par The Climate Corporation, une filiale de Monsanto. En janvier 2018, The Climate Corporation annonçait l’extension à l’Europe de sa plateforme numérique de gestion de conduite des cultures, Climate Fieldview, pour cette saison 2018. Lancée en 2015 aux États-Unis, au Canada et au Brésil, elle est déjà déployée chez 100 000 utilisateurs et sur 48 millions d’hectares. Elle propose désormais aux agriculteurs européens de rassembler toutes les données relatives à la conduite de leurs cultures sur une seule plateforme connectée, Climate FieldView, afin d’obtenir des informations sur leurs champs et de maximiser leur productivité.

« Nous proposons un logiciel qui fournit un ensemble d’outils numériques, une modélisation agronomique avancée et la surveillance de la météo locale dans des solutions web et mobile. L’outil collecte des données de façon fluide, les visualise rapidement et obtient des aperçus personnalisés pour optimiser les pratiques agronomiques et pouvoir prendre d’importantes décisions de gestion ayant un impact durable sur la production des cultures.» Depuis ce printemps 2018, les agriculteurs ont accès au Climate FieldView Drive, déjà compatible avec de nombreux équipements. À l’automne, l’imagerie satellitaire haute résolution pour l’évaluation de la santé des cultures sera également accessible. « Nous fonctionnons avec cet outil sur toutes les cultures. Cela permet également de faire un tour de plaine virtuel, de voir ce qui va et les éventuelles difficultés. Il est ainsi possible d’orienter rapidement ses cultures », indique le responsable digital de cette entreprise.

Des solutions innovantes

Un second atelier abordait les nouveautés concernant les traitements de semences et la méthanisation. Dans un contexte réglementaire en évolution vers une raréfaction des molécules chimiques, Dekalb a ressenti le besoin d’assurer ses semences avec des solutions de traitements innovantes. Parmi elles, le traitement de semences Acceleron® qui protège et optimise la culture dès son démarrage. Par ailleurs, Dekalb possède une base de 1 500 données sur ses différentes variétés, mais également les types de sols, les densités, les rendements. Cela lui permet de faire ses sélections, notamment concernant les hybrides pour la méthanisation.

Un troisième et un quatrième ateliers s’intéressaient aux gammes variétales pour le maïs. Dekalb a ainsi fait la promotion d’une de ses nouveautés, le DKC 5182. Il s’agit d’un hybride simple denté, avec un segment G5 (indice 500-520), une excellente capacité de compensation des épis et une performance assurée en toutes situations. Trois autres variétés ont fait l’objet d’une attention particulière : DKC 4069 (segment G2, indice 300-320), DKC 4569 (segment G3, indice 350-370) et DKC 5065 (segment G4, indice 440-460).

Domaine Lorentz à Bergheim

Des vendanges solidaires

Vie professionnelle

Publié le 30/09/2018

Le dernier groupe hôtelier français est depuis longtemps réputé pour sa sensibilité envers une cause qui lui est chère, le handicap. Et pour cause. Diane, la fille de Lucien Barrière, épouse du président Dominique Desseigne-Barrière, était devenue tétraplégique à la suite d’un accident d’avion en juillet 1995. Son avion s’était écrasé dans le marais poitevin. Elle est décédée en 2011.

Depuis 2009, les « vendanges solidaires » rassemblent tous les collaborateurs motivés et disponibles pour récolter le raisin dans les vignobles partenaires : le varois Château Saint-Maur, en rosé, le bordelais Château La Garde, en rouge et cette année, le domaine Gustave Lorentz pour ses blancs. Une participation logique pour Georges Lorentz, responsable du domaine : « Nous sommes partenaires des établissements Barrière depuis trente ans. Nos vins sont référencés sur les cartes des restaurants du groupe. Et puis, à titre personnel, l’idée de cette vendange solidaire me séduit car elle correspond à l’état d’esprit du domaine. La solidarité, le travail, le partage sont des valeurs communes. » Ces cuvées seront vendues aux enchères en juin prochain au Fouquet’s à Paris, propriété du groupe. Le produit de la vente est destiné à cofinancer les projets de l’association « Comme les autres », des séjours aventure sportifs afin que les participants handicapés reprennent confiance en eux.

La trentaine de volontaires a vendangé une parcelle de 80 ares de riesling sur le grand cru de l’Altenberg de Bergheim. « Nous avons des conditions de travail exceptionnelles. Le temps est magnifique. Il a fait frais ce matin. Environ 3 °C. Et là, nous sommes à environ 19-20 °C avec ce vent du Nord qui donne cette impression de sécheresse. L’état sanitaire des vignes est très bon. Nous allons proposer un excellent millésime », se félicite Georges Lorentz. Les salariés du groupe Barrière sont arrivés la veille et ont été logés au casino de Ribeauvillé. Après une matinée de vendange, ils ont été conviés à visiter la cave du domaine Lorentz pour découvrir la vinification mais aussi l’esprit de cette entreprise.

Vendanges 2018

Cattin accueille de nouveaux apporteurs

Vigne

Publié le 20/09/2018

Comme ailleurs en Alsace, les vendanges de crémant ont débuté le lundi 27 août. Et encore, des demandes avaient été faites pour démarrer la semaine précédente. La maison Cattin a choisi de ne pas précipiter cette ouverture, voulant accueillir ses apporteurs dans de bonnes conditions et dans le calme. « Nous avons augmenté la capacité de travail ici à Vœgtlinshoffen avec ces deux nouveaux pressoirs destinés à augmenter le volume de pressurage et, éventuellement, à faire du tri pour respecter nos gammes. Nous avions déjà ici trois pressoirs et un autre sur le site de Steinbach. Ces deux nouveaux ont une plus grosse capacité de pressurage et permettent de mieux travailler », explique Corinne Perez, œnologue depuis un an et demi chez Cattin et pour qui il s’agit donc de la seconde vendange.

Les premiers apports sont très intéressants. Les raisins sont mûrs. L’état sanitaire est bon. Il n’y a pas de faux goût. Seul bémol, le manque d’acidité. « L’acide malique a fondu avec la chaleur. Comme l’année passée, nous allons certainement acidifier. Le dernier millésime acide était 2016. C’est difficile pour les consommateurs de s’y retrouver. L’acidification permet de maintenir un niveau de fraîcheur. La richesse est actuellement entre 10,5 et 10,8. L’an dernier, c’était plus compliqué avec des lots qui dépassaient les 12 », ajoute Corinne Perez. Cette année, pour le crémant, la maison Cattin a fait le choix de ne pas vendanger les rieslings et de les réserver pour les vins tranquilles.

En augmentation de 10 %

Les volumes sont très importants. C’est même une année pleine avec de nouveaux apporteurs. Qui peut s’expliquer par l’absence de vin en vrac l’an passé et les difficultés que rencontrent certaines entreprises du vignoble. « Pour notre part, nous sommes en augmentation de 10 %. Et nous refusons du monde, tant pour les raisins que pour les moûts. Nous devons en effet faire attention car il faut trouver de nouveaux marchés pour tous ces apports et répondre à des appels d’offres. C’est nécessaire pour éviter de faire chuter les prix. Une des solutions passe par le développement de l’export. Nous nous tournons vers les pays nordiques et la Chine », précise Corinne Perez.

Pour la seconde fois, après de bons débuts l’an passé, la maison Cattin développe du crémant bio en achat de moût. Une cuvée sortira cet automne. Sur ce créneau, pour le moment, l’entreprise n’achète pas encore de raisin.

Un étalement des vendanges

La maison Cattin reçoit maintenant les vins tranquilles. « Sans nous précipiter une nouvelle fois. Nous demandons à nos apporteurs de venir avec des raisins mûrs. Nous avons fait une note, avec des données précises. Nous demandons 12° pour l’auxerrois, 13° pour les pinots noirs et pinots gris. Dans certains secteurs il ne faut pas attendre, dans d’autres, il ne faut pas se précipiter », ajoute Corinne Perez. L’étalement des vendanges est d’autant plus nécessaire que les apporteurs sont plus nombreux et le millésime précoce. « Il va falloir s’adapter à l’avenir, car des vendanges en août risquent de se reproduire. Nos apporteurs ne se sont pas encore rendu compte que l’Alsace fait désormais partie des vignobles méridionaux. Depuis 2003, quatre à cinq millésimes ont débuté en août. Il faut donc être là », poursuit l’œnologue.

Après le pressurage, les différentes mesures, le débourbage, place à la fermentation. « Avec une petite innovation cette année. On a décidé de faire la malo », se félicite Corinne Perez. À noter également que la maison Cattin est labellisée vin végan, c’est-à-dire sans intrant d’origine animal. Après un premier test l’an passé où ont été éliminés les colles d’origine animale, la pratique se généralise cette année. Cela n’a aucune incidence sur les raisins, mais plutôt sur la vinification. Ces vins sont très demandés dans des pays d’Europe du Nord.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Capsules : simplifier les démarches administratives

Vigne

Publié le 11/09/2018

Le dossier est important pour les adhérents du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), car ce dernier a un statut de délégation de service public. Il a en effet un rôle de répartiteur pour les capsules représentatives de droits (CRD). Reconnu comme organisme capable de répartir et de tracer ces capsules, il joue l’intermédiaire entre les fabricants et les impôts. Une activité qu’il exerce depuis sa création.

« C’est une prérogative des syndicats professionnels. Nous en faisons plus de 10 millions chaque année. Nos capsules portent toutes le même numéro d’enregistrement (R 02). Venir chez nous évite les démarches administratives à nos adhérents. Par ailleurs, ils peuvent les acheter en lot. Souvent, ce sont des lots de deux ou trois cartons. Pour les vignerons c’est pratique, car ils les cherchent au détail. C’est un service personnalisé. Nos capsules sont standards, noires ou dorées », explique Alain Renou, directeur du Synvira.

« Nous traçons déjà les ventes de vin »

Le 12 juin dernier, le Synvira a donc pris acte de l’arrêté annonçant la suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits à partir du 1er juin 2019. Depuis 1992, un règlement européen stipule que pour commercialiser du vin, en dessous d’un certain volume, il faut posséder un document d’accompagnement pour pouvoir vendre du vin en France. Et le code général des impôts stipule que les produits soumis à accises mis à la consommation peuvent circuler soit sous couvert d’une marque fiscale, comme la capsule représentative de droits, soit sous couvert d’un document simplifié d’accompagnement.

« Or, il apparaît que la possibilité d’utiliser un document simplifié d’accompagnement n’est pas une simplification pour les opérateurs. Nous attendons donc une clarification des Douanes précisant ce qui est exactement nécessaire dans ce document d’accompagnement. Cette clarification a été demandée à l’État et aux Douanes lors du conseil national des Vignerons Indépendants de France en juillet dernier. Quoi qu’il en soit, nous demandons la suppression de ce document et de la simplification. Nous traçons déjà les ventes de vin », ajoute Alain Renou. Une réponse de l’État et des Douanes est officiellement attendue dans les semaines à venir.

Atout Viticole

Une formation pour les chauffeurs

Vie professionnelle

Publié le 11/09/2018

À cette occasion, Pierre Cayrousse est venu spécialement de Coëx en Vendée, siège de New Holland où est fabriquée cette machine à vendanger. « Elle est 100 % française. Bien évidemment, elle a ses particularités. Et nous les expliquons aux utilisateurs. C’est l’objectif de ma présence », explique Pierre Cayrousse. Une formation qui s’est déroulée en salle le matin pour les explications techniques sur le fonctionnement de la machine. Puis, dans l’après-midi, les responsables de la formation et les utilisateurs se sont retrouvés à l’extérieur pour une mise en pratique. « J’ai souhaité l’organisation de cette formation pour faciliter le travail de mes deux chauffeurs. Un autre professionnel, Cédric Birckel, s’est joint avec nous avec son père. En partenariat avec le laboratoire Arnaud Immelé, nous avons également testé cette machine avec un nouveau système permettant de traiter les jus en direct, ce qui évite l’oxydation », ajoute Jérémy Flory, dirigeant d’Atout Viticole.

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