Confédération générale des planteurs de betteraves d’Alsace
Une filière qui s’organise pour sa pérennité
Confédération générale des planteurs de betteraves d’Alsace
Cultures
Publié le 26/11/2020
La fusion a été approuvée vendredi 20 octobre lors d’une assemblée générale qui s’est déroulée en visioconférence. Un choix expliqué par le président national de la CGB Franck Sander : « Le mode de prélèvement des cotisations a évolué à la CGB. Les financements se font plus rares. Nous avons donc opté pour la fusion de l’ensemble des syndicats betteraviers français avec la CGB pour optimiser la comptabilité. Plus clairement, la partie administrative et donc financière sera gérée au niveau national. Localement et politiquement, rien ne changera. Le conseil d’administration va demeurer tout comme le poste de directeur. Les agriculteurs alsaciens ne vont rien ressentir. »
Cette partie statutaire a été précisée par le directeur du syndicat betteravier d’Alsace, Joseph Behr. Ce dernier a présenté les comptes financiers de deux exercices en raison de la crise sanitaire. Ceux de 2018-2019 et de 2019-2020. La baisse de la dotation de la CGB a été constatée. Elle s’explique par une baisse importante de ses produits. D’où la nécessité de faire baisser les charges. Les résultats des deux exercices sont respectivement excédentaires de 510 euros et de 5 561 euros. Les capitaux propres de la CGB Alsace sont de 24 295 € au 31 août 2020. « Il s’agit du dernier exercice nous concernant. L’an prochain, les comptes du syndicat betteravier seront consolidés avec la CGB. Pour la cotisation, nous maintenons deux cotisations. Celle de la CGB est fixée en assemblée générale. À savoir 0,25 €/t à 16 degrés. Celle de la CGB Alsace à 0,05 €/tonne à 16 degrés que nous souhaitons maintenir car les cotisations sont en baisse », précise Joseph Behr.
« Zéro risque »
Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture Alsace, s’étonne de la situation. « Quel est l’intérêt d’avoir deux cotisations comme on va être à la CGB ? ». Pour Franck Sander et Joseph Behr, « on continue d’avoir une comptabilité analytique avec une dotation budgétaire qui va continuer de baisser. Toutes nos réserves à nous resteront en local. Elles seront gérées par Paris et après chacun aura la main sur l’organisation de son fonctionnement. On est dans une situation particulière avec notre seule usine d’Erstein ». Pour sa part, Albert Elbel, un producteur bas-rhinois, s’inquiète de cette évolution. « Quelle est cette logique si tout revient au national ? Comment dans ces conditions défendre régionalement nos intérêts ? » Franck Sander l’a rassuré. « On sera toujours décideur de nos actions et de notre réserve financière. Tout le travail de lobbying qui a été fait cet été est préservé. L’unique interlocuteur de l’usine d’Erstein, c’est nous. Il y a zéro risque. C’est aussi pour cela qu’on veut continuer à prélever ces 5 centimes pour garder cette autonomie financière. » Ces comptes financiers et cette organisation ont été approuvés à l’unanimité des membres. En sachant que cette fusion deviendra une réalité à compter du 1er janvier 2021. Le renouvellement des membres du conseil d’administration (CA) a ensuite été validé. Un CA que rejoint Julien Koegler en lieu et place de Joseph Wehrel pour les JA 67. Par ailleurs, Yannis Baltzer remplace Roudy Baltzer ; Philippe Hassler en fait de même pour Rémy Fischer.
Des compétences régionales
Le projet de fusion des syndicats betteraviers avec la CGB a ensuite été détaillé. Il s’agit de gérer une seule entité dans un souci de réduction des coûts de fonctionnement, de simplifier le fonctionnement général et d’optimiser les différentes actions. Elles concernent la défense de la filière et des planteurs, les choix régionaux comme le suivi des réceptions de l’usine d’Erstein qui vont relever de la compétence régionale de la CGB Alsace. « L’aspect administratif et gestion du personnel va, lui, relever de la compétence nationale. Les missions de notre délégation régionale seront d’agréer les planteurs et les sociétés qui souhaitent adhérer à la CGB, de regrouper et défendre les adhérents dans notre circonscription en Alsace, les départements lorrains qui produisent de la betterave et même quelques planteurs allemands. Mais aussi de proposer des candidats au conseil d’administration de la CGB. Aujourd’hui, ce sont Franck Sander et Hervé Schneider. Cette délégation décidera de l’utilisation des réserves de l’ancien syndicat betteravier et continuera à assurer les contacts avec notamment les entreprises, collectivités et organisations professionnelles agricoles », précise Joseph Behr. En outre, la CGB Alsace aura toujours un président, un bureau et un conseil. Ce fonctionnement sera définitivement validé lors d’une assemblée générale extraordinaire de l’absorbante CGB fixée ce lundi 30 novembre.
Terrible cocktail sécheresse/jaunisse
La suite de l’assemblée générale a concerné la campagne betteravière 2020. Les nouvelles ne sont pas réjouissantes en raison de la sécheresse et de la jaunisse (lire encadré). « La prévision de rendement alsacien est de 78 tonnes/ha à 16° comme en 2016. Au niveau national, on va être autour de 62-63 tonnes. Ce qui est terrible, c’est ce cocktail sécheresse/jaunisse. On a abouti à des rendements qui décrochent de façon plus importante qu’attendu. Habituellement, le rendement progresse en cours de saison. Ce n’est pas vraiment le cas cette année. En termes de surface et de production, l’évolution est négative. En 2017, on avait 7 500 hectares. On a réussi à maintenir en 2020 tout juste 6 000 hectares. On va produire moins de 500 000 tonnes avec une campagne relativement courte », constate Joseph Behr.
« Une grande victoire »
Un gros travail syndical a été effectué cet été concernant le dossier de la jaunisse avec, au bout, l’obtention des néonicotinoïdes. « Notre président (Franck Sander) est aussi le président national. Sur la jaunisse, nous avons tous travaillé ensemble. On a la chance d’avoir notre cheville ouvrière qu’est Franck Sander. Il s’est battu jusqu’au bout. Le dossier néo est une grande victoire », se félicite Gérard Lorber. Ils sont nombreux à acquiescer. À l’image de Denis Ramspacher. « Un vrai travail a été fait. Il est important d’avoir des associations nationales qui soient à nos côtés sur de tels dossiers. Nous sommes tous allés dans le même sens. Félicitations. Il faut reconnaître ce travail. » Pour sa part, Michel Busch, producteur dans le Haut-Rhin, a également souhaité remercier l’ensemble des membres du syndicat betteravier alsacien et l’engagement de la CGB. « Tout le monde a pris le temps pour expliquer et argumenter auprès de nos élus et différents interlocuteurs. On voit bien qu’en approfondissant le sujet, il y a eu une collégialité médiatique. Une approche partagée permet de faire de belles choses. » De son côté, Franck Sander a rappelé tout le travail effectué pendant l’été. « Nous nous sommes battus pour que ce dossier puisse avancer positivement. Cela n’a pas été simple car la presse nationale ne nous a pas aidés, bien au contraire. Nous avons eu la chance d’avoir un ministre de l'Agriculture (Julien Denormandie) qui a été à notre écoute. Et surtout, nous avons eu un discours unique au sein de la filière. On était en phase. Autant Cristal Union que Tereos et la CGB. La FNSEA nous a ouvert les portes. Un dossier néo qui avance. »
Le plan d’indemnisation des pertes, lui, est en cours de discussion. « Le rendement individuel moyen devrait être retenu. Si on s’inscrit dans le dispositif multirisque climatique, on retire la meilleure et la moins bonne année. Généralement, on parle de cinq années olympiques. Là, nous cherchons à pousser sur 8 ans. Concernant la question des franchises, pour nous c’était inconcevable d’en cumuler deux, en l’occurrence la sécheresse et la jaunisse. On a obtenu de l’administration qu’il n’y aura pas de double franchise », explique Franck Sander. Quoi qu’il en soit, ces modalités d’indemnisation seront connues prochainement car toutes les régions françaises sont concernées. « Il faut trouver la méthode d’indemnisation la plus juste sur la base du rendement réel. Ces épisodes cumulés montrent qu’il est important d’avoir des outils de gestion comme l’assurance climat, l’instrument de stabilisation du revenu, l’épargne de précaution ou la contractualisation. On est soumis à des aléas qui secouent notre filière », conclut de son côté Joseph Behr.
Une vidéo sur la campagne de 2019, à revoir :












