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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Confédération générale des planteurs de betteraves d’Alsace

Une filière qui s’organise pour sa pérennité

Cultures

Publié le 26/11/2020

La fusion a été approuvée vendredi 20 octobre lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée en visioconférence. Un choix expliqué par le président national de la CGB Franck Sander : « Le mode de prélèvement des cotisations a évolué à la CGB. Les financements se font plus rares. Nous avons donc opté pour la fusion de l’ensemble des syndicats betteraviers français avec la CGB pour optimiser la comptabilité. Plus clairement, la partie administrative et donc financière sera gérée au niveau national. Localement et politiquement, rien ne changera. Le conseil d’administration va demeurer tout comme le poste de directeur. Les agriculteurs alsaciens ne vont rien ressentir. »

Cette partie statutaire a été précisée par le directeur du syndicat betteravier d’Alsace, Joseph Behr. Ce dernier a présenté les comptes financiers de deux exercices en raison de la crise sanitaire. Ceux de 2018-2019 et de 2019-2020. La baisse de la dotation de la CGB a été constatée. Elle s’explique par une baisse importante de ses produits. D’où la nécessité de faire baisser les charges. Les résultats des deux exercices sont respectivement excédentaires de 510 euros et de 5 561 euros. Les capitaux propres de la CGB Alsace sont de 24 295 € au 31 août 2020. « Il s’agit du dernier exercice nous concernant. L’an prochain, les comptes du syndicat betteravier seront consolidés avec la CGB. Pour la cotisation, nous maintenons deux cotisations. Celle de la CGB est fixée en assemblée générale. À savoir 0,25 €/t à 16 degrés. Celle de la CGB Alsace à 0,05 €/tonne à 16 degrés que nous souhaitons maintenir car les cotisations sont en baisse », précise Joseph Behr.

« Zéro risque »

Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture Alsace, s’étonne de la situation. « Quel est l’intérêt d’avoir deux cotisations comme on va être à la CGB ? ». Pour Franck Sander et Joseph Behr, « on continue d’avoir une comptabilité analytique avec une dotation budgétaire qui va continuer de baisser. Toutes nos réserves à nous resteront en local. Elles seront gérées par Paris et après chacun aura la main sur l’organisation de son fonctionnement. On est dans une situation particulière avec notre seule usine d’Erstein ». Pour sa part, Albert Elbel, un producteur bas-rhinois, s’inquiète de cette évolution. « Quelle est cette logique si tout revient au national ? Comment dans ces conditions défendre régionalement nos intérêts ? » Franck Sander l’a rassuré. « On sera toujours décideur de nos actions et de notre réserve financière. Tout le travail de lobbying qui a été fait cet été est préservé. L’unique interlocuteur de l’usine d’Erstein, c’est nous. Il y a zéro risque. C’est aussi pour cela qu’on veut continuer à prélever ces 5 centimes pour garder cette autonomie financière. » Ces comptes financiers et cette organisation ont été approuvés à l’unanimité des membres. En sachant que cette fusion deviendra une réalité à compter du 1er janvier 2021. Le renouvellement des membres du conseil d’administration (CA) a ensuite été validé. Un CA que rejoint Julien Koegler en lieu et place de Joseph Wehrel pour les JA 67. Par ailleurs, Yannis Baltzer remplace Roudy Baltzer ; Philippe Hassler en fait de même pour Rémy Fischer.

Des compétences régionales

Le projet de fusion des syndicats betteraviers avec la CGB a ensuite été détaillé. Il s’agit de gérer une seule entité dans un souci de réduction des coûts de fonctionnement, de simplifier le fonctionnement général et d’optimiser les différentes actions. Elles concernent la défense de la filière et des planteurs, les choix régionaux comme le suivi des réceptions de l’usine d’Erstein qui vont relever de la compétence régionale de la CGB Alsace. « L’aspect administratif et gestion du personnel va, lui, relever de la compétence nationale. Les missions de notre délégation régionale seront d’agréer les planteurs et les sociétés qui souhaitent adhérer à la CGB, de regrouper et défendre les adhérents dans notre circonscription en Alsace, les départements lorrains qui produisent de la betterave et même quelques planteurs allemands. Mais aussi de proposer des candidats au conseil d’administration de la CGB. Aujourd’hui, ce sont Franck Sander et Hervé Schneider. Cette délégation décidera de l’utilisation des réserves de l’ancien syndicat betteravier et continuera à assurer les contacts avec notamment les entreprises, collectivités et organisations professionnelles agricoles », précise Joseph Behr. En outre, la CGB Alsace aura toujours un président, un bureau et un conseil. Ce fonctionnement sera définitivement validé lors d’une assemblée générale extraordinaire de l’absorbante CGB fixée ce lundi 30 novembre.

Terrible cocktail sécheresse/jaunisse

La suite de l’assemblée générale a concerné la campagne betteravière 2020. Les nouvelles ne sont pas réjouissantes en raison de la sécheresse et de la jaunisse (lire encadré). « La prévision de rendement alsacien est de 78 tonnes/ha à 16° comme en 2016. Au niveau national, on va être autour de 62-63 tonnes. Ce qui est terrible, c’est ce cocktail sécheresse/jaunisse. On a abouti à des rendements qui décrochent de façon plus importante qu’attendu. Habituellement, le rendement progresse en cours de saison. Ce n’est pas vraiment le cas cette année. En termes de surface et de production, l’évolution est négative. En 2017, on avait 7 500 hectares. On a réussi à maintenir en 2020 tout juste 6 000 hectares. On va produire moins de 500 000 tonnes avec une campagne relativement courte », constate Joseph Behr.

« Une grande victoire »

Un gros travail syndical a été effectué cet été concernant le dossier de la jaunisse avec, au bout, l’obtention des néonicotinoïdes. « Notre président (Franck Sander) est aussi le président national. Sur la jaunisse, nous avons tous travaillé ensemble. On a la chance d’avoir notre cheville ouvrière qu’est Franck Sander. Il s’est battu jusqu’au bout. Le dossier néo est une grande victoire », se félicite Gérard Lorber. Ils sont nombreux à acquiescer. À l’image de Denis Ramspacher. « Un vrai travail a été fait. Il est important d’avoir des associations nationales qui soient à nos côtés sur de tels dossiers. Nous sommes tous allés dans le même sens. Félicitations. Il faut reconnaître ce travail. » Pour sa part, Michel Busch, producteur dans le Haut-Rhin, a également souhaité remercier l’ensemble des membres du syndicat betteravier alsacien et l’engagement de la CGB. « Tout le monde a pris le temps pour expliquer et argumenter auprès de nos élus et différents interlocuteurs. On voit bien qu’en approfondissant le sujet, il y a eu une collégialité médiatique. Une approche partagée permet de faire de belles choses. » De son côté, Franck Sander a rappelé tout le travail effectué pendant l’été. « Nous nous sommes battus pour que ce dossier puisse avancer positivement. Cela n’a pas été simple car la presse nationale ne nous a pas aidés, bien au contraire. Nous avons eu la chance d’avoir un ministre de l'Agriculture (Julien Denormandie) qui a été à notre écoute. Et surtout, nous avons eu un discours unique au sein de la filière. On était en phase. Autant Cristal Union que Tereos et la CGB. La FNSEA nous a ouvert les portes. Un dossier néo qui avance. »

Le plan d’indemnisation des pertes, lui, est en cours de discussion. « Le rendement individuel moyen devrait être retenu. Si on s’inscrit dans le dispositif multirisque climatique, on retire la meilleure et la moins bonne année. Généralement, on parle de cinq années olympiques. Là, nous cherchons à pousser sur 8 ans. Concernant la question des franchises, pour nous c’était inconcevable d’en cumuler deux, en l’occurrence la sécheresse et la jaunisse. On a obtenu de l’administration qu’il n’y aura pas de double franchise », explique Franck Sander. Quoi qu’il en soit, ces modalités d’indemnisation seront connues prochainement car toutes les régions françaises sont concernées. « Il faut trouver la méthode d’indemnisation la plus juste sur la base du rendement réel. Ces épisodes cumulés montrent qu’il est important d’avoir des outils de gestion comme l’assurance climat, l’instrument de stabilisation du revenu, l’épargne de précaution ou la contractualisation. On est soumis à des aléas qui secouent notre filière », conclut de son côté Joseph Behr.

 

Une vidéo sur la campagne de 2019, à revoir :

 

 

Méthanisation

Un projet collectif vertueux à Gommersdorf et Traubach-le-Bas

Technique

Publié le 20/11/2020

Porté dès 2017 par la Chambre d’agriculture Alsace, ce dossier a rapidement intéressé les professionnels. « Nous produisons de l’alimentaire, du lait, des céréales. Nous fabriquons logiquement des déchets. La méthanisation est donc pour nous une solution pour créer une énergie positive et pour valoriser nos effluents d’élevage », explique François Ellerbach, agriculteur à Balschwiller. Cette possibilité de produire cette énergie, à savoir du biogaz, à partir des déchets agricoles (fumier, lisier et autres effluents d’élevage et résidus de cultures), séduit la profession agricole. « On y pensait depuis quelques années. Mais les coûts étaient importants. Seuls, chacun de nos côtés, nous n’avions pas les moyens d’investir et de nous lancer dans un tel projet. Les éleveurs, notamment, travaillent déjà assez à s’occuper de leurs cheptels. Le seuil de rentabilité était trop haut. Et puis, il faut de la surface pour espérer pérenniser un tel site. Du coup, à force d’échanges, nous avons décidé de nous regrouper. Notre force aujourd’hui, c’est le groupe », ajoute Vincent Dietemann, éleveur à Traubach-le-Bas, président de la FDSEA du canton de Dannemarie. Il est aussi le président d’une Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole). Le collectif, c’est son credo depuis longtemps. Tout comme les autres professionnels. Les associés de ce projet sont d’ailleurs adhérents de cinq Cuma du secteur qui sont donc partiellement concernées par ce projet. « C’est un projet d’avenir. Et l’union fait la force. Nous avons pu investir et recevoir le soutien de nos banques précisément parce que ce projet est collectif. En tout, il y a 34 professionnels qui se sont associés et qui représentent quinze exploitations agricoles », se félicite Mathieu Ley, éleveur à Gommersdorf.

Deux projets pour réduire les transports

Ils se sont scindés en deux groupes pour deux projets indissociables : « Hopla-Gaz » à Gommersdorf et « Métha-Gaz » à Traubach-le-Bas. Ces deux unités de méthanisation actuellement en cours de construction sont proches l’une de l’autre. Et c’est volontaire. « Nous voulons garantir un moindre impact sur le territoire. L’idée est de miser sur des petites unités avec des distances à parcourir réduites et donc moins de transport. À savoir, 1,9 km pour un site et 3,2 km pour le second (ce sont des moyennes de distances entre les fermes et les unités de méthanisation). C’est un projet vertueux. Nous ne voulions pas rentrer dans Dannemarie et on ne pouvait pas traverser le canal. Ces deux sites ne vont donc pas augmenter le trafic routier et les chemins d’accès seront situés à l’extérieur des villages », précise Vincent Dietemann.

Ces sites de méthanisation ne vont pas générer davantage « d’odeurs » qu’une ferme. L’engrais organique produit à la sortie, le digestat, est inodore. « On emmène sur les sites notre fumier et nous le récupérons sous forme de digestat dans un circuit interne qui est propre, respectueux de l’environnement et valorisant pour nos exploitations. D’autant plus que les unités de méthanisation sont proches de nos fermes. Ici, à Traubach-le-Bas, par exemple, il y a trois exploitations juste à côté et donc zéro kilomètre de transport. Concernant le digestat, il est moins odorant que le lisier et le fumier. C’est un produit plus disponible et riche pour la plante. On souhaite en mettre plus souvent, mais à de petites doses et aux moments opportuns », note Mathieu Ley.

« En fonction de nos besoins »

Malgré la situation sanitaire et une météo parfois compliquée, les travaux avancent bien. La mise en route théorique est programmée pour fin août, début septembre 2021. « Le confinement du printemps a posé des problèmes d’approvisionnement pour des pièces. Les délais étaient plus longs. Mais le travail est effectué en même temps sur les deux sites. C’est un avantage. Cela permet de partager la technique. Et les entreprises travaillent ensemble. Les réunions de chantier sont également optimisées. Une fois ouverts, les deux sites nécessiteront de la main-d’œuvre pour le fonctionnement et l’entretien au quotidien. Il y aura une personne à temps plein au minimum par site », assure Vincent Dietemann. Sachant que, tant à Gommersdorf qu’à Traubach-le-Bas, ces deux unités de méthanisation fonctionneront 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Des panneaux photovoltaïques seront également installés. Ils permettront de produire de l’électricité qui sera ensuite vendue tout comme le gaz, dont 47 % provient des effluents d’élevage qui eux représentent 77 % des matières méthanisées.

Les jus de choucroute, les feuilles de choux et les différents produits de la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang seront également traités. La choucrouterie étant l’exploitation la plus éloignée par rapport aux autres partenaires. « La taille de ce projet a été réalisée en fonction de nos besoins. Nous avons visité d’autres sites avec notre bureau d’études Opale avant de nous lancer. Nous avons travaillé avec la Chambre d’agriculture Alsace et la communauté de communes. C’est un superbe travail collectif que nous sommes désormais impatients de voir se concrétiser. Si notre collectif est bien constitué, que les autres agriculteurs sachent que nous sommes ouverts à la discussion pour accueillir leurs propres marchandises. La méthanisation, c’est une belle opportunité pour nous tous », conclut Vincent Dietemann. Un vrai projet de développement et une manière innovante de répondre aux enjeux sociétaux d’aujourd’hui et demain dans ce territoire d’élevage.

Congrès national des Jeunes Agriculteurs à La Baule du 27 au 29 octobre

Les JA 68 portent la problématique de l’installation

Vie professionnelle

Publié le 18/11/2020

Autour de Pierre Meyer pour qui c’était le septième congrès, les quatre autres JA faisaient leur « baptême du feu ». Une belle expérience pour Joanie Lutz, Charlotte Feuerbach, Marion Ketterer et Louis Frischinger. « On me l’a présenté cet été au conseil d’administration. Les années précédentes, on se sentait peu concernés. C’était surtout destiné aux administrateurs nationaux. Là, j’ai trouvé la démarche pertinente. Cette ouverture m’a intéressé. C’est l’occasion de découvrir et de traiter les sujets nationaux. Auparavant, je n’avais aucune notion du travail à fournir », explique Joanie Lutz. Originaire de Hœrdt, la jeune femme dont le conjoint a une ferme-auberge à côté du Grand Ballon, cherche à s’installer. Un projet en hors cadre familial qui n’est pas encore définitif. La première difficulté étant de trouver du foncier. La situation est identique pour Marion Ketterer, elle, en cours d’installation dans le secteur d’Ostheim. « Mon premier bilan de ce congrès me permet de me rendre compte que l’on retrouve les mêmes problématiques sur l’ensemble du territoire. Cette dimension nationale est importante. On a les mêmes valeurs. Il faut simplement pouvoir adapter localement les bonnes solutions et réponses », estime-t-elle.

 

Première journée au #CongrèsJA2020 !!! Malgré un contexte sanitaire particulier, le Haut-Rhin est venu en force! Et oui,...

Publiée par Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin sur Mardi 27 octobre 2020

 

S’installer en hors cadre familial

Un premier congrès également pour Charlotte Feuerbach, présidente du canton du Ried chez les JA 68 et salariée sur une exploitation agricole. Elle insiste elle aussi sur les valeurs retrouvées, les échanges, le gros travail collectif effectué. « Un tel congrès, c’est une ouverture d’esprit. Nous sommes sensibilisés aux dossiers d’actualité, aux problématiques, aux enjeux et nous pouvons ainsi témoigner de nos propres expériences locales », précise la jeune professionnelle. Cette ouverture d’esprit, c’est aussi ce que retient Louis Frischinger. Déjà installé à Tagsdorf dans le Sundgau et à Fontaine dans le Territoire de Belfort, mais sans la DJA (dotation jeune agriculteur), il s’investissait peu jusqu’à présent dans le syndicalisme agricole. « Comme mes collègues, nous avons pu mieux apprécier les valeurs des jeunes agriculteurs. Ce congrès, pour moi, c’est le début de quelque chose. J’ai retrouvé les valeurs qui nous sont communes. Les débats étaient intéressants. La pression foncière nous concerne tous, tout comme les prix qui ne sont pas abordables pour des jeunes qui veulent s’installer », souligne-t-il.

Un tel congrès annuel est nécessaire aux yeux de l’expérimenté Pierre Meyer installé à Dessenheim : « Le congrès, c’est le moment où les représentants de toutes les régions du territoire se retrouvent. Nous votons tous les deux ans les administrateurs nationaux. Nous réalisons et approuvons les différents rapports. Nous discutons également de la vie syndicale chez les jeunes agriculteurs, le fonctionnement général du syndicat. Sa perception en interne et en externe. Nous définissons les priorités, notamment au niveau de la communication. Nous faisons le tour des régions pour sonder les différents avis. » Cette année, le Grand Est s’est notamment intéressé au dispositif en place concernant les installations. « La transmission est importante. Pour la réussir, il faut anticiper et surtout bien accompagner le futur accédant potentiel. Le dispositif en place a ainsi été discuté. Il doit être plus large et plus clair. D’autant plus que nous constatons que les installations en hors cadre familial deviennent de plus en plus nombreuses. Il faut donc adapter le dispositif à cette évolution sociétale », précise l’agriculteur.

 

Ouverture de la deuxième journée du #CongrèsJA2020 Au programme, présentation du Projet "Identité Jeunes Agriculteurs"...

Publiée par Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin sur Mercredi 28 octobre 2020

 

En Alsace, un foncier « plus abordable » qu’ailleurs

Il constate également une augmentation significative ces dernières années du prix du foncier. Le peu de disponibilité de terres. Les fortes tensions. « Nous travaillons au niveau national pour avoir des règles dans l’attribution des terrains avec davantage d’équité entre les personnes. Nous avons encore en Alsace la chance d’avoir un foncier « plus abordable » qu’ailleurs en France où ce sont des investisseurs qui font le marché. Cela n’est pas une voie à suivre pour la vitalité de nos territoires », ajoute Pierre Meyer.

Lors de la dernière journée du congrès, les jeunes agriculteurs français ont pu échanger en visioconférence avec le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie pendant deux heures. Les professionnels se montrent satisfaits. « On a pu avoir un débat très intéressant. Il répondait à nos interrogations et maîtrisait les différents dossiers. Pour nous, c’est une chance cette rencontre, même si ce n’était qu’en visioconférence », conclut Pierre Meyer.

Des conditions sanitaires nationales qui ont obligé les organisateurs à proposer un protocole très strict avec des temps de partage moins importants que d’habitude entre les différentes délégations. Néanmoins, les valeurs JA étaient bien là. « Ce qui nous semblait inaccessible ne l’est plus. Nous sommes revenus en Alsace heureux et motivés. Aux autres JA, à l’avenir, de participer à un tel congrès », conclut Joanie Lutz.

 

Publiée par Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin sur Jeudi 29 octobre 2020

 

 

Ferme Haebig à Balschwiller

La sortie d’exploitation validée !

Élevage

Publié le 08/11/2020

À l’étroit au cœur du village sundgauvien, Marie et Nicolas Haebig projettent de s’installer dans des locaux plus fonctionnels sur un nouveau site leur appartenant. Leur projet est d’agrandir leur cheptel et de rentrer 496 veaux en deux fois sur une semaine pour les sortir 26 semaines plus tard. La gestion et le suivi des veaux seront informatisés afin de faciliter le quotidien. Le projet a pris du retard en raison des craintes de certains riverains (PHR du 30 août 2019 et 17 janvier 2020). Pour autant, le dossier a suivi son cours normalement. « Il a été attaqué juridiquement par ce collectif d’habitants. Mais, et nous le savons depuis le début, nous n’avons aucune crainte car nous savons que nous avons toujours respecté la loi. Nous avons néanmoins dû le présenter au Conseil départemental de l’environnement des risques sanitaires et technologiques (CODERST). Ce qui est rare pour un dossier agricole puisqu’en général, ce sont des dossiers industriels qui y sont traités. Là, nous avons donc eu un avis favorable. Et l’arrêté préfectoral a été publié le 8 octobre dernier », explique Nicolas Haebig.

Sauf que cette publication a réveillé les rancœurs et les oppositions. Entre le collectif des habitants et les municipalités (de Balschwiller et de Buethwiller, notamment) qui auraient aimé être tenus au courant, la famille Haebig se retrouve une nouvelle fois dans toutes les discussions. « Nous avons suivi toutes les règles. Nous espérions cet avis favorable. Nous l’avons ainsi que le permis pour exploiter le bâtiment. En théorie, nous pouvons maintenant passer à l’étape suivante. Mais, nous sommes également conscients que cela ne plaît pas à tout le monde. Nous avons déjà un an de retard. On devait rentrer le premier lot de veaux cet hiver », ajoute Nicolas Haebig. Le couple a également découvert dans les pages locales de la presse quotidienne régionale un article sur le sujet avec les avis de tout le monde. Sauf le leur. « On ne nous a même pas contactés », s’agacent Marie et Nicolas Haebig.

Une solution alternative ?

Le couple a toujours été ouvert au dialogue. C’est dans cet état d’esprit qu’avec la municipalité de Balschwiller des échanges se sont tenus pour évoquer une solution alternative pour sortir de cet engrenage. « Nous sommes propriétaires de parcelles situées à la sortie de Balschwiller en direction d’Ammertzwiller. Là, il n’y a pas d’habitations proches. Mais le terrain est gelé en raison de projets routiers qui datent de plusieurs dizaines d’années. Nous attendons de l’administration et du Préfet du Haut-Rhin la possibilité de débloquer ce terrain. Cette solution serait un moindre mal. Mais, tant que nous n’obtenons pas de réponse positive, nous considérons évidemment que notre permis de construire reste d’actualité sur le site envisagé », prévient Nicolas Haebig. Il s’emporte également quand il découvre dans la presse qu’on veut lui imposer un autre site, nommé « plan C », éloigné de sa ferme actuelle et de ses terres. « Et sans nous demander évidemment si un tel projet serait financièrement pertinent pour nous », s’emporte l’éleveur. Et sur des terrains qui ne lui appartiennent pas.

« Depuis le début, ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est que nous avons toujours respecté la réglementation. Et certains poursuivent leur combat idéologique contre nous. Nous le répétons. Notre projet n’est pas de faire une ferme usine robotisée mais une ferme d’élevage de 500 veaux », poursuivent Marie et Nicolas Haebig. Ils terminent actuellement leur récolte de maïs alors que les semis de blé ont été faits dans de bonnes conditions. « Nous continuons de travailler malgré la situation sanitaire et malgré les oppositions. Il est simplement regrettable de constater qu’aujourd’hui, ici comme ailleurs, on veut mettre les paysans le plus loin possible des villages et des habitations », conclut Nicolas Haebig.

 

Nemrod à Fréland

Le gibier, une filière de marque

Pratique

Publié le 07/11/2020

Il s’agit d’une première nationale ! C’est, en effet, la première attribution de la marque « Valeurs Parc naturel régional » pour la filière. « La transformation de la viande du gibier est historique et culturelle sur le massif vosgien. C’est une pratique locale très ancrée dans le territoire à qui elle donne une image positive. Elle est encore pratiquée par des restaurateurs et des artisans bouchers ou encore des entreprises spécialisées. Cela favorise la valorisation d’une viande de gibier local, sauvage et issue de pratiques de chasses durables. Un savoir-faire très important pour le parc, mais également l’ensemble de la filière », explique Julien Bourbier, chargé de mission « agriculture, produit et savoir-faire locaux » au Parc naturel régional des Ballons des Vosges qui a intégré et développé la démarche cette année.

C’est dans ce cadre que cette marque a été attribuée à l’entreprise Nemrod située à Fréland. Elle développe son activité depuis 2018. Elle compte onze salariés. Elle valorise le gibier sauvage (cerf, sanglier, chevreuil, chamois, etc...) grâce à son outil de transformation d’une capacité de 90 tonnes annuelles. « Nous nous approvisionnons auprès de chasses du territoire du parc et nous proposons une variété de produits frais et transformés comme les viandes séchées et fumées, les terrines, les plats préparés ou encore différentes charcuteries. Tout cela, sous la marque Nemrod. Nous commercialisons nos produits à proximité. Tout d’abord dans notre magasin de vente attenant à nos ateliers de transformation. Ensuite auprès des restaurateurs et artisans locaux. Et enfin, au magasin Cœur Paysan à Colmar », explique Édouard Rapp, cogérant de l’entreprise.

 

Samedi 24 octobre, nous avons eu la chance d'organiser un dernier événement dans notre bel atelier de Fréland ! ? Le...

Publiée par Nemrod sur Mardi 3 novembre 2020

 

Un gain de visibilité

Nemrod répond à une véritable demande puisqu’elle apporte davantage de débouchés aux chasseurs locaux. « Tous nos gibiers viennent des forêts du parc et de quelques chasseurs de la plaine d’Alsace. C’est une ressource naturelle qui se renouvelle chaque année. Notre travail permet de nourrir les gens de façon équilibrée et raisonnée », ajoute Édouard Rapp. Le bâtiment de l’entreprise occupe une surface de 600 m2 au cœur du village de Fréland dont 450 m2 de chambres froides. « Nous recevons les animaux « entier ». Les contrôles et les analyses sont ensuite réalisés par le laboratoire vétérinaire du Haut-Rhin. Tous les gibiers subissent une analyse vétérinaire nécessaire pour avoir l’agrément sanitaire et pouvoir vendre à plus de 80 kilomètres. Actuellement, nos stocks sont au plus bas. Ils doivent se reconstituer pour être au plus haut en février-mars. 80 % de notre chiffre d’affaires est réalisé en hiver », précise Édouard Rapp.

L’attribution de la marque va permettre à l’entreprise de pérenniser sa philosophie de travail et de promouvoir la qualité de sa démarche. « Nous allons avoir encore davantage de visibilité. Nous allons pouvoir communiquer auprès d’un public toujours plus large », conclut le jeune chef d’entreprise qui a reçu le soutien de nombreux élus locaux. « C’est bien de pérenniser cette activité qui permet de valoriser des produits sains et de proximité », se félicite le député Jacques Cattin. « Cette marque est un peu la garante de la traçabilité de vos produits et de votre travail. La Région Grand Est soutient votre démarche. Elle a été à vos côtés dans le cadre de l’attribution d’une subvention pour la réalisation de votre atelier de transformation », ajoute Christèle Willer, vice-présidente de la Région Grand Est.

S’engager durablement

Commune à tous les parcs (il y en a six dans le Grand Est) et symbolisée par un logo unique, la marque « Valeurs Parc naturel régional » a été déposée à l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) et par l’État français en 2016. Cette marque nationale traduit des priorités de la charte des parcs. Elle affirme la volonté des parcs naturels régionaux de valoriser le travail des hommes et des femmes qui font vivre leur territoire et partagent leurs valeurs du développement durable. Elle veut mutualiser des moyens humains et financiers pour développer une politique marketing nationale lisible et facilement déclinable localement. Elle veut garantir aux clients une offre homogène sur les différents parcs par des critères communs.

« Elle s’adresse à des entreprises qui souhaitent afficher leur engagement pour le développement durable. On parle là de la valorisation des ressources du territoire. Mais également de la préservation de l’environnement. Les entreprises qui remplissent les conditions du cahier des charges signent avec le parc une convention d’une durée de cinq années. Elles intègrent alors un réseau national de plus de 1 000 entreprises dont une soixantaine dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Elles peuvent alors utiliser le logo de la marque dans leur communication, bénéficier du soutien du parc dans leur promotion, ou encore partager des expériences avec d’autres entreprises », explique Julien Bourbier.

Les critères obligatoires pour l’attribution de la marque sont de deux ordres. Il y a tout d’abord des critères génériques « entreprises », communs à toutes les entreprises de tous les parcs. Ils concernent la démarche générale de l’entreprise en réponse aux valeurs de la marque. Il y a ensuite les critères complémentaires répartis par grands secteurs (agriculture, tourisme/loisirs/éducation, artisanat/industrie). De plus, le parc peut ajouter une colonne « interprétation de l’exigence » qui lui permet de préciser le sens de critères génériques de la convention d’utilisation et de personnaliser des critères génériques en fonction de caractéristiques propres à son territoire.

 

Aujourd'hui attribution de la marque Valeur Parc Naturel Régional Ballons des Vosges à l'entreprise NEMROD à Fréland pour la valorisation de la filière gibier. A découvrir !

Publiée par Parc naturel régional des Ballons des Vosges sur Samedi 24 octobre 2020

 

Agrimax

Les classements

Élevage

Publié le 29/10/2020

Génisses : Section 2 : 2e Rina du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut. Section 3 : 6e Passion de la SCL Goos à Blasheim. Section 5 : 5e Baya Red de l’Earl des 3 Chênes à Donnenheim, 6e Riedill Passion Red de l’Earl Wollenburger à Bindernheim. Section 6 : 2Pleya du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut, 4Paradise du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut. Section 7 : 3Pick Red du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof en copropriété avec Maxime Pierre à Michelbach-le-Haut.

 

 

 

??BILAN AGRIMAX?? Nous sommes rentrés cette nuit d'une semaine éprouvante mais tellement enrichissante! Le challenge...

Publiée par Elevage du Neuhof sur Vendredi 23 octobre 2020

 

 

Espoirs : Championne : Wilt Babylone du Gaec Wilt à Dachstein. Section 2 : 1ere Wilt Babylone du Gaec Wilt à Dachstein, 3e Ophelia du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut. Section 3 : 2e Ornella du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut, 5Odaline Red du Neuhof de l’Earl du Neuhof à Michelbach-le-Haut. Section 4 : 5e Wilt Justie du Gaec Wilt à Dachstein.

 

 

 

Publiée par FERME WILT sur Jeudi 22 octobre 2020

 

 

Jeunes Vaches : Section 2 : 4e SH Faith Star de l’Earl Schwartz à Hochstett, 6Farnear Argovia Red du Gaec Wilt à Dachstein et de l’Earl Schwartz à Hochstett. Section 3 : 4Maia NTS de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut avec Maxime Pierre et Jean-Baptiste Genelot.

 

 

 

?‍?Nous voilà de retour après un petit moment d'absence. En effet, la semaine passée fut bien remplie ! ? Nous étions...

Publiée par SH - Schwartz Holstein sur Mercredi 28 octobre 2020

 

 

Vaches Adultes : Section 1 : 4Wilt Edina du Gaec Wilt à Dachstein. Section 3 : 1ere Wilt Emy du Gaec Wilt à Dachstein, 4e Riedill Jaste de l’Earl Wollenburger à Bindernheim, 5e Riedill Joviale de l’Earl Wollenburger à Bindernheim.

 

Génisses Red : Championne : Pick Red du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut avec Maxime Pierre. Section 2 : 2e Riedill Passion Red de l’Earl Wollenburger à Bindernheim, 3e Baya Red de l’Earl des 3 Chênes à Blasheim. Section 3 : 1ere Pick Red du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut avec Maxime Pierre.

Espoirs Red Holstein : Section 1 : 3e Odaline Red du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut.

Jeunes Vaches Red Holstein : Section 2 : 2e Farnear Argovia Red du Gaec Wilt à Dachstein et de l’Earl Schwartz à Hochstett.

Mondial des vins blancs à Strasbourg

Un rayonnement international qui se pérennise

Vigne

Publié le 24/10/2020

« En organisant cette manifestation, nous avons réalisé un véritable tour de force. On s’est retrouvé freiné dans notre élan. Mais cela fait partie des aléas de l’événementiel. Nous nous sommes remis en question pour évoluer. Finalement, les vignerons et les membres du jury nous ont fait confiance. Pour nous, c’est une récompense suprême », explique, enthousiaste, Christine Collins qui organise la manifestation pour Strasbourg Événements. Initialement prévu en juin dernier, l’édition 2020 de la compétition s’est élargie à douze catégories de vins blancs (chardonnay, chenin, gewurztraminer, muscat, pinot blanc, pinot gris, riesling, sauvignon, sylvaner, viognier, autres cépages blancs et assemblages blancs). 17 pays étaient représentés dans les 750 échantillons proposés aux membres du jury regroupés par six sur neuf tables distinctes et bien séparés compte tenu du contexte sanitaire.

« Les membres du jury qui sont présents, c’est la « crème de la crème ». Il y a des Français évidemment comme Serge Dubs, mais également des sommeliers, des œnologues ou encore des agronomes de nombreux pays étrangers parmi lesquels la République Tchèque, l’Italie, l’Argentine, le Canada ou encore l’Espagne. Ils ont respecté toutes les règles sanitaires pour répondre à notre invitation. Ils sont venus avec leurs connaissance, mais surtout leur humilité et leur soif de découverte », se félicite Christine Collins.

 

Publication officielle des résultats le 26 octobre à 18h.? Save the date @credit photo : Daniele Raspini #mondialvinsblancs

Publiée par Mondial des Vins Blancs Strasbourg sur Mardi 20 octobre 2020

 

Avec une tablette électronique

Cette année, le respect du protocole sanitaire était évidemment la première règle à respecter. Les jurés devaient déguster, mais aussi décrire et commenter les échantillons proposés selon des critères très précis comme l’aspect visuel des vins, leur aspect olfactif, leur impression au palais et leur impression d’ensemble. Tous ces critères étaient ensuite repris et enregistrés par un procédé numérique à l’aide d’une tablette électronique. Les neuf tables de dégustation étaient composées de cinq à sept personnes. Une majorité de dégustateurś étrangers devaient présents à chaque table. Trois sessions de dégustation ont eu lieu chacune des deux matinées. Un maximum de 30 % des vins pourront être médaillés avec un minimum de 88 points sur 100 pour obtenir une médaille d’or. Les résultats officiels doivent être connus ce lundi 26 octobre 2020.

Parmi les dégustateurs présents, Christophe Soudant, sommelier indépendant, blogueur, responsable de bar à vin à Strasbourg, professeur en sommellerie et professeur d’anglais appliqué au vin. « J’ai été contacté par Christine Collins. J’ai accepté car déguster à l’aveugle me plaît. Cela permet d’être objectif et de découvrir de nouveaux vins. L’événement est intéressant et bien organisé. Dans la première série, j’ai pu goûter des vins blancs d’assemblage. Il y avait des vins avec 30 et 70 grammes de sucre. J’ai fini avec des vins secs. Même si tout n’était pas pertinent, il y avait de belles surprises. J’ai donné un 99/100 à un vin qui est finalement un Sylvaner de Mittelbergheim avec 70 grammes de sucre », souligne Christophe Soudant.

À une autre table, Jean-Paul Goulby, ancien directeur de l’association des viticulteurs d’Alsace et toujours très actif dans le monde viticole et notamment à la confrérie Saint-Étienne, était à une table qui a débuté par des pinots blancs. « Nous avons pu découvrir des choses étonnantes. Des vins qui avaient du gaz carbonique et qui étaient très vivants. On se demandait si le vinificateur l’avait fait exprès ou si c’était un accident ». À chaque table, ces échanges nourrissaient le concours et sa dégustation. « C’est précisément l’état d’esprit de cette manifestation. Nous avons une palette de vins blancs du monde entier. Cela permet de faire de superbes rencontres », conclut Christine Collins.

 

Le Concours Professionnel : Le Mondial des Vins Blancs Strasbourg est terminé. Les résultats seront publiés le 26...

Publiée par Mondial des Vins Blancs Strasbourg sur Lundi 19 octobre 2020

 

Agrimax à Metz

« Les éleveurs sont demandeurs de sortir et de se comparer »

Élevage

Publié le 23/10/2020

Le soulagement des organisateurs comme de tous les professionnels présents était bien visible mardi matin à l’ouverture de la manifestation. Jusqu’au dernier moment, les incertitudes étaient réelles. « On a tenu à organiser ce salon pour notre territoire, mais aussi pour la profession agricole. Il y a une baisse des exposants et il y aura une baisse du nombre des visiteurs. C’est une évidence. Mais, les éleveurs, eux, sont là. C’est un salon qui va marquer l’année 2020 », explique Christophe Dechoux, responsable du salon Agrimax.

Un événement qui se veut être une véritable plateforme de l’élevage pour tout le Grand Est avec des vaches, évidemment, mais également des moutons, un pôle avicole très important et des équins. « Les éleveurs sont demandeurs de sortir et de se comparer. Ils peuvent le faire sereinement ici avec les différents concours. Et puis, il y a un enjeu économique important. Dans cette période compliquée depuis quelques mois, les agriculteurs n’ont jamais arrêté de produire. Ils ont assuré la continuité alimentaire. Ce salon, c’est un peu leur récompense », ajoute Jean-Luc Pelletier pour l’association « Ambition Grand Est Élevage Europe ».

Le développement d’Agrimax s’inscrit dans la durée. Cela fait trois ans que ses responsables travaillent avec ceux du sommet de l’Élevage pour propulser Agrimax parmi les grands rendez-vous nationaux, et même européens. Cette ambition est partagée par de nombreux partenaires, comme le réseau des Chambres d’Agriculture. Plutôt que de freiner cet état d’esprit positif, la crise sanitaire n’a fait que mobiliser davantage le monde de l’élevage. « Le simple fait d’ouvrir cette manifestation est une victoire. On le sent en voyant ces professionnels motivés », se félicite Christophe Dechoux. Une manifestation qui concentre sur près de 20 000 m² couverts et un espace plein air en entrée de salon l’ensemble des savoir-faire des acteurs de la filière.

« Voir si notre travail est au niveau »

Les éleveurs alsaciens ont répondu présents. Pour deux d’entre-eux, Agrimax est l’occasion de valoriser leur cheptel de race limousine. « On vient régulièrement ici pour promouvoir notre élevage et se comparer aux collègues. Agrimax permet de voir si notre travail est au niveau. Il offre également des opportunités commerciales », explique Louis Steinmetz de l’EARL du même nom à Berstheim. Il est venu avec trois de ses limousines. Un mâle de l’année, une génisse de l’année et un taureau reproducteur âgé de deux ans et demi. « Ce dernier est issu de la station nationale de Limoges qui est très réputée pour la qualité de son travail génétique. Pour les limousines, le concours a lieu le mercredi. Je suis très content qu’il se fasse et que cette manifestation ait été maintenue. C’est le seul concours allaitant actuellement sur le Grand Est de la France. C’est aussi le plus réputé », ajoute Louis Steinmetz. Il a obtenu des prix par le passé, mais l’éleveur vient avant tout à Agrimax par passion et plaisir. « Nous avons un élevage de 60 vaches allaitantes. Toute l’année, on bosse sur l’exploitation. Pour ma part, j’ai travaillé pendant six ans au herd-book limousin (organisme de sélection, N.D.L.R.). Je me suis installé il y a six mois à la suite du départ en retraite de mon père », conclut le jeune homme.

Un peu plus loin, Brice Antoni est également très motivé. Avec son frère, il est responsable de l’exploitation familiale, l’EARL de la ferme du Piémont à Westhoffen. Âgé de 29 ans, il s’est installé il y a deux ans. « Nous avons un élevage de 65 mères et la suite. On est naisseur. Nous vendons toute la viande sur l’exploitation hormis les broutards qui sont vendus à un engraisseur. J’ai exercé le métier de boucher pendant dix ans avant de rejoindre la ferme à la retraite de mon père. C’est la deuxième fois que nous faisons un concours. La première fois, c’était à Épinal il y a quelques années. Comme nous sommes sélectionneurs de la race, c’est une suite logique de finalement être ici et de participer à un concours de ce niveau », indique Brice Antoni qui est venu avec deux animaux.

Un gros travail génétique

Dans un autre hall, l’équipe des éleveurs du syndicat Holstein du Bas-Rhin est présente en force. Elle est accompagnée de Perrine Ludwig, technicienne chez Prim’Holstein France. « Les éleveurs qui sont là sont adhérents chez nous. Ils font du pointage et un gros travail de génétique. Ce concours est important car il est réputé de bon niveau. Il y a de beaux animaux. Pour les professionnels, c’est d’autant plus important d’être présent qu’il n’y a pas grand-chose cette année en raison du contexte sanitaire. Cela leur permet de se revoir. C’est un moment de partage privilégié », précise Perrine Ludwig.

Salarié au Gaec Wilt à Dachstein, Mathieu Urban acquiesce. « C’est toujours bien de pouvoir se confronter aux éleveurs des autres départements. Pour nous, c’est une évidence. À tous les concours, nous emmenons plusieurs animaux. C’est le cas cette année avec cinq vaches. L’une d’elle vient de remporter le titre de grande championne au concours virtuel organisé par Prim’Holstein France », précise Mathieu Urban. À quelques mètres, Olivier Wilt est précisément aux petits soins pour Emy, fille de Yorick sur Shottle. Lors de ce concours virtuel, elle s’était démarquée déjà en section par ses dimensions associées à un pis remarquable, notamment au niveau de ses attaches.

À l’arrière du hall, la famille Gutzwiller de la ferme du Neuhof à Michelbach-le-Haut dans le Haut-Rhin est bien présente avec ses vaches et génisses. Mais, mardi après-midi, la priorité pour les deux enfants, Alicia et Olivier, est de préparer le concours des jeunes présentateurs. Il faut soigner la conduite des génisses.

 

Hier, le salon a été inauguré en présence de François Grosdidier, Maire de Metz et Président de Metz Métropole

Publiée par Agrimax sur Mercredi 21 octobre 2020

 

Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace

Convaincre les jeunes consommateurs

Cultures

Publié le 02/10/2020

Depuis 2018, et après vingt années de travail, la choucroute d’Alsace est reconnue sous le signe officiel d’indication géographique protégée (IGP). Son obtention est liée à la réputation du produit liée à son terroir, au savoir faire lié à ce terroir et aux caractéristiques particulières de la choucroute. « Cette dernière est présente partout en Alsace. Malgré les conditions climatiques qui, chaque année, sont de plus en plus compliquées, les choux à choucroute d’Alsace IGP sont cultivés sur des sols caractérisés pour garantir une typicité liée au terroir. Les variétés sont spécifiquement sélectionnées et cultivées en Alsace. La fermentation est naturelle. La choucroute est ainsi réputée pour ses qualités organoleptiques propres telles que des lanières longues et fines, une texture ferme, une couleur blanche à jaune clair ou encore un goût légèrement acidulé », indique Sébastien Muller, président de l’association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace.

Cette association se veut un organisme de défense, de promotion et de bonne gestion de la choucroute d’Alsace. Un ODG reconnu par l’institut national des appellations d’origine (Inao). « L’association est là pour gérer les opérateurs, le cahier des charges et les différents contrôles qui y sont liés, pour effectuer des actions de promotion en présentant le légume sous toutes ces déclinaisons possibles. Nous ciblons actuellement les plus jeunes qui sont les consommateurs à convaincre pour les fidéliser demain. La choucroute est un légume emblématique en Alsace puisque nous cultivons 70 % de la production nationale », ajoute Sébastien Muller. Cette année a été cependant compliquée : peu d’eau, des précipitations aléatoires et de fortes chaleurs. « Le temps plus frais à venir devrait permettre de développer les ventes. Mais, c’est vrai, il faudra se pencher à l’avenir sur le sujet de l’irrigation », précise Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla).

 

C’est parti pour la choucroute d’Alsace IGP

Publiée par La Choucroute d'Alsace IGP sur Jeudi 24 septembre 2020

 

Mettre en valeur la choucroute dans les rayons

En 2020 et 2021, les actions de communication vont se multiplier. Il y aura à nouveau le concours d’étalage dans les grandes surfaces avec cette année l’intégration de la choucroute dans le règlement. « Nous allons travailler avec la distribution pour que les rayons des magasins mettent en valeur la choucroute aux bons endroits. Des kits de communication seront à disposition des commerces et des restaurants avec des argumentaires de vente, des fiches recettes, des affiches ou encore des stickers pour les vitrines. Du 1er au 30 octobre, nous allons renouveler l’opération « L’Alsace a du goût » avec les restaurants », souligne Pierre Lammert.

Pascal Claude qui dirige la dernière choucrouterie du Haut-Rhin admet que l’année a été « particulière » à cause du Covid-19. « Mais, les ventes se passent assez bien de notre côté. La saison a commencé en avance, dès le début du mois d’août. Nous avions alors de très beaux choux. Ensuite, ils ont effectivement souffert de la sécheresse. Les cours d’eau sont à sec. C’est une grosse difficulté depuis quelques années. Nous aurons besoin de réfléchir à l’avenir sur des retenues d’eau et/ou sur l’irrigation », constate le professionnel.

Suspicion d’attaque de loup dans le Sundgau

Une cohabitation à construire

Élevage

Publié le 08/09/2020

Domicilié à Oberdorf (Illtal), près d’Altkirch, le jeune professionnel âgé de 30 ans a repris la petite ferme de son père. « Mais, j’ai immédiatement changé la race pour les moutons. Le nez noir du Valais est un mouton protégé en Suisse, tout comme la chèvre à col noir. C’est l’objectif de mon élevage : préserver et développer la race. Actuellement, il y a ici une vingtaine de moutons et une dizaine de chèvres. J’ai débuté en 2015. Le cheptel augmente chaque année. Cette race permet la pratique de l’éco-pâturage. Elle permet également d’entretenir les prairies, les talus, les friches », explique Éric Vetter.

Son enthousiasme a cependant été refroidi après le week-end du 15 août. Il fait une macabre découverte le lundi matin. « Un agneau de quatre mois était mort. Pire. Il a été dépecé et mangé de la tête jusqu’à son bassin ainsi que sa patte arrière gauche. C’est la première fois que cela arrive. J’ai immédiatement appelé le vétérinaire qui m’a, lui, conseillé de contacter l’office français de la biodiversité. Son représentant est alors venu. Il a fait son rapport des dégâts constatés sur l’animal. Il a écarté la piste d’un ou plusieurs chiens errants car le reste du troupeau n’a pas été attaqué. Il y avait également la possibilité d’un lynx. Mais, cela semble peu probable. Et l’absence de cage thoracique sur la carcasse fait penser à un loup », souligne l’éleveur.

Triste réalité ce matin. Les prédateurs sont partous malheureusement ????

Publiée par L'élevage Du Valais Alsace 68 sur Lundi 17 août 2020

Rester vigilant

Il se souvient que des éleveurs avaient repéré au printemps 2019 du côté de Bendorf des empreintes et du poil. L’ensemble avait été analysé. Cela provenait bien d’un loup. « Là, les analyses n’ont rien donné car le terrain était trop sec pour que l’animal laisse des empreintes. On a juste pu estimer qu’il était passé en dessous du grillage. Du coup, on l’a depuis électrifié. J’ai également mis un chien de troupeau (un dogue du Tibet) qui se promène et surveille la nuit. Depuis qu’il est présent, les moutons sont rassurés et à l’aise. On a aussi placé des caméras détectrices de gibiers. Nous n’avons vu que des renards et des chevreuils. Cela laisse à penser que ce loup n’était que de passage. Il faut dire que le Sundgau est un itinéraire idéal pour aller du Jura aux Vosges », estime Éric Vetter.

Il n’est pas spécialement inquiet. Il souhaite cependant attirer la vigilance des éleveurs du Sundgau. « C’est à nous de faire en sorte que nos parcelles soient protégées. J’estime qu’un éventuel retour du loup dans le Sundgau serait une bonne chose pour la nature. Les montagnes sont là pour les protéger. C’est leur espace naturel. On peut réussir à vivre avec les prédateurs quand on sait qu’ils sont présents dans nos forêts. À nous de travailler sur nos surfaces habituelles d’élevages », poursuit Eric Vetter.

Publiée par Eric Vetter sur Jeudi 3 septembre 2020

Travailler autrement

En attendant, la mort de cet agneau, une femelle, l’oblige à travailler différemment pour pérenniser son élevage. « Je vais garder les jeunes femelles qui vont naître. À la fin du mois de septembre, je vais mettre le bélier avec les brebis pour avoir des naissances en février. Et, à partir du mois de juin, je vais garder les jeunes pour faire de la sélection », conclut le jeune professionnel dont le troupeau a été baptisé « Élevage du Valais Alsace 68 ». Il s’est également affilié à la fédération française du nez noir du Valais, pour inscrire à l’avenir ses bêtes dans les différents concours organisés en France.

Peu d’éleveurs possèdent cette race en France. Ils sont une quinzaine de passionnés, mais leur effectif progresse. Tout comme, en conséquence, celui les moutons. « Les animaux sont reproduits en gardant les femelles et en échangeant avec les autres professionnels français. Il est interdit d’introduire des animaux venant d’autres pays comme la Suisse, et inversement d’ailleurs. Mon objectif, à terme, est d’avoir une trentaine de moutons et une quinzaine de chèvres. C’est le maximum pour moi car c’est avant tout une passion. Je ne suis pas agriculteur à la base », ajoute Éric Vetter.

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