Auteur
Image

Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Conservation des sols

L’ortie au service du blé

Technique

Publié le 21/05/2021

Originaire d’Altkirch, Jean-François Basler, 44 ans, s’occupe de sa ferme, à Kappelen, où il exploite 14 hectares de céréales et, depuis peu, un champ de légumes. Dans le même temps, il est conducteur d’engins de travaux publics. « Mais je ne compte pas aller jusqu’à ma retraite en exerçant ces deux responsabilités professionnelles. J’ai également deux enfants. L’aîné s’intéresse de plus en plus au monde agricole. Il faut donc réfléchir à l’avenir de l’exploitation. Cet atelier de légumes peut être une source de diversification et le début d’un projet pour une installation viable dans le futur », explique Jean-François Basler.

Aidé de Martine, son épouse, il a donc installé une petite serre pour cultiver différents légumes. L’atelier existe depuis deux ans. « Nous faisons un peu de tout. Des salades, des pommes de terre nouvelles, des courgettes, des tomates, des aubergines, ou encore des poivrons. Les débuts sont encourageants même si la saison était courte l’année passée en raison des conditions météorologiques », ajoute l’agriculteur. Il propose ses produits dans des paniers qu’il écoule sur commande. Il les livre lui-même à ses clients. Il se félicite de se construire un réseau de clients de plus en plus important. Dans le même temps, ses céréales (maïs et blé essentiellement, mais également colza et soja) continuent d’être livrées à la coopérative agricole de céréales dont il est adhérent, ou chez Lucien Walch.

Ortie macérée dans de l’eau tiède

Depuis trois ans, il s’intéresse à l’agriculture de conservation. « Je travaillais de façon classique et je faisais appel à une entreprise de travaux agricole. Mais j’ai commencé à me documenter et à m’interroger sur ma façon d’exercer mon métier. J’ai souhaité évoluer, produire différemment. Un technicien de chez Walch m’a informé des techniques existantes. Et j’ai commencé à appliquer sur mes terres cette agriculture nouvelle pour moi. Depuis, j’ai le sentiment de faire davantage attention à mon sol. Je pratique désormais le semi direct. J’ai implanté un vrai couvert végétal qui fait de la biomasse en faisant un véritable suivi de culture. Pour le blé, c’est la même chose. J’applique certains principes qui existaient déjà dans le passé. J’utilise du purin d’ortie que l’on trouve en bordure des forêts », précise Jean-François Basler.

Cette ortie est ensuite macérée dans de l’eau tiède jusqu’à ce qu’elle fermente. Il faut qu’elle fasse de la mousse sans aller jusqu’à une odeur de putréfaction. Le purin d’ortie est un répulsif naturel contre les pucerons et les acariens. En effet, une macération d’orties sert aussi d’engrais naturel, car il stimule la croissance des plantes et en fortifie ainsi les défenses naturelles. Ainsi le purin d’ortie sert également en prévention de certaines maladies. « J’utilise 10 kg d’ortie pour 100 litres d’eau. C’est la base. Ensuite, je l’applique avec le pulvérisateur sur le blé en le diluant pour activer la photosynthèse du blé. Depuis que j’utilise cette technique, je constate que mon blé se porte bien. Il y a moins de maladies. La seconde étape sera ensuite le jus de luzerne. Je compte appliquer 10 kg de luzerne pour 100 litres d’eau passés au karcher pour décoller la matière active et renforcer le blé. Cela permet de diminuer la présence des ravageurs », insiste l’agriculteur.

Pas de fongicide de synthèse

Pour lui, c’est cette année un essai qui lui permet de ne pas utiliser de fongicide de synthèse. Il est convaincu que cela va également permettre l’amélioration de l’état des sols de ses parcelles. « Je tente de travailler selon les méthodes de l’agriculture de conservation. Si mes sols sont en bonne santé, mes plantes le seront également. Ce changement de pratique peut surprendre au début. Mais je constate déjà que mes sols sont plus vivants. C’est une suite logique de mon parcours. J’ai toujours été respectueux au niveau des traitements. Si je ne suis pas obligé d’en faire, je n’en fais jamais », assure Jean-François Basler.

Avec les intempéries de ces dernières semaines, il reconnaît cependant que ces nouvelles techniques sont plus difficiles à appliquer. Les résultats ne sont pas assurés. Pour autant, il compte continuer à s’intéresser à cette agriculture de conservation qui, il en est convaincu, va lui permettre à l’avenir d’évoluer encore davantage dans son travail au profit de ses sols et de ses cultures.

France Poulailler à Volgelsheim

Les poulaillers français ont la cote

Élevage

Publié le 17/05/2021

Société familiale, France Poulailler a été créée, en 2014, dans l’idée de proposer à ses clients un poulailler en bois, français et de bonne qualité. Sa croissance nécessite aujourd’hui de travailler dans des locaux plus adaptés. L’entreprise a ainsi quitté ses bâtiments historiques situés dans l’ex-caserne Abbatucci pour rejoindre la zone économique du Château d’Eau, toujours à Volgelsheim. Un investissement de 1,2 M d'€ d’euros pour acquérir et équiper les locaux de l’ancienne usine Thomann. Ce déménagement en pleine crise sanitaire lui permet de passer de 700 m² à 2 500 m² de surface afin de faire face à une demande sans cesse grandissante en poulaillers 100 % français. Ce positionnement lui a permis de se faire une place enviable sur le marché national du particulier où il n’a presque pas de concurrence. « Lors des deux premiers confinements notamment, les gens commandaient sur internet. Nous avons parfois été débordés. Nos délais de livraison ont augmenté. Néanmoins, nos 15 salariés ont pu travailler dans de bonnes conditions et nous avons honoré nos marchés », explique Nadège de Beaumont, présidente de France Poulailler depuis cet hiver et fille de Stanislas de Beaumont, fondateur de l’entreprise.

France Poulailler occupe le marché français, mais a également des revendeurs pour la Suisse, la Belgique et prochainement l’Allemagne. L’année passée, elle a écoulé pas moins de 5 000 poulaillers pour un chiffre d’affaires situé à un peu plus de 1,3 million d’euros. Cette année, les commandes ont déjà dépassé les 6 000 poulaillers. « Les gens désirent consommer davantage d’œufs. Ils veulent également avoir des poules chez eux. C’est une démarche écologique qui se complète par une réduction des déchets organiques. Les poules ont cette qualité de composteur naturel », ajoute la dirigeante. Résultat, les citoyens passent de plus en plus commandes tout comme les collectivités. « Nous avons de nombreuses communautés de communes qui font la démarche de nous appeler et de nous faire confiance. Elles sont séduites par la diversité de notre offre et de nos poulaillers », assure-t-elle.

En bois et 100 % made in France

Les poulaillers sont conçus et fabriqués en interne. Ils sont en bois. Ils sont déclinés en 14 modèles différents pour des prix allant de 200 € à 2000 € et pour des tailles permettant d’accueillir de deux à 25 poules. Le bois est issu de deux essences : l’épicéa et le douglas. À chaque fois, les poulaillers sont réalisés selon la technique du lamellé-collé, sur 19 mm d’épaisseur. « Le bois garanti PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) par nos fournisseurs, la visserie, le grillage et tous les composants utilisés pour fabriquer nos poulaillers sont achetés exclusivement en France. Nous avons choisi le bois car nous voulions quelque chose de naturel en lien avec les jardins des gens où se trouvent ces poulaillers », indique Nadège de Beaumont. Depuis quelques semaines, la situation est cependant tendue, précisément en raison du contexte sanitaire. « Les livraisons de bois, de grillage et de cartons sont de plus en plus longues. Actuellement, on ne peut plus faire de cadre. Nous ne serons livrés que dans quelques jours. Cela bloque les commandes. Nous espérons que ce n’est que temporaire. Nous devons également composer avec la maladie de certains arbres et essences comme l’épicéa. Il est possible que nous passions à du mélèze », confirme la présidente de l’entreprise.

France Poulailler va pourtant continuer à diversifier sa gamme. Avec des poulaillers traditionnels, des toits végétalisés, compacts, des pondoirs ou encore avec des portiers électroniques en option. Le montage des panneaux se fait simplement avec des clips. Les mailles de 1,9 x 1,9 cm sont en fil de 1,8 mm d’épaisseur galvanisé à chaud. Il existe quatre hauteurs de rallonge et quatre hauteurs de parcs. Chaque poulailler est garanti au moins deux années anti-prédateurs. Tous les parcs comportent six faces, y compris celle au sol. Il existe également une gamme idéale pour les étangs et/ou les mares, mais aussi une gamme étendue aux lapins, aux canards et aux tortues de terre.

 

 

 

Première levée de couleurs chez France Poulailler avec l’arrivée de nos nouveaux drapeaux ??

Publiée par France Poulailler sur Mardi 11 mai 2021

 

 

Pépinières Wadel à Ueberstrass

Une serre pour planter des essences adaptées au climat

Cultures

Publié le 12/05/2021

Grâce à cette aide financière du plan « France relance », la plus grande pépinière forestière du nord-est de la France va pouvoir investir dès cette année dans la culture d’essences adaptées au réchauffement climatique. Ces dernières sont en effet appelées dans les années à venir à remplacer en partie les parcelles d’épicéas scolytés qui font l’objet de coupes sanitaires massives depuis plusieurs mois. « Le cœur de notre projet d’investissement est une grande serre à double paroi de 2 000 m² », précise Isabelle Wininger, ex-responsable de l’entreprise familiale Wadel-Wininger (aujourd’hui cogérée par ses enfants). À elle seule, la serre, qui abritera des tables de culture en godets, coûtera 350 000 €. Soit la moitié de l’investissement nécessaire à la pépinière et à Wadel Reboisement pour acquérir le matériel nécessaire (machines pour rempoter, semoirs, tables de cultures, installations d’irrigations). « Nous allons aussi installer des chambres froides pour conserver les jeunes plants dans de bonnes conditions et prolonger la période de mise en terre, aménager des réserves d’eau supplémentaire et renforcer les dispositifs de protection contre le gel. Côté reboisement, nous préparons l’achat d’une mini-pelle supplémentaire, ainsi que de l’outillage adapté à la préparation des sols », ajoute Isabelle Wininger.

L’aide de 40 % de l’État est plafonnée à 200 000 € pour chacune des deux entreprises. La construction de la serre pourrait démarrer dès cet été pour une ouverture envisagée au printemps 2022. « Notre objectif est d’arriver à faire 400 000 plants pour démarrer. On a les terrains qui se situent juste à côté du hangar. Il faut maintenant faire les aménagements nécessaires. Il faut également de l’eau pour l’irrigation. Six mois de travaux sont à prévoir. Nous voulions démarrer à l’automne, mais ce sera certainement trop juste. Cette période aurait été idéale car les mises en culture se font au printemps ou à l’automne. Cela va nous laisser le temps de former l’ensemble du personnel », précise Isabelle Wininger.

Une nouvelle étape

La cogérance de l’entreprise est désormais entre les mains de ses trois enfants, Delphine, Sébastien et Emmanuelle. « Mais, les pépinières sont mon quatrième enfant. Alors, je suis toujours là pour aider. Mais, je vais avoir 75 ans. Je vais lever le pied, mais je ne voulais pas le faire dans le contexte sanitaire actuel. La construction de ces serres, c’est une nouvelle étape dans la vie de l’entreprise. La nouvelle génération va s’en occuper », concède Isabelle Wininger. Ce sont ses parents qui ont fondé les pépinières après la Seconde Guerre mondiale. Elle a connu une belle croissance. Elle est aujourd’hui forte de 25 salariés. « Comme partout, il y a eu des hauts et des bas. Nous avons toujours cherché à nous diversifier pour ne pas vivre sur un seul créneau. Nous avons des chantiers jusqu’en Bretagne », se félicite Isabelle Wininger. L’entreprise a par exemple développé les travaux d’entretien des rivières. Elle s’occupe de la gestion ripisylve. Les travaux sont effectués sur la taille, l’abattage sélectif et la plantation. L’entreprise a là des chantiers qui vont jusqu’en Vendée.

De la graine jusqu’à la jeune pousse

Mais, à Ueberstrass, on poursuit un travail qui ne peut pas être délocalisé. À savoir la mise en culture de nombreux végétaux. « Nous élevons nos plants de la graine jusqu’à la jeune pousse. Ceux-ci peuvent être des plants de reboisement, de feuillus comme de résineux, et nous faisons également la pousse comme la vente de haies et de brise-vent. Des plantations diverses, non destinées à des fins strictement forestières, constituent notre large choix de végétaux qui conviennent aux bordures de parcelles boisées, à la conception de haies bocagères ou brise-vent, aux aménagements de bordures de routes, autoroutes, ou autres voies ferrées. Quand on sème la graine, quand on désherbe, quand on entretient, le travail de l’homme et de la machine se marient remarquablement bien. Nous ne sommes pas nombreux sur ce secteur des travaux forestiers. Il y a de moins en moins de matériel et peu de fabricants français. Il est donc de plus en plus difficile à trouver », observe Isabelle Wininger.

Pour la deuxième année consécutive, les salariés utilisent une bineuse qui permet de réaliser un travail très précis. L’achat de matériel via les subventions du plan de relance va permettre à l’entreprise de se diversifier encore davantage. « Mais, nous avant tout de même 60 % du coût des travaux à payer par autofinancement ou grâce à des prêts. Nous investissons pour du long terme et pour pérenniser la structure », conclut Isabelle Wininger.

Alsace Destination Tourisme (ADT)

Des fleurs labellisées

Pratique

Publié le 11/05/2021

Cette convention doit notamment définir les nouvelles modalités de coopération pour la gestion du label « villes et villages fleuris » en Alsace, concernant l’accompagnement, l’attribution et le conseil pour l’obtention de ce label. Dans une recherche de rationalisation de l’action publique, le jury sera désormais composé à l’échelle de toute l’Alsace, en remplacement des jurys départementaux et régionaux. Ses missions sont définies par sections départementales au sein de la Collectivité européenne d’Alsace, pour respecter les termes du règlement national. « Une seule tournée avec ce jury unique sera ainsi organisée du 19 au 23 juillet 2021. Il visitera les communes qui démarrent dans cette démarche de labellisation et vont vers la première fleur. Il visitera également les communes déjà labellisées avec une, deux ou trois fleurs qui bénéficieront régulièrement d’une visite tous les trois ans. Les communes avec quatre fleurs continueront, elles, à être examinées par le jury national », explique Vincent Debes, conseiller d’Alsace et président délégué d’Alsace Destination Tourisme.

Les membres du jury sont des élus locaux, des conseillers régionaux, des professionnels du paysage et de l’environnement, des personnels des espaces verts municipaux ou encore des professionnels du tourisme. « En 2019, l’Alsace comptait 351 communes labellisées (187 dans le Bas-Rhin et 164 dans le Haut-Rhin) qui participent régulièrement au concours qui a été initié dans la région. L’Alsace est une terre fleurie depuis plus de 60 ans et est la destination de nombreux visiteurs. Ce label est un outil d’aide au quotidien pour les communes qui ont là une visibilité. Elles s’engagent également pour le développement durable en visant toujours à mieux intégrer le respect des ressources naturelles dans leurs aménagements paysagers et expressions florales. La protection de la faune et de la flore constitue une priorité notamment par la gestion raisonnée de l’eau, l’adaptation du choix des plantes et le zéro phyto », ajoute Marie-Reine Fischer qui co-préside avec Pierre Bihl, vice-président de la CEA, le jury de fleurissement d’Alsace.

 

En Alsace, 350 communes labellisées Villes et Villages Fleuris contribuent à : ? la réputation de notre destination,...

Publiée par Alsace Destination Tourisme - Pro sur Mardi 27 avril 2021

 

239 000 plantes sur 5 000 m2

La signature de cette convention s’est déroulée en présence du maire de Colmar, Éric Straumann et de son adjoint Christian Meistermann, en charge de la voirie, espace public, développement durable, espaces verts et milieux naturels. « Colmar est une ville aux quatre fleurs. Elle est labellisée depuis 1986. C’est un élément complémentaire à l’attractivité de la cité dans un contexte sanitaire difficile avec une fréquentation touristique actuellement en berne. Mais, nous ne baissons pas les bras et nous cherchons à garder ce haut niveau de fleurissement », précise Éric Straumann. Il en profite pour rappeler que les serres de Colmar occupent une surface couverte de 5 000 mpermettant de produire environ 239 000 plantes, en serre ou en tunnel. « Nous nous adaptons au changement climatique qui impacte ce que nous ferons demain. Cela concerne nos serres, mais également nos espaces verts et nos arbres. Ces derniers ont par exemple été touchés par la météo capricieuse de cet hiver. Ils sont 350 à être tombés ou en mauvaise santé », souligne Christian Meistermann.

« Le végétal est plébiscité »

Pour sa part, le président du groupement des horticulteurs d’Alsace Paul-André Keller a salué la signature de cette convention après plusieurs mois difficiles. « Ce caractère essentiel de nos productions végétales est important pour tous les acteurs de la filière. Le printemps 2020 a été un cauchemar avec cette crise sanitaire, mais surtout la fermeture de nos entreprises alors considérées comme « non essentielles ». Aujourd’hui, le végétal est plébiscité par les particuliers pour la qualité et l’équilibre de leur vie. Le végétal se positionne comme une réponse à des enjeux climatiques, à la qualité de l’air et au bien vivre ensemble. Le végétal joue son rôle dans la préservation de la biodiversité. Cette convention de partenariat sur le fleurissement est également un outil de promotion du végétal qui, à l’avenir, doit être au cœur des aménagements de l’ensemble des collectivités », conclut Paul-André Keller accompagné de Christian Romain, président du groupement professionnel « Fleurs et Plantes d’Alsace ».

D’Altkirch à Strasbourg

Une journée de manif

Vie professionnelle

Publié le 05/05/2021

Il est 5 h du matin. La capitale du Sundgau est encore bien endormie. Mais, à l’extérieur de la ville, c’est déjà l’effervescence. Et pour cause. Depuis Courtavon, Feldbach, Largitzen ou encore Ferrette, ils sont une bonne quinzaine à se rejoindre pour former ce premier « convoi » déjà impressionnant sur une route alors uniquement utilisée par quelques travailleurs frontaliers ou chauffeurs de camions. Ils, ce sont ces tracteurs conduits par des agriculteurs, essentiellement des jeunes. Quelques minutes tard, ils font une première halte. Face à eux, Denis Nass premier vice-président de la Chambre d’agriculture d’Alsace et éleveur à Gommersdorf, et Laurent Wendlinger conseiller régional et éleveur à Seppois-le-Bas. Ils accompagnent la sénatrice et conseillère départementale Sabine Drexler et le maire d’Altkirch et conseiller départemental Nicolas Jander. « Nous sommes venus leur témoigner notre soutien et nos encouragements », expliquent les deux élus. Sébastien Stoessel, membre de la FDSEA, est également présent. S’il ne se rend pas à Strasbourg en raison de son emploi du temps, un de ses tracteurs et un de ses collaborateurs en sera. « En ordre. Tout doit bien se passer pour que nos messages soient clairs et bien entendus », rappelle le syndicaliste à ses collègues.

Il est 5 h 30. Il est temps de démarrer et de prendre la direction du pont d’Aspach. Parmi les présents, Emmanuel Gnaedig. Ce jeune éleveur âgé de 30 ans est un habitué des manifestations. Il est installé sur l’exploitation familiale à Largitzen depuis 2013. « J’étais aux manifs devant la sous-préfecture d’Altkirch et surtout à Colmar en 2015. Il faut se défendre, se faire entendre et se mobiliser. On parle toujours de nous, mais peu connaissent notre métier », s’emporte immédiatement le professionnel. Son frère est resté à la ferme pour effectuer les travaux quotidiens. Il a calculé tous les changements, culturaux et financiers, qu’impliquerait la réforme de la politique agricole commune si elle était mise en place en l’état. La viabilité de la ferme pourrait clairement poser question. « Je voudrais qu’on arrête de nous tirer dessus car on travaille bien. C’est pesant. Un jour, on nous regrettera. À force de changer les règles, de nous imposer une vision administrative de notre travail, ce dernier devient usant et surtout économiquement irréaliste », ajoute Emmanuel Gnaedig.

Casse d’un tracteur et solidarité

Le convoi arrive au pont d’Aspach où les agriculteurs sundgauviens retrouvent ceux des vallées de Masevaux et de Thann. C’est l’heure du ravitaillement. Il est assuré par la directrice adjointe de la FDSEA du Haut-Rhin Sophie Barléon et Vincent Dietemann, agriculteur à Traubach-le-Bas. Si la bonne humeur est de sortie, on sent aussi une grande détermination. « France, veux-tu encore de tes paysans ? », questionne une pancarte installée sur l’un des tracteurs. « Nous n’avons plus le choix. On parle sur nous. On veut nous imposer des trucs incroyables. On veut nous expliquer notre métier. Mais c’est bien nous qui nous levons tous les matins pour nos animaux ou pour nos cultures. Cela suffit », lance ce groupe de jeunes quand on l’interroge sur les raisons de cette manifestation. Au redémarrage, un incident. Le tracteur de Martin Babé, éleveur à Courtavon, ne démarre plus. « Désolé, mais il faut être solidaire. On va l’aider. On va repartir ensemble », réagit immédiatement Emmanuel Gnaedig. Après plusieurs minutes d’expertises techniques, et sous le regard étonné des forces de l’ordre, il faut se rendre à l’évidence. Le tracteur est définitivement à l’arrêt. L’éleveur le laisse au bord de la route. Il sera recherché plus tard par quelqu’un de la ferme. Martin Babé, lui, monte, aux côtés de Jérémy Pflieger, co-président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin installé à Spechbach.

Les quatre tracteurs rejoignent assez rapidement le reste du cortège qui les a attendus du côté de Cernay. La « manif » est en marche et le convoi devient de plus en plus impressionnant. Il est 7 h 30 du matin. Les agriculteurs traversent Pulversheim et Ensisheim. De nombreux habitants les applaudissent devant leurs maisons ou au bord des rues. Peu d’automobilistes font part de leur mécontentement à l’heure du départ pour les bureaux. « C’est un signe positif. Notre message est peut-être compris. Ou alors, ceux qui s’expriment sur les réseaux sociaux, sont la minorité agissante qui fait trop souvent oublier la majorité silencieuse », réagi Emmanuel Gnaedig. À la sortie d’Ensisheim, le cortège prend la direction de l’autoroute. Il retrouve celui parti de la plaine. Des centaines de tracteurs de chaque côté. Une image impressionnante. Elle est observée du ciel par un hélicoptère de la gendarmerie. C’est à cet instant que les forces de l’ordre, présentes en grand nombre, font entrer le cortège sur l’autoroute. Dans un premier temps, il est demandé aux professionnels de rouler sur le seul côté gauche. Mais, rapidement, les autorités font le constat que le nombre de manifestants est très important. Il est 8 h 40. Peu avant Sainte-Croix-en-Plaine, le convoi se retrouve à l’arrêt.

 

? VOUS AVEZ LA PAROLE ? Jeremy Pflieger, co-président Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin : « Je suis très content de...

Publiée par EAV PHR sur Vendredi 30 avril 2021

 

« On ne peut pas accepter »

Les professionnels en profitent pour sortir sous la pluie, échanger et se restaurer. La longueur du cortège montre déjà que la mobilisation est réussie. « Je suis très content de cette mobilisation avec plus de 300 tracteurs du Haut-Rhin. Maintenant, on espère que nos revendications vont être à la hauteur de notre motivation. J’y crois. On avait un devoir d’être présent. Mais nos responsables politiques doivent maintenant défendre l’agriculture alsacienne. Il faut que cette Pac 2023 soit à la hauteur de nos attentes. Rien n’est acté. Et cette mobilisation doit leur faire prendre conscience que le monde agricole est uni et solidaire. Nous défendons une agriculture familiale et diversifiée. Tous les efforts réalisés ces dernières années sont payants. Or là, on se prend un coup de poignard dans le dos », réagi Jérémy Pflieger. Charlotte Jaegy, éleveuse de poules pondeuses à Largitzen, et Maxime Wersinger, gérant d’une entreprise d’élagage à Hagenbach partagent le même avis : « On ne peut pas se laisser faire. On ne peut pas accepter la réforme proposée. Nous espérons être entendus. Nous avons confiance en notre avenir car nous n’avons pas le choix ».

Le convoi redémarre. Il passe le contournement de Colmar puis entame celui de Sélestat. À chaque fois, sur les ponts, de nombreux témoins les attendent pour les applaudir. De l’autre côté de l’autoroute, de nombreux camions klaxonnent également en signe de soutien. Les agriculteurs ont été rejoints par ceux des vallées de Munster et de Sainte-Marie-aux-Mines. Cette fois, le cortège forme une longueur qui dépasse les trois kilomètres. Un hélicoptère de la gendarmerie survole toujours les lieux. Puis, plusieurs motards des forces de l’ordre montent à l’avant. Quelques instants plus tard, il est demandé aux manifestants de rouler sur les deux côtés de l’autoroute. Il en sera ainsi jusqu’à la sortie vers Erstein. À la radio, une fréquence régionale annonce que la mobilisation est tout aussi forte dans le Bas-Rhin. « Cela montre qu’il y a une réelle inquiétude », réagi Emmanuel Gnaedig. Pour rejoindre le contournement de Strasbourg, plusieurs communes sont alors passées. Il est midi quand, enfin, les feux rouges de Fegersheim sont dépassés.

« Cela me rassure »

Le convoi est alors à nouveau à l’arrêt. Les autorités ont opté de faire entrer le Haut-Rhin en dernier. Les agriculteurs patientent alors que leurs collègues d’autres départements sont déjà devant le Parlement européen. Des rumeurs circulent. L’affluence est telle que tout le monde ne pourrait pas poursuivre. Pour de nombreux professionnels, ce n’est pas possible. « On est venu pour aller jusqu’au bout », lancent les plus jeunes présents. Le convoi peut finalement redémarrer au plus grand soulagement de tout le monde. Jean Godinat, président des jeunes agriculteurs du canton de la Hardt-Plaine de l’Ill est ravi. « Je suis effectivement satisfait de cette mobilisation car il en va de notre avenir. Cela me rassure. Je ne suis pas un spécialiste des réseaux sociaux. Mais, cette fois, j’avais également lancé un appel à la participation. On voit aujourd’hui que tout le monde se sent concerné », réagit le céréalier. Il converse régulièrement avec ses amis qui sont à l’avant du cortège. Ce dernier entre enfin dans une ville de Strasbourg quadrillée par les forces de l’ordre. Devant le Hall Rhenus, c’est l’arrêt final. Plus possible d’avancer.

Les agriculteurs rejoignent le lieu de rassemblement pour écouter les différentes interventions devant le Parlement européen. Autour, les rues sont remplies par plus d’un millier et demi de tracteurs. Une vision étonnante dans une partie de la ville alors silencieuse. Pascal Claude, choucroutier à Chavannes-sur-l’Etang, a lui, fait le déplacement en voiture. « J’étais pris ce matin par mon travail, mais je me sens évidemment concerné. Alors, je suis venu en signe de soutien. J’ai reconnu de nombreux professionnels de mon secteur. Cette mobilisation est un message que nos interlocuteurs doivent prendre en compte », indique le professionnel. C’est avec une heure et demi de retard sur l’horaire prévu que les agriculteurs vont ensuite reprendre la route en sens inverse. Toujours dans l’ordre et la discipline. La délégation du Sud Alsace retrouve ses terres en début de soirée. Il est 21 h 30 passé quand le Sundgau est atteint. Il est temps pour certains de retrouver leur cheptel, pour d’autres de prendre le temps de faire le bilan de cette journée de mobilisation réussie.

 

 

Association Savoir vert des agriculteurs d’Alsace

Parler du métier avec pédagogie

Vie professionnelle

Publié le 26/04/2021

L’objectif recherché pour l’association, présidée par Ange Loing, est de faire connaître le monde agricole aux enfants en proposant aux enseignants un support pédagogique et une collaboration étroite de façon à éveiller la curiosité et le sens de l’observation des élèves. Ces fermes pédagogiques ont également pour mission de faire connaître les phénomènes de la vie agricole, de faire découvrir le métier d’agriculteur et la vie des campagnes, de sensibiliser les enfants au respect de l’environnement, ou encore de mieux leur faire apprécier l’origine des produits alimentaires. « Au sein du Savoir Vert, nous avons la chance de posséder une vitrine de toutes les exploitations agricoles. Nous sommes tous fiers de notre métier et des valeurs que nous représentons en Alsace notamment », explique Ange Loing. Le principe est de proposer aux enseignants volontaires une visite à la ferme d’une demi-journée ou d’une journée dans le cadre d’un projet pédagogique. C’est ce qui s’est encore récemment passé à la ferme Malaitis à Jebsheim et à l’EARL Hussherr-Bras à Roggenhouse.

Le 23 mars, ce sont 26 élèves de CP-CE1 de l’école de Biesheim qui ont été accueillis par Charlotte Feuerbach sur son élevage laitier. Le thème de cette visite concernait le veau. « Avant la venue des enfants, j’ai échangé avec l’équipe pédagogique en expliquant mon travail et ce qu’il était possible de voir à la ferme Malaitis. Les élèves ont alors effectué un travail préalable sur ce thème. Ils ont pu imaginer ce qu’étaient une vache et son veau. Ils sont ensuite venus sur place. La visite a duré deux heures. Ils ont pu poser leurs questions. Je leur ai expliqué mon travail, les différentes races de vache, le métier d’agriculteur, l’alimentation de la vache et de son veau, la production, la morphologie de l’animal, la différence entre une vache, un veau et une génisse. Ils ont pu voir le robot de traite. Ils ont découvert que cela ne sentait pas forcément bon. Ils étaient très curieux et captés par la présentation », se félicite Charlotte Feuerbach. Quelques jours après, elle a reçu un courrier avec un dessin de chaque enfant représentant une sorte de reportage en rapport avec cette visite. « L’objectif est atteint. Les messages sont passés. Nous avons pu présenter le métier et notre travail. Cette réalité agricole, nous devons la communiquer. Et c’est la raison d’être de cette association. Sensibiliser les plus jeunes permet également de sensibiliser leurs parents », ajoute Charlotte Feuerbach qui est également la vice-présidente de l’association.

 

? Aujourd'hui, les élèves de l'école de Biesheim ont pu découvrir l'élevage laitier à la Ferme Malaitis ! ? Charlotte...

Publiée par Le Savoir Vert des Agriculteurs d'Alsace sur Mardi 23 mars 2021

 

« Avoir la plus grande diversité possible »

Cette première session a connu de bons débuts avec la participation de huit exploitations du Haut-Rhin. Il va maintenant prendre un espace encore plus important avec un réseau de 16 exploitations dans toute l’Alsace qui doit définitivement être opérationnel en janvier 2022. Mais c’est dès le 24 juin prochain, toujours à la ferme Malaitis à Jebsheim que les professionnels concernés doivent se retrouver pour faire le point sur les actions en cours, les activités de l’association, rappeler la démarche aux nouvelles recrues et débuter une formation sur neuf journées. « Nous étions précisément neuf au départ. Un seul a arrêté pour des raisons personnelles. Les huit autres sont enthousiastes. Ils représentent toutes les filières agricoles et tous les secteurs du département du Haut-Rhin. Nous nous étendons désormais dans toute l’Alsace. Nous allons maintenant débuter cette formation commune pour les professionnels de cette seconde session. Le but de l’association est d’avoir la plus grande diversité possible », ajoute Charlotte Feuerbach. L’association du Savoir Vert des agriculteurs d’Alsace est dans la même spirale positive que celle qui l’a précédé dans les Hauts-de-France et qui est appelée à concerner l’ensemble du territoire national. Outre ses actions de « terrain » avec les écoles et les enfants, elle communique également largement sur son site internet et sur un réseau social bien connu.

 

À revoir :

Ferme du Renzburn à Storckensohn

« Ils ont tout détruit ! »

Élevage

Publié le 24/04/2021

Mercredi 15 avril. Sur les réseaux sociaux, Jérémy Luttringer ne cache pas sa colère et son désespoir. « Broyé deux fois et on est reparti pour une troisième fois. Là, ça suffit ! Quand on pense que dans un mois et demi, on fait la première coupe, tu sais que c’est mort cette année ! Tu mets du fumier, tu mets de la chaux et voilà le résultat ! Juste dégoûté ! », écrit le jeune homme dans son post accompagné de quelques photos explicites. Âgé de 26 ans, il n’est pas encore installé sur l’exploitation familiale que gère son père, à Storckensohn. Ce dernier exploite en montagne une quarantaine de bovins allaitants, une quinzaine de mères, un troupeau de chèvres et un en phase de mise en place d’ovins. Il est installé de l’autre côté du versant, en fond de cette vallée de Thann Saint-Amarin. Père et fils viennent également de reprendre la ferme d’un agriculteur parti à la retraite depuis quelques mois juste au-dessus du village. « Nous vivons de la vente directe. Nous faisons des caissettes de veau et de bœuf. Mon père s’occupe de l’administratif et de l’élevage. De mon côté, j’effectue tous les travaux de la ferme. Nous avons également différentes parcelles. En tout environ 57 hectares. Nous faisons parfois une heure de route pour aller faucher jusqu’à Burnhaupt et même Ammertzwiller », explique Jérémy Luttringer.

Ils le reconnaissent. Jusqu’à présent, ils étaient relativement épargnés par les dégâts de sangliers et autres gibiers. Robert Luttringer est lui-même chasseur et l’entente est bonne avec ses collègues. Mais les choses évoluent différemment depuis quelque temps. « On a un nouveau schéma cynégétique et il n’est pas adaptable à la montagne. En outre, les chasses sont devenues chères. Peu à peu, les locaux laissent la place à des étrangers. Or, depuis un an, avec la crise sanitaire, ils ne peuvent plus venir chasser régulièrement. Cette semaine par exemple, ils ont été bloqués à la frontière. Du coup, les sangliers sont tranquilles », analyse Robert Luttringer. Tellement tranquilles qu’ils passent et repassent devant les deux sites de l’exploitation familiale. « Depuis trois semaines, ils sont partout, toutes les nuits. Ils retournent les pâturages et les prés de fauche. Un vrai carnage. Ici à Storckensohn, un hectare entier a été détruit. Plus haut, c’est la même chose. Toutes les parcelles sont retournées. Ils ont tout détruit ! », s’agace Jérémy Luttringer.

Une rentabilité mise en péril

Que faire ? Dans un premier temps, père et fils vont déclarer les dégâts et une nouvelle fois remettre en état. Mais il y a désormais urgence. « Dans un mois et demi, la première fauche est prévue. Nous doutons qu’elle va donner quelque chose d’intéressant. Nous allons être contraints d’acheter du fourrage. Par chance, ici, la sécheresse est bien moindre que plus en bas dans la vallée. Nous avons les restes des pluies des Vosges. Généralement, on a de l’herbe tout l’été. Nous pouvons faire nos trois coupes sur l’année. Cette année, c’est très mal parti. Je n’ai jamais vu cela », souligne Robert Luttringer qui s’est installé en 2000. Il a toujours été bien soutenu par la commune et il a ouvert le paysage. Ce qui lui permet d’exploiter tout en travaillant à côté dans une entreprise située à Saint-Amarin. Son fils est dans le même cas. « Pour vivre de l’agriculture de montagne, nous devons mieux valoriser nos productions et vendre en direct avec le moins d’intermédiaires possibles. Nous ne voulons pas trop nous agrandir. Cela se passe plutôt bien. Mais si maintenant nos parcelles sont saccagées régulièrement, cela va rendre notre exploitation moins viable », s’inquiète Jérémy Luttringer.

Ces dernières années, les Luttringer sont pourtant aux petits soins pour leurs parcelles et leurs animaux. Ils ont besoin d'une soixantaine de rouleaux de fourrage pour la première coupe. C’est précisément ce qu’ils produisent. « Nous broyons avec le tracteur, nous utilisons du fumier, de la chaux et nous achetons des semences. Les coûts sont également là. Nous réfléchissons désormais pour faire un semis complémentaire. S’il pleut, on pourra implanter une culture supplémentaire », précise Robert Luttringer. La première coupe a lieu généralement dans la seconde partie du mois de mai, parfois en juin. La seconde coupe plus tard dans l’été. La troisième se fait avec l’aide des vaches. Père et fils sont désormais suspendus à la faune sauvage qui les entoure. Leurs nuits vont être de plus en plus courtes. « Nous pouvons chasser. Mais pas seuls. Nous devons pouvoir le faire avec tous les autres chasseurs », concluent Robert et Jérémy Luttringer.

Ferme Zum Burahisla à Ungersheim

Une pépinière pour faire progresser la vosgienne

Élevage

Publié le 21/04/2021

À Ungersheim, la famille Rasser a toujours privilégié la race vosgienne. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver cette pépinière. « Nous faisons partie de la commission allaitante de l’OS vosgienne. Depuis quelques années, nous travaillons pour favoriser l’amélioration du patrimoine génétique de la race. L’idée est de faire des taureaux de monte naturelle issus d’inséminations artificielles pour pouvoir bénéficier du travail des éleveurs laitiers en génétique en améliorant les aptitudes bouchères tout en conservant la rusticité. On a donc fait des tournées de mères supports pour trouver des vaches qui nous plaisaient à l’œil et sur le papier. La méthode actuelle a finalement été la plus intéressante », explique Florine Barowsky. Cette méthode consiste à sélectionner des animaux, des mères issues du schéma de sélection, des vaches pointées, permettant de réaliser un accouplement avec un taureau d’insémination. « Si le veau est un mâle, il faut alors trouver quelqu’un qui puisse l’élever jusqu’à l’âge de cinq mois. Dans un premier temps, l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines a élevé les veaux concernés pendant un an dans le cadre d’un protocole d’élevage bien précis. Mais la ferme de l’établissement a depuis fermé. Du coup, dans le groupe des allaitants, on s’est tourné vers nous car nous avons la possibilité de raccrocher des veaux aux mères. Trois veaux par vaches sont actuellement élevés sur une lactation. On s’est donc lancé dans cette aventure », poursuit Florine Barowsky.

« Nous avons le sentiment de progresser »

Cette pépinière de taureaux est présente sur le site depuis janvier 2019. « Nous avons une liste des vêlages à venir. Quand je vois la date du terme arriver, je fais un rappel à l’éleveur propriétaire. Et quand la vache vêle, le tri est immédiatement effectué. Si c’est un mâle, il entre en pépinière sauf si l’éleveur constate immédiatement que cela ne donnera pas un bon taureau. S’il est intéressant, on le récupère à l’âge de 15 jours et on le rentre dans le cheptel. On l’élève comme notre propre veau de lait. Nous donnons un prix fixe de 150 € par veau à 15 jours », précise l’éleveuse. À 4 mois et demi, une sélection est réalisée. Si le veau a du potentiel, la commission allaitante de l’OS vosgienne est prévenue et se déplace pour juger définitivement. Il peut être récupéré à six mois au prix de 1 100 €. Les veaux peuvent être retenus si c’est un coup de cœur d’un des éleveurs et que la réservation est réalisée au moment de la visite. En revanche, si à quatre mois et demi, il n’est pas jugé intéressant, les éleveurs le commercialisent en veau de lait en circuit traditionnel d’abattage ou de vente à la ferme.

Au niveau des effectifs, en 2020, deux veaux sont sortis de la pépinière et étaient gardés à l’Esat, et deux autres veaux sont sortis de l’exploitation de Florine et Raphaël Barowski. Ils ont une quarantaine de mères du schéma allaitant sélectionnées. Ce qui représente environ une quinzaine de veaux potentiels par an pour la pépinière. « Actuellement, on en a un qui a été déclassé, un autre de trois mois qui a du potentiel et trois autres sont rentrés il y a un mois et sont intéressants. Cette méthode de travail est vraiment intéressante. Nous avons le sentiment de progresser. On a des veaux qui ressemblent à quelque chose même si, pour le moment, il manque encore de la viande. La morphologie est là. Les exigences sont cependant différentes d’un éleveur à l’autre. Surtout qu’à quatre mois et demi, ils sont beaux mais n’ont pas encore exprimé tout leur potentiel. En tout cas, la race est 100 % vosgienne comme notre cheptel qui est composé de 115 bovins », souligne Florine Barowsky.

Se remettre en question

Toute la viande produite à la ferme Zum Burahisla est vendue directement. Au magasin de vente à Ungersheim, et dans quatre autres points de vente. « On sort 50 à 60 veaux de boucherie à l’année et on garde une dizaine de femelles pour le renouvellement. Notre objectif, à plus long terme, est de sortir encore davantage de veaux de la pépinière pour proposer cette méthode de travail à d’autres éleveurs qui sont moins investis actuellement que les 7-8 que nous sommes dans la commission allaitante. Nous voulons faire progresser la race et proposer une viande de qualité et en quantité importante. Pour y parvenir, il faut progresser tous ensemble », insiste l’éleveuse. Ce travail et ces réflexions avec la commission allaitante de l’OS vosgienne lui permettent d’évoluer et de se remettre en question dans son travail de tous les jours. « Nous échangeons régulièrement sur notre travail. Nous avons quelques réunions annuelles. Nous avons également créé un groupe sur WhatsApp qui nous permet de nous transmettre des informations en temps réel. Nous estimons ainsi aider à l’amélioration de la race. Même si nous sommes partis sur une base solide grâce au travail effectué par le passé par les éleveurs laitiers », conclut Florine Barowsky.

 

 

L’asperge d'Alsace sort de terre

Les saisonniers sont prêts

Cultures

Publié le 17/04/2021

Dans un premier temps, l’embellie a été de courte durée. « Quelques professionnels ont pu récolter leurs asperges grâce à un travail technique préalable avec des plastiques transparents de protection et/ou des mini-tunnels. Il y avait alors de belles températures. La qualité était au rendez-vous. Mais le froid, les gelées et la pluie ont ralenti la cadence. Nous avons donc démarré en douceur », explique Jean-Charles Jost, président de l’association des producteurs d’asperges en Alsace. Une association qui existe depuis 1991 et qui devait fêter son trentième anniversaire en grande pompe cette année. « Là également, la crise sanitaire nous empêche de nous retrouver. Mais ce n’est que partie remise. Nous pouvons en tout cas nous féliciter de ce parcours. Au départ, nous étions 6 ou 7 producteurs. Nous sommes aujourd’hui près de 120. Nous avons mutualisé nos moyens et effectué de remarquables campagnes de communication. Nous avons également mis en place un cahier des charges qui nous appartient. Il permet aux producteurs de produire qualitativement, dans le respect des normes sanitaires et de chaque terroir », ajoute Jean-Charles Jost. La communication digitale va également prendre une place plus importante à l’avenir.

Néanmoins, les professionnels sont dans une situation différente par rapport à l’année passée où 15 à 20 % des asperges avaient été laissées aux champs en raison du contexte sanitaire et faute de main-d’œuvre à cause du premier confinement. « Cette fois, les saisonniers attendus sont bien là. Tout le monde a envie de travailler. Pour notre part, nous avons une quinzaine de personnes qui sont originaires de Pologne et de Roumanie. Ils sont là pour la saison. C’est-à-dire jusqu’au mois de juin », précise Pauline Klément qui gère l’exploitation de la famille Sibler à Sigolsheim avec sa mère, Clarisse, qui va prochainement partir à la retraite. « C’est d’autant plus facile de trouver des saisonniers que toutes les propositions d’emplois sont désormais centralisées sur le site internet de l’association. On a eu 850 inscriptions », précise Jean-Charles Jost. En Alsace, la saison de l’asperge permet en effet d’employer entre 500 et 700 saisonniers, pour un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros. C’est une production annuelle de 1 500 tonnes sur 45 hectares au total. Cette année, les professionnels tablent sur 1 800 tonnes.

 

La saison des asperges d'Alsace a commencé ! ? Nous vous rappelons que l'accès aux fermes est toujours possible malgré...

Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Vendredi 9 avril 2021

 

Un goût particulier

Les asperges sont récoltées tôt le matin. Elles sont ensuite calibrées et conditionnées l’après-midi, puis livrées et/ou mises à la vente quelques heures plus tard. En 2020, les consommateurs se sont rués vers les magasins de producteurs pour acheter des asperges. Ils ont été pris d’assaut. « Les restaurants n’étaient pas ouverts. Ils sont venus en masse chez nous et ont distribué les asperges à la famille, puisqu’il y avait des restrictions kilométriques. Cette année, la tendance est la même. Les premières asperges ont rapidement trouvé leurs consommateurs. Pour notre part, nous avons un prix fixe de 10 € le kg pour l’ensemble de la saison » souligne Pauline Klément. Ces prix peuvent cependant fluctuer un peu partout dans la région entre 10 et 14 € le kilo. Pour les professionnels, l’asperge d’Alsace a un goût particulier qui se distingue des autres régions. « Avec notre terroir, elles sont très douces et goûteuses et très appréciées des consommateurs », ajoute Jean-Charles Jost. L’Alsace demeure un petit bassin de qualité pour l’asperge, derrière les Landes dont la production se situe entre 8 000 et 10 000 tonnes. Les autres régions productrices sont le Val de Loire et le Sud-Ouest.

Tous autour d’une même table

En Alsace, les producteurs peuvent également compter sur le soutien de l’Interprofession des fruits et légumes (Ifla) qui permet de mettre tous les acteurs de la filière autour de la même table et de proposer des actions et des communications en commun. Celles-ci permettent notamment d’apporter une vraie visibilité auprès des consommateurs. Concernant l’association des producteurs d’asperges en Alsace, elle s’est également associée avec des partenaires comme la mayonnaise Alenor qui est exclusivement distribuée par les producteurs. C’est la même chose pour les épices de Georges Colin à Mittelhausen. « La démarche économique de ce projet est intéressante. Elle permet à des acteurs de l’agroalimentaire de développer leur créativité en s’appuyant sur le particularisme de l’asperge d’Alsace. Là également, Alelor fait partie de l’Ifla puisque son produit phare est le raifort », précise Jean-Charles Jost.

Au fil des jours et de la hausse des températures, la récolte des asperges va désormais prendre son envol. Chez les Sibler par exemple, cette culture fait désormais partie du patrimoine de l’entreprise. « Nous faisons de l’asperge depuis une trentaine d’années. Au départ, c’était un produit annexe. On l’a développé par passion. Il est devenu le produit phare de l’exploitation et le premier produit du printemps. L’asperge est conviviale, populaire et facile à cuisiner. Elle ne demande pas trop de travail », conclut Pauline Klément.

Asperge d’Alsace

La saison est lancée !

Cultures

Publié le 12/04/2021

Après une année 2020 atypique, marquée par le premier confinement, cette nouvelle récolte est tout aussi particulière au niveau sanitaire. « Nous lançons officiellement cette campagne car nous sommes prêts. Les asperges sortent de terre depuis quelques jours. Les précoces ont d’abord pu profiter de belles températures. Mais, l’embellie a été de courte durée avec cet épisode de froid. Il va falloir être patient et, comme toujours, travailler qualitativement », explique Jean-Charles Jost, président de l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. Les professionnels se sont retrouvés, mercredi 7 avril, sur l’exploitation de la famille Sibler à Sigolsheim. L’asperge y occupe une quinzaine d’hectares. « Nous avons commencé à en produire il y a une trentaine d’années. Au départ, c’était un produit annexe. C’est devenu le produit phare. C’est le premier légume du printemps. Nous le produisons avec passion. Il est convivial, facile à cuisiner et très attendu par nos clients », précise Pauline Klément qui gère l’entreprise avec sa mère.

 

 

 

? Les producteurs d'asperges d'Alsace recrutent ! Vous souhaitez devenir saisonnier pour la prochaine récolte des...

Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Vendredi 26 février 2021

 

 

 

 

 

 

Les vidéos