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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d’agriculture Alsace

L’élevage allaitant poursuit sa croissance

Élevage

Publié le 06/04/2021

Ces données ont été livrées pour les races charolaises, limousines, salers et rouge des prés. En Alsace, 30 élevages sont adhérents au « bovin croissance Alsace ». 22 sont en charolais, 4 en limousin, 3 en salers et 1 en rouge des prés. Au niveau national, la répartition est la même avec 2 939 élevages de charolais, 2 334 en limousin, 441 en salers et 181 en rouge des prés. Concernant la race charolaise, ses effectifs sont très présents dans son bassin d’origine (Auvergne-Rhône-Alpes) et dans le nord-ouest du pays. « En Alsace, on a perdu 8 % des effectifs d’élevages charolais. La race reste cependant majoritaire dans les troupeaux allaitants. Dans ces élevages, il y a de plus en plus de vaches. On y constate que l’intervalle des vêlages augmente depuis 2018. En fait, les exploitations s’adaptent au potentiel fourrager qu’elles ont. La productivité globale, elle, a un peu reculé ces dernières années. L’objectif reste d’avoir un veau par vache et par an », explique Matthieu Vaillant de Guelis, conseiller spécialisé bovin viande et fourrage au service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace.

Les élevages de race limousine sont très présents dans le Massif Central et également dans le nord-ouest du pays. On constate chez eux une augmentation de la mortalité avant sevrage. L’explication la plus évidente vient de l’augmentation trop rapide du gabarit de cette race. On observe également une baisse de sa productivité ces dernières années. Les élevages de rouge des prés se trouvent essentiellement en Anjou. Il y a un seul éleveur en Alsace. Il est basé à Vendenheim. Enfin, le bassin de production de la race salers est évidemment le Massif Central. Même si l’on retrouve des élevages sur l’ensemble du territoire. Et notamment dans le Haut-Rhin.

Des vêlages regroupés

Concernant le regroupement des vêlages, leur intensité (pourcentage sur trois mois consécutifs) est équilibrée. Un quart est équilibré. En Alsace, 17 % sont très regroupés (au-delà de 90 %) avec même un élevage en Alsace Bossue qui a 100 % de ses vêlages regroupés. Une minorité de ces élevages (huit sur trente) ont des regroupements inférieurs à 60 %. « Nous constatons également que dans les élevages où les vêlages sont les plus regroupés, il y a une productivité globale plus importante. Jusqu’à six veaux de plus sevrés. L’aspect sanitaire a évidemment son importance. Mais, on peut également expliquer cela par une meilleure technicité. Le régime alimentaire est également une explication », précise Matthieu Vaillant de Guelis. Pour le taux de mortalité au sevrage, les élevages les moins regroupés présentent 12 % de mortalité en moyenne contre 8 à 9 % pour les élevages les plus regroupés. Les intervalles vêlage-vêlage se font en moyenne tous les 400 jours. L’objectif étant d’atteindre les 365 jours. Par ailleurs, les regroupements ou non des vêlages ont un impact économique évident. Il peut y avoir un écart de 11 000 € en fonction de la productivité, de la croissance ou encore du poids de chaque animal.

« L’alimentation est plus simple avec des vaches allaitantes »

À l’issue de la présentation de ces résultats techniques, deux thématiques différentes ont été abordées. Chez Ernest Hoeffel, à Walbourg, il y a eu une présentation de la litière pour bovins avec des plaquettes de bois (voir vidéo, ci-dessous). À Vieux-Ferrette, Émile Schweitzer a présenté son exploitation. Il l’a reconverti en un élevage de vaches allaitantes limousines. « Je me suis installé en 2008 en hors cadre familial. D’abord à Diefmatten puis également ici à Vieux-Ferrette. Avec mon père, on a commencé à monter le troupeau allaitant. Nous avons rassemblé les deux exploitations. En tout, 200 hectares dont 25 hectares de prairies naturelles et 20 hectares de prairies temporaires. Nos cultures principales sont le maïs, le blé, l’orge et le colza. L’alimentation est plus simple avec des vaches allaitantes qu’avec des laitières. Elles sont au pré en été tant qu’il y a de l’herbe. En hiver, nous leur donnons de l’ensilage d’herbe, du ray-grass italien avec un mélange suisse et du foin quand il est disponible. Depuis quelques jours, j’ai modifié la ration des génisses à l’engraissement avec deux tiers d’ensilage d’herbe », explique Émile Schweitzer. Il travaille désormais seul depuis le départ à la retraite de son père en 2019.

Contrôler les vaches

C’est aussi en 2019 qu’il a fait construire un couloir de contention. Il se trouve dans un bâtiment situé entre deux autres où est regroupé le cheptel. « Je l’ai placé dans cet endroit central pour faciliter l’arrivée et le départ des vaches. C’est un box de 15 m2 modulable. Il permet de faire différents lots pour mieux identifier et contrôler les animaux. Le premier avantage de ce système concerne la sécurité. Si je souhaite intervenir pour soigner une vache, pour lui mettre une boucle, effectuer une prise de sang où toute autre intervention parfois bénigne, je fais en sorte qu’elle passe dans ce couloir de contention. Cela peut alors éviter les accidents comme les coups de pied ou les mouvements d’humeur », précise le jeune éleveur. Avec cet outil de travail, il est alors possible d’effectuer différentes opérations comme la pesée et la tonte. « En outre, ce système facilite les vêlages. L’animal est en sécurité. Rares sont les vêlages où j’ai été obligé d’intervenir », se félicite Émile Schweitzer. Il vient d’adhérer au contrôle de performance et fait donc partie des quatre élevages en Alsace suivi par Bovins Croissance France.

 

 

Organisme de sélection vosgienne

Le travail de développement et de valorisation se poursuit

Élevage

Publié le 03/04/2021

C’est le lycée agricole de Rouffach qui a accueilli l’assemblée générale de l’organisation de sélection (OS) vosgienne. Une volonté d’associer la jeunesse saluée par le directeur de l’établissement. Il a notamment rappelé que trois exploitations y étaient associées (viticole, horticole et la ferme de la Judenmatt). En outre, un dossier est en cours pour valoriser l’élevage et réintroduire des animaux sur la ferme. « Nous espérons que ce seront des vosgiennes. Notre objectif est de faire de l’engraissement des animaux de cette race. Nous voulons vous aider sur la valorisation de vos produits et la promotion de votre filière. Pour cela, nous menons une réflexion sur la mise en place de stages ou d’actions sur la transformation. On est sur un travail de ferme individuelle pour proposer de la valorisation en direct », assure Jean-Luc Prost.

Un travail collectif

Une initiative appréciée par le président de l’OS vosgienne, Florent Campello. Dans son rapport moral, ce dernier n’a pas caché son émotion d’organiser cette réunion dans le lycée où il a appris son métier. « L’enseignement agricole est primordial pour les générations futures tout comme pour nous éleveurs. Le contexte sanitaire actuel nous oblige à travailler différemment pour préserver la dynamique de notre organisme de sélection et notre massif vosgien. Avec nos techniciens, nous nous sommes adaptés pour pérenniser notre développement. J’applaudis aujourd’hui nos anciens. Je pense à Jean Wehrey et à ceux qui ont cru en l’agriculture de montagne. Ils ont permis de préserver la race et la relancer », explique Florent Campello.

Le président a ensuite rappelé toutes les responsabilités assurées par l’OS. Elles ont été détaillées dans le rapport d’activité. « La Covid-19 ne nous a pas stoppés. Nous utilisons les nouvelles technologies pour nous retrouver et le planning de travail a été modifié. Notre fromage Cœur de Massif est en évolution. C’est un fromage qui crée du lien et de l’économie. Poursuivons ce travail collectif au service de la race vosgienne », ajoute Florent Campello.

Ce rapport d’activité a été l’occasion de rappeler que quatre commissions existent au sein de l’OS. La première, sous la responsabilité de Clément Géant, s’occupe de génétique. La seconde, sous la responsabilité de Guy-Loup Botter, s’intéresse à l’élevage allaitant. La troisième concerne la communication avec Jean-Michel Curien. La quatrième, celle de Lionel Vaxelaire, se penche sur le travail de valorisation. Le premier objectif de ces commissions est de coller au mieux aux besoins des adhérents en utilisant les moyens humains (équipe OS et éleveurs bénévoles), financiers et techniques à disposition.

Pour 2021, les axes de travail sont clairement définis. « En génétique, il s’agit de rappeler les fondamentaux. À savoir, la conduite du schéma de production en partenariat avec Elitest et la tenue des différents services comme les plannings, les pointages et les génotypages. Pour la commission valorisation, la priorité est de travailler sur l’évolution du cahier des charges du fromage Cœur de Massif. La commission allaitante s’intéresse à la création génétique. Enfin, la communication prépare la Seram 3 (lire encadré) et les différents bulletins de l’OS », indique Nicole Bloc, directrice administrative depuis mars 2020.

Les effectifs progressent

Des travaux d’autant plus importants au moment où les effectifs progressent. « Il y a près de 1 800 femelles vosgiennes de plus sur la période 2011-2020 pour un total de 9 927 vaches. Cette augmentation se constate également pour le seul département du Haut-Rhin avec un peu plus de 200 vaches. 4 700 de ces animaux sont issus d’insémination artificielle. Les Vosges et le Haut-Rhin sont évidemment les deux départements où la race est la plus représentée avec respectivement 2 815 et 2 627 femelles. La Moselle, le Bas-Rhin et la Haute-Saône progressent également très bien. Rares sont les départements de l’Hexagone où la vosgienne est totalement absente. La vosgienne envahit la France », ironise Emmanuelle Wendling, salariée de l’OS.

En revanche, après trois années de sécheresse et de manque de fourrage, les effectifs sont en baisse au contrôle laitier. Là également, on les retrouve en grand nombre dans le Haut-Rhin (647) et dans les Vosges (529). La part des vosgiennes allaitantes progresse sensiblement. La durée de lactation des vosgiennes est de 268 jours et leur production augmente avec une moyenne à 3 911 kg contre 901 en 2019. De nombreuses vaches sont désormais à plus de 50 000 kg de lait. « 25 % des vaches au contrôle laitier sont au moins en cinquième lactation. Elles ont donc plus de 7 ans. C’est représentatif de ce qu’on cherche. On élève les génisses pour les garder », précise Emmanuelle Wendling. Un travail complété par la recherche et la génétique. L’orientation de la sélection, la validation des gestations qualifiées, les génotypages, les choix des taureaux permettent d’obtenir ces résultats positifs.

Le génotypage ralenti par le Covid-19

Le schéma allaitant mobilise fortement les éleveurs. Il y a ainsi eu une amélioration du protocole de suivi des mères supports. 172 d’entre elles ont été retenues pour créer les nouveaux taureaux. « Nous allons génotyper tous les mâles et en sélectionner dix. Nous cherchons à obtenir des lignées pour éviter les copies des années précédentes. On génotype également toute la population femelle qui est au contrôle laitier. C’est notre particularité. En 2020, nous avons effectué 273 génotypages. C’est en baisse en raison de la crise sanitaire. Les tournées de pointage ont été limitées. Mais, pour cette année, c’est déjà bien reparti. On est même déjà au même niveau que l’an passé. Grâce à ce travail, on a une idée, pour chaque veau, de son potentiel génétique », note Emmanuelle Wendling. Il faut savoir que 51 % des exploitations de race vosgienne adhérentes à l’OS sont des éleveurs allaitants. 20 % de ces exploitations ont un troupeau mixte laitier + allaitant. 40 % de tous les effectifs confondus (de + 6 mois à + de 2 ans) sont des femelles allaitantes.

326 780 litres pour le Cœur de Massif en 2020

Outre la poursuite de ce travail, l’OS vosgienne compte également relancer le groupe « fromage ». Une première réunion doit avoir lieu le 13 avril prochain. L’idée est de fonder une association dédiée au fromage Cœur de Massif, pour maintenir une cohésion et une dynamique de groupe. 21 producteurs sur quatre départements (Haut-Rhin, Vosges, Bas-Rhin et Haute-Saône) valorisent actuellement ce fromage. En 2020, ils ont transformé 326 780 litres de lait dans cet objectif. L’idée de ce groupe est de réfléchir et d’innover ensemble pour pérenniser et développer encore davantage ce fromage. C’est dans ce cadre que le financement de l’OS en tant que GIEE (Groupe d’intérêt économique et environnemental) pour son projet Cœur de Massif a été prolongé jusqu’au 31 mars 2022. Il doit permettre une étude de la performance environnementale du fromage pour les pratiques agricoles liées à son cahier des charges dans le cadre du projet « PastoEco », mené en partenariat avec le Coram et la création d’un réseau national de GIEE par le Coram.

Un travail d’autant plus important qui peut être pertinent aux côtés de la démarche concernant l’inscription de la transhumance au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le dossier devrait définitivement être déposé en mars 2022 après une réunion qui devrait être déterminante en septembre 2021 lors de la session européenne des races de massif.

Anne Simon, présidente de la cave de Pfaffenheim

Travailler pour le collectif

Vigne

Publié le 25/03/2021

Elle avait été élue dès 1998, au conseil d'administration de la cave de Pfaffenheim avant de faire une pause, pour des raisons familiales, de 2005 à 2014. « Quand je suis revenue en Alsace, mon prédécesseur, Jean-Luc Hanauer, m'a demandé de le rejoindre dans l'équipe dirigeante. J'ai accepté. J'ai d'abord été élue secrétaire en 2019 et donc présidente depuis le 18 février. C'est un engagement complémentaire. Il est dans la continuité de celui que j'ai pour la cave depuis toujours. Le mien et celui de ma famille », explique Anne Simon.

Elle a en effet été élevée dans la « culture coopérative » avec un grand-père qui a été parmi les membres fondateurs de la cave de Pfaffenheim. « Mes grands-parents avaient un petit domaine familial. Pendant que mes parents travaillaient à l'extérieur, j'allais aider dans les vignes. Mon grand-père m'a beaucoup appris. Notamment à bien observer la vigne et à comprendre le métier », ajoute-t-elle.

Logiquement, elle effectue des études agricoles. Le lycée de Rouffach lui permet de pousser sa réflexion professionnelle. Mais le véritable déclic arrive lors de son BTS viticulture œnologie et ses études supérieures à l'université de la vigne et du vin à Dijon. « Cela a été la découverte et la compréhension de cette culture du vin dans sa dimension agronomique et scientifique. Ce parcours me permet aujourd'hui d'être formatrice pour adulte au CFPPA depuis mon retour dans la région. Ce côté formateur est essentiel pour moi. Donner aujourd'hui ce que j'ai appris hier », précise celle qui s'est également investie dans le domaine familial. Elle le gère avec sa maman, de 2000 à 2014, année où cette dernière, qui avait repris déjà le domaine de ses parents, prend sa retraite. Son papa donnant un coup de main le soir. Puis sa vie familiale l'a conduite à faire la navette entre son Alsace et le sud-ouest du pays où elle a participé à des animations de vente de vin pour la coopérative du Tursan, forte de 135 adhérents sur 350 hectares de vignes. Elle y a également assuré des formations pour adulte (déjà).

Aujourd'hui, Anne Simon co-gère l'exploitation avec son frère Dominique. Des 2,5 hectares du départ, la famille en gère désormais 9 de vignes situées de Buhl à Herrlisheim-près-Colmar. Comme il y a quelques années, elle s'occupe également d'une activité de prestation. « Cela me permet d'avoir une trésorerie complémentaire et de rester dans cette philosophie de formation. J'ai retrouvé des anciens élèves à qui j'ai mis le pied à l'étrier », se félicite-t-elle.

Rebondir malgré la crise

Après ces belles années, elle a donc fait son retour à la cave de Pfaffenheim. Une entreprise qu'elle connaît bien et qui reste familiale avec ses 160 adhérents pour un peu plus de 350 hectares cultivés sur les secteurs de Pfaffenheim, Gueberschwihr, Hattstatt, Voegtlinshoffen, Soultzmatt et Westhalten. Forcément, la crise sanitaire a actuellement un impact. « Avant l'arrivée du Covid-19, nous étions dans une phase de dynamique et de développement. Depuis nous constatons des méventes et une baisse de 17 % pour l'ensemble du groupe (avec Dopff et Irion) qui reste correcte par rapport à la situation observée dans toute l'Alsace. Le caveau est ouvert. Il l'a toujours été si l'on excepte le premier confinement. Nous sommes une cave qui donne une grande importance à la vente aux particuliers. Heureusement, nous pouvons également miser sur l'export. Il faut désormais nous imposer sur des marchés plus variés et de nouveaux créneaux de développement. Pour y parvenir, nous comptons proposer une communication plus poussée sur les réseaux sociaux. Il faut également proposer de nouvelles actions de marketing pour séduire la clientèle. Nous voulons davantage nous faire connaître dans les GMS même si nos produits et nos prix sont différents », insiste Anne Simon. Pour autant, la politique de la cave avec des produits de qualité et de petits lots doit se poursuivre. « Cette image, nous voulons la conserver, la préserver. Mais cela peut également passer par des produits plus innovants et des nouveautés comme des vins d'assemblage. La priorité reste quoi qu'il en soit de continuer à faire de la haute qualité. Il faut que les vins tiennent la route », prévient la présidente de la cave de Pfaffenheim.

Militante un jour, militante toujours

Elle suit les débats dans le vignoble alsacien. Elle est en phase avec l'état d'esprit de la coopération qui défend les producteurs. « Nous faisons vivre des familles. Le kilo de raisin produit, c'est le revenu. Or produire qualitativement représente un coût. C'est cette qualité qui permet d'accéder à des produits particuliers. L'appellation appartient à tout le monde. Nous sommes solidaires. Mais la solidarité doit aller dans tous les sens. Pour notre part, nous avons le sentiment de ne pas être entendus », estime Anne Simon. Comme dans ses jeunes années, elle demeure une « militante ». Elle se dit prête à apporter sa pierre à l'édifice à la fédération des caves coopératives. Elle reste attachée au monde agricole et viticole. « Je suis toujours l'activité syndicale. Celle des jeunes agriculteurs notamment. Leurs sujets de discussion sont pertinents. Il y a des jeunes qui ont des idées innovantes. C'est mon rôle d'ancienne présidente des JA de les soutenir s'il le faut. C'est dans cet état d'esprit que je continue à donner mes cours. La formation me permet d'avoir une certaine vision. J'ai aujourd'hui le sentiment que la viticulture est trop enfermée sur elle-même et ne regarde pas assez ce qui se passe dans les autres filières pour en tirer des enseignements », conclut-elle.

Élodie Siraud à Cernay

Un parcours exemplaire et inspirant

Vie professionnelle

Publié le 23/03/2021

Quand elle se lance dans la production, l'abattage et la transformation de volailles à Bernwiller, Élodie Siraud n'est âgée que de 21 ans. Nous sommes en septembre 2002. C'est un stage sur une exploitation de ce secteur d'activité effectué dans le cadre de ses études au lycée agricole de Rouffach qui l'a définitivement convaincue. « Après mon bac pro agricole Gestion d'entreprise, je me suis lancée. J'ai monté mon entreprise, « Chez Élodie » à la suite de ce stage passionnant chez un producteur de foie gras. J'ai commencé petit, et au fur et à mesure, l'activité a pris de l'ampleur. C'est un honneur pour moi de valoriser la gastronomie française et d'avoir ces contacts avec les clients », explique la jeune femme qui va bientôt avoir 40 ans et qui est maman de deux enfants âgés de 13 ans et 18 mois. Pendant douze ans, l'activité se développe à Bernwiller. À tel point qu'elle finit par manquer de place. « On a alors déménagé dans cette zone d'activité de Cernay afin de poursuivre notre développement et avoir des locaux plus pratiques et plus faciles d'accès », ajoute Élodie Siraud.

En vente directe

Ces locaux permettent de travailler dans un bâtiment de 600 m2.  « On transforme en plats cuisinés, en brochettes, en produits frais et/ou à griller des produits à base de volaille, de canard et de foie gras. Nous proposons une centaine de produits différents comme des terrines, des pâtés en croûte, des charcuteries, des fleischnackas, ou encore des farces de volailles. Bref, un large éventail de produits frais ou en conserve. Nous n'abattons plus ici. Nous le faisions à Bernwiller. Quand on a déménagé en 2014, on a arrêté car ici les locaux ne sont pas adaptés et nous ne pouvons plus tout faire. On sous-traite ce travail trois fois par semaine chez un collègue à Wingersheim dans le Bas-Rhin », précise Élodie Siraud.

Une fois transformés et travaillés, les produits sont ensuite écoulés. D'abord en direct grâce à l'espace de vente qui se trouve dans le bâtiment. Il est ouvert trois jours par semaine. Ensuite, sur les marchés de Belfort, de Riedisheim et de Colmar. Enfin, dans des magasins d'épicerie fine, des magasins fermiers ou encore chez des producteurs de fruits et légumes. La cheffe d'entreprise intervient sur le suivi direct, le développement des produits et le suivi qualité. Elle est entourée de neuf salariés pour effectuer toutes les autres tâches quotidiennes.

« Les femmes ne doivent pas ou plus se cacher »

La crise sanitaire n'a pas eu d'impact sur le chiffre d'affaires. Au contraire, « Chez Élodie » a vu arriver de nouveaux clients. « Nous observons une hausse de 25 % de notre chiffre d'affaires. Les gens ont davantage fréquenté notre espace de vente. Et surtout, ils restent fidèles. On va peut-être ressentir une baisse des ventes quand les restaurateurs vont pouvoir à nouveau ouvrir. Mais je suis confiante. Les gens ont désormais pris l'habitude de passer par nous. La qualité de nos produits et la proximité que nous leur proposons sont très appréciées », analyse Élodie Siraud. Elle demeure cependant prudente et ne compte pas se lancer à court terme dans de nouveaux projets. « On va laisser passer le Covid-19 et on verra après », précise-t-elle.

C'est dans ce contexte qu'elle a été distinguée par la Chambre des métiers et d'artisanat d'Alsace. Et plus précisément dans le cadre du concours « Madame Artisanat Alsace », qui met à l’honneur depuis 2008 des femmes et jeunes filles artisanes. Une récompense qui lui a été remise le 8 mars dernier lors d’une cérémonie retransmise sur les réseaux sociaux dont la marraine était la préfète du Grand Est et du Bas-Rhin, Josiane Chevalier. « C'est une belle surprise pour moi. Au départ, nous avons fait un gros investissement avec le soutien de la Région pour changer le parc machine de l'entreprise. La personne de la Chambre des métiers qui est venue visiter les locaux a alors vu mon parcours. Elle a estimé qu'il y avait un potentiel à promouvoir et m'a incité à y participer. J'ai alors rempli un dossier où j'ai expliqué ce que nous faisions ici, l'évolution de l'entreprise, son histoire. Une quarantaine de dossiers a été déposée. J'ai été choisie », souligne Élodie Siraud qui ne cache pas sa fierté. « Cela fait du bien de montrer aux femmes que l'on peut percer dans n'importe quel milieu. Les femmes ne doivent pas ou plus se cacher. Si mon parcours peut en inciter d'autres à franchir le pas, ce ne sera que du positif », complète la jeune femme.

Reconnaissance du savoir-faire et de la qualité

Dans la même période, elle a eu une autre surprise. Celle d'être honorée du mérite agricole. « Je n'étais pas au courant. Je l'ai appris par quelqu'un qui m'a envoyé un message. Ensuite, j'ai eu différents courriers du préfet et de différentes personnes. Je suis surprise et émue. Je n'ai pas de responsabilités syndicales. Je suis simplement élue au niveau du conseil d'administration de la Caisse d'Épargne du Haut-Rhin. Ces deux récompenses en l'espace de huit mois, c'est un peu la reconnaissance de cette période professionnelle très intense », reconnaît Élodie Siraud. Elle est évidemment proche du monde agricole par son mari qui travaille pour une entreprise de matériel agricole à Ostheim et par des fournisseurs qui œuvrent avec la même philosophie professionnelle.

« Si ces agriculteurs n'étaient pas là, nous ne le serions pas non plus. Nous travaillons dans un domaine particulier. Quand on propose des produits de qualité avec un bon système d'élevage derrière, nos clients sont prêts à nous faire confiance et à mettre le prix derrière. Nous sommes tous logés à la même enseigne », estime Élodie Siraud. Elle reste l'une des rares productrices de foie gras dans le Haut-Rhin. « C'est un savoir-faire qu'on a mis 20 ans à mettre en place. Comme pour tous les autres produits, nous avons mis les moyens pour arriver à proposer quelque chose de bien », conclut-elle.

 

 

FDSEA et JA du Haut-Rhin

Un partenariat à construire

Vie professionnelle

Publié le 13/03/2021

Président de l’Hyper U de Sierentz, Thierry Boltz connaît bien Patrick Meyer, coprésident des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin (JA 68). Et pour cause, ce dernier est fournisseur de l’établissement. « Nous faisons pas mal de choses ensemble et cela se passe bien », reconnaît le second à l’adresse du premier qui cherche à promouvoir, depuis son arrivée à Sierentz en 1995, des produits de qualité et locaux. Un monde agricole que connaît également Georges Tischmacher qui possède aujourd’hui deux magasins Hyper U à Colmar et à Marckolsheim. « Originaire de Landser, je suis fils d’agriculteur. J’ai démarré avec ma sœur sur un petit magasin à Habsheim. Depuis, j’ai appris le métier et j’ai participé au développement de nombreux magasins dans la région », souligne celui qui dit immédiatement le fond de sa pensée à ses interlocuteurs. « Vous, agriculteurs, vous n’êtes pas maîtres de votre prix de vente. Vous les jeunes, vous devez insister sur ce point-là. Tant que vous ne prenez pas la main sur votre production, chacun des intermédiaires qui existe dans la filière va continuer à défendre ses intérêts », insiste Georges Tischmacher.

Des prix rémunérateurs, c’est précisément ce que cherchent les agriculteurs. « Pour le lait par exemple, c’est le même prix qu’il y a 30 ans. Or, tout a augmenté dans le coût de production. On demande toujours davantage aux éleveurs. On leur demande des mises aux normes et de participer au bien-être animal. Mais le leur, nos interlocuteurs n’en parlent pas. Concernant ces prix rémunérateurs, que fait le groupe U ? » interroge Jérémy Pflieger, coprésident des JA 68. Il se décide à Paris lui donne-t-on en réponse. Des actions locales sont cependant mises en place sur de nombreux produits agricoles. « Ce qui est en cause, c’est la souveraineté des produits français », reconnaît Thierry Boltz. « Il ne faut pas oublier que, derrière, nous avons souvent des crédits à rembourser. Il faut donc que l’argent rentre », rappelle Nicolas Dieterich, secrétaire général des JA 68.

 

Pour que chaque maillon de la chaine soit payé au ????? ????, 1L de #lait ? devrait être ?? ??????? ?̀ ?,?? €/?. Ce...

Publiée par Fdsea Du Haut-Rhin sur Jeudi 25 février 2021

 

« Il y a des filières locales à développer »

Interrogés par Sophie Barleon, directrice adjointe de la FDSEA du Haut-Rhin, sur ce qu’ils recherchent et ce qu’ils demandent, Georges Tischmacher et Thierry Boltz précisent. « Chaque fois qu’on fait du local, ça marche. Les clients y sont sensibles. C’est un créneau porteur. Il y a des filières locales à développer. » Il y aurait donc un marché et des pistes de développement en commun. « Nous demandons de la transparence », tempère toutefois Patrick Meyer. « Pour la viande, il faut se fixer un cadre avec un type de bovin et un prix. Nous, on structure les choses. Mais il faut faire et prendre ce que les clients demandent », insiste Georges Tischmacher. Une réunion constructive qui permet d’en anticiper d’autres et de rechercher une solution et un partenariat gagnant/gagnant.

Chambre d'agriculture Alsace

Vaccinée à la relance

Vie professionnelle

Publié le 12/03/2021

La question des prix et du revenu reste au centre des préoccupations des agriculteurs. Si une embellie se dessine au niveau des cours mondiaux pour les céréales et le sucre, de nombreuses autres productions comme le vin, la viande et le lait restent sous la pression de prix insuffisants et de la hausse des charges. « La viticulture souffre toujours de la fermeture des restaurants avec l’absence de touristes et les taxes à l’export vers les États-Unis. Les productions animales ont du mal à répercuter la hausse des charges d’alimentation, en volaille et viande bovine notamment. La loi Egalim, qui était censée régler ces questions lors des négociations annuelles avec la grande distribution, a bien du mal à se concrétiser auprès des centrales d’achat. De façon évidente, le rapport de force entre la production et la distribution n’a pas encore changé de camp, loin s’en faut ! », explique le président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), Denis Ramspacher.

Et d’attendre toujours la concrétisation par des actes de cette souveraineté alimentaire tant attendue. « Produire plus, produire mieux en France et sur nos territoires doit avant tout permettre aux agriculteurs de vivre dignement du fruit de leur travail, en circuit court comme en circuit long, en bio comme en conventionnel. L’agriculture est certes un « métier passion » qui doit intégrer certaines contraintes en termes de climat, de temps de travail, de pénibilité parfois. Mais la passion ne suffit pas. Pas de revenu, pas d’avenir ! », ajoute Denis Ramspacher.

Nouvelle Pac : vigilance

Il a ensuite rappelé les principaux points de vigilance concernant la réforme de la Politique agricole commune (Pac). À commencer par la convergence des aides que la profession agricole souhaite la plus progressive possible. Le contenu des éco-régimes sera également observé. Ils doivent rester accessibles à tous les agriculteurs avec comme point crucial de la rotation des cultures. « Nous rappelons aussi notre attachement à l’efficience des outils de gestion des risques et aux mesures du deuxième pilier qui doivent accompagner les transitions et les investissements productifs dans les exploitations », précise le président de la CAA qui a salué la décision de la Région Grand Est de cofinancer l’ensemble des dossiers de demande d’aides sur le Plan de compétitivité et d’adaptation des entreprises (PCAE) 2020.

Ce programme a connu en 2020 un gros succès dans toute la région, avec en Alsace 354 demandes correspondant à 48 millions d’euros (M€) d’investissements. « Plus d’une centaine de dossiers qui étaient bloqués faute de cofinancement ont ainsi pu être rattrapés représentant plus de 2,6 M€ de subventions. Les investissements d’aujourd’hui sont essentiels pour préparer l’agriculture de demain », rappelle Denis Ramspacher qui a remercié le président du Conseil régional Jean Rottner, et l’élu en charge de la commission agriculture Patrick Bastian, pour leur soutien et leur action. Il s’est également félicité du dynamisme des agriculteurs alsaciens qui se sont positionnés sur les appels à projet « plan de relance » de FranceAgriMer.

Méthanisation et solaire photovoltaïque

Concernant le contexte plus régional, la transition énergétique et la production d’énergie renouvelable sont des facteurs de développement pour le monde agricole. « L’agriculture a assurément une belle carte à jouer avec la méthanisation mais aussi le solaire photovoltaïque. 45 unités de méthanisation individuelles ou collectives sont d’ores et déjà en service ou en construction en Alsace. Elles sont pour la plupart détenus par des agriculteurs et le plus souvent par des éleveurs qui valorisent leurs effluents, des résidus de culture, des cultures intermédiaires ou encore des biodéchets produits sur le territoire. Malgré certaines polémiques qu’on entend ici ou là, nous considérons incontestablement qu’il s’agit d’une démarche vertueuse sur le plan environnemental qui assure une valeur ajoutée réelle sur un plan économique pour les exploitations concernées et une réponse locale et concrète à la substitution d’énergie fossile. Le solaire photovoltaïque constitue une autre réponse pertinente à cet enjeu », estime Denis Ramspacher. Un appel à candidature a donc été lancé pour proposer aux agriculteurs d’étudier avec eux l’opportunité d’équiper les toitures de leurs bâtiments de panneaux photovoltaïques. L’objectif est de mieux les conseiller mais aussi de les accompagner dans les démarches techniques, économiques et administratives, y compris en massifiant les appels d’offres pour l’achat et l’installation des panneaux solaires. Plus de 160 agriculteurs alsaciens ont déjà manifesté leur intérêt pour la démarche, près de 60 ayant déjà participé à des formations sur le sujet.

Eau : expliquer les préoccupations

Le vice-président de la CAA Denis Nass, a ensuite abordé le sujet de l’eau. « C’est un sujet qui concerne les exploitations de la montagne que nous devons continuer de soutenir pour préserver notamment l’élevage. C’est également un sujet dans le Sundgau où il n’y a pas d’irrigation. Et c’est un sujet dans la plaine d’Alsace où, précisément, l’irrigation est souvent une solution. Il faut donc être présent sur ce dossier. Nous avons face à nous de nouveaux élus dans les collectivités. Il faut leur expliquer nos préoccupations. Il en va de l’avenir de nos métiers. » C’est également le cas dans les échanges concernant la directive Nitrates et le périmètre de la zone de vulnérabilité. Notamment dans le nord du Bas-Rhin et le sud du Haut-Rhin. « L’administration doit prendre conscience que la nomenclature imposée met en danger l’élevage. Elle risque d’accélérer la disparition des prairies qu’on veut pourtant préserver. Nous sommes également inquiets sur le cahier des charges demandé. Il aura un coût. Qui va le supporter ? », s’interroge Denis Nass. Il indique que des propositions ont été soumises à l’administration et qu’un retour positif est attendu.

Nitrates : amélioration sensible

Le fonctionnement des agences de développement agricole et rural (ADAR) et les projets alimentaires territoriaux (PAT) sont également suivis avec attention, en lien avec les élus locaux. Il s’agit de continuer à valoriser les productions agricoles. « On continuera à jouer notre rôle dans le cadre du plan de relance pour que nos outils de transformation puissent bénéficier du soutien nécessaire », prévient Denis Nass. Concernant les nitrates, cela reste un problème sur les eaux superficielles. « Dans le secteur du Seltzbach (nord du Bas-Rhin), deux stations d’épurations sont sous-dimensionnées. Malgré tout, les analyses de leurs rejets sont conformes. Le problème arrive lorsque le réseau sature. Les déversoirs refoulent les eaux usées qui prennent la direction de la rivière », précise Didier Braun, secrétaire général adjoint de la CAA.

Pour sa part, Denis Hommel, élu dans la toute nouvelle communauté européenne d’Alsace suit ces questions avec attention. « La qualité de l’eau est un dossier qui n’est pas toujours abordé sereinement. On a pourtant obtenu des succès ensemble. Les secteurs encore concernés par les nitrates ne doivent pas faire oublier qu’ailleurs, cela s’est sensiblement amélioré. Dans de nombreux secteurs, il y a des taux de nitrates proches des milieux naturels. Nous avons donc réussi à préserver la qualité bactériologique de l’eau. Sur les molécules agricoles, on a aussi amélioré les choses », souligne Denis Hommel.

 

?‍????‍ [COMMISSION COMMUNICATION] Conférence de presse sur la présentation des résultats de l'enquête d'opinion sur l'...

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mardi 2 mars 2021

 

Chèvrerie Le CabriOlait à Mollau

La vente directe se transforme

Élevage

Publié le 08/03/2021

Le petit point de vente de 10 m2, adossé à la grange qui abrite la dizaine de vaches vosgiennes, vit ses derniers jours. « Il nous a permis de fidéliser et de développer notre clientèle. Il a été construit dans le cadre de notre dossier d’installation. À ce moment-là, on a voulu faire petit, pas cher et pratique. Mais notre exploitation évolue. 40 % de notre production est écoulée ici. Nous voulons encore mieux travailler et de façon plus organisée. On devait lancer le projet l’année passée. Mais la situation sanitaire et des problèmes d’ordre administratif ont retardé ces travaux. Nous sommes désormais prêts », explique Émilie Rominger. Le couple a investi 200 000 € pour ce nouveau bâtiment. Le projet a été subventionné à hauteur de 40 000 € par la Région et le fonds européen de développement régional (Feder).

Le local va donc servir de lieu de vente et de laboratoire de transformation. « Nous en avons profité pour le mettre aux normes. Au local, nous avons un peu plus de produits à proposer à nos clients. Outre les fromages, yaourts et viandes, nous vendons également des paniers de fruits et légumes d’une productrice locale (Les paniers de Laurence) ; du pain de David Grob, boulanger à Oderen ; du poulet de la ferme Meyer-Wioland à Spechbach ou encore une gamme de produits d’appoints (bières, vins, apéro). En tout, nous avons une cinquantaine de produits. Mais l’objectif n’est pas de devenir un supermarché fermier. Nous voulons simplement répondre aux attentes de nos clients en leur proposant de la qualité et du local », ajoute Émilie Rominger. Le bâtiment a été réalisé par le couple à l’exception de la charpente, qui a été posée par l’entreprise Arnold de Kruth, et les travaux d’électricité. Le bâtiment est en bois dans le cadre de son intégration paysagère.

Fromages, yaourts, viande et œufs

L’exploitation historique existe depuis plusieurs générations. Les parents d’Olivier Rominger ont ensuite repris l’activité des vaches en faisant uniquement de la viande. « Olivier s’est installé en 2011 en créant sa propre structure. De mon côté, je travaillais à côté, en tant que serveuse en Suisse, jusqu’en 2013, avant de le rejoindre officiellement. Nous avons alors réorienté et diversifié la ferme en lui donnant un nom qui se démarque. On s’est lancé dans l’élevage de chèvres et de brebis. On a augmenté le cheptel pour avoir un revenu correct et vivre sereinement. Aujourd’hui, nous possédons un troupeau de 100 chèvres laitières  », indique Émilie Rominger. Le couple confectionne des fromages frais et des fromages affinés moelleux et secs. L’affinage dure de quelques jours à plusieurs mois. Le CabriOlait fabrique également des yaourts. « Nous nous occupons de chaque étape  : élevage des bêtes, traite, transformation du lait, emballage et vente.  »

Si l’essentiel de l’activité tourne autour des produits laitiers, le couple commercialise également de la viande. « Nous proposons de l’agneau que nous vendons en caissettes. C’est pourquoi nous avons un troupeau de 80 brebis allaitantes dont 50 mères qui nous donnent chaque année une production mesurée d’agneaux très appréciés pour leur qualité. Nous vendons quelques colis de cochons. Nous en élevons une trentaine à l’année. Et les clients peuvent se procurer de la viande de cabris à Pâques. Nous avons également une cinquantaine de chèvres du Rove qui est une race caprine rustique, facile à mener et qui adore manger des ronces », poursuit la jeune femme qui, comme son mari, est âgée de 35 ans. Le couple a deux enfants. À noter qu’une trentaine de poules pondeuses permettent de proposer régulièrement à la vente des œufs.

« Optimiser le temps sur les routes »

L’exploitation est passée en bio, en 2014. Émilie et Olivier Rominger ont peu de prés de fauche à cause de la pression foncière. Ils ont, à la place, réalisé des améliorations pastorales. Une à Mollau qui a permis d’ouvrir le paysage et une à Storckensohn où les bêtes débroussaillent depuis, naturellement. Les troupeaux profitent de mai à fin novembre d’une cinquantaine d’hectares de pâturages autour de la ferme et dans les villages alentour. « Ils sont dehors toute la journée. Les chèvres laitières dorment la nuit dans le bâtiment par sécurité. Au printemps 2020, nous avons eu des attaques. Le loup est suspecté. Nous avons alors investi et installé des clôtures. Jusqu’à présent, cela marche. Les bêtes semblent en sécurité », indique Olivier Rominger.

Pour ce qui est de la viande, les bêtes sont abattues à l’abattoir départemental de Cernay. Puis, c’est la boucherie Laurent de Willer-sur-Thur qui les découpe et les transforme. Les produits du couple sont vendus à 40 % en Amap. «  Nous sommes présents dans des magasins de producteurs. C’est le cas de l’Îlot Fermier, à Hirsingue, et des Champs de l’Ill, à Spechbach, où nous vendons, à la fois, nos produits laitiers et nos caissettes d’agneaux  », note Émilie Rominger. Le couple commercialise aussi ses fromages et ses yaourts dans des épiceries, des magasins bio et, quelques grandes et moyennes surfaces.

Avant la crise sanitaire, la chèvrerie travaillait également avec quelques restaurateurs locaux. « L’un de nos clients professionnels est la fromagerie bien connue Antony, à Vieux-Ferrette. Elle nous achète des fromages en cours d’affinage et achève l’opération à sa façon. Ses produits sont ensuite vendus dans le monde entier », se félicite Émilie Rominger. À la ferme, elle gère cette partie des ventes et la transformation sans oublier la partie administrative, toujours plus prenante. Olivier, lui, s’occupe de l’élevage. Le couple a également un salarié et une apprentie, depuis cette année. « Nous avons d’autres projets de développement en interne. En premier lieu, celui de continuer à améliorer notre outil et confort de travail. Mais notre préoccupation est de ne pas devenir trop grand. Nous voulons continuer à maîtriser notre ferme, tout en la modernisant. Nous avons également pour objectif de rendre notre activité plus confortable et vivable. Actuellement, nous faisons, par exemple, trop de kilomètres pour livrer nos fromages. Cela fait partie de l’activité de la vente. Mais il y a moyen d’optimiser tout ce temps sur les routes. C’est aussi pour cela qu’on a souhaité améliorer le local de la ferme », précisent les deux exploitants.

 

 

 

Profitez d une petite sortie en famille pour faire un coucou à nos animaux, qui sont bien au chaud pour l hiver !!...

Publiée par Chevrerie Le CabriOlait Chevrerie sur Samedi 12 décembre 2020

 

 

Planète Légumes

Les projets ne manquent pas, les financements si

Vie professionnelle

Publié le 26/02/2021

L’assemblée générale de Planète Légumes qui s’est déroulée jeudi 18 février, à Sainte-Croix-en-Plaine, n’a réuni que les seuls membres du conseil d’administration. Précisément, en raison des contraintes liées au Covid-19. Une assistance limitée qui n’a pas empêché le président de Planète Légumes Pierre Lammert et son directeur Fabien Digel de s’agacer de la situation financière. « Nous avons de réelles préoccupations. La Chambre régionale d’agriculture a décidé de diminuer sa subvention annuelle en 2021 de 100 000 € à 50 000 €. Ce n’est pas neutre. C’est la valeur d’un de nos techniciens. Il faut donc trouver des alternatives pour rattraper en partie cette perte », explique Pierre Lammert. Une diminution qui s’ajoute à celle, programmée, de l’agence de l’eau Rhin-Meuse sur trois années. Le président se félicite toujours du soutien du Conseil régional du Grand Est aux actions de recherche et d’expérimentation de Planète Légumes.

Interrogé sur les raisons de cette importante baisse de subvention, Fabien Digel s’est montré direct. « À l’origine, la Chambre d'agriculture Alsace attribuait 200 000 € pour nos missions. En se régionalisant au niveau du Grand Est, le niveau de l’aide s’élevait à 100 000 €. Et finalement, nous ne percevrons que 50 000 €. Planète Légumes a été victime d’un choix financier de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) ! C’est d’autant plus dommage que le travail auprès de l’ensemble des producteurs de légumes de la région est largement reconnu. Nous sommes de plus en plus spécialisés et nous apportons à nos adhérents professionnels de plus en plus de conseils. La Chambre d'agriculture nous a pourtant délégué la mission de conseil aux producteurs », analyse Fabien Digel. De son côté, le président de Planète Légumes précise : « La Chambre régionale avait un gros déficit que les départements ont renfloué. Encore une fois, c’est regrettable pour nous qui œuvrons pour l’ensemble des producteurs de la région. » Il compte prendre contact avec le nouveau directeur de la Crage pour amoindrir cette baisse inscrite dans ce budget primitif. « La Chambre doit être à nos côtés et ce n’est pas le cas malheureusement », insiste Fabien Digel par ailleurs président de la section fruits et légumes à la fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) Alsace.

457 000 € d’appels à projets

Lors de la présentation des comptes financiers pour l’exercice 2019-2020, le résultat a permis de constater un résultat de près de 12 000 €. Mais Planète Légumes dépend effectivement d’aides publiques pour la recherche et l’expérimentation. Elles représentent près de 534 000 € sur les 872 000 € de ses ressources. La Région Grand Est, la Chambre régionale d’agriculture, l’agence de l’eau Rhin-Meuse et FranceAgriMer étant ses quatre principaux soutiens. Des subventions qui sont donc le premier poste des rentrées financières très largement devant les ressources propres de 312 000 € (cotisations, expérimentations et publicité). Concernant ses dépenses, le plus gros budget concerne évidemment les charges salariales (545 000 €) devant les frais d’expérimentations (85 000 €). Après avoir validé ces comptes, l’assemblée a également approuvé le budget prévisionnel 2021 de Planète Légumes à hauteur de 877 000 € avec une perte de 30 000 €.

C’est dans ce contexte financier incertain que Planète Légumes a répondu à de nombreux appels à projets lancés par FranceAgriMer. Ces projets représentent plus de 457 000 €. « Ils sont assez lourds à monter et exigent un travail technique important. On espère avoir un retour positif. Mais cette incertitude financière est pesante. D’autant plus qu’il en va de notre intérêt. Participer à ces projets nous permet d’être dans les réseaux en lien avec d’autres centres de recherche. Cela nous ouvre des portes », note Fabien Digel. Et cela permet à Planète Légumes d’accompagner les producteurs au niveau de leur certification HVE (haute valeur environnementale), de leurs études économiques (une nouvelle action qui se développe) et dans le conseil avec des réunions techniques toujours plus pointues et des essais toujours plus nombreux et diversifiés.

De nombreux « menus »

Planète Légumes comptait en 2020 pas loin de 500 adhérents issus de tous les départements du Grand Est pour la plupart. Ils peuvent participer à différents « menus » en fonction de leurs spécificités professionnelles. Le menu consacré au maraîchage a permis de mener des essais de variétés pour les tomates et les salades, et d’avancer au niveau technique pour les engrais verts sous abri, le désherbage céleri et carottes, le greffage pour les tomates, leur qualité gustative. Et de mener un essai mulch avec une plantation de choux dans un couvert végétal depuis deux ans. Le projet SEFerSol se poursuit également. Il permet de comparer trois systèmes de cultures (Engrais vert max, conservation du sol, référence) côte à côte sur deux parcelles. Depuis deux ans, Planète Légumes organise en commun avec l’Opaba une journée technique très appréciée des producteurs. En 2020, elle a pu se dérouler à Holtzwihr, aux Saveurs du Ried. Par ailleurs, Planète Légumes a actualisé son guide alternatif et a mené pour la deuxième année ses actions « légumes mieux ». L’objectif est d’augmenter et de pérenniser la production légumière bio dans le bassin de l’agence et particulièrement dans les zones à enjeux. Deux nouveaux « menus » vont être proposés : pour les petits fruits et les légumineuses. Celui-ci sera créé l’an prochain.

Datura

Lutter préventivement et efficacement

Technique

Publié le 24/02/2021

Plante annuelle estivale, le datura s’adapte à de nombreux types de sol. Elle est présente presque partout en France mais en moindre nombre en région Grand Est par rapport à l’ouest du pays. On peut la retrouver dans les zones cultivées, mais aussi sur le bord des routes, les ronds-points, les terrains vagues, les jardins. Le datura est la solanacée la plus toxique, en raison de sa teneur en alcaloïdes tropaniques (atropine et scopolamine). Si ces poisons sont particulièrement concentrés dans les graines, toutes les parties de la plante sont susceptibles de contaminer les récoltes. Les risques d’intoxication concernent les humains comme le bétail.

« C’est pourquoi des teneurs limites en alcaloïdes tropaniques ont été fixées à des seuils très bas dans l’alimentation humaine et animale. La vigilance est primordiale, y compris dans les zones encore peu touchées, pour éviter une propagation à grande échelle. Le datura peut en effet produire plusieurs milliers de graines dont la viabilité dans le sol dépasse les 30 années. La prophylaxie est essentielle pour éviter des situations incontrôlables. Lorsque le datura n’est pas présent dans l’exploitation, il est important de s’entraîner à l’identifier dans les bords de champs et de supprimer les premiers individus avant qu’ils ne montent à graines », explique Aude Carrera, ingénieur régional chez Arvalis Institut du Végétal. Et si le stock semencier est constitué, un enregistrement des zones infestées de l’exploitation est obligatoire (registre sanitaire) et permet de mieux organiser l’assolement et la lutte.

Surveiller les bords de parcelle et nettoyer le matériel

Cette dernière commence par le fait d’arracher systématiquement les daturas avec des gants lorsqu’ils sont repérés dans une parcelle, quelle que soit la culture. Il ne faut pas les laisser monter à graines. Si elles sont déjà en formation, il faut les sortir du champ et les détruire. Il faut par ailleurs surveiller les bords de parcelles, les fossés, ou encore les passages d’enrouleur et effectuer un broyage si nécessaire avant la maturité des daturas. Il est nécessaire de nettoyer le matériel agricole (travail du sol, machines de récolte) pour éviter de disséminer des graines d’une parcelle à l’autre. Il faut utiliser des herbicides efficaces dans toutes les cultures de la rotation. « Les techniques de travail sont également importantes pour prévenir de l’apparition ou du développement de la plante. Il convient par exemple de multiplier le travail du sol durant la période estivale (déchaumages, faux-semis) pour réduire le stock grainier. Enfin, toutes les mesures doivent être prises, du champ à l’usine, pour éviter la présence de fragments de datura dans les récoltes : désherbage manuel, broyage et évitement par les cueilleurs des zones infestées, tri optique et visuel sur les lignes, calibrage », ajoute Aude Carrera.

Bien reconnaître la plante

Mais le premier moyen de lutte est de bien reconnaître la plante. « La plantule tout d’abord présente des cotylédons très étroits et allongés. Ses deux à trois premières feuilles sont ovales à bords entiers. Son limbe est denté à partir de la quatrième feuille. Il présente une pilosité sur tige et pétioles. Une confusion est possible aux premiers stades de la plante avec le chénopode hybride, aussi appelé « chénopode à feuille de stramoine ». Une fois la plante adulte, sa hauteur va de 40 cm à 4 m. Sa tige est puissante avec de grandes feuilles à dents inégales. Il y a également de longues fleurs blanches en forme d’entonnoir. Ses fruits sont en forme de capsules ovales et épineuses, ils contiennent de nombreuses graines noires. Son odeur est forte et désagréable au toucher. Lors de la période de levée, la germination estivale est stricte et très échelonnée », précise Nicolas Thibaud, expert indépendant récolte invité par l’union interprofessionnelle des légumes en conserve et surgelés (Unilet) qui organisait ce webinaire avec Arvalis. Les levées sont échelonnées d’avril à septembre en fonction des régions. Pour les légumes, ce sont souvent les levées tardives qui posent le plus de problèmes car elles engendrent des plantes peu visibles, cachées sous le couvert des cultures.

Le datura peut se développer dans toutes les cultures estivales, avec des impacts plus ou moins négatifs selon le mode de récolte, de transformation, et la destination du produit. « Cela peut entraîner des motifs de refus de récolter pour les cultures de pois, de haricot, de flageolet, de maïs doux, ou encore de maïs pop-corn. Il y a également des risques de contamination des farines de sarrasin, ou encore de sorgho. Il faut savoir qu’une présence est possible dans toutes les autres cultures de printemps et d’été (carotte, soja, tournesol, lin, pomme de terre, couverts d’interculture…) augmentant ainsi le stock grainier », conclut Nicolas Thibaud.

 

 

Filière ovine

S’installer à juste prix

Élevage

Publié le 19/02/2021

Ces premières semaines à gérer la ferme familiale sont positives. « J’ai un troupeau de 300 brebis, de race est à laine mérinos. Ce sont des animaux rustiques qui s’adaptent bien au climat de chez nous », explique le jeune homme de 23 ans. Par le passé, le cheptel a atteint les 1 500 brebis avant de diminuer progressivement. « J’ai voulu démarrer sur une base que je valorise mieux. Cette qualité de travail me permet d’avoir davantage d’agneaux par brebis », explique Louis Frischinger.

Une pression foncière « terrible »

Mais à peine installé, Louis est déjà en quête de nouveaux terrains ou d’une ferme à acheter. « Nous sommes à Fontaine depuis longtemps. Nous y avons environ 80 des 95 hectares de l’exploitation. Il y a également 10 hectares à Riespach et nous exploitons sur environ 5 hectares la citadelle à Belfort. Le problème, c’est que je vais perdre 50 hectares ici à Fontaine car ils développent la zone industrielle. On est sur un terrain précaire qui était utilisé par le passé pour l’ancien aérodrome. Je ne suis ni propriétaire, ni locataire. Je n’ai pas de bail, mais on me permet d’exploiter la moitié des lieux. Le site est également concerné par deux directives. La première, agricole, ne me concerne pas. La seconde, environnementale, me touche. Mais ils veulent me garder pour entretenir les lieux », indique le jeune éleveur.

Ses recherches se concentrent sur le département du Haut-Rhin et tout spécialement dans le Sundgau. « C’est difficile pour moi de me projeter. Le prix du foncier est décourageant. Peu de monde veut vendre et les rares terrains reviennent aux paysans les plus grands. Cette pression foncière est terrible. Mais mon objectif est bien de rester dans la production ovine et de développer cette filière dans le département. Le marché français du mouton est intéressant et rémunérateur », ajoute Louis Frischinger. Il est d’ailleurs responsable ovin des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. « Le département compte 30 000 brebis contre plus de 300 000 en Aveyron par exemple. Iic, il y a une dizaine de gros professionnels. Nous cherchons à installer des éleveurs. C’est une filière qui est intéressante car elle se porte bien et il y a moins d’astreintes que pour d’autres élevages », complète Louis Frischinger.

 

Louis Frischinger est diplômé d'un bac #STAV depuis 2016, il reprend l'exploitation familiale en élevage ovins. Retrouvez son témoignage ! L'aventure du vivant Région Grand Est Alsace Alim'agri

Publiée par Lycée de Rouffach sur Dimanche 2 février 2020

 

Local mais pas bio

En attendant de trouver de nouveaux terrains, le jeune éleveur est toujours bien installé à Fontaine. Son cheptel se trouve sous des serres en hiver, de décembre jusqu’en mars. « Je les laisse dehors au maximum. Même si avec les intempéries et le froid en ce moment, ce n’est pas possible. Ma seule crainte, ce sont les chiens errants. C’est pour cela que j’ai un chien, un Patou qui dort avec les moutons et surveille le troupeau. J’ai également des clôtures mobiles et je clôture tous mes terrains. »

Louis veille au quotidien à la bonne santé des animaux et à leur bien-être. « Je tente de faire en sorte que les brebis développent de l’auto-immunité. Je ne traite plus et je ne donne plus rien en préventif. Je fais du curatif en utilisant un vermifuge deux à trois mois après le pic de l’infection prévu chez les moutons. Ils sont en effet très sensibles aux parasites. J’ai également réduit les antibiotiques à tel point que je n’en ai pas encore utilisé cette année. Mon père avait déjà des pratiques d’une agriculture raisonnée. Je suis dans la même démarche même si je ne peux pas passer au bio qui est très coûteux. Je n’ai pas besoin de label. Chacun est responsable et le consommateur se fait sa propre image de nos produits. Le local est une démarche suffisamment pertinente », conclut Louis Frischinger.

Louis écoule directement ses animaux. Cela lui permet de maîtriser son prix de vente. Il consacre une partie de ses agneaux, plus de 200 l’an passé, aux fêtes religieuses, mais aussi pour une autre partie via Terre d’Elsass, le groupement d’éleveurs alsaciens. Les produits, vendus sous forme de caissettes, permettent de proposer plusieurs types de morceaux de viande. « Depuis que je suis chez Terre d’Elsass, mon chiffre d’affaires est en augmentation. C’est là que je réalise mes plus grandes marges. Le fonctionnement est bon, mais cela nécessite du temps. Il faut aller à l’abattoir à Cernay et suivre toute la chaîne. Par ailleurs, j’ai la chance d’avoir de bons agneaux car je les engraisse à l’herbe. Cette façon de procéder est moins coûteuse et permet d’avoir un goût de la viande qui est différent », précise Louis Frischinger. Les dernières bêtes sont vendues à différentes autres coopératives.

 

Avec Louis Frischinger?? et Nicolas Dieterich???

Publiée par Terre d'elsass sur Samedi 13 février 2021

 

Des frais de tonte importants

Toujours dans l’objectif de veiller au bien-être animal, l’éleveur fait tondre ses moutons. Une prestation qui s’élève à 2,35 euros par brebis et par tonte, un coût financier important. Chaque année, il récolte une tonne de laine. Or, elle était stockée depuis deux ans. « Je viens enfin de réussir à la vendre. Deux tonnes à une coopérative de Haute-Marne au prix de 0,15 euro le kilo ! J’ai donc reçu 300 euros. Cela ne me paie même pas les frais de tonte. Mais le marché de la laine est totalement fermé. La seule usine française a fermé en 2005 et il n’y a que deux marchands de laine dans le Grand Est », regrette Louis Frischinger.

Pour compléter ses revenus, l’éleveur réalise des prestations de déneigement en hiver et d’entretien d’espaces verts en hiver pour les industries. Notamment celles présentes à Fontaine. Un marché développé depuis de nombreuses années par son père.

Les vidéos