Auteur
Image

Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

FDSEA du Haut-Rhin

Un groupe de travail contre les dégâts de corbeaux

Cultures

Publié le 18/02/2021

Les dégâts provoqués par les corvidés sur les parcelles agricoles sont considérables. Sur la seule zone du nord-est de Colmar, la Porte du Ried, il a été estimé à 17 000 € de dégâts sur les semis de maïs de sept exploitants en 2020. Et là, on ne parle pas des dégâts permanents sur d’autres plantes, eux non estimés. Les cultures maraîchères, notamment. « Nous avons réalisé une extrapolation pour l’ensemble du département du Haut-Rhin et nous arrivons à 700 000 € de dégâts. Les agriculteurs sont touchés mais le monde industriel et les particuliers subissent également ces dégâts. Le corbeau est un animal futé et résistant. Il vit longtemps et bénéficie des conditions climatiques qui facilitent sa prolifération. Nous devons donc trouver des solutions. Non pas pour détruire cette population, mais pour la juguler. Car si nous pouvons accepter des dégâts modérés, il ne faut pas qu’ils soient démesurés. C’est aujourd’hui le cas. Des parcelles sont dévastées », explique Christelle Jamot, directrice de la FDSEA du Haut-Rhin.

Le syndicat a donc sollicité l’administration, qui avait elle-même été contactée par la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Vendredi, c’est la FDSEA qui a initié cette rencontre-échange en l’élargissant aux collectivités locales, aux entreprises du secteur (Liebherr) et aux agriculteurs concernés. « Les dégâts sont de plus en plus insupportables sur les cultures, mais aussi sur les bâtiments agricoles. Ce sujet est devenu problématique. Si nous pouvons avancer ensemble, c’est bien », explique René Zimpfer, membre de la FDSEA du Haut-Rhin. À l’issue de ces échanges, le syndicat a proposé aux professionnels présents de constituer un groupe de travail interne à la FDSEA. Plusieurs agriculteurs présents ont immédiatement accepté d’en faire partie. Un travail qui se fera en lien avec la ville de Colmar et son agglomération qui ont déjà mené des actions et ont témoigné des difficultés rencontrées.

 

Agriculteurs adhérents, confrontés aux dégâts de sangliers, corvidés, cervidés, prenez connaissance de vos droits : brochure gratuite remise lors de nos AG cantonales ou disponible sur notre site internet.

Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Mardi 9 février 2021

 

Trouver des techniques alternatives

Un dossier complexe comme le reconnaît Didier Lasserre, d’Arvalis. « Ce problème est exacerbé depuis la disparition de produits de traitements. Ceux qui les ont remplacés ne sont pas totalement efficaces. Ils ne font qu’éloigner les animaux. Dans le Bas-Rhin, des agriculteurs ont ainsi semé trois fois du maïs sur 40 hectares. Ce n’est évidemment pas possible de travailler de cette façon. Nous essayons de trouver et de proposer des techniques alternatives. Mais il faut que ce soit réalisable sur « le terrain ». Or c’est souvent de bonnes idées qui restent de la théorie. Les essais déjà mis en place n’ont fait que déplacer le problème. Il était, par exemple, question d’effacer les lignes de semis et/ou de semer plus profond. Cependant cela reste des mesurettes », convient Didier Lasserre. Et souvent ces solutions sont limitantes. Elles déplacent les difficultés sur les parcelles voisines avant de revenir sur les mêmes lieux quelques jours plus tard. « Dans l’ouest de la France, de nouveaux engrais ont été testés sur certains légumes comme le chou-fleur. Mais, là également, ce n’est que partiellement efficace et adapté. Des rubans ont également été mis en place au-dessus des serres pour apporter une barrière physique entre la culture et les oiseaux. Cela représente un coût financier », observe Sébastien Fuchs, conseiller produits maraîchers de serre et de plein champ chez Planète Légumes.

Première victime de cette surpopulation de corvidés, le monde agricole entend être force de propositions sur ce dossier. Il s’agit de construire des solutions non pas en opposition avec les associations environnementales mais dans le cadre d’un partenariat. « Nous devons tous être des acteurs positifs pour avancer. Il ne faut, par exemple, pas opposer la ville à la campagne. L’objectif est d’avoir une concertation efficace et quotidienne sur la méthode de diminution de cette population de corvidés. Car il y a une réalité de terrain. Il faut réduire la présence massive des corbeaux pour atteindre un niveau de population qui permettra de travailler efficacement. Et quand on nous parle d’un potentiel dérèglement social de la vie des corvidés, on oublie de parler de celui des humains. Il faut également rappeler qu’il ne s’agit pas de tuer toute la population des corbeaux, mais de la réguler. Pour cela, tout le monde doit jouer le jeu. Il faut également communiquer sur ce sujet médiatiquement et techniquement. Il faut être opérationnel le plus tôt possible », rappelle David Herrscher, éleveur à Andolsheim.

Une pression psychologique

D’autres agriculteurs présents à cette réunion ont témoigné de leurs difficultés. Thomas Ritzenthaler, céréalier à Holtzwihr, ne sait plus quoi faire. « On a tout tenté. Sur plusieurs semaines, nous avons tiré à différentes heures de la journée. On ne fait que les déplacer. Il arrive qu’ils ne bougent même plus. Il faut parfois ressemer plusieurs fois la même parcelle. C’est intenable, infernal et très difficile à accepter psychologiquement. » Yves Jauss, exploitant à Horbourg-Wihr, acquiesce. « Les gens sont à bout. Ils travaillent leur bien qui est ensuite détruit. Et dans le même temps, il y a également une pression de la population qui se balade et ne voit que la beauté de la nature. Les gens ne comprennent pas les enjeux. Cela a pour conséquence des interventions des gendarmes. Parfois contre les actions mises en place », témoigne Yves Jauss. Confronté aux corbeaux depuis 30 ans, Jacky Schwartz, agriculteur à Andolsheim, est également garde-chasse à Bischwihr et à Horbourg-Wihr. « Des corbeaux, il y en a de plus en plus car les piégeages mis en place sont souvent détruits et les corbeautières cassées par des citoyens. On ne peut plus continuer comme ça », assure-t-il.

Pour la LPO, « la destruction n’est pas la solution »

Auparavant, la FDSEA du Haut-Rhin avait ouvert le débat en donnant la parole à ses interlocuteurs. Christian Braun pour la Ligue de la protection des oiseaux (LPO) a dit partager le constat effectué pour les dégâts sur les cultures. Il ne partage néanmoins pas l’analyse des agriculteurs. « Depuis 15 ans, à la LPO, on est convaincu que la destruction n’est pas la solution. Nous prônons d’autres voies pour au moins réduire ces dégâts. Il faut accepter de tester des mesures qui ne seront pas efficaces d’une année à l’autre », plaide Christian Braun qui rappelle qu’il existe un prédateur du corbeau : le hibou grand-duc. Il y en a encore 200 en Alsace.

Chercheuse au CNRS, Valérie Dufour estime qu’il est difficile ou même impossible de réguler les corbeaux. « Je peux vous proposer des choses pour réguler leurs dégâts », insiste-t-elle. Elle estime qu’il faut limiter l’attractivité des cultures, donc du maïs. Elle évoque des zones « tampons » entre les colonies de corbeaux et les cultures, ou encore la mise en place de systèmes d’effarouchement. Des solutions qui laissent les agriculteurs dubitatifs. « La régulation est impossible car on ne nous laisse pas réguler », s’agace Nicolas Dieterich, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. « S’il faut attendre le hibou grand-duc et une population plus importante, ce n’est pas possible. Il est primordial d’intervenir. La prévention est certes un moyen. Mais nous sommes désormais obligés de réduire massivement la présence des corbeaux pour arriver au bout des dégâts », conclut René Zimpfer. Le groupe de travail formé ce jour-là doit formuler les prochaines propositions du syndicat pour faire avancer ce dossier.

 

Un couple de grands-ducs d'Europe, la plus grande espèce d'hibou du continent, présent au coeur d'Obernai https://alsace.lpo.fr/index.php/un-couple-de-grand-ducs-d-europe-au-cent...

Publiée par LPO Alsace sur Lundi 8 février 2021

 

Bergerie de la Doller à Sentheim

Une demande « grandissante » pour une qualité « supérieure »

Élevage

Publié le 09/02/2021

Petit-fils d’éleveur, Guillaume Bissler, 32 ans, a déjà une belle expérience professionnelle. Il a géré son premier troupeau dès 2008 avant d’en faire son activité principale en 2012. Il est aujourd’hui installé sur sa ferme : la bergerie de la Doller, à Sentheim. On y retrouve six cents brebis, une dizaine de béliers pour la reproduction et, bien sûr, des agneaux. Les bovins, des vaches Highlands, sont une vingtaine. Les bêtes sont abattues à Cernay avant de revenir à Sentheim pour être transformées. « J’ai engagé depuis mai 2019 un boucher, Patrick Eisele. Il me seconde pour la découpe, la préparation de la viande et la vente. J’ai moi-même suivi une formation pour participer à cette tâche. La viande est ensuite commercialisée en détail ou en caissettes à des particuliers ou des professionnels », explique Guillaume Bissler. Ses clients viennent des vallées de la Thur et de la Doller, mais également du Territoire de Belfort et de la plaine d’Alsace.

Le jeune éleveur a compris la pertinence de la vente directe bien avant son installation. « Dès l’école et lors de mes formations, en observant les différents parcours des uns et des autres, j’ai estimé qu’il fallait le moins d’intermédiaires possible entre nous, les producteurs, et les consommateurs. Depuis le début de mon activité, j’ai une demande grandissante, notamment du côté des particuliers. Les gens sont de plus en plus désireux de venir acheter directement à la ferme ou sur les marchés. La viande est un peu plus chère mais la qualité est supérieure. Et les clients le savent bien. Ils peuvent venir vérifier par eux-mêmes. Et nous pouvons échanger directement », ajoute-t-il. Il propose des merguez, des chipolatas, des brochettes, des gendarmes à l’agneau, du saucisson de brebis ou encore du gigot fumé à sa clientèle.

 

Merguez et saucisses indiennes disponible demain matin à la ferme de 10 heures à 12 heures le 04/04/20 Il a encore possibilité de commender votre viande pour Pâques. N'hésitez à nous contacter

Publiée par Bergerie De La Doller sur Vendredi 3 avril 2020

 

Un nouveau laboratoire dans les cartons

La viande est transformée dans le laboratoire à Sentheim. Ce bâtiment de 60 m2, ouvert depuis 2016, est déjà trop petit face à une activité toujours plus importante. La variété de sa production peut expliquer ce succès : 200 brebis limousines de petite taille, 200 Mourérous plus « rustiques », et 200 Mérinos. En été, les bêtes sont dans les pâturages de la vallée de la Doller et vont jusqu’au Ballon d’Alsace ainsi qu’entre Vieux-Thann et Cernay. Les agneaux sont allaités par leur mère, puis ils se nourrissent d’herbe lorsqu’ils sont sevrés . En hiver, les ovins rentrent au chaud. De leurs côtés, les bovins profitent de la belle saison autour du lac de Sewen. En hiver, ils restent dans la nature à Sentheim et Guewenheim. « Au total, les bêtes profitent d’environ 70 hectares de champs et de prairies », précise Guillaume Bissler.

Le travail ne manque pas. Jusqu’à il y a deux ans, il était seul avant de faire appel à Patrick Eisele pour le seconder. « Mon emploi du temps est très chargé, mais je ne reviendrais pas en arrière. La ferme a évolué et je suis au contact de mes clients. Il y a des échanges et des retours intéressants sur les produits. Ces remarques me permettent de faire évoluer la gamme. À long terme, j’ai comme projet de développer davantage cette vente directe en prenant de nouveaux créneaux de produits transformés comme le foie d’agneau pour le pâté en croûte, ou faire de la terrine. Pour cela, il faudra agrandir le laboratoire ou l’installer dans un nouveau bâtiment. »

 

Rendez vous mercredi 4 Avril au Café Rapp à Colmar Le chef vous proposera son menu élaboré à partir des produits de la...

Publiée par Bergerie De La Doller sur Lundi 2 avril 2018

 

Élevage du Sud Alsace

Une marque collective à trouver

Élevage

Publié le 05/02/2021

Ce projet fédérateur est une des actions qui doit être mise en place dans le cadre d’une série d’actions en faveur de la qualité de l’eau et de la biodiversité dans le Sud Alsace. Ce sont 7 millions d’euros (M€) qui doivent être ainsi investis sur quatre années, dont 2,80 M€ financés par l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « L’eau, l’agriculture, les circuits courts, les paysages sont essentiels. Vous allez bâtir la première pierre du cahier des charges de cette action collective en parallèle de l’étude de marché. Nous avons besoin de vous. L’herbe est essentielle pour la préservation de l’eau. Et pour conserver des espaces prairiaux, on a besoin d’éleveurs. On doit donc pouvoir trouver les moyens de faire des choses en commun », explique en préambule le directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, Marc Hoeltzel. Des propos complétés par les présidents des deux communautés de communes du secteur, Sundgau et Largue, respectivement présidées par Gilles Fremiot et Benoît Gassmann. « Il faut que vous puissiez vendre au bon prix. Nous y travaillons à travers les circuits courts qui prennent une place de plus en plus importante dans la restauration de nos établissements scolaires par exemple. Le manger local me tient cœur », précise le premier. « Vous êtes un maillon de cette dynamique globale. La viande, le lait, nos paysages sont nos valeurs communes », ajoute le second.

L’objectif est de développer une logique de filières agricoles respectueuses de la ressource en eau et viables économiquement, accompagnées d’une recherche de label. Ce travail doit se concrétiser par la création d’une marque collective valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Douze éleveurs ont répondu présents. Ils ont été répartis sur deux tables de travail distinctes. Il leur a été demandé de répondre à la question introductive qui doit permettre d’élaborer le futur cahier des charges de production : qu’attendent-ils de cette future marque ? Leurs réponses devaient prendre en compte l’aspect économique, mais également les plans technique, social et personnel. « Nous attendons avant tout une pérennité économique permettant de trouver facilement et rapidement des débouchés qui eux, seront sécurisés. En complément, il nous faudra de la visibilité, des prix rémunérateurs, des marges et donc un revenu », insiste l’un des éleveurs présents. Deux outils sont cités pour réussir : la prise en compte des coûts de production et des aides aux investissements pour l’entretien des prairies.

 

?[Contrat de territoire Eau et Climat (CTEC) Action axe 1] Création d’une marque collective valorisant les productions...

Publiée par Communauté de communes Sud Alsace Largue sur Vendredi 29 janvier 2021

 

Mieux valoriser les productions

Que le lait ou la viande soient la production dominante de leurs exploitations n’y change rien. Il est vital que leur prix de vente soit valorisé avec un volume de vente suffisant. Sans cela, adhérer à une telle démarche n’a pas de sens au niveau économique. En amont, les professionnels ressentent un nécessaire besoin d’accompagnement dans la gestion de cette nouvelle charge de travail et un accompagnement sur les changements à mettre en place liés au futur cahier des charges. En aval, il faudra de la logistique afin de pouvoir maîtriser la production en sortie de ferme. Un débat a lieu entre les producteurs présents. L’un s’agace : « Me concernant, j’ai ma façon de travailler et de produire. Si elle ne correspond pas à cette marque, je vais laisser tomber car je ne compte pas changer mes pratiques et prendre le risque de perdre mes débouchés. » Un autre est plus optimiste : « Si économiquement le projet est bien ficelé et s’il nous donne de la visibilité à long terme, il n’y aura aucun problème. Nous sommes habitués à évoluer. » Dans tous les cas, les éleveurs attendent un minimum de contraintes supplémentaires et encore moins de surcharges de travail. « Il faut que cette démarche soit techniquement simple à mettre en place », insiste Christophe Bitsch, éleveur à Obermorschwiller et président de l’abattoir départemental de Cernay.

Comme d’autres de ses collègues, il s’inquiète en s’adressant au personnel de l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « On n’a encore rien posé. Et déjà on parle de contrôle. C’est oppressant. » Une marque a des avantages mais également des contraintes lui répond-on. « Notre objectif, et Marc Hoeltzel l’a expliqué au début de cette réunion, c’est qu’il y ait de l’herbe sur ce territoire. C’est dans ce cadre que ce projet est financé par l’agence. Maintenant, il faut que vous puissiez valoriser les productions qui découlent de cette herbe. » Ce que font déjà de nombreux professionnels. « On est déjà beaucoup d’éleveurs à avoir mis davantage d’herbe. Mais, effectivement, il faut que ce soit mieux valorisé derrière », complète Sébastien Stoessel éleveur à Feldbach.

Reconnaître le savoir-faire des éleveurs

Au niveau social, les agriculteurs attendent beaucoup. « Il est vraiment nécessaire que la complexité de notre métier soit entendue, comprise et expliquée, à nos interlocuteurs et aux consommateurs. Cette reconnaissance sociale est nécessaire car les agriculteurs sont constamment montrés du doigt dans tous les débats de la société. Nous attendons une vraie reconnaissance du métier de producteur », insiste Vincent Dietemann éleveur à Traubach-le-Bas. D’autant plus que le métier a évolué. Les agriculteurs ne sont plus déconnectés. Bien au contraire. Ils sont également employés et employeurs. « Cette labellisation doit déboucher sur des créations supplémentaires d’emplois. Nous devons également revoir les liens entre nous et les collectivités. Cette démarche doit y aider », se félicite un professionnel de Gommersdorf.

Sur un plan personnel, les éleveurs présents veulent se reconnaître dans cette future marque. « Elle doit nous appartenir. Et pour cela, elle doit reconnaître notre savoir-faire et valoriser notre travail », notent les professionnels. Il leur a ensuite été demandé de choisir les critères à intégrer dans les futurs cahiers des charges de production de cette marque. Sans surprise, le lieu d’implantation de l’exploitation agricole (Sud Alsace), le respect de la charte des bonnes pratiques d’élevage, l’origine des fourrages (avec un pourcentage précis en autoproduction), la part d’herbe dans l’alimentation, le lieu de transformation (Sud Alsace), la traçabilité des produits de la ferme au produit fini, la qualité de la carcasse ou encore la couverture du sol ont été les critères principaux choisis. Le travail va désormais se poursuivre. D’autres ateliers suivront pour pérenniser la création de cette nouvelle marque.

 

 

Jeunes Agriculteurs de Saint-Amarin/Masevaux

« Nous voulons pouvoir chasser »

Vie professionnelle

Publié le 28/01/2021

Ils sont installés, ouvriers agricoles et parfois jeunes élus locaux. La nouvelle équipe dirigeante des Jeunes Agriculteurs (JA) de ce canton des Hautes Vosges d’Alsace ne manque pas de projets. Mais, comme ailleurs dans la région, ils sont occupés par un problème récurrent : les dégâts de gibiers. « Nous n’en pouvons plus. Nous sommes confrontés au quotidien à ces sangliers et cervidés qui nous empêchent de travailler sereinement. Il faut que cela bouge. Sinon de nombreux jeunes ne vont pas reprendre les exploitations de leurs parents. Une génération part à la retraite dans les prochaines années. Si nous ne les remplaçons pas, il n’y aura plus d’agriculture dans le secteur », explique Lucas Burgunder. Âgé de 20 ans, il est depuis un an le président des JA du secteur. S’il exploite des terrains, il n’est pas installé et travaille dans le bâtiment. « Néanmoins, nous nous sentons tous concernés. Ici, nous vivons la ruralité », ajoute-t-il.

Dans ce débat, ils réclament de pouvoir chasser. Certains ont déjà leur permis. C’est le cas de Marc Gewiss. Âgé de 25 ans, cet ouvrier agricole dont les parents gèrent la ferme-auberge du Kohlschlag au-dessus de Soultz, chasse depuis déjà dix ans : « Dès mes 15 ans, j’ai commencé. Mon père est lui-même chasseur. Je l’ai suivi avant de me lancer. Le problème de la chasse, ce sont les prix des différents lots. Ils représentent un coût trop important pour des jeunes comme nous. La plupart du temps, les communes privilégient les gens qui ont un certain pouvoir d’achat. C’est pour cela que dans notre vallée, il y a beaucoup de personnes qui viennent d’ailleurs et qui chassent pour leur plaisir. C’est ce que j’appelle la « chasse business ». Or, dans le même temps, la population de gibier augmente. Cette situation n’est plus acceptable ».

La nouvelle génération « n’est pas aussi patiente que la précédente »

Les JA du canton de Saint-Amarin/Masevaux ont donc décidé d’interpeller les maires des villages de la vallée. « Nous leur rédigeons un courrier. Dans trois ans, en 2024, il y a les adjudications. Les lots de chasses vont devoir être renouvelés. Nous souhaitons pouvoir défendre notre cause. En tant que chasseurs locaux, nous voulons avoir notre mot à dire et une chance d’obtenir ces lots. Pas pour nous, mais pour pérenniser l’activité agricole de notre vallée », précise Joanie Lutz, secrétaire des JA du canton et jeune adjointe à l’urbanisme et aux activités agricoles de la commune de Goldbach-Altenbach. Avec son collègue, Benjamin Ludwig, paysan dans le village et également adjoint en charge précisément de la chasse, ils se sentent concernés. « Nous tenons à préciser que nous n’incriminons personne. Il y a des communes où cela se passe très bien. La chasse est très bien gérée. Mais nous voulons agir là où il y a des difficultés. Et quand c’est le cas, des locaux doivent pouvoir intervenir dans la chasse. Il faut faire respecter le cahier des charges qui précise d’ailleurs clairement les choses », insiste Benjamin Ludwig.

Le sujet est d’autant plus d’actualité que la chasse et le foncier seront le thème de la table ronde organisée lors de la prochaine assemblée des Jeunes Agriculteurs le 11 février, dont le sujet principal concernera les circuits courts. « La chasse est désormais un dossier que nous évoquons dans toutes nos discussions. Il y a actuellement des pics de population de gibiers et dans certains lots, on ne chasse pas. Ce n’est plus acceptable. Car ce sont nos parcelles qui sont saccagées. Nous devons chercher nos fourrages de plus en plus loin. Cela représente un coût toujours plus important. Sans parler de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique. Il y a une nouvelle génération qui arrive, mais elle n’est pas aussi patiente que la précédente. Si la société veut que nos paysages de montagne soient préservés, il faut soutenir l’agriculture. Car c’est bien elle, et donc nous, exploitants, qui entretenons ces paysages », conclut Florent Pierrel du Gaec Schoeffel-Pierrel à Fellering.

Visite préfectorale

Mettre les agriculteurs au centre des projets de réforme

Vie professionnelle

Publié le 20/01/2021

« Nous étions impatients de vous faire connaître l’agriculture alsacienne. Le Gaec de Wittelsheim est un site bien choisi. Il est représentatif de l’agriculture dans le Haut-Rhin. Il y a là un condensé des filières qui compense la petite taille de nos exploitations », explique en préambule le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. Il en profite pour faire un rappel historique de l’évolution de l’agriculture dans le département. « Longtemps, nos terres ont été pauvres jusqu’à l’arrivée de l’irrigation. Puis, il y a eu le développement du maïs qui nous a permis d’assurer l’autonomie fourragère des exploitations de plaine, notamment. Nous avons un parcellaire morcelé. Du coup, la réalité économique d’une exploitation agricole est une alchimie subtile. Nous sommes comme des funambules en équilibre. Nous devons maintenir nos marchés et nous développer au niveau économique, tout en faisant face à des contraintes et des règles administratives qui sont devenues une épée de Damoclès pour nos petites structures », ajoute Pascal Wittmann. Tout au long de l’après-midi, les représentants de la profession agricole vont le rappeler au préfet : ils veulent évoluer et relever tous les défis qui se présentent à eux ; climatiques, notamment. Mais il est impératif que les futures réformes se fassent avec les agriculteurs et pas contre eux. « Les agriculteurs doivent être au cœur des réflexions et des projets de réforme », insiste le président de la FDSEA du Haut-Rhin.

L’un des associés du Gaec de Wittelsheim, Michel Rohrbach, présente ensuite l’exploitation. Elle a été créée à la fin des années 1970, par deux familles. Elle est restée aujourd’hui une structure familiale. L’arrivée des quotas laitiers en 1984 permet le développement de la ferme qui a alors une centaine de vaches. « Nous sommes ici dans le bassin potassique. Nous avons toujours été considérés comme une grosse ferme. Ici, pendant longtemps, tout le monde travaillait à la mine. Avec l’irrigation, nous avons pu nous lancer dans un nouveau projet, dans les années 2000. Nous avons investi dans un atelier laitier performant car nous sommes une équipe d’agriculteurs âgés de moins de 40 ans. Les difficultés de départ pour obtenir le permis ne nous ont pas démotivés. Nous avons eu raison d’y croire. L’outil est aujourd’hui bien fait et performant. Les conditions de travail sont agréables et le bien-être animal est assuré », se félicite Michel Rohrbach. Les fermes laitières sont de moins en moins nombreuses. Entre le Gaec de Wittelsheim et la région de Colmar, il n’y en a plus. Il faut aller dans le Sundgau et en montagne. « Une ferme est une entreprise. Nous sommes ici producteurs de lait. Mais également de céréales. Nous faisons aussi du séchage. Nous développons les circuits courts et nous sommes dans une zone renforcée concernant l’eau. Il a fallu évoluer économiquement et techniquement pour nous développer, précise Michel Rohrbach. Comme il en a pris l’habitude lors de réunions syndicales, l’éleveur mime avec des seaux toutes les contraintes auxquels les agriculteurs sont soumis dans leur gestion quotidienne des exploitations.

 

Rencontre avec Louis Laugier, préfet du Haut-Rhin, au GAEC de Wittelsheim puis à l'abattoir de Cernay, pour lui faire...

Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Mardi 12 janvier 2021

 

Les productions irriguées : « cœur battant » de l’agriculture alsacienne

Avant de faire la visite des lieux, le préfet tient à lui répondre immédiatement. « Avec mes services et ceux de la direction départementale des territoires (DDT), l’objectif est de faciliter les choses même si les règles sont complexes. Vous évoquez souvent, et à juste titre, vos problèmes et vos difficultés. Mais il n’y a pas que cela. Quand vous parlez toutes et tous de votre métier, vous le faites comme des passionnés. Dans chaque profession, il y a des exigences, des conditions de vie et une organisation personnelle qui jouent sur le moral et la difficulté du métier. Nous sommes là pour vous écouter et aller de l’avant avec vous », observe Louis Laugier. En effectuant le tour de la ferme, Michel Rohrbach rappelle au préfet : « l’eau, c’est mon coffre-fort et le maïs ma sécurité alimentaire ». Précisément, cette gestion de l’eau accompagnée de celle du foncier va faire l’objet d’un long échange. Car, pour les professionnels, sans cela, il n’y a pas d’élevage, d’agriculture ni de viticulture. « Les productions irriguées constituent le « cœur battant » de notre vitalité agricole alsacienne. La crise sanitaire a permis de redécouvrir l’importance d’une production agricole française. L’irrigation est nécessaire pour produire avec régularité et consommer local en Alsace. L’irrigation est donc notre meilleure alliée pour une agriculture régionale de qualité et pour un approvisionnement garanti tout au long de l’année. Elle nécessite des investissements importants. Les agriculteurs doivent être soutenus pour se lancer dans ce type de projet et accéder aux équipements les plus efficaces sur le plan agronomique, tout en étant économes en eau. Et surtout, ils doivent être associés à toutes les réflexions qui viseraient à modifier les usages agricoles de l’eau. Ces réflexions doivent prendre en compte toutes les données. Qu’elles soient historiques, juridiques, agronomiques et/ou économiques », note Thomas Obrecht en charge de ce dossier à la FDSEA du Haut-Rhin. Et de rappeler que la profession milite pour la création de retenues d’eau permettant de faire une gestion raisonnée de l’eau. Et sachant que les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) ne sont pas des solutions efficaces si l’État n’assouplit pas les dates d’implantation.

Préserver le foncier et le maïs

Concernant le foncier agricole, il a été rappelé que ce sont chaque année plus de 600 hectares de terres agricoles qui disparaissent en Alsace au profit de lotissements, zones commerciales ou artisanales, photovoltaïques au sol ou encore gravières. « Sur ce point, nous ne sommes pas favorables à des projets comme le photovoltaïque au sol. Sous couvert de développer des énergies renouvelables, il n’y a pas lieu de priver l’agriculture de terres utiles à la souveraineté alimentaire de notre pays. Nos toitures agricoles et municipales peuvent accueillir ces panneaux photovoltaïques à la condition que l’État et les entreprises fournisseuses d’énergie jouent bien le jeu, et nous aident à obtenir des coûts de raccordement raisonnables », plaident Pascal Wittmann et Jérémy Pflieger, pour la FDSEA et les JA du Haut-Rhin. Les professionnels ont également sensibilisé le Préfet sur la réforme de la politique agricole commune. « Il faut tout faire pour préserver nos spécificités agricoles et le maïs », insistent-ils. Concernant le plan de relance, la FDSEA et les JA ont pris une part active. Ils souhaitent le soutien des services de l’État pour deux dossiers notamment : l’optimisation des canaux d’irrigation dans la plaine et, le développement d’une filière de production et déshydratation de la luzerne. La profession espère également que le dossier de soutien à l’abattoir y sera éligible.

L’abattoir doit développer ses services

Un abattoir visité dans la seconde partie de l’après-midi sous la direction du président Christophe Bitsch. Là également, l’historique du dossier a été présenté à Louis Laugier. « Nous travaillons dans de bonnes conditions sanitaires. Et en toute sécurité pour nos salariés. Les animaux sont respectés tout au long de la chaîne. Mais, pour pérenniser l’outil, il est indispensable de le développer. Dans ses locaux et dans ses services », estime Christophe Bitsch. Il est rappelé au préfet que l’abattoir, peu utilisé au départ et lourdement déficitaire, est désormais une entreprise utilisée par de nombreux éleveurs et équilibrée financièrement. Tout au long de cette période, il a reçu le soutien appuyé du Conseil départemental du Haut-Rhin. Il faut maintenant aller encore plus loin dans les services qu’un tel outil doit fournir à ses clients.

La fin de la rencontre permet à René Zimpfer, responsable du dossier « chasse » à la FDSEA du Haut-Rhin de remercier le Préfet pour son intervention au début du second confinement. « Elle a permis de chasser une surpopulation de gibiers qui devient de plus en plus alarmante. Les agriculteurs subissent de plein fouet ces attaques de sangliers et autres espèces. Les dégâts sont considérables. Il faut donc que la chasse soit pratiquée au maximum. Non pas en tant que loisir mais parce qu’elle est indispensable à la régulation des nuisibles et à la protection de la production agricole. Nous vous demandons de continuer à prendre les mesures qui s’imposent face aux quelques chasseurs qui ne respectent pas leurs obligations », conclut René Zimpfer.

Solidarité alsaco-bretonne

Un jumelage qui part en fromage

Élevage

Publié le 12/01/2021

Le jeune éleveur de 30 ans, installé sur l’exploitation familiale à la suite de ses beaux-parents, n’a pas vu arriver le premier confinement au mois de mars. Sa cave était remplie de fromages : munster, saint-grégoire, bargkass, tomme. « Du jour au lendemain, mes revendeurs ont tous fermé. Malgré quelques ventes avec la clientèle locale, il a donc fallu jeter du fromage. Jusqu’au jour où j’ai pu échanger avec le maire de Muhlbach-sur-Munster, Patrick Althusser, lors du week-end pascal quand il est précisément venu s’approvisionner à la ferme. Je ne lui ai pas caché mes difficultés. Il a alors informé de ma situation le comité de jumelage. Tout est ensuite allé très vite. Des mails, des appels téléphoniques, de la pub dans les journaux bretons. Je pensais que 200 à 300 fromages allaient trouver preneur. Ce qui était déjà bien. Finalement, ce sont plus de 1 500 munsters et saint-grégoire qui ont été commandés. Nous avons fait deux livraisons fin mars et fin mai. Il y a encore eu des commandes par la suite », se félicite Mathieu Hunzinger.

La belle histoire se répète lors du second confinement. Là, ce sont 850 fromages (moitié munsters et saint-grégoire) qui partent en Bretagne. « D’après ce que j’ai compris, 90 % des habitants de Kermaria-Sulard ont au moins fait une commande. Ce soutien fait chaud au cœur. Pour Noël 2020, une nouvelle opération a été menée, plus habituelle. Nous avons fait l’échange avec les huîtres. 200 bourriches ont été commandées », note le jeune éleveur. Son stock a donc baissé et ses pertes financières se sont atténuées. Une autre bonne nouvelle : le retour de la clientèle locale. Le deuxième confinement a en effet eu un côté vertueux. « Les gens ont pris conscience de l’importance de soutenir les commerces locaux. Proximité et solidarité vont bien ensemble. J’espère que, désormais, ces bonnes habitudes perdureront. En attendant, ces échanges avec la Bretagne m’ont permis de sauver les meubles pour l’année 2020 », précise Mathieu Hunzinger. En revanche, l’incertitude demeure pour l’avenir. « Il faut que les entreprises soient réellement aidées et soutenues. Il ne faut pas seulement des effets d’annonces du gouvernement. Je ne compte pas faire de prêt pour continuer mon activité car je n’ai pas envie de m’endetter alors que c’est encore l’inconnu au niveau sanitaire pour ces prochains mois. Du coup, j’ai tari les vaches en fin de lactation pour avoir moins de lait », conclut l’éleveur.

 

Le comité des fêtes et de jumelage de Muhlbach sur Munster organise à nouveau une commande groupée d'huîtres de Bretagne...

Publiée par Patrick Althusser sur Vendredi 27 novembre 2020

 

Tout de même 25 000 € de pertes

Installé sur l’exploitation familiale depuis quatre ans, Mathieu Hunzinger n’est pas arrivé au bon moment. La sécheresse tout d’abord, puis la crise sanitaire l’ont obligé à revoir sa stratégie. Il a réduit à une vingtaine de vaches son cheptel. On y trouve historiquement des vosgiennes, mais également des brunes des Alpes. « Les premières ont un tempérament bien marqué et elles sont évidemment adaptées à notre relief. Les secondes sont dociles, productives avec une bonne richesse du lait. Néanmoins, avec le nouveau cahier des charges pour le munster, cela va me poser des difficultés. J’ai aussi quelques aubrac pour la viande que je propose en colis. Tout est vendu en direct ici. La viande donc et le fromage », explique Mathieu Hunzinger.

Il y a encore cinq à dix ans, les vaches pouvaient pâturer jusqu’au milieu du mois d’octobre et les coupes d’herbe étaient suffisantes pour passer tranquillement l’hiver. « On arrive désormais à la moitié de ce que nous avons besoin. On entame les stocks d’hiver dès la fin du mois d’août. Il n’y a donc plus le choix. Soit il faut acheter du foin et de la paille ailleurs, soit il faut réduire le cheptel. Et puis, le Covid-19 est arrivé. Nous avons une clientèle de locaux et de touristes. Ces derniers ne sont plus là. On peut donc estimer la perte des ventes de fromages à 25 000 €. J’ai été contraint de jeter une des huit tonnes de ma production annuelle », ajoute Mathieu Hunzinger. S’il est encore aidé par ses beaux-parents retraités, il est néanmoins le seul actif de la ferme. Une situation d’autant plus complexe qu’outre la sécheresse et la crise sanitaire, il déplore aussi des dégâts de sangliers toujours plus importants. Le troisième fléau de cette année 2020 décidément bien compliquée.

Miss et Mister France agricole

La passion des concours

Élevage

Publié le 03/01/2021

« C’est Tony, mon petit ami, qui m’a incitée à me présenter. L’idée est de se faire connaître et de montrer ce que l’on fait dans le monde agricole. Mon objectif n’était pas de gagner. Mais bien de participer. L’élection de Miss et Mister France agricole est une vraie vitrine pour la jeunesse en agriculture », raconte Florine Wira. Le concours est organisé par le site terre-net.fr. « Cet événement amical a pour but de promouvoir les femmes et les hommes du milieu agricole, afin de montrer une image positive et souriante de notre profession, il n’y a aucun enjeu financier, juste un bon moment à passer ensemble », détaillent les organisateurs sur la page Facebook de l’élection.

Florine Wira a réalisé un montage photo d’une présentation d’elle dans son milieu professionnel. Elle l’a ensuite envoyé aux organisateurs qui l’ont publié sur les réseaux sociaux avec celle des autres participants. Une édition marquée par une forte hausse du nombre de candidatures qui ont été déposées du 19 novembre au 10 décembre dernier. Un jury a sélectionné les gagnants de chaque catégorie parmi les 20 candidats ayant récolté le plus de « j’aime ». Le 12 décembre, c’est finalement une éleveuse de chèvres en Haute-Savoie prénommée Noémie qui a été élue. « Je suis déjà très satisfaite d’avoir participé car ce n’est pas forcément évident de se mettre en valeur. Il faut faire un effort sur soi-même », poursuit la jeune femme. Elle est maintenant dans l’attente de l’amélioration de la situation sanitaire.

 

Soutenez la candidature de Florine Wira au concours de Miss Agricole 2021 ! Ancienne élève de STAV au lycée de Rouffach,...

Publiée par Lycée de Rouffach sur Dimanche 29 novembre 2020

 

Tout ce qui touche à la génétique

Car la vraie passion de Florine, c’est l’élevage. Après un bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) à Rouffach, puis un BTS ACSE (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole) effectué en apprentissage à la maison familiale et rurale à Fougerolles en Haute-Saône et chez un patron à Lepuix-Neuf dans le Territoire de Belfort, Florine Wira, 20 ans, s’en est sortie avec réussite et une mention assez bien. Elle a décidé de poursuivre son cursus en effectuant un certificat de spécialisation bovin lait en une année toujours à Fougerolles. L’occasion d’acquérir de nouvelles connaissances tout en continuant en alternance. « Mon objectif est de devenir technicienne pointeuse pour évoluer dans tout ce qui touche à la génétique. Mais cette orientation professionnelle n’est pas forcément accessible. Il me manque de l’expérience et un peu de confiance en moi. Une autre solution serait de devenir conseillère technique en faisant par exemple les plannings d’accouplement. Cela me permettrait d’être avec les vaches sans avoir les deux pieds dans une ferme. Et ainsi de pouvoir bouger et d’observer ce qui se fait dans une multitude d’exploitations », explique Florine.

Actuellement, elle suit son second apprentissage au Gaec de la Petite Chicotte à Hautmougey dans les Vosges. Une belle exploitation laitière sur 150 hectares qui livre ses 950 000 litres de lait à Lactalis et qui est gérée par Ghyslain Bilquez et Ludovic Mouton. C’est son petit ami, Tony, lui-même salarié agricole et originaire de Fougerolles, qui l’a orientée pour cette nouvelle expérience. « J’avais envie de quitter la maison familiale et de vivre ma propre expérience. Je suis à l’école une semaine par mois et les trois autres semaines à la ferme. Je m’occupe de la traite, du nettoyage, de nombreux travaux agricoles. Mon objectif était de sortir de ma zone de confort. On m’a également laissé conduire le tracteur et faire de l’ensilage. Une première pour moi », se félicite la jeune femme qui doit rester à la ferme jusqu’en septembre 2021. « Mes patrons me font confiance. Ils participent à rendre ma passion pour le monde agricole encore plus forte. Ils me font partager leurs connaissances et leur vision de la gestion d’une exploitation dans la situation actuelle et dans l’avenir. »

Curiosité et expérience

La jeune femme a participé à plusieurs concours. Et notamment celui de Habsheim où, avec sa vache Liane, elle a été sacrée grande championne l’an dernier. Elle a également participé à l’école française des jeunes éleveurs pour approfondir ses connaissances, après des premiers titres de meilleur meneur holstein en 2016 et montbéliarde/interrace en 2017, également obtenus à la foire Simon et Jude de Habsheim. Elle a aussi pris part, avec son frère Paulin, au concours départemental de labour. « Je suis une touche-à-tout. Ma curiosité me pousse à multiplier les expériences. Il ne faut jamais rester dans son coin avec ses certitudes. Le monde évolue et nous devons le faire également », estime Florine Wira. « Dès que les concours d’animaux redémarrent, on peut compter sur moi. Cela reste ma passion », conclut Florine Wira.

 

Bon... nous sommes prêtes pour les concours !?? Choupi me met pleins d’étoiles dans la tête ce soir, le temps d’une...

Publiée par Florine Wira sur Mardi 21 juillet 2020

 

 

Ferme Henry à Orbey

La nouvelle génération est prête

Élevage

Publié le 13/12/2020

Après avoir traversé le centre-ville de la commune de la Weiss, et suivi jusqu’à Basses-Huttes, l’un des 38 hameaux d’Orbey, on arrive une centaine de mètres plus loin devant l’exploitation de la famille Henry. En ce mois de novembre où la population est confinée, l’activité se poursuit dans cette ferme qui occupe 90 hectares de prairies naturelles. Il y a là un troupeau mixte formé d’une cinquantaine de vaches laitières montbéliarde et holstein, et aussi une vosgienne (un taureau qui permet d’avoir des vaches croisées). Le lait, bio depuis deux ans, est collecté par la laiterie Lactalis.

Après un début de carrière dans la restauration, Émeline Henry a changé d’avis. « Mon rêve était d’avoir une ferme-auberge. Mais, après quatre années d’expérience, le monde de la restauration ne me plaisait plus, raconte-t-elle. Je me suis réorientée. J’ai alors suivi une formation. Un certificat de spécialisation production, transformation et commercialisation des produits fermiers à Poligny dans le Jura. Je l’ai effectué pendant un an en apprentissage en étant alors chez Christine Chaize pas loin d’ici. Pour pouvoir m’installer plus tard, on m’a conseillé de faire ensuite le brevet professionnel responsable d’exploitation agricole (BPREA). Il peut être suivi en dix mois avec plusieurs semaines de stages. Ces nouvelles connaissances et ces découvertes de ce monde professionnel m’ont définitivement convaincu. Je souhaite m’installer et reprendre l’exploitation de mes parents », assure Émeline. Il faut dire qu’elle a eu l’opportunité de participer à des stages dans des fermes diverses permettant de découvrir toutes les spécificités du métier d’éleveur. « C’est son choix. Je l’ai toujours laissé faire. Je ne l’ai jamais poussé ou à partir ou à me rejoindre. Pour travailler ici, il faut simplement être déterminé et être conscient de la réalité du métier », réagit son père, Denis Henry, qui a toutefois du mal à cacher sa fierté.

 

 

 

?‼️A VENDRE ?‼️ Taureau de race Vosgienne Bonne origine laitière ✔️ Âge : 16mois 500€

Publiée par FERME HENRY sur Mercredi 4 novembre 2020

 

 

Des yaourts et des fromages

Avant le confinement, Émeline s’est rendue à un stage proposé par l’organisme de sélection de la race vosgienne sur la transformation fromagère. Avec elle, d’autres jeunes adultes en phase de reconversion professionnelle étaient également présents. « Mon futur projet d’installation, c’est précisément de créer sur la ferme un atelier de transformation pour ensuite présenter à la vente une partie de la production en fromage et en yaourts en ouvrant un point de vente et en faisant des marchés. J’avais déjà de bonnes connaissances sur la transformation. Mais cette formation a été un rappel intéressant », se félicite la jeune femme. Un stage complet d’une quinzaine de jours. D’abord à Obernai pour une session pédagogique où les apprenants se sont familiarisés avec les règles spécifiques dans les ateliers de transformation et notamment les normes HACCP (analyse des dangers et maîtrise des points critiques). Le but étant de prévenir tout problème alimentaire pour les consommateurs (mauvaise qualité d’un produit, présence de produits chimiques ou d’un corps étrangers dans la nourriture) et de réagir en conséquence en cas de risque détecté. La seconde semaine a été consacrée à des visites de fermes et à des cours proposés par Anthony Di Carlo, chargé de développement de la race Vosgienne et de ses produits, et par Mathieu David, technicien de l’association du munster fermier (AMF).

Démarrée en septembre dernier, la formation de ce BPREA doit durer dix mois. Émeline Henry a pris attache avec les services de la Chambre d'agriculture Alsace pour préparer le montage de son dossier d’installation. « Je dois le solidifier dans ma tête et dans les faits. Mais l’idée est de m’installer ici à Orbey dans deux à trois ans. Mes parents seront encore actifs une dizaine d’années. Je dois donc avoir un projet cohérent permettant de dégager de la valeur ajoutée pour la ferme et une source de revenu pour moi. Mon objectif serait de transformer tous les deux jours 500 litres de lait en yaourts, fromages de munster, bargkass et autre tomme. Je compte développer une activité de vente à la ferme qui n’existe pas aujourd’hui et, me rendre sur les marchés et les magasins de producteurs », précise Émeline Henry.

« Démarrer en tant que salariée »

La jeune femme comprend par ailleurs que le développement futur de l’exploitation passera aussi, comme depuis toujours, par la qualité des produits proposés. « La crise du Covid-19 en est le meilleur exemple. Il y a toujours de la demande des consommateurs à partir du moment où l’on réussit ses produits. Je ne compte pas être du matin au soir dans cet atelier de transformation. Je compte participer pleinement aux autres activités de la ferme. Je suis attachée à cette exploitation. Aussi, je veux prendre le temps nécessaire avant de me lancer. Dans une première phase, à la fin de la formation, je pense d’abord me mettre sur la ferme en tant que salariée pour ne pas brûler les étapes », note Émeline. Une prudence qui s’explique également par la réalité du moment. Depuis trois ans, une sécheresse persistante entame le fourrage pour les animaux. « On commence à nourrir les bêtes dès le mois d’août alors que par le passé, on le faisait à partir du mois de novembre. Nous cherchons également à valoriser notre fourrage bio. Il faut donc s’adapter. Nous envisageons d’arrêter l’enrubanné pour améliorer encore davantage la qualité de notre fourrage. Cette sécheresse a des conséquences qui s’ajoutent à des dégâts de sangliers toujours plus importants », poursuit Denis Henry.

La famille Henry cherche des solutions. Des voies de diversification. Ils ont ainsi investi dans trois vaches angus, une race bovine britannique. Une race bouchère qui produit une viande appréciée, finement persillée, avec une bonne conformation de carcasse et un excellent rendement en viande. Elle est résistante, facilement adaptable, peu exigeante et extrêmement précoce. Elle supporte les hivers humides comme la chaleur en été. Les vaches angus sont largement utilisées en croisement pour améliorer les qualités de carcasse, pour l’aptitude laitière ou apporter le caractère sans cornes. Les femelles vêlent facilement, en partie grâce à la petite taille des veaux et ont de bonnes aptitudes maternelles. « Pendant mon apprentissage, on en vendait. L’idée est venue. Cela permettrait, une fois par mois, de développer et de vendre des colis de cette viande », conclut Émeline Henry dont le conjoint, Thibaut Humbert compte également rejoindre l’exploitation. Mais, lui, pour développer l’activité du bois. Il connaît bien le monde agricole. Ses parents ont également une exploitation à Sainte-Marie-aux-Mines.

 

 

 

~Deux nouvelles naissances ce mois-ci à la ferme. La famille s’agrandit ???

Publiée par FERME HENRY sur Samedi 10 octobre 2020

 

 

Anne Sander, députée européenne

Une Pac économique et environnementale

Vie professionnelle

Publié le 07/12/2020

Si le texte approuvé par le Parlement européen n’est pas parfait, l’agriculture française et alsacienne revient de loin aux dires d’Anne Sander. Au départ des échanges, c’est l’ensemble de la Pac qui devait être revu dans son organisation. « Nous nous sommes battus pour avoir une Pac économique et environnementale. » L’environnement est d’ailleurs une ambition marquée au travers de la conditionnalité qui représentera 30 % des aides du premier pilier. L’enjeu maintenant est d’imaginer des mesures pragmatiques pour que les agriculteurs puissent y prétendre. Concernant l’agroforesterie et l’agroécologie, 35 % du second pilier est actuellement consacré à ces mesures environnementales. « Personne ne pourra nous dire que cette Pac n’est pas environnementale. Et quand j’entends que certains voudraient aller encore plus loin, j’estime que c’est déplacé et méprisant. Notamment eu égard au travail réalisé par le monde agricole », ajoute-t-elle.

À propos des mesures économiques, le Parlement a souhaité maintenir un premier pilier fort, consacrant 60 % à l’aide de base (aides couplées et aux protéines végétales représentant a minima 6 %). Il y a également des mesures et une réserve de crise qui n’a jusqu’à présent jamais été activée. « Quant à la gestion des risques, on s’est battu pour une activation immédiate, mais les États ne se sont pas montrés enthousiastes. On l’aura à partir de 2023. On a cependant réussi à renforcer le rôle des interprofessions dans le droit de la concurrence », poursuit Anne Sander. Elle évoque également d’autres mesures fortes. À commencer par la volonté d’avoir une gestion de l’offre pour les organisations de producteurs ayant un signe de qualité. Le Parlement a également maintenu des mesures d’investissements dans le second pilier en faveur de l’irrigation.

Par ailleurs, ce sont 8 milliards d’euros du plan de relance qui se trouvent dans le second pilier. 55 % au moins étant destinés à des mesures d’investissement pour préparer la suite. « Tout n’est cependant pas parfait. Lors d’une réunion avec les élus de la Chambre d'agriculture de l’Aisne, on m’a fait remarquer que, dans ce plan de relance, des agriculteurs en difficulté ne pourraient certainement pas investir. Il faudra effectivement mettre en place un accompagnement national. Il faudra également leur donner une visibilité pour se projeter dans l’avenir. »

C comme commun

Parmi les autres points, le Parlement s’est montré plus ambitieux pour les jeunes agriculteurs portant le budget transmission de 2 à 4 %. Les négociations se poursuivent pour le vin. L’optimisme est réel concernant le maintien des autorisations de plantation. Elles pourraient même être plus larges que prévu. Reste à connaître à quelle échéance. Anne Sander a insisté sur le C de la Pac : « Il faut davantage de commun dans cette politique agricole. Il faut la rationaliser avec des éco-régimes [verdissement, N.D.L.R.] commun et surtout les mêmes règles partout, au maximum. Nous nous battons pour réussir. » Reste ouvert, le débat des flux financiers entre les piliers. « Par ailleurs, j’insiste sur la nécessité d’avoir une Pac qui tienne la route et qui soit cohérente par rapport à nos objectifs. Il nous faut notamment une autonomie stratégique pour l’agriculture et l’alimentation. Des efforts sont encore à réaliser pour lever les incohérences. »

La Pac à venir souhaite mettre en avant une agriculture de proximité, « de la ferme à la fourchette » avec une biodiversité valorisée par une baisse de l’utilisation des pesticides, le développement de la production bio. « Cette volonté est louable. Mais personne n’a vraiment calculé l’impact de ces mesures sur notre agriculture. Seule une étude américaine affirme que ces mesures pourraient engendrer une baisse de production de 12 %, une augmentation des prix de 17 % et des revenus en baisse de 16 %. Il est donc nécessaire que la Commission européenne fasse elle aussi une étude approfondie pour savoir où nous allons », note Anne Sander. Interrogée sur la convergence, elle sait ce que les agriculteurs ont déjà perdu. Concernant son rôle social, elle constate que tous les sujets sociaux ne sont pas de la compétence de l’Europe, mais des États membres. D’où la difficulté d’avancer sur des sujets majeurs comme les règles de transport en Europe. Pour la rotation maïs, « on a défendu le maintien de la diversification à la parcelle rotation. Mais cela n’a pas été retenu. La rotation a été introduite dans la BCAE 8 (bonnes conditions agricoles et environnementales) », précise la députée européenne. Il faudra encore définir les contours, une compétence des États membres.

Elle a également rappelé que les éco-régimes sont obligatoires pour les États membres et volontaires pour les agriculteurs. « Il va falloir aider les agriculteurs pour aller chercher ces aides car à l’étranger ils vont se débrouiller pour les avoir », conclut l’élue qui insiste sur la nécessaire cohérence nationale.

Chambre d'agriculture Alsace

S’adapter et se réinventer pour se relancer

Vie professionnelle

Publié le 04/12/2020

Dès l’entame de la session, le président de la Chambre d'agriculture Alsace Denis Ramspacher n’a pas caché les difficultés : « La crise sanitaire a bouleversé des pans entiers de notre économie depuis le mois de mars dernier. Et l’agriculture n’est pas en reste. L’horticulture, la viticulture, ou encore les circuits courts ont été particulièrement impactés par le confinement, la fermeture des marchés, des magasins et des restaurants. C’est l’ensemble des filières agricoles qui a dû s’adapter, réinventer ses circuits de commercialisation, d’approvisionnement et de transformation, avec un bouleversement des habitudes de consommation. Tout cela a dû être fait en un temps record. Et avec des contraintes sanitaires fortes pour se protéger et protéger les salariés. »

Au même moment, la Chambre d'agriculture Alsace s’est également réorganisée. Elle a poursuivi ses missions et s’est adaptée au service des agriculteurs. Les visioconférences, le télétravail, l’utilisation d’outils à distance n’ont pas été de trop pour répondre aux enjeux et trouver des réponses adaptées aux besoins professionnels techniques, économiques, réglementaires et sanitaires. Le tout, en lien avec les collectivités et surtout avec l’État représenté par la préfecture de région. « L’agriculture et l’alimentation, à côté de la santé et d’autres secteurs stratégiques comme l’énergie font partie des besoins essentiels de nos populations. On avait parfois tendance à l’oublier à l’heure de la mondialisation et du tout numérique. Quand les frontières se ferment, quand la logistique se grippe, on se rend compte que le producteur d’à côté, que l’usine qui fabrique ici, constituent une véritable garantie d’approvisionnement au quotidien pour la population. Nous avions une mission, comme depuis toujours : faire manger les gens. Il fallait donc que nous puissions travailler. Les agriculteurs étaient au rendez-vous. Il faut juste maintenant qu’ils soient payés correctement », ajoute Denis Ramspacher.

 

 

Des projets collectifs pour l’eau

Car, si le Covid-19 est évidemment la plus grosse inquiétude de cette année 2020, les agriculteurs doivent également faire face à cette sécheresse persistante depuis maintenant trois années. Le manque de pluie, mais également l’apparition de maladies comme la jaunisse pour la betterave ont pour conséquence une baisse des rendements et des stocks fourragers. Et même si une demande de classement au titre des calamités agricoles est en cours auprès des Directions départementales des territoires (DDT) pour les prairies des secteurs concernés, une réalité s’impose : 2020 sera une année compliquée en termes de revenu pour de nombreux agriculteurs et de nombreuses productions. « En premier lieu pour la viticulture qui connaît une crise majeure liée à la baisse des ventes depuis quelques années, amplifiée par le Covid-19, la baisse de fréquentation touristique, la fermeture des restaurants et l’annulation de nombreux événements festifs », constate le président de la Chambre d'agriculture Alsace.

En outre, la conjoncture reste compliquée au niveau des prix pour de nombreuses productions agricoles même si ces derniers mois, la tendance est à l’amélioration pour les céréales voire le sucre. Si le prix du lait est stable, la viande souffre, surtout la filière porcine et la forêt est fragilisée. À chaque fois, partout, l’agriculture est en première ligne. « Nous devons trouver des solutions conjoncturelles pour faire face avec des aides ponctuelles qui sont nécessaires pour passer ce cap. Nous avons aussi besoin de systèmes assurantiels performants. Nous devons trouver des réponses structurelles pour augmenter la résilience des systèmes de production », assure Denis Ramspacher. Parmi ces réponses, il y a l’irrigation. Il faut la sécuriser et la pérenniser là où elle existe, et la rendre possible là où elle n’existe pas encore. « Nous devons pouvoir stocker l’eau quand elle est abondante et organiser collectivement son accès et son acheminement », insiste le président. Les projets d’irrigation collective ou de retenues collinaires peuvent être des solutions. « Je formule le vœu que les services de l’État nous accompagnent positivement dans ces démarches compliquées au niveau administratif pour trouver les bonnes solutions aux plans réglementaire et environnemental. Je sais pouvoir compter sur nos collectivités, Région et Département, pour accompagner financièrement les porteurs de projet », poursuit-il.

 

 

Des projets ambitieux

Le président de la CAA a également évoqué le plan de relance annoncé par Emmanuel Macron et qui comporte un volet agricole de 1,2 milliard d’euros. Les enjeux sont importants pour l’agriculture alsacienne tout comme les dispositifs d’accompagnement évoqués par la Région Grand Est et les Conseils départementaux. « Il est important que ces plans soient bien coordonnés et complémentaires afin qu’ils puissent efficacement accompagner les projets des agriculteurs de nos territoires et de nos filières », prévient Denis Ramspacher. Parmi les projets, 122 éleveurs ont déposé un dossier « plan bâtiment » et 250 un dossier « plan végétal environnement » (PVE). « Mais nous venons d’apprendre que plus du tiers de ces dossiers se retrouve orphelin de cofinancements nationaux et risque donc d’être bloqué alors que les permis de construire sont déjà accordés et que les crédits européens sont disponibles », s’agace le président de la CAA qui demande à l’État et à la Région de débloquer la situation pour trouver ces 4 millions d’euros encore nécessaires.

Enfin, concernant la Politique agricole commune (Pac) évoquée plus largement par la députée européenne Anne Sander, là également, les enjeux sont importants pour l’agriculture alsacienne. Les défis pour cette dernière sont donc importants. « La Chambre d'agriculture est pleinement engagée aux côtés des professionnels pour répondre à ces enjeux multiples de notre profession et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin du soutien étroit et d’un partenariat renouvelé avec les collectivités territoriales, la Région, les Conseils départementaux et demain la Collectivité européenne d’Alsace », a conclu Denis Ramspacher qui a remercié la préfète de Région Josiane Chevalier, pour sa présence régulière sur le terrain aux côtés des agriculteurs. Étaient également présents à la réunion : le président de la commission agricole à la Région Grand Est Patrick Bastian et le vice-président du Conseil départemental du Bas-Rhin et maire de Sélestat Marcel Bauer.

 

 

Les vidéos